22/03/2017

Romeo & Julieta "Capuletos" EL2016

“L'amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs.” disait William Shakeaspeare

"Le cigare est une fumée faite de la vapeur des soupirs '" Je dirais !

Quel point commun entre amour et cigare ? Eh bien, que ce sont deux histoires qui finissent mal en général, chantait "Catherine Ringer".

Quand pensez-vous ? Joli préambule pour vous peindre l'histoire de ce cigare baptisé "Capuletos", en référence à la famille Capulet issue de la tragédie Shakespearienne Roméo & Julieta. D'ailleurs, une histoire d'amour impossible qui se finira par la mort de nos deux héros. 

Nous voici le lundi 13 mars 2017, 17h50, comme tous les lundis au speakeasy, je suis souvent le premier client à poser mes valises à cette heure de la journée. Derrière le bar, le taulier "Patrick" ou "Robert" pour les intimes m'accueille sans vergogne d'une bise franche et amicale. Certains l'aiment, d'autres le détestent ,ceux-là même qui l'ont aimé le détesteront peut-être demain, ceux qui le haïssaient sans savoir pourquoi, finiront par le courtiser un jour. Mais Patrick quand à lui, fidèle à lui-même derrière le brouillard de ses cigares, "fuck" la vie, "fuck" le monde avec la générosité et le détachement de ces types qui ont bourlingué durant toute leur vie. Un jour quand ce lieu si singulier n'existera plus, beaucoup se souviendront avec nostalgie des moments passés au Speak et de son facétieux locataire. Le plus tard possible, bien sûr !

Désormais, j'aimerais que le lundi soit un rendez-vous avec moi et un cigare de choix de préférence ! Aujourd'hui c'est ce "Romeo & Julieta qui s'est convié à mon cendrier pour cette nouvelle édition.

Ce soir, ce sera un picon bière aux notes amères et caramélisées que je préfère au chardonnay des précédentes fois pour l'accompagner, un choix judicieux qui je l'espère ne me rendra pas nauséeux comme la semaine passée. En effet, le duo chardonnay/ cigares, fumés à jeun durant toute la soirée m'a rappelé de vieilles sensations, analogues aux longues excursions en autocar durant l'école primaire, celles qui vous font détester les transports en commun pour le reste de votre existence !

Visuellement, ce robusto est une pièce "extra". Je sais, elle était facile celle-là !!

Au toucher, sa rugosité rime avec fermeté et souplesse. Son bouquet d'une faible éloquence se complaît au nez avec indolence, ou senteurs boisées, lactées et chocolatées s'harmonisent avec gourmandise.

Dès l'allumage, malgré un démarrage plein de promesses, ce "Capuletos" me laisse un sentiment de déjà fumé ! Une édition limitée de belle facture, comme Cuba sait très bien les faire depuis plusieurs années, mais semble au fil des années se mordre la queue, du moins celle-ci, ça n'engage que moi. D'entrée, les premières bouffées développent une sensation confortable de bonne corpulence, le tout sur un profil aromatique connu et empyreumatique dans son agrément. Une forme que je trouve toujours plaisante bien sûr, mais qui me laisse un sentiment attendu !

Après 30 minutes de chauffe, ce "Capuletos" ronronne désormais de ses notes torréfiées et épicées. Quant à sa longueur, satisfaisante à l'issue de ce premier temps, expose à terme ses notes de bois brûlé et charbonnées qui laisse peu de place à la subtilité.

Le 2ème temps suscite toujours un intérêt gustatif, même si son évolution reste toutefois linéaire. Côté puissance, rien d'éclatant qui puisse donner à ce module de la hauteur pour le hisser au rang d'éditions 2016 majeurs. Malgré tout, cette musique se laisse écouter comme un air de guitare aux notes fumées, de café noir, de brioché et de poivre noir.

Le 3ème temps se renforce d'une richesse aromatique harmonieuse et de bonne consistance. Un cigare d'une puissance honorable, généreuse dans son agrément qui perdure avec véhémence sur des notes endémiques de saveurs torréfiées, de bois brûlé et "cafeinées". Le final devient rapidement cuisant si vous ne mesurez pas vos fréquences d'aspirations. En conclusion, ce "Capuletos" m'a fait passer un agréable moment, même si  j'ai ce sentiment de l'avoir déjà fumé dans une édition précédente. Ma note de cœur 15,5 /20, un bon cigare.

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 130mm x 21mm
  • Bague: 53
  • Poids:
  • Année: 2016
  • Prix: 23,6chf

romeo&julieta, capuletos cigare cubain

Capuletos "Romeo & Julieta"

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

 

   

10:41 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Romeo & Julieta | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/03/2017

Partagas robusto "Maduro n°1"

L'attente fut longue pour ce module annoncé au festival Habanos 2015 ! À peine sortie dans les civettes helvétiques que ce cigare sonnait déjà aux abonnés absents. Comme quoi il faut parfois être patient et un peu chanceux tout de même. Malheureusement sa rareté finit par se payer au prix fort surtout lorsqu'il est vendu à la pièce, environ 20€ sur Genève, c’est dommage. Mais en cherchant bien, il est possible de le trouver à 15€ en boîte de 25, et toujours en Suisse.

Bref, voilà 2 ans que ce cigare m'était passé sous le nez avec un certain mépris, je dirais. Même pas eu le temps de pressentir ses humeurs que la porte s'est violemment refermée sur mes convoitises. Mais quelque part, c'est pas mal non plus d'attendre un peu. Ce Maduro n°1 a su me trouver finalement.

Visuellement, il fait plaisir à voir ce Partagas, sa cape "maduro" fine et grasse, drape ostensiblement un corps musclé et souple au toucher.

La construction parfaite d'où s'échappent ses parfums persistants et outrageants, provoque avec délice des flagrances pesées, de cuir, de chocolat, d’une pincée surette et butyrique, finisse d’inspirer ce moment de concert entre seul et moi, assis confortablement dans l'unique causeuse (fauteuil) du "Speakeasy", fort heureusement nous sommes lundi, il n'y a personne !

Tous ces préliminaires terminés, je peux maintenant ouvrir le bal avec une décollation en règle, suivie d'un embrasement circonscrit qui me délecte de ses premières nuances de gris, d’une fumée abondante, roborative, épicée et nerveuse. De suite, il est amusant de percevoir dans ces premières minutes, l'engagement de ce cigare qui persistera tout au long de sa dégustation.

Dans le premier temps, les sensations se focalisent surtout sur l'avant, plutôt rare pour un Cubain qui prédomine le plus souvent sa musique sur l'arrière du palais, une des caractéristiques majeures de ce terroir. Le cigare est vif, puissant, doté d'une rétro olfaction agressive, celui-ci offre tout de même un semblant de rondeur, sensation sèche et épicée alliant la subtilité mesurée du piment d'Espelette à celle de la fève torréfiée     . Ce duo informel offre à ce cigare cette agrément atypique de saveurs fumées, tourbées, bien éloignées des notes boisées, de cèdre et de cuir plus traditionnel au cigare cubain.

D'une richesse prévenante et harmonieuse, ce maduro n°1 exécute avec brio les premières mesures d'une musique naissante, inhabituelle pour Cuba qu'il me tarde de poursuivre dans le prochain couplet.

Dès la seconde partie, c'est un sentiment plus rond, ou consistance rythme avec persistance, le tout sur des accords gourmands de réglisse, de brioche toastée, d'épices et de bois brûlé. Quant à la cendre, elle souffre d'une noirceur étonnante, comparable à celle d'une braise d'anthracite sur le point de s'éteindre. Un cigare dont je me régale de sa bravoure, de sa constance, ou puissance et richesse règnent, évoluent sans partage sur la majeure partie de cette analyse. C'est bon, que dire de plus !

Dans la dernière partie, il faudra mesurer son ardeur en domestiquant son impétuosité, au risque de sombrer du côté cuisant de sa force. Les sensations les plus lourdes sont à présent clairement localisées sur le fond du palais, aux sons âcres et sulfureux de notes "carbonées". J’apprécie sa persistance sur ce frais refrain mentholé qui excite mon avidité, entretient ma curiosité jusqu'à m’en brûler les deux doigts.

Par contre, ce module demande de la maîtrise dans ses aspirations, prendre son temps serait le maître mot de cette dégustation, ne le fumer pas trop vite, surtout sur la dernière partie. Ma note de cœur 17/20, un excellent cigare pour amateur exigeant. Pour conclure, ce cigare a réveillé en moi, l'envie de poser des mots sur une fumée qui puisse satisfaire ma suggestivité. Un bon cigare est celui qui exalte cette envie de s'exprimer !

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto
  • Taille: 130mm x 20.6mm
  • Bague: 52
  • Poids:
  • Année: 2015
  • Prix: 20€

partagas, maduro n°1, cigare cubain

 

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

17:34 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Partagas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |