11/11/2014

Padilla "Premier cru" double toro

Padilla ! Est-ce que ce nom vous parle ? Peut-être, peut-être pas !

Pour faire court, la marque Padilla appartient à l'une des plus grandes famille du cigare Nicaraguayen, celle de la maison "Oliva". La réputation de ses cigares fait l'unanimité aujourd'hui auprès de bons nombres d'amateurs, je pense en outre à la série V.Pour cette ligne "Padilla premier cru", son mélange a été spécialement conçu par Ernesto Padilla pour le marché européen ! On peut donc imaginer qu'une étude marketing bien formatée sur les habitudes des  fumeurs Français, Belge, Allemand, Italien, Espagnol, Portugais, Grec, etc...Stop !! Mais j'avoue être toutefois inquiet par ce genre d'idée, réaliser une liga unique destinée à plaire aux plus grands nombres d'amateurs. Comment peut-on croire à ce genre d'étude, destiné pour ma part à niveler les goûts sur des critères anachroniques et abusifs. A mon avis, je trouverai la démarche judicieuse si celle-ci était attribuée à celui d'un seul pays ! Voyons voir, ce que cette dégustation peut bien nous apprendre sur ce mélange affecté à nos obsessions cigaristiques.

Visuellement, rien à dire ! Ce double toro présente ses meilleurs atouts. Un parfum enjôleur de café au lait et chocolaté, ainsi que des flagrances de cuir et d'encaustique, le tout servi dans une cape finement ajustée de couleur maduro. Un cigare pesant, d'une construction parfaite donne raison à la séduction primaire de mes yeux et de mon nez. Jusque là, cette étape cruciale du coup de cœur, de l'achat spontané fait mouche de manière très naïve.

Comment définir au mieux ses premières minutes, plutôt râpeuse pour commencer, mais doté d'une certaine générosité dans le même temps. D'une consistance acceptable mais d'une longueur moyenne, ce premier temps ne brille pas par une richesse arômatique des plus excitantes, mélange de terre, de cuir, de café qui tente de s'améliorer après 20 bonnes minutes, j'essaie de rester optimiste pour la suite. Entre nous je trouve cette introduction des plus mitigés, une sensation latente et confortable en bouche qui pourrait se révéler terriblement soporifique dans la seconde partie. Mais laissons le s'épanouir avant de tirer des conclusions hâtives et trop alarmantes.

Nous y voici, 2ème temps, la rondeur prend une forme plus agréable, plus grasse, plus fondue, exaltant des notes terreuses de tourbe, de chocolat, de café et de cuir, offrant un ensemble d'une belle onctuosité. Malgré cela, j'éprouve une sorte de gène dans ce fumage, un véritable paradoxe !  En effet, cela fait environ 1heure que je le fume sans pour autant le détester ou l'aimer, les saveurs ne changent guère sans grande évolution. Je le trouve assez linéaire dans sa tessiture. Ce qui me dérange le plus dans ce cigare, c'est son manque de personnalité, pas assez affirmé, ça se fume sans faire de vagues, un cigare parfait pour commencer à fumer sans se faire de mal.

Après environ 1h30 de dégustation, me voici proche de sa fin, étonnement rien n'a changé  ! La perception reste aseptisée, léger, monocorde et empâté. À ce niveau de fumage, on s'attend en toute logique à une consistance plus musclé, ici il en est rien. À vouloir gommer toutes ses imperfections et uniformiser les saveurs, ce double toro perd définitivement tout intérêt gustatif en devenant ce que j'appellerai un "cigare pasteurisé", non vitaminé, le cigare "pas trop" par définition ! Bon, agréable, mais tellement insupportable pour l'amateur que je suis. Ma note de cœur 12/20, un gros module affable pour une somme modique, difficile de faire mieux.

  • Origine: tripe: Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Equateur
  • Format: double toro
  • Taille: 152mm x 23.8mm
  • Bague: 60
  • Poids:  18 gr
  • Année: 2014
  • Prix: 10€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

 

16:24 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Padilla | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |