03/02/2016

H.Upmann "Reserva Cosecha 2010"

Présenté durant le Festival del Habanos de février 2014, ce « H.Upmann n°2, Reserva Cosecha 2010 » a pris tout son temps pour atteindre nos civettes en ce début d’année 2016, cette production limitée à 100000 pièces, conditionnées en 5000 boîtes, reste une édition qui risque fort d’être épuisée très rapidement. Pour ma part, la chance m’a souri la semaine passée, puisque « Davidoff Geneva » le proposait à la pièce, seuls 20 cigares à la vente sur les 4 boîtes reçues pour le moment, chose très rare pour un « cosecha », le plus souvent vendu à la boîte, ce qui me permet aujourd’hui d’en faire la dégustation ! Encore merci pour l’initiative de cette civette. Pour info, ce «pyramid » reprend exactement le format actuel du n°2, inchangé depuis plus de 55 ans. (156 x 52 )

Le « Reserva » par définition est un Habanos dont les feuilles de tripe, de sous-cape et de cape ont été vieillies pendant au moins trois ans avant l’élaboration définitive du cigare. Pour les différencier des autres, chaque cigare porte une seconde bague, noir et argent pour les « Reserva » et noir et or pour les « Gran Reserva ». Ce puro, comme annoncé par « Habano » provient de la récolte de 2010, bref calcule, ce qui nous fait 3 ans + 1 année de repos à Cuba avant leur mise sur le marché pour 2014, par contre cette fois-ci, nous avons le droit à une année supplémentaire de vieillissement en boîte ou peut-être pas ! Est-ce un retard dans la production ou dans l’acheminement ? Je trouve que ça fausse un peu les caractéristiques gustatives de ce cigare, dit « Reserva » pour les amateurs que nous sommes. Et pour 2015, c’est au tour du « wide churchill de Romeo & Julieta Gran Reserva Cosecha 2009» de subir les mêmes aléas, sortie prévue courant 2016 ou 2017 ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Revenons à notre n°2, je ne sais pas pour vous, mais une bague « Reserva » donne toujours un pouvoir étrange au cigare, faite pour vous intimider dans votre jugement, celle-ci résonne comme un insigne étatique et irréfutable, d’une administration kafkaïenne préposée au « triomphe du bon goût ». D’entrée, tous vos préjugés favorables rentrent en conflit avec votre désir d’impartialité, votre analyse objective en oubliant le désir de plaire à tout le monde.

Joliment cintré d’une cape soyeuse de couleur caramel  ‘colorado’, ce « pyramid » annonce la couleur dès les premiers instants, un cigare d’à peine 12 grs sur la balance, bien plus léger que son homologue le « Pyramid Roméo & Julieta Anejado 2014 » affichant un poids de 15 grs, 12 grs c’est vraiment peu pour un cigare ! Ce n’est pas juste une question de quantité de tabac, mais juste un confort de poids idéal, lorsque que je le soupèse en main. Olfactivement, je trouve son bouquet assez discret, ça flirte bon le boisé épicé, le bois précieux et le chocolat laiteux (kinder). Mais, au mouillage, rien de très significatif au goût, plutôt neutre en bouche.

L’allumage se fait avec aisance (tirage bien ventilé), illustré par une attaque gustative d’une douceur agréable et onctueuse, dès la seconde bouffée.

Dans un premier temps, je ne dirai pas que cet « Upmann » me transporte sur le chemin de l’allégresse ou de la béatitude, certes ce cigare commence juste à poser ses fondations. L’ensemble expose un fumage gracieux, à la rondeur tout à fait agréable. Petit bémol, je trouve sa persistance un peu courte, celle-ci orné de quelques notes suaves et sucrées, sur un fond boisé épicé et de fruits secs. Il lui manque ce petit truc dans la profondeur de ses arômes, un peu trop lissé dans sa forme.

Le 2e temps évolue vers une longueur plus chevronnée dans un sens, toujours dans une certaine légèreté et d’une constance plaisante. Ce n°2 offre un cigare harmonieux à la consistance affable en bouche, rien d’outrageant dans la partition. Les notes endémiques se consolident dans leur évolution dans un léger épicé chocolaté qui ne bouscule en rien cette dégustation, moyennement puissante dans ses arrangements. Un cigare velouté, subtil et accessible aux amateurs de cigare « médium », et non rassasiant !

Le dernier tango, temps ! Propose une volupté plus prononcée, une sorte d’efflorescence éphémère de virilité, un regain de consistance vulgaire et grave, suivit d’un final que je présageais profane, eh bien non, pas du tout, chose étrange et rare, ce n°2 retourne à sa forme tempérée du meilleur refrain, et cela jusqu’à l’épuisement. Pour être critique, ce « Reserva » me laisse tout de même sur ma faim, il lui manque cette élégance des grands, qui ont cette faculté à vous faire voyager. Ma foi, cet « Upmann » reste un bon cigare que je conseille vivement à ceux qui pourront le déguster. C’est juste mon ressenti, ça n’engage que moi. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 12gr
  • Année: 2010
  • Prix Suisse: 41chf  

upmann_reserva.cosecha.2010.jpg

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

14:23 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

16/20, ce n'est pas si mal mais c'est la note minimum que je donne d'habitude au N°2. Un tel cigare se devrait d'être exceptionnel puisqu'il est vendu (très cher!) et vanté comme tel. Je vais donner aux miens, pas encore goûtés, une année de cave... C'est souvent la solution !

Écrit par : Cape ! | 05/02/2016

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