22/04/2015

Nicarao Exclusivo "robusto"

Connaissez-vous la ligne "Exclusivo" de Nicarao" ? Pour ceux à qui ce nom n'évoque rien, et fort heureusement ils sont de moins en moins nombreux. Je parle d'amateurs qui aiment voyager dans différents terroirs. En effet le succès croissant des cigares Nicarao n'est pas un hasard ! Son inventeur Didier Houvenaghel (ingénieur agronome de renom dans le domaine du tabac et auteur d'un livre extraordinaire ‘Le cigare de la culture à l'art’, un ouvrage qui ne quitte plus ma table de chevet) s'efforce voilà plusieurs années à ravir nos papilles d'excellents puros du Nicaragua avec la complicité de son ami Abel Fernandez. Ma dernière dégustation de ce module remonte environ à deux ans maintenant, à l’époque cette ligne venait d’arriver en Belgique. Mon ressenti pour ce dernier était resté assez mitigé, quand je relis mes notes, faiblesse de la cape et un goût que je trouvais trop âcre, intense dès l’arrivée du second tiers, me confortait sur un déséquilibre de ce module. Etait-il trop jeune, suis-je tombé sur le mauvais numéro ?  En bref, la sensation tout de même d’être passé à côté de quelque chose au vu des commentaires d’amis amateurs. Il me tardait donc de le retrouver, et de reprendre cette dégustation que voici !

Je pense qu'elle fera plaisir à "Thierry" ( Thierry et ses cigares ), ami blogueur que je respecte et fidèle amateur des "Nicarao" de Didier. Entre Belges, on se sert les coudes !

En résumé, l'histoire de ce cigare se situe exclusivement au Nicaragua, c'est un véritable puro réalisé à partir de tabacs âgés de 5 à 9 années minimums pour la tripe et 2 ans pour la cape. Autre particularité intéressante tient dans l'élaboration de cette ligne, en effet les "Nicarao Exclusivo" ne sont pas roulés par des torcedores payés à la tâche ( au cigare roulé ) comme dans la majeure des fabriques Caraïbes, mais cas rarissime, ceux-là sont roulés uniquement par des ouvriers expérimentés, rémunérés par un salaire journalier et fixe, afin de garantir une qualité de fabrication homogène. Qu'ils produisent 50 ou 100 cigares par jour, leur rémunération reste toujours la même ! D'où une incidence sur les coûts de production, avec un prix de revient plus élevé que la moyenne mais nécessaire pour obtenir le meilleur du Nicaragua.

  • Aspect: Cape sombre maduro/ oscuro, plutôt épaisse et graîneuse. Une cape rustique et organique façon chrysalide.
  • Toucher: Corps très ferme, peu de souplesse
  • Mouillage: Goût très neutre
  • Parfum: léger, végétal/ forestier/ cuir jeune
  • À cru: poivre noir/ épicé ( localisé sur l'arrière du palais )

Dès la première bouffée, pendant un laps de temps d’environ 8 à 10 minutes cet ‘Exclusivo’ offrent un tempo soutenu, à la consistance poivrée plutôt rustique. J’apprécie d'entrée ce caractère franc, de suite attachant et équilibré.

Passé ce prélude vif et roboratif, je suis surpris, je me serais attendu à une montée assez rapide dans son intensité, mais pas du tout ! Bien au contraire, la rondeur s'installe, celui-ci devient plus docile sur une perception plus confortable pleine de douceur, les notes de tourbe, d'étable s’installent grassement, distillant judicieusement des notes de chocolat réglissé, ou le poivre très présent dès le départ, finit maintenant par s’effacer, laissant place à une sensation plus voluptueux dans l’ensemble. Ce robusto à la consistance moyenne préfère jouer sa partition en oubliant les percussions, préférant celle des instruments à cordes et celle à vent comme uniques interprètes. Cette aubade de salon offre une amplitude gustative large, harmonieuse, doté d’un agrément subtil de saveur sagement diluée. Bien loin de mes souvenirs, tellement différent ! Mais qu’ai-je donc fumer en 2012 ?   

Un point positif quil faut souligner concerne sa combustion, malgré une grande fermeté  ‘à faire pâlir un amateur pro Cubain, je peux qu'être admiratif par le tirage exemplaire de cet Exclusivo. Comme quoi, la fermeté ne rime pas forcément avec cigare sec et bouché !

Progressivement, à l'approche du second tiers les arômes s'uniformisent vers un goût façon "café réchauffé" celui de grand-mère, laissé sur son poêle dans sa cafetière émaillée moucheté bleu et blanc. Certes pas le meilleur des ‘Kawa’, mais celui qu’on se souvient 30 plus tard ! Bien plus romantique qu’une vulgaire capsule ‘Nespresso’. L'évolution est équilibrée, sans grande complexité, mais elle sonne juste !

Dès la seconde partie, on retrouve ce « Qualia » très identitaire du Nicaragua, un cigare terreux à la consistance modeste qui sait pourtant s’agrémenter de café, de cacao et de note plus réglissé à ce stade de l’examen, je sais que certains n’apprécient guère ce genre de musique, propre aux feuilles de maduro. Il est vrai que parfois le réglisse peut vite devenir ennuyeux et éliminatoire sur certains cigares. Là, ce n’est pas dérangeant, puisque celui-ci reste tourné vers la douceur, évitant ainsi de trop vite saturer les papilles, laissant la place à d’autres parfums s'imbriquer. Une chose aussi qui m’interpelle dans ce cigare, c’est le fait que cet ‘Exclusivo’ évolue étrangement à contresens ! Plus j’approche de sa fin annoncée, plus celui-ci semble se décourager en perdant progressivement de sa force et de son intensité, alors que de manière générale c’est tout l’inverse !

Cette 3e partie joue agréablement les prolongations, sans fautes darbitrage et sans joueurs sur le banc de touche ! Un troisième temps toujours très onctueux et doux qui perdure sur un final empyreumatique relativement suave et légèrement mentholé. Malgré une consistance plutôt effacée que je perçois, celui-ci offre un confort de fumage très avenant, facile. Puisquil faut vraiment aller le chercher dans les cordes et se brûler les doigts pour le rendre plus combatif, plus amer et piquant !! Pour conclure, ce Nicaraguayen a su me convaincre et mérite de s'y attarder. Un cigare ma foi qui peut inquiéter au premier abord par son côté rugueux et sombre, mais finalement très accessible, subtil et plaisant surtout. Ma note de cœur 16/20.                 

 

  • Origine: tripe: Nicaraguayenne, Sous-cape: Nicaraguayenne, cape: Nicaraguayenne
  • Format: robusto
  • Taille: 140mm x 23mm
  • Bague: 58
  • Poids: 19,3 gr
  • Année: ?
  • Prix: 14,5€ Suisse

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

09:21 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Nicarao | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/06/2013

Nicarao Especial 'double toro'

Hier soir, décidé à fumer autre chose qu’un Cubain pour changer ! Mon choix s’est naturellement tourné vers ce magnifique et robuste ‘ Especial double toro’. A l’aspect soyeux, ferme et tendu sans réel défaut de fabrication, ce module bien lissé appartient sans aucun doute à cette lignée des fameux barreaux de chaise souvent décriée dans les films et autres médias. Un cigare viril qui en impose par son diamètre et par sa grandeur. J’ai beau chercher, je ne trouve rien à y redire sur ce premier examen, un sans faute pour le moment !

Niveau senteurs à cru, celui-ci exhale de franche odeur de boisé très proche de celui d’un Cubain, mais enrichit d’une pointe subtile d’agrume, genre citron et d’une pincée de cumin qui fait la différence, un mélange très séduisant et appétissant pour cette analyse très personnelle et suggestive.

Dans un premier temps, dès l’ouverture ce Nicarao s’installe sur une perception gouleyante et bienveillante, le poivre blanc, la terre et le café domine ce joli bouquet. Des notes qui prédomineront bien au-delà du second tiers, sans pour autant être une insuffisance puisque ce Nicarao pourvu d’un équilibre à toute épreuve se suffit amplement à cette palette aromatique. D’une rondeur et d’une persistance agréables, il continue sa route sans faillir, mais sans grande surprise.   

Le 2e temps démarre très tardivement, pratiquement au niveau du 3e tiers du cigare. Les saveurs sont semblables au démarrage, tout en devenant   plus brioché, plus torréfié mais toujours sur une perception discrète et légère.

Pour conclure, comme je m’en doutais un peu, le 3e temps plus corpulent apparaît très tardivement bien après le 3e tiers. Un drôle de cigare que cet ‘Especial double toro’, qui me laisse perplexe, ai-je été séduit ?, j’en sais fichtre rien.

En toute sincérité, ce cigare est plutôt bon dans l’ensemble, sans grande complexité il a su se défendre par une harmonie des plus justes. Certains le trouveront ennuyeux, car il manque de punch pour un cigare nicaraguayen ( pour les inconditionnels des Tatuajes, Padron et Casa Magna ) . C’est justement là  ! Le point fort de ce Nicarao c’est qu’il ne s’apparente à aucun autre cigare du Nicaragua.

Je félicite Didier H pour son opiniâtreté à nous fournir des cigares toujours surprenants et plaisants !

Ma note de cœur 12/20Sourire, pour ce bon moment passé en sa compagnie.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: double toro
  • Taille: 152mm x 23mm
  • Bague: 58

nicarao especial

nicarao especial

nicarao especial


Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

14:25 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Nicarao | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

28/05/2012

Nicarao Exclusivo robusto

Je reste circonspect sur cette dégustions car je connais bien le travail de Didier Houvenaghel que j'affectionne pour son sérieux, pour beaucoup c'est un peu le chirurgien du cigare "Nicaraguayen", sa technicité, son expérience de ce terroir ne fait plus aucun doute aujourd'hui. Je connaissais la gamme Anno VI notamment le robusto qui m'avait séduit par ses saveurs de cacao, légèrement épicées et moyennement corsé.

Mais là ! je l'avoue je ne comprends pas très bien l'histoire de ce cigare, j'ai peut-être manqué un épisode, je lance donc un S.O.S à Didier H ! Ce Nicarao Exclusivo n'a rien de très exclusif, pourtant il présentait à l'oeil ses meilleurs atouts, belle robe grasse et luisante d'une belle couleur maduro, un léger veinage rehaussé de belle senteur toasté et d’écurie, une très belle chrysalide qui ne demandait qu'à éclore en une jolie dégustions. Ce premier tiers s’amorce sur des saveurs de café torréfié qui malheureusement ne s'enrichit pas assez d'autres subtilités aromatiques, le deuxième tiers est sensiblement le même, avec en prime une désagréable amertume de tabac froid qui se prolongera jusqu'à la fin, d'une longueur en bouche très courte il me tarde d'abréger mes souffrances. Ah oui j'oubliais ! La cape s’est déchiré au deuxième tiers comme une vilaine blessure, mais celle-ci ne cicatrisera pas ! Le nicarao Anno VI présentait déjà ce genre de désagrément, est ce que conserver un Nicarao sous nos latitudes serait un défi ? Étonnement je ne rencontre pas ces problèmes sur mes Cubains, honduriens, Dominicains et Costaricains.

Seul bon point positif ! La combustion, la cendre compacte reste parfaite sans failles d'un bout à l'autre, justes deux rallumages sur la fin, normal me direz-vous ? La fumée blanche et bleutée reste délicat et abondant, mais cela ne suffira pas à le sauver ! Ma note de coeur 9/20 Sourire

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: robusto
  • Taille: 141mm x 24
  • Bague: 58
  • Prix Belgique: 12,9€
  • Prix Suisse: 15€

nicarao exclusivo robusto

nicarao exclusivo robusto


Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20




 

06:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Nicarao | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |