20/02/2016

Comment ça marche un cigare ?

cigare, fonctionnement, pyrolyse, filtration, condensation

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La formation de la fumée de tabac à partir d’un cigare allumé résulte d’un processus physico-chimique très complexe, comme vous pouvez le constater sur cette coupe schématique. On peut distinguer deux zones, la première est celle-ci, située au niveau de la combustion ou l’oxygène aspiré est encore présent, et une seconde dans la zone de pyrolyse/ distillation très pauvre en apports d’oxygène qui favorise ce processus. La plupart des composés non volatils de la fumée se forment dans la zone de pyrolyse, alors que les composés non volatils de la phase gazeuse se forment des deux côtés du cigare. Comme la composition chimique du tabac est déjà complexe, ce processus de formation génère plusieurs milliers de composés dans la fumée qui se présente sous forme d’un aérosol ( phase liquide + phase gazeuse).

Comme vous pouvez le constater, la fumée de combustion n’est pas exactement la même que celle de filtration. La fumée de filtration se charge sur toute sa longueur de bien d’autres molécules, celles-ci constitueront les premières saveurs ressenties par le dégustateur au moment des premières bouffées, au démarrage les fumées seront très basses en température et progressivement plus élevées au fil du temps. Cette température adéquate est déterminante pour exhausser toutes les saveurs, trop brulantes elle aura un effet dévastateur sur certaines de ces molécules trop fragiles, le cas contraire, certaines ne pourront pas se manifester dans le corps du cigare si la température est trop faible. Petit rappel : Plus un cigare est très gros en diamètre, plus les sensations en bouche vous paraîtront amples et diluées, et plus son diamètre est faible, plus les sensations vous paraîtront intenses et rassasiantes en bouche, bien entendu il y a toujours des exceptions, mais de manière générale, voilà deux principes à retenir.

17:39 Écrit par Edmond Dantes dans Cigare | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/02/2016

Hermosos n°4 "Anejados" d'Hoyo de Monterrey

Pour rappel, la ligne « Anejados » fraichement débarquée en 2015, est censée offrir des cigares vieillis en boîte, affinés si vous préférez, pendant une période de 5 à 8 ans maximum. Une seconde bague « Anejados » atteste cette longue attente, avant sa mise sur le marché, sur le dos de la boîte, la date d’emballage permet de vérifier l’année de conditionnement, ainsi qu’un second tampon de contrôle « Revisado » (contrôlé), pour preuve incontestable de la traçabilité du module en question. Eh bien, avec tous ces éléments, nous sommes en effet rassurés !

Etrangement cet « Hermosos n°4 » n’apparaît nulle part dans les nouveautés 2015 (durant le XVIIe festival Habanos), deux modules étaient officiellement présentés, un « Piramides de Romeo & Julieta et un « Churchill de chez Montecristo, pas de trace de cet « Hoyo ». C’est bien une première, car ce cigare appartient à une nouveauté 2016, déjà disponible fin janvier, bien avant le XVIIIe festival de la Havane de février !! Je trouve cela formidable, c’est un peu un « Anejados Sorpresa », un petit cadeau d’Habanos pour nous faire patienter un peu. Vous me trouvez sarcastique, oui un peu, j'avoue !

Revenons à ce cigare, ce « Corona Extra » et oublions un peu son histoire. D’aspect la cape est d’une belle couleur cuivrée colorado, de texture assez grasse et soyeuse, elle cintre parfaitement et sans faux plis ce corps musclé et souple à la fois. Délicatement boisé, sur un fond aigrelet cacaoté, cet « Hermosos » a toutes ses chances de me soumettre à ses caprices olfactifs. Ce premier contact suggère déjà des choses vraiment intéressantes, à ce stade, je suis très surpris par sa nature très juvénile, pour un cigare « âgé ».

Dès sa mise à feu, la sensation en bouche développe de la nervosité et un caractère courageux, enthousiaste. Ça sent la poudre à canon, le poivre explose de suite en bouche comme un coup de semonce avant la bataille.

Dans un premier temps, passé ces quelques minutes où l’infanterie se repositionne prés à en découdre, le calme s’installe jusqu’à la ligne de front, sur ce terrain gras et velouté, ou la fumée des canons semble devenir bienfaisante et apaisante. Cette torpeur flottant dans l’air, au léger goût suret persistant, canaliser et apprivoise cette dégustation sur des arômes de noix fraîches, de poivron et de boisé humide, aux saveurs épicées. Au loin, à la lunette, je perçois dans cette brume, la forme fantomatique mais perceptible d’un ennemi tant redouté, l’ammoniaque ! Sa présence amicale m’étonne et trouble ma perception, me poussant vers mes retranchements dans une incertitude déconcertante, celle d’étayer encore ma controverse sur l’identité réelle de ce cigare. Dans sa forme, cet « Hermosos » offre un relief plutôt plaisant et équilibré. Sa consistance moyenne s’accompagne d’une longueur harmonieuse et épicée, ou rondeur peine à s’asseoir dans cette première partie, mais rien de très fâcheux dans l’ensemble.

Sur le second temps, je reste toujours partagé, ce cigare me semble bien vert ! Un cigare âgé possède une identité bien plus ronde. Cette complexité aromatique que nous recherchons tous, à tendance à se niveler au fil des années dans une linéarité raffinée et élégante. Le cigare perdra aussi de sa force dans son intensité gustative. En somme, l‘encéphalogramme des saveurs devient en général plus végétatif en quelque sorte et plus harmonieux à la fois, suivant la nature du cigare.

Bref, à ce stade de la dégustation, je le trouve toujours très onctueux en bouche et de très bonne consistance, révélant maintenant une rondeur corrigée, aux saveurs subtiles et contrastées. Sa fumée diffuse des notes plaisantes et organisées, de boisé humide, de champignon et de café crème épicé, légèrement poudré d’une douceur ‘meringué’. La rétro olfaction confirme une puissance irritante, et confirme son caractère préado, déjà affirmé et policé à la fois pour un « Anejados ». Dans sa globalité, je le trouve confortable et agréable à déguster. Un cigare aux saveurs soutenues qui persiste tout au long de cette dégustation vers une consistance toujours crescendo.

Pour terminer, et sans surprise ! Cet « Anejados » termine son voyage sur une musique impérieuse, de poivré, de champignon, de terre, de vieux cuir et de saveurs torréfiées un peu lourdes et empâtées pour les apprécier, le tout sur un final cuisant, assez singulier ma foi, ce cigare me rappelle étrangement la partition jouée d’un grand robusto de 2014, un « Juan Lopez, exclusivo Benelux » dégusté récemment. Bien évidemment, ce n’est pas exactement la même chose, mit à part son agrément très semblable à celui-ci ! Ma note de cœur entre 11 et 16/20, 11 pour l’« Anejados » vendu comme tel ! Et 16 pour cet « Hermosos n°4…        

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona extra
  • Taille: 127mm x 19mm
  • Bague: 48
  • Poids: 12gr
  • Année: 2008/2011( je ne sais plus ! )
  • Prix Suisse: 18chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

17:41 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Hoyo de Monterey | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2016

Partagas Coronas Gordas Añejados

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Le "Partagas Coronas Gordas" sera la quatrième série d'Añejados annoncée à la vente au premier trimestre de l'année 2016 par Habanos SA.
Ce Coronas Gordas est une vitole de 143 mm de longueur, avec un cepo de 46. Ce produit sera sur le marché en boîte de 25, et son prix est estimé entre 14-15 €.
Une autre rumeur annonce aussi un "H. Upmann Robusto" qui pourrait être le cinquième produit de cette série (Añejados).
Habano SA devrait continué, avec l'ajout de 2 autres marques (Cohiba et José L. Piedra) dans la série Añejados.

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Bref, c'était juste une simple information ( no comment ).

"Une question me taraude la cervelle et reste un mystère pour moi. Comment un pays qui rencontre autant de problème d’approvisionnement, de qualité de tabac et de logistique de production pour approvisionner une belle partie de la planète, arrive à proposer parallèlement des cigares conservés de 7 et 8 années en boîte ?? Ces fameux « Anejados » semblent sortir d’une botte secrète, mais de quel pied ?

Deux solutions possibles, soit les responsables Habanos de 2007 ont vraiment eu le pif pour prédire l’avenir du cigare dès 2015, en stockant pour les amateurs de demain, des « cigares âgés » vendus à des prix très prohibitifs, eh oui ! Tout le monde a digéré ce dicton, « plus c’est vieux, meilleur sera votre fumée », paraît-il ?

Ma 2e solution qui n’engage que moi bien sûr et bien plus licencieuse que l’autre, ces « Anejados » seraient des cigares posant peut-être un problème au moment de leur mise sur le marché sur le plan gustatif, pas assez mature pour être vendu durant l’année en cours, afin de ne pas gâcher cette marchandise, et là, on parle tout de même de quantité non- négligeable de cigare = $$$, Habanos a préféré attendre qu’une meilleure occasion se présente pour nous les ressortir.

Ces cigares dégriffés en quelque sorte, avec quelques défauts, pratiques analogues au pré à porter par exemple, eh oui en y réfléchissant, rien, n’affirme que le « Montecristo Anejados » ou le « Romeo Anejados » et « Hoyo Anejados » appartiennent bien à leur boîte. C’est juste un point de vue qu’on est en droit d’analyser, je ne juge pas et je ne condamne pas ce procédé, cette idée de ne rien jeter et laissez reposer un certain temps pendant que la nature continue d’affiner son travail est honorable, jusqu’à l’instant T, ensuite y apposer une seconde bague, je trouve l’idée marketing géniale si s’en est une, très rentable pour Habanos de surfer sur l’engouement actuel pour les cigares âgés, le tout en déstockant des milliers de cigares qu’il ne savait que faire ? Ce que je condamne par contre, c’est de nous prendre pour des c… en nous faisant payer le prix fort. Pourquoi pas prochainement, une bague « Extra Viejo » ou « Super Anejados ». Cette réflexion m’appartient en tant qu’amateur et reste tout à fait légitime et vous qu’en pensez-vous ?

Pour info, ces trois cigares, je les ai bien entendus dégustés."

12:40 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/02/2016

790 millions de cigares, et moi, et moi, et moi...

Plus de six décennies de roulage de cigares premium, de ses petites mains ridées, le légendaire Arnaldo Alfonso Ybanez, 78 ans est fier de voir aujourd’hui ses "havanes" offerts aux dignitaires des différents Etats et autres, visitant sa boutique de l’Hôtel Palco dans l’ouest de La Havane. Aujourd’hui, il est enchanté par l'idée que ses clients allumeront un jour leur « Habanos » à New York, à Los Angeles ou ailleurs aux États-Unis, là où depuis 54 ans, les cigares cubains étaient prohibés, suite à l'embargo américain annoncé en 1962 par JFK à l’encontre du nouveau pourvoir établi sur l’île.

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Arnaldo Alfonso Ybanez.

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Hôtel Palco.

Les fabricants de cigares cubains se lèchent les babines, plus de nouvelles règles américaines, ont été annoncées en décembre, dans le cadre d'une détente partielle, ce qui permet à plus d'Américains de se rendre sur l'île et ramener légalement de petites quantités de « stogies » convoités pour la première fois depuis des décennies.

Comme chaque année, le Festival annuel del Habano célèbre le cigare en se terminant par le mythique dîner de gala, cette année les fonctionnaires de la profession ont déclaré qu’ils attendent de doubler la vente de cigares premium, appelés « habanos » de 3 millions à 6 millions d’unités d’ici 1 ans.

"Ceci est un saut important dans tout juste un an", a déclaré Jorge Luis Fernandez Maique, ex-vice-président de Habanos SA, cette entreprise mixte que se partagent Cubatabaco et la société britannique Altadis. « C’est un boom historique pour le marché du cigare cubain."

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Jorge Luis Fernandez Maique (ex-vice-président de Habanos SA).

Les ventes supplémentaires représenteraient une augmentation modeste de la production annuelle globale de l'entreprise d'environ 90 millions à 100 millions d'unités haut de gamme pour répondre à la demande intérieure et internationale, principalement en Europe et en Chine. Mais les responsables voient que la tête du cigare. Si l'embargo américain venait à tomber au milieu d'une normalisation des relations diplomatiques, Habanos S.A estime qu'il pourrait toucher près d'un tiers du marché américain, le plus grand dans le monde pour les cigares.

Près de 600.000 visiteurs américains se sont rendus à Cuba, l'année dernière, un chiffre qui inclut la plupart des Cubain-Américains en visite dans leur famille, mais aussi des dizaines de milliers de personnes participant à des échanges éducatifs et religieux juridiques. On prévoit que ce nombre augmente, mais ils ne savent toujours pas dans quelle mesure.

Beaucoup de boutiques se visitent, comme celle où Alfonso travaille.

"Ils sont conscients que ce sont des cigares de premier ordre», a déclaré Teresita Diaz, une vendeuse du magasin.

Selon les nouvelles règles, les voyageurs américains sont désormais autorisés à ramener jusqu'à 100 $ en tabac et l'alcool combinés, beaucoup moins que les 3000 $ à 4000 $ de ventes que Diaz peut expédier pour certains des amateurs canadiens, européens et chinois.

Les touristes américains peuvent fumer autant de cigares qu’ils le désirent sur l’île, et ils peuvent à titre d’exemple revenir sur le continent avec environ cinq paquets de Montecristo n° 4 (prix de vente: 27,75 $) ou de Cohiba Siglo I (34,50 $) sans violer la loi sur les restrictions d’achat.

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Si même la moitié du nombre actuel de voyageurs américains devait acheter des cigares chaque jour pour 50 $, cela ajouterait jusqu'à environ 15 millions de $ de nouvelles recettes pour la société Habanos S.A en 2016.

Obtenir l'approbation d'exporter des cigares aux États-Unis serait une véritable aubaine pour Cuba.

Habanos S.A, qui a enregistré des ventes mondiales de 439 millions de $ l'an dernier, estime qu'il pourrait vendre environ 790 000 000 de cigares, doublant presque la production actuelle de Cuba, si l'embargo était levé.

Ce ne serait possible qu'avec l'approbation du Congrès contrôlé par les Républicains. Après le buzz initial sur l'annonce du 17 décembre que Washington et La Havane se déplaceraient pour rétablir les liens, les progrès ont été lents sur la résolution de beaucoup de questions, notamment celle de la réouverture des ambassades dans les deux pays respectifs.

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Congrés américain.

Il y a aussi des questions sur la capacité de Cuba à augmenter la production pour répondre à la demande américaine. Le pays souffre de grandes lacunes dans les infrastructures liées à cette industrie, et les producteurs de tabac se plaignent souvent des retards de transport suivant la récolte qui cause de gros problèmes sur la qualité des feuilles.

«Il est clair que, même aujourd'hui, les montants (récoltées) ne sont pas suffisants a déclaré Ricardo Salas, qui distribue les cigares cubains à Chypre.

Alors qu’un bon nombre d’amateurs américains seraient initialement tentés par le «fruit défendu» sur bien des aspects du cigare cubain, beaucoup pourraient les trouver trop puissants à leur goût, pas assez familier.

Salas et d'autres experts ont déclaré que les marques cubaines les plus douces telles que Montecristo et Romeo y Julieta seraient probablement appréciées aux États-Unis, bien mieux que les Partagas et Cohiba, réputés de plus fort.

Après plus de cinq décennies de rupture, « l'Américain moyen » ne connaît pas ce produit « made in Cuba", a déclaré Salas. Leur seule comparaison provient des cigares provenant d’Amérique Centrale et de république Dominicaine, des tabacs aux saveurs plus douces et plus discrètes pour la majeure partie. A cela s’ajoute aussi le prix du cigare Cubain, bien plus chère que la moyenne, située entre 4 et 6 $ le module ! Difficile à ce jour de projeter un schéma économique sur les habitudes des fumeurs américains. Affaire à suivre dans les prochains mois.

17:09 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

H.Upmann "Reserva Cosecha 2010"

Présenté durant le Festival del Habanos de février 2014, ce « H.Upmann n°2, Reserva Cosecha 2010 » a pris tout son temps pour atteindre nos civettes en ce début d’année 2016, cette production limitée à 100000 pièces, conditionnées en 5000 boîtes, reste une édition qui risque fort d’être épuisée très rapidement. Pour ma part, la chance m’a souri la semaine passée, puisque « Davidoff Geneva » le proposait à la pièce, seuls 20 cigares à la vente sur les 4 boîtes reçues pour le moment, chose très rare pour un « cosecha », le plus souvent vendu à la boîte, ce qui me permet aujourd’hui d’en faire la dégustation ! Encore merci pour l’initiative de cette civette. Pour info, ce «pyramid » reprend exactement le format actuel du n°2, inchangé depuis plus de 55 ans. (156 x 52 )

Le « Reserva » par définition est un Habanos dont les feuilles de tripe, de sous-cape et de cape ont été vieillies pendant au moins trois ans avant l’élaboration définitive du cigare. Pour les différencier des autres, chaque cigare porte une seconde bague, noir et argent pour les « Reserva » et noir et or pour les « Gran Reserva ». Ce puro, comme annoncé par « Habano » provient de la récolte de 2010, bref calcule, ce qui nous fait 3 ans + 1 année de repos à Cuba avant leur mise sur le marché pour 2014, par contre cette fois-ci, nous avons le droit à une année supplémentaire de vieillissement en boîte ou peut-être pas ! Est-ce un retard dans la production ou dans l’acheminement ? Je trouve que ça fausse un peu les caractéristiques gustatives de ce cigare, dit « Reserva » pour les amateurs que nous sommes. Et pour 2015, c’est au tour du « wide churchill de Romeo & Julieta Gran Reserva Cosecha 2009» de subir les mêmes aléas, sortie prévue courant 2016 ou 2017 ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Revenons à notre n°2, je ne sais pas pour vous, mais une bague « Reserva » donne toujours un pouvoir étrange au cigare, faite pour vous intimider dans votre jugement, celle-ci résonne comme un insigne étatique et irréfutable, d’une administration kafkaïenne préposée au « triomphe du bon goût ». D’entrée, tous vos préjugés favorables rentrent en conflit avec votre désir d’impartialité, votre analyse objective en oubliant le désir de plaire à tout le monde.

Joliment cintré d’une cape soyeuse de couleur caramel  ‘colorado’, ce « pyramid » annonce la couleur dès les premiers instants, un cigare d’à peine 12 grs sur la balance, bien plus léger que son homologue le « Pyramid Roméo & Julieta Anejado 2014 » affichant un poids de 15 grs, 12 grs c’est vraiment peu pour un cigare ! Ce n’est pas juste une question de quantité de tabac, mais juste un confort de poids idéal, lorsque que je le soupèse en main. Olfactivement, je trouve son bouquet assez discret, ça flirte bon le boisé épicé, le bois précieux et le chocolat laiteux (kinder). Mais, au mouillage, rien de très significatif au goût, plutôt neutre en bouche.

L’allumage se fait avec aisance (tirage bien ventilé), illustré par une attaque gustative d’une douceur agréable et onctueuse, dès la seconde bouffée.

Dans un premier temps, je ne dirai pas que cet « Upmann » me transporte sur le chemin de l’allégresse ou de la béatitude, certes ce cigare commence juste à poser ses fondations. L’ensemble expose un fumage gracieux, à la rondeur tout à fait agréable. Petit bémol, je trouve sa persistance un peu courte, celle-ci orné de quelques notes suaves et sucrées, sur un fond boisé épicé et de fruits secs. Il lui manque ce petit truc dans la profondeur de ses arômes, un peu trop lissé dans sa forme.

Le 2e temps évolue vers une longueur plus chevronnée dans un sens, toujours dans une certaine légèreté et d’une constance plaisante. Ce n°2 offre un cigare harmonieux à la consistance affable en bouche, rien d’outrageant dans la partition. Les notes endémiques se consolident dans leur évolution dans un léger épicé chocolaté qui ne bouscule en rien cette dégustation, moyennement puissante dans ses arrangements. Un cigare velouté, subtil et accessible aux amateurs de cigare « médium », et non rassasiant !

Le dernier tango, temps ! Propose une volupté plus prononcée, une sorte d’efflorescence éphémère de virilité, un regain de consistance vulgaire et grave, suivit d’un final que je présageais profane, eh bien non, pas du tout, chose étrange et rare, ce n°2 retourne à sa forme tempérée du meilleur refrain, et cela jusqu’à l’épuisement. Pour être critique, ce « Reserva » me laisse tout de même sur ma faim, il lui manque cette élégance des grands, qui ont cette faculté à vous faire voyager. Ma foi, cet « Upmann » reste un bon cigare que je conseille vivement à ceux qui pourront le déguster. C’est juste mon ressenti, ça n’engage que moi. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 12gr
  • Année: 2010
  • Prix Suisse: 41chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

14:23 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |