26/04/2016

Coloniales de Trinidad "corona"

« Ce qui compte, c'est pas tellement ce qu'on vit, mais comment on le vit et le souvenir qu'on en garde...
On peut être heureux, même quand on est pauvre, si l'imagination est riche. »
( les chroniques de Trinidad 2006)

Introduit en 2004, la bonne réputation de ce corona semble avoir conquis le plus grand nombre dans la sphère des amateurs du « bon fumé ». En effet, du haut de ses 13 cm pour tout justes 9 grammes à la pesée, ce gringalet offre une palette d’une tonicité aromatique des plus plaisantes dans le monde des poids légers, capable de rivaliser d’intérêt avec des gabarits bien plus athlétiques. Ce format fluet et peut-être désuet, se concentre sur l’essentiel, celui de la subtilité de son intensité, un cigare qu’il faut apprivoiser et chérir à la fois,  dont tous les Béotiens de la turlute facile, de bundle facile, fatigués d’aspirer cette fumée blanche et stérile de leur cigare infantile, devraient un jour revenir à l’essentiel en dégustant ce « Trinidad », un petit cigare vigoureux et bien plus viril que le fumé mou !   

D’aspect un peu rugueux, habillé d’une cape colorado peu lumineuse, ce « Coloniales » se présente d’abord sous l’uniforme de la circonspection, nul besoin de vous satisfaire d’une séduction obséquieuse et outrancière. Mais par un juste, et doux parfum pour unique réplique, mélange bucolique de foin fraîchement coupé, de boisé, d’écorce de pain et de chocolat au lait, flottent dans l’air comme un appel au goûter, celui de la tartine au beurre salé et de son carré de chocolat dans l’autre main. D’entrée, ce « Coloniales » fume déjà un air familier et réconfortant, dans une musique insolente et prudente à la fois.

Dès l’allumage, les premières bouffées s’amusent de notes onctueuses et grasses, dans un militantisme gustatif et olfactif bien acquis, sans violence et sans aucune subversion. Un « Trinidad » à la consistance pleine et briochée, puissant dans sa forme, mais pas assommant qui s’équilibre d’arômes suaves, d’épices poivrées, de noisettes grillées et d’un rai citronné pour l’acidité. D’une rondeur qui excelle, d’une longueur qui s’ajuste et rassure, ce premier temps vous propulse de suite dans une envoûtante chronique, écrite pour les plus insatiables des amateurs, comme moi par exemple.

Dans le 2e temps, son amplitude augmentée n’est plus que formalité à ce stade de la dégustation, grâce à un bel équilibre fait de saveurs grillées, flirtant avec aisance avec celui du torréfié et de l’autre, avec un mélange de fruits secs, de fruits très mûrs et de végétal terreux, s’approchant de celui des champignons. Cette deuxième partie confirme un agrément d’une élégance rare pour ce genre de format, une musique brûlante d’énergie et de préciosité fumante digne d’un opéra de « Verdi ».

Le 3e temps sonne le glas après 40 minutes de pur bonheur, toujours plus consistant, bien plus puissant aussi si on le pousse au-delà de ses retranchements, il faut jouer de prudence et de discernement pour le finir sans se brûler. Franchement, voici un cigare qui dépote sans compter, un « Trinidad » comme j’aime, à déguster avec modération. Evitez surtout les désagréments d’une surchauffe, qui ne ferait que ressortir son côté machiavel de sa puissance. Un classique à déguster, à découvrir, à redécouvrir pour certains, un grand cigare de cœur. Ma note 17/20.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona
  • Taille: 132mm x 17mm
  • Bague: 44
  • Poids: 9,7gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 13chf

trinidad_coloniales_cigare_corona

Trinidad Coloniales

 

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

    

15:02 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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