15/08/2016

Gran perfecto "Escurio" de Davidoff

Ce ‘gran perfecto’ avec le ‘corona gorda’ fait partie des deux derniers modules de la ligne Escurio au blend brésilien et dominicain, ayant vu le jour cette année, deux nouveaux formats désuets qui s’ajoute aux trois autres. Personnellement je trouve audacieux pour le coup, en effet je trouve intéressant qu’une marque comme Davidoff, réussisse encore à nous surprendre, voire nous séduire avec ce genre de format peu répandu, à contresens de nos habitudes de fumage.

Notamment, avec ce ‘gran perfecto’ à la Groucho, ou préférez-vous, cet obus maintes fois dessiné dans les Tex Avery, les Tom & Jerry, ainsi que dans beaucoup de Disney comme l’éternel Baby Herman dans ‘Qui veut la peau de Roger Rabbit’, en passant par Pinocchio, à Edgard dans les aristochats, sans oublier Ratigan dans Basil détective, même une gargouille dans le Bossu de notre dame joue du cigare, ainsi que Walrus dans Alice au pays des merveilles, en passant par Hadès le dieux des enfers dans Hercule, tous ces personnages l’ont tous adopté et caricaturé comme accessoire à la bouffonnerie, ou le plus souvent pour marquer le côté obscur et vil de nos semblables, un module gonflé d’orgueil prêt à exploser de concupiscence et d’arrogance !

Quand on y regarde de plus près, moi comme vous, sommes vraiment de sales types ou de véritables clowns, non ?

La dégustation, tout de même…!

Visuellement, rien à signaler  ce ‘gran perfecto’ présente ses meilleurs atouts, une construction parfaite, huilé par une belle cape  maduro/ oscuro luisante en provenance d’Equateur, lissé sur un corps ferme et souple à la fois qui vous délivre des nuances profondes de chocolat en poudre, de café du ‘brésil’ et de terre.  Au mouillage, la cape délivre une légère acidité, suivit à cru d’une saveur fruitée très singulière et prometteuse.

Dès l’allumage, le démarrage se démarque sur le registre de la bienveillance et de la douceur, mais un cigare qui brille par son absence dès les premières aspirations, ou ses arômes dilués sur les dix premières minutes cèderont leur place à une perception, plus grasse en bouche, plus collante et pâteuse. L’ensemble développe une rondeur tropicale, faite de notes humides, plus centré sur le végétal, sur l’humus et le champignon. Un climat agréable, mais lourd qui pourrait paraître d’aphasique par ce manque de puissance sur ce premier temps. La persistance reste moyenne et volatile sur ce terrain fertile à la rondeur féconde qui ne demande qu’à éclore, mais non, il faut encore attendre ! Une introduction que je trouve pour le moment, fatiguée, trop humble à mon goût, pas assez accrocheur je dirai.

Le 2e temps commence vraiment à se révéler, après 40 minutes sur la moitié du fumage, trop tardivement. Rapidement, les doutes font place à plus de générosité et d’impétuosité, le café crème ‘réglissé’ évolue sur une forme plus grave, plus corpulente et épicé. Ou le fumé de la tourbe, et quelques amertumes viennent conforter un caractère plus vif et ténébreux, sur une longueur grandement améliorée, limite corrosif à l’approche du 3e temps. Je trouve ce cigare très tranché pour ma part, une partie sourde et une partie prépondérante qui a tendance à trop vite s’enflammer. Un cigare qui sous ses airs cajoleurs renferme un tempérament très puissant et soutenu. Etrangement, je lui trouve une évolution proche à certains cigares cubains, ceux des plus impétueux qui deviennent très cuisants sur le final et qui vous rassasie pour plusieurs jours en général.

Dans l’ensemble, ce cigare est une petite bombe à retardement dont il faut se méfier, à déguster avec une eau forte, tel qu’un bon whisky tourbé et iodé comme un vieux Bowmore, au pire avec une cachaça du Brésil.   

Ma note de cœur, 16/20 un bon cigare auquel quelques chapitres lui ont été injustement arrachés.

  • Origine: tripe: brésilienne matafina/ Dominicaine piloto, sous-cape: brésilienne, cape: Equateur habana
  • Format: gran perfecto
  • Taille: 127mm x 24mm
  • Bague: 61/50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2016
  • Prix Suisse: 13chf

escurio gran perfecto davidoff

Gran perfecto "Escurio" Davidoff.

escurio gran perfecto davidoff

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Walrus dans Alice au pays des merveilles !

 

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

    

16:16 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/08/2016

Mort de Carlos Fuente sénior, ce vendredi à l'âge de 81 ans

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Carlos Fuente sénior.

Carlos Fuente Sr, le patriarche et de longue date président de Tabacalera A. Fuente y Cia est décédé vendredi soir à Tampa, en Floride, après une bataille contre le cancer de l'estomac. Il était âgé de 81 ans, et était entouré par sa famille au moment de sa mort.
Fuente a fondé une des plus grandes entreprises de cigares au monde, qui préside des marques légendaires comme Arturo Fuente et Fuente OpusX, ainsi que de nombreuses marques pour d'autres, parmi eux Ashtons et Diamond Crown. Il a travaillé aux côtés de son fils, Carlos Fuente Junior, qui est président de la société et sa fille Cynthia Fuente-Suarez. Les deux sont activement impliqués dans la société d'aujourd'hui, poursuivant la tradition familiale de la fabrication des cigares premium.
De ses humbles débuts à Ybor City, en Floride, la fabrication des cigares dans la maison de ses parents, Fuente Senior construit une puissance internationale, avec des cigares connus et vénérés dans le monde entier. Son entreprise produit aujourd'hui plus de 30 millions de cigares par an à Santiago, République dominicaine.
«Je ne me souciais d'être le plus grand fabricant de cigares," a-t-il dit une fois à Cigar Aficionado. "Je me suis toujours soucié d'être le meilleur." Les cigares Fuente ont souvent marqué de nombreuses notes élevées dans le magazine « Cigar Aficionado », y compris d'être nommé le cigare de l'année en 2005. Il a été intronisé dans la classe inaugurale du « Cigar Aficionado Hall of Fame » en 1997, et a été le dernier membre survivant de ce groupe.
"Senior était un géant qui faisait partie d'une race de pionniers qui ont contribué à faire de l'industrie du cigare roulé à la main ce qu'il est devenu», a déclaré Marvin R. Shanken, rédacteur en chef et éditeur du magazine « Cigar Aficionado ». "Un homme humble, dont sa mémoire restera à jamais dans nos coeurs."

carlos sr, carlos jr, cynthia, fuente cigars

Carlos sénior, Cynthia et Carlos junior Fuente.


"Il est la fin d'une époque», a déclaré Robert Levin, propriétaire de « Ashton Distributors Inc », qui connaissait Fuente Sr depuis des décennies. "Il était un gars unique, une personne incroyable. Il était un résolveur de problèmes, et examinait toutes les situations pour trouver une solution dont personne d’autre ne pensait."
"Il était un grand homme, le plus grand homme que je connaisse», a déclaré Wayne Suarez, son ancien gendre et un ancien dirigeant Fuente. "Il n'y aura jamais un autre Carlos Fuente Sr."

Fuente Sr. était connu comme l'un des hommes les plus travailleurs dans l'industrie du cigare. «Je travaille depuis l'âge de huit ans. De la vente de fruits dans la rue, cireurs de chaussures, j’ai fait tout ce que vous pouvez penser," dit-il à « Cigar Aficionado en 2012 ». "Quand j'avais 14, 15 ans, il m’arrivait de cumuler deux emplois. Je me levais pour aller à l'école, et le soir je travaillais dans une pharmacie jusqu'à 11 heures du soir dans une pharmacie. J’ai toujours aimé travailler. "

Fuente Sr. était aussi un combattant qui a surmonté les obstacles. Il a contracté la polio à l'âge de 11 ans, et quelques-un a dit qu'il ne marcherait plus jamais. Il a fallu plusieurs années, mais Fuente Sr. a retrouvé la capacité de marcher normalement.
La marque Arturo Fuente a été créée par le père de Fuente, Arturo Fuente, qui a commencé la fabrication des cigares à West Tampa, en Floride, en 1912. Dans les années 1920 l'entreprise avait suffisamment grandi pour incorporer plus de 500 employés, mais en 1924 la fabrique de cigares a brûlé. Arturo, qui était sous-assuré, a dû arrêter la production. En 1946, Arturo mise une fois de plus pour refaire des cigares, cette fois-ci sur le porche de sa maison à Ybor City. Carlos Fuente Sr. avait 11 ans à l'époque, et il a grandi en travaillant dans l'entreprise en aidant son père, il a commencé par le balayage des étages, puis en apprenant à rouler. Il devait faire ses 50 cigares tous les jours quand il rentrait de l'école.

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Arturo Fuente et Carlos Fuente sénior.


Fuente était une entreprise locale dans les années 1950. Son activité de cigares n'a pas été assez forte pour soutenir Fuente Sr. avec un maigre salaire dans les premiers temps, pour faire face il prend un emploi comme boulanger. Quand il a quitté la boulangerie pour travailler à temps plein chez Fuente, il était seulement payé 40 $ par semaine.
En 1958 Fuente Sr, rachete la société de son père pour 1 $. Il avait un actif de 1161 $ avec un endettement nul et une production de quelques milliers de cigares par an.

Fuente Sr, mise sur son esprit  d’expansion, ce qui signifie la vente de cigares sur le crédit. Il a commencé par étendre à d'autres parties de la Floride, puis à New York City, en se concentrant sur les marchés avec une forte communauté latino. Comme les ventes ont augmenté, il a ajouté des employés, mais les temps étaient encore très maigres. Il vivait dans la maison de ses parents, qui servait toujours d'usine. Comme il a grandi, le business des cigares se développa dans d'autres pièces de la maison, ce qui oblige les Fuentes à déplacer leurs meubles un peu chaque jour pour créer des espaces de travail temporaires.

Les temps sont restés difficiles pour les affaires. Fuente Sr ouvre enfin son usine en République dominicaine en 1980, avec son fils, Carlos Fuente Junior. Ils ont travaillé 18 heures par jour, en réinvestissant les bénéfices dans le tabac, la construction d'un stock massif de fines feuilles. "Quand j'ai commencé en République Dominicaine, tousnos profits, nous nous contentions de peu, tout notre profit a toujours été investi dans le tabac. Et le tabac est la chose la plus importante que vous pouvez avoir. Nous avons toujours eu beaucoup de tabac. C’est après que nous avons commencé le vieillissement de nos feuilles, et nous avons commencé à faire mieux, de mieux en mieux. "
Les affaires de Fuente a véritablement commencé à monter en flèche pendant le boom de cigare des années 1990, l’ Arturo Fuente 8-5-8, la série Hemingway des perfectos et plus tard, le riche et robuste  Fuente Opus X. L'entreprise se trouve aujourd'hui comme le plus grand producteur familial de cigares premium.


Fuente Sr a été précédée dans la tombe par son épouse, Anna Louisa Lopez Fuente, qui est mort en Décembre. Ils ont été mariés pendant 62 ans.
Il laisse dans le deuil ses fils Carlos Fuente Jr et Richard Fuente, sa fille Cynthia Fuente-Suarez, son frère Arturo Fuente Jr, ses  petits-enfants Liana Fuente, Rosana Fuente, Christina Suarez, Lidiana Fuente, Bianca Suarez, Sofia Fuente et Carlos Fuente III, ses petits-fils Alvaro Valerio Jr. et Arturo Valerio et arrière petite-fille Anna Valentina Valerio.

source traduction by Edmond: Cigars Aficionados

14:12 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |