14/04/2017

Paradiso "Coloso" Toro

Plus connu dans la production de cigare dominicain, la maison Ashton fière de ses 25 ans, s’aventure pour la première fois dès 2010, sur les terres nicaraguayennes, proposant ainsi la ligne « Paradiso », des cigares manufacturés à base de tabacs sombres, longuement affinés, aux saveurs riches et corsées. Le Coloso ( du latin colossus, ‘statue plus grande que nature’ et celui du grec kolossos ‘statue géante’), légitime fort bien les ambitions de ce cigare, par ses belles mensurations de 62 de cepo pour 171 mm et d’un poids de 31,8 grammes ! En règle générale, je ne fume rien au-delà des 60, pour la simple raison que plus c’est gros, plus le temps à les déguster, semble s’éterniser vers un ennui mortel pour 90% d’entre eux.

J’avouerai que l’idée de déguster ce truc, ne m’enchantait guère, que penser de ce « Paradiso Coloso ». Mais pour une fois, laissons mes a priori au vestiaire.

Visuellement, difficile de passer à côté sans être fasciné par sa double bague chamarrée aux couleurs éclatantes, ostensiblement tape à l’œil, mais juste un petit peu. Une chose, j’aimerais connaître la signification d’apposer une fleur de Lys sur celle-ci ! Peut-être un cigare royalement bon, qui sait ? D’aspect, ce module à l’habit ténébreux offre une certaine appétence par l’opulence de ses arômes, ceux-ci délivrés par une cape maduro aux senteurs tourbées, de vieux cuir et de café ristretto.

Dès sa mise à feu, les premières notes fredonnent cet air plutôt poivré, de fond râpeux et d’un goût légèrement suret, d’humus et de terre à la consistance moyenne et retroussée. Un démarrage que je trouve volubile et dissonant pour le moment dans ce préambule imprécis.

Dans cette première partie, difficile de ne pas apprécier son amplitude gustative, onctueuse et féconde, révélée  par ses notes de terre grasse, de café, de cacao amer, de cuir tanné et d’épices. Le tout doté d’une persistance obligeante à la rondeur incertaine. Une forme qui se façonne et évolue doucement vers un agrément corpulent et copieux, celle-ci offrant des saveurs rassasiantes, scellant désormais cette dégustation sur des notes tourbées et de café noir, après seulement 20 minutes de fumage.

Sur le 2e et 3e temps, c’est une perception grave et ténébreuse, très appréciable si on aime ce goût relatif aux bières de type stout par exemple, d’orge torréfié, de caramel brûlé, d’épices, voire même de sauce worcesters ( sauce anglaise de couleur brune à base de mélasse, de vinaigre de malt et d’épices diverses).

Malgré une évolution aromatique étroite, ce « Paradiso Coloso » s’en sort plutôt bien, et se distingue grâce à une consistance équilibrée et croissante sur chaque aspiration. Cette volupté grisée sculpte inexorablement ma langue de saveurs intenses et roboratives. Ce vocable, avoir « la langue bien chargée », prend tout son sens dès le 3e temps, par cette satiété lourde et pâteuse et non cuisante qu’assouvit mon désir d’explorer ces notes obscures et confortantes sur ce final expressif. En conclusion, ce « Paradiso » en toute conformité avec le Nicaragua, livre un bel échantillon de ce terroir, dont les amateurs apprécieront, je pense. Un gros module qui pour une fois ne botte pas en touche. Ma note de cœur 16/20, une belle surprise en quelque sorte, comme quoi les a priori.

  • Origine: tripe: Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: gros toro
  • Taille: 170mm x 24mm
  • Bague: 62
  • Poids: 31.8gr
  • Année: 2015
  • Prix: 9,5ch

    paradiso coloso cigare

    Paradiso "Coloso"

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20        

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12:33 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Paradiso | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/07/2015

Paradiso Révélation "Odyssey"

Genève, 27 juin 2015. Brève de cigare…

Encore une belle journée qui s’annonce, le ciel est radieux, mais très chaud tout de même avec ses températures qui oscillent entre 35°et 28° à l’ombre des arbres séculaires du parc des Eaux Vives. Sur les taches de gazon certaines recherchent l’effet cuisant du soleil, quand d’autres préfèrent se fatiguer ou ruser du ballon pour convoiter ces ingénues, d’abord timidement par quelques regards coïncidant pour ces drôles de gazelles ! Un peu plus loin je croise un vieux couple de ‘Pékinnois’, le konica en bandouillère, les sandalettes à chaussettes de couleur peau en quête d’un endroit, manifestement  un besoin pressant les conduit droit vers la sanisette du parc installée là prestement pour les besoins des fêtes de la musique, malheureusement fermé à cette heure, pas de chance pour eux ! Je passe devant le bar de l’orangerie lui aussi fermé et d’un pas lourd je traverse les allées ornementées en direction de l’une des sorties, celles-ci érigées de hauts portails d’aciers forgés rappelant le passé historique de ce domaine constitué dès le XVIe siècle. Trouver une terrasse convenable pour cet exercice, un endroit non assiégé par les hordes d’Aborigènes assoiffés et près à vous écorcher  à la moindre fumée mal odorante n’est pas chose facile ! Comme je le dis « Mieux vaut être prudent lorsqu’il fait beau temps, car l’amateur heureux devient vite l‘’enfumeux’ de ces braves gens dont l’intolérance n’a égard que le mépris dont prône la bouffonnerie. »  Je préfère les éviter en choisissant un lieu plus discret pour pêché tranquille dans la gourmandise et ma paresse.

Bien décidé, je file droit sur la rue Montchoisy en direction du centre en quête de ce havre de paix ! Plusieurs établissements pourraient répondre à mes exigences, mais non ça ne va pas, trop ensoleillé, mal exposé, trop vulgaire et pas assez désuet à mon goût, je cherche un parfum de vieille ville à l’extérieur de celle-ci. Vous me trouvez  trop compliqué, moi aussi d’ailleurs. Et tout ça pourquoi, pour un cigare que j’aimerai peut-être pas. Mais soyons patient ! Un peu plus loin je croise plusieurs rues adjacentes dont celle de la rue Maunoir qui file vers le lac, et là à quelques pas, quelles bonnes surprises, des tables en fer rondes et orphelines s’offrent à moi de toute leur insolence, placées devant les hauts vitrages anciens qui semblent être un bar, ‘Le Coup de Girafe’ quel drôle de nom, on le croirait sorti tout droit d’un livre pour enfants !! Après quelques pas indiscrets pour guigner, je découvre avec curiosité ce café entre brocante et salon de thé, véritable patchwork du temps passé où se mêle tout de sorte d’objets singuliers  comme cette vieille caisse enregistreuse en bois ou la caméra super-8 d’un Zapruder égaré, un fauteuil style cocktail des années 50 côtoyant l’austérité d’une chaise Louis XV, sous les regards hypnotisant de quatre garçons ‘pop artisé’ accrochés comme des trophées sur le mur du fond, John, Ringo, Georges et Paul, ici tout est à vendre ou presque !

Voilà ce que je recherchais pour me poser…Un lieu peu fréquenté à cette heure de la journée. De plus avec cette chaleur il était temps, ma carcasse ne demande qu’à s’hydrater ! Je passe commande d’un thé froid maison gentiment proposé par, ce qui semble être la taulière de ce zoo, blonde, cheveu court, 1m65, 50kg environ 30/35 ans, une nana décontractée bien dans ses baskets, aimable sans être mielleuse, simple et efficace. N’ayant pas eu le temps de déjeuner, je me laisse aller à la gourmandise et l’accompagne, mon thé bien sûr, d’une part de tarte Tatin présentée parmi d’autres pâtisseries. Cette ambiance conviviale me convient très bien, et sans risque de trop dérangé !

La ligne ‘Révélation’ comporte 3 modules, le Leviathan ( 165 x 64 ), l’Odyssey ( 146 x 60 ), le Legend ( 158 x 52 ), le Mystic ( 142 x 48 ) et son Prophet ( 127 x 54 ), une nouvelle ligne qui complète les trois précédentes, le Supremo, le Clasico et le Papagayo dégusté en 2012 sur ce blog dont la note de 16/20 laisse à penser qu’il me plaisait à l’époque! Aujourd’hui, c’est au tour de l’Odyssey de me donner  l’inspiration, dont je espère de tout cœur. Ce 60 de cepo, est une limite que je me donne, plus gros je ne peux vraiment pas. Visuellement, le cigare est soigné malgré quelques petites taches blanches comme une sorte de décoloration de la cape ! Celle-ci peu nervuré présente un toucher plutôt dense et trop ferme. Les flagrances de la cape colorado de semence Sumatra/ Equateur offre un doux parfum de boisé, de pain chaud et de léger vanillé. A crudo, je le trouve assez herbeux de type foin frais. Le problème le plus fréquent que je rencontre avec ces gros modules concerne l’utilisation de la guillotine, en effet une fois sur trois j’explose la cape et la sous-cape souvent trop sèche ! En effet, la lame fait subir une énorme pression au cigare, je me résigne maintenant à utiliser mon emporte-pièce en réalisant un poinçonnage adapté en trèfle pour créer une ouverture maximale.

Dès l’allumage, les premières minutes sont suffisamment onctueuses, puis viennent dans la longueur une sensation râpeuse et piquante.

Dans un premier temps, cette sensation d’onctuosité et de générosité persiste avec une consistance toutefois mesurée, mais suffisante pour espérer une suite plaisante. Quelques notes d’amertumes viennent cependant distraire le palais par une aversion végétale terreuse d’humus ou voir de terreau, je ne saurais dire avec précision de quoi est fait ce petit arrière-goût. L’ensemble est soutenu d’un soupçon de poivre noir qui exhausse un temps soient peu mes papilles. Mais sur le fond, je retrouve cette astringence légère et obséquieuse qui me gène, un peu comme un thé à la bergamote par exemple.En bref, rien de dissonant sur ce préambule qui sied à merveille les aromes acidulés de mon thé avec ma pomme confite et caramélisée, au moins je lui ai trouvé quelques affinités !  

Dans la seconde partie,  je découvre un cigare moins désordonné, plus fondu et ample en bouche. Son onctuosité, plus de rondeur absoute cette acidité dont l’effet rédhibitoire pouvait contrarier son évolution. Maintenant plus suave en goût, je découvre un cigare plus pertinent dans son tempo fait de notes de sous- bois, de foin, de noisette décortiquée et de poivre timoré. cette 2e partie à la consistance légère  et à l’intensité aromatique relative séduira les plus frileux, illustrant un fumage accessible au plus grand nombre, un cigare convenable et sans grande complexité.

Etrangement sur ce 3e temps, le côté acide végétal  pourtant corrigé précédemment reprend doucement de la vigueur. Les saveurs endémiques persistent sans vraiment subjuguer, porté par une linéarité monotone qui professe une longueur râpeuse et nocive qu’il m’est difficile de taire! Un final moyen dont la consistance se sous-estime sans vraiment convaincre, un manque de conviction dans presque tout anéantisse tout espoir d’y trouver un antidote efficace à cette pantomime. Même, le reste de ma tarte n’y suffit plus à rendre cet Odyssey moins méprisable. Vraiment peu de rien dans cette 3e partie dont beaucoup de choses ne sont plus à dire.

En conclusion, cette dégustation que je trouve mitigée m’a offert d’agréable dessein mais sur un seul tiers ! Malheureusement, les deux autres tuent l’envie d’avoir envie. Un cigare trop herbeux pour ma part. Une révélation qui m’ordonne une note de cœur de 14/20 !    

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Sumatra/ Equateur
  • Format: gros toro
  • Taille: 146mm x 23mm
  • Bague: 60
  • Poids: 22gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 9,5€

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‘Le Coup de Girafe’ Genève, ( google map ), 10chf le thé + la part de gâteau !

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

 

08:50 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Paradiso | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/05/2012

Paradiso Papagayo XXL

La maison Ashton vous présente le "Paradiso Papagayo XXL" un imposant "puro" venue tout droit du Nicaragua, un cigare qui en impose par son format et sa bague ostentatoire que j'adore, fabriqué par Don Pepin Garcia ce magnifique cigare est arrivé sur le marché européen depuis peu, son prix 7,80€ en Belgique en fait un cigare vraiment abordable pour ce gabarit, reste à savoir son goût ?
Sur le plan visuel, rien à dire, la cape est belle, légèrement grasse, peu nervurée d'une couleur maduro, la qualité et la renommée de fabrication de la maison Ashton sont irréprochables.
Le premier tiers se dessine sur des notes de terre et de cèdre, le tirage est parfait bien ventilé, le deuxième tiers est plus épicé avec des notes supplémentaires de chocolat noir sur des saveurs moyennement corsées, la longueur en bouche généreuse, nous dépose sur un 3e tiers équivalent, agréable mais sans réelle surprise ma foi, ce serait sans doute son principal défaut ! La fumée est enveloppante, grasse et gourmande.
Une belle découverte pour ce Paradiso. Ceux qui aiment ce genre de format, précipitez-vous dans votre civette, vous ne serez pas déçu, avec ce prix plus qu'accessible je le conseille à tous les amateurs, un cigare pour moi facile à fumer. Et ne soyez pas effrayés, derrière ce monstre se cache en fait un sympathique ours en peluche ! Ma note de coeur 16/20 Rigolant

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: grand robusto
  • Taille: 140mm x 21.8
  • Bague: 55
  • Prix Belgique: 7,8€
  • Prix France: 8,5€
  • Prix Suisse: 7,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

06:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Paradiso | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |