27/11/2014

Dégustation Volado "Au coeur du cigare"

"VOLADO"

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Cet article est la suite d’une dégustation expérimentale commencée et réalisée par un petit comité de 20 amateurs sur le blog. Le détail de cette expérience se trouve  sur ce lien ! « Au cœur du cigare »

Ci-dessous, vous trouverez les différents ressentis, sensations et perceptions de chacun des dégustateurs sur le premier cigare dégusté, le VOLADO. Une des trois feuilles qui compose la tripe du cigare, feuille dédiée à sa combustion.

( Tous les commentaires se trouvent en bas de l'article )   

15/11/2014

Ligero, seco, volado...Au coeur du cigare !

Comprendre par la dissociation le rôle des différents tabacs que compose la tripe d’un cigare. Voici une expérience intéressante que je souhaite à tout amateur désireux d’approfondir ses connaissances. Cela consiste à déguster indépendamment les 3 feuilles que l’on trouve habituellement réuni au coeur d’un cigare. Celles-ci déterminent la signature olfactive ainsi que son identité de terroir relatif à chaque marque en fonction du pourcentage de chacune d’entre elles. Ces 3 feuilles déterminantes présentent toute un caractère bien différent, afin d’homogénéiser la consistance et l’aromaticité du cigare. Dans l’ordre, en partant du centre, on trouve une première feuille appelée ‘LIGERO’, ensuite vient la ‘SECO’ et pour finir la ‘VOLADO’, ces 3 feuilles composent la tripe. Ensuite viennent 2 autres feuilles, la sous-cape et la cape que nous oublierons aujourd’hui pour ce test. (voir le petit schéma ci-dessous). Afin d’éviter de s’égarer dans des explications agronomiques sur la physiologie du plant de tabac, j’aborderai dans cet article uniquement la dégustation et les saveurs de ces 3 feuilles !

Pour cette expérience, munissons-nous de 3 modules de même format de cepo identique ( 3 robusto). Des cigares provenant de Cuba, je précise !

Voici les questions que nous sommes en droit de nous poser sur chacune d’entre elles !  

  • La feuille de ‘LIGERO’ est dédié à la force ! Mais qu’est-ce que la force ? Cette perception reste très complexe à mesurer et à identifier. Pour un rhum, un whisky, un vin il est très facile d’attribuer un pourcentage d’alcool, 15%, 40%, 45% ou 60% résultant d’une analyse scientifique est incontestable et sans équivoque. Par contre quand est-il pour un cigare ? Il n’existe rien, aucun instrument pour la mesurer, les seuls véritables outils sont nos papilles et les indications divulguées par le fabricant sur le type de tabacs utilisé pour rouler ses cigares quand celui-ci le veut bien, en effet le fruit de ce long travail reste très obscure et souvent gardée secrètement, jalousement au sein des fabriques. J’ai souvent pu remarquer chez certains dégustateurs une confusion entre force et intensité aromatique, ! Ces 2 notions sont complètement différentes, un cigare intense en bouche n’est pas forcément fort et un cigare puissant n’est pas forcément intense. Un bel exemple concerne le Cohiba Behike, classé très fort dans l’échelle Habano, alors que son intensité en bouche reste très moyenne dans son ensemble. La meilleure manière de dissocier ces 2 valeurs se trouve dans la dégustation d’un cigare réalisé à 100% ‘LIGERO’, afin de conforter ce que vous ressentez déjà ou pour mieux discerner ce que vous pensiez savoir ! ( feuille de la partie supérieure du plant de tabac ‘corona')
  • La feuille de ‘SECO’ est techniquement dédié à l’arôme, mais qu’est-ce que l’arôme ? Cette feuille est-elle exceptionnellement aromatique ou a-t-elle besoin de la ‘LIGERO’ comme catalyseur pour réellement exister ? Difficile dans une dégustation de dissocier le goût de la force. Une autre question dont l’intérêt n’échappera à personne; peut-on fumer un cigare confectionné uniquement d’une tripe de ‘SECO’ ? Idem pour les autres feuilles. La meilleure façon de résoudre cette équation se trouve aussi dans la dégustation d’un cigare 100% ‘SECO’. ( feuille de la partie centrale du plant de tabac ‘milieu')
  • La feuille de ‘VOLADO’ est une feuille dédiée à la combustibilité, nous l’avons tous lu dans divers livres dédiés à ce sujet. Oui, mais encore ! À part le fait que ça brûle mieux. Quel goût a-t-elle vraiment ?, Est-elle complètement insipide, sans goût ? ou participe t- elle malgré elle a un équilibre gustatif ? Cette feuille souvent relégué de simple feuille de papier, juste bonne à activer la combustion à surement plus d’atout qu’on ne le pense ! D’où la nécessité de tester ce cigare réalisé à 100% ‘VOLADO’ et ainsi se faire une opinion plus objective et personnelle. ( feuille de la partie basse du plant de tabac ‘bas') 

 

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Si vous désirez participer à cette dégustation expérimentale, écrivez moi en message privé sur edmond_dantes@orange.fr  

Les inscrits: Thierry et ses cigares, Nicolas, Erwan de "Cigares Cubains", Vincent H, José, Aston, Jeffrey, Antonio, Clem, Ludovic, Charly, Rodrigue, Ludolatour, Julien, Damien, Spaceteam32, Vincent M, Yann, Flavien, Erick, Franck.

Les validés: Julien, José, Thierry et ses cigares, Antonio, Charly, Aston, Ludovic, Clem, Erwann, Jeffrey, Vincent H, Vincent M, Nicolas, Yann, Damien, Obelux, Ludolatour, Flavien, Eric, Franck.

10:43 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Enquéte | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook |

11/11/2014

Padilla "Premier cru" double toro

Padilla ! Est-ce que ce nom vous parle ? Peut-être, peut-être pas !

Pour faire court, la marque Padilla appartient à l'une des plus grandes famille du cigare Nicaraguayen, celle de la maison "Oliva". La réputation de ses cigares fait l'unanimité aujourd'hui auprès de bons nombres d'amateurs, je pense en outre à la série V.Pour cette ligne "Padilla premier cru", son mélange a été spécialement conçu par Ernesto Padilla pour le marché européen ! On peut donc imaginer qu'une étude marketing bien formatée sur les habitudes des  fumeurs Français, Belge, Allemand, Italien, Espagnol, Portugais, Grec, etc...Stop !! Mais j'avoue être toutefois inquiet par ce genre d'idée, réaliser une liga unique destinée à plaire aux plus grands nombres d'amateurs. Comment peut-on croire à ce genre d'étude, destiné pour ma part à niveler les goûts sur des critères anachroniques et abusifs. A mon avis, je trouverai la démarche judicieuse si celle-ci était attribuée à celui d'un seul pays ! Voyons voir, ce que cette dégustation peut bien nous apprendre sur ce mélange affecté à nos obsessions cigaristiques.

Visuellement, rien à dire ! Ce double toro présente ses meilleurs atouts. Un parfum enjôleur de café au lait et chocolaté, ainsi que des flagrances de cuir et d'encaustique, le tout servi dans une cape finement ajustée de couleur maduro. Un cigare pesant, d'une construction parfaite donne raison à la séduction primaire de mes yeux et de mon nez. Jusque là, cette étape cruciale du coup de cœur, de l'achat spontané fait mouche de manière très naïve.

Comment définir au mieux ses premières minutes, plutôt râpeuse pour commencer, mais doté d'une certaine générosité dans le même temps. D'une consistance acceptable mais d'une longueur moyenne, ce premier temps ne brille pas par une richesse arômatique des plus excitantes, mélange de terre, de cuir, de café qui tente de s'améliorer après 20 bonnes minutes, j'essaie de rester optimiste pour la suite. Entre nous je trouve cette introduction des plus mitigés, une sensation latente et confortable en bouche qui pourrait se révéler terriblement soporifique dans la seconde partie. Mais laissons le s'épanouir avant de tirer des conclusions hâtives et trop alarmantes.

Nous y voici, 2ème temps, la rondeur prend une forme plus agréable, plus grasse, plus fondue, exaltant des notes terreuses de tourbe, de chocolat, de café et de cuir, offrant un ensemble d'une belle onctuosité. Malgré cela, j'éprouve une sorte de gène dans ce fumage, un véritable paradoxe !  En effet, cela fait environ 1heure que je le fume sans pour autant le détester ou l'aimer, les saveurs ne changent guère sans grande évolution. Je le trouve assez linéaire dans sa tessiture. Ce qui me dérange le plus dans ce cigare, c'est son manque de personnalité, pas assez affirmé, ça se fume sans faire de vagues, un cigare parfait pour commencer à fumer sans se faire de mal.

Après environ 1h30 de dégustation, me voici proche de sa fin, étonnement rien n'a changé  ! La perception reste aseptisée, léger, monocorde et empâté. À ce niveau de fumage, on s'attend en toute logique à une consistance plus musclé, ici il en est rien. À vouloir gommer toutes ses imperfections et uniformiser les saveurs, ce double toro perd définitivement tout intérêt gustatif en devenant ce que j'appellerai un "cigare pasteurisé", non vitaminé, le cigare "pas trop" par définition ! Bon, agréable, mais tellement insupportable pour l'amateur que je suis. Ma note de cœur 12/20, un gros module affable pour une somme modique, difficile de faire mieux.

  • Origine: tripe: Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Equateur
  • Format: double toro
  • Taille: 152mm x 23.8mm
  • Bague: 60
  • Poids:  18 gr
  • Année: 2014
  • Prix: 10€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

 

16:24 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Padilla | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2014

Magnum 50 Edicion Limitada 2005 "H.Upmann"

Voici une édition limitée de 2005 qui ne vous laissera pas insensible et ravivera j'en suis certains quelques bons souvenirs. Fort d'un succès mémorable à son époque, ce cigare  est devenu aujourd’hui en quelque  sorte le ‘Saint Graal du cigare cubain’. Un cigare possédant à lui seul toutes les qualités organoleptiques d’un bon "Havane", le mètre- étalon, l’ADN du puro Cubain ! Celui d'une saveur oublié par bon nombre d'entre nous. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…( désolés ! ) Je vous présente le mythique "Upmann Magnum 50 edicion Limitada 2005". Un cigare offert par un généreux donateur et ami, Olivier Nehr président du club cigare du Chablais de Haute-Savoie. Un véritable défit de déguster ce cigare, mais qu'en est-il après 9 ans ?  Peur d'être déçu, sûrement ! C’est toujours compliqué de fumer un cigare passé à la postérité, beaucoup m’en ont parlé en bien sans pour autant l’avoir dégusté !  Une dégustation qui m'oblige à être doublement concentré et prudent, et en phase avec tous mes sens, je n'aurai pas de seconde chance pour la renouveler. Exactement comme la bonne bouteille que l'on garde précieusement dans le fond du cellier acheté 20 plus tôt ! Pour fêter un événement incertain qui ne viendra plus, en effet plus les années passent plus ce moment tant attendu perdra de sa légitimité, faut-il vraiment l'ouvrir en prenant le risque que ce précieux breuvage soit bouchonné ou soufré !   

Pour ce Magnum 50, je le fumerai avec l'espoir qu'il m'apporte une entière satisfaction. Je pourrai en effet le garder plus longtemps sans jamais oser-le fumer, mais fort heureusement mon avidité me contraint de suite à le déguster ! 

Coiffé d'une cape finement ajustée de couleur Colorado/ maduro, une singularité propre  à toutes les éditions limitées cubaine. ( la feuille de cape est âgé de 2 ans, celle-ci provenant des feuilles du haut du plan d’où cette couleur sombre, contre 6 mois de vieillissement pour la plupart des Havanes ). Au nez, celui-ci exhale une odeur de boisé, mélange de cèdre et de chocolat au lait, avec un soupçon aigrelet de yaourt . Un ensemble bien plus odorant que celui de 2012, un exemplaire déjà dégusté avec lequel je peux faire cette comparaison, confirmé par un petit test à l’aveugle, coup sur coup mon nez réussit à le différencier, personnellement je trouve cette édition de 2005 plus intense, fomenté par une perception de fumet ou de salaison très agréable qui le caractérise. Au mouillage de la tête pour faciliter la coupe (petite astuce pour ne pas abimer la tête), la cape procure sur les lèvres une saveur relativement neutre, aucun piquant, aucune amertume qui pourrait prédire son dessein.

Passé les préliminaires, voici le temps de l’allumage…

Les premières bouffées se veulent de suite pleinement rassasiantes, onctueuses et d’une rusticité élégante à la fois. Une belle entrée en matière faite de notes de cèdre, de fruits secs et de chocolat blanc. Ce début est très prometteur, d’une consistance honorable et d’un rancio excellent, ce cigare entonne fièrement la ‘Bayamesa’ ! Après 20 bonnes minutes de fumage, la rondeur s'installe progressivement sur un fondu d'arômes de chocolat au lait, d'épices, de réglisse et de terre. Un ensemble d’une belle suavité qui ravit les papilles. Cette première partie offre de suite une intensité et une complexité aromatique très juste, sans dissonances. Celle-ci suivit d’une cendre grise acier qui conserve fermement  son empreinte dans une combustion régulière et sans incident.  

Dans un 2ème temps, la signature olfactive reste la même, onctueuse et dotée d'une longueur bénit des dieux ! Cette fois-ci la rondeur nous emmène sur des notes plus bucoliques, petit-déjeuner sur l'herbe, pain brioché et café crémeux chantonne un refrain des plus gourmands. Tout doucement, les saveurs se torréfient harmonieusement avec retenue et maîtrise. Un 2ème opus qui s’apprécie par la rectitude de son évolution, plutôt modéré en puissance sur cette partie mais pas dépourvu d’intensité aromatique, celle-ci lui insuffle un vent captivant et roboratif de bonnes corpulences.  

Vers la fin du 3e temps, après environ 1heure de fumage les saveurs plus intenses galvanisent et enivrent les papilles sur des saveurs de biscotte, de pain grillé et de café noir. Des accords fortifiants contrebalancés par une étonnante rondeur qui fustige avec brio ce final carboné. Malgré les années, ce cigare à su garder un tempérament volontaire et persistant tout au long de son fumage sans jamais déroger à la médiocrité. Cette édition appréciée en 2005 ne peut être et avoir été, mais aujourd'hui je peux objectivement la classer au rang de cigare de choix. Comptez comme moi sur la générosité d'un ami et un peu de chance pour vous l’offrir ! Ma note de cœur 18/20

Dégustation du Magnum 50 - mise en boîte en NOV 2012

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double robusto
  • Taille: 160mm x 19.8mm
  • Bague: 50
  • Poids:  10,8 gr
  • Année: 2005
  • Prix: cigare introuvable ! 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

16:40 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

13/10/2014

Montecristo EL 2008 Sublimes

Au risque de m’attirer les foudres du Dieux « Havane » voici ma nouvelle analyse de ce jour, celle du “Montecristo EL 2008 Sublimes“ ! Une dégustation entre réquisitoire et plaidoirie d’un cigare de choix, cette belle édition limitée de 2008 dont je m’apprête à vous relater le mieux possible et qui n’engage que moi. Après 6 ans de repos, qu’en est-il aujourd’hui ?

Visuellement la présentation est bonne ! La cape de couleur Colorado/ maduro est bien ajustée, pas de faux plis, d’un aspect brillant la texture est rappeuse, comme celle d’une langue de chat ! Sur la balance, je le trouve très léger pour un Sublimes ! À peine 12.8 grammes, très étonnant en comparaison avec un cigare équivalent en taille comme le Romeo y Julieta EL de 2013 qui annonce 16.9 grammes, un détail me direz-vous qui est important de souligner ? Je tiens à préciser qu’il est parfaitement humidifié et d’une belle souplesse donc aucune carence de ce côté-là qui pourrait justifier ce poids. Au nez, les senteurs alimentent discrètement le plaisir par de subtiles notes de boisé, de brioché léger ainsi qu’une odeur moindre, celle de poussière ou de vieux grenier, étonnante pour un Montecristo. A cru, les saveurs sont légères et peu persistantes avec une perception très aérée analogue à celle du tirage d’une cheminée après le passage du p'tit ramoneur ! Pour le moment, rien de très inquiétant et de rédhibitoire dans cette préface toujours très flatteuse pour la majorité des cigares cubains.

Les 15 premières minutes exposent un ensemble assez floral et très poivré, les saveurs sont gouleyantes et un peu effacées, d’une rondeur acceptable mais d’une persistance moyenne ! Après ce laps de temps négligeable qui ne reflète en rien la suite de cette dégustation, arrive le temps ou le cigare commence à vous murmurer des choses subrepticement à tous vos sens organoleptiques. Là, commence véritablement son histoire, le moment où il commence à s’exprime. Du moins, lorsqu’il a quelque chose à dire.

Dans un premier temps (après 15 minutes environ), ce cigare a choisi sa véritable voie voix pour s’exprimer, timide et onctueuse sur celle de la légèreté tout en diffusant des notes séduisantes de chocolat “Milka“ et de fenouil, un petit côté anisé qui me fait penser à celui d’un bâton de réglisse ! Comme ceux où l’ont mâchouillé étant gosse dans le cours de récré. Une première partie crémeuse et agréable, mais d’une consistance bien en dessous pour ma part, loin de ce que j’attends d’un cigare de dégustation. Mais plaira sûrement au plus grand nombre, amateurs de cigares plutôt vaporeux. Après ces 6 années, ce cigare semble avoir perdu de sa typicité olfactive, dont je ne reconnais pas les tonalités d’un “Montecristo“.

Après 44 minutes, j’entame physiquement ce qui devrait être la seconde partie, mais olfactivement pas vraiment de gros changements, ce Montecristo joue les prolongations sans vraiment briller par un jeu nouveau, ça sent les tirs au but ! Les saveurs fredonnent les mêmes accords, je retrouve ce côté onctueux et suave des premiers temps ainsi que ces flagrances d’anis et de réglisse sur fond de chocolat au lait. Malheureusement à ce stade rien ne lui permet d’obtenir une meilleure corpulence dont la puissance modérée ne relève en rien les sensations. Rien de désagréable en soi, mais je le trouve limite ennuyeux. Une partition effacée qui manque pour moi de complexité et d’évolution. Le dernier volet s’achèvera sans surprise sur un refrain endémique et âcre à ce stade du fumage. Une dégustation que je trouve mitigée, par forcément mauvaise ni très bonne ! Pas assez de consistance sur l’ensemble et pas assez de complexité pour m’émouvoir. Ma note de cœur 12/20, pour ce cigare en deux temps…

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra/ Sublimes
  • Taille: 164mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 12.8 gr
  • Année: 2008
  • Prix Suisse: 18€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                       

16:16 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/10/2014

Partagas Série D Especial "edicion limitada 2010"

Déguster un cigare frise parfois la masturbation du bulbe olfactif ! Un plaisir sensoriel qui semble figer tous vos sens sur la touche « surround » de votre hypothalamus organoleptique, un moment dédié à la méditation le temps d’une dégustation. Cela devient tellement rare de nos jours de fumer un truc sympa qui vous accroche dès les premières minutes, heureusement après le désespoir et la tristesse de fumer des choses sans grand intérêt et insipide venant parfois même de Cuba, je trouve toujours agréable de passer de la désaffection à la vénération grâce à un cigare comme cette belle « edicion limitada de 2010 ».

Dès son entrée et simplement vêtu d’une cape briochée aux allures bucoliques, celle-ci exhale un doux parfum de pain au beurre salé, accompagné avec suavité à celui d’un bon café et son nuage de crème. Une mise en bouche, mise en nez fracassante et frissonnante qui inaugure un démarrage très prometteur. Juste le temps de fermer les yeux, pour les rouvrir la seconde suivante assis parmi les paons, dans le patio de l’hôtel Conde de Villanueva au centre de la Havane. Un merveilleux endroit pour déguster son Havane fraichement choisi à justes 2 pas de la casa del habano située à l’étage, tout en haut de son escalier vert.

La suite n’est que pure formalité, cette sarabande faite de saveur briochée, de bois précieux, de fruits secs et d’épices, entonne un refrain ibérique rond et confortable sur toute sa longueur. Une perception fixée sur le fond du palais très agréable perçu dès les premières flagrances expirées. Un cigare d’une consistance appuyée, redoutable je pense sur le final ! Après 20 minutes de préliminaire, sa persistance en bouche adopte un ton plus enflammé, plus torréfiée avec une légère astringence sur le bout de la langue et tout aussi épicé sur l’ensemble. Une introduction pleine de complexité qui ne réfréne en rien ses ardeurs de salsa endiablées. RAS pour ce premier temps.

Dans un 2e temps, ce gortitos m’emmène magistralement sur les chemins de la servitude, avec comme fidèle compagnon, une très belle suavité, une corpulence maîtrisée, ainsi qu’une aromaticité très dense faite de chocolat amer, de gâteau trop cuit limite brûlé ! Ainsi que des saveurs de réglisse poivré. Ce 2e opus comme vous vous pourrez le constater augmente crescendo sa puissance aromatique jusque-là toujours bien équilibrée et bienveillante sur sa longueur. Âmes sensible, s’abstenir, ce cigare pourrait bien ébranler vos certitudes à choisir votre prochaine vitole lors de vos prochains achats. Adepte des cigares « pas trop !* » (*Une certaine uniformisation des saveurs au nom de la mondialisation du goût) fuyez ! Ce cigare risquerait de peser bien lourd sur votre échelle de la convenance. Par contre pour les autres, vous festoierez jusqu’au couchant après un bon repas chasseur, le cigare fumant au bord des lèvres accompagné d’une vieille Prune de Louis Roque pour étancher son feu à l’approche de ce 3e temps !

Inutile de s’attarder sur ce final rubescent aux saveurs cuisantes et empyreumatiques. Un dénouement prévisible et informelle à la fois, pour ce cigare à la personnalité tonitruante et attachante. Une belle émotion édition limitée que ce Partagas Série D de 2010, n’hésitez pas à le conserver quelques années supplémentaires, il en sera que meilleur, un cigare parfait pour le vieillissement. Une dégustation à renouveler en 2025 s’il en reste. Ma note de cœur 17/20, en cherchant un peu ce cigare se trouve encore dans certaines civettes en boîte de 10 ou à la pièce.

     

  •  Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra/ Gorditos
  • Taille: 141mm x 19.8mm
  • Bague: 50
  • Poids: 15.5 gr
  • Année: 2010
  • Prix Suisse: 12,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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09/09/2014

Vegueros Entretiempos "short robusto"

Plus d’une année après sa présentation en fanfare au festival Habano 2013, le voici enfin dans nos civettes, du moins dans certaines. Le Vegueros nouveau est arrivé ! Une résurrection très attendu par l’ensemble des amateurs de cette marque, la seule du catalogue Habanos à être roulé hors d’une fabrique de la Havane. Exactement dans la fabrique ‘Francisco Donatien’ à Pinar del Rio qu’officiellement depuis 1997, les Vegueros sont roulés au cœur de la vuelta abajo à l’ouest de l’île.

Une marque à l’origine créée pour honorer les Vegueros qui veut dire ‘agriculteur’ en espagnol. Ce cigare de paysan existait bien avant depuis les années 60, seulement sa production était réservée au seul marché local. Les premiers à en bénéficier et à les apprécier furent les touristes en excursion dans cette région reculée de Cuba. Force est de constater le succès évident pour ses cigares, habanos les officialisa par la suite, histoire que nous connaissons… ! Malheureusement ces dernières années, la marque périclitée et menacée de disparaître à son tour par le manque d’intérêt des amateurs pour leurs saveurs. D’où l’idée récemment de relancer les Vegueros en 2013 avec la création de trois nouveaux modules, un petit robusto ( Entretiempos ), un petit piramide ( Mananitas) et un corona extra ( tapados) en remplacement des Seoane, Marevas, Especiales No 1 et No 2 dont certains subsistent encore, oubliés pour la plupart au fond d’une cave et retrouvant aujourd’hui une seconde jeunesse comme cigares vintages ! Quelques années au placard peuvent en effet être bénéfique, mais soyons prudents sur les bienfaits de ces années passées. ( No comment)       

En visite chez Rhein à Genève ( la casa del habano), je me suis laissé tenter par ce petit joufflu ( Entretiempos) afin de vous décrire mes impressions les plus objectives qu’ils soient ! À première vue, le module présentait plutôt bien, cape Colorado mat montée d’une jolie bague verte et argent, résolument moderne d'un plus bel effet graphique ! Photoshop et illustrator sont passés par là. Au toucher je le trouve plutôt très souple et très léger, quelques duretés résistent sous la pression des doigts, signe d’une construction moindre loin d’être diffamatoire. Un cigare que je qualifierai de ‘paysan en queue de pie’ une formule qui contracte bien ma pensée ! Au nez, ça sent la terre et le boisé, le jeune cuir, le tout agrémenté de notes versatiles de chocolat au lait qui enchantent discrètement et avec discernement l’ensemble de mes sens. Mais comme toujours à ce stade de l’analyse, une simple présentation élogieuse ne valide en rien la suite d’une dégustation !

Dès sa mise à feu, ça respire ouvertement et sans grandes difficultés comme un courant d’air entre deux portes. Mes premiers mots se dessinent très rapidement pour le décrire sans difficulté d’onctueux et de gouleyant ! Un cigare aux arômes de terre, de poivre et de thé noir, une palette rudimentaire que j’estime peu flatteuse pour ma convoitise, mais satisfaisant au regard de sa légitimité culturale, pour un cigare de prolétaire classée au plus bas de la pyramide. Pour ce qui est de sa consistance, cette mâche ( densité) en bouche, elle me plaît moyennement, trop effacé à mon goût si je le compare à d’autres Cubains. Bizarrement il ne se comporte pas comme ses homologues, le ressenti pour celui-ci se fait essentiellement sur l’avant de la bouche, une perception qui m’anesthésie l’extrémité de la langue et la lèvre supérieure par une curieuse sensation d’endormissement. En temps normal, les saveurs se concentrent le plus souvent sur le fond du palais, mais pour ce Vegueros c’est tout le contraire ! Pour ce qui est de La combustion, elle est régulière et sans accroc, et oui c’est tellement rare de nos jours. La cendre ferme de couleur grise anthracite se calcifie doucement, ( l’abondance de calcium est garante de sa tenue et la couleur sombre est due à une carence en magnésium des feuilles ). En résumé, ce premier temps n’est pas si mal que ça tout en étant moyen sur les critères de ; longueur, rondeur, corps et aromaticité ! Le fumer sur place à Pinard el Rio serait bien différent je pense, accompagné d’une noix de coco ‘a rhumatisée’ par exemple.

La suite ne diffère pas vraiment ! Je le trouve tout aussi gouleyant, mais plus empâté cette fois comme une pomme farineuse. Au fil du fumage la consistance devient plus appréciable, mais attention ne rêvez pas ! Là je creuse profond pour lui trouver quelques points positifs afin d’éviter un jugement trop arbitraire. Quelques notes de poivres font leur apparition et relèvent subtilement ce plat aux saveurs indigentes, l’ensemble arborant des notes de terre et de thé mentholé que je retrouve encore aujourd’hui, une saveur déjà ressentie dans ma dégustation du cigare ‘hollandais’. Malheureusement ce 2e temps n’exalte pas, n’explose en rien, beaucoup trop court, beaucoup trop d’air pour ne rien exprimer ! J’aimerais vraiment être plus dithyrambique à son sujet, mais j’ai beau fouiller, approfondir, piocher…ce cigare m’ennuie et me contrarie, j’en espérai bien plus ! À l'approche du terminus, mieux vaut descendre en marche que d’attendre de débarquer sur un quai bondé à l’atmosphère chargée. Le final devient rapidement très poivré, très consistant et très âcre, perception située sur le fond du palais cette fois-ci, décidément c’est tout ou rien !

Quelle conclusion lui attribuait sans être lapidaire et tyrannique pour autant. Nous sommes d’accord sur le fait que ce n’est sûrement pas un cigare de dégustation. Un cigare d’apéritif ma foi, oui pourquoi pas si on l’accompagne de quelques olives et d’un bon porto pour noyer ses illusions ? Cet ‘Entretiempos' n’honore pas vraiment les Vegueros de Cuba, loin de là et c’est bien dommage pour eux. Mais quelle est la cible de ce cigare ? Espérons que les 2 autres modules m’apporteront satisfaction lors d’une prochaine visite chez Rhein. Ma note de cœur 10/20, Juste acceptable, mais sans plus ! À l'image d’un vin de table à 2€ la bouteille, mais il en faut pour tous les goûts comme dirait mon oncle Lucien mort écrasé par un train, paix à son âme et paix à ce cigare. Désolé pour cette fin absurde d’un fumeur désabusé.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Entretiempos ( short robusto )
  • Taille: 110 mm x 20 mm
  • Bague: 52
  • poids:
  • Année: 2013
  • Prix Suisse: 7€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

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25/08/2014

Cigare "Hollandais" Van der Donk

Dans ce nouveau billet je suis allé à la découverte du « cigare Hollandais », une dénomination qui peut prêter à sourire pour certains néophytes ou béotiens de la vitole. Inutile de chercher des plantations de tabac au pays de la mimolette, des moulins à vent et des tulipes, vous n’en trouverez pas ! Mais essayons tout de même d’en savoir plus. D’où provient ce tabac ?  

Avant tout, je vous invite à faire un petit tour dans l’histoire de ce pays en vous rappelant que le terme ‘Hollande' est un abus de language pour désigner l’ensemble des Pays-bas dont la capitale est Amsterdam. Du 17e siècle au 20e siècle, les Pays-Bas administraient les territoires gagnés par l’Empire colonial néerlandais, à cette époque de conquêtes les Pays-Bas établirent des colonies et des comptoirs un peu partout à travers le monde. De la Nouvelle-Amsterdam ( l’actuelle ville de New York) en passant par l’Amérique du Sud avec le Surinam et le Brésil, puis l’Afrique, la Belgique, le Luxembourg, une partie du Nord de la France et les Indes Orientales, l’Empire Néerlandais grâce à leurs techniques de navigation avancées, devinrent rapidement une des premières puissances mondiales maritimes de cette époque avec les Espagnols et les Anglais. 

1280px-DutchEmpire4.png Les colonies Néerlandaises entre le 17e et le 20e siècle.

Mais arrêtons-nous sur une de ces régions conquises qui pour l’heure nous intéresse et qui se nomme l’Indonésie ( Asie du Sud Est), cette ancienne colonie Hollandaise perdue en 1945 à la suite de violents mouvements nationalistes produisait et produit toujours un excellent tabac depuis plus de 200 ans dans la région de Sumatra et de Java, d’où l’expression laconique de « cigare Hollandais » en référence aux colonies, un héritage agronomique qui continue de prospérer exclusivement par l’intermédiaire de sociétés privées. Aujourd’hui c’est environ 2 milliards de cigares exportés dans plus de 100 pays ( cigarillo et cigare confondu). Le cigare néerlandais est le 2e plus grand fabricants de cigares au monde dont les principales exportations sont par ordre d’importance, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique. Sans oublier, l’exportation de feuille de cape produit dans la région de Sumatra utilisait pour certains cigares du Nicaragua, du Honduras et de République Dominicaine.  

INL.gifIles de Sumatra et de Java en Indonésie.

Pour la plupart, leurs fabrications sont majoritairement mécaniques ( le prêt à fumer avec une tête déjà tranchée) n’intéressent que très peu les aficionados dont l’unique intérêt s’oriente souvent vers le cigare fait main que l’on trouve principalement dans les Caraïbes, le ‘totalmente a mano’ pour Cuba et l'hecho a mano’ pour les autres pays. Une autre singularité sur cette production est l’absence de très gros format dont le plus important n’est autre qu’un corona ! Et ne comptez pas plus de 6 formats pour l’ensemble du catalogue que voici: cigarillo, Senorita Tuit, Senorita, Senorita Wild, Panatella et le corona qualifié d’ « Empereur des cigares », ça peut se comprendre en effet ! Je ne connais pas vraiment les raisons précisent qui ont déterminé le choix de ces 6 formats, mais une hypothèse peut malgré tout être avancée qui justifierait le choix d’un module en fonction de son sexe, en effet en Indonésie les gros modules sont souvent réservés aux femmes pour leur manque d’élégance, des cigares associés à une forme trop phallique, trop disgracieuse pour être mis en bouche par le modèle masculin. Voici peut-être une des raisons de l’absence de robusto, de toro et autres formats XXL du catalogue Hollandais. Bien entendu, j’accepte volontiers vos idées sur le sujet. Voici une petite liste exhaustive des marques reconnues pour cette région du globe : De Olifant, Jacob Van Meer, Van der Donk, Hajenius,  Compaenen, De Hertogh, Huifkar, Oud Kampen, Jacob Van Meer, Charles de Broukere. Ne soyez pas étonné de retrouver dans certains mélanges du tabac du Brésil  ou Dominicain pour les ‘blends’. 

Nous sommes le 9 août à 13h50, rendez-vous pris au café Papon à Genève en compagnie de Charly avec qui je vous propose la dégustation d’un « Néerlandais ». Le morceau choisi n’est autre qu’un grand corona du fabricant « van der Donk », plus précisément le module ‘Felicidad Don n°2. Nous allons donc nous efforcer de tester ce cigare avec le plus de précision possible et cela sans a priori ! Pour nous deux, c’est une réelle découverte puisque aucun de nous ne connaît ce cigare et son terroir dont voici le résumé. 

Contact visuel, la couleur ne correspond en rien au nuancier que je connais habituellement ! C’est une teinte claire à l’évidence, mais rien à voir avec la couleur ‘Colorado’ d’une cape Connecticut par exemple que je trouve plus chaleureux et plus soyeux. Plus terne pour celle-ci, qui se rapprocherait plus pour ma part d’un Colorado/ verde, une sorte de marron vert ! Pour la construction, je le trouve assez soigné, mais rien de très expressif. Question densité, la fermeté l’emporte tout de même sur la souplesse qui pourrait lui faire défaut, mais rien de très anormal pour ce type de cigare réputé souvent plus sec. 

Pour la perception à cru, je la trouve toutefois gouleyante où les arômes dilués, d’humus, de feuille morte, de terre, préfacent un caractère automnal. À ça s’ajoute une odeur de vieux grenier, mélange de plancher poussiéreux et de vieux vêtements. Étrangement, Charly et moi sommes d’accord sur le fait que ce mélange atypique nous conduit sur une valeur plus distincte dans son ensemble qui n’est autre que le thé ! Le thé noir plus exactement. 

Ensuite dès l’allumage, rien de surprenant de percevoir et de retrouver cette légèreté dans les premières bouffées ! Un premier temps dont la consistance moyenne se localise sur l’avant de la bouche et non sur l’arrière du palais comme le ferait un bon cubain. Les notes se concentrent sur le terreux et le thé, mais cette fois-ci un thé à la menthe, caractérisé par une forme de fraicheur à la dégustation. Difficile pour le moment d’interpréter objectivement cette saveur, faisons-nous face à un excès ou à une carence aromatique qui abuserait de notre sens du discernement ? Soyons patient. En attendant, nous pouvons ajouter pour clore ce premier temps, un côté analgésique situé sur l’avant de la bouche, situé sur les lèvres et l’extrémité de la langue, une sensation pas désagréable qui nous laisse assez perplexes mais rien de très complexe non plus ! Par la suite, l’absence de rondeur persiste et signe vers une persistance plutôt fugace et linéaire. Un fumage facile et conciliant, pourrait-on soutenir ! 

La 2e partie est tout aussi courte ! La perception reste globalement inchangée avec toujours un manque de corps. Le thé mentholé toujours présent sonne maintenant comme une promesse ambitieuse contre l’infortune de ce cigare, un brin ennuyeux, mais intéressant à la fois pour la découverte et le dépaysement. Comment ça ? Eh bien imaginez une excursion au milieu d’un désert, le concept est bien sûr captivant, mais chiant à la fois ! Désolé pour cette analogie lapidaire qui résume très bien mon ressenti de cet instant.  

Difficile de simuler un 3 temps inexistant qui s’apparente plus aux prolongations d’une 2e mi-temps dont le jeu reste quasi inchangé ! Un cigare toujours très léger et facile à fumer qui n’éveille rien de très surprenant, mais en cherchant bien le final semblerait plus poivré et plus frais encore ! Cette fraîche sensation pourrait venir d’un léger ammoniac auguré en début de fumage. Dans l’ensemble, notre jugement n’est pas si déplorable que ça et ce « Néerlandais » se revendique comme cigare de proximité, accessible au plus nombreux et aux moins exigeants. Que nous qualifions par définition de « cigare d’apéro ou de compagnie ». Notre note de cœur 10/20 (manque de corps, de longueur et de rondeur d’âme)      

 

  • Origine: tripe : sumatra deli, Sous-cape: java besoekicape: Havana, Brasil en Java
  • Format: gran corona
  • Taille: 170mm 
  • Bague: 43 
  • poids: 9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 6,5€

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cigare roulé à la main à l'usine de Culemborg en Hollande

à partir de tabac de Sumatra/ Java. 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

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14/08/2014

Saint Luis Rey "double corona"

Une déception à la hauteur de mes espérances !

Choisir de fumer un double corona est toujours un moment privilégié qui demande beaucoup d’attention dans le choix de son module. En effet le double corona est pour moi le cigare par excellence, le format idéal pour s’évader pendant 2 à 3 heures dans un état contemplatif à condition que l’histoire racontée par celui-ci soit digne du meilleur des réalisateurs. Un double corona se doit d’éveiller vos sens du début à la fin comme dans le ferait un bon film, pas de place à l’ennui d’un long métrage lymphatique sur les tribulations passionnées d’un nettoyeur de vitre, sourd de surcroit ! Bien décidé à trouver un tel cigare dont la seule ambition serait de me séduire, je choisis pour cette dégustation ce Saint Luis Rey suggéré par un de mes lecteurs ! Ce double corona quelque peu oublié mérite peut être une mise en lumière. Dont voici ma petite analyse personnelle.

Pour l’analyse visuelle et olfactive, difficile d’être critique ! D’une construction ferme et osseuse à la couleur uniforme Colorado/ maduro des plus appétissantes, ce double corona charme de suite les sens. Sa souplesse reste moyenne pour un poids presqu'égal à sa longueur de 20.8 grammes pour 19,4 cm. La cape finement nervurée et brillante vous laisse au mouillage un souvenir iodé sur les lèvres, de bord de mer. Tambours battants, la cape exalte avec brio des flagrances douces et boisées, de notes vanillées, de consonances pâtissières des plus gourmandes. Un profil olfactif des plus agréables, un double corona qui en impose par tant de prestance. Un ‘trailer’ jusque là sans faute qui appelle à une dégustation magistrale et conforme, espérons-le !

Mes premières sensations après 10 minutes de fumage sont plus qu’incertaines ! Le démarrage est sans fanfare ce qui en résulte un manque de consistance, dépourvu d’une aromaticité captivante tout en demi-ton, salué par la fée ‘astringence’ qui essaye tant bien que mal de vendre ses faveurs comme un ‘menu du jour de routier’, décidément déprimant ! La majeure partie flirte sur des notes de foin humide, d’humus, voire de moisi et de noix fraîche. Pour ce qui est de La rondeur, ainsi que la longueur, elles vont de paires, aucune des deux ne brille pas son courage ! Une introduction fébrile et asthmatique qui ne présage rien de bon après ces 25 minutes de dégustation. Mais pourtant après une bonne demi-heure, c’est avec considération de constater une petite éclaircie dans ce sombre tableau. En effet, sur la fin de cette première partie, il est agréable et surprenant de goûter progressivement à des nuances plus estivales comme la volupté et la suavité, ainsi qu’une consistance en nette amélioration. Pour ce qui est de la rondeur, celle-ci se distingue par une meilleure homogénéité des arômes identifiables comme la noisette, le café crème et la terre. Bien heureusement, son côté tannique n’est plus qu’un souvenir maintenant, une métamorphose soudaine et appréciable, enfin !

Dans la seconde partie, mise à part une consistance plus mesurée, le fumage se prolonge agréablement sans surprise, sans me procurer une satisfaction réconfortante et rassasiante que l’on pourrait attendre d’un tel cigare pour caler ma faim ! Rien de très évolutif non plus dans cette tragédie cubaine qui puisse sublimer ses arômes fragiles et impuissants. Petit à petit les saveurs s’intensifient mais se révèlent lourdes de conséquences à l’approche du dernier tiers, celle-ci m’annonce une pénitence des plus acerbes ! Ce plaisir éphémère, très vite avorté, doué d’illusions revêche décline inexorablement vers l’antipathie.

Le 3e temps comme je le pressentais glisse rapidement sur des saveurs impétueuses, grâce à l’accroissement d’une force qui envoie très fort, trop fort ! Une perception brute affectée par l’âcreté brulante et anesthésiante des plus désagréables qui soit dans un cigare. Plus grand-chose à dépeindre dans cette dégustation semblable à des ruines fumantes et illusoires. Et c’est négligemment entre l’index et le pouce que je le propulse très loin de moi dans les rosiers pour vite l’oublier. Énervé ! pas du tout, déçu, sûrement. Pour ma conclusion, sur 2 bonnes heures de fumage comptez pas plus de 30 minutes que je qualifierai de pas trop mauvaises, voire de bon pour ceux qui me trouveraient trop cinglant dans mes propos, mais rien de planant. Ma note de cœur 8/20 (à éviter) un cigare qui commence et finit très mal.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Double corona
  • Taille: 194 mm x 19 mm
  • Bague: 49
  • poids: 20,8 gr
  • Année: JUL 2013
  • Prix Suisse: 13€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

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29/07/2014

CASA MAGNA 'Oscuro' format toro

Malheureusement pour les résidents français, je ne pense pas que cette ligne ‘oscuro’ soit disponible actuellement en France ! Celui-ci provient d’une civette se trouvant à Bâle en Suisse, inutile aussi de chercher sur Genève, personne ne les propose pour le moment ni ( Gestocigars, Davidoff, Tabac Rhein et Spring Cigare). J’estime cela hallucinant que cette marque soit introuvable dans cette grande ville, que ce soit la ligne ‘Colorado’ ou ‘oscuro’ ! Le plus proche de Genève pour se procurer les Casa Magna ‘Colorado’, la version la plus commune se trouve à Nyon (civette ‘La Couronne' tenue par Alexis) et sur certains sites de vente en ligne Suisse.Pour ceux qui connaissent déjà cette marque et qui l'apprécie, voici leurs différences, l’un est un puro réalisé à partir de tabac du Nicaragua pour le ‘Colorado’ et pour l’autre un cigare fait d’une tripe unique du Honduras mais d’une sous- cape Honduras/ Nicaragua pour l’‘oscuro’. Des terroirs complètement différents, mais à la signature gustative très proche dont les saveurs restent tout de même étrangement analogues ! Rien à voir avec un puro du Honduras du type ( Maya de Selva, Flor de Copán ou Zino Platinum) pour ne pas les citer. Cette ligne ‘oscuro’ comprend 5 modules dont un (belicoso, Churchill Gordo, toro, robusto est un n°4) contre 11 modules pour la gamme ‘Colorado’.Pour cette dégustation, un format ‘toro’ me semblait approprié pour cette dégustation, un joli module un peu plus élancé qu’un robusto.

Visuellement rien à dire, la cape oscuro d'aspect huileux et satiné exalte des flagrances suaves et grasses, de chocolat noir et balsamique. Des senteurs gourmandes qui ne laissent pas insensibles, au bouquet intense et enivrant ! Au toucher, je l’écrase très facilement entre le pouce et l’index, un cigare très moelleux de la tête aux pieds doté d’un remplissage uniforme. Belle construction dans l’ensemble, mais beaucoup moins ferme que la ligne ‘colorado', si vous les comparez.

La première salve que je reçois après trois bouffés n’est que réelle douceur ! Tout en onctuosité ainsi qu’une suavité à vous décrocher un aller simple pour ‘Cigarland'. Un léger sucré perceptible et éphémère vous emmène tranquillement sur des notes vanillées, de miel, de café moka, juste et contrebalancée par des notes plus animales, d’étable et de viande rôtie caramélisées. Des saveurs intelligemment sublimées, gourmandes et séduisantes dont mes papilles raffolent. Un démarrage tout en couleur associé à une puissance moyenne pour l’instant, offrant un rancio excellent. D’une belle persistance et d’une bonne consistance, ce duo voluptueux et équilibré gère une introduction surprenante. Conquis, j’espère que tout cela sera bien maîtrisé jusqu’au bout. Méfiance ! Quand c’est trop vite bon, en général le cigare s’épuise rapidement.

La seconde partie inébranlable prend le relai après juste 30 mm de fumage, celle-ci déborde d’une abondante richesse et d’une rondeur bien plus homogène maintenant qui s’ouvre vers une saveur bien singulière, celui d’un vieux souvenir, celui de la réglisse ! Étonnant comme ça remonte parfois à très loin. Souvenez- vous de ces petites boîtes en fer blanc marquées de ces 3 lettres grasses ‘ZAN’ ? Eh, bien c’est exactement ce goût si particulier qui ressort de cette seconde partie. Quoi de meilleur ? Qu’une saveur et un souvenir pour écrire une belle histoire.Mais tout doucement et avec regret le vent semble se lever, la puissance qui jusque-là jouait les seconds rôles, augmente pernicieusement, bousculant avec insolence les autres acteurs laissés de côté comme de simples figurants dans cette mise en scène à présent galvaudée ! Eh oui, cette entrée trop précoce, cette puissance soudaine anéantit mes espoirs, me laissant sur ma faim avec désenchantement. Vraiment dommage, car à mon avis cela risque de compromettre cette dégustation si bien entamée, surtout qu’il me reste environ un bon tiers à fumer, d’environ 30 bonnes minutes !

Comme je le craignais la suite, la 3e partie sans grand intérêt développe une force qui vous entraine inexorablement vers de profonds abîmes ! Cette nouvelle perception apporte en bouche une linéarité enivrante sur fond d'ammoniac très déplaisant. Difficile dans ces conditions de maintenir le cap !

Une dégustation que je préfère enterrer à contre cœur. Malgré tout, rien que pour ses 45 premières minutes magnifiques, je retenterai l’expérience avec un autre module, peut-être mieux équilibré comme un robuste par exemple. Ma note de coeur 15/20 est amplement méritée, même si ce final empoisonneur triomphe sur ce dernier chapitre.

 

  • Origine: tripe : Honduras, Sous-cape: Honduras/ Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152 mm x 19 mm
  • Bague: 48
  • poids: 16,9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 8€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

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15/07/2014

Black Market "Alec Bradley" Gordo

Petite visite chez « House of Smoke » à Bâle pour quelques achats ( Suisse ).

Sans faire de prosélytisme outrageant pour ce type de cigare, mon mutisme passerait pour une forme de snobisme ! Mon coup de cœur pour ce ‘black Market' passerait même pour un encouragement à la médiocrité, voir à de l'indigence organoleptique de mes sens. Eh oui, peut- être ! Mais perso, je me fous des railleries et je mentirai de n’avoir pas pris un certain plaisir en sa compagnie, voilà c’est dit ! Pourtant ce cigare dont tous les signes me conseillaient de fuir, bague outrageante et superflu, estampillé d’un nom trivial ‘Black Market' pour US warrior ! Bref, après l’avoir retourné, examiné, humer dans tous les sens du pied à la tête, il semblerait que mon nez si fin qu’il soit ( oui, tout de même un peu ! ), y a trouvé quelques douceâtres effluves envoutants, me laissant perplexe, un brun dubitatif par ce parfum contrefait de déjà ressenti. Ma curiosité décidait tout de même après quelques hésitations son acquisition ainsi que l’achat d’autres cigares dont je ne connaissais même pas l’existence de toutes les formes et couleurs pour de futures dégustations.

3 jours ont passé maintenant ! Me voici de retour en tête à tête avec ce Gordo signé Alec Bradley pour un examen plus approfondi. Passé le passage de la mise à nu en ôtant cette jupe de papier ! Ce gordo à la peau fine et cuivrée assure par une construction exemplaire, ferme et musclé, celui-ci exhale avec confiance un parfum intense, de boisé, de noix et de notes pâtissières. Des senteurs à s’y méprendre avec un Lusitania Partagas ou un Magnum 50 H.Upmann, des senteurs très cubaines en sorte. Je suis presque certain qu’un examen à l’aveugle, l’aurais désigné fièrement comme Habano ! Difficile à croire qu’une pareille méprise soit en effet possible. Je ne connais pas les procédés de matage de certains cigares made in USA. Mais je trouve celui-ci très étonnant, comment expliquer qu’une cape du Nicaragua puisse offrir un tel bouquet d’arômes bien loin de son terroir. Fort possible que la magie d’un maître mouilleur soit passée par là au stade fermentif des feuilles avec quelques petites recettes à base de miel, de rhum et d’épices… En tous les cas, ça fonctionne ! Bien sûr, ce n’est que suppositions impossibles à vérifier. ( Mais sachez que ce genre de pratique existe bel et bien ).

À l’allumage, cette perception cubaine s’efface rapidement pour laisser place à une perception plus  originelle, mais désordonnée je dirai ! La sensation des premières bouffées intense et généreuse déploie généreusement des notes de terre, de poivre, de chocolat, ainsi qu’une certaine animalité ( de viande fumée et de cuir). Une cacophonie d’avant-scène très délicieuse et gourmande, le tout dans une confusion assourdissante et inquiétante. La consistance en bouche est bien là, mais la rondeur riche de tous ces arômes manque encore de cohérence. Toutefois, la persistance trouve son chemin sans trop se désorienter en ‘vapotant’ sur des notes plus édulcorées de café. Ces 20 premières minutes de dégustation ont exprimé une certaine nervosité, le tout dans un désordre riche et intense où tous les acteurs après cette répétition agitée trouvent chacun leurs places respectives dans cette pièce en 3 actes. En effet, une cohésion obséquieuse et plus ronde pointe le bout de son nez prenant le relai sur des notes plus suaves et plus inspirées de vanille, de chocolat, de caramel brulé et épicé.

Dans ce second acte ! Ce Gordo trouve sagement la voie de la miséricorde dans un rythme plus pondéré et onctueux fait de sous bois, de café crème et de chocolat au lait. Des arômes fondus et persistants qui subsistent agréablement vers des nuances plus toastées. Ce mélange cosmopolite Panama/ Honduras pour la tripe et Sumatra/ Nicaragua pour la sous-cape/ cape procure un rancio bien équilibré avec une consistance intense et aromatique. D’une combustion régulière et  sans accro, il ne cède en rien aux notes dissonantes acerbes et piquantes. Celui-ci progresse avec plénitude de manière linéaire et homogène sans aucune divergence jusqu’à la fin du 3e acte. Une finalité endurante et sans surprise dès la fin du 2e acte serait la seule chose à vraiment lui reprocher ! Malgré une certaine réserve au début, ce cigare ostensible et atypique est un véritable coup de cœur, même si certains doutes subsistent sur son élaboration ! Ma note 15/20, un fumage à renouveler sous réserve que sa fabrication soit constante.    

      

  • Origine: tripe : Panama/ Honduras, Sous-cape: Sumatra, cape: Nicaragua
  • Format: Gordo
  • Taille: 152 mm x 24 mm
  • Bague: 60
  • poids: 26,6 gr
  • Année:  2013
  • Prix Suisse: 9.3€

 

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16:35 Écrit par Edmond Dantes dans Alec Bradley, Black Market, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

30/06/2014

H.Upmann Connossieur A "Genios"

Un grand robusto à la cape clair, grasse et luisante qui peine à me convaincre sans toutefois y parvenir ! Cela reste un avis personnel, un jugement critique sur un cigare dont seul le nom ‘H. Upmann’ obligerait à tirer sa révérence avant sa mise en bouche, dans un cérémonial obséquieux et condescendant. Mais pour l’amateur que je suis, très attaché à cette marque, j’éviterai cette pantomime et je déplore que le nom de ‘Connossieur' y soit associé ! Pourquoi ‘Connossieur A’ ? Faudrait-il s’attendre prochainement à une version B, C, D…Ce nom, synonyme de bon goût grâce au ‘Connossieur 1’ depuis plus d’une demi-roue impose un atout marketing imparable, une obédience formatée pour amateurs non éclairés ! Mais qui oserait prendre le courant à contre- sens ? C’est un Cubain tout de même, oui mais alors ! C’est un Upmann, oui mais alors ! Ci-dessous, voici mon point de vue lapidaire d’une dégustation fumante !

Pour son parfum rien à dire, dès son entrée en scène le costume reflet des couleurs finement boisées, de beurre et d’écorce de pain qu’offrirait un petit déjeuner champêtre sous le grand chêne au fond du jardin, attablé autour du salon d’été en fer blanc ! Un tableau de bon augure qui fleure bon la Havane ( ça commence plutôt pas mal…)

Mais la suite, n’est que déconfiture ! La perception du premier quart manque cruellement d’onctuosité, de volupté et de consistance. Comme la vilaine sensation de m’avoir versé une cuillère de terre dans mon café matinal et de m’avoir beurré les biscottes avec de la margarine. La persistance diaphane des notes de fruits secs lui procure tout de même une longueur en bouche relativement acceptable, mais décontenancé par une forme d’amertume, un arrière-goût gênant en toile de fond. La rondeur et l’aromaticité quasi inexistante brillent par leur absence, résume très bien cette première partie timorée assez pauvre en goût ! Laissant présager un fumage pernicieux.

Segunda parte ! La sensation de fumer je ne sais vraiment plus trop quoi . Un truc à s’y méprendre avec un cigare, très loin d’un Upmann. L’amertume gagne sur tous les fronts et constitue l’essentiel de ce second opus, une de ses principales constances, toujours appuyée par cet arrière-goût détecté dans les 15 premières minutes de fumage, mais maintenant plus définissable comme l’ammoniac ! Cet arôme puissant et alcoolisant qui couvre vos dégustations telle une nappe de pétrole sur l’océan. Bien entendu c’est une image, un peu forte et dévalorisante mais qui illustre bien cette perception assommante très particulière ! Ce requiem funeste, manque de corps, de consistance et d’un manque crucial d’arômes, d’un manque de tout dans l’ensemble. Toutes ses vicissitudes déconcertent pour un cigare confectionné à partir des meilleurs tabacs du monde. Je peux comprendre que concevoir un mélange est un exercice très compliqué, assuré sa stabilité gustative 6 mois, 1 an après n’est jamais assuré à 100%. Une fois mis sur le marché le cigare évolue, des changements biochimiques s’effectuent dès sa naissance souvent pour le meilleur, mais parfois à charge par des éléments inhérents à sa production, le résultat par exemple d’une conservation maladroite durant son long voyage jusqu’à nos civettes. Dans l’alimentaire, on parle souvent de ne pas rompre la chaine du froid, idem pour le cigare avec la chaine de l’humidité constante entre 70/75% pas toujours respecté ! Pour le final, no comment ! Inutile d’enfoncer le clou plus profondément et j’éviterai de passer pour un hérétique, où ma seule sentence serait l’excommunication Havanophile.

Ma note de cœur 8/20, je vous laisserai l’apprécier à votre convenance, bien accompagné par exemple d’un rhum Vigia 18 ans pour en exorciser son haleine pesante. 

 

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Genios/ Grand robusto
  • Taille: 140 mm x 20.6 mm
  • Bague: 52
  • Année:  2013
  • Prix France: 12,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

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20/06/2014

La Flor de la Antillas "toro gordo" de My father cigars

La Flor de la Antillas qui signifie en espagnol « la fleur des Antilles » désigne tout naturellement l’île de Cuba clin d'oeil aux origines de la famille Garcia et fils. Cette marque fait son apparition en mai 2012, puis primée pour la première fois par la revue ‘Cigar Aficionado' de meilleur cigare de l’année 2012. No comment ! Je préfère ne pas commenter ce classement du ‘Cigar Aficionado' que je trouve souvent trop complaisant et peu objectif dans l'ensemble de leurs dégustations, cela pourrait être un excellent débat pour un prochain article. Bref, cette marque n’est malheureusement ou heureusement pas disponible en France pour l’instant, celui-ci provient de la Suisse ( plus précisément à La Couronne de Nyon). Ce joli puro Nicaraguayen se compose d’une cape « Sun Grown », c'est-à-dire d'une cape élevée au soleil d’une couleur Colorado/ maduro, à l’inverse d’une cape « shade grown » élevé sous la protection des fines étoffes blanches connues sous le nom de « tapa do », en espagnol : « couvert ». Ce module toro gordo arbore fièrement une bague énorme à l’image des ‘Vista' qui ornait les premières boîtes à cigares du 19e siècle. Une bague très soignée, ostentatoire qui est du plus bel effet, le pied quant à lui se pare d’une fine bande de soie rouge lui donnant, l’élégance d’un cigare résolument aristocratique ! Autre singularité de ce toro gordo vient de son diamètre légèrement aplati et ovoïde. Pour résumé cet accueil visuel fait mouche, un beau module jouant à fond la carte de la séduction, marketing oblige sur ce vaste marché qu’est l’Amérique ! Mais à nous Occidentaux, on ne nous l’a fait pas, nous sommes trop malins pour tomber dans le panneau. ( Je plaisante ! )

Pour l’analyse olfactive et fumage à cru, les flagrances très légères oscillent entre cuir et boisé, rien de très transcendant dans cette première approche, peu flatteuse et timorée.

Dès les premières volutes qui encensent les papilles, l’onctuosité et le poivré domine d’emblée les premières minutes de ce fumage. La tenue en bouche d’une bonne consistance offre une rondeur oléagineuse chamarrée de notes de café, de poivre, d'épice plus discrète comme le clou de girofle et de saveurs biscuitées. Un démarrage très séduisant d’une puissance plutôt modérée pour le moment. Pendant environ 25 minutes, ces notes subsisteront sans déroger à cette cuisine épicée et agréable. À déplorer, une petite fragilité de la cape au niveau de la tête, défaut rencontré sur les deux exemplaires fumés ce mois-ci, ainsi qu’une combustion aléatoire qu’il faut souvent rectifier à la torche. Une première partie piquante, mais gourmande à la fois soutenu par un volume de fumée généreux.  

Pour la seconde partie, la sensation roborative et nerveuse diffusée par le poivre domine et écrase les autres saveurs, comme la terre, le café et le chocolat au lait qui demande qu’à s’exprimer. Un passage assez monocorde, sans être déplaisant pour autant je suis à la limite de l’ennui ! Du piquant sur le bout de la langue façon wasabi sur fond d’ammoniac n’arrange rien ce passage. En cuisine le poivre à la réputation d’exalter les arômes, mais cette analogie culinaire ne s’applique guère au cigare. Cette perception s’apprécie avec juste parcimonie, en quantité cela devient un défaut pour l’aromaticité générale du cigare, ainsi que ses capacités à évoluer.

Pour la 3e partie. Enfin ! Le vent tourne pour offrir cette foi une perception étonnement plus douceâtre et plus crémeuse dans l’ensemble. La rondeur s’en trouve améliorée avec une meilleure persistance assurée par des notes crémeuses d’un capuccino, de cacao, de fruits secs et de poivre en moindre quantité. Mais ce plaisir de courte durée s’envole rapidement vers un final acerbe que j’abandonne finalement. Un cigare que je qualifierai de cyclothymique mais pas dans le sens positif que l’on attend d’un cigare évolutif. Les deux premiers temps restent semblables avec quelques petites fluctuations, mais le tout d’une linéarité fastidieuse jusqu’à son aboutissement très éphémère d’environ 10 minutes de bien-être sur quasiment 1h30 de fumage, à cela j’ajoute les 25 premières minutes. Ce qui totalise 35 minutes de fumage, dit de convenable. Pour gagner du temps à sensation égale, choisissez la prochaine fois un ‘NUB’ pour des sensations assez communes. Sans être trop cassant, 14/20 est une note de cœur moyenne pour une dégustation mitigée. Pour ceux qui apprécient résolument les mélanges relevés ou les adeptes du " Je mets de la moutarde dans tous mes plats et je vous emm... ! ". Comme quoi, les classements de l’aficionado sont toujours discutables !

Pour info ce cigare se décline en 3 formats, le toro gordo dégusté aujourd’hui, suivit d’un robusto et d’un belicoso.

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua en sun grown
  • Format: toro/ gordo
  • Taille: 165 mm x 28 mm
  • Bague: 56
  • Année: 
  • Prix Suisse: 10,9€ ( Tabac La Couronne à Nyon )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20       

 

10:04 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/06/2014

"Le 05" Avo Uvezian robusto ( Edicion limitada 2005 )

Ce robusto n’est autre que « Le 05 » Une Edicion Limitada de 2005 d’Avo Uvezian composée de 3 semences différentes pour la tripe ( piloto seco, sans Vicente Ligero et criollo seco) ainsi qu’une cape Equator sungrown ayant subi une fermentation spéciale dont seule ‘Hendrick Kelner’ connaît le secret.( seulement 6000 boîtes furent disponibles à la vente ). Peut-être que l’un d’entre vous a eu cette chance de le croiser . Celui-ci que je viens de déguster sort tout droit de du cave personnel de M. Mathys ( responsable Davidoff Genève), offert lors de l'interview réalisée en juillet 2013. Un cigare, aujourd’hui élaboré de tabac âgé de 14 ans tout de même ! Ce robusto « Le 05 » proposait en son temps une palette aromatique hors norme, d’une rondeur exceptionnelle qui rencontra un franc succès auprès des amateurs de cette marque. J’espère bien prendre autant de plaisir que mes prédécesseurs dans cette nouvelle découverte.

Mais quand est-il après ces 9 années de cave ? Malheureusement, je ne pourrai pas comparer le goût qu’il pouvait procurer en 2005, me reste le souvenir olfactif de certains chanceux que j’ai pu rencontrer pour me faire une idée.

Après l’avoir reniflé pendant dix bonnes minutes et le triturer dans tous les sens, ce cigare exprime toujours singulièrement de belles effluves légères et intéressantes, réglisse et caramel caractérisent des senteurs empyreumatiques assez séduisantes. L’amertume de la cape ne dérange en rien à l’onctuosité et à son côté épicé/ poivré ressentit dès les premières volutes, une sensation plutôt roborative ou découle une rondeur un peu acide, faîte de foin humide, de terre et de note de sous-bois. Un cigare qui n’a rien perdu de sa consistance et d’une belle intensité aromatique, exprimant une force relativement tranquille et équilibrée.

La suite, sans aucun grand changement délivre des arômes plus fondus et plus rond, illustrés par des notes endémiques de terre, de réglisse et de poivre noir. Le 2e temps, plus corpulent prolonge ce plaisir avec onctuosité, vers un 3e temps homogène d’une intensité moyenne et maîtrisé qui suggère agréablement une persistance bienveillante.( sans âcreté et sans aucun piquant) Dans l’ensemble ce cigare n’a rien perdu de sa consistance, mais je le trouve tout de même en dessous du seuil de perception pour son aromaticité que je qualifierai de coutumières et évaporées, normal après tout ce temps, me direz-vous ? Ma note de cœur 14/20, un bon cigare.

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18:01 Écrit par Edmond Dantes dans AVO, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/05/2014

Z Class 654T & 550R "Zino Platinium"

Conçu dans la fabrique Davidoff du Honduras, ce format Toro offre un mélange bien singulier et unique en son genre. En effet, sa cape est dominicaine ( semence Criollo ), sa sous-cape provient du Pérou ( semence Pello d'Oro Visus) et sa tripe se compose de tabac du Nicaragua ( semence Jalapa Especial Ligero), du Honduras ( semence Esteli Ligero), de République Dominicaine ( semence San Vicente Ligero). Ce cigare présente un bouquet, bien étoffé ! Reste à savoir si tout est cohérent dans cette curieuse recette. D’une couleur Colorado maduro, proche de celle d'un cookies, la cape finement veinée est d’une construction exemplaire, moins dense et ferme qu’un Davidoff. Celui-ci est d’un moelleux plus souple que ferme, alors qu’un Davidoff est souvent plus ferme que souple. Vous comprenez la nuance, moi oui !

Au nez, son parfum développe des arômes subtils de boisé, de chocolat au lait et d’une flagrance de sûre, un peu comme le lait fermenté ! Excusez-moi pour la comparaison fantasque, mais je peine à trouver une autre allégorie.   

Dès la première bouffée, celui-ci expose d’emblée une fumée très généreuse avec une sensation tannique très prononcée sur les lèvres. Cette intro plutôt acidulé dans l’ensemble, surfe sur des notes de bois verni, de terre, d’épice et d’agrumes. Ce Toro offre une bonne longueur sans être trop persistante, plus éphémère. Un choix parfait pour un cigare d’avant-propos pour un déjeuner entre amis. Avec un tirage excellent, très aéré, il délivre harmonieusement sa « tirade obséquieuse pyrolytique », pour faire simple la fumée est belle et généreuse ! Gênée par tant d’acidité, la rondeur peine à se lier dans une parfaite homogénéité, analogue au montage d’une sauce au beurre, un petit déséquilibre des deux composants et ça ne prend plus !

Après 30 minutes, ce deuxième temps devient plus rassasiant, une sensation localisée sur le fond du palais. Une juste amélioration qui déroule une rondeur plus équilibrée, avec un meilleur fondu dans les arômes de terre, d’aigre-doux, de sous bois et d’humus ( de végétal humide). Cette astringence reste un marqueur inhérent à ce Zino Platinum Toro, moins présente maintenant sur cette seconde partie, mais semblable à un puro du Honduras, je pense notamment à un ‘Maya de Selva' pour la comparaison. Mais ici, le tabac contrebalancé avec celui du Nicaragua plus intense lui donne plus de relief, une couleur aromatique moins citrique, avec un goût plus perfide en bouche. Par contre, à l’approche du 3e temps, la puissance augmente graduellement d’un cran de 2 à 3/5, annonciateur je pense d’une persistance plus intense.

Pour ce final, les saveurs deviennent plus roboratives et corpulentes, poivre et réglisse se partagent allègrement les dernières minutes de cette dégustation. Ce cigare expressif au caractère franc et déterminé s’exhibe fièrement et sans retenue dans ses différentes nuances olfactives. On peut l’aimer ou le détester, ce toro ne vous laissera pas indifférent sur ce registre ‘végétal fruité’. Ma note de cœur 14/20, je déplore simplement un petit manque de suavité et de rondeur pour le rendre parfait.  

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 150 mm x 21 mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,9 gr
  • Prix Suisse: 11€

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Après cette dégustation, ma surprise fût assez consternante lorsqu’en feuilletant machinalement le dernier numéro de l’ADC ( les 100 meilleurs cigares du monde 2014), j’aperçois en 7e position le ‘Z. Class robusto 550R’ classé parmi les meilleurs cigares Dominicains, accompagné d’un feedback tellement différent de mon Z Class Toro 654R ! Entre nous, je ne le trouve pas plus Dominicain que moi je suis suisse. Sa place était à mon avis plus vraisemblable à un cigare du Honduras ou du Nicaragua.

Bref, en lisant ce descriptif éloquent ! Je devais absolument connaitre ce robusto 550R testé par l’amateur de cigares. C’est chose faîte aujourd’hui, cette après-midi après un passage éclair chez Davidoff, en réalité ma femme s’est chargé de la mission ‘Zino Platinium’. Me voici donc près à en découdre ce soir avec ce robusto pour cette 2e dégustations.

Physiquement, hormis le format c’est la copie conforme du toro (couleur et aspect de la cape) je le trouve néanmoins un peu plus ferme que l’autre. Les flagrances sont bien les mêmes, mais plus spontanées et précises, celles-ci flirtent magistralement sur des notes de boisées, de chocolat au lait, livrant une suavité flatteuse et engageante pour la suite de cette psychanalyse. Pour résumer, la préface de ce cigare n’est que gourmandise. Dès la mise à feu, les premières bouffées délivrent une nervosité rassasiante entretenue par une coalition terre et poivre de bonne persistance en trame de fond. Un duo soutenu par des notes plus subtiles de boisés et de fruits secs, prolonge ce fumage dans une persistance aromatique agréable et roborative, sans être trop belliqueux. Un premier temps bien discordant avec son homologue le 654T !

Me voici aux 2 tiers de cette dégustation ou j’apprécie la cohérence de son évolution, que je qualifierai de ‘rustique’ pour ma part, communiquant sciemment des saveurs de campagne, de terre et d’écorce de pain. Un cigare d’une sapidité précise et linéaire d’une corpulence équilibrée, dotée d’une puissance moyenne. Le tirage est juste, facile sans être trop ventilé, parfaitement conforme à ce format. Le final plus intense, développe à son tour des notes de ‘briochée épicé’ de bonne consistance qui ne déroge pas à son caractère ‘bucolique’. Conclusion : Un ‘cigare rustique et élégant’, au dénouement heureux et sans dissonance appréciable à s’en bruler les doigts. Ma note 16/20, où mon cœur balance tout de même vers ce dernier, je vous conseille tout de même de tester les 2 formats, aux tonalités si contrastées.           

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 123 mm x 20 mm
  • Bague: 50
  • Poids: 12,2gr
  • Prix Suisse: 9€ 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

18:42 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Zino Platinium | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

19/05/2014

La Flor Dominicana Oro natural n°6 "toro"

Lipstick pour les hommes…un tubo à l'aspect bien singulier !!

La Flor Dominicana est une rare marque Dominicaine avec qui je prends généralement beaucoup de plaisir. Aujourd'hui, mon choix s’est porté sur un n°6 ‘Oro naturel Toro' qui appartient à une série unique de 3 cigares de même format 54’ x 6’ ( un N°6 naturel, un N°6 maduro et un chisel*) tous présentés en coffret de 5 tubos Oro. Le chisel est un format particulier dont le corps ressemble un à celui d’un beliscoso avec une tête aplatie en bec de canard, comme vous, je suis surpris par ce format ! Pour la petite anecdote, le nom de cette ligne Oro est un clin d’œil à la carrière précédente de Gomez, en effet au milieu des années 1990, Gomez possédait un magasin de bijoux dans le quartier de North Beach à Miami, un jour juste avant la fermeture de la boutique, deux hommes cagoulés font irruption dans la boutique et s’emparent de 400 000$ de bijoux après avoir bâillonné Gomez, cet événement douloureux et traumatisant fût pour lui le déclic pour tourner la page et se consacrer corps et âme au secteur du cigare, sa passion de toujours. Plus de 6 ans plus tard, naissait La marque ‘La Flor Dominicana’.

Pour l’origine, la nature du tabac est essentiellement Dominicaine pour la tripe et sous cape, mais habillée d’une cape du Nicaragua Colorado/Maduro. Un Toro très imbibé par la feuille de cèdre qui l’accompagne, difficile de ne pas sentir cette flagrance à l'ouverture, viennent ensuite des odeurs de cuir, d’étable, de salaison, des senteurs plus orientées vers une tessiture animale. A cru le poivre vert s’harmonise avec une saveur bien particulière, celle du chocolat en poudre, lointain souvenir olfactive de ‘choco’ Banania ! Au mouillage la cape quand à elle, est neutre, très végétale et sans amertume. Une introduction pour le moment assez gourmand et prometteuse qui je l’espère bien tiendra ses engagements.

Dès l’allumage, la perception est grasse et généreuse, suivit d’une sensation rassasiante de suite ressenti dès les première bouffées, illustrées par des notes terreuses, de foin gras d’alpage, de poivre et de café. La rondeur excelle une sapidité intense et salivante, mais d’une longueur qui pêche un peu dans les 30 premières minutes ! De belle corpulence, ce cigare ne se perd pas en bienséance. Il vous amène vite à l’essentiel, avec l’envie de vous satisfaire dès son ouverture. Doté d’une puissance moyenne, il n’assomme pas pour autant ( du moins pour le moment ! ), plutôt agréable et sans grande complexité, je le trouve néanmoins copieux, idéal à déguster après une cuisine au vin, genre menu chasseur par exemple !

La deuxième partie s’accélère, par une sensation toujours plus démonstratif et généreuse, son angle d’attaque n’évolue guère. Ce fumage est résolument intense,  orienté sur des arômes primaires de terre, de pain grillé et de café, évoluant correctement sans jamais distiller de vilain jus âcre et piquant que l’on peut parfois ressentir sur certaines vitoles analogues. La longueur cette fois-ci, se trouve plus étendue et équilibrée. Un cigare vraiment intéressant et plaisant à fumer, puissant et linéaire offrant une partition mesurée aux accents résolus.

Un 3e temps endémique, finalisé par une perception soutenu fidèle à lui-même, agréable à se brûler les doigts ! Ma note de cœur 15/20, un cigare à découvrir mais attention sa force trompeuse et insidieuse peut vous faire vaciller. Pour amateur averti.

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Dominicaine, cape: Nicaragua
  • Format: toro
  • Taille: 152 mm x 22 mm
  • Bague: 56
  • Poids: 16 gr
  • Prix Suisse: 12€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

11:18 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, La Flor Dominicana | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2014

H.Upmann churchill "Monarch/ Monarcas"

Pratiquement disparu de nos civettes, le ‘Monarch’ à semble t-il connu ces lettres de noblesse jusqu’en 2009, date de sa suppression au catalogue Habano. Malheureusement, je ne connais pas leurs raisons ! Mais on peut toutefois imaginer que le ‘Monarch’ faisait doublon avec le Sir Winston car tout deux sont de formats identiques, un  ‘Churchill’. Peut-être la ‘success story’ du ‘Winston’ a précipité à long terme la disparition de l’autre, à cela s’ajoute le manque d’intérêt des amateurs de l’époque. Résultat une équation marketing sans appel : cigare révoqué ! C’est juste une hypothèse.

 Bref, aujourd’hui quelques antiques civettes renferment parfois quelques trésors, avec un peu de chance et d’attention, ainsi que l’information adéquate que je vous transmets. Vous éviterez de passer vulgairement à côté, sans une petite réflexion «  Mais c’est bien un ‘Monarch’ par toutatis ! » N’hésitez pas à ouvrir le tube pour vérifier de son état, car au minimum les derniers à circuler date déjà de 6 ans, celui-ci dégusté provient de chez ‘Tabac Rhein’ à Genève et parfaitement conservé tube fermé. Il est fort possible que certains vous le proposent hors tube, une précaution souvent prise par le débitant de tabac de peur qu’il se déshydrate dans son fourreau, donc attention ! Même avec un bon taux d’humidité, un cigare trainant sa cape parmi tant d’autres à de grande chance de voir ses arômes altérés. Préférez un ‘Monarch’ sauvegardé dans son tube de préférence, son confinement assurera une meilleure préservation de ses molécules odorantes. Visuellement, n’ayez aucunes craintes si la bague semble souillée, c’est tout simplement l’effet de l’exaltation de ses huiles au fil du temps, on dit que le cigare transpire !  Un processus de vieillissement tout à fait normal, la signature en principe d’un bon cigare !

( Contrairement aux idées reçues, un cigare en tube peut se conserver au-delà des 6 ans sans aucuns problèmes à une température constante comprise entre 18 et 20°, à condition biensùr que le tube soit bien hermétique et jamais ouvert depuis son conditionnement ).

Voici en quelques lignes cette rencontre olfactive avec ce joli papillon ! « le papillon ‘Monarque' pour le jeux de mots, petite précision pour les Béotiens de l’entomologie comme moi d’ailleurs » dès la sortie de ce corps momifié de son cylindre, son aspect osseux ainsi que son enveloppe livide Colorado/ claro interpellent par tant de fraicheur après un séjour prolongé de 9 ans, une petite info donnée par la petite bague marron qui fut changée à partir de 2006 pour celle que nous connaissons aujourd’hui ! Celui-ci, offre toujours un moelleux étonnant, mais la cape semble tout de même avoir subi le poids des années, cette première peau plus fragile risque surement de se décoller avec la chaleur du foyer, mais soyons indulgent avec cette jolie momie où senteurs confites de boisé, de mie de pain et de beurre rance chatouillent subtilement mon nez, provoquant pour la seconde fois un éternuement de plaisir, désolé… ! Au mouillage, la cape est légèrement iodée comme le souvenir salé sur la peau d’un bain de mer ensoleillé. Pfff…

Dès le premier temps, la perception est fugitive ! L’onctuosité bien présente dès le démarrage oscille entre rugosité et astringence, comme le vilain brouhaha instrumental d’une troupe de musiciens prenant place juste avant l’arrivée du chef d’orchestre. Une sensation de désordre organisé, un méli-mélo juste et faux qui doucement après 25 minutes de fumage trouve les bons accords. La rondeur s’installe, s’harmonise sur des notes de boisées, de poivre vert et de noisette. La cendre d'un gris profond et lourd dessine quand à elle, une approche plus aromatique, plus ample et équilibré à l’approche du second tiers.

En effet, sur ce 2e tempo la cacophonie fait place à plus d’harmonie. La rondeur, ainsi que les saveurs sont plus grasses et plus crémeuses. On ne change rien, les instruments sont les mêmes, mais tous cette fois, jouent à l’unisson ! Poivre, fruits secs et cacao s’accordent pour une entente cordiale, celle-ci s’accompagne d’une intensité en hausse, procurant plus de tenue en bouche, plus de corps dans l’ensemble. Rien ne vient le perturber, aucune amertume ou résidu irritant à déplorer.

Le 3e temps est analogue à la seconde partie avec une augmentation significative de son intensité, une perception asséchante classique et peu intéressante ! Les notes surfent sur des notes empyreumatiques et capiteuses, sombrant inexorablement vers le côté obscure de la force. Un final pour moi sans intérêt, inutile de trop s’y attarder, au risque de saturer mes papilles par une musicalité trop forte. Dans l’ensemble, ce monarch œuvre bien sur la majeure partie de ce fumage pour vous offrir un rancio excellent. Toutes ses années recluses dans son tube lui ont donné une certaine maturité sans perdre pour autant de sa vivacité, un cigare évolutif de belle richesse bénit je pense du ‘Dieux Havane'. Ma note de cœur 16/20, un très bon Churchill.  

  • Origine:tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: churchill/ julieta
  • Taille: 178 mm x 18.6 mm
  • Bague: 47
  • Année: 2006
  • Prix Suisse: 15€ ( Tabac Rhein Genève )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

09:27 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/05/2014

A. Fuente anejo n°77 ( Shark )

En septembre 1998, l'ouragan ‘Georges’ est passé au-dessus des Caraïbes provoquant un véritable chaos sur une grande partie des îles de cette région, y compris le domaine du célèbre château de la Fuente en République dominicaine, là où précisément les feuilles de cape pour le célèbre cigare ‘Fuente Opus X' sont cultivées et récoltées . Deux ans plus tard, cette destruction a entraîné une pénurie de feuille pour les ‘Fuente Opus X' . Mais plutôt que de mettre un terme à cette production, Carlos Fuente Jr a simplement ordonné l'utilisation d’une nouvelle enveloppe bien différente, une dicotylédone Connecticut âgé. Une fois de plus, la famille Fuente triomphe de la tragédie et donne naissance aux ‘Arturo Fuente Añejo'. L'un des cigares les plus rares au monde, le cigare Añejo est roulé avec les meilleures feuilles de tabac dominicain du château de la Fuente, à cela s’ajoute une cape Connecticut de 5 ans vieilli dans des fûts de Cognac. Cette fusion singulière, riche , épicé et fumée, légèrement sucré donne une saveur très particulière à cette ligne. Généralement disponible pour la période de Noël, ce cigare est l'un des cigares les plus exclusifs au monde . Bien que cette ligne comporte plusieurs tailles différentes, l’une des formes la plus emblématique n'est que le ‘n° 77’ ou ‘Shark' comme il est le plus communément appelé. Le ‘Shark’ ( Requin ) est la première forme de cigare torpedo jamais roulé qui s’évase progressivement d'une forme conique arrondie ( la tête ) vers un corps carré ( le pied ). Voici pour la petite préface dithyrambique de cette dégustation, une bien belle histoire vous ne trouvez pas ?

Olfactivement gourmand ! Résume bien les balbutiements de ce prologue pâtissier où notes de chocolat noir et d’arabica colorent les sens, envoûtent suavement et  insidieusement  votre nez. Un parfum des plus perfides qui ne laisse pas indifférent, dépeint par une cape mate de couleur fève de cacao sur un corps ferme et pesant. ( 19,2 grammes, 3 de plus qu’un Siglo VI pour environ la même taille ! )

 A cru, les saveurs déconcertent par tant de rondeur et de suavité ! Après quelques minutes à chercher au plus profond de mes souvenirs,  je reconnais ce goût ! Mais impossible de mettre un nom dessus. En l’associant à autre chose pour activer ma mémoire olfactive, comme par exemple un souvenir de fête, je pense à  ‘foie gras’, ce qui m’amène sur de la confiture, eh oui ! c’est de la figue, c’est bien cela !! Vraiment étonnant et rare comme perception, est-ce cet affinage des feuilles en fût de cognac qui caractérise ces flagrances si singulières ? Surement. Je ne sais quoi penser de cet aspect, limite nauséeux. Un goût  vraiment étrange et trop présent pour un cigare.

À l’allumage, les premiers instants procurent une onctuosité d’une intensité aromatique moyennement soutenu, légèrement poivré dans sa longueur. L’ensemble harmonieux présente une légère amertume provenant des notes de cacao, relevé d’une pointe de sucré reconnu dans ma première analyse. Rappel de la figue, très peu perceptible et équilibré qui permet de ne pas le confondre avec une vulgaire friandise où le sirupeux l’emporterait, c’est bien ce que je pouvais redouter au départ. Mais finalement non ! Les saveurs dans ce premier temps exaltent habilement des arômes bien discernables, avec la sensation agréable à déguster un plat justement assaisonné.

Sur ce second temps, faut-il déplorer cette orientation plus terreuse, et moins onctueuse quand première partie ? Un tantinet asséchant et moins rond, je trouve. Ou notes primaires de tourbe, de cacao et de café, reflètent un tempérament plus intense et doux à la fois comme le ferait un moteur 6 cylindres, confortable et puissant. Rien ne vient troubler cette conduite assistée ! La combustion lente et précise déroule une partition mesurée, sans hiatus qui dépassionne quelque peu cette dégustation. Je ne le considère en aucun cas, comme mauvais, loin de là ! C’est juste que je le trouve trop attendu, il lui manque ce panache détecté et apprécié dans sa genèse. Malgré toute la musique déploie une forme de conformisme rassurant, très bien instrumentée par le travail des maîtres mélangeurs dont je ne peux que féliciter cet assemblage.

Pour la 3e partie, je la qualifierai simplement d’une confirmation des saveurs, endémiques à la seconde partie. Un final stabilisé, sans âcreté dont puissance et corpulence prodiguent avec brio des notes torréfiées, de briochées et de fumés.

En conclusion cette psychanalyse cigaristique peut sembler indécise et tiraillée. Entre volontés de suivre un verdict élogieux consenti et un ressenti personnel le plus critique possible. Un exercice toujours périlleux de se concentrer sur le goût et uniquement le goût en essayant d’occulter la ferveur de certains amateurs pour ce cigare ‘rare et exclusif’ !                                   

Ma note de cœur 15/20, pour un cigare paradoxalement et subjectivement très bon. Bref, essayez-le sans vous torturer comme je l'ai fait.      

  • Origine:tripe : Dom. Ch de la Fuente, Sous-cape: Dom. Ch de la Fuente, cape: Connecticut Broadleaf
  • Format: patte d'éléphant/ figurado 
  • Taille: 147 mm x 20/22 mm
  • Bague: 50/56
  • Prix Suisse: 19€ ( La Couronne à Nyon )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

11:01 Écrit par Edmond Dantes dans Arturo Fuente, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/04/2014

Arturo Fuente Gran reserva "Rotschild"

Belle personnalité pour cet « Arturo Fuente grand réserva », mais peut-être trop juvénile pour moi ! Comme tout cigare de la marque, la construction est parfaite et soignée. La cape ‘Cameroun Maduro' ombragé et fine cintre un corps très musclé et très ferme, celle-ci offre des flagrances animales de cuir, de butyrique ( acide lactique) très agréable au nez. Dès l’allumage, plus rien de vraiment bestial. Douceur et suavité érigent les premières fondations de ce short robusto, cela durant les 10 premières minutes. Ensuite vient rapidement cette astringence que l’on retrouve communément dans les cigares d'origine dominicain, une forme d’acidité localisée sur les dents et sur le bout de la langue que certains reprochent. Mais dans l’ensemble, ce prélude développe un jolie bouquet automnale fait de fruits secs, de foin séché et d’humus développant une rondeur assez grasse, dont une longueur moyenne qualifiée par une perception dit « verte » !, Comme croquer dans une ‘Granny smith’ au goût acidulé par exemple et d’une puissance légère et équilibrée, appréciée par sa fraicheur des arômes.

Le 2e temps, perd rapidement de son onctuosité et s’affirme dans l’astringence, et le terreux. L’intensité plus corpulente, exalte des notes réconfortantes et croustillantes de baguette sortant du four, vague souvenir d’odeurs de pain se faufilant par les soupiraux d’une boulangerie aux premières lueurs du matin ( je sais, je suis allé la chercher loin cette analogie ! ). Une évolution aromatique intéressante qui diffère complètement de la première partie plus végétale.

Pour conclure, le final vous empoigne avec intensité et force grandissante. Les dernières notes, café noir essentiellement délivrent une d'amertume écrasante et exclue tout raffinement dans cette complainte lourde et capiteuse. En lâchant vainement son dernier soupir, un râle nicotineux ! Même si l’appréciation de sa tessiture reste toujours discutable et très suggestive. Certains en effet n’apprécient pas du tout l’acidité et je les comprends car moi-même, j’avoue avoir un peu de mal ! Mais cet Arturo Fuente dérange et séduit à la fois, un drôle de paradoxe qui s’oppose à l’amateur par une multitude de rictus grimaçants. Douceur, acidité et amertume constituent l’essentiel de cette dégustation. En conclusion, je ne peux que saluer cette pluralité des saveurs, tout en regrettant ce manque de suavité sur l’ensemble qui aurait pu le rendre ainsi plus gracieux et onctueux.

Ma note de cœur : 13/20. Un bon cigare à découvrir dans sa globalité, un cigare évolutif mais péremptoire dans sa composition.    

  • Origine: tripe: Dominicaine, sous-cape: Dominicaine, cape: Cameroun 
  • Format: short robusto
  • Taille: 115mm x 19mm
  • Bague: 48
  • Poids: 13.4gr
  • Prix Suisse: 6,8€ 

 arturo fuente.jpg

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

 Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

 Sourire bon/ de 9 à 12

 Rigolant très bon/ de 13 à 16

 Cool excellent/ de 17 à 20    

10:03 Écrit par Edmond Dantes dans Arturo Fuente, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/04/2014

Partagas "Presidentes" perfecto

Le cigare cubain d'Irving Schott inventeur du blouson ‘Perfecto' en 1928, clin d’œil éponyme au module Perfecto ( un format très répandu à cette époque) qu’Irvin arborait fièrement, sûrement comme accessoire fétiche pour négocier, discuter les coûts de production avec ses fournisseurs et revendeurs. Aujourd’hui 86 ans plus tard, rien n’a changé, enfin presque ! Le blouson ‘Perfecto' existe toujours et fait toujours le bonheur de certain ‘jeuns’ désabusé et révolté ! Sans le savoir Irving a aussi inventé le ‘marketing social et intemporel’. Quant au cigare ‘Perfecto', lui a perdu de son faste et de son engouement auprès des amateurs, bien malheureusement ! Quelques formats subsistent encore chez quelques marques dont le ‘Presidentes de chez Partagas' dont je viens tout juste de déguster. Ce format atypique en forme d’obus et un peu ventru, synonyme d’une Amérique ostentatoire et impérialiste. Aujourd’hui détrôné par des formats comme le robusto.

 

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Après cette petite anecdote, voici mon sentiment concernant ce ‘Presidentes' ( mis en boîte en 2012), je précise ! Il se peut que cette année ne soit pas des plus flatteuses pour ce module. Son parfum boisé très léger contrebalance avec une odeur de poudre ( genre artifice, pétard…) dissimule parfaitement ses aspirations, difficile de savoir de quoi est fait l’animal . Au toucher, la fermeté risque de présenter une gageure pour la suite du fumage ! Je pense à une fâcheuse préservation de son habitat ou d’un défaut de roulage ( trop serré).

Le démarrage agréable suave et onctueux me fait penser au Siglo VI, mais la comparaison s’arrête vite là. De suite une certaine corpulence prend vite le relai, signifié par des arômes plus intenses, meuble verni, réglisse, poivre et café définissent d’emblée ce premier temps dans un bouquet que je trouve assez classique dans l’ensemble, analogue à une bonne cuisine de terroir. Une sensation réconfortante dotée d’une belle puissance mesurée. Le tirage par contre n’est pas très aisé, il faut redoubler d’efforts pour obtenir le bon volume de fumée, ce que je craignais un peu dès le départ. Je décide donc de couper un peu plus haut, au-dessus de la partie plus compacte et ferme de la tête, cela semble rectifier sensiblement la fluidité de la fumée et de résoudre ce problème.

   

À part, ces quelques déconvenues techniques, ce Perfecto trace sa route, onctueuse et intense avec une amélioration de sa rondeur, celle- ci accompagnée d’une longueur copieuse et rassasiante illustrée par des notes de noisette torréfiée, de café et d’épices. Des accords simples et persistants, fredonnant une mélodie efficace et enivrante.

Le 3e temps, offre sans surprise une perception toujours plus riche et puissante. Surfant sur des saveurs lourdes et empyreumatiques. Un final ordinaire sans grande surprise, déséquilibré par une puissance écrasante, suscitant beaucoup d’amertume dans les 15 dernières minutes.

Ma note de cœur 13/20, pour un bon cigare qui manque de subtilité et de finesse à mon goût. ‘Un véritable cigare de motard en perfecto !’ je sais, le jeu de mots était trop tentant, trop facile…

 

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine 
  • Format: perfecto
  • Année: 2012
  • Taille: 158mm x 18.6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 13.9gr
  • Prix Suisse: 7,5€ 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                   

10:42 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Partagas | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |