15/05/2015

Bolivar Sublimes "Libertador" LCDH exclusivo 2013

Le Sublimes ‘Libertador’ devient la seconde édition  (LCDH) de la marque, après le Bolivar Cervantes ‘Gold Medal ‘sortie en 2007 puis finalement interrompu en 2011. Seule différence notable pour celui-ci, ce cigare est une série exclusive, un millésime de 2013 disponible jusqu’à épuisement des stocks,  contrairement aux autres éditions (LCDH ) non exclusives ! Pour les Béotiens des appellations, cette abréviation signifie un cigare vendu exclusivement dans les franchises Habano ‘La Casa Del Habano’ bien reconnaissable par l’ajout d’une petite bague supplémentaire logotyper or, de couleur bordeaux très identifiable entre toutes.

Après une petite déception la semaine dernière concernant le Geniales ‘Presidente’ ( édition Suiza ), mon ami Fabrizio au vu de ma critique acerbe, m’a généreusement offert un ‘Libertador’ pour passer le goût de l’autre ! « Bien meilleur ! » m’a-t-il affirmé.  Eh bien soit, passons le au banc d’essais pour  une petite autopsie.

Visuellement, l’aspect soigné révèle un cigare très élégant, cintré d’une cape finement ajustée et nervuré, d’une belle résonance de forme pour son toucher. Celui-ci  exalte de jolies  flagrances subtiles de chocolat au lait, de foin printanier et de boisé. Un bouquet  de bon augure qui chatouille le nez avec miséricorde. Atchoum ! Désolé, surement le rhume des foins. A crudo, je note un fond lourd de type « benzène/ pétrole » même si le terme semble extrême et peu poétique, je le trouve assez  juste comme perception et non dégradant. Dans le vin cette dénomination est une dominante minérale que l’on trouve dans les vins jeunes par exemple comme le Riesling de la vallée du Rhin. Ne soyez  donc pas outré par cette désignation !

Dès l’allumage, les cinq premières minutes offrent de suite un sentiment agréable et rond d’un équilibre substantiel et sans hiatus. Une belle entrée sur scène sans se prendre les pieds dans le tapis.

Dans un premier temps, après environ 15 minutes de redondance onctueuse et soumise. C’est maintenant une sensation de puissance tout en retenue qui semble asseoir cette dégustation. Sa consistance moyenne est toutefois suffisante pour le moment dans cette mise en bouche harmonieuse, sans trop intensité mais suffisamment présente pour en attendre plus encore. Mes notes évocatrices partitionnent cette musique entre terre et cèdre, poivre, chocolat au lait et miel apportent une suavité de fumage d’un bel agrément. D’ailleurs la cendre foncée conforte bien mon sentiment, celle d’une complexité aromatique plaisante et évolutive. Cette première partie ne fait pas une entrée fracassante, mais elle distille savamment avec  bienveillance son caractère frugal.

Dans cette seconde partie, la scénographie gustative de ce Sublimes reste fidèle au scénario initial, l’histoire rondement menée se prolonge grassement et onctueusement vers des saveurs terreuses, de crème brulé, poivre noir et  de fourrage d’été.  Une constance agréable qui très progressivement évolue vers une sensation plus consistante après  45 minutes ! Ce Bolivar, tel le Léviathan dans les profondeurs obscures des océans évite de faire des vagues et  prend tout son temps pour refaire surface de manière intelligible. Un deuxième temps plutôt endémique au niveau des saveurs  mais transitoire pour ce qui est de sa corpulence, délivré par une puissance plus présente et maîtrisée vers une évolution plus grave, plus symphonique.

En effet, cette 3e partie s’annonce bien plus  capiteuse et roborative ! Sous forme d’avertissement, ce ‘Libertador’ dégaine  l’épée du fourreau, maugréant à qui veut l’entendre « attention la suite risque de secouer les plus fragiles d’entre vous ! » Les arômes s’assombrissent vers des notes graves d’espresso, de clou de girofle et de terre brûlé. Très intense mais toutefois agréable sur la longueur, ne soyez pas trop vif sur le tirage au risque de vous anesthésier le gosier définitivement ! Un final puissant et saisissant de contraste, fidèle à son rang ce Sublimes embrasse fougueusement les papilles. Personnes sensibles s’abstenir ou arrêtez-vous à la moitié, mais quel dommage !

Dans l’ensemble, ce Bolivar est un excellent premier choix, de manière crescendo il sait se montrer docile dans une première phase, puis tout doucement au fil des transitions il prend confiance en lui, offrant un trait de caractère plus affirmé sur la fin. Ma note de cœur 17/20.   

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double robusto
  • Taille: 164mm x 21,5mm
  • Bague: 54
  • Poids: 19.3gr
  • Année: 2013
  • Prix: 25€ environ ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

               

16:52 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/05/2015

Série 1495 robusto "La Aurora"

Aujourd'hui, je vous présente ce robusto de la série 1495 de la marque Aurora, un blend assez atypique par son mélange. En effet, ce cigare roulé en République Dominicaine se compose d'une cape d'équateur, d'une sous- cape du Brésil et d'une tripe originale Nicaraguayenne/  Péruvienne/ Brésilienne et Dominicaine. Pourquoi 1495 me direz- vous ? Pour la petite histoire, cette date commémore tout simplement la fondation d'un petit village en bordure du fleuve Yague, baptisé à l’époque "Santiago de los Cabelleros", petit hommage aux premiers collons Espagnol débarqués sur l'île d'Espagniola ( République Dominicaine ).

Esthétiquement, ce cigare présente un aspect assez rugueux, cape irrégulière, défauts de roulage le classant irrémédiablement de « pas très jolie ! »  Quant au toucher, celui-ci est relativement souple et de bonne construction offre un remplissage homogène sur toute sa longueur, exaltant un doux parfum aux flagrances légères et timorées, fait de subtiles notes de boisées, de terre et de chocolat au lait. A "crudo", rien de très marquant, je le trouve assez insipide et neutre en goût.

Pour le moment, je suis face à un cigare fidèle aux standards pour ce type de module et de prix ! 7,5€ ne pas l'oublier.

Dès les 5 premières minutes, ce cigare n'encourage rien de fort appétissant, sensation râpeuse et tannique qui me laisse inquiet, voyons la suite après cet échauffement peu plaisant.

Dans un premier temps, après 10 bonnes minutes la perception hésitante et irritante ne s’est pas vraiment arrangée, celui-ci toujours aussi astringent, manque de gras et devient vite asséchante. Un manque cruel de rondeur bien évidemment qui se poursuit  sur une longueur à l’aromaticité indigente faite de notes végétales humides et de terre acide loin d'être séduisantes. Malheureusement ce ressenti n’appartient qu’à moi. Mais malgré ces points négatifs, ce cigare possède une certaine consistance équilibrée qui contre balance ses carences gustatives. Un cigare à l’image d’un plat de cantoche, de type jambon/ purée et son cratère saucé, un cigare justement salé et poivré !  

Dans la seconde partie, on peut parler d'amélioration si le faire de perdre un peu de son d'acidité en est une ! Un cigare que je trouve toujours sec en bouche, sans grande rondeur, mais doté d'une persistance améliorée. Le goût reste le même dans l'ensemble, semé à charge de quelques  pointes d'ammoniac comme unique élément nouveau à cette audience désoeuvrée, une évolution peu convaincante pour le moment. Ce 2ème temps plutôt âpre et rustique soutenu par une bonne corpulence arrive à se maintenir la tête hors de l'eau. Mais à l’approche du 3e temps, sa turpitude semble maintenant se diriger vers un abonnissement, une distinction illustrée par un fondu plus agréable, plus déterminant. 

Après un réveil tardif, cette 3ème et dernière partie se dévoile timidement !  Une rondeur que je trouve nettement meilleur à ce stade, faite de notes grasses tourbées, de réglisse et de café. Certes rien de très complexe, mais après des débuts difficiles je me devais de le souligner. En effet un robusto à 7,5€ ne peut pas être un cigare de grande volée, mais un simple cigare de compagnie dont l’histoire n’ira pas au-delà de la table des matières, d'une intensité et d’une complexité moyennes. Ma note de cœur 13/20, ni très bon, ni très mauvais, à vous de le juger par vous- même. Un cigare vite oublié, je pense !

  • Origine: tripe: Pérou, Brésil, Nicaragua, Dominicaine, Sous-cape: Brésil, cape: Ecuador
  • Format: robusto
  • Taille: 150mm x127mm
  • Bague: 50
  • Poids: 14,8gr
  • Année:
  • Prix: 7,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

11:33 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, La Aurora | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

30/04/2015

Bolivar Geniales "Presidente" "Edition régionale 2013"

Brève de cigare…

Samedi 15h30, je scrute le ciel avec discernement, du moins j’essaie ! Comme toujours la météo annonçait pluie pour tout le week-end, mais ça a l’air de tenir pour le moment. Est-il bien raisonnable de monter sur Genève, tout de même 45 minutes ! J’hésite, je tourne en rond, je lève le nez en direction du ciel, espérant un signe qui ne vient pas, après tout il n’est pas très tard et il ne pleut pas ‘encore’, et ce malgré quelques hauts et sombres nuages parsemés de rares éclaircies. Me faire dicter mes envies par la bonne fée nature, c’est pas trop mon dessein ! Le temps d’enfiler mes groles et ma veste de cuir élimées, sans oublier mon « pork pie » sur la tête bien sûr, mon sac en bandoulière et son contenu indispensable à toutes bonnes dégustations, carnet de note, roue des saveurs, un vulgaire crayon papier, un appareil photo, une guillotine, sans oublier mon fidèle chalumeau pour crème brulé d’une efficacité redoutable, ( 10€ à Super U ) voilà tout y est ! Je suis paré pour la vieille cité de Calvin et ses humidors.

16h15, stationné à l’extérieur du centre, je m’offre maintenant une marche forcée de 20 minutes pour rallier le terrain de foot des Eaux Vives ( le parking tout là-haut derrière le parc ! ) à la rue de Rives où se situe la boutique Davidoff fraichement restaurée. La motivation de fumer un bon cigare me permet d’oublier cette besogne, de plus marcher oxygène la pensée, la réflexion à l’analyse d’une belle fumée. 

Arrivé devant les hautes portes de ce ‘temple’, comme le ferait un gamin de 6 ans sa pièce de 5 francs au creux de la main devant la boutique de chasse, de farce et attrape et de bonbon acidulé en tous genres ! Après ces quelques secondes nostalgiques, je reviens vite à moi, lorsque stupidement je reste planté là comme un con à attendre que les portes s’ouvrent toutes seules ! En effet, celle-ci n'est plus automatique, il faut pousser maintenant, dans un dernier effort et pas du moindre, putain qu’elles sont lourdes ces satanés p… ( désolé ! ) Mr Mathys va falloir régler ça, vous risquez de voir bon nombre de vos ainés se démettre l’épaule ! Un petit bonjour à quelques connaissances, Jésus, Arnaud et Yves, ne rigolez pas Jésus est un personnage fort sympathique et remarquable de la boutique, muni de sa légendaire moustache qui rendrait jaloux plus d’un Iznogoud ( Calife à la place du Calife), n’hésitez pas à lui demander conseil ! Pour ma part je connais le chemin du doux parfum qui m’invite ici, la cave bien sûr. Bref, après quelques hésitations sur le choix de mes convoitises, Cubains, Dominicains, peut-être un Cub... ? Comme toujours je tournicote avant de porter mon choix aujourd’hui sur un joli module, un Bolívar Présidente, une édition régionale Suisse de 2013. Bientôt observé, fumé et épinglé à mon bon souvenir dans ma vitrine des saveurs.

Eh, voilà ce que je redoutais arrive, la pluie et m… !!! Heureusement que certaines terrasses sont protégées d’ombrelle géante contre le soleil, tout aussi efficace par mauvais temps. Je décide de m’installer non loin de là, rue Neuve du Molard sur les hauts tabourets du "Mimmo" ( un nouvel établissement, Bar à vins, cocktail et restaurant) et surtout bien à l’abri de ce déluge.

Bien installer à fumer, je décide de l’accompagner d’un petit Moscato ni trop sec, ni trop moelleux, comme simple révélateur rafraichissant si besoin est ! Pour rappelle, le Bolivar est en principe, un cigare puissant aux notes lourdes et graves, très symphonique comme cigare. Pas étonnant de lui prêter alors, certaines de ses compositions comme musique ‘Bolivarienne'. Voyons voir, si celui-ci respecte cette règle !

Pour ce qui est de la petite inspection de routine, le module est soigné, assez ferme, à mémoire de forme pour la souplesse, donc tout à fait correct. Respectant un cahier des charges scrupuleux, relatif à cette marque, habillé d’une cape fine de couleur colorado celui-ci ne jalouse en rien ses autres congénères comme Cohiba, Trinidad ou Montecristo. Son parfum discret s’harmonise de notes boisé, de miel et de chocolat au lait, très subtil, rien de très puissant comme arôme, mais relativement plaisant au nez.

Entre-temps, la pluie redouble d’intensité, obligeant les quelques badauds non équipés de parapluie à raser les murs, comme pour se prémunir de vilaines gouttes tirées d’un sniper embusqué ! Au mouillage, la cape me laisse en bouche une suavité grasse, douce et légère assez neutre en goût, mais rien de formel pour cet effeuillage humide sur pavé glissant. La tête vivement tranchée, le pied embrasé, laisse échappée les premières salves échauffées et vivifiantes, très vite refouler par un petit vent vers quelques audacieux comme moi, bravant les éléments en sirotant leur breuvage.

Les cinq premières minutes me provoquent une sensation déplaisante, un démarrage piquant et râpeux qui ne durera pas très longtemps fort heureusement et rien d’anormal à ce stade. 

Dès le premier temps, j’apprécie cette sensation d’onctuosité et de grasse attitude si je puis dire !  Emplie de légèreté et de distinction. Agréable, oui et non ! Bien loin de la tessiture olfactive d’un Bolivar, c’est ce qui me gène au bout du compte. Je reste très étonné par cette douce ambiance. Tranquillement, patiemment, j’effeuille ! Mais rien ni fait, j’aurai bien plus de chance à éplucher un artichaut que toucher au cœur de ce Bolivar, trop court en bouche, peu persistant. Les saveurs gravitent essentiellement autour d’un noyau dure de sous-bois, de foin et d’écorce de pain ( bien plus poétique que croûte de p.vous ne trouvez pas ! ) Ce n’est pas mauvais dans l’ensemble, mais ça manque surtout de muscle dans cette introduction trop chaste à mon goût. Une première partie pas très entreprenante qui je l’espère, trouvera plus d’impudence en seconde partie. 

Nous y voilà, 2e round ! Après une petite accalmie météo, c’est reparti de plus belle…"Sur ma droite à l’étage, une blondasse à l’allure dépravée ni moche, ni méchante, sirote sa bière au goulot fenêtre ouverte, me jetant quelques regards dédaigneux  par la même occasion…"

2e round ! C’est une sensation asséchante cette foi qui me gène, exempte de rondeur limite râpeux et toujours gouleyant. Sa consistance légère le place bien en dessous de mes attentes, aromatiquement correct, sans grande complexité, je ne peux pas dire qu’il soit franchement détestable, mais rien ne filtre à son avantage sur dans ce deuxième opus. Les saveurs ne soufflent plus grand-chose et souffrent d’une fumée timorée aux accents boulangers, saveur de four à pain. Un Bolivar fantoche, moyennement équilibré dont la combustion exemplaire persiste dans la régularité de sa cendre, tellement rare de nos jours !

A l’approche du 3e tiers, c’est évident de détecter une petite amélioration dans l’intensité des saveurs, sa longueur en bouche plus distinctive s’allonge, un réveil plutôt tardif qui je pense relèvera sa note finale, mais ne suffira pas. 

Dernier instant de bonheur approximatif, la 3e partie s’annonce sur de meilleurs jours. Meilleure consistance et bien moins absent que les 45 premières minutes d’incertitude. Je ne peux qu’apprécier ce dernier sursaut d’environ 10 petites minutes, instant fugace et agréable. Mais au final trop tard. Les notes lourdes et graves viennent rapidement semer le trouble sur cette dégustation trop évasive. Certains l’apprécieront pour sa légèreté, mais d’autres s’y perdront. Un Bolivar trop humble et sans grande complexité, ni très bon, ni très mauvais. Ma note de cœur 12/20.

PS : Oui, je suis rentré tremper jusqu’au os !

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 150mm x 21,5mm
  • Bague: 54
  • Poids: 17,1gr
  • Année: 2013
  • Prix: 21€ ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

12:46 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/04/2015

Nicarao Exclusivo "robusto"

Connaissez-vous la ligne "Exclusivo" de Nicarao" ? Pour ceux à qui ce nom n'évoque rien, et fort heureusement ils sont de moins en moins nombreux. Je parle d'amateurs qui aiment voyager dans différents terroirs. En effet le succès croissant des cigares Nicarao n'est pas un hasard ! Son inventeur Didier Houvenaghel (ingénieur agronome de renom dans le domaine du tabac et auteur d'un livre extraordinaire ‘Le cigare de la culture à l'art’, un ouvrage qui ne quitte plus ma table de chevet) s'efforce voilà plusieurs années à ravir nos papilles d'excellents puros du Nicaragua avec la complicité de son ami Abel Fernandez. Ma dernière dégustation de ce module remonte environ à deux ans maintenant, à l’époque cette ligne venait d’arriver en Belgique. Mon ressenti pour ce dernier était resté assez mitigé, quand je relis mes notes, faiblesse de la cape et un goût que je trouvais trop âcre, intense dès l’arrivée du second tiers, me confortait sur un déséquilibre de ce module. Etait-il trop jeune, suis-je tombé sur le mauvais numéro ?  En bref, la sensation tout de même d’être passé à côté de quelque chose au vu des commentaires d’amis amateurs. Il me tardait donc de le retrouver, et de reprendre cette dégustation que voici !

Je pense qu'elle fera plaisir à "Thierry" ( Thierry et ses cigares ), ami blogueur que je respecte et fidèle amateur des "Nicarao" de Didier. Entre Belges, on se sert les coudes !

En résumé, l'histoire de ce cigare se situe exclusivement au Nicaragua, c'est un véritable puro réalisé à partir de tabacs âgés de 5 à 9 années minimums pour la tripe et 2 ans pour la cape. Autre particularité intéressante tient dans l'élaboration de cette ligne, en effet les "Nicarao Exclusivo" ne sont pas roulés par des torcedores payés à la tâche ( au cigare roulé ) comme dans la majeure des fabriques Caraïbes, mais cas rarissime, ceux-là sont roulés uniquement par des ouvriers expérimentés, rémunérés par un salaire journalier et fixe, afin de garantir une qualité de fabrication homogène. Qu'ils produisent 50 ou 100 cigares par jour, leur rémunération reste toujours la même ! D'où une incidence sur les coûts de production, avec un prix de revient plus élevé que la moyenne mais nécessaire pour obtenir le meilleur du Nicaragua.

  • Aspect: Cape sombre maduro/ oscuro, plutôt épaisse et graîneuse. Une cape rustique et organique façon chrysalide.
  • Toucher: Corps très ferme, peu de souplesse
  • Mouillage: Goût très neutre
  • Parfum: léger, végétal/ forestier/ cuir jeune
  • À cru: poivre noir/ épicé ( localisé sur l'arrière du palais )

Dès la première bouffée, pendant un laps de temps d’environ 8 à 10 minutes cet ‘Exclusivo’ offrent un tempo soutenu, à la consistance poivrée plutôt rustique. J’apprécie d'entrée ce caractère franc, de suite attachant et équilibré.

Passé ce prélude vif et roboratif, je suis surpris, je me serais attendu à une montée assez rapide dans son intensité, mais pas du tout ! Bien au contraire, la rondeur s'installe, celui-ci devient plus docile sur une perception plus confortable pleine de douceur, les notes de tourbe, d'étable s’installent grassement, distillant judicieusement des notes de chocolat réglissé, ou le poivre très présent dès le départ, finit maintenant par s’effacer, laissant place à une sensation plus voluptueux dans l’ensemble. Ce robusto à la consistance moyenne préfère jouer sa partition en oubliant les percussions, préférant celle des instruments à cordes et celle à vent comme uniques interprètes. Cette aubade de salon offre une amplitude gustative large, harmonieuse, doté d’un agrément subtil de saveur sagement diluée. Bien loin de mes souvenirs, tellement différent ! Mais qu’ai-je donc fumer en 2012 ?   

Un point positif quil faut souligner concerne sa combustion, malgré une grande fermeté  ‘à faire pâlir un amateur pro Cubain, je peux qu'être admiratif par le tirage exemplaire de cet Exclusivo. Comme quoi, la fermeté ne rime pas forcément avec cigare sec et bouché !

Progressivement, à l'approche du second tiers les arômes s'uniformisent vers un goût façon "café réchauffé" celui de grand-mère, laissé sur son poêle dans sa cafetière émaillée moucheté bleu et blanc. Certes pas le meilleur des ‘Kawa’, mais celui qu’on se souvient 30 plus tard ! Bien plus romantique qu’une vulgaire capsule ‘Nespresso’. L'évolution est équilibrée, sans grande complexité, mais elle sonne juste !

Dès la seconde partie, on retrouve ce « Qualia » très identitaire du Nicaragua, un cigare terreux à la consistance modeste qui sait pourtant s’agrémenter de café, de cacao et de note plus réglissé à ce stade de l’examen, je sais que certains n’apprécient guère ce genre de musique, propre aux feuilles de maduro. Il est vrai que parfois le réglisse peut vite devenir ennuyeux et éliminatoire sur certains cigares. Là, ce n’est pas dérangeant, puisque celui-ci reste tourné vers la douceur, évitant ainsi de trop vite saturer les papilles, laissant la place à d’autres parfums s'imbriquer. Une chose aussi qui m’interpelle dans ce cigare, c’est le fait que cet ‘Exclusivo’ évolue étrangement à contresens ! Plus j’approche de sa fin annoncée, plus celui-ci semble se décourager en perdant progressivement de sa force et de son intensité, alors que de manière générale c’est tout l’inverse !

Cette 3e partie joue agréablement les prolongations, sans fautes darbitrage et sans joueurs sur le banc de touche ! Un troisième temps toujours très onctueux et doux qui perdure sur un final empyreumatique relativement suave et légèrement mentholé. Malgré une consistance plutôt effacée que je perçois, celui-ci offre un confort de fumage très avenant, facile. Puisquil faut vraiment aller le chercher dans les cordes et se brûler les doigts pour le rendre plus combatif, plus amer et piquant !! Pour conclure, ce Nicaraguayen a su me convaincre et mérite de s'y attarder. Un cigare ma foi qui peut inquiéter au premier abord par son côté rugueux et sombre, mais finalement très accessible, subtil et plaisant surtout. Ma note de cœur 16/20.                 

 

  • Origine: tripe: Nicaraguayenne, Sous-cape: Nicaraguayenne, cape: Nicaraguayenne
  • Format: robusto
  • Taille: 140mm x 23mm
  • Bague: 58
  • Poids: 19,3 gr
  • Année: ?
  • Prix: 14,5€ Suisse

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

09:21 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Nicarao | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/04/2015

Winston Churchill "Toro" The commander

Après avoir goûté au petit corona, au Churchill et au robusto, c'est bien ‘ The Commander’ le format  toro, le seul qui ai suscité et éveillé en moi un intérêt dans cette nouvelle liga fraichement attribuée à cette ligne "Winston Churchill". Ligne élaborée par Henke Kelner ( maître mélangeur chez Davidoff ) à partir de quatre terroirs différents ( voir plus bas le détail ). Je ne dis pas que les autres soient mauvais, loin de là ! Mais je trouve ce toro plus abouti, plus équilibré et plus aromatique que ces homologues. Certains y verront encore une certaine complaisance de ma part  vis- à- vis de la marque, qu’ils pensent ce qu’ils veulent, cela m’est complètement égal !

Malgré quelques réticences, en effet les 3 autres ne m’avaient pas vraiment séduit, me restait le toro à mettre en selle !  

En effet, après avoir goûté au Churchill le jour de cette fameuse inauguration du 24 mars ( voir l'article ), ce nouveau mélange m’était apparu très ordinaire et superficiel, il est vrai que le contexte ne s’y prêtait guère pour réellement l’apprécier. En même temps le petit corona et le robusto ne m’ont pas emballé dans de meilleures conditions. Bref il me restait un toro, et quelle surprise ! Celui-là contrairement aux autres, m’a vraiment séduit et m'étonne encore aujourd'hui.Voici sa brève histoire, un cigare fumé dans des conditions plus adaptées et plus posées qu'une arène festoyant à son corps défendant les vertus d'un cigare encore méconnu et plébiscité  . Une dégustation en règle demande toujours une certaine concentration dans son analyse, on imagine mal lire le dernier roman de James Ellroy, un 14 juillet au bal traditionnel des pompiers, un gobelet de mousseux dans une main et le livre dans l’autre, quoi que ! Une analogie improbable et trivial, mais forte de sens.

Ce toro présente de très belles caractéristiques, d'un ratio poids/ dimension correct, 16 grammes pour une taille de 152mm. Il reste toutefois assez ferme et sans grande souplesse, ce signe distinctif se retrouve souvent dans les cigares de cette marque. Certains amateurs restent souvent perplexes face à cette fermeté, plus habitué pour la plupart  à des modules très souples comme ceux dont l’origine est Cubaine par exemple. Il est important de signaler que la souplesse nest pas forcément garant dune qualité, dune bonne combustion ou dun bon tirage. Un module choisi très souple peu savérer désastreux au tirage.La cape d'Equateur Colorado est soyeuse et très peu marquée par son veinage, qui s’apparente plus à un léger filigrane quasi invisible, attestant d’une feuille de qualité. Son parfum léger et doux développe avec subtilité des senteurs de cuir, de muscade et de poivre vert, olfactivement  très agréables. Dès son mouillage celui-ci persiste sur des notes épicées et suaves à la fois. Un Davidoff très soigné dans sa construction, comme à son accoutumé.

Dès les 5 premières minutes, la sensation de piquant n'est pas très heureuse ! Voir même un peu irritant. Rien d'anormal à ce stade, à condition bien sûr que ce ne soit pas récurrent pour la suite.

Passez cet intermède nerveux, le premier temps offre tout de même une certaine rusticité et d'acidité butyrique sous-jacente. À un moment, je retrouve même une sensation amusante, très fugace de la moutarde qui me monte dans le nez ! Les notes virevoltent insidieusement sur le terreux, le sous bois, d'amande amère et d'aubépine à la dominance florale. Un cigare plutôt sec en bouche, dôté d’une amertume chronique très distinctive. Un premier temps relativement aigu dans sa musicalité. D'une longueur assez correcte, celle-ci se complaît dans un jolie volume de fumée, mais d'une consistance toutefois moyenne et agitée à ce stade du fumage. Cette introduction peut paraître incertaine dans cette naissance des sensations, y percevoir quelque chose de prometteur serait évidemment qu'illusion et très instinctif !

Après environ 35 minutes, la seconde partie se révèle enfin avec circonspection et efficacité ! Une évolution radicale pour un agrément en bouche des plus onctueux. Doucement ce toro exsude son acidité et son amertume pour laisser place à un meilleur fondu des plus amples. Ce que j'appelle "amplitude", c’est la capacité des molécules aromatiques à activer les différentes zones (acidité, amertume, sucré, salé) situées sur votre langue. Certains cigares offre une amplitude plus étroite, concentré sur l'avant ou l'arrière du palais par exemple. Un bon cigare se doit d'être d’une amplitude large, cette qualité apporte une sensation de confortable en bouche. Pour couronner cette 2e partie, les saveurs crémeuses de beurre apportent une longueur efficace et harmonieuse, contrebalancé par un soupçon d’épice.  Pour conclure, sa corpulence toujours dans la moyenne ne cherche aucunement à rivaliser à sa bonne persistance. Ce 2e temps habile et équilibré force le respect, en apportant une évolution non dénuée d'intérêt à condition de savoir lire dans ses feuilles, à défaut de lire entre les lignes.

Un 3ème et dernier opus toujours savoureux et onctueux qui reste immuable dans son évolution. Tout doucement les notes deviennent un peu plus graves, exprimant avec ferveur  des saveurs de terre et de menthe poivrée dans un final non cuisant à la consistance indolente. Il faudra encore patienter une dizaine de minutes pour subir un concentré coutumier et hostile de volutes d'âcretés, se déplaçant belliqueusement sur le fond de la gorge !

En conclusion, ce ‘Commander’ demanderait  plus de corps pour être fidèle à  la représentation de ce personnage si exclusif qu’était Sir Winston. Mais dans son ensemble, je l'ai trouvé équilibré et éveillé malgré ce manque sensible de muscle. Pour ceux qui aiment les cigares plutôt frappés, ce toro risque peut-être de les engourdir ! A conseiller comme cigare du matin, avec un thé peu sucré comme un Earl Grey bien évidemment.

Pour ma part, son engagement de me tenir en haleine sans faiblir est très satisfaisant. Ma note de coeur 16/20, un très bon cigare, que cela n'en déplaise à ses détracteurs.

  • Origine: tripe: Dominicaine/ Nicaraguayenne, Sous-cape: Mexique, cape: Ecuador
  • Format: toro
  • Taille: 152mm x 21.4mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16gr
  • Année: 2015
  • Prix: 21€ Suisse
  • Détail Tripe:

    Piloto Mejorado Seco (Dominican Republic)         
    Piloto Seco (Dominican Republic)              
    Hybrid Olor/Piloto Seco (Dominican Republic)               
    Esteli Seco (Nicaragua)                 
    Condegas Seco (Nicaragua)    

  • Détail Sous-cape:         
    Negro San Andres (Mexico)
  • Détail Cape:               
    Ecuador Rojiza (Ecuador)

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The commander.

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Les 4 formats disponibles.

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

21:19 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Winston Churchill | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/03/2015

Montecristo A ( Giant Corona )

Voilà un moment que ce grand "A" reposait dans ma cave tel un cercueil dans son caveau, analogie morbide du sacré d'un cigare qu'on n'ose plus fumer passé quelques mois. Gisant comme une poupée dans sa petite boîte vernie à l'estampage Or. Il intimide et impressionne le débutant dans sa quête d'absolu à celui du plus endurant des ‘havanophobes’. Mais l'oubli finit par sceller définitivement le couvercle de nos envies, convaincu qu'une occasion singulière pourrait briser un jour ce sortilège, révélant enfin à l'amateur tous ses charmes encenseurs d'un module d'exception.

Celui-ci provient de ma dernière escapade Cubaine de 2013, un cigare sûrement acheté dans la boutique Partagas si mes souvenirs sont intacts, quoique ! Mais quelle importance cela fait de connaître cet endroit, c'était à la Havane voilà tout. Ce module élégant fait partie aujourd'hui des curiosités "cigaristiques" pour touriste avide et trivial en quête de l’objet souvenir et peu encombrant à s'offrir de cet autre monde, "Cuba", dont le destin incertain ne prendra pas fin dans un cendrier, malheureusement pour lui.

Très peu garde le souvenir de l'avoir fumé un jour sauf quelques rares irréductibles de la vieille école qui ont pu le découvrir dès l'année 71 dans son coffret verni de 25 pièces, à cette même époque sortait au cinéma "La folie des grandeurs", Jim Morrison s’éteignait et mon père s'offrait sa première Peugeot, une 204 de couleur blanche, la classe ! Tandis que moi je soufflais ma première bougie.

Il faut dire que le format en découragerait plus d'un ! La preuve, déjà 2 ans. Même la revue "l'amateur de cigare" a renoncé depuis longtemps à en parler, ce format serait devenu obsolète, désuet, périmé et démodé diront certains. Aujourd'hui nombre d'amateur délaissent ces longs modules au profit de formats plus courts, plus en adéquation avec nos vies de fou, ce plaisir se concentre maintenant dans des formats plus courts entre 12 et 15 cm, cette formule vous fait sourire, mais pourquoi donc ? Heureusement pour moi, je ne fume pas la pipe. Le monde change et entre nous, qui a dégusté un "Montecristo A" ces 6 derniers mois ? En effet, l'exercice n'est pas moindre et je vous garantis que les plus fainéants y trouveront l'absolution et enfin la paix dans ces 2h30 d'oisiveté, assumées ou pas !

Mais qu'en est-il vraiment ? Y a- t-il un réel intérêt gustatif à déguster un tel module ? Au vu des ventes relativement faibles, serait-il abusé de penser que les torcedores produisant ce module puissent être désabusés par le manque d'intérêt des amateurs pour ce cigare, je pense que oui tout en gardant l'espoir de me tromper. Mon seul souci pour cette dégustation concerne son ascendance gustative, comment mesurer objectivement son volume olfactif sans connaitre la partition originale. Comment ce cigare a- t-il été conçu à l'origine, capiteux et doux, intense et consistant ? Exercice difficile, mais combien futile d'écouter sans comprendre cette musique écrite voilà 37 ans..

En somme, je dois essayer seul de comprendre son histoire en prenant enfin le risque de coulisser ce couvercle avant que ce Montecristo ne disparaisse à jamais de nos civettes et fasse prochainement son entrée au panthéon des "cigares disparus" comme tant d'autres avant lui. La survie d'un cigare ne tient qu'à une simple équation, celle de la rentabilité et de la profitabilité dont nous sommes tous étroitement responsables en tant que consommateur. Car ce sont bien nos habitudes qui donneront naissance à de futurs modules et non le contraire ! Et si ma modeste contribution vous enflamme, suscitant ainsi un achat coup de cœur dès demain, biaisant ainsi toutes les statistiques de production chez Habano. Je sais, je peux toujours rêver !!

Ce module emblématique est une petite merveille de construction qu'il faut savoir apprécier, d’une telle rectitude qu'on en oublierait les petites mains habiles du torcedore qui derrière sa table avec sa chaveta s'est appliqué à le confectionner pour nous. Ce module d'une rare élégance à la cape Colorado légèrement terreuse délivre un doux parfum, étrangement timide pour un cigare confiné depuis tout ce temps dans son écrin "varnished", mais malgré cette absence olfactive, il émoustille tout de même le nez de jolies notes fugitives, de boisé et de praliné. Des accords heureux et délicats pour ce prélude tout en réserve ! Côté goût de la cape, aucune amertume, aucun piquant n’en découle, plutôt neutre  je dirais.

L'allumage demande une certaine habileté de conviction pour réussir à faire rougir ce grand timide et capter ainsi son attention dès les premières effluves filtrés au travers de ce corps longiligne. Une fois capté, la perception plutôt agréable est en totale adéquation avec son plumage, onctueux et très doux à la fois, dont l'agrément aromatique se confond de notes de pain beurré, de café crème, de foin et de fruits secs dont l'amplitude généreuse en bouche apporte rondeur et fondu. La consistance dans ce premier temps, pêche d'un manque d'aplomb et de muscle ! Est-ce un parti pris audacieux au profit des arômes ou est-ce un trait de caractère préjudiciable pour la suite, je ne saurais le dire pour le moment ?

Sur la fin de cette première partie après 40 minutes de fumage tout de même, la rondeur douce et fluide s'installe sur une amplitude en bouche généreuse, comme le feraient les couleurs fluides et fondues d'une aquarelle de Marie Laurencin.

Des saveurs diluées de chocolat au lait, de sous-bois et d'épice, légèrement émaillées de relent tannique viennent dépeindre subtilement ce lavis olfactif de faible corpulence. Ce manque de ténacité n'enlève rien à sa distinction, mais certain regretteront ce manque d'affirmation. Un cigare à la forme bien distant du "qualia" Montecristo.

Sur la seconde partie, rien ne vient troubler cette dégustation sans véritable changement où les acteurs de cette pièce en 3 actes semblent avoir trouvé leurs places respectives. Toujours de belle amplitude en bouche, les notes onctueuses et plus marquées se partagent subtilement ce 2ème temps, fait d'accords plus graves comme l'apparition de poivre noir, de saveurs de sous-bois humide et de beurre frais. Cette intensification reste malgré tout très fugace et toujours très peu consistante, laissant la place à un cigare de goût à la forme aromatique légère et suave et dotée d'une rondeur agréable mais d'une longueur moyenne dans l'ensemble. En effet, comme pour une boisson alcoolisée ce sont ses degrés d'alcool qui offrent au dégustateur cette persistance, ce corollaire dans le cigare est intimement liée à sa composition foliaire ( seco, ligero et medio tempo ) pour rappel.

Dans un 3ème temps, après une bonne heure et demie d'encensement rien ne vient bousculer ce grand timide au cœur léger à poursuivre sa route comme il a commencé. Quelques soubresauts aromatiques viendront ici et là réveiller votre qualité de perception, comme la saveur improbable de levure par exemple ! Cette dernière partie, plus lourde mais sans grande corpulence se charge de composés dommageables, provoquant une sensation empâtée et asséchante. Normal, après plus de 2 heures, cependant mes papilles se maintiennent toujours éveillées, mais mon attention mentale fatigue un peu. Vous rigolez, mais fumer un tel cigare avec la concentration qui s’en impose,  est un exercice fatiguant.

Encore deux choses à signaler avant de clore ce chapitre.

Malgré un tirage aisé, le volume de  fumée reste parcimonieux sur l’ensemble de cette dégustation. L’amplitude en bouche se concentre principalement sur l'avant du palais et non sur l'arrière comme la majeure partie des cigares cubains, évitant ainsi toutes saveurs urticantes et irritantes sur le final.

En conclusion, ce ‘Montecristo A’ reste pour ma part un bon cigare assez évolutif, avec un manque de personnalité et de consistance. Certains le trouveront bien en dessous d’un Gran Edmundo par exemple et trouveront ce « A » pas assez musclé, trop discret ! Et je suis tout à fait d’accord avec eux, en même temps le format ne s’y prête pas vraiment. Je pense que ce parti pris est un choix raisonné de la marque, en offrant ainsi un cigare facile et savoureux aux plus grands nombres. Ma note de cœur 15/20, il lui manque  un petit truc pour atteindre l’excellence.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: giant corona
  • Taille: 235mm x 18.6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 19.5gr
  • Année: 2013
  • Prix: entre 40 et 50€ ( difficile à trouver aujourd'hui ! ) vendu à l'unité ou en boîte de 5 coffrets. Le conditionnement de 25, c'est arrêté en 2010.

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11:43 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

04/03/2015

Arturo Fuente "Opus X Perfection n°2"

Une dégustation ne simprovise pas, surtout lorsque vous vous apprêtez à fumer un Opus X ! Un conseil, évitez de lattaquer la langue trop chargée en vin, en alcool fort et en boustifaille en tous genres. Vous risquez de passer à côté de toute sa subtilité et de sa complexité aromatique. Pour cela, il est indispensable douvrir vos papilles, de les dilater un maximum en évitant de les agresser, un thé légèrement acidulé ou une simple eau gazeuse fera très bien laffaire ! Le café pourquoi pas, mais du light sil vous plaît. À quel moment le fumer. Préférez-le comme cigare du matin, dun avant repas si le service du midi vous laisse le temps de l'apprécier. Comme cigare dapéritif, oui mais sans les chips, les pistaches et autres sont à proscrire bien évidemment. Je précise des fois que....

Ensuite vient celle de la petite cérémonie, dont je laisse le soin à chacun d'exprimer sa sensibilité. Si certains désirent prier, chanter, danser, siffler peut-être ?  Oui, je plaisante, cest  sérieux un cigare ça se respecte non de Dieu, un peu de tenu !! Ma cérémonie à moi s'apparente à celle du reniflage compulsif à la manière d'un épagneul breton un jour de chasse. Eh là bien entendu, la piste flairée fleure vraiment bon ! Ce parfum subtil et gouleyant qui émane de cet Opus, encense délicatement les narines vers du boisé, de la châtaigne torréfiée, du miel et le fruité, gainant ce joli bouquet d'arôme d'une jolie cape caramel aux nervures fines du plus bel effet. Visuellement, rien à dire.

Dès le démarrage, les sensations en bouche sont de suites onctueuses et grasses, des saveurs analogues à celle du beurre de cacahuète et celle de fruits secs d'un côté et de l'autre des saveurs minérales de terre acide et tanniques comme arôme persistant. Cela donne à ce prélude une très belle complexité que je qualifierai d'explosif, d’équilibré et de chaotique à la fois. J'adore ce moment lorsque les arômes virevoltent tel des atomes se combinant pour donner naissance à des chaînes de molécules. Vous comprenez maintenant pourquoi toutes ces recommandations ! Il vous faut un palais aguerri et non meurtri par quoi que ce soit pour soumettre votre bouche à ce type de perception dès les cinq premières minutes. Du thé ou de l'eau, pensez-y les amis.

Dans un premier temps, après avoir capté l'essentiel de son karma. La rondeur s'installe sur une phase crémeuse sur l'avant de la bouche et de la langue. Suivi d'une longueur bonifiée par une sensation plus grasse  et de consistance moyenne, qui ne veut pas dire mauvaise, mais de corpulence convenable ! Ainsi quune persistance illustrée de notes suaves façon "p'tit beurre", de fruits secs et de café crème exalte à merveille cette première partie azurée au rancio triomphant.

Après 40 minutes de fumage, la suite s'annonce toujours aussi agréable, même si quelques changements  peuvent venir troubler la bonhomie de ce 2ème "opus" ! En effet à ce stade et suite à lapparition  de saveur roborative comme le poivre, je le perçois plus sec et moins confortable qu’à ses prémices. Une transition évolutive certes, mais vers des saveurs plus piquantes, corpulentes et acides à la fois qui marque amèrement  la fin de cette  2e partie. Pour mémoire, dans la plupart des cigares, je pense notamment à quelques Cubains, leur évolution agonise souvent sur un dernier souffle  torréfié, de réglisse très acre en fin de fumage = ( saveurs lourdes ). Ici, cest bien différent, cet Opus ondule sur un registre plus puissant en bouche sur de lamertume et  de lastringence localisée avant tout sur les lèvres. Bref, cette musicalité olfactive si je peux mexprimer ainsi insuffle à la partition un vent de notes aiguës et fortes, et non de notes sourdes et graves = ( saveurs lourdes ). Comme le ferait entre autres un « Gran Edmundo » ou un « Magnum 46 » ! Et comme pour toutes les musiques, les aigus procurent une dissonance désagréable en bouche.

Hormis le prix ce torpedo reste une valeur sure, un cigare élégant et harmonieux dès le démarrage et gratifié dune belle complexité aromatique. Même si la fin satrophie à juste raison, sur la durée ce passage représente à peine 20% du temps consacré à le fumer ! Donc ne vous privez pas, ma note de coeur  17/20.      

  • Origine: tripe:Dominicaine Sous-cape:Dominicaine cape:Dominicaine
  • Format: torpedo
  • Taille: 162mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 19.1gr
  • Année:
  • Prix: 32€ ( Europe )

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11:08 Écrit par Edmond Dantes dans Arturo Fuente, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/02/2015

Belicoso N°15 de "Flor de Selva" ( 2014 )

Difficile de rester insensible à ses effluves ! Ce Selva n° 15, un "Belicoso maduro" au fumet délicieux a de suite captivé mon attention dès la première seconde à le renifler sous toutes les coutures ! Ce premier contact olfactif fait partie d'une gestuelle séculaire et coutumière du parfait amateur et en même temps tellement ubuesque quand on y pense ! Malheureusement cette pantomime est rarement salutaire, ne garantissant en rien les qualités aromatiques du cigare, mais les amateurs tout comme moi dailleurs s'y complaît avec forte conviction. Quoi qu'on en dise, mon nez reste toujours plus loquace à détecter de bonnes senteurs que celles venant d'un cigare aphasique et poussiéreux. Le parfum de ce n°15 exsude avec ardeur des notes grasses de cacao, de café torréfié, de cuir et de faisander, un véritable menu chasseur avec son chevreuil nappé à la sauce vin chocolat. Une évocation gourmande, toutefois très personnelle afin de vous mettre en émoi devant les flagrances de ce "Flor de Selva", cintré d'une cape huileuse au reflet marbré façon stucco ( le stucco est un enduit teinté dans la masse, une fois ciré il se nuance de reflet brillant et mat). Cette texture de feuille offre à l'oeil une patine qui accroche joliment la lumière, digne d'une belle feuille de cape. Agréablement surpris par ce prélude, j'ose espérer que l'entrée, le plat et le dessert accompagneront mon appétence tout au long de cette dégustation.

Dès l'allumage, c'est une véritable explosion de poivre sur l'arrière du palais, une sensation plutôt confuse dans un premier temps ! Après avoir gentiment meurtri mes papilles, ce prélude roboratif succède à une consistance plus rassasiante et onctueuse où les notes de chocolats amers se mêlent divinement à la tourbe, à celle du café torréfié, au bois fumé et lingrédient essentiel, la réglisse ! Mais attention cette saveur atypique d'un cigare "maduro" ne doit pas l'emporter au détriment des autres arômes, au risque de rendre la dégustation fâcheuse et linéaire. Les débuts restent prometteurs et pour une fois en totale adéquation à son plumage ! Une première partie très agréable et confortable.

Dans un second temps, les saveurs s'harmonisent vers plus de rondeur et d'intensité, ne bousculant en rien le profil aromatique tant apprécié en première partie. Cette force en constante augmentation distille son bouquet de notes empyreumatiques toujours plus persistantes et crémeuses qui malheureusement s'enorgueillit d'un léger ammoniac au passage ! Rien de très grave en soi, car cette sensation ne peut être complètement éliminé et reste souvent tributaire des composés plus lourds de la feuille de "maduro" ( feuille de ligero). Ce goût toxique peut provenir aussi d'une filtration difficile à travers le corps du cigare, trop humide, trop gras par exemple, il peut provoquer ce type de sensation. À regret, je constate effectivement un tirage moins aisé à l'approche du 3ème tiers, la tripe plus compacte sest resserrée et filtre difficilement la fumée. Je sais, vous trouvez que « je pinaille, comme d'habitude ! » À côté de ça, son rancio demeure bien équilibré et maintient mon attention sans perturber mon plaisir. Malgré cette perversion analytique et subjective, je passe un très bon moment. 

Dans cette dernière partie, les saveurs reconnaissables du second tiers continuent généreusement à diluer ses arômes corpulents et crémeux à la fois. Mais doucement ce final devient plus lourd, au point de saturer mes papilles de notes intenses de réglisse, de café robusta et de caramel brûlé comme unique liant à ce goût âcre et piquant !! Mais inutile de se formaliser, rien danormal à ce stade de l'examen. Car dans lensemble, ce cigare vaut bien le détour, une très belle réalisation pleine de rondeur et de longueur au caractère attachant, il serait dommage de passer à côté de ce n°15. Ma note de cœur 16/20, pour un rapport/ prix plaisir, vraiment excellent.

  • Origine: tripe:habano jamastran, ligero azacualpa Sous-cape:Brésil mata fina cape:maduro jamastran
  • Format: piramide
  • Taille: 125mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 20gr
  • Année:
  • Prix: 8,5€ ( Europe )

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16/02/2015

Macanudo Inspirado "Gigante"

Un petit prologue pour vous situer ce nouveau cigare le "Macanudo Inspirado". Un cigare développé pour notre bon vieux continent en 4 modules ( minutos, petit piramide, robusto et Gigante), dont l'initiateur n'est autre que Benjamin Menéndez, le responsable de production de tous les cigares premium de la marque. Ceux-ci sont bien sûr entièrement roulés à la main par "General cigar" dans une de leurs 3 fabriques d'Amérique centrale, dont celle-ci situé dans la ville de Danli à 100 km de la capitale du Honduras Tegucigalpa pour l’Inspirado (Tout le monde connaissait, la capitale du H…! ). Son tabac de tripe provient du Honduras, du Nicaragua ( Ometepe) et de République dominicaine ( piloto cubano), ainsi qu'une sous-cape hondurienne de la vallée de Jamastram et d'une cape élevée dans la vallée de San Agustín, toujours au Honduras. Cet Inspirado pourrait connaître quelques similitudes au cigare ‘OSA de CAO’ dont le mélange reste analogue, pour ceux qui le connaissent. ( Pour rappel, le groupe "General cigar" produit déjà la gamme des CAO, Macanudo et les marques Partagas, Montecristo, Hoyo de Monterey, Cohiba, non Cubaines)

Après ces quelques généralités, voyons maintenant ce que m'inspire cet "Inspirado" à mes papilles d'Européen .

Visuellement R.A.S, ce module choisi pour cette dégustation un ‘Gigante' ne peut que séduire le plus réfractaire, tant le module est séduisant, d’une fermeté et d’une souplesse adéquates. Sa cape de couleur Colorado aux veines quasiment absentes démontre encore une fois la rigueur du processus de fabrication dans le choix de la feuille de cape. Contrairement à un torcedore Cubain qui produit une moyenne d’environ 100 cigares/ jour de A à Z, ici la méthode est quelque peu différente, les phases de conception d’un module s’apparenteraient plus à celle d’une chaine d’assemblage automobile, le but étant de produire plus de 200 cigares/ jour par torcedore. Nous sommes bien loin de l’image d’Épinal véhiculée dans les livres !

Pour le parfum ce n'est pas trop ça ! Les flagrances végétales et légères ne galvanisent en rien mon appétit. Peu d’arôme s’en échappe, je reste sur ma faim à moins que tout soit gardé précieusement à l’intérieur !

Dès les premières minutes après sa mise à feu d’une facilité déconcertante, je trouve la perception assez légère, dont l’onctuosité affable contrebalance avec une certaine tannicité de ces arômes.

Pour le moment, difficile de projeter quelques desseins dans cette mélodie aphasique. Rien de vraiment excitant pour le moment, hormis un tirage exemplaire qui embaume la pièce d’un volume de fumée, tel le foin dans une cheminée ! Ce premier temps d’une faible consistance, et d’une longueur un peu courte s’enivre d’un léger goût d’ammoniac qui apparaît dans les premières secondes de chaque nouvelle bouffée, celle-ci s’estompe rapidement en laissant place à des notes plus terreuses et acides qui ne m’enchantent guère dans ce début de fumage...

En seconde partie, après des prolongations endémiques et anémiques, enfin une petite éclaircie semble timidement germer dans ce néant d’incertitude, une improbable fleur sur la banquise vite figée par le froid. ( Petit formule du poète qui sommeille en moi ! MDR…) en effet, la sensation plus grasse et crémeuse éclipse brièvement son absence d’arôme et de consistance, un sursis qui reste assez moyen dans l’ensemble.

Après 40 minutes d’un ennuie total, le poivre fait son apparition sur le fond de la gorge lui apportant un second souffle un poil plus roboratif. Une fois passé ces 2 premières étapes, le 3e temps ne peut qu’être meilleur, si, si je vous assure ! D’ailleurs un conseil, pensez à le fumer par l’autre bout, vous y gagnerez du temps. Lol

Mis à part mes propos outrageux et sarcastique, cette dégustation s’éveille enfin de sa léthargie dans un final plus musclé, plus piquant aussi ( bref, une fin sans équivoque analogue à tout autre cigare)

En conclusion, l’appréciation de ce Gigante m’appartient et j’assume ce jugement. Déçu ! Oui je le suis par tant de rien ! Un Macanudo for Europe, dont son seul but était de me séduire, merci encore pour cette délicate attention Mr Menendez.

À mon avis, cela provient aussi du format. Je pense que le robusto doit mieux se comporter au point de vue intensité et aromaticité. Celui-ci je préfère le laisser aux fumeurs compulsifs du nouvel an et aux fumeuses occasionnelles, n’est qu’euphémisme pour un Macanudo au reflet complaisant et sans âme, « Cigare mon beau cigare, dis-moi qui est le meilleur ? »

Ma note de cœur pour ce Gigante, un 8/20. Maintenant à vous d’essayer et de vous en faire votre propre idée.    

  • Origine: tripe:Nicaragua,Honduras,Dominicaine Sous-cape:Honduras cape:Honduras
  • Format: toro
  • Taille: 152mm x 24mm
  • Bague: 60
  • Poids: 19.7gr
  • Année: 2014
  • Prix: 9,2€ ( Europe )

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08/02/2015

Perdomo Habano Maduro "Toro"

La ligne "Habano" de Perdomo a été créé en 2007, disponible en deux variétés; Perdomo Habano Maduro et Perdomo Habano Corojo. Deux lignes de cigare élevées au Nicaragua à partir de semence cubaine. Pour ajouter à la confusion, depuis 2008 Perdomo réalise aussi un Habano Connecticut, ben voyons ! Cela devient compliqué à suivre cette valse des noms, dénominations et appellations, n'importe quel amateur confirmé ou pas en perdrait son latin ! En réalité, ce Perdomo Habano Maduro n'est autre qu'un cigare du Nicaragua dont l'origine ne tient qu'à sa semence Cubaine, le plus souvent une variété de "criollo" emportée pendant la révolution castriste par certains exilés Cubains, fuyant l'île après que leur terre fut confisquée et nationalisée par les cocos ! Bref, un conseil ne vous fiez jamais aux bagues qui ne sont malheureusement pas une garantie de traçabilité de vos cigares mais tout simplement un marketing accommodant pour certaines marques afin de vous embrouiller, mis à part les véritables "Habanos d'origine cubaine" un pléonasme amusant je trouve !

Les feuilles de ce Perdomo de semence cubaine proviennent de trois principales régions productrices de tabac, celle de Condega, d'Esteli et de la vallée de Jalapa. Trois qualités de tabac bien distinctes. Manque une 4e variété connue des aficionados, celle de l'île volcanique d'Ometepe qui ne fait pas partie du voyage pour cette fois.

Visuellement, les faveurs de ce cigare ne me sont pas insensibles ! Belle cape maduro finement nervuré, lisse et mat certifiée de deux bagues ostensibles aux graphismes expressifs du plus bel effet. Un cigare à la construction soignée, lourd, gourmand comme je les aime...

Côté flagrance, les saveurs animales de cuir et de salaison, plus vulgairement celle de viande fumée galvanise mes sens avec un enthousiasme.  Étonnamment, la cape maduro dont j'espérai plus de fumet ne développe aucun goût particulier au moment du mouillage, une cape plutôt neutre et végétale ! Je m'attendais à une signature gustative bien plus marquée à la nature de sa feuille.

Dès l'allumage, le démarrage souffle un vent fort, roboratif et piquant sur le fond de gorge, pas très agréable et surprenant les cinq premières minutes. Mais rassurez-vous, cela ne dure que très peu de temps, une fois l’orage éloigné, il laisse place à une sensation prolixe plus homogène, limite rustique. Je le trouve de bonne compagnie à ce moment, d'une mâche confortable, exhibant des arômes de terre, de forestier et de poivre vert. Aromatiquement trop faible dans cette première partie, ce Perdomo se défend bien par l'équilibre de son rancio qui le maintient suffisamment éveillé, mais pas suffisamment riche pour sublimer mes papilles. D’une persistance moyenne, il s'accompagne d'une rondeur relative à sa douceur, dans premier temps sans grands éclats.

Dans la seconde partie, c'est toujours une sensation mitigée et rustique qui s'enorgueillit maintenant d'une meilleure consistance, tout en étant plus asséchant à la fois. Le terreux s'agrémente de saveurs plus sèches, de noix, de noisettes et de café du type (caffè lungo). À ce stade de la dégustation, il est plaisant de noter cette nette amélioration de son homogénéité, ainsi qu'un meilleur fondu des arômes et d'une longueur perceptible sur fond de liqueur anisée. En conclusion, ce 2ème temps a su révéler une personnalité attachante, même si je lui trouve une certaine absence, trop timoré en mon sens. Ce Perdomo pèche par omission ! On espère, on se dit qu'il pourrait s'il le voulait, mais ça ne vient pas au moment où on aimerait qu'il soit. Ça, c'est pour mon petit côté légiste, dans l'ensemble ce Perdomo reste un bon cigare de très bonne facture, je tiens à le préciser. Un bon Nicaraguayen, bien moins intense qu'un CAO Brasilia Samba ou d'un Nicarao exclusivo.

Le final triomphe sur une sensation roborative et corpulente, mais toutefois équilibrée ! Mais malheureusement vite rattrapé d'une lourdeur toxique et irritante. Inutile d'y chercher quelconques plaisirs, si ce n'est prolonger l'espoir qu'il pourrait encore évoluer vers du bon !

Cette dernière partie qu'on qualifie "Purin" n'est pas exagéré, pour la petite anecdote Winston Churchill qui fumait en moyenne 8 à 10 cigares par jour, les appréciait seulement que sur une bonne moitié en évitant soigneusement d'atteindre le dernier tiers ! En réalité, il ne fumait que 5 cigares au quotidien. Aujourd'hui les habitudes ont bien changé et il n'est pas rare de les déguster jusqu'à s'en brûler les doigts…

Lien vers le site Perdomo Cigars

Ma note de cœur 14/20, à découvrir même si cette nouveauté date de 2007...

  • Origine: tripe:Nicaragua, Sous-cape:Nicaragua, cape:connecticut maduro ( connecticut broadleaf )
  • Format: toro
  • Taille: 139mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 19.9gr
  • Année: 2014
  • Prix: 8-10€ ( Europe )

 

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30/01/2015

CAO America ( Landmark:6 ) Cepo de 60

On peut détester ou adorer ce cigare au look outrageant et racoleur, voire vulgaire pour d'autres ! Quoi qu'il en soit, ce patriotard à la bannière étoilée ne vous laissera pas insensible. Entre allégories du bon vieil oncle Sam "I want smoke you", au super module et fidèle accessoire d'un nouveau type de héros subversif et désinvolte, je vous laisse le choix de votre avatar…

En général un CAO avec ou sans culotte reste un bon cigare ! N'est-ce pas ? Malheureusement vous devez me croire sur parole concernant mes allégations suivantes, en effet ce cigare n'est disponible qu'aux USA, désolé pour vous tous ! Un cigare introuvable dans nos contrées, mis à part les CAO Brasilia, MX2, Sopranos, Traviata, Gold et Flavours pour les deux plus récents. Cette marque forte de son succès outre Atlantique a réussi à séduire bon nombre d'amateur par des mélanges toujours aussi variés et singuliers, à l'instar de ce CAO America ! Voyez sa composition un peu plus bas et vous comprendrez de quoi il retourne. J'espère vraiment trouver dans ce blend ostentatoire, ma foi originale autant de plaisir qu'un "Samba Brasilia" !

Voyons voir, si son fumage se rapporte à son plumage...

Démarrons par une petite analyse visuelle et olfactive, indispensable ! Étonnamment ce cigare lourd, ferme et plutôt musclé développe a contrario un parfum timoré et suret, comme le ferait un lait fermenté ou plus simplement celui des restes de votre bol de fromage blanc oubliés hier soir sur la table du salon, cette petite odeur aigrelette et désagréable qui s'en dégage ! Heureusement pour notre CAO, celui-ci s'enorgueillit de notes plus suaves et subtiles, plus pâtissières. En ce qui concerne la qualité de sa cape d'origine « Connecticut Broadleaf* et Shade pour le petit liseré colorado », celle-ci possède les spécificités organoleptiques d'une véritable feuille maduro sans pourtant en être une ( vu précédemment). Pour le reste peu de chose à signaler, juste un goût assez neutre sur la langue, ainsi qu’une coupe parfaitement cintrée et tendue.

*Cape Connecticut Broadleaf: Semence pour feuille de cape, cultivée en plein soleil dans différents pays d'Amérique centrale, feuille d'allure rustique, sucré et très sombre. Feuille très analogue à une feuille maduro. Rien à voir aussi avec la feuille "Connecticut shade", élevée exclusivement à l'ombre dans la "Connecticut River Valley" près d'Hartford aux USA, principalement de couleur Colorado, rien à voir non plus avec le nom éponyme de l'État de Nouvelle-Angleterre.

Après une petite sensation piquante dès le démarrage d'environ 5 minutes, juste le temps nécessaire à tout cigare pour s’accorder et monter progressivement en température, suffit en général à gommer les petites imperfections. À présent, ce premier temps développe avec douceur un bouquet d'arôme très surprenant, mélange d'épice et de menthe, de fenouil offrant une fraîcheur en bouche. Un démarrage toutefois rassasiant et roboratif non dénué d'intérêt pour ma part, celui-ci accompagné d’un mojito aurait été l’alliance idéale ! Cette empreinte olfactive très singulière laisse présager un fumage éveillé pleine de curiosité. Même si la consistance n'excelle pas, elle se suffit pour le moment, tout en restant dans une moyenne convenable et en s’accrochant ce qu'il faut aux papilles, idem pour sa persistance ! Un cigare qui mérite toute mon attention à l'approche de la seconde partie, à moins que...

En effet, après un premier temps lyrique et volubile, ce 2ème temps devient plus emphatique et mesuré, laissant place à des notes plus grasses de chocolat au lait, de crème et assaisonné de poivre noir, sans oublier ce goût endémique d'une anisette de comptoir comme unique saveur. Sa rondeur homogène est toutefois conforme à mes attentes, agréable. Pour ce qui est de son intensité aromatique, je lui déplore un petit manque de testostérone à ce stade de la dégustation, pas assez de muscle. Pour conclure, je dirai que cette seconde partie surfe sur la bienveillance et la docilité, ratifiant mon sentiment d’un fumage confortable et assez doux.  

Le final se renforce tranquillement sur des saveurs plus lourdes, en même temps onctueuses ! Un peu comme celle d'une crème brûlée à la réglisse, eh oui ça existe ! Ce dernier temps reste chargé dans son ensemble comme tout cigare à ce niveau de combustion. À la différence de celui-ci, il ne vous impose pas son haleine brûlante, piquante et âcre ! Ce CAO sous des airs de gros dure à la peau bi- tannée, ressemble bien plus à une danseuse étoile qu’un super héros en collant bleu du genre ‘Capitaine América'. Un cigare ma foi appréciable et déroutant à la fois, symbole d’une Amérique boulimique et éclatante fondée sur le paraître, ça change de nos cigares politiquement fumables.

Ma note de cœur 15/20 ( Si vous passez par New York, à 6€ le module, ne vous en privez pas…)

  • Origine: tripe:Nicaragua, Dominicaine, Italy, USA, Sous-cape:Brésil, cape:Connecticut Broadleaf/ connecticut Shade
  • Format:double toro
  • Taille: 152mm x 24mm
  • Bague: 60
  • Poids: 23,4gr
  • Année: 2014
  • Prix: 6€ ( prix US )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

13:50 Écrit par Edmond Dantes dans CAO, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/01/2015

Cohiba maduro 5 "Genios"

Certains puristes affirment qu'il faut au minimum déguster deux cigares avant de lui attribuer une sentence ! Eh bien exceptionnellement pour cette dégustation, j'ai pris le soin d’en fumer une boîte complète pour réaliser cette article ! Me voici enfin prêt à vous décrire mon ressenti sur ce cigare que j'affectionne beaucoup. Inutile d'attendre le bas de page pour comprendre que je trouve ce cigare terriblement bon. En effet, me taper 25 Genios à moi seul ne fût pas un exercice trop laborieux !

Ce maduro 5, comme son nom l'indique comporte une feuille de cape prélevé sur le haut du plant de tabac, feuille âgé au minimum de 5 ans après sa récolte d'où cette couleur très sombre provoquée essentiellement par un séchage plus long nécessaire à éliminer son excédent d'eau ( feuille plus épaisse = plus d’eau = séchage adapté ), ce laps de temps supplémentaire ne fait qu'augmenter le temps d’oxydation des polyphénols en passant du vert au jaune, du jaune au marron et du marron au brun très foncé. C'est principalement dans cette première phase de traitement que la couleur de la feuille se fixera définitivement. De manière générale plus la phase de séchage est courte plus la feuille sera de teinte clair !

Qu'apporte gustativement une cape maduro ? Son influence ? Moi qui apprécie ce type de cigare, d'ailleurs hier soir je prenais grand plaisir à fumer un Camacho triple maduro ! Un cigare parfait pour analyser les nuances olfactives d’un maduro. Ce qui revient souvent en bouche, c'est ce goût crémeux, plus rond qui évolue sur des notes de léger réglisse. Des cigares souvent dotés d'une puissance rassasiante et réconfortante qui donnent un plaisir non dissimulé à l’aficionado. Beaucoup de fabricant de tout terroir découvrent aujourd’hui ses bienfaits dans leur mélange.Je ne pense pas à un effet de mode des capes foncées, contrairement à la course aux gros cepo par exemple ! Les maduros à la différence des très gros cigares gratifient leurs arômes d'une singularité très plaisante. C'est qu'un avis très personnel !

Mais encore…

Dans ces préliminaires, cet Genios expose un doux parfum de chocolat au lait à la tessiture boisée bien identifiable d'un bon Cohiba aux flagrances pâtissière. Sur la langue, la cape maduro exsude ce petit goût de fleur de sel analogue à celui d'une amande de mer blanchie par le soleil sur une plage de Normandie.( Ma madeleine de Proust à moi, eh ouai quand j'étais minot je suçais les coquillages ! lol )

Dans un premier temps, la perception exhibe sans aucune pudeur son onctuosité, sa douceur ainsi qu'une rondeur grasse et généreuse comme un tableau de Botero, situé entre animalité pour le cuir et café crème pour la suavité, j'ajouterai aussi un brin de mousse tourbée et caramélisée d'une bonne stout irlandaise ! Sans oublier, le réglisse cette saveur anisée familière et appréciable qui subtilement dosée donne une couleur olfactive intéressante dans cette première partie. Un cigare complexe dont la consistance approuve celle de la persistance dans cet avant-propos bien orchestré.

Aucune dissonance dans cette seconde partie, que je trouve constante et assez analogue. En effet, les saveurs s'uniformisent et s'intensifient sur des notes de tourbe et de café torréfié/ réglissé, consistantes et équilibrés. La puissance s'élève tranquillement sur des touches plus épicés, plus poivré à l'approche du 3ème temps.

Pour terminer, le final devient plus puissant et intense, mais ne déroge en rien aux saveurs crémeuses appréciées tout au long de ce fumage. Dans un dernier râle, cette symphonie Wagnérienne envoie avec fougue son haleine poivrée d'une partition brûlante et hypnotique à se cramer les doigts.

Derrière une certaine placidité assumée se cache en fait un cigare au caractère bien trempé ! Pour moi, ce Genios évoque à lui seul toutes les nuances que j'apprécie dans un cigare, enfin presque toutes ! En somme, une sorte de couteau suisse des saveurs, généreux, onctueux, fougueux et plantureux. Ma note de cœur 18/20, à déguster sans modération, s’il vous plaît.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba ( maduro de 5 ans )
  • Format: robusto extra/ genios
  • Taille: 140mm x 20,6mm
  • Bague: 52
  • Poids: 14,9 gr
  • Année: DIC13
  • Prix: 25€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

08:00 Écrit par Edmond Dantes dans Cohiba, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

06/01/2015

Flor de Selva "tempo maduro gigante" Toro

À ceux qui connaissent déjà les cigares « Flor de Selva » bien identifiables à leurs peaux claires (dorigine Ecuadorian Connecticut from Talanga, semence élevée au Honduras), je vous invite à découvrir ceux aux capes sombres qui s’étoffent aujourdhui dun nouveau module le tempo maduro Gigante, un jolie « toro » qui porte cette ligne à deux formats uniques avec le « robusto maduro ». Personnellement, je regrette de ne pas plus apprécier ces cigares du Honduras, cela vient de cette forme dastringence qui sen dégage, je déplore ce côté agrume fourré à la farce de foin humide ! Désolé pour la formule, jai beau essayer, mais rien ny fait Et pourtant, je demande quàêtre séduit, surtout que lhistoire est belle, je pense à celle de Maya de Selva, ce personnage emblématique dont lopiniâtreté et la ténacité ne peuvent qu’être salué aujourdhui par autant de dévouement ! Porte-drapeau du cigare Hondurien à travers le monde, elle poursuit sa route en se moquant bien des critiques et na que faire de mes élucubrations organoleptiques que voici.

Mais cette semaine, lors d'une visite chez Havana news à Genève, Samir le maître des lieux a su habilement me convaincre, malgré mes doutes et mes réticences, dessayer ce nouveau module ! En me confiant de manière stoïque « Goûte- moi ça, tu verras ! Ça na rien voir avec ceux que tu as fumés jusqu’à présent »

En effet, la cape foncée est plutôt inhabituelle pour un « Flor de Selva », même si un robusto coexiste timidement au catalogue. Javoue être agréablement surpris par cette chaude couleur. Celui-ci est lourd, tout de même 26 gr sur la balance ! Plus ferme que souple, je le trouve plutôt séduisant ! Ce cigare massif à la cape fine et élégante exalte un bouquet darôme silencieux et discret de chocolat et de noisette, révélant au mouillage une cape neutre et végétale, suivit à cru dune perception poivrée un peu acide. Aih ! Jai parlé trop vite, mais soyons magnanime avant de porter un jugement hâtif. Laissons le s'épanouir....

Phase de mise à feu amorcé, les cinq premières minutes poivrées et râpeuses bousculent désagréablement ma perception ! Fort heureusement cela ne dure pas trop longtemps, la clameur se tait rapidement au bien fait dune mélodie plus onctueuse et sourde, très étonnante et tellement loin des a priori que Flor de Selva m'évoquait ! Ce toro développe avec bonne humeur une suavité ronde, ainsi quune consistance pour le moment modérée, mais suffisante pour ébaucher cette dégustation. Les saveurs sont légères et crémeuses. Bizarrement, cest peut-être abusé de percevoir dans cette fumée des notes pralinées dans cet effeuillage olfactif, ce sont bien des notes de chocolat au lait et de fruits secs qui tapissent mes papilles comme un onguent le ferait. La persistance, judicieuse et confortable termine des préliminaires prometteurs.

En seconde mi- temps, l'onctuosité toujours présente se renforce de notes épicées plus loquaces. Loin d'être exubérantes cette musique donne à ce toro une harmonie manifeste aux accents de beurre de cacao ( dermophil indien, vous connaissez ? ). Son intensité linéaire et invariable se prolonge vers un fumage salvateur, fidèle à ses croyances. Ce toro n'exulte pas, il assoit un certain confort de fumage qui pêche d'un manque de consistance et de puissance à ce stade, dommage ! Il en résulte une dégustation longue et apprivoisée, sans trop de surprises ! Cette seconde partie manque de muscle pour tenir l'attention du dégustateur sur une si longue distance. Sans être désagréable, les six derniers centimètres peuvent s'avérer très longs et ennuyeux..

Applaudissons ce final, et ny voyez aucun sarcasme dans mes propos ! En effet, cette 3 e partie nest quen fait une 2e partie bis sans grande évolution, au présage agréable, mais doté d'une absence totale d’éloquence, une sensation analogue à certains films dauteurs dont l'Happy end" vous laisse sur une faim hypothétique. Pour conclure, je trouve ce Flor de Selva vraiment intéressant même si je trouve le format un peu trop long à mon goût et pas suffisamment évolutif. Malgré tout ce cigare se défend très bien pour vous apporter un certain plaisir de fumage, un joli module abordable à moins de 10 , simple à fumer.

Une partition pleine de douceur et de rondeur pour cette valse à deux temps. Ma note de cœur 14,5/20, pour ce nouveau format à découvrir.

  • Origine: tripe: Honduras habano jamastran - ligero azacualpa
    Habano Jamastrán – Ligero Azacualpa
    , Sous-cape: Brésil mata fina, cape: Honduras natural maduro jamastran
  • Format: toro
  • Taille: 151mm x 24mm
  • Bague: 58
  • Poids: 26 gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 9,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

17:36 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Flor de Selva | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/01/2015

Hoyo de Monterey "Le San Juan" robusto extra

Hoyo de Monterey se réinvente cette année avec un nouveau module, un format très élégant baptisé  "San Juan", aux dimensions robustes de 54 x 150mm. La singularité de son tabac provient exclusivement de la zone de culture de San Juan y Martinez pour l'intégralité de sa tripe ( ligero, seco, volado ) référence historique de l'appellation d'origine de la marque fondée en 1865 par José Gener. Un retour aux sources, très symbolique en 2014 pour la Vega primera  d'Hoyo de Monterey, un des terroirs les plus exceptionnels au monde situés dans la Vuelta Abajo regroupant dans la même région la production de toutes les feuilles d'un cigare ( cape, sous-cape et tripe ) à  l'Ouest de Cuba.

Malheureusement pour les amateurs, ce cigare devient déjà très difficile à se procurer ! En espérant que cela s'arrange en 2015, juste un petit conseil à nos civettes préférées ou un petit coup de gueule ! a

Afin que le plus grand nombre puisse le déguster, partagez et proposez le aussi à la pièce s'il vous plaît. Un merci à Samir de la civette Havana news du centre Balexert, le seul endroit sur tout Genève où il est possible de l'acheter sans être obligé de le réserver.

Ce San Juan sera sans conteste mon coup de cœur pour clore cette année 2014 ! Un cigare souple et léger, coiffé dune cape colorado fine et osseuse au parfum agréable et léger, mais persistant. Une véritable bénédiction, que dis-je ? Un hymne olfactif boisé et pâtissier, vieux mélange oxydé et nostalgique de café moulu, en provenance de la vieille boîte à clou détournée à cet usage par mon grand-père, souvenir délectable au relent suranné de café suspend ce reniflage grimaçant et prosaïque vers une ascendance admirative et gourmandeSatisfaisantes d'émotions perdues.

Après cette pléthore des sentiments, passons de suite à la mise à feu pour confirmer ou non ses belles ambitions !

En effet, je confirme ! Les premières bouffées aspirent confiance et voluptés, ainsi quune consistance en bouche bien équilibrée. Ce premier temps développe des arômes floraux, d’épice et de bois précieux. Un ensemble magistral de bonne amplitude ou rondeur grasse et longueur pérenne semble fusionner pour le meilleur. Pour la combustion en forme de volcan, no comment ! Comme toujours avec Cuba, les problèmes de construction restent récurrents.

Dans un 2e temps, la dégustation se profile sur son meilleur jour. La fumée suave et grasse continue dembaumer mes papilles sur des notes crémeuses, damande, de noisette et de noix dont la musique persiste et signe sur des accords affables à la puissance légère. Aucune dissonance désagréable à noter dans cette deuxième partie pleine de mutation.

Pour terminer ce final s'appuie sur des saveurs endémiques, onctueuses et plus roboratives, rien d'anormal à ce stade pour ce ressenti dont les saveurs s'intensifient sans pour autant déplaire et sans gravité. Une 3ème partie juste et constante que je trouve confortable à ce niveau de fumage. Un Hoyo bien meilleur qu'un Epicure n°2, un sentiment qui ne tient qu'à moi ! Ce San Juan, malgré sa douceur ne perd en rien de sa personnalité, voici un bel exemple qui illustre très bien cette dualité cordiale entre la seco et la ligero, intensité des arômes et force modérée reste les mamelles d'un cigare vertueux.

Ma note de cœur pour cette première dégustation de l'année, un 18/20 bien mérité pour ce nouveau module.

Comme promis je dédis cette dégustation à mon ami Cédric qui vient de fêter son anniversaire...

  • Origine: tripe: Cuba San Juan, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Geniales ( robusto extra )
  • Taille: 150mm x 21,4mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,1 gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 15€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

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08:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Hoyo de Monterey | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/12/2014

Dunhill 1907 "toro box pressed"

Sûrement la dernière de l'année....

Après plus d'une décennie sans grande nouveauté, la célèbre marque Dunhill revient avec une nouvelle ligne baptisée "Dunhill 1907", une date importante choisie en hommage à l'ouverture de la première boutique Dunhill à Londre dans la Duke street. Aujourd'hui la marque Dunhill cigare appartient au catalogue de l'une des plus grandes compagnies US, la  "General Cigar Company" situé dans l'Indiana, détenu depuis 2005 par une société suédoise située à Stockholm, la Swedish Match ! Ce groupe distribue entre autres les marques, CAO, Macanudo, ainsi que toutes les marques non cubaines, homonymes de celles-ci comme Cohiba, Partagas, Bolivar, Hoyo de Monterey et Sancha Panza. Voici une brève intromission, afin de situé la marque Dunhill aujourd’hui en 2014 ! Qui malheureusement pour les puristes ne représente plus grand intérêt à leurs yeux avec les cigares produits par Alfred Dunhill dans les années 35 à Cuba, bien avant l'arrivée de Zino Davidoff 10 ans plus tard avec la série des châteaux ! Des marques comme "Don Candido" manufacturé par la fabrique Briones Montoto (anciennement Roméo & Julieta), Don Alfredo par la fabrique José Marti (anciennement H.Upmann) et La Flor del Punto. Ce sera seulement en 1982 que le premier cigare éponyme voit le jour, mais en raison d'un conflit avec la Cubatabaco (le monopole du cigare Cubain de l'époque) que la production Cubaine des Dunhill s'éteindra en 1991, presque dans le même laps de temps que celle de Davidoff ! Le destin de ces deux dinosaures était intimement lié, condamnés à brouter d'autres pâturages pour survivre à leur extinction !

Revenons à la dégustation de ce "Dunhill 1907", tout d'un coup vous comprendrez que ce cigare n'est plus qu'un souvenir, un relent lointain de volutes épicées et boisées dont seul le nom a subsisté. Inutile d'escompter fumer un cigare de choix, surtout que celui-ci affiche clairement sa cible avec un prix plutôt attrayant à 8,5€ à peine pour ce format "toro box pressed" s'ensuit trois autres modules (un Robusto, un Rothschild et un Churchill)

Visuellement, ce toro offre de suite un aspect séduisant et soigné, la cape huileuse et finement nervurée ( provenance du Honduras) développe un parfum soutenu et pleine de gourmandise, analogue à une barre chocolatée du type "mars" au mélange pâtissier et boisé des plus enjôleurs. Le goût de cape n'évoque rien, très neutre en goût. Ce premier contact me laisse assez perplexe, trop avenant pour être honnête ! Un conseil, méfiez-vous des cigares trop aromatisés...

Dès l'allumage après 10 bonnes minutes, il est fort de lui reconnaître une certaine onctuosité que je trouve satisfaisante et plaisante, ainsi qu'une longueur en bouche perceptible qui exalte avec brio des accords réglissés, terreux et légèrement poivré le tout diligenté par un fond végétal de foin d'alpage d'herbe grasse. Une première partie sans grande complexité aromatique pour ce prologue aux sensations gouleyantes et discrètes à la consistance moyenne, mais toutefois agréable, j’avoue.

La seconde partie reste inchangée et souffre de saveurs endémiques, très appuyé sur le réglisse eh oui encore !, la tourbe et le foin fermenté. Cette musique manque cruellement de percussions et de rythme pour me maintenir éveillé pendant toute cette dégustation ! Qui évolue malheureusement sur un 2ème temps plus linéaire et passable. Toujours ce manque de corps doté d'une faiblesse aromatique et de puissance modéré donne à ce deuxième opus  une perception pauvre et monotone.

Le final, dont la consistance analogue à l'indigence de ses arômes profile ce fumage sur une perception absente et nauséeuse. Je suis d'accord avec vous, ce cigare ne brigue aucun podium ! C'est un cigare honnête pour son prix destiné à des amateurs occasionnels et peu exigeants qui désirent fumer sans trop flamber sur des saveurs formatés et chroniques. Ni voyez aucune arrogance de ma part ces cigares ont aussi leur place dans la chaîne alimentaire de l'aficionado, puisqu'il m'arrive aussi à défaut de trouver mieux de les fumer tout en promenant mon chien ! Ma note de cœur 11/20

  • Origine: tripe: Dominicaine et Brésil, Sous-cape: Honduras, cape: Honduras
  • Format: toro
  • Taille: 152mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 17,5 gr
  • Année: 2014
  • Prix Belgique: 8,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

18:51 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Dunhill | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/12/2014

Dégustation Ligero "Au coeur du cigare"

"LIGERO"

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Cet article est la suite d’une dégustation expérimentale commencée et réalisée par un petit comité de 20 amateurs sur le blog. Le détail de cette expérience se trouve  sur ce lien ! « Au cœur du cigare »

Ci-dessous, vous trouverez les différents ressentis, sensations et perceptions de chacun des dégustateurs sur le 3e cigare dégusté, le SECO. Une des trois feuilles qui compose la tripe du cigare, feuille dédiée à la force.

( Tous les commentaires se trouvent en bas de l'article )  

11/12/2014

Bolivar Super coronas "Edicion Limitada 2014"

Clôturer l'année avec une belle édition limitée 2014 avec ce Bolivar super corona, vraiment super !  Eh bien voilà c'est dit, la dégustation est terminée, passons à la suivante. Un peu courte je sais, mais en soi l'essentiel est dit ! Super bon et quoi d'autre ? Courrez vite l'acheter.

Bien, afin d'aiguiser votre appétit, je devrai être en mesure de vous broder un peu cet article et vous donner l'envie de le déguster pour Noël, mais rien ne vous oblige à poursuivre puisque l'essentiel est dit, souvenez-vous ! Pour ceux qui auraient encore des doutes à mes allégations, je les invite donc à lire la suite de sa terrible histoire ( en conséquence, toute ressemblance ou similitude avec d'autres cigares ne pourrait qu'être fortuite ) Bonne lecture, et désolé pour cette intro pourrie...

Visuellement, ce grand corona offre un corps svelte et musclé ainsi qu'une cape soyeuse, peu nervurée de teinte maduro, une couleur foncée distinctive à toutes les éditions limitées Cubaines. Celle-ci arbore tel un étendard un parfum boisé au subtil mélange de chocolat/ café et dun fumet façon salaison un peu de type saucisse sèche, si vous ressentez ce que je veux dire ! Au mouillage, la cape présente un petit goût diodé, très rapidement exhaussée vers le poivre blanc ! Une incidence qui ne peut laisser indifférente la suite de cette dégustation.

Passé l'allumage et quelques généreuses bouffées, c'est une perception onctueuse et légèrement piquante que je retrouve, surtout localisée sur l'avant de la bouche pour ensuite muter sur le fond du palais, mais cette fois en plus râpeux. Cette introduction hypothétique a quelques faussetés pour le moment, celle-ci analogue à une multitude de musiciens prenant place avant l'arrivée imminente du chef d'orchestre. En effet tout doucement, ce brouhaha bien mieux accordé offre une musique olfactive des plus réconfortantes et rassasiantes. Les saveurs automnales dhumus et de sous-bois humide ressentis en début de fumage sestompent rapidement, laissant place à une résonnance plus briochée et torréfiée, tel le rythme exaltant et roboratif du son sourd dun tambour. Une consistance forte, attribuée à une puissance bien plus téméraire dès les premières cendres tombées ! Une musique très Bolivarienne qui ne déroge pas à la tessiture de la marque. Pour terminer la dissection de ce premier temps, je constate une nouvelle fois une migration des saveurs sur lavant du palais. Javoue rester perplexe, puisque tout est dit ou presque sur ce cigare et ça après seulement 35 minutes de grasses et appétissantes volutes !! Jose espérer que la suite ne tournera pas en sa défaveur.

Dans un second temps, la rondeur sinstalle  vers une longueur intense et apaisante tirant sur le café en grain, plus amer croquez et vous comprendrez ! La perception générale plus lourde et plus pâteuse virevolte sur des notes plus corpulentes, sans qu'à aucun moment l’équilibre puissance/ arôme ne soit rompu. Seul bémol, cette montée de la force a tendance à occulter laromaticité du cigare dans une progression plutôt stable et linéaire pour le moment. Niveau combustion, celui-ci commence à s’éteindre fréquemment, la faute je pense à une charge de tabac très riche en composé plus lourd résultant de sa filtration, mais surtout la nicotine contenue dans la feuille de « ligero » ( petit aparté pour ceux qui ont participéà la dégustation précédente sur le cigare ligero ). Après 45 minutes, ça souffle de plus en plus chaud, comme un vent de fin d’été juste avant lorage, celui qui gronde et sillumine au loin pour finalement s’éloigner. Ce Bolivar, vous laurez compris, est un cigare puissant dune richesse aromatique exaltante et rassasiante, limite enivrante. Le fumer paisiblement sans trop le chauffer peut-être un conseil amical à donner, tout en évitant une remise à feu toute les 30 secs ! En conclusion, toute l'évolution de ce cigare se concentre dès la première partie, le restant ne fait qu'affirmer son caractère colonial et belliqueux.

Cela étant, ce Bolivar reste un cigare de belle facture qui demande qu’à sarrondir. Je pense qu'un repos forcé d'un minimum de 3 ans lui sera plus que bénéfique à condition bien entendue d'être patient.

Ma note de cœur 14/20 malgré ses petits défauts de jeunesse.                 

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: grand corona
  • Taille: 140mm x 19mm
  • Bague: 48
  • Poids: 15,8 gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 14,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

08:27 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/12/2014

Dégustation Seco "Au coeur du cigare"

"SECO"

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Cet article est la suite d’une dégustation expérimentale commencée et réalisée par un petit comité de 20 amateurs sur le blog. Le détail de cette expérience se trouve  sur ce lien ! « Au cœur du cigare »

Ci-dessous, vous trouverez les différents ressentis, sensations et perceptions de chacun des dégustateurs sur le second cigare dégusté, le SECO. Une des trois feuilles qui compose la tripe du cigare, feuille dédiée à son aromaticité.

( Tous les commentaires se trouvent en bas de l'article )  

29/11/2014

Partagas Edicion limitada 2014 " double robusto"

Après quelques déceptions de cigare inutiles et plutôt mauvais dont je tairai les noms sur le blog, comme cela j’ éviterai ainsi de me faire traiter de fumeur de gitane maïs ! Bref, voici enfin une belle édition limitée 2014, un cigare comme je les aime, d'une belle couleur briochée dont le doux parfum surfe agréablement sur une partition olfactive des plus désirables. Un savoureux mélange fait de vieux cuirs et d’une suavité façon chocolat Milka, envoûtant avec subtilité tous les fantasmes, mais sans être trop grisant. Rien d’édifiant pour le moment à ce stade de l'analyse, mais c’est toujours très bon à renifler ! Eh oui, l’amateur de cigare est aussi bon renifleur. Pour la petite histoire ce cigare fût présenté au dernier festival Habano en février 2014 parmi 2 autres nouvelles Édicion Limitada dont le Cohiba Supremos et le Bolivar super coronas. Trois modules qui commencent seulement à trouver le chemin de nos civettes neuf mois plus tard en Europe. Ce Partagas seleccion privada reprend les mensurations du légendaire Magnum 50 de H. Upmann, un double robusto de 160 mm pour 50 de cepo. Un cigare disponible en boîte de 10.

Passons à l’allumage…

Après 10 minutes d'élégantes volutes, c’est un pur bonheur d’apprécier son onctuosité et sa consistance en bouche, son rancio force/ arôme d'un bel équilibre force le respect par lequel se distillent des arômes faits de cuir, de terre et d'écorce de pain fraîchement sorti du four, apportent à cette introduction un démarrage volubile et précis. Aiguisant l’appétit par une longueur gouleyante et sans (faim) et sans hiatus. Un démarrage en douceur que je qualifierai d’andante tranquillo. ( tranquille et tempéré)

Dans un 2ème temps, c'est avec brio que la rondeur se révèle dans une perception plus fondue et plus confortable en bouche. Les arômes s'intensifient avec beaucoup de retenue, offrant une intensité onctueuse faite de terre, de café, de chocolat et de brioché. Plutôt linéaire dans sa progression, malgré toute cette musique reste toutefois plaisante et enchanteresse ! Peut-être lui manque-t-il un soupçon de complexité pour atteindre l'excellence. À l'approche du 3ème temps, cette partie toujours bien maîtrisée se suffit à elle-même grâce à une corpulence qui surcroît vers des notes plus roboratives et une hausse de la puissance jusque-là discrète.

Sur cette fin programmée et inévitable, ce cigare étonne par tant de volupté et suffisance ! Même si les saveurs se torréfient d'une manière triviale vers des notes empyreumatiques dont les derniers soubresauts de vie s'accélèrent inexorablement vers des notes reglissé, de girofle, de brûlé et de saveurs enivrantes et nicotineuses. Pour conclure, ce cigare est une belle édition limitée proposant une dégustation de caractère, tout en étant à la fois accessible au plus grand nombre par sa finesse, son corps et son onctuosité. Ma note de cœur 16/20, ne tergiversez pas trop, mon intuition me dit que cette EL sera vite épuisée !

Merci à Johan D'hondt ( civette de Tournai ) pour le cigare, et merci à Raoul pour ce single malt vintage de la maison du Whisky que je bois toujours en fin de dégustation ! 

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double robusto
  • Taille: 160mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2014
  • Prix Belgique: 20€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

13:01 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Partagas | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

27/11/2014

Dégustation Volado "Au coeur du cigare"

"VOLADO"

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Cet article est la suite d’une dégustation expérimentale commencée et réalisée par un petit comité de 20 amateurs sur le blog. Le détail de cette expérience se trouve  sur ce lien ! « Au cœur du cigare »

Ci-dessous, vous trouverez les différents ressentis, sensations et perceptions de chacun des dégustateurs sur le premier cigare dégusté, le VOLADO. Une des trois feuilles qui compose la tripe du cigare, feuille dédiée à sa combustion.

( Tous les commentaires se trouvent en bas de l'article )