20/06/2014

La Flor de la Antillas "toro gordo" de My father cigars

La Flor de la Antillas qui signifie en espagnol « la fleur des Antilles » désigne tout naturellement l’île de Cuba clin d'oeil aux origines de la famille Garcia et fils. Cette marque fait son apparition en mai 2012, puis primée pour la première fois par la revue ‘Cigar Aficionado' de meilleur cigare de l’année 2012. No comment ! Je préfère ne pas commenter ce classement du ‘Cigar Aficionado' que je trouve souvent trop complaisant et peu objectif dans l'ensemble de leurs dégustations, cela pourrait être un excellent débat pour un prochain article. Bref, cette marque n’est malheureusement ou heureusement pas disponible en France pour l’instant, celui-ci provient de la Suisse ( plus précisément à La Couronne de Nyon). Ce joli puro Nicaraguayen se compose d’une cape « Sun Grown », c'est-à-dire d'une cape élevée au soleil d’une couleur Colorado/ maduro, à l’inverse d’une cape « shade grown » élevé sous la protection des fines étoffes blanches connues sous le nom de « tapa do », en espagnol : « couvert ». Ce module toro gordo arbore fièrement une bague énorme à l’image des ‘Vista' qui ornait les premières boîtes à cigares du 19e siècle. Une bague très soignée, ostentatoire qui est du plus bel effet, le pied quant à lui se pare d’une fine bande de soie rouge lui donnant, l’élégance d’un cigare résolument aristocratique ! Autre singularité de ce toro gordo vient de son diamètre légèrement aplati et ovoïde. Pour résumé cet accueil visuel fait mouche, un beau module jouant à fond la carte de la séduction, marketing oblige sur ce vaste marché qu’est l’Amérique ! Mais à nous Occidentaux, on ne nous l’a fait pas, nous sommes trop malins pour tomber dans le panneau. ( Je plaisante ! )

Pour l’analyse olfactive et fumage à cru, les flagrances très légères oscillent entre cuir et boisé, rien de très transcendant dans cette première approche, peu flatteuse et timorée.

Dès les premières volutes qui encensent les papilles, l’onctuosité et le poivré domine d’emblée les premières minutes de ce fumage. La tenue en bouche d’une bonne consistance offre une rondeur oléagineuse chamarrée de notes de café, de poivre, d'épice plus discrète comme le clou de girofle et de saveurs biscuitées. Un démarrage très séduisant d’une puissance plutôt modérée pour le moment. Pendant environ 25 minutes, ces notes subsisteront sans déroger à cette cuisine épicée et agréable. À déplorer, une petite fragilité de la cape au niveau de la tête, défaut rencontré sur les deux exemplaires fumés ce mois-ci, ainsi qu’une combustion aléatoire qu’il faut souvent rectifier à la torche. Une première partie piquante, mais gourmande à la fois soutenu par un volume de fumée généreux.  

Pour la seconde partie, la sensation roborative et nerveuse diffusée par le poivre domine et écrase les autres saveurs, comme la terre, le café et le chocolat au lait qui demande qu’à s’exprimer. Un passage assez monocorde, sans être déplaisant pour autant je suis à la limite de l’ennui ! Du piquant sur le bout de la langue façon wasabi sur fond d’ammoniac n’arrange rien ce passage. En cuisine le poivre à la réputation d’exalter les arômes, mais cette analogie culinaire ne s’applique guère au cigare. Cette perception s’apprécie avec juste parcimonie, en quantité cela devient un défaut pour l’aromaticité générale du cigare, ainsi que ses capacités à évoluer.

Pour la 3e partie. Enfin ! Le vent tourne pour offrir cette foi une perception étonnement plus douceâtre et plus crémeuse dans l’ensemble. La rondeur s’en trouve améliorée avec une meilleure persistance assurée par des notes crémeuses d’un capuccino, de cacao, de fruits secs et de poivre en moindre quantité. Mais ce plaisir de courte durée s’envole rapidement vers un final acerbe que j’abandonne finalement. Un cigare que je qualifierai de cyclothymique mais pas dans le sens positif que l’on attend d’un cigare évolutif. Les deux premiers temps restent semblables avec quelques petites fluctuations, mais le tout d’une linéarité fastidieuse jusqu’à son aboutissement très éphémère d’environ 10 minutes de bien-être sur quasiment 1h30 de fumage, à cela j’ajoute les 25 premières minutes. Ce qui totalise 35 minutes de fumage, dit de convenable. Pour gagner du temps à sensation égale, choisissez la prochaine fois un ‘NUB’ pour des sensations assez communes. Sans être trop cassant, 14/20 est une note de cœur moyenne pour une dégustation mitigée. Pour ceux qui apprécient résolument les mélanges relevés ou les adeptes du " Je mets de la moutarde dans tous mes plats et je vous emm... ! ". Comme quoi, les classements de l’aficionado sont toujours discutables !

Pour info ce cigare se décline en 3 formats, le toro gordo dégusté aujourd’hui, suivit d’un robusto et d’un belicoso.

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua en sun grown
  • Format: toro/ gordo
  • Taille: 165 mm x 28 mm
  • Bague: 56
  • Année: 
  • Prix Suisse: 10,9€ ( Tabac La Couronne à Nyon )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20       

 

10:04 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/02/2014

Jaime Garcia "robusto" reserva especial

Ce cigare éponyme issu des ateliers « Pépin Garcia » au Nicaragua, plus précisément dans la province d’Esteli propose comme à son habitude un cigare d’une parfaite construction, dont la rectitude étonne par tant d’uniformité et son absence de naturel ! Personnellement, je préfère un cigare brillant, buriné et patiné, finement nervuré à un cigare trop irréprochable comme celui-ci.
Le langage du cigare passe par la cape, ses petites aspérités, ses petits défauts permettent de le parcourir comme le feraient les doigts d'un aveugle sur une partition en braille, sont tout autant agréables que de le déguster par la suite, de petites minauderies conformistes adoptées par de nombreux aficionados, auxquelles les non initiés pourront un jour brocarder !
Au toucher, beaucoup de fermeté et pas assez de souplesse, trop sec je pense ! Au nez, la cape exhale des arômes de bonne richesse, un mélange de chocolats mêlé à celui du café et de noix torréfiée, une perception prometteuse. Malheureusement trop peu de cigares tiennent leurs promesses. Parfois, certains cigares ne devraient jamais connaître le feu de vos allumettes !

Dès les premières volutes, les saveurs ne trouvent aucun ressort en bouche. Quelque chose d'empâté me gêne un peu, malgré une rondeur assez correct je le trouve toutefois très ordinaire et assez pauvre, les notes de terre, de café et d'ammoniac domine d'entrée ce premier opus qui m'enchante guère. Doté d'une longueur sourde qui peine à se faire entendre jusqu'au dernier rang. Cette dégustation après 30 minutes devient lourde et écrasante d'ennuis. Les saveurs endémiques et linéaires s'enrichissent toutefois d'un dernier spasme plus poivré dans ce 2ème temps, avant de passer à trépas. Une sensation dans son ensemble déséquilibré par une puissance ammoniaquée en hausse très désagréable. La cendre très blanche et fine indique aussi une remarquable combustion, en même temps elle renseigne efficacement sur la qualité de ses feuilles, pauvres en résine et en huiles essentielles. Plus les feuilles seront grasses, plus la combustion sera difficile et plus les cendres seront foncées, meilleur sera le cigare.

Une demi-heure plus tard, j'abrège mes souffrances exprimées par un final rustique et monocorde diligenté par des saveurs déprimantes de tabac froid et de brûlé.

Et pourtant outre atlantique, je trouve inquiétant que ce robusto puisse atteindre la note de 18/20 ! La mienne beaucoup moins généreuse ne dépassera pas le seuil des 8/20, un cigare  trop cheap à mon goût. Seul point positif, une très jolie bague soignée au graphisme art nouveau d’un bel effet !

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Equateur, cape: connecticut broadleaf
  • Format: robusto
  • Taille: 132mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Prix Suisse : 5,5€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

Langue tirée extase

10:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/07/2013

Don Pépin Garcia 'Black 1979' Clasicos

Un robusto à la belle cape maduro, aux flagrances subtiles de café et étrangement de souffre, vous voyez genre odeur de pétard ! Je crois bien être le premier à déceler ce parfum, pas vous ?

En mouillant la cape, je pressens une cuisine plutôt épicé, j’appelai cela l’effet « wasabi », en effet après quelques secondes, le piquant anesthésie franchement le bout de ma langue de manière lente et progressive.

Dès la mise à feu, le démarrage rapide, nerveux et roboratif valse sur les notes de poivre blanc, de terre et de café. D'une persistance agréable mais moyenne, sans réelle rondeur, ou voire très peu. Il cultive de manière ostensible une intro sans grand éclat. Eh bien, pas très loquace notre robusto ! La cendre blanche et fine démontre à elle seule une bonne combustion, mais confirme aussi dans un 2ème temps, une palette aromatique assez limitée ! Toujours le poivre, le café, la terre, un trio qui ne semble pas s'essouffler pour autant, à cela ajoutez une puissance relative, et vous obtenez une alliance parfaite. Sans faire de grande étincelle ce cigare semble étonnamment agréable ! Comme quoi parfois il en faut peu pour être heureux ! J’aime assez ce côté franc du collier, et le caractère belliqueux de notre ami.

La suite et fin, une marche linéaire et monocorde qui s'apparente plus à la marche d’une légion un défilé du 14 juillet ! Broyant de ses bottes rutilantes les grains de café sortis tout chaud d’un torréfacteur. « Une métaphore qui en dit long sur mon état, vivement l’été ! » Malgré une absence manifeste de rondeur, ce robusto jouit d’une candeur à toute épreuve. Son amertume au vestiaire, ce clasicos fidèle à lui-même trace sa route, au mépris des quand dira-t-on. Like or not to like ? Un cigare sans grande complexité des arômes, mais bienveillant et attachant. Ma note de cœur 12/20 Sourire pour un cigare juste et bien calibré.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: robusto
  • Taille: 127mm x 20
  • Bague: 50
  • Prix Belgique: 6.80€ ( La maison du cigare )

don pepin garcia

don pepin garcia

don pepin garcia

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

11:02 Écrit par Edmond Dantes dans Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |