22/04/2017

Trinidad "Topes" EL 2016

"Un bon cigare, c'est aussi savoir apprécier ses différences"

Malgré un prix prohibitif comme bon nombre d'edicion Limitada cubaine, ma curiosité de déguster un nouveau "Trinidad" l'a emporté sur la raison. Cette convoitise qui anime tout amateur de découvrir de nouveaux accords, de nouvelles frontières olfactives parmi les méandres aromatiques et inattendus, provenant de l'union de quelques feuilles de tabac. En somme le cigare n'est qu'un amour oblatif, un consentement mutuel entre le cigare et soi-même durant un temps compté, dont le seul but est de nous offrir le meilleur.

Ce "Topes", par ses différences m'a vraiment surpris, un peu comme si vous vous attendiez à écouter un morceau de la "Buena Vista Social Club" et qu'au final, c'est une version remixée des Chariots de feu de Vangelis et de Chan Chan qui vous inspire dès les premières bouffées. Le mot juste est déconcertant, un cigare au antipodes d'un "Vigia"par exemple que j'apprécie aussi. Ce "Topes" mérite toute mon attention et bien plus encore.

Vêtu d'un cape mat, très peu grasse et nervurée, on ne peut pas dire que ce "Trinidad" joue la carte de la séduction sur son apparence. Ce module généreux dans ces formes, offre un toucher ferme et musclé, dont la construction sans équivoque laisse présager un tirage sans failles !  La mise en nez m'évoque une persistance riche et butyrique, faite de chocolat noir, d'épices et de sous-bois, déjà très rassasiante et plaisante dans cet avant-propos !

Après un embrasement formel mais efficace au briquet torche, la perception en bouche se révèle de suite riche en goût et de bonne corpulence. Ce "Topes" ambitionne dès le premier temps une forme gustative très empyreumatique, des notes qui vous emmène rapidement sur des accords puissants et riches, ou l'amertume du cacao, le vieux cuir, le bois charbonné et le poivre noir s'harmonisent avec véhémence dans une symphonie pastorale et de saveurs torréfiées.

Dans un second temps, ce "Topes" évolue de manière très linéaire, gardant une forme d'opulence en bouche très rassasiante et conforme dans sa forme. Peu d'évolution dans l'amplitude de ses arômes, qui ne laisse guère de place à la subtilité sur ce registre de terre brûlés et de cacao épicé. Mais ce module trouve sa part de confort en bouche et de complaisance à la fois. A noter aussi, qu'aucune agressivité gustative ne vient violer mes papilles à ce stade de la dégustation, environ 45 minutes je pense et cela, malgré une richesse toujours croissante et attendue dès son approche sur le dernier temps.

Un final qui évolue surtout dans sa consistance et non sur sa complexité, offrant un joli profil aromatique savoureux et harmonieux d'une ardeur puissante et non cuisante. J'avoue avoir un véritable coup de cœur, le premier de l'année  pour ce  "Trinidad" de par sa singularité et ses différences. Seul bémol son prix, mais qu'importe quand on aime, on ne compte pas ! Un cigare à suivre, un très bon limitada...ma note de cœur 17/20

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto gordo
  • Taille: 125mm x 22mm
  • Bague: 56
  • Poids: 13,6gr
  • Année: 2016
  • Prix: 29chf

trinidad, topes cigare trinidad

Trinidad "Topes"

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

10:15 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/04/2016

Coloniales de Trinidad "corona"

« Ce qui compte, c'est pas tellement ce qu'on vit, mais comment on le vit et le souvenir qu'on en garde...
On peut être heureux, même quand on est pauvre, si l'imagination est riche. »
( les chroniques de Trinidad 2006)

Introduit en 2004, la bonne réputation de ce corona semble avoir conquis le plus grand nombre dans la sphère des amateurs du « bon fumé ». En effet, du haut de ses 13 cm pour tout justes 9 grammes à la pesée, ce gringalet offre une palette d’une tonicité aromatique des plus plaisantes dans le monde des poids légers, capable de rivaliser d’intérêt avec des gabarits bien plus athlétiques. Ce format fluet et peut-être désuet, se concentre sur l’essentiel, celui de la subtilité de son intensité, un cigare qu’il faut apprivoiser et chérir à la fois,  dont tous les Béotiens de la turlute facile, de bundle facile, fatigués d’aspirer cette fumée blanche et stérile de leur cigare infantile, devraient un jour revenir à l’essentiel en dégustant ce « Trinidad », un petit cigare vigoureux et bien plus viril que le fumé mou !   

D’aspect un peu rugueux, habillé d’une cape colorado peu lumineuse, ce « Coloniales » se présente d’abord sous l’uniforme de la circonspection, nul besoin de vous satisfaire d’une séduction obséquieuse et outrancière. Mais par un juste, et doux parfum pour unique réplique, mélange bucolique de foin fraîchement coupé, de boisé, d’écorce de pain et de chocolat au lait, flottent dans l’air comme un appel au goûter, celui de la tartine au beurre salé et de son carré de chocolat dans l’autre main. D’entrée, ce « Coloniales » fume déjà un air familier et réconfortant, dans une musique insolente et prudente à la fois.

Dès l’allumage, les premières bouffées s’amusent de notes onctueuses et grasses, dans un militantisme gustatif et olfactif bien acquis, sans violence et sans aucune subversion. Un « Trinidad » à la consistance pleine et briochée, puissant dans sa forme, mais pas assommant qui s’équilibre d’arômes suaves, d’épices poivrées, de noisettes grillées et d’un rai citronné pour l’acidité. D’une rondeur qui excelle, d’une longueur qui s’ajuste et rassure, ce premier temps vous propulse de suite dans une envoûtante chronique, écrite pour les plus insatiables des amateurs, comme moi par exemple.

Dans le 2e temps, son amplitude augmentée n’est plus que formalité à ce stade de la dégustation, grâce à un bel équilibre fait de saveurs grillées, flirtant avec aisance avec celui du torréfié et de l’autre, avec un mélange de fruits secs, de fruits très mûrs et de végétal terreux, s’approchant de celui des champignons. Cette deuxième partie confirme un agrément d’une élégance rare pour ce genre de format, une musique brûlante d’énergie et de préciosité fumante digne d’un opéra de « Verdi ».

Le 3e temps sonne le glas après 40 minutes de pur bonheur, toujours plus consistant, bien plus puissant aussi si on le pousse au-delà de ses retranchements, il faut jouer de prudence et de discernement pour le finir sans se brûler. Franchement, voici un cigare qui dépote sans compter, un « Trinidad » comme j’aime, à déguster avec modération. Evitez surtout les désagréments d’une surchauffe, qui ne ferait que ressortir son côté machiavel de sa puissance. Un classique à déguster, à découvrir, à redécouvrir pour certains, un grand cigare de cœur. Ma note 17/20.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona
  • Taille: 132mm x 17mm
  • Bague: 44
  • Poids: 9,7gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 13chf

trinidad_coloniales_cigare_corona

Trinidad Coloniales

 

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

    

15:02 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/10/2015

Trinidad Ingenios EL 2007 "lonsdale"

L’Ingenios est une (edicion limitada 2007) que bon nombre d’amateurs semblaient avoir oublié et puis comme par magie, celui-ci se met à parader un peu partout comme la nouveauté de l’année ! A sa sortie en 2007, il faut avouer que ce module n’avait pas rencontré un franc succès. C’est bien pour cette raison qu’aujourd’hui les stocks ne sont pas entièrement épuisés, ses ventes se sont écoulées tranquillement pendant 8 ans, mais finalement il semblerait qu’il en reste encore chez certains importateurs. « Pour resituer cette année dans vos mémoires, 2007 a surtout marqué les esprits par la levé d’un secret d’état, celui de l’annonce officielle de la maladie de Fidel Castro ! Beaucoup de ses détracteurs de l’époque voyez cela comme une bénédiction, prévoyant même sa mort à court terme et dans la foulée la levé de l’embargo américain, eh bien non ! Le 13 août 2015, Fidel vient de fêter ses 89 ans. »

Mais ce ‘lonsdale’ ! A-t-il vraiment un intérêt gustatif maintenant ? Ses huit années l’ont-elles bonifié ?

Personnellement, je les fumais deux fois ces dernières semaines, une fois en mode décontraction entre amateur et la seconde en mode dégustation, seul. La première ne m’a pas laissé un souvenir dithyrambique que je résumerai en deux simples adjectifs, douceur et constance dans sa forme. Le genre de musique qu’il est difficile d’écouter et d’apprécier toutes les nuances dans le brouhaha d’une discussion.

Ce ‘lonsdale’ devenu un format atypique aujourd’hui, mais combien svelte et élégant dans un autre temps ! Son corps présente un aspect forgé, limite rustique d’une consistance ferme et d’une souplesse relative tout à fait conventionnelle. Son parfum arachnéen déroule des notes de chocolat au lait et de boisé, un duo subtil au nez appréciable.

Dès l’ébauche des présentations terminées, je procède à un allumage aisé et humble en fumée, les notes crémeuses de bonnes douceurs enveloppent délicatement la bouche sur un lavis gustatif de chocolat de type ‘milka’, de boisé et de café crème. Des saveurs timorées sans grandes complexités et sans grande consistance qui procure un fumage pondéré, équilibré. Ce vieillissement a en tous les cas permis à cet ‘Ingenios’ d’arrondir les angles dès les premières bouffées, suivi d’une longueur tout à fait honorable. Même si ce premier temps manque un peu de contenance, son agrément offre un joli bouquet !

Dans la seconde partie, celui-ci évolue sur une forme plus grasse, mais toutefois endémique au premiers tiers au niveau des saveurs et d’une consistance plus tangible, bienvenue à ce stade de la dégustation. Les sensations très amples, posées surtout sur l’avant du palais (sur la nef) offrent une évolution un poil plus épicée. Le fumage s’équilibre de manière assez linéaire, aucun soubresaut ne vient secouer mes papilles dans ce fumage mielleux à la puissance apprivoisée.

Sur ce 3e temps, sa forme gustative s’assoit définitivement sur une sensation crémeuse et plus courageuse en bouche. Restant toujours dans une certaine légèreté, celui-ci devient graduellement plus corpulent et domine à présent de ses notes de poivre blanc, de café crème, de saveurs brulées et de belles suavités, pour définitivement glisser sur un registre plus acerbe et lourd sur le final. Dans l’ensemble ce n’est pas mauvais, ce Trinidad a su libérer harmonieusement une musique soyeuse aux accords propices dont la profondeur des aromes lui fait cruellement défaut. Mais quoi qu’il en soit, c’est un cigare doux et agréable pour ceux qui seront l’apprécier. Ma note de coeur 14/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Lonsdale
  • Taille: 165mm x 17mm
  • Bague: 42
  • Poids: 10,2gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 22chf   

187fde469962409d9d0dc35d4b8865fa.jpg

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

bannière_csadelpuro.jpg

11:11 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/10/2013

Trinidad "robusto extra"

Après plusieurs déceptions Cubaines ! Il me devait de gommer ce sentiment d'échec dans mes dégustations futures, mon choix c'est naturellement porté vers le meilleur que Cuba puisse produire. Un Trinidad ‘Robusto extra’, racé, ferme et élégant développant des effluves gouleyants et délicats, de cuir et de boisé, le tout drapé d’une cape neutre au léger goût végétal. Un barreau de chaise comme je les aime !

Petite parenthèse, ce dernier n'est plus en production ! La dernière récolte date de 2012, aujourd’hui ce cigare, appartient désormais au passé glorieux de cette marque exceptionnel. Chargé d'histoire, longtemps Trinidad comme son homologue Cohiba, fût réservé à l'entourage restreint du ‘commandate Fidel Castro’, en 1969 seul un grand panatella existait, par la suite dès son lancement officiel en 1997, un Lonsdale le ‘fundadores’ restera l’unique fer de lance de la marque avec son cousin le grand panatella pendant environ 8 ans avant de s’étoffer à partir de l’année 2004, le Reyes, le robusto extra, le robusto T, le torre iznaga, l’ingenios et un short robusto en 2010.

Bref, passons vivement à l’essentiel.

Dès la mise en bouche, c'est une symphonie des saveurs. Un premier temps aux accents automnaux, les premières volutes expriment habilement des notes de noisettes sèches, de châtaigne, grasses et crémeuses. D'une cohésion parfaite, la persistance aromatique s'éternise agréablement au-delà du seuil de la perception.

Les prolongations après environ 35 minutes, deviennent plus riches et plus corpulentes, mises en valeur par un rancio toujours excellent, de bel équilibre. Les saveurs pétillent en bouches, poivre et terre viennent fortifier une sapidité forestière. Rien ne vient rompre la magie de ce moment d'intimité, après 1h20 de fumage aucune dissonance, aucune fausse note ne vient interrompre cette volupté.

La dernière mesure, plus roborative et rassasiante expose au dégustateur un final plus torréfié et caramélisé, plus puissant à l'âcreté mesurée.

Un cigare qui a su exprimer un bouquet d'arôme d'une justesse et d'une richesse à rendre incrédules la plupart des amateurs ! Mais pourquoi, se priver de cet excellent cigare, difficile de comprendre les choix d’Habanos. Les raisons invoquées à ce jour, des ventes en régression, un cigare faisant double emploi avec Cohiba, marque élevée au rang de meilleur cigare au monde ! Je parle bien entendu de choix marketing et non de goût, pour hisser Cohiba en haut de cette pyramide. Peut- être une des raisons invoquées et retenues à ce jour. Mais entre un Behike et un Trinidad, sans hésiter ! Que choisissez-vous ?

Ma note de cœur 17/20, pour un cigare d’une véracité exceptionnel voué à disparaître qui entame son extinction programmée. Ne tardez pas !

 

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: grand robusto
  • Taille: 155mm x 20
  • Bague: 50
  • Prix Suisse: 14,95€

trinidad robusto extra

trinidad robusto extra

10:01 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

29/06/2012

Trinidad robusto T

Toujours un des meilleurs cigares au monde, mais plus pour très longtemps, le temps d'écouler les stocks, comme vous le savez tous la S. A Habano a mis fin à sa production en 2012 ! pour rappel ce cigare fut créé pour célébrer le 40e anniversaire de la marque ainsi que le 10e anniversaire de son lancement sur le marché international. À l'origine en 1969, les Trinidad étaient offerts aux ambassadeurs, politiciens, diplomates, personnalités, par le gouvernement cubain malgré un paradoxe tout à fait étonnent, Castro lui-même ne les offrait pas ! Sa préférence revenait au célèbre Cohiba. Est-ce que ce cigare aujourd'hui ferait- il doublon avec Cohiba ? possible.


Ce robusto T, si quelques amateurs ne le connaissent toujours pas, précipitez-vous dans votre civette pour vous le procurer ! Ce cigare est une valse à trois temps, dès l'allumage des saveurs de muscade et de bois précieux vous emporte sur un premier tiers tout en rondeurs, d'arôme chocolaté et boisé, sa puissance est relative à sa richesse aromatique, riche et équilibré, rien que du velours, d'une longueur en bouche délicate et pleine de complexité, il vous fait virevolter à vous en bruler les doigts. Aucun défaut notable n'est à déplorer, mis à part une tripe assez serrée qui perturbe un peu le tirage ! Dans l'ensemble ce "Trinidad Robusto T" reste toujours une valeur sure et sans équivoque. Ma note de coeur 18/20 Cool

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto
  • Taille: 122mm x 20
  • Bague: 50
  • Prix France: 15/16
  • Prix Suisse: 10,2

trinidad,robusto T,cigare trinidad

trinidad,robusto T,cigare trinidad

trinidad,robusto T,cigare trinidad

trinidad,robusto T,cigare trinidad


Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

 

06:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |