21/03/2015

Montecristo A ( Giant Corona )

Voilà un moment que ce grand "A" reposait dans ma cave tel un cercueil dans son caveau, analogie morbide du sacré d'un cigare qu'on n'ose plus fumer passé quelques mois. Gisant comme une poupée dans sa petite boîte vernie à l'estampage Or. Il intimide et impressionne le débutant dans sa quête d'absolu à celui du plus endurant des ‘havanophobes’. Mais l'oubli finit par sceller définitivement le couvercle de nos envies, convaincu qu'une occasion singulière pourrait briser un jour ce sortilège, révélant enfin à l'amateur tous ses charmes encenseurs d'un module d'exception.

Celui-ci provient de ma dernière escapade Cubaine de 2013, un cigare sûrement acheté dans la boutique Partagas si mes souvenirs sont intacts, quoique ! Mais quelle importance cela fait de connaître cet endroit, c'était à la Havane voilà tout. Ce module élégant fait partie aujourd'hui des curiosités "cigaristiques" pour touriste avide et trivial en quête de l’objet souvenir et peu encombrant à s'offrir de cet autre monde, "Cuba", dont le destin incertain ne prendra pas fin dans un cendrier, malheureusement pour lui.

Très peu garde le souvenir de l'avoir fumé un jour sauf quelques rares irréductibles de la vieille école qui ont pu le découvrir dès l'année 71 dans son coffret verni de 25 pièces, à cette même époque sortait au cinéma "La folie des grandeurs", Jim Morrison s’éteignait et mon père s'offrait sa première Peugeot, une 204 de couleur blanche, la classe ! Tandis que moi je soufflais ma première bougie.

Il faut dire que le format en découragerait plus d'un ! La preuve, déjà 2 ans. Même la revue "l'amateur de cigare" a renoncé depuis longtemps à en parler, ce format serait devenu obsolète, désuet, périmé et démodé diront certains. Aujourd'hui nombre d'amateur délaissent ces longs modules au profit de formats plus courts, plus en adéquation avec nos vies de fou, ce plaisir se concentre maintenant dans des formats plus courts entre 12 et 15 cm, cette formule vous fait sourire, mais pourquoi donc ? Heureusement pour moi, je ne fume pas la pipe. Le monde change et entre nous, qui a dégusté un "Montecristo A" ces 6 derniers mois ? En effet, l'exercice n'est pas moindre et je vous garantis que les plus fainéants y trouveront l'absolution et enfin la paix dans ces 2h30 d'oisiveté, assumées ou pas !

Mais qu'en est-il vraiment ? Y a- t-il un réel intérêt gustatif à déguster un tel module ? Au vu des ventes relativement faibles, serait-il abusé de penser que les torcedores produisant ce module puissent être désabusés par le manque d'intérêt des amateurs pour ce cigare, je pense que oui tout en gardant l'espoir de me tromper. Mon seul souci pour cette dégustation concerne son ascendance gustative, comment mesurer objectivement son volume olfactif sans connaitre la partition originale. Comment ce cigare a- t-il été conçu à l'origine, capiteux et doux, intense et consistant ? Exercice difficile, mais combien futile d'écouter sans comprendre cette musique écrite voilà 37 ans..

En somme, je dois essayer seul de comprendre son histoire en prenant enfin le risque de coulisser ce couvercle avant que ce Montecristo ne disparaisse à jamais de nos civettes et fasse prochainement son entrée au panthéon des "cigares disparus" comme tant d'autres avant lui. La survie d'un cigare ne tient qu'à une simple équation, celle de la rentabilité et de la profitabilité dont nous sommes tous étroitement responsables en tant que consommateur. Car ce sont bien nos habitudes qui donneront naissance à de futurs modules et non le contraire ! Et si ma modeste contribution vous enflamme, suscitant ainsi un achat coup de cœur dès demain, biaisant ainsi toutes les statistiques de production chez Habano. Je sais, je peux toujours rêver !!

Ce module emblématique est une petite merveille de construction qu'il faut savoir apprécier, d’une telle rectitude qu'on en oublierait les petites mains habiles du torcedore qui derrière sa table avec sa chaveta s'est appliqué à le confectionner pour nous. Ce module d'une rare élégance à la cape Colorado légèrement terreuse délivre un doux parfum, étrangement timide pour un cigare confiné depuis tout ce temps dans son écrin "varnished", mais malgré cette absence olfactive, il émoustille tout de même le nez de jolies notes fugitives, de boisé et de praliné. Des accords heureux et délicats pour ce prélude tout en réserve ! Côté goût de la cape, aucune amertume, aucun piquant n’en découle, plutôt neutre  je dirais.

L'allumage demande une certaine habileté de conviction pour réussir à faire rougir ce grand timide et capter ainsi son attention dès les premières effluves filtrés au travers de ce corps longiligne. Une fois capté, la perception plutôt agréable est en totale adéquation avec son plumage, onctueux et très doux à la fois, dont l'agrément aromatique se confond de notes de pain beurré, de café crème, de foin et de fruits secs dont l'amplitude généreuse en bouche apporte rondeur et fondu. La consistance dans ce premier temps, pêche d'un manque d'aplomb et de muscle ! Est-ce un parti pris audacieux au profit des arômes ou est-ce un trait de caractère préjudiciable pour la suite, je ne saurais le dire pour le moment ?

Sur la fin de cette première partie après 40 minutes de fumage tout de même, la rondeur douce et fluide s'installe sur une amplitude en bouche généreuse, comme le feraient les couleurs fluides et fondues d'une aquarelle de Marie Laurencin.

Des saveurs diluées de chocolat au lait, de sous-bois et d'épice, légèrement émaillées de relent tannique viennent dépeindre subtilement ce lavis olfactif de faible corpulence. Ce manque de ténacité n'enlève rien à sa distinction, mais certain regretteront ce manque d'affirmation. Un cigare à la forme bien distant du "qualia" Montecristo.

Sur la seconde partie, rien ne vient troubler cette dégustation sans véritable changement où les acteurs de cette pièce en 3 actes semblent avoir trouvé leurs places respectives. Toujours de belle amplitude en bouche, les notes onctueuses et plus marquées se partagent subtilement ce 2ème temps, fait d'accords plus graves comme l'apparition de poivre noir, de saveurs de sous-bois humide et de beurre frais. Cette intensification reste malgré tout très fugace et toujours très peu consistante, laissant la place à un cigare de goût à la forme aromatique légère et suave et dotée d'une rondeur agréable mais d'une longueur moyenne dans l'ensemble. En effet, comme pour une boisson alcoolisée ce sont ses degrés d'alcool qui offrent au dégustateur cette persistance, ce corollaire dans le cigare est intimement liée à sa composition foliaire ( seco, ligero et medio tempo ) pour rappel.

Dans un 3ème temps, après une bonne heure et demie d'encensement rien ne vient bousculer ce grand timide au cœur léger à poursuivre sa route comme il a commencé. Quelques soubresauts aromatiques viendront ici et là réveiller votre qualité de perception, comme la saveur improbable de levure par exemple ! Cette dernière partie, plus lourde mais sans grande corpulence se charge de composés dommageables, provoquant une sensation empâtée et asséchante. Normal, après plus de 2 heures, cependant mes papilles se maintiennent toujours éveillées, mais mon attention mentale fatigue un peu. Vous rigolez, mais fumer un tel cigare avec la concentration qui s’en impose,  est un exercice fatiguant.

Encore deux choses à signaler avant de clore ce chapitre.

Malgré un tirage aisé, le volume de  fumée reste parcimonieux sur l’ensemble de cette dégustation. L’amplitude en bouche se concentre principalement sur l'avant du palais et non sur l'arrière comme la majeure partie des cigares cubains, évitant ainsi toutes saveurs urticantes et irritantes sur le final.

En conclusion, ce ‘Montecristo A’ reste pour ma part un bon cigare assez évolutif, avec un manque de personnalité et de consistance. Certains le trouveront bien en dessous d’un Gran Edmundo par exemple et trouveront ce « A » pas assez musclé, trop discret ! Et je suis tout à fait d’accord avec eux, en même temps le format ne s’y prête pas vraiment. Je pense que ce parti pris est un choix raisonné de la marque, en offrant ainsi un cigare facile et savoureux aux plus grands nombres. Ma note de cœur 15/20, il lui manque  un petit truc pour atteindre l’excellence.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: giant corona
  • Taille: 235mm x 18.6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 19.5gr
  • Année: 2013
  • Prix: entre 40 et 50€ ( difficile à trouver aujourd'hui ! ) vendu à l'unité ou en boîte de 5 coffrets. Le conditionnement de 25, c'est arrêté en 2010.

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

11:43 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

13/10/2014

Montecristo EL 2008 Sublimes

Au risque de m’attirer les foudres du Dieux « Havane » voici ma nouvelle analyse de ce jour, celle du “Montecristo EL 2008 Sublimes“ ! Une dégustation entre réquisitoire et plaidoirie d’un cigare de choix, cette belle édition limitée de 2008 dont je m’apprête à vous relater le mieux possible et qui n’engage que moi. Après 6 ans de repos, qu’en est-il aujourd’hui ?

Visuellement la présentation est bonne ! La cape de couleur Colorado/ maduro est bien ajustée, pas de faux plis, d’un aspect brillant la texture est rappeuse, comme celle d’une langue de chat ! Sur la balance, je le trouve très léger pour un Sublimes ! À peine 12.8 grammes, très étonnant en comparaison avec un cigare équivalent en taille comme le Romeo y Julieta EL de 2013 qui annonce 16.9 grammes, un détail me direz-vous qui est important de souligner ? Je tiens à préciser qu’il est parfaitement humidifié et d’une belle souplesse donc aucune carence de ce côté-là qui pourrait justifier ce poids. Au nez, les senteurs alimentent discrètement le plaisir par de subtiles notes de boisé, de brioché léger ainsi qu’une odeur moindre, celle de poussière ou de vieux grenier, étonnante pour un Montecristo. A cru, les saveurs sont légères et peu persistantes avec une perception très aérée analogue à celle du tirage d’une cheminée après le passage du p'tit ramoneur ! Pour le moment, rien de très inquiétant et de rédhibitoire dans cette préface toujours très flatteuse pour la majorité des cigares cubains.

Les 15 premières minutes exposent un ensemble assez floral et très poivré, les saveurs sont gouleyantes et un peu effacées, d’une rondeur acceptable mais d’une persistance moyenne ! Après ce laps de temps négligeable qui ne reflète en rien la suite de cette dégustation, arrive le temps ou le cigare commence à vous murmurer des choses subrepticement à tous vos sens organoleptiques. Là, commence véritablement son histoire, le moment où il commence à s’exprime. Du moins, lorsqu’il a quelque chose à dire.

Dans un premier temps (après 15 minutes environ), ce cigare a choisi sa véritable voie voix pour s’exprimer, timide et onctueuse sur celle de la légèreté tout en diffusant des notes séduisantes de chocolat “Milka“ et de fenouil, un petit côté anisé qui me fait penser à celui d’un bâton de réglisse ! Comme ceux où l’ont mâchouillé étant gosse dans le cours de récré. Une première partie crémeuse et agréable, mais d’une consistance bien en dessous pour ma part, loin de ce que j’attends d’un cigare de dégustation. Mais plaira sûrement au plus grand nombre, amateurs de cigares plutôt vaporeux. Après ces 6 années, ce cigare semble avoir perdu de sa typicité olfactive, dont je ne reconnais pas les tonalités d’un “Montecristo“.

Après 44 minutes, j’entame physiquement ce qui devrait être la seconde partie, mais olfactivement pas vraiment de gros changements, ce Montecristo joue les prolongations sans vraiment briller par un jeu nouveau, ça sent les tirs au but ! Les saveurs fredonnent les mêmes accords, je retrouve ce côté onctueux et suave des premiers temps ainsi que ces flagrances d’anis et de réglisse sur fond de chocolat au lait. Malheureusement à ce stade rien ne lui permet d’obtenir une meilleure corpulence dont la puissance modérée ne relève en rien les sensations. Rien de désagréable en soi, mais je le trouve limite ennuyeux. Une partition effacée qui manque pour moi de complexité et d’évolution. Le dernier volet s’achèvera sans surprise sur un refrain endémique et âcre à ce stade du fumage. Une dégustation que je trouve mitigée, par forcément mauvaise ni très bonne ! Pas assez de consistance sur l’ensemble et pas assez de complexité pour m’émouvoir. Ma note de cœur 12/20, pour ce cigare en deux temps…

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra/ Sublimes
  • Taille: 164mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 12.8 gr
  • Année: 2008
  • Prix Suisse: 18€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                       

16:16 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

30/01/2014

Double Edmundo Montecristo

Lors de mes petites escapades professionnelles au Portugal, je profite toujours d’allier l’utile à l’agréable, en profitant si le temps me le permet de visiter les civettes des environs. C’est chose faite avec un passage obligé à la Casa Havaneza de Porto, sorte de franchise exclusif à ce pays, ainsi sur les conseils avisés du taulier, un Portugais francophone, très sympathique de surcroit ! Mon achat se porte sur ce double Edmundo de chez Montecristo, un cigare vendu uniquement en boîte de 3, 10 et 25. Au Portugal contrairement à la France, la Suisse ou la Belgique les cigares ne se vendent pas à la pièce, hormis ceux proposés en tube aluminium. Malheureusement le choix devient vite très limité ! Impossible dans ce cas espérait fumer un Behike lors de votre passage au Portugal sans être obligé de vous procurer une boîte de 25. Je suis passé avec regret à côté du « Descobridores » de Punch Punch une belle édition régionale du Portugal vendu en boite de 10 ! snif !

Ce double Edmundo, ainsi que son petit frère le petit n°2 sorti en 2013, nous dévoilent aujourd’hui leur nouvelle et unique « alliance » tant attendu ! Cette nouvelle bague conserve les mêmes codes couleurs, mais vient s’agrémenter d’une fine dorure appliquée sur ses nouveaux reliefs à l’emporte-pièce. Une transition que je trouve très élégante et noble. Rien d’ostentatoire, ni ‘m’as-tu vu !’ ni baroque et outragent, celle-ci au contraire redonne au marasme de l’ancienne, une seconde jeunesse de distinction qui semblait cruellement lui manquer.

Ce "double Edmundo" rejoint cette longue liste des robusto extra, un format toujours plus apprécié par de nombreux amateurs d’aujourd’hui pour leur qualité aromatique, un succès qui ne se dément pas avec ce nouveau Montecristo.

D’entrée celui-ci déploie ses meilleurs atouts, éffluves subtils de cuir, de chocolat et de boisé, à cru la perception plus piquante présage une cuisine roborative et réconfortante.

Dès l’allumage, une belle suavité contrebalance avec acidité, elle synchronise à merveille ses notes de noisettes fraîches, de foin humide, d'agrume et de poivre blanc. Ce bouquet associé à une force relativement légère révèle un rancio plutôt bien équilibré. Après 20 minutes, les arômes s’arrondissent avec brio sans pour autant céder à la platitude et l’ennui.

Doté d’un assaisonnement persistant, le poivre se distingue dans ce premier opus comme la fleur de sel exhausse le parfum d’une crème caramel !

En 2e partie, les arômes devenus plus présents, s’uniformisent pour laisser place à des saveurs plus forestières, de bois verni, de badiane et de clou de girofle. S’ensuit une puissance légère en augmentation ou richesse aromatique rythme avec désinvolture ou perception rythme avec harmonie. Un cigare tout en paradoxe, dont l’opposition de ses notes composent ensemble une musique toute en nuances, d’un côté cette petite astringence et de l’autre ce côté débonnaire et douceâtre...

Pour conclure, le final garantit un fumage pondéré, sans trop d’amertume déplaisante. Laissant le soin au dégustateur de puiser jusqu’à la dernière salve de fumé bleu, sans fomenter un rictus amer.

Un 3e temps goûteux sans grande surprise aromatique, ou d’emblée le torréfié marquent de son empreinte ces derniers instants de fumage.

Dans sa globalité, ce double Edmundo a réussi à me convaincre, toujours fidèle aux saveurs bien distinctes des « Montecristo », si vous appréciez cette marque, vous y trouverez votre compte. Un bon cigare à découvrir, ma note de cœur 14/20.

  • Origine:tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: robusto extra
  • Taille: 155mm x 19.6mm
  • Bague: 50
  • année : 2013
  • Poids : 13,4 gr
  • Prix Portugal : 15€ ( Casa Havaneza )
  • Prix Suisse : 11,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

Langue tirée extase

17:29 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/08/2013

Montecristo Especial n°1 ( long panatela )

Qui connaît encore de nos jours ce format ? Le long panatela, aujourd’hui un format boudé et tombé en désuétude qui connut ses heures de gloire dans les années 60-70. Élégant, racé, je dirai même un tantinet féminin, ce format appartient à la vieille école des fumeurs de Havane, toujours appréciés par quelques irréductibles aficionados. Je vous en parle, car comme vous le savez, tous les ans Habanos S. A supprime de son catalogue de nombreux cigares, cette année encore ( Gloria Cubana Médaille d’Or 2, Quai d’Orsay Impériales, Cuaba Diademas, Romeo&Julieta Exhibition n° 3, etc…)…) Personnellement, je trouve toujours cela regrettable de voir un cigare disparaître pour des questions de profits et de rentabilité. Maintenant, la question que l’on peut se poser "Est-ce un mal nécessaire à la survit d’Habano ?", Quelle est leur légitimité ? » Leur stratégie, une vitole qui ne dépasse pas les 10000 unités par an est supprimé automatiquement l’année suivante. Donc beaucoup suivront, je pense ! Une planification redoutablement efficace. N’hésitez pas à venir en débattre, afin de connaitre vos différents points de vue.

Pour le Long - panatela, il ne faudrait surtout pas l’oublier car il risquerait à court terme de disparaître aussi un jour prochain. Beaucoup d'entre nous par choix personnel ou par effet de mode se tourne vers des formats plus robuste, plus viril en soi et par choix de goût bien entendu, car souvent plus aromatique, plus goûteux aussi qu’un fin et long module. Obsolète pour certain, d'une époque révolue pour d'autres, sa fine silhouette décharnée dénote dans cette course au cepo toujours plus monstrueux et ventripotent. 

Eh oui, pour rappel un gros cigare contient plus de feuille, chauffe moins due à son gros diamètre, ce qui entraine comme effet de sauvegarder et d'exalter au mieux ses huiles essentielles et résines contenues dans sa Liga ( ses feuilles de tripe), a contrario un cigare de plus faible diamètre chauffe beaucoup plus en raison de son faible diamètre, la température plus élevée occasionne une altération de ses molécules, il contient par défaut moins de feuille aussi dans la composition de sa tripe ce qui a pour effet d'être aromatiquement moins évolutif, souvent contrebalancé en général par une bonne corpulence et une puissance relative, plus anguleux; des cigares plus difficiles à apprécier de nos jours qu’ils le furent dans les années yéyé. En somme, en exagérant un peu, nous fumons le plus clair du temps des cigares de ‘tapette’ ! ( plus ils sont gros, moins ils sont puissants, d’ailleurs en Asie les gros modules ( plus phallique) sont exclusivement réservés aux femmes, les plus minces, les plus délicats le sont pour les hommes. A méditer !  

À savoir, ces cigares ( L - panatela) sont techniquement très difficiles à réaliser, le moindre défaut de tirage devient vite catastrophique de par sa longueur 19,5 cm tout de même, il faut être très vigilant lorsque vous le choisissez à la pièce, bien veiller au toucher de ne pas déceler une dureté qui signalerait une anomalie de fabrication, donc une dégustation difficile, voire impossible qui ne ferait que vous révolter, vous dissuader à choisir ce type de format à l'avenir.

Après vous avoir dépeint ce format atypique, revenons à notre Montecristo Especial.

Je vous avouerai que ce cigare me laisse un peu sur ma faim, comme un bon plat en sauce où le pain aurait malencontreusement été oublié ! ou mieux encore un bon plat en sauce, sans sauce ! Bref, vous comprenez le sens profond de ma pensée.

Les senteurs à crus jouent la mélodie du bonheur sur fond boisé/ terreux et butyrique. Un classique Cubain qui ne sert à rien de développer, jusque-là tout va bien. À l'allumage, je trouve par contre les saveurs asséchantes qui peine à s'arrondir tout au long de ce fumage, mais pas forcément mauvaise ! Les notes boisées, de chocolat épicé développent une persistance assez courte, mais de bonne intensité, doté d'une puissance équilibrée lui évitant de sombrer. Un cigare linéaire dans l'ensemble, fidèle à lui-même et sans grande surprise. Un cigare monochrome, qui ne parvient pas réellement à me séduire, un tête à tête amical, agréable mais sans amour !

Mais rassurez-vous, j’en trouverai un qui fasse vibrer tous mes sens dans les prochaines semaines. Si vous voulez y participer et me conseiller un long panatela, panatela, petit panatela, slim panatela digne de recevoir toute mon attention, je vous écoute avec plaisir.

Ce Montecristo n°1 est le parfait cigare de compagnie, peu loquace, mais d'un tempérament attachant. Ma note de cœur 12/20 un bon cigare, sans plus.

 

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: long panetela
  • Taille: 192mm x 15
  • Bague: 38
  • Prix Belgique: 13,9€ ( La maison du cigare )
  • Prix Suisse: 7,9€ ( Gestocigars )

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06:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

22/01/2013

Montecristo n°2

Il est toujours difficile d’être objectif devant une marque telle qu’un Montecristo. Sans être influencé par ce nom mythique ! Beaucoup de snobisme, et de forfanterie se cache derrière ce Montecristo n°2, il serait trop affable de songer le contraire. Comment vous l’expliquez ? après une dégustation d’environ 1h30, les pages de mon cahier attestent cette apathie, quand l’inspiration ne parvient pas à me décocher plus de 5 lignes, c’est le signe avant-coureur d’un cigare prosaïque, sans toutefois être mauvais. Je dirais que ce n°2 est merveilleusement ennuyeux ! Un cigare sans aucune surprise, sans vraiment de défauts palpables ! Imaginez que vous dégustiez un bon gâteau au chocolat, dès la première bouchée jusqu’à la dernière vous mangez du gâteau au chocolat, un plaisir linéaire ! Une analogie qui résume bien ma perception sur cette dégustation.

Une régularité et un équilibre qui en fait un cigare plaisant, mais aussi une faiblesse pour d’autres pour un manque d’évolution du 1er tiers au 3e tiers. Une stratégie, un choix de la marque qui se veut accessible au plus grand nombre d’amateurs. Les quelques arômes de ce n°2 sont ici pour flatter le dégustateur occasionnel par ses notes de boisé, d’épice et de cuir, une jolie recette rondement menée que ne m’émeut pas du tout, malgré l’avoir fumé sans honte jusqu’au pied. Ma petite note de cœur 12/20 Sourire pour un bon cigare.


  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Taille: 156mm x 21mm
  • Format: torpedos
  • Bague: 53
  • Prix Suisse: 8.66€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20


 

 

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21/05/2012

Montecristo Edmundo

Pour ceux qui connaissent ce cigare, votre avis m'intéresse car ce cigare m'interpelle un peu, je reste sur ma faim ! Pourtant ce grand robusto à fière allure, d'une construction sans failles, cape Colorado belle et luisante, une consistance ferme et moelleuse, par contre la musique est bien différente, si je devais le classer dans un style musical, nous serions sûrs de la variété français des années yéyé " Et j'entends siffler le train..."  ! un cigare un peu mélancolique d'une saveur douce et amer qui se laisse écouter sans grande prétention, il n'est ni mauvais, ni très bon, un peu comme un bon vin de table, sans grande conviction il se consume avec linéarité d'un bout à l'autre, malgré de belles saveurs terreuses et boisées sur un deuxième tiers, un troisième tiers avec un peu d'acreté, la mélodie reste funeste pour cette Edmundo. Un cigare trop jeune et timide qui se révèlera après quelques mois de sommeil je pense. Ma note de coeur 12/20 Sourire

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: grand robusto
  • Taille: 135mm x 20
  • Bague: 52
  • Prix Belgique: 11.5€
  • Prix France: 12/ 13€
  • Prix Suisse: 8.5€

cigare edmundo,montecristo


Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20


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