15/05/2017

IZAMBAR CIGARS "Sovereign" by "Le petit aficionado & Co"

Question : Y a-t-il conflit d’intérêt lorsque qu’un blogger cigare produit son propre cigare ?

Je répondrai, oui certainement ! En même temps je suis chez moi et je n’oblige personne à me lire et apprécier mes écrits. Chacun est toujours libre de se faire sa propre opinion.

C’est pour cela qu’aujourd’hui avec son accord, je partage la dernière publication du blog « Le petit aficionado » qui concerne justement la dégustation de notre dernier module, le « Sovereign ».

izambar cigars, cigare sovereign

IZAMBAR SOVEREIGN

"Sovereign", voici un nom parfaitement choisi pour la troisième création d'Antonio et Edmond (le "Monarch" étant à ma connaissance la deuxième), qui n'a pas été sans me rappeler la fameuse Jaguar du même nom, que possédait le père de mon meilleur ami. Hormis cette allusion qui n'a aucun lien avec le nom de ce robusto (22.20mm x 127mm), je dois avouer que la véritable histoire derrière cette appellation est assez curieuse et pousse à la documentation. Sans rentrer dans les détails, vous découvrirez après avoir effectué les recherches qui vont bien, l'anecdote de monsieur Isambard Kingdom Brunel et de l'incident où il avala par inadvertence une pièce d'un demi-souverain, je n'en dirais pas plus.

Annoncé comme possédant une liga plus puissante par rapport au "Kingdom", je dois dire qu'il a été bien pensé de le différencier de ce dernier en apposant une bague de couleur noire. Est-ce un choix voulu de ses créateurs en jouant sur la psychologie des couleurs pour annoncer un cigare plus costaud que son grand frère ? Je ne peux répondre à leur place, mais si c'est le cas, c'est une très bonne idée qu'ils ont eue là. Une autre chose que j'apprécie dans ce cigare et dans la marque en général, c'est le fait de proposer des produits qui incarnent le luxe et l'élégance, sans forcément tomber dans les travers de certaines marques comme El Septimo. Là où cette dernière se targue de vendre des tabacs exceptionnels à prix élevé (sans que le plaisir soit au rendez-vous en ce qui me concerne ...), Izambar a fait le choix de produire des modules de grande classe et de qualité mais qui restent accessibles à tous (je parle du tarif) ; le plaisir à prix honnête !!! Mais qu'est-ce qui change par rapport au "Kingdom" ?

La composition de la tripe tout simplement. Contrairement à son aîné, notre "Sovereign" se voit privé de son tabac en provenance de la région de Jalapa, pour être remplacé par des feuilles cultivées dans la région d'Ometepe, toujours couplées à du tabac d'Estelli cependant. J'aime ces cigares qui vous font voyager quand vous effectuez quelques recherches, à savoir que l'île d'Ometepe se trouve sur le lac Nicaragua et a la particularité d'abriter deux stratovolcans nommés Concepción et Maderas.

Place maintenant à la dégustation, laquelle s'est faite longuement désirer dès lors que j'ai reçu comme présent deux "Sovereign", entreposés dans un joli écrin. La cape luisante aux reflets chocolatés ne laisse pas indifférent, ni la construction exemplaire d'ailleurs. Pour ce qui est des senteurs perceptibles, je mentirais en disant qu'il n'est pas difficile de ne pas être charmé par ces notes épicées, boisées et timidement terreuses. Les premières bouffées se montrent très rapidement onctueuses et finement poivrées, rejointes après quelques centimètres par la terre humide et l'herbe fraichement coupée.

De discrètes saveurs torréfiées (café en grains et pain grillé) restent en arrière-plan, comme si elles attendaient le moment opportun pour se manifester. Voici un excellent premier tiers où se mêlent saveurs copieuses et onctuosité certaine, soutenues par une puissance parfaitement maîtrisée. De plus, je fais le constat agréable que la cape luisante laisse une légère sensation grasse sur le bord de mes lèvres, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Pour sa deuxième partie, notre "Sovereign" prend un tournant plus délicat et pâtissier, où les notes torréfiées jusqu'ici discrètes, s'affirment pleinement. Les sensations sont quant à elles plus crémeuses en bouche, avec des pointes d'épices légères (muscade et cannelle) et de grillé. Les arômes sont plus fondants, sans oublier de faire preuve d'une extrême profondeur. C'est dans un registre plus animal et minéral, que le troisième et dernier tiers démarre sa prestation, sans pour autant délaisser cette onctuosité si persistante.

Un final assez simple finalement en ce qui concerne ses saveurs, mais qui suit un schéma logique quant au déroulement de la dégustation. À noter que la puissance, aussi présente soit-elle, n'a pas alterné entre montées et descentes, mais a su faire preuve d'une régularité constante fortement appréciable. C'est ravi que je termine la dégustation de ce nouveau module, qui n'est ni meilleur ni moins bon que le "Kingdom", mais qui réussit le pari de se distinguer parfaitement de ce dernier, pour affirmer ainsi pleinement sa propre personnalité.

À Antonio et Edmond je vous dis merci, déjà pour ce présent auquel je ne m'attendais pas, mais surtout pour nous avoir pondu un robusto de choix dans le monde des Nicaraguayens.

Blog: "Le petit Aficionado & Co"

09:33 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Izambar | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/05/2017

Quand Facebook accouche d’un cigare ! "l'amateur de cigare"

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Sans bouger de leur Suisse natale, deux amateurs ont lancé Izambar, un cigare qu’ils ont créé de A à Z et fait rouler au Nicaragua.
Par Laurent Mimouni.
 
C’est l’histoire de deux Suisses amateurs de cigare à l’heure d’Internet. En découvrant les cigares Izambar, lancés il y a quelques mois, on s’attendait à l’un de ces habituels récits ponctués de nombreux allers-retours entre les Caraïbes et l’Europe, de souvenirs de longues heures passées dans les ateliers de roulage et de discussions avec les maîtres-assembleurs pour trouver le blend parfait.
 
En fait, l’histoire d’Edmond (il ne se fait appeler que par son prénom) et d’Antonio Urecht est la démonstration qu’on peut désormais faire fabriquer des cigares personnalisés – et destinés à être commercialisés – sans bouger de son fauteuil.
 
De la passion commune aux projets
La rencontre entre les deux hommes donne le ton : ils font d’abord connaissance sur Facebook… avant de découvrir qu’ils habitent à quelques kilomètres l’un de l’autre, sur les bords du lac Léman. Au fil de discussions sur leur passion commune, Edmond, designer d’intérieur, auteur du blog “Les cigares selon Edmond”, et Antonio, qui travaille dans la finance à Genève, décident de tenter une aventure dans le monde du cigare, mais sans savoir encore laquelle. Ils étudient d’abord la possibilité de lancer un site Internet de vente – ce qui est autorisé en Suisse, contrairement à la France. Mais le projet est abandonné et les deux hommes se reportent sur un autre, pas forcément plus aisé : lancer leur propre cigare, créer une vitole de A à Z et la commercialiser.
 
Trouver une fabrique
“Nous avons d’abord identifié le Nicaragua comme le terroir le plus conforme à nos goûts, raconte Antonio. Puis nous avons contacté par mail une dizaine de fabriques. Cinq nous ont répondu – la plupart négativement – et une seule nous a fait une proposition conforme à notre cahier des charges.” Il s’agit d’une toute petite fabrique de dix salariés qui ne produit que 100 000 cigares par an. Antonio et Edmond n’en diront pas plus… si ce n’est qu’elle est dirigée par des Franco-Suisses – ce qui va grandement faciliter la suite des aventures de nos deux hommes qui ne parlent pas un mot d’espagnol.
Skype, WhatsApp et Facebook
 
La suite, ce sont de multiples discussions par Skype et WhatsApp (messagerie en ligne), et des envois d’échantillons par la poste. “La fabrique nous a fait parvenir plusieurs échantillons, qu’il fallait aller dédouaner au port franc de Genève”, se souvient Antonio. Les deux hommes font part de leurs remarques – le premier mélange était par exemple trop poivré à leur goût – puis la fabrique envoie de nouvelles vitoles-tests. Après un an d’allers-retours, les deux hommes et leur fabrique trouvent le bon assemblage : une tripe Estelí Jalapa recouverte d’une sous-cape Jalapa et d’une cape Équateur. Pour la taille, ils optent pour un module à la mode, le toro ou gros robusto (21,4 × 158 mm). Les boîtes sont fabriquées au Nicaragua mais les bagues sont faites en Suisse puis expédiées sur place.

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Edmond & Antonio.

 
“Plus besoin d’aller passer trois ans dans les Caraïbes”
 
“Aujourd’hui, plus besoin d’aller passer trois ans dans les Caraïbes comme l’avait fait Zino Davidoff à son époque, note Edmond. Le fait de ne pas partir sur place nous a aussi permis de fumer les échantillons ici, dans les conditions proches de celles que connaîtront nos futurs clients. Quand on arrive là-bas, surtout la première fois, tous les cigares peuvent paraître splendides, exceptionnels… puis une fois rapportés en Europe, on se rend compte qu’ils sont quelconques.” La première commande porte sur environ cinq mille vitoles, réceptionnées en Suisse par Antonio qui les sort de leurs boîtes pour les faire vieillir plusieurs mois en cave, avant de les remettre en boîtes pour les commercialiser.
 
Les règles pour la vente de tabac étant beaucoup moins strictes dans leur pays qu’en France, les deux hommes démarchent ensuite les civettes suisses une par une jusqu’à constituer, aujourd’hui, un réseau de plus d’une quinzaine de revendeurs. Ils envisagent aussi une commercialisation en France, mais la réglementation ne leur facilite pas la tâche. Et ils travaillent déjà à un deuxième module, plus petit et avec une liga différente. Mais pour celui-là, disent-ils en chœur, ils prévoient “d’aller sur place”.

20:31 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |