27/07/2015

Cuaba Piramides "Edicion limitada 2008"

Voici une édition limitée injustement boudée en son temps, celle du Piramide Cuaba de 2008, d’ailleurs le seul format de la marque à ne pas être un perfecto comme le reste de son catalogue actuel ( Diadema, Divinos, Distinguosn Salomones ), mise à part un double perfecto de 1999 conçu spécialement pour le festival Habanos.

Ce jeudi 23 juillet,  après un petit passage chez Gesto à Genève pour effectuer quelques provisions, Mr Rio (Jean-Charles de son prénom) le cicérone de ce lieu incontournable m’a gentiment conseillé sur mes achats avec notamment ce Cuaba que je ne connaissais pas, alors pourquoi ne pas me laisser tenter ?  Je précise qu’après 7 ans, les stocks arrivent à échéance, mais quelques-uns sont encore disponibles pour les amateurs avides de curiosité ‘cigaristique’, bien entendu disponibles chez notre cher Mr Rio (Gesto), dont je vais suivre perplexe sa recommandation. ça tombe très bien, je cherchais un nouveau sujet pour une prochaine dégustation. Une petite chose (Je ne le propose jamais en général, mais si vous êtes comme moi curieux de ce cigare, je peux exceptionnellement vous le faire envoyer au prix Gesto + le port).

Quelques heures plus tard, le soir même en terrasse à la fraicheur du crépuscule, c’est là à cet endroit que je vous invite, bien installer dans mon transat à découvrir ce Piramides Cuaba.

Pour son aspect, ce cigare offre une patine joliment cuivrée, chocolaté venant des ferveurs de sa cape maduro dont le toucher souple fait frémir le veinage saillant en sous-cape de ce corps musclé et léthargique. Celui-ci exalte sa sueur encenseuse de bois de cèdre, de chocolat au lait, de vieux grenier et d’un soupçon de viande fumée subtilement délivrée. A crudo, en absence de noter trébuchante et dissonante je perçois en toute simplicité, une certaine forme de légèreté, dégustation à suivre…

Dès l’allumage sur environ 5 minutes ; Je retrouve ce sentiment d’inconstance et de douceur, le tout dompter par une onctuosité attentionnée.

Dès le premier temps, le chef d’orchestre ouvre sa partition sur une mélodie telle « Le lac des cygnes » de Tchaikovski. Une entrée en matière anxieuse pour commencer, voire très légère et dotée d’une excellente longueur, très agréable de surcroît ! Mais d’une consistance soupçonneuse qui ne demanderai qu’à éclore. Malgré cette petite absence je le trouve tout de même assez distingué, riche de ses arômes, de crème, de café lungo, de beurrée façon pâte brisée et de poivre noir comme sagacité. Cette première partie joue le jeu d’une symphonie ouatée dans ses premiers accords, mais après 20 minutes et progressivement celle-ci se charge sans lourdeur vers plus de consistance. Les saveurs devenues plus homogènes évoluent maintenant sur celle du café poivré, de terre aride et de fruits secs. Des notes, dont je dirai d’empâtée qui assèche sa distinction d’un manque de gras. Rien de très fâcheux, mais prévoyez un verre d’eau à proximité ! (Petit détail de perception, cette introduction sollicite avant tout l’avant de la bouche, plutôt rare dans un cigare cubain)

En seconde partie, je confirme le côté sec en bouche, la sensation de respirer la poussière d’un tapis ! Par contre, la longueur des arômes reste indéniablement très bonne, plus fondus aussi elle renforce automatiquement sa rondeur. Comme accord majeur, celui-ci  se voit récompensé de notes toujours plus évolutives, de café épicé et de boisé. Après 50 minutes, je constate une levée de son intensité (consistance), le cigare devient plus roboratif, plus puissant et cuisant sur l’avant et l’arrière du palais. Toutefois maîtrisé, il n’anesthésie pas votre sens gustatif à condition bien sûre de bien gérer l’inflation de chacune de vos bouffées.

Je trouve le 3e temps assez prématuré, en effet je sens une rupture très frappée, plus lourde sur les sept derniers centimètres. La consistance en net hausse s’envole sur de sombres notes, plus torréfiées, pain brûlé et  plus d’ardeur ‘alcaloïdée’ comme fatalité. Rien de très alambiqué dans cette dernière partie qui présente un fumage puissant et précis, dont le bon équilibre étonne jusqu’à son dernier souffle. Pour conclure, ce Cuaba EL 2008 s’est amendé au fil des années pour nous exposer aujourd’hui  après sept années une forme  liturgique d’un joli qualia cubain. Ma note de cœur 16/20, un cigare pour amateur avisé.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 15,7gr
  • Année: 2008
  • Prix Suisse: 23€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

08:06 Écrit par Edmond Dantes dans Cuaba, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |