21/12/2015

Toro Leaf by Oscar "maduro"

Visuellement ce n’est pas terrible, mais ça le mérite de susciter une certaine curiosité au premier abord ! Je trouve l’idée de l’emballage façon « very natural advertising», véhiculant une idée, pour ma part faussement bio, assez  géniale, un peu comme si le cigare se cueillait directement sur le plan de tabac, comme un vulgaire épi de maïs, c’est en tout cas l’impression que celui-ci me donne. Pour couronner le tout, la bague organique à base de tabac semble aussi appartenir à un autre monde, très orientée sur les codes graphiques du commerce équitable et solidaire, je trouve. C’est peut-être cela qui me gêne au fond, car ce cigare n’a strictement rien de bio, même si au fond, nous savons tous, que ses feuilles proviennent d’une coopérative du Honduras et récoltées de manière traditionnelle, comme 99% de la production mondiale de tabac noir, malheureusement cela ne suffit pas ! Bref, j’extrapole un peu sur les véritables intentions marketing de ce « Leaf by Oscar », en conclusion le packaging assure le « show » et ne passe pas inaperçu. Cette ligne est roulée au Honduras, dans la fabrique "Oscar Valladares" créée en 2015.

Passons au dépouillage, sur lequel je reste sur ma faim car je m’attendais à quelque chose de plus authentique et de plus rustique, au lieu de ça ce module présente toutes les caractéristiques d’un cigare formaté et nivelé pour le marché US. La couleur très chocolat, très uniforme m’inspire peu de confiance quant à son origine « Nicaragua jalapa », pourquoi pas ? Ce qui en est de sa fermeté, celui-ci est assez rigide et homogène dans son remplissage, avec une petite souplesse élastique, rien à dire pour sa confection. Au nez, j’aspire un mélange très enivrant, fuitant de ce « maduro Oscar », une partition faite d’accords de chocolat au lait, d’agrume confit et de viande fumée, une première dans les annales de mes dégustations ! A cru, je perçois toujours cette dominante d’écorce d’orange (agrume), et d’une certaine suavité façon pain d’épice, une forme résolument pleine de douceur qui éveille mon appétence.

Dès l’allumage, l’attaque en bouche révèle aussitôt une saveur onctueuse un peu sucrée, très suave et légèrement poivrée. Située localement sur le centre du palais, très peu sur le fond.

Sur le premier temps, je retrouve cette signature gustative très surprenante et amusante de cette amorce gustative ! Les saveurs sont peu communes à ce que j’ai pu déguster ces derniers temps. Ce « maduro » offre une cuisine très plaisante en goût, dès les premières  notes, à l’image d’un cigare meringué sans être trop sucré, à déguster de préférence en fin de repas à la pause-café.  Ses notes de vanille, de miel, de raisin sec et de noisette gravitent avec longueur autour d’un noyau dur fait de chocolat épicé, le tout vers une sensation doucereuse et mielleuse, confortable, rassurante, dans une consistance assez moyenne où ce « Leaf by Oscar » se montre avec bienveillance envers mon jugement. Cette partie ne peut laisser insensible, mais en tant qu’amateur averti, je reste circonspect sur l’honnêteté de sa « liga ». Pourquoi je dis ça ? Je fais suite à un cigare aromatisé « Drew Estate », dégusté voilà quelques mois, très proche de celui-ci en terme de forme édulcorée, mais en beaucoup plus écoeurant, voire dangereux pour les diabétiques ! Je plaisante…

Dans la 2e partie, après une heure de fumage, les saveurs restent globalement inchangées, l’onctuosité et  la suavité règnent avec diplomatie. Sa corpulence se complaît dans l’affabilité et le politiquement correct ! Rien de déplaisant pourtant, bien au contraire, mais il serait tout de même temps de retourner le vinyle pour en écouter la face B, au risque de s’appesantir pour de bon (cette référence au disque, précise à quel siècle j’appartiens les amis). Concernant la rondeur de ses arômes, je valide pour le côté grassement gourmand, ainsi que la tenue en bouche depuis le début de cette dégustation. Par contre, je constate malheureusement  une absence totale d’évolution dans cette seconde partie.

Il faudra attendre ce 3e opus pour apprécier une brève évolution, délivré par une pincée de poivre noir, sensation toutefois très furtive et trop méprisable à mon goût, tant son intérêt asphyxie promptement les langueurs sirupeuses et mélancoliques d’un « Oscar », confit. J’exagère et je confirme, j’aime parodier, exagérer là où ça plaît le moins, mais pour moi il est indispensable d’en grossir le trait pour en garder la trace olfactive dès le lendemain. Malgré tout, le final se révèle plus impétueux et plus corpulent, exhaussant à son tour de notes rondes et graves torréfiées, de réglisse, d’humus, de champignon, d’épices et d’anis étoilé. L’ensemble procurant une harmonie plaisante, mais très éphémère, en effet ce dénouement se voit vite rejoint par d’obscurs présages, comme cette lourdeur orageuse quand le ciel se noircit en quelques secondes, excès dont je ne lui tiendrai pas rigueur. En conclusion, même si je suis suspicieux sur sa vraie nature et malheureusement, je n’ai aucune information étayant mon ressentiment, je ne peux qu’être objectif sur ce moment passé, c'est-à-dire, celui d’un moment plaisant sur le début, plus ennuyeux sur le milieu et brièvement agréable sur la fin.

Je lui attribue un 14/20, pour un cigare plutôt facile à fumer, aromatiquement divertissant, mais qui manque un poil de profondeur et de contraste !

  • Origine: tripe: Honduras, sous-cape: Honduras, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2015
  • Prix Allemagne: 9,5€   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20            

                             

21:51 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Leaf by Oscar | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/12/2015

Bolivar Poderosos "Edition Bénélux de 2013"

On parle souvent de plats, de boissons diverses et variées pour accompagner un cigare, une chose, je confirme, tout à fait agréable pour les plaisirs gustatifs. Mais parfois, inutile de boire ou de ripailler, un bon cigare peut être soutenu par une musique adaptée, guidé par le scénario d’un film ou escorté par un joli texte !  Hier soir par exemple, si je vous dis « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! », vous devinez bien entendu de quel film, il s’agit ? Je fais bien entendue référence au film « Le Cercle des poètes disparus » sorti en 1989, avec le talentueux « Robin Williams » dans le rôle du professeur « John Keating » et de ses répliques cultes, dont celles-ci :

 « Je partis dans les bois parce que je voulais vivre sans me hâter. Vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie ».

Bref, un merveilleux film que je recommande à tous ceux qui désirent un jour « Déguster intensément et sucer la tripe secrète de leur cigare », je plaisante, mais pas qu’un peu ! Comme quoi, parfois les vers peuvent résonner à l’unisson avec une belle dégustation, notre environnement ainsi que notre état psychique du moment, interagit toujours avec nos pensées et nos perceptions.   

Mais oui, c’est bien beau tout cela, mais ce module ! Que donne-t-il ?  ? Eh bien, ce « Bolivar » est une agréable découverte,  ce cigare sublime et séduit les papilles dans une succession de sensation,  de la même manière que les mots cadencés d’une poésie affectent votre conscience et vos émotions.

En présentation, ce « Bolivar » se livre à vous, apprêté d’une cape finement ajustée de couleur colorado, aux coutures invisibles, très soyeuses. Doté d’un corps sous-jacent, élastique et ferme, il émane de celui-ci un fumé subtil et enivrant de saveurs boisées, de cuir gras, de chocolat du type « Côte d’Or » de préférence et d’un petit goût de beurre fondu, donc rien d’étonnant qu’au mouillage on retrouve cette note grivoise sur le bout de la langue.

Dès l’allumage, ses contours semblent clairement définis par un côté épicé et suret à la fois, délivrant une forme plutôt engagée et nerveuse, pendant les cinq premières minutes.

Sur le premier temps, son agrément contrebalance ma perception, entre acidités, illustré par ce petit goût suret en bouche et de l’autre par une onctuosité réformatrice. Ces deux sensations assurées, forment deux piliers dans cette dégustation, un équilibre remarquable fait de saveurs licencieuses et démonstratives comme celle du fruit pourri, de sous-bois, de compost et d’une persistance plutôt épicée. Au niveau de sa force, ce «poderosos » dispose d’une certaine volubilité, celle-ci apaisée par une aromaticité intelligente dont le « rancio » excelle et prophétise ce chapitre automnal de fin de saison vers plus de tiédeur et homogénéité, à l’approche de cette seconde partie qu’il me tarde de découvrir.

En effet, dans ce 2e temps sa forme gustative devient plus crémeuse en bouche, plus ample dans sa diversité, autoproclamée par des sensations plus engageantes et appréciables. Cette suavité se traduit par une évolution de son goût, comme l’apparition par exemple de note de vanille, de fruits secs à coque et de crème. Pour finir, ce « Bolivar » vous entraîne inexorablement vers un lyrisme « Bolivarien » où les altos et les mezzo-sopranos ouvrent la voie à plus de consistance encore. Le volume augmente avec soudaineté vers un équilibre fragile et perceptible dans le seuil de tolérance de ses ambitions. Ce « Bolivar » montre une nature bucolique pour commencer et en même temps celle d’une nature plus imprévisible et outrageante, plus difficile à dompter dès la fin du 2e tiers dont on ressent très clairement la puissance se manifester, peut-être prématurément puisqu’il me reste environ 6 bons centimètres à déguster. Mais laissons-le refroidir un peu pour mieux anticiper cette dernière partie.

On aime ou pas ! Mais ce « Bolivar » a du charisme, attachant et rassasiant, tout ce que j’aime dans un cigare, cette puissance jouxtée aux arômes lui confère une longueur inégalée qu’il faut maîtriser pour qu’elle ne s’envole pas et ne glisse du côté obscur de la force. Inévitablement ce final brûle de saveur plus grave dans ses retranchements. Mais d’un point de vue global, c’est un très bon cigare, à déguster avec discernement, en évitant surtout les conséquences d’une surchauffe, vous éviterez ainsi le mépris de ses sentiments, quelque peu ardents. Ma note cœur 17/20. Encore une très belle édition du Bénélux qui me rendrait presque jaloux.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double piramides
  • Taille: 180mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 20gr
  • Année: 2013
  • Prix Belgique: 21,1€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

     

16:28 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/11/2015

Juan Lopez "Edición Regional Benelux 2014"

Chaque fois que je me déplace dans le nord de la France, je ne manque jamais une petite visite à Tournai, situé à quelques kilomètres de Lille, de l'autre côté de la frontière en territoire belge. Ce moment est toujours plaisant de revoir Johan, tel un archiviste, un peu désordonné ma foi, mais très attachant. Malgré ce désordre ambiant et organisé, il sait vous faire languir avec quelques nouveautés, sorti tout droit de sa minuscule cave à cigares ou il est bon de fureter parfois, de toutes ses boîtes empilées, achalandée comme une boutique de chaussures prête à vous tomber dessus ! Rien d'ostentatoire, deux tabourets, un fauteuil, pour vous poser, le temps d'une cendre et "cubaniser" ce moment délicieux entre les odeurs mélangées, de thé, de tabac à pipe et de fumée bleue. Malheureusement, cet endroit va me manquer !

Eh oui, cette année, l'heure est au changement, Johan déménage non loin de là, sur la grande place, pour une toute nouvelle civette, bien plus spacieuse et plus pratique, avec fumoir privé que je découvrirai lors de ma prochaine expédition. Logiquement à l'heure où je vous écris, celle-ci devrait être ouverte et appréciée par tous les amateurs belges et limitrophes de la région, en ce début novembre.

Soit, revenons à nos cigares ! C’est en 2014, que la marque Juan Lopez a sorti cette « edicion exclusivo » pour le Benelux, ( Belgique, Pays Bas et Luxembourg ) sous le nom de Don Juan. Cette marque peu encline à étoffer son catalogue ne propose plus que trois modules suivis aujourd’hui, dont la remarquable "séleccion n°2", un robusto puissant et rassasiant que je vous conseille aussi de tester !

Malgré ce manque, elle se distingue presque tous les ans par des « edicion exclusivo », devenu en sorte la spécialité- maison, des cigares roulés au sein de la fabrique "La Corona", du moins, si rien n'a changé depuis ! Ces cigares s'efforcent d'offrir le meilleur à chaque nouvelle édition, et cela se ressent dès le premier coup d'oeil, tout comme celui du saumon chez votre poissonnier, le fond brillant et clair.

Le cigare s'est plus ou moins la même chose celui-ci doit être d'un rapport poids et taille, équilibré, par une certaine lourdeur ressentie dans le creux de la main. Cette fraîcheur doit aussi s'accompagner d'un aspect légèrement huileux et gras, voire même élastique, la cape doit expirer des parfums enivrants et subtils, comme ce Don Juan laisse présager sur cette partition boisée, aux relents pâtissiers et beurrés, façon moka.

Dès la mise à feu, les salves inhalées se veulent de suites profondes et grasses en bouche, offrant une sensation opportune et agréable.

Dans un premier temps, sa forme s'impose sur un registre de notes onctueuses, mélange de bois précieux, de foin gras d’alpage et d'un léger soupçon de poivre blanc. L'ensemble finement contrebalancé d'un petit goût suret' de type agrume sur les notes de fond, il se dote d'une consistance équilibrée de belle amplitude, à laquelle répondent les papilles par des sensations, à la fois riches et gouleyantes tout à fait concordant à sa rondeur. Son rancio, bien proportionné, lui confère une profondeur gustative proche d'un vin rouge, rond et charnu d’une certaine manière, semblable à celui d’un « côte du Rhône » par exemple.

Dans la seconde partie, les sensations s’affirment un peu plus vers une consistance plus épicée, sans rien se déprécier à sa volupté et à sa suavité, d’un bouquet de sous bois, de crémeux et de cuir, exaltant à foison cette richesse aromatique tant désirée, que j’appellerai tout simplement les contrastes ou les oppositions de l’olfaction ! Un Juan Lopez, d’une corpulence évolutive et bigarrée, très naturellement forgé de saveurs torréfiées, de miel d’acacia, de brioché et de poivre noir.

Sur ce dernier temps, les notes finissent par s’alourdir un tant soit peu, tout en restant courtoises avec mes papilles. D’une puissance rassasiante et réconfortante, ses saveurs se construisent autour d’une forme gustative plus empyreumatique, mais non agressive, plus frappée et condamnée par sa force augmentée.

En conclusion, n’hésitez pas si vous passez par la Belgique, ce cigare en vaut vraiment la peine, un très bon cubain comme je les aime, d’une richesse gustative plaisante et maîtrisée ! Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Robusto
  • Taille: 135mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 14.4gr
  • Année: 2014
  • Prix Belgique: 14,40€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

20:48 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Juan lopez | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/10/2015

Padron 1964 "Impérial Maduro"

La ligne Padron 1964 fût  créée en 1994 pour commémorer  les 30 ans de la marque. Aujourd’hui après plus de 50 ans d’existence les cigares Padron continuent d’offrir aux aficionados des puros du Nicaragua d’une grande qualité aux saveurs intenses et profondes.

Cet Impérial Maduro ne déroge en rien à cette règle, pour cette dégustation c’est un ‘toro’ que j’ai choisi de vous révéler dans cet article, un joli format gracile et gourmand dont l’élégance et la renommée ne sont plus à faire ! Cette distinction ‘made in Padron’ s’articule toujours autour d’une forme ‘box pressed’, un cepo quadrangulaire très reconnaissable entre tous. Celui-ci est revêtu d’une cape matée de couleur chocolat, dont les nervures fines et surtout absentes sont les préceptes de construction indubitables de l’authentique ‘Padron’. Au toucher, sa fermeté peut surprendre par un manque évident de souplesse, pour ceux habitués à sélectionner leur module selon une pression forte entre le pouce et l’index comme  indicateur de qualité, oubliez de suite cette manie antédiluvienne sujette à toutes les controverses ! Un ‘Padron’ ne vous posera jamais de problème de tirage, sachez-le.

Au nez cet Impérial offre une tessiture olfactive de suite identifiable par ses notes argileuses, de cacao en poudre, de vieux cuir et d’odeur de meuble chiné, encaustiqué. Au goût la cape est étrangement très neutre, mais à ‘crudo’, c’est une sensation plutôt éthérée de chocolat au lait et de cannelle qui embrasse ma sensitivité. Une mise en nez péremptoire qui aspire un fumage euphonique et assidu.

Dès l’allumage, je le trouve généreux mais un peu irritant en retro-olfaction avec un positionnement gustatif plus ciblée sur le fond du palais (vers le Chœur). Avec une petite sensation un peu sèche et râpeuse au démarrage.

Dans un premier temps, je le perçois d’humeur nerveuse et incertaine d’une certaine façon. Sa persistance satisfaisante a toutefois besoin de temps, pour s’arrondir en bouche. Les saveurs de terre, de café, de cuir et de poivre noir convoitent une mélodie peu ordonnée à ce moment, cela pendant les 20 premières minutes de fumage. Quelques notes d’amertumes difficiles à nommer se révèlent aussi sur les notes de fond, sur sa longueur. La consistance en bouche qu’en à elle, s‘inscrit sur une valeur moyenne et sans lourdeur, dominée par des arômes terreux et torréfiés dans sa forme globale. Un cigare qui prend véritablement tout son sens passé les 30 minutes.

Dans cette seconde partie, c’est une perception plus crémeuse et harmonieuse qui domine cette dégustation. Les saveurs deviennent plus rondes, une amélioration spontanée qui suffit à cet ‘Imperial  Maduro’ d’exalter avec satisfaction ses embruns obstinés de café crème, d’amertume légère et bienfaitrice. Bien plus puissant  et piquant en rétro-olfaction ! Ce cigare complexe et évolutif sublime de nouvelles perceptions au fil de sa chronologie, comme les notes torréfiées d’une bière brune aux accents ‘réglissés’, de fève de cacao amère et de piment d’Espelette. Celui-ci tient habilement son cap vers un 3e temps toujours plus consistant mais non dissonant, intense et agréablement distingué.

Sur cette dernière fraction, l’évolution un tant soit peu linéaire rassure de par sa constance et son bon équilibre. Analogue aux saveurs grillées et torréfiées vu un peu plus haut, ce ‘Padron’ régale les papilles avec conviction. Plus roboratif aussi et plus corpulent à ce stade de la dégustation, il serait légitime de croire que son destin fût déplaisant, mais que nenni !! Aucune note perfide d’âcreté ne viendra troubler son intégralité sur ce final devenu plus rassasiant. Il faudra attiser le foyer dans ses derniers retranchements pour ressentir  une certaine disgrâce.

Pour conclure, ce Padron a su exprimer toute cette probité, intense et gourmande qu’est celui des terres Nicaraguayenne. Un cigare généreux d’une belle identité olfactive qui ne laissera pas insensible les papilles des amateurs en quête de nouvelles sensations. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 15,9gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 25chf   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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16:44 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Padron | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11/10/2015

Ramon Allones "Club Allones" Grand Corona

Le Club Allones fait partie des deux seules ‘edicions limitada de l’année 2015 avec le Magnum 56 d’H.Upmann, deux modules annoncés pendant le XVIIIe festival Habano de février de cette année. Des cigares toujours très attendus  qui nous viennent qu’à partir de septembre/ octobre pour toutes les nouveautés.

Pour la petite info, les premières ‘edicion limitada’ date de l’année 2000, la seule chose qui les distingue des autres concernent leur couleur foncée ‘maduro’. Une singularité dûe au choix de la feuille de cape utilisée, celle-ci cueilli parmi les plus hautes du plant de tabac, les plus ensoleillées, les plus épaisses et les plus fortes en goût demandent des temps de fermentation plus longue qui a pour effet physique de les assombrir et de les rendre chimiquement fumable, car moins chargées en nicotine et en diverses substances azotées. Dans la production standard à Cuba, ces feuilles appelées ‘ligero’ s’utilisent normalement dans la tripe et non comme feuille de cape, cette feuille particulière contribue le plus souvent à contrebalancer la force et l’aromaticité du cigare, indispensable pour son bon équilibre.

Aujourd’hui pour toutes les ‘edicion limitada’ et cela depuis 2007, toutes les feuilles, de la tripe à la sous-cape subissent désormais les mêmes traitements. Ces cigares assez charnus dans leur forme gustative connaissent un réel succès auprès des amateurs depuis 15 ans maintenant et ne cessent d’attiser les convoitises. Eh oui, comme son nom l’indique, ce sont des « éditions limitées » qui deviennent souvent très, très rares en fonction de leurs fortunes après 1 ou 2 ans !! Un conseil, n’attendait pas trop longtemps pour vous les offrir.

Ce ‘Club Allones’ renoue avec un format vraiment intéressant, le ‘Format idéal’ par excellence pour nos aïeux me direz-vous, avant l’arrivée de l’illustre ‘robusto’. En tous les cas, ce ‘Club’ m’a de suite tapé dans l’œil, mieux que ça, dans le pif je dirai, grâce à ses arômes consistants de terre, de vieux cuir, de café et de chicoré. Un bouquet délicieusement suave, gras et collant d’un agrément bien combiné.

Les premières aspirations, postcombustion évoquent d’entrée des notes gourmandes et onctueuses de terre brûlée et de café, dans une corpulence moelleuse et ambitieuse.

Dans un premier temps, passé les cinq minutes ce ‘Club’ continue d’exposer des atouts replets de bonne consistance, sur des saveurs de torréfié, de tourbe et de cacao, persistant sur des notes grasses et crémeuses de confort. Une seconde partie très appréciable et d’une amplitude gustative assez large en bouche, plus localisée sur le fond du palais c’est un cubain tout de même « Le Chœur » avec une belle répartie des sensations entre l’avant et l’arrière. Malgré une certaine corpulence charnue, il n’est pas lourd en bouche et ni trop puissant, je veux dire par là qu’il n’assomme pas dès les premières bouffées. Une introduction  bienséante et crémeuse, bien équilibrée.

Pour la seconde partie, l’évolution goûteuse reste endémique à sa forme, mais en plus copieuse. Les notes suggèrent toujours ce côté terroir dans un torréfié réglissé et de petite amertume, de type clou de girofle, sans oublier une certaine persévérance dans le poivré/ épicé. Un cigare de consistance rassasiante qui domine ‘goûteusement‘ sur de l'onctuosité ronde et non fielleuse. Ce ‘Club’ enjôleur captive les sens avec beaucoup de perspicacité.

Pour terminer, la 3e partie, tout autant attrayante évolue sur une sensation plus asséchante et plus carbonée, lui donnant un aspect un peu pâteux en bouche, en même temps rien ne vient corrompre sa forme gustative d’une seule haleine du début à la fin. Un cigare à déguster sans modération jusqu’à la corde. Ma note de cœur 15/20, un très bon cigare qui manquerait un poil de complexité, ouiiii je pinaille !                         

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Grand Corona
  • Taille: 135mm x 18,6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 10,8gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 15chf   

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02/10/2015

Trinidad Ingenios EL 2007 "lonsdale"

L’Ingenios est une (edicion limitada 2007) que bon nombre d’amateurs semblaient avoir oublié et puis comme par magie, celui-ci se met à parader un peu partout comme la nouveauté de l’année ! A sa sortie en 2007, il faut avouer que ce module n’avait pas rencontré un franc succès. C’est bien pour cette raison qu’aujourd’hui les stocks ne sont pas entièrement épuisés, ses ventes se sont écoulées tranquillement pendant 8 ans, mais finalement il semblerait qu’il en reste encore chez certains importateurs. « Pour resituer cette année dans vos mémoires, 2007 a surtout marqué les esprits par la levé d’un secret d’état, celui de l’annonce officielle de la maladie de Fidel Castro ! Beaucoup de ses détracteurs de l’époque voyez cela comme une bénédiction, prévoyant même sa mort à court terme et dans la foulée la levé de l’embargo américain, eh bien non ! Le 13 août 2015, Fidel vient de fêter ses 89 ans. »

Mais ce ‘lonsdale’ ! A-t-il vraiment un intérêt gustatif maintenant ? Ses huit années l’ont-elles bonifié ?

Personnellement, je les fumais deux fois ces dernières semaines, une fois en mode décontraction entre amateur et la seconde en mode dégustation, seul. La première ne m’a pas laissé un souvenir dithyrambique que je résumerai en deux simples adjectifs, douceur et constance dans sa forme. Le genre de musique qu’il est difficile d’écouter et d’apprécier toutes les nuances dans le brouhaha d’une discussion.

Ce ‘lonsdale’ devenu un format atypique aujourd’hui, mais combien svelte et élégant dans un autre temps ! Son corps présente un aspect forgé, limite rustique d’une consistance ferme et d’une souplesse relative tout à fait conventionnelle. Son parfum arachnéen déroule des notes de chocolat au lait et de boisé, un duo subtil au nez appréciable.

Dès l’ébauche des présentations terminées, je procède à un allumage aisé et humble en fumée, les notes crémeuses de bonnes douceurs enveloppent délicatement la bouche sur un lavis gustatif de chocolat de type ‘milka’, de boisé et de café crème. Des saveurs timorées sans grandes complexités et sans grande consistance qui procure un fumage pondéré, équilibré. Ce vieillissement a en tous les cas permis à cet ‘Ingenios’ d’arrondir les angles dès les premières bouffées, suivi d’une longueur tout à fait honorable. Même si ce premier temps manque un peu de contenance, son agrément offre un joli bouquet !

Dans la seconde partie, celui-ci évolue sur une forme plus grasse, mais toutefois endémique au premiers tiers au niveau des saveurs et d’une consistance plus tangible, bienvenue à ce stade de la dégustation. Les sensations très amples, posées surtout sur l’avant du palais (sur la nef) offrent une évolution un poil plus épicée. Le fumage s’équilibre de manière assez linéaire, aucun soubresaut ne vient secouer mes papilles dans ce fumage mielleux à la puissance apprivoisée.

Sur ce 3e temps, sa forme gustative s’assoit définitivement sur une sensation crémeuse et plus courageuse en bouche. Restant toujours dans une certaine légèreté, celui-ci devient graduellement plus corpulent et domine à présent de ses notes de poivre blanc, de café crème, de saveurs brulées et de belles suavités, pour définitivement glisser sur un registre plus acerbe et lourd sur le final. Dans l’ensemble ce n’est pas mauvais, ce Trinidad a su libérer harmonieusement une musique soyeuse aux accords propices dont la profondeur des aromes lui fait cruellement défaut. Mais quoi qu’il en soit, c’est un cigare doux et agréable pour ceux qui seront l’apprécier. Ma note de coeur 14/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Lonsdale
  • Taille: 165mm x 17mm
  • Bague: 42
  • Poids: 10,2gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 22chf   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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01/10/2015

Cigare Perfecto Colorado-Claro "Davidoff"

Certains trouveront ce format désuet, mais ce petit perfecto Colorado-claro vaut tout de même le détour, et mérite de s’y attarder un moment ! Comme vous, je suis plus enclin à fumer des formats moins atypiques comme tous ceux de la famille des ‘parejo’ ( les formats longilignes). En effet le perfecto appartient sans contexte à la mythologie du cigare, du fumeur obèse riche est impérieux derrière son énorme bureau ! Dont les caricatures foisonnent depuis plus d’un siècle les journaux, un peu moins aujourd’hui, quoi que ? Beaucoup l’ont oublié et chassé de leur mémoire, qu’on ne peut même pas les blâmer puisqu’il en existe aucun souvenir pour la plupart d'entre eux. Beaucoup de jeunes aficionados d'aujourd'hui appartiennent par la force des choses à la génération ‘robusto’, un format très adaptéà nos modes de vie, dont je fais aussi partie. Fumer de nos jours un perfecto pourrait s’apparenter à de la provocation, à une prise de position de "nanti-nostalgique" d’un monde perdu et illusoire, le signe fédérateur d'une certaine caste bien pensante et arrogante (bien sûr je plaisante et je m'égare encore). Bref, si vous voulez en savoir un peu plus sur la genèse de cette ligne Colorado/ claro, je vous invite à potasser l’interview d’Hendrik Kelner réalisé dernièrement sur le blog, donc voici le raccourci sur ce lien 

Je vous avouerai que j’ai longuement hésité à confirmer ce choix, ce format me semblait trop court à mon goût, eh oui ce n’est qu’un short perfecto ! Des a priori vite oubliaient comme vous pourrez le constater par la suite, car agréablement surpris par ce petit cigare. Comme tout cigare Davidoff, on peut être étonné au premier abord par le manque de souplesse, cette fermeté suspicieuse pourrait s’apparenter à un cigare mal humidifié, mal conservé ! Mais rassurez-vous, malgré vos doutes la construction et  la combustion ainsi que le tirage restent toujours exemplaires, c’est juste un simple constat et non une pléthore élogieuse pour cette marque ! Pour rappel: ‘un cigare très souple n’est pas forcément le signe que le tirage et la combustion seront bons’ ne jamais l'oublier.  

Visuellent cette petite torpille à la cape finement veinée de couleur Colorado/ maduro développe suavité ainsi qu'une certaine animalitéà la fois, faîte de cuir, de boisé et de note de vanille. Cette persistance olfactive augure une dégustation très ambitieuse et très flatteuse au nez.  

Premières bouffées, premier ressenti ! Dès les premières minutes, c’est une sensation pleine et roborative, plutôt rassasiante et suave qu’offre ce perfecto, très poivre blanc très localisée sur l'arrière du palais ! Ne pas oublier que les toutes premières minutes de fumage, en raison de sa forme très conique les saveurs émaneront principalement de la cape et de la sous- cape car très peu de tabac de tripe au niveau de sa construction. Une particularité qui a son importance dans son évolution qu’aucun autre format ne peut prétendre ! Après plus de 15 minutes, le cône s'évase, s’agrandit pour laisser place à une plus grande proportion de tabac de tripe, les saveurs s’arrondissent en caressant les papilles, les saveurs se font plus terreuses et plus crémeuses, herbe grasse de foin de fin d’été et épice de type anis étoilé émoustillent les papilles par une telle complexité aromatique. Ce départ heureux me provoque un excès salivaire, une sensation que je n’arrive toujours pas à m’expliquer, car déjà obtenue sur d’autres dégustation. Celle-ci apporte rondeur ainsi qu’une longueur très agréable et douce en bouche. D’une consistance mesurée, ce premier temps expose, explose avec brio son rancio délicat et équilibré, mais sans perdre de son caractère. 

Dans un 2ème temps, l'onctuosité toujours bien présente s'accorde maintenant d'une fraîcheur ( genre fenouil ) occultant les effets poivrés du début. D'une belle amplitude, cette seconde partie s'enrichit ensuite de nouvelles notes plus consistantes, plus corpulentes comme le réglisse et le cuir, des saveurs moins complexes et plus linéaires que je qualifierai de confortable !  

Le final, ( 3ème opus) n'est qu'un copier-coller des sensations précédentes, mais d'une consistance plus appuyée et évidente à ce stade de la dégustation, ce perfecto assure un service sans accroc de bonne justesse. Rien d'irritant à déplorer, juste de nouveau l’apparition du poivre au moment juste où la cape commence à se rétrécir, une sensation qui semble être en lien direct avec le goût de la cape ! et quelques notes perceptibles d’ammoniac sur la fin maintenant, rien de trop détestable. Avec à peine 2 cm de cabot à ce stade de l'analyse, je ne déplore toujours aucun effet indésirable qui pourrait m'obliger à l'abandonner, sauf peut-être la douleur d'une brûlure ! Comme épilogue, ce cigare a su me séduire dès les premiers ronds de fumée par une belle explosion des saveurs, suivit d'une parfaite maîtrise évolutive de ses arômes qui a pour conséquence d'offrir un fumage équilibréà la puissance moyenne. Un cigare, un goût, un format atypique que je ne serai vous déconseiller, à tester si vous êtes curieux. Son seul défaut, trop court ! On aimerait prolonger ce plaisir avec quelques centimètres supplémentaires avec un long perfecto par exemple. Ma note de cœur, qu'il n'en déplaise à certains de mes détracteurs, un 15/20 bien mérité.             

  •  Origine: tripe: Dominicaine, Sous-cape: Ecuator Connecticut sun grown, cape: Ecuator
  • Format: short Perfecto
  • Taille: 120mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 10.6 gr
  • Année:
  • Prix Suisse: 14€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

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21/09/2015

Sancho Panza "Belicosos"

Voici une marque qui mérite une attention toute particulière, en effet celle-ci ne compte plus que deux modules encore vivants de nos jours, le Campanas (un Pyramid/Belicosos) et le Marevas (un Petit corona) mais pour combien de temps ? Des formats pour ma part un peu désuets qui ne séduisent plus vraiment les amateurs. Même si quelques éditions régionales subsistent une fois tous les trois ans en moyenne, avec un robusto extra par exemple pour la Serbie en 2014, cela ne suffit pas à donner un espoir de pérennité à cette singulière marque ‘Sancho Panza’ ! A moins qu’un nouveau module voie le jour prochainement, mais personnellement je n’y crois plus. Après l’arrêt du ‘Cervantes’ en 2012 plus connu du nom de ‘Molinos’, au fait pourquoi ces noms ? En espagnol, ‘Los molinos de viento’ veut dire ‘les moulins à vent’, vous savez ces fameux géants  que combattait l’esprit corrompu de ‘Don Quichotte’ dans sa folie, lequel accompagné de son fidèle écuyer ‘Sancho Panza’ essayait désespérément de le raisonner, dans le roman de ‘Miguel de Cervantes’ de 1605.    

Cette marque prérévolution castriste établie en 1848, fût vraiment redynamisée sur le marché mondial qu’à partir de 1999 avec la sortie de cette cave commémorative ‘Siglo XXI’, souvenez-vous pour le passage à la nouvelle ère qui contenait une sélection des meilleurs modules toutes marques confondues, dans un format spécial et unique, cet humidor contenait évidemment 2000 cigares toutes marques confondues dont un ‘Sancho Panza’.

Si je peux dans ces quelques lignes, susciter quelques envies de lire dans les flagrances bleutées de ce ‘Sancho Panza’, j’en serai que comblé. Ce Pyramid’ à la cape grasse et grossière, irrégulière développe à foison ses émanations de vieux cuir, de café fraichement moulu et de truffe amère ( cacao). Très souple au toucher, celui-ci me fait penser à ces cigares frais et uniques que l’on fume à Cuba , ces fameux ‘stogie’ achetés en petit fagot dans certain village, des cigares pas forcément  distingués, mais vertueux dans leur simplicité.

Les premières aspirations reflètent très bien mon ressenti, d’un cigare rustique, plutôt poivré et d’une certaine raposité, comptez environ cinq minutes capricieuses, un timing parfois nécessaire pour assainir et accorder les premiers airs d’obédience olfactive !

Passé ce délai, je savoure un premier temps d’une belle onctuosité, suivit d’une longueur assez grasse mais empli d’une forme d’amertume, voire suret, évoquant  des notes de sous-bois, de bois verni, de terre et de noix fraîches. Cette amplitude gustative se situe plus sur l’avant du palais que sur le fond. De bonne consistance, cette première partie offre un fumage assez confortable, mais d’une rondeur hésitante, dominé par ses relents safraniques. D’une puissance sage et plaisante, ce ‘Pyramid’ trouve dans toutes ses petites imperfections, la fortune, celle qui sourit aux audacieux cigares.

Dès la seconde partie, je retrouve cette même liturgie des saveurs. Une musique populaire, de bonne composition,  avenante qui se moque des qu’en-dira-t-on. Même, si ce ‘Sancho’ ne rivalise pas avec les plus grands, par ce manque de rondeur et de profondeur qui lui fait défaut, il réussit tout de même amicalement à vous étreindre avec prévenance dans son agrément. Les notes exaltent avec ferveur, des miasmes de pain brioché, de cuir, de terre et de café épicé dans une progression plus torréfiée et pastorale. Cette fin de 2e temps toujours maîtrisé, accélère le pas vers une évolution plus appuyé et intense, se déplaçant maintenant de la Nef au Chœur de mon palais.   

Dans ce dernier chapitre, son humeur versatile donne à ce 3e temps, un déséquilibre acrimonieux, tantôt cuisant, tantôt velouté et âcre. Des variations lourdes en bouche qui finissent par m’épuiser à la longue. Ce n’est en somme pas, la partie la plus intéressante de cette dégustation, à moins d’aimer ce genre d’exhortation roturière ou d’éloge funèbre. Malgré tout, ce ‘Pyramid’ possède des atouts séduisants pour obtenir de sa fumée, un fumage consistant et récréatif relativement agréable sur les deux premiers tiers. Ma note de cœur 15/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Belicosos/ Pyramid
  • Taille: 140mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 14.8gr
  • Année: ABR14
  • Prix France: 15,5€   

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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08:34 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Sancho Panza | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

14/09/2015

H.Upmann "magnum 56" EL 2015

Vous connaissiez peut-être le mythique Magnum 50 honoré en 2005 lors de sa première sortie en  ‘Edicion Limitada’, un module d’exceptionnel devenu de nos jours introuvables ou aux mains de quelques collectionneurs ! Normal me dires-vous pour une édition limitée. Cette année H.Upmann renouvelle cette exploit avec le lancement du Magnum 56 ‘Edicion Limitada 2015’, 10 ans après son grand frère, en effet 1cm les sépare, bien que son diamètre ait aussi pris un tour de taille supplémentaire avec un ‘56’ de cepo contre 50. En effet Cuba suit cet engouement pour les formats XL, des modules à l’aspect plus gourmand qui ferait passer nos chers ‘robusto’ pour de maigrelets coronas ! Souvenez-vous dans les années 90, ces mêmes ‘robusto’ étaient boudés par quelques amateurs les trouvant souvent excessif et trop court car trop coutumier des formats corona et doubles corona de grand papa, eh oui les temps changent ! H.Upmann encore une fois créé l’évènement avec cette nouveauté 2015, soyez donc attentif car je crains malheureusement que son succès risque de vite épuiser les stocks d’ici à la fin de l’année.

« Pour petit rappel pour différencier les (Edicion Limitada) des autres cigares, les feuilles de tripe, de sous-cape et de cape sont vieillies au minimum de 2 années supplémentaires, de plus la feuille de cape toujours plus foncé provient des étages foliaires supérieurs de la plante d’où sa couleur maduro. En général les tabacs qui interviennent dans l’élaboration d’une ‘Edicion Limitada’ proviennent d’une production plus rigoureuse en matière de sélection des zones classées (A.O.P) dans la région de Pinard del Rio »

Après cet avant-propos, voici en quelques lignes sa brève histoire qui je l’espère vous donnera l’envie de le découvrir prochainement. En effet, chaque nouveau cigare éveille en moi cette forme d’appétence qui illumine l’œil de tout amateur dès la révélation du module tant convoité, rien qu’au premier coup d’œil, on sait déjà ou pas ! Ce Magnum 56, finement capé de sa feuille maduro, ferme et lourd délivre une musique onirique des plus évocatrices. Flagrances de cuir et de chocolat sont d’emblées évidentes et facilement perceptibles dans son agrément, suivies de près par des saveurs plus légères comme le boisé. A ‘crudo’, la suavité et le moelleux dominent sur un fond de poivre blanc tonifiant. La cape présente une saveur toutefois assez rare sur les lèvres, celle d’un goût marin, une salinité très surprenante et rare comme celle d’une exsudation. Après cet examen préalable, tous mes sens sont sous en alerte, captivés par tant de volupté et de résistance olfactive.

Une fois embraser, c’est un sentiment de confort, de crémosité et d’élégance qui distinguent ce premier temps. De suite la longueur s’installe avec bienveillance sur des arômes de cacahuète grillée, du genre ‘chouchou’ des plages du sud de la France, du moins quelque chose qui s’en rapproche, une odeur très plaisante qui encense délicieusement ma bulle de confort. D’une consistance honorable, la rondeur exalte avec clairvoyance ses notes obscures de cuir, d’écorce de pain grillé et de saveurs carnées et fumées, une perception animale profonde et grasse qui sans être trop puissante pour autant enivre les sens. Cette amplitude gustative plus localisée sur le fond du palais que j’aime à nommer ‘le chœur’ clin d’œil contigu à celui des plans d’une église, s’articule autour d’un assaisonnement épicé qui me fait penser à celui du piment d’Espelette ou simple poivre blanc. Ouaou.., ce premier chapitre ne fait pas dans la demi-mesure, il vous contamine dès les premières essences comme un poison providentiel et délicieux.

Dans un 2e temps, ce noble ‘56’ continue d’édifier ses fondements basé surtout  sur son onctuosité et son élégance, plus distingué et fondu maintenant, il se discerne en évoluant sur des notes suaves de praline, de beurre fondu, de viande grillée et de poivre. Des saveurs pondérées plutôt rassasiantes et confortables en bouche d’un juste équilibre ou consistance réservée ne vous met pas le feu aux papilles. Cette seconde partie continue d’anoblir la représentation que je me faisais de ce cigare, une déférence harmonieuse évolutive qui cible parfaitement mes attentes d’une (Edicion Limitada).

Inchangé sur sa forme olfactive, ce 3e temps évolue de manière obséquieuse avec tout de même quelques sursauts d’humeur plus roborative dans ces retranchements. Plus corpulent aussi, il devient rapidement cuisant sur les lèvres, plus puissant sur le final, dévoilant des relents d’âcretés et de saveurs carbonées difficiles à contenir. Bref, on lui pardonnera facilement ces petits caprices aux dépens de sa jeunesse. Un cigare pour ma part prêt à déguster qui n’en sera que meilleur dans les années futures. Ma notre de cœur 17/20, un joli cru à surveiller bien évidemment !

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: double robusto
  • Taille: 150mm x 22mm
  • Bague: 56
  • Poids: 21.4gr
  • Année: 2015
  • Prix France: 19,5€   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

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08/09/2015

Davidoff Escurio "robusto"

Voici un Davidoff qui me laisse perplexe ! Annoncé depuis quelques mois comme l’évènement commercial de la marque pour 2015, le cigare brésilien exhumé au travers d’une nouvelle liga Dominicano/ Brasilia made in Davidoff qui devait au rythme de la samba, semble-t-il, secouer les papilles, du moins essayer !! Fort d’une communication outrancière et rondement menée, clip indolent, évènements et couleurs chatoyantes, cette ligne Escurio annonçait, du Rhythm, de l’Intrigue et de l’Originality…  

L’Escurio à regret prend une certaine distance, un peu comme si vous aviez un casque de chantier sur la tête au beau milieu du carnaval de Rio. Une analogie peut-être exagérée, mais c’est mon ressenti après avoir goûté au toro (non comment) et à ce robusto aujourd’hui pour conclure l’épisode ‘Escurio’, module que je trouve pour autant bien meilleur que l’autre. Ce que je lui reproche avant tout, c’est son manque de singularité et de personnalité ! Comme à chaque fois un Davidoff reste un Davidoff, rien à dire sur sa finesse de construction et son élégance. Mais, qu’est-ce qu’un bon cigare ? mis à part d’être bien équilibré, bien construit et bien comme il faut, il se doit avant tout de suggérer des choses, d’être attractif et charmeur à la fois, c’est en tous les cas ma conception des choses.

En quelques lignes, voici le résultat de modeste examen. En comparaison avec le ‘toro’, celui-ci développe un parfum bien plus consistant au nez, la cape Ecuador maduro se libère d’effluves bitumeuses de poix, de vieux cuir et d’arabica. Des parfums pénétrants qui ne me laissent pas indifférent, la preuve j’en éternue deux fois ! A ‘crudo’, les saveurs sont de bonnes suavités et consistantes. Une mise en nez comme je les apprécie qui augurent en moi un sentiment d’agrément.

Les toutes premières minutes, l’onctuosité et la suavité légèrement sucrée apportent de suite un fumage d’une bonne rondeur, assez plaisant en bouche.

Passé ce prélude, ce premier temps affirme ses prétentions dans cette forme de volupté et de douceur. La consistance moyenne positionnée sur l’avant du palais (sur la nef et sur les travées) suggère des notes fraîches mentholées, d’aneth et de saveurs fourragères. Une sagacité non dénuée d’intérêt qui subventionne ma curiosité, en effet les saveurs sont curieuses mais peu suggestives. La persistance en bouche est plutôt accommodante et d’une complexité aromatique indigente. Cette première partie souffre d’amnésie olfactive, un cigare aphone qui n’arrive pas à communiquer ses intentions.

La seconde partie, un poil plus consistante n’évolue guère que sur une mélopée plus poivrée et plus puissante. Des sensations plus localisées sur le fond (le Chœur), qui s’appesantit sur des notes de boisé humide et de Marc de café ! Une évolution lourde et pâteuse dont la longueur s’éclaircit sur un petit goût de praliné très subtil, trop subtil malheureusement ! Encore une fois, je ne juge pas, je constate simplement que ce cigare ne remplit pas sa divine mission, celle d’enivrer mes sens. Je pense à une de leurs publicités qui mettait en scène de manière carnavalesque la béatitude du fumeur de cigare. Sans être gratuitement lapidaire, ce cigare ne me séduit pas et je vous invite tous prochainement à me laisser vos commentaires sur cette ligne ‘Escurio’ ! 

Affaire à suivre…

  • Origine: tripe: Dominicaine/ Brésil, sous-cape: Dominicaine, cape: Equateur maduro
  • Format: robusto
  • Taille: 115mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 14,3gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 15€   

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Ancienne publicité Davidoff.

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04/09/2015

Ashton VSG "Enchantment" Virgin Sun Grown

Fondé par Robert Levin, fils d’un négociant de tabac de Philadelphie dans les années 50-60, Robert créé sa propre marque, Ashton en 1985 ! Les premiers cigares sortiront de la fabrique ‘Tabadom’ tenu par l’emblématique ‘Henky Kelner’ pendant 3 ans, pour info cette même fabrique produira à partir des années 90, la nouvelle ligne Davidoff Dominicain. Ensuite, c’est au tour des ambitieux Don Carlos et Carlito Fuentes installés depuis peu en 1980 de prendre à leur tour la fabrication des cigares Ashton jusqu’à nos jours. Par la suite dans les années 2000 une nouvelle collaboration avec celle de ‘Pepin Garcia’ PDG d’El Rey de los Habanos à Miami développeront ensemble deux nouvelles marques au Nicaragua (La Aroma de Cuba et San Christobal). Aujourd’hui la marque Ashton se distingue dans le monde pour n’utiliser que des tabacs exceptionnellement âgés dans tous ses mélanges. En 2004, Sathya le fils de Robert rejoint à plein temps la société pour assurer avec son père la pérennité, d’une des plus prolifiques entreprises de ‘cigare premium’ au monde.

Et c’est en 1992 que voit le jour la ligne ‘Virgin Sun Grown’, en même temps que la ligne ‘Opus X’ des frères Fuentes, à cette époque Robert convoitait cette cape 100% Dominicaine conçue en secret par les frères Fuentes, un véritable coup de maître. Malheureusement pour Robert, avec le succès croissant des ‘Opus X’, Carlos Fuentes ne pouvait pas répondre à la demande supplémentaire de cape pour les ‘Virgin Sun Grown’ d’Ashton. Cette ligne de cigare se cape depuis, d’une feuille d’Equateur semence Sumatra élevé au soleil.

Pour cette dégustation, c’est un format un peu particulier appelé ‘Enchantment’ que j’ai choisi, un petit joufflu en forme de flûteau qui je l’espère, m’enchantera de ses notes discoureuses. 

Au premier coup d’œil, c’est son aspect huilé et gras qui flatte avec envie toute mon avidité, peut-être mon côté plus salé que sucré, ses contours à la ‘Botero’ de petite ‘chipo’ fumée, c’est surement ça !! Souple et ferme à la fois, ses effluves légères et aimables me monte gracilement au nez de ses notes de cèdre, de chocolat fondu limite brûlé dans le fond d’une casserole. Des saveurs évocatrices plutôt fines et faciles comme préambule à cette dégustation. Au mouillage, la cape a la particularité d’être poisseuse et grasse en bouche, suivie à ‘crudo’ d’un léger poivre ressenti uniquement sur la fin et bien après l’avoir aspiré. Rien d’agressif en soi, mais suffisamment présent pour le sentir.

Dès sa mise en température, suivit de quelques aspirations démonstratives ! Je ressens dans sa forme diluée, une consistance négligeable en bouche, mais d’une amplitude aromatique assez large. Le poivre semble être une de ces raisons d’exister, un cigare onctueux, roboratif et énergique qui flirte sans grande complexité sur des notes de terres brûlées et de café (type Americano). Un cigare qui me rappelle étrangement le ‘Diplomate’ de chez Macanudo, une musique sensiblement analogue à cet Ashton. Concernant sa longueur, je ne peux pas dire qu’elle soit surprenante mais juste conforme à mes attentes, moyenne. Sa rondeur contrebalance ce manque par une onctuosité et une contenance adipeuse que je qualifierai de confortable en bouche. Je note aussi l’apparition d’un ressenti analgésiant sur les voûtes de mon palais à l’approche de la seconde partie. D’une puissance sans gravité, celui-ci se déguste sans aucune appréhension avec une certaine sérénité sur la suite à venir.

Sur ce 2e temps, globalement peu d’évolution hormis cette sensation narcotique plutôt curieuse comme celle d’une boisson du type anisé, ou médicamenteuse. Toujours onctueux, distrayant, il joue sur les mêmes flagrances familières de café (type Expresso) et de poivre, gratifié d’une consistance moyenne et assumée. Le registre plus moelleux en seconde partie, bien maîtrisé et sans aucune dysharmonie s’installe dans un fumage d’une certaine  rectitude, tout de même complaisante.

L’épilogue se renforce dans sa forme par une consistance plus appuyée et bien équilibrée, évoluant sur des notes de pâte réglissé à la vanille et de café torréfié, de terre brûlée, de poivre contenu. Aucune lourdeur gustative ne vient souffler son fiel dans ce dernier bastion qui parachève avec affabilité cette courte dégustation. En effet, comptez environ 45 minutes  de plaisir latent pour cet ‘Enchantment’. Ma note de cœur 16/20, un cigare audacieux et éthéré, pour un plaisir périssable. Disponible aussi sur le site "Casa del Puro"

  • Origine: tripe: Dominicaine, sous-cape: Dominicaine, cape: Sumatra/ Equateur
  • Format: Gros Perfecto
  • Taille: 110mm x 24mm
  • Bague: 60
  • Poids: 14gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 14,5€

    

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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14:26 Écrit par Edmond Dantes dans Ashton VSG, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2015

Cohiba "Esplendidos"

« Un cigare est une friandise qui ne fait pas grossir ! » Une jolie citation qui résume avec volupté ces deux heures de dégustation en sa compagnie.

En effet, l’Esplendidos fait partie de nos jours, des têtes de liste des cigares d’exception et tristement un des modules les plus contrefaits au monde, celui dont les Béotiens achètent sur la plage de Punta Cana sous blister jauni à 50€ la boîte de 20, espérant les revendre à quelques fous pour le triple du prix ! Au pire c’est Tonton Lucien qui astique ces ‘Ninas Flor de Vanille’ depuis 30 ans qui en bénificiera faute d’avoir trouvé un beau pigeon !  Aujourd’hui, malheureusement ce nom emblématique d’Esplendidos sonne aussi bien et aussi vulgairement qu’une ‘Rolex’ sur les marchés asiatiques.

Oui mais…, et le cigare dans tout ça ! Il ne faudrait pas l’oublier, car en dehors de toute cette diarrhée spéculative se cache un véritable petit bijou qui ne demande qu’à exhaler votre bulle de quiétude. Comme tous les mythes, ce cigare a ses détracteurs, étrangement ce sont ceux qui ne peuvent pas se les offrir ou à plus forte raison les ont fumés sur la plage de Punta Cana, mais laissons ce bourdonnement lymphatique agoniser et prenez le temps de le découvrir, car celui-ci ne vous laissera sûrement pas insensible à tous ses charmes encenseurs.

L’Esplendidos est un format churchill, un module racé et élégant qui demande de la déférence à son appréciation. Ferme et souple à la fois, cette raideur tend habilement cette cape soyeuse et caramel aux nervures silencieuses, elle courtise avec subtilité votre nez de ses flagrances boisées et chocolatées, de cèdre, de rythmes butyriques et pâtissiers. Je note aussi un goût singulier de fleur de sel dès le mouillage avant l’incision fatale. A « Crudo », dès l’ouverture c’est une odeur manifeste de pruneau et de goût saumâtre qui préface cette dégustation.

Les premières bouffées explosent en bouche, d’une consistance tempérante cet ‘Esplendidos’ étonne dès son entrée en piste, tout semble réglé comme une véritable lecture musicale, festive et généreuse.

Dans un premier temps, je me réjouis de son élégance tant la musique résonne avec justesse. Les notes sont suaves, onctueuses et de belles complexités. Comme une authentique corne d’abondance, celle-ci délivre généreusement des parfums de sous-bois, de pruneau, d’agrume et de chicorée dont la seule ambition serait de vous faire atteindre un état sans équivoque du plaisir absolu ! Doté d’une consistance certaine, ni trop faible, ni trop corpulente, elle agrémente avec brio l’ensemble de vos papilles d’une excellente amplitude, surtout localisée sur la langue et sur l’avant du palais. En rétro-olfaction, sa bienveillance chasse rapidement ce côté plus piquant détecté en tout début de fumage. Sa persistance surprend par la tenue des résidus aromatiques qui s’étendent avec  inspiration sur des notes d’amande douce et grasse. Que dire de cette introduction ? Tout simplement magistrale et je pèse mes mots.

Sur cette seconde partie, je constate une forme de plénitude en bouche, une sensation équilibrée absente de tout désordre olfactif. Les saveurs sont devenues plus rondes, plus uniformes aussi et plus fondues  surtout. Prenez le temps de mâcher votre fumée comme celle d’un plat cuisiné, et vous l’apprécierez d’une toute autre manière. A ce stade, il est perceptible de trouver dans son évolution des saveurs plus crémeuse, d’écorce de pain, de noisette, voire même de poivron grillé légèrement épicé dans sa forme. D’une constance précise et adéquate, cet 'Esplendidos’ évolue  harmonieusement  sur une aubade passionnée.

La 3e partie prend une forme plus torréfiée, d’une intensité aromatique graduée !  Les saveurs sont toujours très plaisantes, rondes et onctueuses et un peu plus épicées. A ce niveau, après environ 1h20 de délectation, les parfums complexes se meuvent sur l’arrière du palais dans des notes plus outrancières d’écorce de pain trop cuite par exemple, mais toujours à la limite du déplaisant. Bientôt 2h, le final approche tristement et sonne le glas à ce splendide ‘Cohiba’, par la venue inexorable de saveur plus grave.

En conclusion, cet ‘Esplendidos’ m’a véritablement envoûté ! Ce cigare expressif sans être excessif dans son agrément, offre tout ce qu’un aficionado désire avant tout « Prendre son pied ! » Mais avant tout, offrez-vous du bon et du vrai et dégustez-le seul de préférence pour la première fois. Optez pour un thé Earl Grey de préférence tiède, bannissez tout autre boisson parfaitement inutile lorsque l’on est face à un cigare remarquable. Ma note de cœur 18/20.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Churchill
  • Taille: 178mm x 18mm
  • Bague: 47
  • Poids: 15,1gr
  • Année: ABR 2015
  • Prix: 45chf ( Suisse )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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10:58 Écrit par Edmond Dantes dans Cohiba, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

18/08/2015

AVO classic n°6

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ce nouveau mélange offert par ce n°6 ‘AVO classic’, un cigare sorti récemment en ce milieu d’année 2015 des compétences du master blender ‘Hendrik Kelner’. Un module généreux constitué  de ‘piloto cubano’ âgé de 25 ans pour une part de sa tripe selon le communiqué de presse de la marque, d’une sous-cape ‘Orlo dominicano’ de la région de Villa Gonzales et d’une cape Connecticut Shade. Personnellement ça me semble beaucoup 25 ans, surtout pour un cigare vendu si peu, environ 14€ à Genève ! Ma question : Quel intérêt de stocker du tabac autant d’années pour un si maigre résultat, j’aimerais vraiment avoir quelques explications rationnelles à cette équation, mais soit, admettons ! Malheureusement marketing oblige, les vieux tabacs font vendre en ce moment et se veulent aussi être bien meilleurs que les autres, une belle ânerie selon moi de le croire, ce serait aussi idiot de croire qu’un jus de raisin peut se bonifier avec le temps !

Mais revenons à ce n°6 ! Ce cigare plutôt séduisant de par son aspect soigné et gominé de sa cape colorado/ maduro, elle-même ornementée de quelques nervures saillantes en sous-cape procure de suite à l’œil quelque chose de gourmand par ses mensurations débonnaires et son toucher moelleux sans être trop ferme semblable je dirai à celle d’une bonne baguette de seigle. Celui-ci développe un doux parfum suave de chocolat au lait, de boisé et de cuir qui émousse les sens avec  une certaine pudeur. A ‘crudo’, je le trouve assez frais, voir très floral, à cela s’ajoute un tirage analogue à celle d’une grosse paille si je puis dire !

Dès les premières minutes de volupté, ce premier souffle baigne dans la douceur et dans l’adiposité olfactive, émaillé seulement d’une légère sensation râpeuse sur le fond, mais rien d’anormal à ce stade.

Dans un premier temps, malgré une certaine apesanteur de fumage qui pourrait sembler trop prudente, je trouve ce n°6 relativement séduisant ! Malgré une préférence pour des cigares plus consistants, j’apprécie beaucoup en celui-ci  son côté crémeux et gras en bouche, délivré par la noix de pécan ou de cajou qui apporte cette forme de suavité sur l’intégralité des papilles. Une sensation oléiforme plutôt agréable pour le moment, mais à regret sans grande consistance. Tout doucement et timidement, après environ 45’ je pressens l’apparition du poivre noir sur la langue et sur le haut du palais, ce qui illustre la seule véritable évolution pour le moment. Sa rondeur est évidente, mais je trouve qu’il pêche un peu niveau persistance, un peu courte ma foi.

Le 2e temps ne bouscule en rien les saveurs de fève jusque-là ressentie, mais à celle-ci s’ajoute de nouvelles notes plus surettes pas forcément ma tasse de thé, comme celle du poivron et du foin humide. Toujours agréable mais linéaire dans sa forme, les saveurs se focalisent maintenant sur le fond et le haut du palais, mais toujours d’une consistance arachnéenne qui se flatte un peu, mais rien de très violent dans son trait. Cette seconde partie assez tardive offre une évolution perceptible après seulement 1h 10’ de fumage, un temps qui peut sembler très long, je confirme. En effet la suite m’indiffère et m’ennuie terriblement ! Personnellement il serait préférable que je m’arrête là pour en garder un souvenir heureux !

Le 3e temps= un 2e temps qui joue les prolongations, sans réelle ambition et sans marquer ma subjectivité.

Pour conclure, ce cigare m’a tout de même séduit sur les 35/40 premières minutes. Sa légèreté, son onctuosité, sa justesse est vraiment très plaisante pour les papilles. Rien de belliqueux dans son évolution qui ne vienne troubler ou réveiller vos sens, à regret ! J’aurais aimé plus d’audace sur la fin du 2e temps pour qu’il excelle avec plus d’intensité vers la fin. Ma note de cœur 15/20, un bon cigare parfait pour ouvrir l’appétit accompagné d'un petit blanc sec du Minervois par exemple.   

  • Origine: tripe: Dominicaine, sous-cape: Dominicaine, cape: Connecticut shade
  • Format: gros toro
  • Taille: 152mm x 23mm
  • Bague: 60
  • Poids: 18.9gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 14€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                     

11:51 Écrit par Edmond Dantes dans AVO, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/08/2015

Horacio "Colosso" Edicion Especial 2014

Le ‘Colosso’ fait partie des nouveautés ‘Horacio’, un cigare dégusté en juin en avant-première à Nyon ( chez Have a Smoke ) et une seconde aujourd’hui. Ce cigare composé essentiellement de tabac du Nicaragua, hormis sa cape provenant d’Equateur est un pure produit du de la région d’Esteli au nord de ce pays, un module que j’ai trouvé de suite séduisant dès le premier coup d’œil. Sa couleur uniforme maduro, finement nervurée offre un corps lourd et musclé, suivit d’une mise en nez plein de frugalité dont les effluves encenseurs et persistant, s’apparenteraient à celle émanant d’un menu chasseur dont les notes de café, sa sauce chocolat, son fond de gibier et de salaison vous rassasieraient la première bouchée, sans même devoir l’allumer !  A ce stade, je pourrai m’arrêter là, le ressortir plus tard et recommencer ces préliminaires avec autant de plaisir.

Dès sa mise à feu, pendant un laps de temps d’environ 5 minutes, je le trouve de suite rassasiant, roboratif, râpeux et légèrement poivré. Les saveurs terreuses (de terre brûlée) s’entrechoquent  et débordent d’enthousiasme !

Dans un premier temps, je confirme ce ressenti, c'est-à-dire ce côté copieux et consistant. Celui-ci possède une bonne longueur d’une amplitude satisfaisante en bouche située sur la nef centrale et non sur le chœur (vous me suivez là ?). Gratifier d’un volume de fumée généreux, les saveurs affectives se corroborent sur des notes de tourbe, de café, de vieux cuir et d’un réglisse crémeux. Une harmonie torréfiée parfaitement installée sur cette première partie, me fait penser à certaine bière de type ‘stout’ comme celle d’une ‘Hercule’ brassé en Belgique, de bonne consistance celle-ci persiste vers une ardeur de malt torréfié.

Doucement les arômes s’arrondissent vers plus de crémeux et de suavité sur ce début de seconde partie. Pas trop d’évolution, mais peu importe, la musique reste endémique et fidèle à sa forme initiale réduite à un ‘Qualia’ nicaraguayen et ostentatoire de (terre, café, cuir et chocolat noir) et de manière très fugace, entre deux bouffées celle de l’amertume de l’écorce d’agrume cuit, sensation étrange surgissant de très, très loin…je passe ! Pour le moment, je le trouve plutôt équilibré et bien plus docile, moins intense qu’en début de fumage, ce qui apporte un certain repos gustatif après environ 50 minutes. Pour le reste, les sensations restent toujours bien localisées sur la nef centrale sur le haut de la voûte, telle une grappe de chauve-souris suspendue dans une grotte, mais rien d’irritant ou de lourd sur le chœur. La puissance ronronne  comme un quatre cylindres en ligne, de manière linéaire mais efficace tout de même, ne vous attendez donc pas à des sursauts évolutifs à l’approche de la 3e partie.

Après 1h25, tout de même ! Je termine tranquillement cette dégustation vers un alourdissement légitime de ses saveurs, principalement conforme à des notes empyreumes de ‘réglissé’ et de torréfié. Un final pour ma part maîtrisé, un poil asséchant et plus frappé, mais sans l’apparition d’un dégoût d’âcreté.

En conclusion, le ‘Colosso’ est un module très nourrissant, confortable en bouche et très persistant qui s’adresse à des amateurs de ce terroir. D’emblée, il peut sembler écrasant dès son entrée, en effet ce n’est pas faux et je ne le conseillerai donc pas aux amateurs de l’Epicure n°2 par exemple. (module cubain d’Hoyo de Monterey). Pour la petite anecdote, 1 heure après cette dégustation j’ai eu la bonne idée d’allumer  un petit corona Por Larranaga très appréciable le matin lorsque je promène le chien, malheureusement détestable et funeste après cet ‘Horacio’ !! Ma note de cœur 16/20 serait encore meilleure avec une bière rousse comme une Corsendonk  de 8°, aux arômes de fruits et de caramel.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Equateur
  • Format: gros toro
  • Taille: 140mm x 23mm
  • Bague: 60
  • Poids: 24.1gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 12,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

15:55 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Horacio | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/07/2015

Cuaba Piramides "Edicion limitada 2008"

Voici une édition limitée injustement boudée en son temps, celle du Piramide Cuaba de 2008, d’ailleurs le seul format de la marque à ne pas être un perfecto comme le reste de son catalogue actuel ( Diadema, Divinos, Distinguosn Salomones ), mise à part un double perfecto de 1999 conçu spécialement pour le festival Habanos.

Ce jeudi 23 juillet,  après un petit passage chez Gesto à Genève pour effectuer quelques provisions, Mr Rio (Jean-Charles de son prénom) le cicérone de ce lieu incontournable m’a gentiment conseillé sur mes achats avec notamment ce Cuaba que je ne connaissais pas, alors pourquoi ne pas me laisser tenter ?  Je précise qu’après 7 ans, les stocks arrivent à échéance, mais quelques-uns sont encore disponibles pour les amateurs avides de curiosité ‘cigaristique’, bien entendu disponibles chez notre cher Mr Rio (Gesto), dont je vais suivre perplexe sa recommandation. ça tombe très bien, je cherchais un nouveau sujet pour une prochaine dégustation. Une petite chose (Je ne le propose jamais en général, mais si vous êtes comme moi curieux de ce cigare, je peux exceptionnellement vous le faire envoyer au prix Gesto + le port).

Quelques heures plus tard, le soir même en terrasse à la fraicheur du crépuscule, c’est là à cet endroit que je vous invite, bien installer dans mon transat à découvrir ce Piramides Cuaba.

Pour son aspect, ce cigare offre une patine joliment cuivrée, chocolaté venant des ferveurs de sa cape maduro dont le toucher souple fait frémir le veinage saillant en sous-cape de ce corps musclé et léthargique. Celui-ci exalte sa sueur encenseuse de bois de cèdre, de chocolat au lait, de vieux grenier et d’un soupçon de viande fumée subtilement délivrée. A crudo, en absence de noter trébuchante et dissonante je perçois en toute simplicité, une certaine forme de légèreté, dégustation à suivre…

Dès l’allumage sur environ 5 minutes ; Je retrouve ce sentiment d’inconstance et de douceur, le tout dompter par une onctuosité attentionnée.

Dès le premier temps, le chef d’orchestre ouvre sa partition sur une mélodie telle « Le lac des cygnes » de Tchaikovski. Une entrée en matière anxieuse pour commencer, voire très légère et dotée d’une excellente longueur, très agréable de surcroît ! Mais d’une consistance soupçonneuse qui ne demanderai qu’à éclore. Malgré cette petite absence je le trouve tout de même assez distingué, riche de ses arômes, de crème, de café lungo, de beurrée façon pâte brisée et de poivre noir comme sagacité. Cette première partie joue le jeu d’une symphonie ouatée dans ses premiers accords, mais après 20 minutes et progressivement celle-ci se charge sans lourdeur vers plus de consistance. Les saveurs devenues plus homogènes évoluent maintenant sur celle du café poivré, de terre aride et de fruits secs. Des notes, dont je dirai d’empâtée qui assèche sa distinction d’un manque de gras. Rien de très fâcheux, mais prévoyez un verre d’eau à proximité ! (Petit détail de perception, cette introduction sollicite avant tout l’avant de la bouche, plutôt rare dans un cigare cubain)

En seconde partie, je confirme le côté sec en bouche, la sensation de respirer la poussière d’un tapis ! Par contre, la longueur des arômes reste indéniablement très bonne, plus fondus aussi elle renforce automatiquement sa rondeur. Comme accord majeur, celui-ci  se voit récompensé de notes toujours plus évolutives, de café épicé et de boisé. Après 50 minutes, je constate une levée de son intensité (consistance), le cigare devient plus roboratif, plus puissant et cuisant sur l’avant et l’arrière du palais. Toutefois maîtrisé, il n’anesthésie pas votre sens gustatif à condition bien sûre de bien gérer l’inflation de chacune de vos bouffées.

Je trouve le 3e temps assez prématuré, en effet je sens une rupture très frappée, plus lourde sur les sept derniers centimètres. La consistance en net hausse s’envole sur de sombres notes, plus torréfiées, pain brûlé et  plus d’ardeur ‘alcaloïdée’ comme fatalité. Rien de très alambiqué dans cette dernière partie qui présente un fumage puissant et précis, dont le bon équilibre étonne jusqu’à son dernier souffle. Pour conclure, ce Cuaba EL 2008 s’est amendé au fil des années pour nous exposer aujourd’hui  après sept années une forme  liturgique d’un joli qualia cubain. Ma note de cœur 16/20, un cigare pour amateur avisé.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 15,7gr
  • Année: 2008
  • Prix Suisse: 23€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

08:06 Écrit par Edmond Dantes dans Cuaba, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/07/2015

Paradiso Révélation "Odyssey"

Genève, 27 juin 2015. Brève de cigare…

Encore une belle journée qui s’annonce, le ciel est radieux, mais très chaud tout de même avec ses températures qui oscillent entre 35°et 28° à l’ombre des arbres séculaires du parc des Eaux Vives. Sur les taches de gazon certaines recherchent l’effet cuisant du soleil, quand d’autres préfèrent se fatiguer ou ruser du ballon pour convoiter ces ingénues, d’abord timidement par quelques regards coïncidant pour ces drôles de gazelles ! Un peu plus loin je croise un vieux couple de ‘Pékinnois’, le konica en bandouillère, les sandalettes à chaussettes de couleur peau en quête d’un endroit, manifestement  un besoin pressant les conduit droit vers la sanisette du parc installée là prestement pour les besoins des fêtes de la musique, malheureusement fermé à cette heure, pas de chance pour eux ! Je passe devant le bar de l’orangerie lui aussi fermé et d’un pas lourd je traverse les allées ornementées en direction de l’une des sorties, celles-ci érigées de hauts portails d’aciers forgés rappelant le passé historique de ce domaine constitué dès le XVIe siècle. Trouver une terrasse convenable pour cet exercice, un endroit non assiégé par les hordes d’Aborigènes assoiffés et près à vous écorcher  à la moindre fumée mal odorante n’est pas chose facile ! Comme je le dis « Mieux vaut être prudent lorsqu’il fait beau temps, car l’amateur heureux devient vite l‘’enfumeux’ de ces braves gens dont l’intolérance n’a égard que le mépris dont prône la bouffonnerie. »  Je préfère les éviter en choisissant un lieu plus discret pour pêché tranquille dans la gourmandise et ma paresse.

Bien décidé, je file droit sur la rue Montchoisy en direction du centre en quête de ce havre de paix ! Plusieurs établissements pourraient répondre à mes exigences, mais non ça ne va pas, trop ensoleillé, mal exposé, trop vulgaire et pas assez désuet à mon goût, je cherche un parfum de vieille ville à l’extérieur de celle-ci. Vous me trouvez  trop compliqué, moi aussi d’ailleurs. Et tout ça pourquoi, pour un cigare que j’aimerai peut-être pas. Mais soyons patient ! Un peu plus loin je croise plusieurs rues adjacentes dont celle de la rue Maunoir qui file vers le lac, et là à quelques pas, quelles bonnes surprises, des tables en fer rondes et orphelines s’offrent à moi de toute leur insolence, placées devant les hauts vitrages anciens qui semblent être un bar, ‘Le Coup de Girafe’ quel drôle de nom, on le croirait sorti tout droit d’un livre pour enfants !! Après quelques pas indiscrets pour guigner, je découvre avec curiosité ce café entre brocante et salon de thé, véritable patchwork du temps passé où se mêle tout de sorte d’objets singuliers  comme cette vieille caisse enregistreuse en bois ou la caméra super-8 d’un Zapruder égaré, un fauteuil style cocktail des années 50 côtoyant l’austérité d’une chaise Louis XV, sous les regards hypnotisant de quatre garçons ‘pop artisé’ accrochés comme des trophées sur le mur du fond, John, Ringo, Georges et Paul, ici tout est à vendre ou presque !

Voilà ce que je recherchais pour me poser…Un lieu peu fréquenté à cette heure de la journée. De plus avec cette chaleur il était temps, ma carcasse ne demande qu’à s’hydrater ! Je passe commande d’un thé froid maison gentiment proposé par, ce qui semble être la taulière de ce zoo, blonde, cheveu court, 1m65, 50kg environ 30/35 ans, une nana décontractée bien dans ses baskets, aimable sans être mielleuse, simple et efficace. N’ayant pas eu le temps de déjeuner, je me laisse aller à la gourmandise et l’accompagne, mon thé bien sûr, d’une part de tarte Tatin présentée parmi d’autres pâtisseries. Cette ambiance conviviale me convient très bien, et sans risque de trop dérangé !

La ligne ‘Révélation’ comporte 3 modules, le Leviathan ( 165 x 64 ), l’Odyssey ( 146 x 60 ), le Legend ( 158 x 52 ), le Mystic ( 142 x 48 ) et son Prophet ( 127 x 54 ), une nouvelle ligne qui complète les trois précédentes, le Supremo, le Clasico et le Papagayo dégusté en 2012 sur ce blog dont la note de 16/20 laisse à penser qu’il me plaisait à l’époque! Aujourd’hui, c’est au tour de l’Odyssey de me donner  l’inspiration, dont je espère de tout cœur. Ce 60 de cepo, est une limite que je me donne, plus gros je ne peux vraiment pas. Visuellement, le cigare est soigné malgré quelques petites taches blanches comme une sorte de décoloration de la cape ! Celle-ci peu nervuré présente un toucher plutôt dense et trop ferme. Les flagrances de la cape colorado de semence Sumatra/ Equateur offre un doux parfum de boisé, de pain chaud et de léger vanillé. A crudo, je le trouve assez herbeux de type foin frais. Le problème le plus fréquent que je rencontre avec ces gros modules concerne l’utilisation de la guillotine, en effet une fois sur trois j’explose la cape et la sous-cape souvent trop sèche ! En effet, la lame fait subir une énorme pression au cigare, je me résigne maintenant à utiliser mon emporte-pièce en réalisant un poinçonnage adapté en trèfle pour créer une ouverture maximale.

Dès l’allumage, les premières minutes sont suffisamment onctueuses, puis viennent dans la longueur une sensation râpeuse et piquante.

Dans un premier temps, cette sensation d’onctuosité et de générosité persiste avec une consistance toutefois mesurée, mais suffisante pour espérer une suite plaisante. Quelques notes d’amertumes viennent cependant distraire le palais par une aversion végétale terreuse d’humus ou voir de terreau, je ne saurais dire avec précision de quoi est fait ce petit arrière-goût. L’ensemble est soutenu d’un soupçon de poivre noir qui exhausse un temps soient peu mes papilles. Mais sur le fond, je retrouve cette astringence légère et obséquieuse qui me gène, un peu comme un thé à la bergamote par exemple.En bref, rien de dissonant sur ce préambule qui sied à merveille les aromes acidulés de mon thé avec ma pomme confite et caramélisée, au moins je lui ai trouvé quelques affinités !  

Dans la seconde partie,  je découvre un cigare moins désordonné, plus fondu et ample en bouche. Son onctuosité, plus de rondeur absoute cette acidité dont l’effet rédhibitoire pouvait contrarier son évolution. Maintenant plus suave en goût, je découvre un cigare plus pertinent dans son tempo fait de notes de sous- bois, de foin, de noisette décortiquée et de poivre timoré. cette 2e partie à la consistance légère  et à l’intensité aromatique relative séduira les plus frileux, illustrant un fumage accessible au plus grand nombre, un cigare convenable et sans grande complexité.

Etrangement sur ce 3e temps, le côté acide végétal  pourtant corrigé précédemment reprend doucement de la vigueur. Les saveurs endémiques persistent sans vraiment subjuguer, porté par une linéarité monotone qui professe une longueur râpeuse et nocive qu’il m’est difficile de taire! Un final moyen dont la consistance se sous-estime sans vraiment convaincre, un manque de conviction dans presque tout anéantisse tout espoir d’y trouver un antidote efficace à cette pantomime. Même, le reste de ma tarte n’y suffit plus à rendre cet Odyssey moins méprisable. Vraiment peu de rien dans cette 3e partie dont beaucoup de choses ne sont plus à dire.

En conclusion, cette dégustation que je trouve mitigée m’a offert d’agréable dessein mais sur un seul tiers ! Malheureusement, les deux autres tuent l’envie d’avoir envie. Un cigare trop herbeux pour ma part. Une révélation qui m’ordonne une note de cœur de 14/20 !    

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Sumatra/ Equateur
  • Format: gros toro
  • Taille: 146mm x 23mm
  • Bague: 60
  • Poids: 22gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 9,5€

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‘Le Coup de Girafe’ Genève, ( google map ), 10chf le thé + la part de gâteau !

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

 

08:50 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Paradiso | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/06/2015

Ramon Allones Extra "Edicion limitada 2011"

Après 4 ans de cave, ce corona attendait sagement le bon moment d’enorgueillir mon attente et mes envies. Tapi timidement dans l’ombre aux côtés de quelques gros bras, du type Grand Épicure, Libertador et Supremos qui le jaugeaient de leur taille avec raillerie, se moquant outrageusement de sa petite taille ! Les quolibets fusaient du style «Tu fais encore régime, regarde-moi ça tu flottes dans ton slip (ta bague) aujourd’hui» ou la fois lorsqu’un gros robusto faillit l’écraser et l’étouffer au fond de ma boîte sans crier garde. Eh oui, l’heure est au format extra large, les coronas n’ont plus qu’à bien se tenir s’ils veulent subsister face au ventripotent cigare au pied lourd, ventru et sans corps pour nombre de gros cepo, un étonnent paradoxe je trouve !

Cette édition limitée de 2011 ne demande qu’à s’exprimer maintenant, passé ces quelques années de repos. Lors de sa sortie beaucoup le trouvait fougueux voire trop excessif en goût, pas assez de cohésion dans son mélange. Une juvénilité pétulante qui s’adoucit, dit-on avec le temps. Pourquoi maintenant et pas dans une année pour le fumer, pour la simple raison que cet Allones m’a été offert à la dégustation récemment lors d’un dîner chez Rhein à Genève, surpris par sa maturité il m’a permis sans risque de déguster celui se trouvant dans l’antichambre de mes convoitises. ( Ma cave personnelle )

Après un examen circonstancié, voici sa brève histoire de 45 minutes environ ! Pour ceux que ça intéressent, cet Allones Extra a la particularité d’être conçu entièrement à partir de feuille de la même région productrice (La vuelta abajo), bien que ce soit un puro cubain tous n’ont pas forcément le même traitement de faveur, certains cigares Cubains par exemple contiennent des feuilles de différents terroirs. Celui de la région de (Partido) juste au nord est de la Semi-Vuelta produit essentiellement des feuilles de cape mais pas de tripe. D’ailleurs, Cuba entretient avec véhémence ce secret des différents cépages qui ordonneront nos futurs puros, de temps en temps une information réussit néanmoins à filtrer. Plus difficiles encore seraient de connaître les numéros des Véga (zone de culture de tabac protégé par l’AOP) concernées.

La cape mate et foncée se heurte à quelques nervures fines et saillantes, le toucher reste très ferme et manque peut-être de souplesse dans son costume 5 pièces ! Son parfum timoré valse quant à lui sur des notes subtiles de cèdre et de sous-bois, assez normal comme sensation après quatre années.

Dès l’allumage (Les 5 premières minutes), je le trouve de suite expressif, vif et onctueux à la fois. Un démarrage un peu gauche, mais souvent des plus convoité sur ce genre de ressenti, analogue au brouhaha de la fosse de l’Opéra- Bastille avant l’arrivée imminente du chef d’orchestre.

Dès le premier temps, passé les 15 minutes tous les acteurs de ce premier acte exécutent leur rôle à la perfection. Les saveurs crémeuses flirtent sur l’écorce de fruit sec, avec un petit goût de praliné pour la suavité, le boisé lui se contente de saveurs plus bucoliques, ainsi qu’un arrangement plus minéral de terre brulé sur la longueur. Sa consistance expose une belle accroche en bouche, un côté charnu très agréable ainsi qu’une puissance moyenne. Un très bel agrément, pour cette première partie qui ne joue pas les indécises et qui sait se montrer de suite captivante et plaisante à la controverse.

Dans un second temps, l’onctuosité toujours présente persiste sur plus de rondeur et de corpulence. Une sensation localisée sur le fond du palais et chamarré de saveurs endémiques très apprécié en début de fumage, mais plus frappées maintenant dans son évolution. Présence de quelques notes irritantes, mais rien de fâcheux où le crémeux domine. Une seconde partie bien maîtrisée, au rancio (rondeur/ puissance idéale) excelle pour ma part.

Le dernier temps ne déroge en rien à sa distinction jusque- là sans disharmonie, une évolution menée tambour battant vers plus de d’intensité et de nervosité. Cet Allones Extra tient bien son cap et sans notes déplaisantes, continue d’exalter, réchauffant ainsi mes papilles de notes d’écorce de pain doré, de brioché et de châtaigne grillée. Bien entendu, l’âcreté n’est pas très loin et achèvera cette séance sur un final cuisant et puissant comme beaucoup d’autres de son espèce. En conclusion, c’est un parcours sans fautes pour ce délicieux corona bien droit dans sa tripe, un cigare pour les véritables amateurs qui détestent somnoler pendant une dégustation. Un très bon Cubain qui s’accorderait très bien avec les arômes de noix et oxydés d’un très vieux Porto. Ma note de cœur 17/20.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona
  • Taille: 143mm x 17mm
  • Bague: 44
  • Poids: 11,4gr
  • Année: EL 2011
  • Prix: 15chf ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

13:42 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Ramon Allones | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/06/2015

El Septimo Exception Esmeralda "Diamond"

Aujourd’hui, je vous conte ma rencontre gustative avec l’« Exception Esmeralda » un El Septimo né de la collection Série Diamond , fraîche dégustation de ce matin 11h sous les épais nuages du Chablais, il fait gris mais peu importe je suis à l’abri de la pluie et bien décidé à disséquer, déguster ce gros robusto à la peau cuivrée de couleur maduro, analogue à de vieux souliers cirés et lustrés. Ce cigare, très agréable à l’oeil possède un toucher ferme et nervuré, dont sa lourdeur prétend un remplissage de tabac généreux et serré, offrant un module athlétique et bien construit. Son parfum exalte un fumet puissant d’écurie, mélange de cuir et de chocolat, de saveurs grasses et gourmandes. A cru, c’est une dominante de poivre qui frappe mon attention, une sensation gustative nerveuse ciblée sur le bout de la langue.

Les toutes premières minutes sont un peu piquantes, poivrées et rustiques dès l’allumage, rien d’étonnant, mais très vite annihilées dès le début du premier temps, passé les 10/15 minutes environ.

Dans une première mesure, je trouve la perception adipeuse, onctueuse et d’une amplitude assez convaincante sur l’avant du palais et non sur le fond de la gorge. De suite la musique offre un ensemble olfacto-instrumental de suite obligé par une dominante réglissée/chocolatée et d’un arrière-plan terreux  sous forme de tourbe grasse, de cuir et de poivre noir. D’une consistance moyenne et équilibrée, sa fumée présente une bonne présence en bouche, mais cependant je note une sensation étrange et anesthésiante sur l’avant de la bouche, très singulière dont je n’arrive pas à déterminer son origine et son sens ! Comme un engourdissement des muqueuses des lèvres et de la langue, la sensation d’être passé chez un arracheur de dents. Ce n’est en aucun cas un vilain désagrément, mais tout de même une petite gêne des papilles pour argumenter sur d’autres arômes peu perceptibles ! Comme cause, Je pencherai  à cette dominante de réglisse/ mentholé que je perçois depuis le début. Mais je poursuis…

La suite reste endémique et linéaire sur son ensemble. Pas de grande évolution aromatique dans cette seconde partie, le côté réglisse subsiste toujours et bat la mesure avec suffisance jusqu’au 3e temps. La rondeur correcte suffit à le rendre harmonieux, ainsi qu’une persistance qui s’éveille tout doucement sur plus de puissance et d’âcreté, ainsi que plus de corps sur la fin. Je note aussi des rallumages fréquents tout au long de ce fumage, rien de fâcheux si vous possédez un briquet torche. Une belle invention, n’est-ce pas ! Je peux aussi préciser la combustion exceptionnelle et rare de nos jours, sans cratère et ni volcan, une petite précision qui a son importance lorsque l’on voit la piètre qualité de construction de tant de cigare Cubain et Dominicain. Comme quoi, ça existe encore !  

En bref, hormis son prix exorbitant et discutable ! Ce cigare « Exception Esmeralda » se comporte très bien et procure d’entrée un certain plaisir gourmand que j’ai apprécié, une signature olfactive qui ne laisse pas indifférent si on aime ce type de musique, en fait un cigare philosophe et pondéré du début à la fin, malgré un manque notable d’évolution. Un conseil, son harmonie ne sera que meilleur accompagné d’un  whisky Kilchoman Islay Single Malt ou d’un très vieux rhum Agricole ! Ma note de cœur 14/20 pour ce bon cigare.

  • Origine: tripe: Costa Rica, sous-cape: Costa Rica, cape: Costa Rica
  • Format: gros robusto
  • Taille: 130mm x 23mm
  • Bague: 60
  • Poids: 21,8gr
  • Année:
  • Prix Suisse: 44€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

18:32 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, El Septimo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

04/06/2015

Cohiba Supremos "Edicion Limitada 2014"

Le Cohiba Supremos EL 2014 devient le tout premier cigare en cepo de 58 dans l’histoire du Habano. Ce gros joufflu confirme cet engouement croissant des amateurs pour les modules à l’apparence généreuse et gourmande. Nos panatellas et petits coronas n’ont qu’à bien se tenir, terminé les modules fluets et émaciés appréciés par nos aïeux, la mode est aux cigares ventripotents et bien- portants ! A chacun de les apprécier quand bon leur semble. Comment expliquer ce phénomène, du fumé gros, pas forcément bon ? Le phénomène est apparu avec des cigares provenant du Nicaragua, je me souviens encore des premiers ‘Nub’ réalisés par Sam Leccia, ses fameux modules trapus qui ont ouvert la voie à des centaines de fabriques aux USA. Après plus de 3 ans, Cuba a finalement rejoint cet optimisme pour les gros cepo ! Vous verrez, ce n’est pas terminé le prochain sera surement un cepo de 60 doté d’une longueur Churchillienne. ( à suivre )

Mais quoi qu’il en soit, ce Supremos a vraiment de la gueule, un véritable puro de luxe par définition ! Eh oui, à 50€ pièce, peu n’en verront jamais les effluves bleutés chatoyer au dessus de leur tête et exalter leurs sens, et c’est vraiment fort dommage. Un conseil lors de vos prochains achats, sachez qu’en moyenne  4 Partagas D4 = 1 Supremos !

Pour cette dégustation, c’est à l’abri du soleil et de la bise sous la tonnelle qui me semble le mieux pour prendre le pouls et la température de ce Supremos. Bien attablé, un thé Earl Grey comme rince gosier, pas trop bouillant surtout, il serait dommage d’incendier vos papilles à la première gorgée pas faute d’inattention. Eh oui, ça arrive !

Visuellement, rien de dépréciatif ! La cape est luisante et grasse, légèrement moirée de couleur maduro. Celle-ci présente quelques nervures saillantes provenant d’un défaut de sous-cape. Le remplissage quant à lui est dense, régulier sur toute sa portion. Au toucher, la cape vibre sous les doigts de par son aspect rugueux et sélacien. Un jolie gros robusto qui demande qu’à vous séduire.

Son parfum enchante avec persistance sur des flagrances terreuses de cuir, de fumé et de pain beurré, un ensemble olfactif adipeux qui ravit le nez !! Bref, là où il n’y a point de gras, il n’y a pas de plaisir, cela s’applique aussi au cigare. Je pourrai comparer cette ouverture à l’étal gourmand d’un artisan charcutier du Sud Ouest. Dès les 5 premières minutes après sa mise à feu, je note rien d’irritant et rien d’agressif dans les premières salves de fumée, la sensation est étonnamment très onctueuse pour un démarrage.

Dès le premier temps, les saveurs restent inchangées en offrant une belle présence en bouche très moelleuse et grasse, faite de notes de tourbe, de café  (plutôt léger ), ainsi que quelques accents caramélisés de bière brune comme le ferait par exemple une merveilleuse « Kasteel » de Belgique ! Une très belle entrée en matière, harmonieuse et persistante, vraiment très agréable. Beaucoup de douceur, de rondeur et d’amplitude dans cette intro, dont la consistance moyenne d’environ (2/4) reste toutefois suffisante pour ne pas accabler vos fragiles papilles, mais suffisamment pour vous tenir en éveil et vous captivez pour aborder la seconde partie de l’histoire. Niveau combustion, celle-ci demeure régulière et s’illustre par une cendre lourde, ferme et foncée.

Le 2e temps n’offre pas de grands changements, fort heureusement  l’équilibre des saveurs se  prolonge et s’arrondit avec justesse pour mon plus grand plaisir, me suggérant des notes plus rondes et plus crémeuses de chocolat au lait, de cuir, d’épice, ainsi qu’un souvenir confus de moue de café oublié dans son percolateur. Mais à ce stade de la dégustation, la suavité règne toujours sur un fumage élégant et onctueux, avec une montée progressive de son corps à ( 3/4) à l’approche du 3e temps. Pour l’instant, je ne peux que féliciter la maîtrise de cette liga attribué à ce Cohiba Supremos Edition 2014, je lui trouve d’ailleurs quelques ressemblances avec le Cohiba Genios, cigare que j’affectionne aussi beaucoup.

Pendant à peu près 10 minutes, tout va pour le mieux, l’onctuosité continue d’être appréciable. Après cela, très rapidement le passage sur la dernière partie devient nettement plus frappé d’un coup et plus puissant surtout, plus agressif. On ressent de suite une certaine chaleur dans les saveurs, une sensation plus capiteuse qui se manifeste par  l’arrivée de notes plus lourdes, de café torréfié et de pain brioché carboné, dont l’uppercut âcreté vous assomme d’un trait. Afin de profiter encore quelques minutes sans vous anesthésier le palais, espacez vos inspirations en amenuisant votre tirage, vous éviterez ainsi la surchauffe inutile, mais quoi qu’il en soit cette tentative désespérée m’oblige vite à m’en séparer. En conclusion, ce cigare pourra vous sembler très puissant si vous ne mesurez pas vos ardeurs, au contraire si vous le dégustez avec sang-froid il sera fidèle à ma description, du moins je l’espère ! Un très bon cigare, ma note de cœur 17/20.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: gros robusto
  • Taille: 127mm x 23mm
  • Bague: 58
  • Poids: 18.2gr
  • Année: EL 2014
  • Prix: 51chf ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

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Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

10:19 Écrit par Edmond Dantes dans Cohiba, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

01/06/2015

Where can I find a reliable cigar vendor online ?

Like you, I too have encountered this problem when buying things on the internet. It is very easy today to find an online store offering cigars at rock-bottom prices, but what do we know about them? Are they trustworthy? Personally, I have tested a few and I would like to share with you the experience I have gained and the good deals I’ve managed to find.

These stores are discount-driven and target a specific category of customers looking for money off that they would have trouble finding in their local tobacconists.

But what exactly is the situation? Can we obtain quality when we buy our cigars and at the same time pay the best price? It is difficult to find your way round dozens of sites that promise the earth, with no guarantee of the provenance or traceability of their cigars. Very few mention this information which is, to my mind, essential: what would be the point in buying a box of BHK56 Cohiba with 40% off if the cigars are doubtful or even completely fake? Even with 40% off, it is still a very expensive fake cigar, don’t you think? Like many of you, I once ordered cigars on the web, but there is strangely always an element of doubt! What exactly am I smoking? With experience, I am able, or at least I hope I am, to detect certain subtleties of taste that confirm or refute my convictions! I think of the amateur, the total beginner who wishes to taste and improve their knowledge by tasting like everyone else an excellent product but without breaking the bank, and I admit that it is far from simple in the jungle of the discount cigar. But sometimes it can be done!

My advice is to avoid the stores that do not communicate and never answer your emails when the questions start to become awkward! The most reliable will answer your questions quickly and put your mind at rest. For example, they could provide you on request with the Habanos code on the stamp of the box you are interested in, so that you can check their authenticity on the “Habanos Verify” link. You must therefore be very careful, and not be tempted by purchases of the type “box of Esplendidos for €80” or “one box free for every box purchased”!

One website I can personally recommend, for I happen to know the manager, who is at once both a true cigar lover and a businessman, is CASA DEL PURO. One day our paths crossed by chance, and we talked for a long time about cigars, fervently as always.  And naturally we touched on the subject of the blog “Les cigares selon Edmond” and my determination to one day offer my readers a really good deal in cigars, which I have now done!  Together, we were able to negotiate a considerable additional discount (10%), on all CASA DEL PURO products; the principle is very simple, when placing your order, add the promotion code from the blog: IF48

 

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Shop Casa del Puro.

For information and verification, all the Cuban cigars on this site come exclusively from the official Swiss importer (Intertabak), which represents a real guarantee of quality. In addition, each box is stamped with an extra logo, as shown below.  All orders are shipped within 48 hours to anywhere in the world. What else can we say ?

 

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 Logo on the back.

Maybe there’s one thing – don’t ignore your local tobacconist, that is, if the service and advice are up to scratch, of course.