04/03/2016

Toscano Nobile "Hand Made "

« Les cigares toscans nous offre toujours avec sa violence inhérente, la meilleure défense contre les excès du tabagisme. »

La petite histoire du « Toscano »…

Il est dit que de retour à la mi-août de 1815, une tempête soudaine et violente a éclaté sur Florence, cette pluie torrentielle aurait noyée une partie des récoltes destinées à la manufacture du Grand- Duc de Toscane, Ferdinand III. Cette erreur de manutention et d’appréciation , se solda par un processus fermentif inédit et incongru, en effet après la pluie, le beau temps, le soleil plus l’effet de la chaleur se sont chargés de la nouvelle destinée de ces feuilles, prévu à cette époque comme tabac à pipe et à priser. Comme quoi, souvent les erreurs des hommes combinées à celle de la nature, donne naissance à des artéfacts des plus étonnants !

Ainsi est né ce cigare à la suite d’une tempête providentielle, ce cigare Alias le « Stortignaccolo » synonyme de tordu comme du fil de fer, en raison de sa forme irrégulière, d’ailleurs les puristes s’accordent à dire que plus le « Toscano » est incurvée, plus il est bon ! N’étant pas expert, je ne les contredirai pas. La raison de cette forme singulière, est l’absence d’une feuille, bien présente dans la confection des cigares Caraïbéens qui sert à leur donner une forme rectiligne, appelée « sous cape » qui forme avec la tripe, la poupée et sa forme définitive. Le « Toscano » en était dépourvu et se voulait destiner, avant tout, au peuple, il devait être accessible au plus grand nombre et ne ciblait pas les amateurs de cigares cubains déjà produits dans la « Fabrique Royale de tabac de Séville ».

Aujourd’hui, je vous présente le « Toscano Nobile », un cigare spécialement conçu à la main dans la fabrique de Lucca (Lucques) en Toscane, avec des tabacs Kentucky nationaux, et oui ça existe, vous avez bien lu « à la main » !! Sa particularité, son tabac sélectionné a subi un vieillissement de 5 ans avant d’être commercialisé. Désolé, cette édition limitée n’est malheureusement pas disponible en civette, vous pouvez la trouver uniquement en « Duty free » à Rome et à Milan pour le moment, au prix de 50€ les 10 cigares. Je trouve le packaging très joli, très exclusif, avec cette imprimé sur le couvercle de style de « renaissance italienne » et souligné d’une calligraphie soignée, c’est très noble et ça sent de suite bon l’Italie, je trouve. N’oubliez-pas, Milan et Rome uniquement !

A l’intérieur, en anglais, le fabricant explique la composition de ce mélange de tabacs italiens. Avec la précision que ce cigare n’est pas mécanisé, mais roulé entièrement à la main à partir de feuille exclusive. Une petite phrase, cependant nous fait comprendre le nouveau segment économique de ce « Toscano » sur le marché international, d’où la raison du « Duty Free » : « Une expression intense et persistante de la saveur du tabac Kentucky, qui maintient bien le goût et la qualité de la tradition italienne ».

 Chaque cigare est gardé précieusement dans une enveloppe de cellophane. Pour mon appétence et pour la photo surtout, j’ai préféré tous les découvrir, pour en apprécier le moindre détail de leurs contours. Je suis d’accord avec vous, à première vue on peut le trouver hideux, si vous le comparez à d’autres cigares en provenance des Caraïbes. Son côté très rugueux, noueux comme les doigts nervurés d’un ancêtre venu d’outre-tombe, et dure comme une branche d’Olivier, déroute notre appréciation à le trouver très beau ou très laid, drôle de paradoxe je trouve. A l’odeur, cela reste du 100% Toscano, les arômes de vernis, d’essence giroflée et de goudron réglissé, prennent au nez rapidement et déstabilisent notre perception peu habituée à ce type de parfum dans un cigare. Vulgairement certains vous diront que ça sent la nicotine !

Contrairement à d’autres cigares de cette marque, je pense notamment au « Toscano Antico et Vecchio », les premières minutes de fumage sont plutôt posées, doucereuse et onctueuse. Petite précision, pour cette dégustation j’ai choisi de le fumer sur toute sa longueur comme n’importe quel module, évitant pour cette fois de le diviser en deux parties égales comme il est coutume de le faire. En effet, le démarrage sera fort différent en raison d’une extrémité plus étroite, analogue à un cigare de type « perfecto » par exemple. Celui-ci s’illustre par un faible volume de fumée u démarrage et un tirage assez difficile, ce qui est toutefois normal. Ces prémices restent pourtant très agréables en bouche, très surprenant et très rond, mais d’une longueur assez courte et difficile à interpréter, cela se ressent par une volatilité des arômes. L’épice et la terre dominent cette première partie sur une consistance légère, localisée beaucoup sur l’avant-centre de la bouche et cela ne changera guère jusqu’à la fin.

Au fil du temps, le cigare s’évase et produit des saveurs plus accrocheuses et plus de corps tout en gardant sa forme initiale d’onctuosité et de légèreté. Rassurez-vous, nous sommes bien loin d’un 3e tiers cuisant d’un « Romeo & Julieta Wide Churchill ». Ce Nobile possède un bel équilibre avec une certaine évolution, oui, oui on peut parler d’évolution, résultant de sa forme j’en conçois ! A ce stade, en son milieu, la sémantique de ses arômes offre un goût plus centré sur l’anisé goudronné dans les premières secondes, pour ensuite se prolonger sur plus de minéralité dans la longueur, quelques notes métalliques ( sang ) sèment la subtilité de ce « Toscano ».

Sur le dernier temps, sa forme s’est un peu alourdi avec une sensation anesthésiante sur l’avant de la langue, je le trouve plus consistant et plus puissant, mais rien d’agressif, ni de toxique qui m’obligerait à y mettre fin. Son bouquet aromatique évolue sur des notes de bois, de champignon, de terre, un ensemble de saveurs plus amères et moins soyeuses, ressentis maintenant dans la dernière ligne droite. Personnellement, je suis agréablement surpris par son évolution, certains trouveront abusés que j’emploie ce terme d’évolution dans un « Toscano », plus conforme et protocolaire à la dégustation d’autres cigares, comme un Havane. N’oubliez pas que le cigare composé de ses cinq feuilles n’est pas d’origine cubaine dans sa conception, il aurait très bien pu ressembler à un « Toscano » !

Bref, je pense que le couper en deux serait vraiment dommage et perdrait tout intérêt gustatif, à éviter ! Entre nous, je connais des marques Dominicaines et autres qui pourraient envier ce « Nobile ». Ma note de cœur 16/20, excellente pour ma part, une belle découverte !   

  • Origine: tripe: Kentucky Italie, Cuba, cape: Kentucky Italie
  • Format: corona extra
  • Taille: 155mm x 16mm
  • Bague: 42
  • Poids: 9.3gr
  • Année: sortie en 2015
  • Prix Suisse: 5€ ( box of 10 ) 

toscano_nobileA.jpg

toscano_nobileB.jpg


Vidéo sur le roulage main d'un "Toscano".

Couper_12.jpg

cliquez sur la carte.

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

12:39 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Toscano | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |