17/07/2017

Calibre "52" petit robusto

"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en bouche, personne ne conteste plus. Y a des statistiques là- dessus." 

Petite citation détournée de Michel Audiard comme préambule à cette nouvelle dégustation, le "Calibre 52" distribué par la civette "La Couronne" à Nyon par son inventeur Mr Aazam.

Cette nouvelle ligne de cigare propose 3 formats totalement inspirés du 52, 54, 56 d’une certaine marque produit à Cuba, même cepo, même longueur, même couleur et petit détail de la coiffe en tir bouchon qui rappelle explicitement cette ligne souveraine et emblématique du catalogue Habanos.

Bien entendu, hormis un mimétisme parfait cette ligne offre un terroir bien différent, tout en surfant sur une idée commune d'un cigare de grande qualité dans le choix de ses tabacs dont l’Ecuador Sungrown pour la cape, sous cape Nicaragua, tripe Nicaragua + 5% de tabac Dominicain. Certes la comparaison s'arrête là, son goût, ses senteurs lui appartiennent et restent à définir dans une prochaine étape, sa dégustation.

Visuellement comme dit précédemment, rien à dire, le module est de très belle facture, remplissage homogène, cigare musclé à la cape finement nervurée. Au nez, c’est la surprise ! Je le trouve inattendu par son bouquet très analogue à la tessiture olfactive que l'on ressent dans beaucoup de cigare cubain en général, par ce petit côté boisé et pâtissier, fait de notes de chocolat au lait et d’épices. Des senteurs qui offrent une mise en nez persistante et avenante, laissant présager un fumage suave et intense.

À l'allumage, dès les premières bouffées, c'est un sentiment de douceur mais ferme à la fois qui vous submerge de saveurs vigoureuses et insolentes. Une avant- scène sporadique, riche de ses arômes de foin humide, de pin, de bois précieux et de poivre noir. Un premier temps  éclairé, vif et puissant dans sa rétro-olfaction, mais qui se dote d'une perception harmonieuse localisée sur l'avant du palais, sensation faite d'une rondeur grasse et légèrement acide comme celle de certains fruits secs comme les noisettes ou les noix.

Dans un 2ème temps, notre "52" s’installe durablement sur des saveurs plus rondes et plus affirmatives. Un cigare pour ma part rassasiant et roboratif dont la richesse en bouche reste toutefois honorable tout en étant dominé par une puissance exaltante. Thé vert, fruits secs, rhubarbe, épices et poivre exposent toute la complexité de ce mélange façonné par Mr Aazam et son "master blender" en République Dominicaine.

Dans le dernier opus, peu de changements dans ce 3e temps qui évolue avec équilibre sur un profil gustatif relativement endémique mais plus corpulent en bouche, sensations toujours bienveillantes et plaisantes sur l'avant du palais et sur la longueur.  Un cigare au final agréable et flatteur jusqu'au bout des papilles qui ne tombe pas dans l’excès ou dans la débauche d’arômes cuisants de fin de dégustation.

Un petit robusto dont la force et la subtilité sont au rendez-vous avant même la chute de la première cendre. Ma note de cœur 16/20, un bon calibre à ne pas mettre entre les mains de n'importe qui !

  • Origine: tripe: Nicaragua/ Dominicaine, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: petit robusto
  • Taille: 119mm x 20.6mm
  • Bague: 52
  • Poids: 13,9 g
  • Année: 2017
  • Prix: 12ch ( Casa del Puro )

calibre 52 cigare, la couronne nyon

Calibre "52"

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20        

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18:58 Écrit par Edmond Dantes dans Calibre, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/07/2017

Don José de "La Esception" édition régionale Italie.

Pour la petite histoire...

Tout commence en 1831, par l'arrivée à Cuba d'un certain José Gener, jeune immigré espagnol de 13 ans accompagné de son oncle qui après avoir travaillé plus de 25 ans dans les plantations, créait en 1850 sa propre fabrique "La Esception", mais José est bien plus ambitieux que ça et convoite un jour de posséder sa propre terre et plantation. Le succès aidant avec les cigares "La Esception" lui permettra 15 ans plus tard de faire l'acquisition de terre exceptionnelle dans la Vuelta abajo, les terres d"Hoyo de Monterey" et éponyme de sa nouvelle marque. Vers la fin du XIXe siècle sa manufacture installée rue Alfonso à la Havane était celle qui employait le plus de torcedores, ces cigares connaîtront  rapidement un énorme engouement auprès des amateurs. C'est à cette époque que sa fille Lutgarna Gener prendra la succession, mais progressivement les affaires déclinent et ne sont plus ce qu'elles étaient, et c'est finalement au début des années 30 qu’elle cède à contre coeur, 'Hoyo de Monterey’ aux associés Fernandez & Palacio qui détenaient déjà les marques Belinda et Punch, leur société florissante détenait 13% des exportations de cigares cubains à la veille de la révolution. Malheureusement pour eux, la suite nous la connaissons... L'arrivée de Castro, la révolution d'obédience "martiste et marxiste-léniniste" ébranlera toute l'économie de l’île et entre autres celle liée aux cigares !

Étrangement "la Esception" perdura quelques décennies jusqu'à s'éteindre définitivement en 1989, mais c'est seulement à partir de 2011 qu'elle renaîtra de ces cendres avec la sortie d'une nouvelle édition régionale Italienne, le selectos finos un élégant panetela devenu une curiosité pour bon nombre d'amateurs, une véritable exception dans le monde du cigare puisque la marque produit et survit uniquement pour l’Italie avec 2 uniques modules pour le moment, dont cette seconde édition sortie en 2015 du nom de son inventeur, le "Don José", un hermosos n° 4 que je déguste pour vous dans ce nouvel article.

"Tout cigare sans exception porte en lui une énigme dont il ignore son dénouement."

Voici une citation pertinente pour saluer dignement ce module et amorcer cette dégustation en toute équité. Ce module qui pourrait paraître plus "robusto" qu'il n'y paraît n'est autre qu'un corona extra, la différence se trouve essentiellement dans son cepo qui ne fait que 48, alors qu'un robusto ne fait que 50 ! Mis à part l'oeil d'un expert en balistique, ce sera bien le seul à vous reprendre de votre maladresse, car l'écart entre les deux n'excède pas 1 mm, soit exactement 0,75 mm.

Ce cigare de facture ordinaire, en effet pas de quoi s'éterniser sur son aspect visuel que je trouve assez moyen, un détail physique de plus en plus récurrent chez nos amis cubains, la cape est nervurée, rugueuse, mal ajustée et peu lumineuse, mais celle-ci se défend tout de même d'effluves odorantes très plaisantes, faites de notes acides et butyriques aux flagrances pâtissières et chocolatėes de bonnes corpulences.

Dès l'allumage, comme dirait trivialement mon oncle Didier  "ça envoie du bois !"

A l'aube du premier temps la mâche est bien présente, corpulente en bouche et roborative. Acidité et amertume s'amusent de vos papilles dans une forme épicée de poivre blanc, et de "cannelle aussi" me précise oncle « James », de bois précieux, de fruits secs et de boisé. Doucement, tout cela s'arrondit harmonieusement sur une perception suave et grasse, contrebalancée par une persistance longue, puissante et élégante.

Dans la seconde partie, les saveurs plus affirmées évoluent sur une richesse aromatique très épicée et localisée sur le fond du palais. La dégustation prend un tournant singulier en s'enrichissant par intermittence de quelques notes d'amertumes, véritable sensation sporadique et gustative qui exaltent les papilles avec convoitise et curiosité, sur une forme tout autant ronde et pertinente sur sa longueur.

La 3ème partie, toujours plus consistante et normale dans son évolution offre des saveurs toastées et pimentées très étonnantes ! Un cigare ample en bouche qui s'amuse de nos sens avec de l'amertume, de l'acidité, de la suavité et ce côté très « spicy », fait de ce "Don José" un cigare de gourmet qui demande beaucoup de sagesse et de concentration pour exhausser tout son potentiel gustatif. Un excellent cigare, puissant et complexe pour amateur aguerri, ma note de cœur 17/20

 

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona extra
  • Taille: 127mm x 19mm
  • Bague: 48
  • Poids:
  • Année: 2016
  • Prix: 15€

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Don José de "La Esception"

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20       

20:45 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, La Esception | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |