08/02/2015

Perdomo Habano Maduro "Toro"

La ligne "Habano" de Perdomo a été créé en 2007, disponible en deux variétés; Perdomo Habano Maduro et Perdomo Habano Corojo. Deux lignes de cigare élevées au Nicaragua à partir de semence cubaine. Pour ajouter à la confusion, depuis 2008 Perdomo réalise aussi un Habano Connecticut, ben voyons ! Cela devient compliqué à suivre cette valse des noms, dénominations et appellations, n'importe quel amateur confirmé ou pas en perdrait son latin ! En réalité, ce Perdomo Habano Maduro n'est autre qu'un cigare du Nicaragua dont l'origine ne tient qu'à sa semence Cubaine, le plus souvent une variété de "criollo" emportée pendant la révolution castriste par certains exilés Cubains, fuyant l'île après que leur terre fut confisquée et nationalisée par les cocos ! Bref, un conseil ne vous fiez jamais aux bagues qui ne sont malheureusement pas une garantie de traçabilité de vos cigares mais tout simplement un marketing accommodant pour certaines marques afin de vous embrouiller, mis à part les véritables "Habanos d'origine cubaine" un pléonasme amusant je trouve !

Les feuilles de ce Perdomo de semence cubaine proviennent de trois principales régions productrices de tabac, celle de Condega, d'Esteli et de la vallée de Jalapa. Trois qualités de tabac bien distinctes. Manque une 4e variété connue des aficionados, celle de l'île volcanique d'Ometepe qui ne fait pas partie du voyage pour cette fois.

Visuellement, les faveurs de ce cigare ne me sont pas insensibles ! Belle cape maduro finement nervuré, lisse et mat certifiée de deux bagues ostensibles aux graphismes expressifs du plus bel effet. Un cigare à la construction soignée, lourd, gourmand comme je les aime...

Côté flagrance, les saveurs animales de cuir et de salaison, plus vulgairement celle de viande fumée galvanise mes sens avec un enthousiasme.  Étonnamment, la cape maduro dont j'espérai plus de fumet ne développe aucun goût particulier au moment du mouillage, une cape plutôt neutre et végétale ! Je m'attendais à une signature gustative bien plus marquée à la nature de sa feuille.

Dès l'allumage, le démarrage souffle un vent fort, roboratif et piquant sur le fond de gorge, pas très agréable et surprenant les cinq premières minutes. Mais rassurez-vous, cela ne dure que très peu de temps, une fois l’orage éloigné, il laisse place à une sensation prolixe plus homogène, limite rustique. Je le trouve de bonne compagnie à ce moment, d'une mâche confortable, exhibant des arômes de terre, de forestier et de poivre vert. Aromatiquement trop faible dans cette première partie, ce Perdomo se défend bien par l'équilibre de son rancio qui le maintient suffisamment éveillé, mais pas suffisamment riche pour sublimer mes papilles. D’une persistance moyenne, il s'accompagne d'une rondeur relative à sa douceur, dans premier temps sans grands éclats.

Dans la seconde partie, c'est toujours une sensation mitigée et rustique qui s'enorgueillit maintenant d'une meilleure consistance, tout en étant plus asséchant à la fois. Le terreux s'agrémente de saveurs plus sèches, de noix, de noisettes et de café du type (caffè lungo). À ce stade de la dégustation, il est plaisant de noter cette nette amélioration de son homogénéité, ainsi qu'un meilleur fondu des arômes et d'une longueur perceptible sur fond de liqueur anisée. En conclusion, ce 2ème temps a su révéler une personnalité attachante, même si je lui trouve une certaine absence, trop timoré en mon sens. Ce Perdomo pèche par omission ! On espère, on se dit qu'il pourrait s'il le voulait, mais ça ne vient pas au moment où on aimerait qu'il soit. Ça, c'est pour mon petit côté légiste, dans l'ensemble ce Perdomo reste un bon cigare de très bonne facture, je tiens à le préciser. Un bon Nicaraguayen, bien moins intense qu'un CAO Brasilia Samba ou d'un Nicarao exclusivo.

Le final triomphe sur une sensation roborative et corpulente, mais toutefois équilibrée ! Mais malheureusement vite rattrapé d'une lourdeur toxique et irritante. Inutile d'y chercher quelconques plaisirs, si ce n'est prolonger l'espoir qu'il pourrait encore évoluer vers du bon !

Cette dernière partie qu'on qualifie "Purin" n'est pas exagéré, pour la petite anecdote Winston Churchill qui fumait en moyenne 8 à 10 cigares par jour, les appréciait seulement que sur une bonne moitié en évitant soigneusement d'atteindre le dernier tiers ! En réalité, il ne fumait que 5 cigares au quotidien. Aujourd'hui les habitudes ont bien changé et il n'est pas rare de les déguster jusqu'à s'en brûler les doigts…

Lien vers le site Perdomo Cigars

Ma note de cœur 14/20, à découvrir même si cette nouveauté date de 2007...

  • Origine: tripe:Nicaragua, Sous-cape:Nicaragua, cape:connecticut maduro ( connecticut broadleaf )
  • Format: toro
  • Taille: 139mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 19.9gr
  • Année: 2014
  • Prix: 8-10€ ( Europe )

 

DSC00409.jpg

perdomo habano maduro.jpg


Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

11:31 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Perdomo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |