21/06/2016

Un cubain pas comme les autres, ce cigare "Virtuoso" !

Paul Verlaine aurait très bien pu dire,  « Dans la vie j’aime deux choses, le cigare et toi. Le cigare, pour maintenant et toi pour la vie » Malheureusement non, Verlaine l’argoteur parlait peu, il observait et fumait plutôt la pipe, buvait l’absinthe comme du p’tit lait, comme tant d’autres poètes de son époque, habitués d'endroit comme le « Polidor », rue Monsieur le Prince à St Germain des Près, non loin de la Sorbonne.

« V » comme Verlaine et non comme Vendetta, « Or » comme Polidor et rêverie de fumeur, buveur de " fée verte", voici peut-être les liens d’affinité passée, du génie français à celui de la poésie émanant  d’un cigare, comme le « Virtuoso ».

L’histoire de ce projet est toujours très semblable aux autres, celle avant tout de la passion d’un homme ou d’une femme, qui sans elle ne pourrait enfanter, le « cigare » tant fantasmé par son auteur, Mr Firas ! Ce jeune amateur, doté d’un sens créatif du fait de son métier d’architecte d’intérieur, reconnu vraisemblablement de bon goût par nombre de ses clients, baptise tout simplement sa marque de «Virtuoso», là ou certains y verraient de l’arrogance, détrompez-vous, « Firas » de son prénom, n’a rien d’un garçon présomptueux et abus de sa personne, bien au contraire c’est la passion qui l’anime et qui brille dans ses yeux. Toujours à l’écoute, et réceptif aux moindres remarques que nous pourrions lui faire pour l’aider.

Ce cigare cubain produit à Cuba en quantité très limitée et finalisée en Suisse, ne me demandait pas « comment est-ce possible ? », mais pour l’avoir dégusté à plusieurs reprises, je vous confirme sans hésitation son affiliation à ce terroir. Loin de faire de l’ombre aux marques du catalogue « Habanos », ce cigare reste une curiosité gustative intéressante et innovante, qui ne sera jamais produite pour le moment à grande échelle, ce qui en fait tout son intérêt et son charme aujourd’hui. Déguster ce cigare reste un privilège des rois, comme disait Cocteau, « on ne vit que pour ces quelques instants, intenses et privilégiés, le reste du temps, on attend ces moments-là », la vie de l’amateur se résume avec beaucoup de pertinence, à ces quelques mots, « … le reste du temps, on attend ces moments-là. »  Tellement vrai, ne trouvez-vous pas ?

Autre détail d’élégance et d’ostentation qui ne laissera pas insensible l’amateur, c’est bien sûr cette rose d’or prédécoupé en guise de bague, celle-ci délicatement posée par de véritables doigts de fée, sur cette cape fine et soyeuse de couleur caramel.

Ce robusto choisit pour cette dégustation, offre un corps assez ferme, ainsi qu’une souplesse relative, que je perçois très éloigné des cigares cubains officieux que je connaisse, souvent très mous, du moins une grande partie, cela change pour une fois ! Son parfum timoré de feuille morte, délicatement boisé, évoque quant à lui, une partition automnale plaisante au nez qui ne demande qu’à s’exprimer maintenant.

Dès l’allumage, les saveurs onctueuses se montrent conciliantes, tout en faisant preuve d’une nature éclairée et épicée dans ses premières aspirations. Ainsi qu’une consistance moyenne, adoptant une forme assez grasse et confortable en bouche vers une musique gustative, très accessible dès son démarrage. Sa rondeur flirte l’insolence,  sur des notes animales et végétales, de jeunes cuirs, de poivre noir, de boisé et de fourrage riche et gras (façon foin d’alpage), un ensemble d’une complexité équilibrée et de richesse moyenne, peu corpulente dans sa forme.

Dès le 2e temps, sa forme légère reste posée et constante, sur une évolution plutôt engagée dans la bonne fluidité des saveurs et non sur l’éloquence d’une ponctuation trop dithyrambique et hasardeuse. Un cigare qui pourrait presque provenir d’un métissage entre un «Epicure n°2 »et un « Specially Selected » par exemple. Toujours de consistance moyenne, rien ne vient troubler ce ronronnement de plaisirs gustatifs. Dont personnellement, j’aurais aimé un peu plus de profondeur à ce stade, mais je lui pardonne, car l’ensemble s’enorgueillit d’un bon « rancio » dans sa globalité.

Sur le 3e temps, je note une prononciation des saveurs, légitime à ce stade du fumage. Rien de puissant, juste une progression sans heurt des saveurs rencontrées jusque-là. Pour ceux, désireux d’en découdre, il  faudra attendre le final pour obtenir plus de relief en bouche ou choisir un autre module, plus puissant la prochaine fois. Vous l’aurez compris, ce « Virtuoso » n’a pas pour vocation de vous gifler dès la première bouffée, ni de vous intimider ou de vous insulter.

Ce mélange voulu par Firas, s’adresse avant tout à des amateurs attentifs et exigeants, friands de cigares délicats et plus spirituels qu’assommants.

Ma note de cœur, 16,5/20, pour ce très bon cigare.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: gros robusto
  • Taille: 130mm x 22mm
  • Bague: 56
  • Poids: 17,1gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: non communiqué

Renseignements supplémentaires: info@virtuosocigars.com - Mr Firas Balboul.

 

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Cigare "Virtuoso"

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Cigare "Virtuoso" (détail de la tête, façon coiffe médiévale)

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Cigare "Virtuoso" (déstressé !)

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                       

 

17:12 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Virtuoso | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |