29/01/2016

Domus Magnus Caligula "Casa Magna"

Le « Domus Magnus limitada » comme son nom l’indique est la ligne exclusive des « Casa Magna colorado et oscuro » plus communes sur le marché, et surtout plus facile à se procurer. Cette ligne de cigares nicaraguayens est produite en République Dominicaine par la fabrique familiale «Quesada», spécialisée dans le cigare premium depuis 1974 qui diffuse entre autres les marques ( Quesada, Fonseca Dominicain, Cubita, Regius et la petite dernière en référence à la série « Breaking Bad, le cigare Heisenberg ). Pour ceux qui ne connaissent pas les « Casa Magna », je les invite à combler rapidement cette carence en commençant par la ligne colorado plus largement diffusée ! Malheureusement, pour les « Domus Magnus » ( modules Optimus, Primus et Caligula ), votre opiniâtreté et votre curiosité vous permettront peut-être d’y accéder, notamment chez nos amis belges, à Tournai par exemple, la «civette de Johan D’Hondt», pour la France et la Suisse on n’oublie, casi impossible pour le moment, mise à part les «Casa Magna » de la gamme classique !

Bref, si vous cherchez un bon cigare Nicaraguayen, il est fait pour vous, très accessible en prix et de bon goût surtout (entre 8 et 10€), commencez par cette marque toutes lignes confondues, vous ne le regretterez pas. (parole d’Edmond)

Aujourd’hui, celui sur lequel j’ai jeté mon dévolu se prénomme le «Caligula», toujours sur la même thématique latine, en référence cette fois-ci au très sanglant empereur romain qui régna de 37 à 41 après JC. Ce module rappelle et s’inscrit dans un format appelé perfecto ou obus, avec la particularité supplémentaire d’un cigare «box pressed»(diamètre écrasé de forme carrée). La cape maduro, lisse et très uniforme, sans défauts apparents, développe un parfum timoré, valsant du chocolat truffé et légèrement suret, aux notes plus délicates de grillées. Dans l’ensemble, le visuel et l’olfactif s’entendent à merveille, offrant un duo des plus séduisants dans ce corps ferme et musclé.

A l’allumage, c’est une envolée poivrée, très explosives qui s’invite dès les premières bouffées.

Dans un premier temps, sa consistance offre en bouche une forme distinctive de terreux empyreumatique, très marquée. Je peux comprendre que cette entrée en matière n’est pas forcément le goût de tous et peu en détourner plus d’un. En même temps, c’est cette singularité qui rend intéressant ce terroir en lui donnant cette distinction et cette éloquence aromatique. En effet, nous sommes loin de l’insipidité latente de certains cigares que je ne nommerai pas, deux, voire trois plus chères ! Les saveurs évoquent, un mélange de boisé et de terre brûlée, de café poivré, ainsi que l’amertume de la fève de cacao mélangé à l’âcreté d’une bière très maltée, du genre d’une « Hercule Stout » pour ne pas la citer. Des saveurs outrageantes qui prennent rapidement en otage vos papilles dans une dégustation colorée, contrastée et puissante, je pense par exemple au cuistot qui caramélise ses petits légumes au vinaigre balsamique. Fort heureusement, cette autorité gustative ne vient pas vous submerger de vilaines notes lourdes et piquantes, à condition de maîtriser la combustion, en effet, inutile de le chauffer inutilement, ça le rendrait rapidement brûlant et déplaisant.

Après environ 25 minutes, sa forme semble s’arrondir, sans parler d’onctuosité celle-ci devient plus prévenante d’une certaine manière, mais rassurez-vous celui-ci continue d’expédier avec enthousiasme, ses notes épicées et de saveurs lointaines de grain de café piochées dans la boîte en fer chez grand-maman à côté des filtres « Melitta », et oui quand on est gosse, on ose tout ! A ce stade, pour l’égratigner un peu, tout de même, je le trouve asséchant, cela est dû essentiellement à l’érosion de mes sens après 45 minutes de fumage intense. Sinon, rien à signaler dans cette seconde partition qui qualifierait ce cigare d’évolutif, mise à part son volume gustatif qui s’intensifie au fil du temps. Roboratif et rassasiant, ce Caligula diffuse généreusement une musique riche de sensation vineuse et terreuse torréfiée d’une bière comme une«Barley Wine»( vin d’orge en français, bière à haut degré d’alcool).

Le finale approche inexorablement, vers une tessiture harmonieuse, toujours plus puissante en bouche, très épicé, suivit de notes comme celle de la viande brûlée, de la tourbe, des fruits secs torréfiés qui finissent par empâter ma perception et à l’alourdir de notes plus graves. C’est à moment-là, que je trouve judicieux en fin de fumage, de lui apporter un peu d’adiposité par l’absorption d’un carré de chocolat noir, ici un cru providentiel d’Esmeraldas à 98% de cacao en provenance d’Equateur, découvert sur le site «cafémichel» que je conseille, ou d’autres crus sont également disponibles ( Pérou, Madagascar, Nicaragua et Haïti). L’alliance des deux est vraiment magique pour clore l’analyse de ce « Casa Magna Domus Magnus ». Ce cigare vous l’aurez compris, n’est pas fait pour les enfants ! Il demande une certaine habitude, je pense, à être dégusté et non à être fumé, cette nuance est vraiment importante pour l’apprécier. Ma note de cœur 16/20, un bon nicaraguayen, aux arômes profonds et ronds.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Perfecto "box pressed"
  • Taille: 152mm x 21/17mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,8grs
  • Année: 2015
  • Prix Espagne: 9,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

16:26 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/01/2016

Les révolution du cigare.

Une levée de l’embargo sur ce produit mythique susciterait craintes et espoirs. Aussi en Suisse.

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Fidel Castro peut continuer de sourire, son pays est en passe de faire une très belle opération dans l’univers du cigare.

Inquiétude. Le mot revient souvent auprès des fabricants de cigares quand on évoque la levée de l’embargo américain sur Cuba, qui se dessine depuis que Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec l’île des Caraïbes l’an dernier. Inquiétude, notamment parmi ceux qui ont fui le régime communiste pour aller planter et rouler du tabac dans les pays voisins. Le gouvernement des frères Castro, après s’être approprié leur exploitation et les marques qu’ils avaient souvent eux-mêmes créées, pourrait venir les menacer outre-Atlantique, sur le plus gros marché du cigare du monde. Voire tuer leur business – les modèles made in Cuba bénéficient d’une aura susceptible d’étouffer toute concurrence.

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Raul Castro & Barack Obama.

A Estelí, au Nicaragua, 20'000 personnes vivraient directement de cette industrie. La République dominicaine exporte plus de 300 millions de cigares par an (contre une centaine de millions pour Cuba, selon les estimations, La Havane ne livrant aucun chiffre à ce sujet). En Floride, les exilés cubains de la diaspora vendent des versions roulées dans les Caraïbes.

Une île qui manque de cigares.

Inquiétude, le mot jaillit également en Suisse. «Nous sommes confrontés à une difficulté d’approvisionnement avec Cuba depuis plusieurs années. Si la demande devait exploser aux Etats-Unis, le cigare cubain pourrait devenir rare», confie Louis-Charles Lévy, administrateur de Diramex SA, une holding familiale genevoise détenant un quart des parts d’Intertabak SA, l’importateur officiel de cigares cubains en Suisse.

De nombreux pays européens, d’Asie et du Moyen-Orient se sont tournés vers d’autres pays producteurs pour cette raison, note Richard Carleton Hacker dans son livre The Ultimate Cigar Book (4e édition, publiée en juin 2015). «Ce qui se passera après l’éventuelle levée de l’embargo américain est un gros point d’interrogation», renchérit Vahé Gérard, à la tête de l’entreprise familiale de cigares Gérard.

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Habanos SA, la compagnie chapeautant l’industrie des cigares cubains (elle appartient à 50% à La Havane et à 50% à la multinationale britannique Imperial Tobacco et détient la moitié du capital d’Intertabak), estime pourtant pouvoir saisir jusqu’à 30% du marché des Etats-Unis et y vendre 90 millions de pièces par an. Une aubaine pour le pays, dont les cigares seraient le troisième bien le plus exporté après les produits pharmaceutiques et le nickel. Mais Habanos a un problème: elle manque de moyens – financiers, technologiques et humains, les jeunes se détournant de l’agriculture – pour satisfaire un marché global pourtant morose.

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En France, en Allemagne, en Espagne, les ventes déclinent. A ce rythme, on ne trouvera plus de cigares en Grande-Bretagne d’ici à 2026, a calculé le Financial Times . Or, en Asie, le cigare ne séduit pas. Les Chinois, pour se détendre, lui préfèrent l’opium, le thé, voire les massages.

En Suisse, les cigares sont moins taxés que dans les pays voisins. A l’unité, leurs ventes ont certes crû de 4% l’an dernier avec 181 millions de pièces écoulées (dont 141 millions de cigarillos, ces petits formats peu chers se vendant désormais mieux, notamment auprès des jeunes), selon le cabinet Euromonitor International. Mais, en valeur, elles ne progressent guère depuis le début du millénaire. Près des deux tiers des importations helvétiques de cigares émanent de la grande île et quatre entreprises dominent le secteur des cigares (cubains ou non) en Suisse: Dannemann, Villiger, Scandinavian Tobacco Group et Oettinger Davidoff.

D’autres se disent moins inquiets: «Les cigares cubains sont chers. Nous ne pensons pas que les Américains voudront payer trois à quatre fois plus pour leurs cigares», estime Heinrich Villiger. Le propriétaire de l’entreprise Villiger Fils – qui possède un quart d’Intertabak – envisage tout de même de faire face à une pénurie de feuilles de tabac en cas d’ouverture du marché américain.

Le climat qui se durcit à l’égard des fumeurs tourmente davantage Heinrich Villiger. A Berne, l’Office fédéral de la santé publique a soumis au parlement un projet de loi – qui sera traité cet automne – visant à durcir la publicité, la vente et l’information sur les risques pour la santé des produits issus du tabac. Des fabricants regrettent que les autorités ne cherchent pas à dissocier dans ces textes cigarettes et cigares, deux produits pourtant très différents.

Age d’or et contrebande.

Retour à Cuba (où existent aussi des lois contre la fumée). Le régime castriste n’a pas toujours entretenu de bonnes relations avec les Suisses. Une affaire reste mystérieuse aujourd’hui: celle qui a conduit en 1989 Oettinger Davidoff à stopper ses activités dans l’île et à les reprendre en République dominicaine. Le groupe bâlois aurait été poussé vers la sortie par La Havane, qui souhaitait prendre possession de la marque Davidoff, selon ses concurrents. Une version que le groupe réfute totalement (lire ci-contre). Ce dernier vend bien depuis des modèles cubains – mais ils ne sont jamais estampillés Davidoff – qu’il achète à Intertabak ou sur le marché parallèle via sa filiale Säuberli & Cie (ce qui est légal).

Les contrebandiers, eux, doivent carrément s’affoler. On estime en effet à 10 millions le nombre de cigares cubains qui arriveraient au noir chaque année aux Etats-Unis par des canaux appelés à disparaître en cas de légalisation. Même au sommet du pays, on a joué avec les limites: douze heures avant qu’il ne prononce en 1962 un embargo à l’encontre de Cuba, le président John Kennedy a fait commander un millier de H. Upmann Petit Coronas, une marque huppée de La Havane, pour se détendre après la rupture des relations commerciales avec le voisin du Sud.

Dans toutes ces inquiétudes, certains voient aussi de bonnes nouvelles. «Une concurrence accrue pousse les fabricants à améliorer la qualité de leurs cigares», selon Vahé Gérard. «On vit aujourd’hui un âge d’or: il n’y a jamais autant eu de marques de cigares et de tabacs différentes», souligne de son côté Richard Carleton Hacker. Le Sénat américain, qui doit valider ou non la levée historique proposée par son président, en tiendra aussi sûrement compte. (24 heures)

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Richard Carleton Hacker ( The Ultimate Cigar Book ).

Source: 24heures.ch

Article: Richard Etienne.

16:20 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La conservation des cigares selon Edmond.

Conserver ses cigares ?

Il existe une multitude d’ouvrages très techniques que je ne remettrai pas en question sur la conservation des cigares, écrit par de nombreux érudits, je pense notamment à Vahé Gérard, à Didier Houvenaghel, à Jean-Michel Haedrich ou à Gilbert Belaubre pour les plus remarquables qui ont tous, sans exception abordé ce sujet crucial avec grand soin, dans des livres que je vous invite à lire. Tous sont unanimes pour dire qu’un cigare a besoins d’une température et d’une humidité constantes pour préserver dans les meilleures conditions possibles nos précieux modules, avec un ratio moyen de 18-20° pour 70-73% d’humidité relative. La raison est bien simple, un cigare correctement humidifié se compose en moyenne de 87% de matière organique (les feuilles) et de 13% H2O (l’eau) dans un environnement de 70% d’humidité. Ses excès et ses carences entraînent souvent des transformations biochimiques tragiques, un cigare trop sec verra sa température de combustion augmentée et ses molécules aromatiques les plus fragiles se dégrader rapidement, avec une sensation en bouche rappelant celle de la poussière ou de "grenier", a contrario un cigare trop humide brûle difficilement et donne un goût âcre et lourd évoquant parfois un goût d’hydrocabure. En l’absence d’oxygène dans la filtration, la zone de combustion finit par se carboniser, et devient dans certains cas extrêmes un véritable morceau de charbon de bois, très compacte ou le flux d’air à l’intérieur du corps devient impossible. Ces dégâts internes entraîneront aussi des lésions externes incurables, gonflement anormal et craquelure de la cape par exemple. Sa bonne conservation agit donc, directement sur la combustion, l’importance de cette constance d’humidité relative est essentielle pour garantir une qualité optimale lors de la dégustation.

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Humidor IZAMBAR.

Mais peut-on sauver un cigare jugé trop sec ? Je dirai, oui parfois, à condition que celui-ci ne soit pas resté trop longtemps en dessous des 45/50%, il sera néanmoins possible et de manière graduelle de remonter ce taux d’humidité, mais au-delà des -30% votre cigare aura subi bien trop de perte pour être sauvé. L’inverse semble peut-être moins grave qu’il n’en paraît, trop humide, il suffit simplement de le réacclimater dans un environnement propice à 70%, par contre le réel danger d’un cigare longtemps conservé au-delà des 85%, c’est qu’il peut avoir subi des dommages physiologiques désastreux, en effet celui-ci peut développer par exemple des moisissures invisibles à l’œil nu, niché au cœur de votre cigare qui en affecteront son goût, un peu comme un énième état fermentif qui le ruinerait définitivement ! Vous l’aurez compris, il y a des limites à tout pour guérir un cigare « On ne met pas un emplâtre sur une jambe en bois ». Ne l’oubliez pas, la feuille de tabac reste un produit organique très fragile.

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Humidor IZAMBAR.

Aujourd’hui, il existe sur le marché de nombreux moyens pour conserver vos cigares je pense bien entendu à la traditionnelle cave à cigares, appelé le plus souvent ‘humidor’. On en trouve de tous les matériaux, de toutes les formes et toutes les couleurs, en plexiglas, en bois, en pierre, en verre, etc., selon votre degré d’appréciation. Toutes ces caves possèdent en général un système commun et passif d’humidification dans lequel une simple mousse ou des cristaux gélifiés diffusent de l’humidité au travers d’un boîtier pendant une période allant de 3 semaines à 2 mois maximum selon le type de modèle et du volume de votre cave, ils en existent d’autres plus perfectionnés possédant des systèmes actifs de type hygrostat, des humidificateurs électroniques intelligents qui régulent votre cave pendant votre absence, forts utiles lorsque vous vous absentez de chez vous pendant de longues périodes jusqu’à plus de 3 mois pour certaines. Ces 2 systèmes demandent tous la même vigilance, certes ils nous rendent de grand service, mais vous devez toutefois vérifier que leur contenu en liquide, une eau déminéralisée de préférence évite la prolifération de bactérie qui en affecterait l’écosystème de votre cave, si cette eau provenait de votre robinet, tel serait le cas.

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Humidor IZAMBAR.

Pour une meilleure optimisation, une cave à cigares, selon moi, doit contenir environ 60% de son volume en cigare, et doit posséder une enveloppe interne en bois massif (non verni) d’une épaisseur au minimum de 10 à 20mm, en cèdre espagnol ou tout autre bois équivalent, comme de l’Oukoumé ou du Bossé. Le bois joue un rôle primordial dans les échanges internes avec vos cigares, celui-ci au fil des mois agit comme une sorte d’éponge en restituant partiellement son humidité emmagasinée, créant une sorte de biotope entre le contenu et son contenant, à ce moment-là votre cave commence à vivre et à respirer. D’ailleurs pour accélérer la chose, il est vivement conseillé d’humidifier légèrement les parois intérieures de votre cave pour activer ce processus, inutile donc de l’immerger et de la noyer pour autant, il en faut très peu, tamponner l’intérieur avec un linge propre et humide très délicatement. Il faudra compter en moyenne un à deux mois avant de la stabiliser.    

Une cave en verre ou en plexiglas n’aura pas ce genre de propriété intrinsèque, malgré tout elles obtiennent de très bons résultats à condition de l’équiper d’un bon humidificateur. Eh oui, qui n’a pas eu recours à la traditionnelle boîte « Tupperware » pour stocker ses cigares, je suis entièrement d’accord, sur la table du salon, ce n’est pas terrible ! Un autre inconvénient de ces caves très design, concerne leur transparence, le cigare n’apprécie pas la lumière et lui préfère celle de l’obscurité.  

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Humidor IZAMBAR.

Une cave en bois de belle qualité évite aussi les écarts de déperdition à chaque utilisation, à condition que celle-ci soit bien étanche et possède une enveloppe externe hermétique, sachez qu’à chaque ouverture du couvercle, vous perdez facilement entre 5 et 10% en quelques minutes seulement selon la fréquence d’utilisation, il vous faudra plus d’une heure parfois pour rétablir cette ambiance à 70%, tout dépendra aussi de l’endroit où vous entreposerez votre cave, selon moi une pièce légèrement humide entre 40 et 50% semble appropriée pour éviter ces écarts. Ne pas oublier un hygromètre et un thermomètre de qualité pour contrôler tous ses paramètres cités.

11:29 Écrit par Edmond Dantes dans Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/01/2016

IZAMBAR "Caves à cigares/ Humidors" selon Edmond

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 Les caves à cigares "IZAMBAR"

Amoureux passionné de belles fumées depuis quelques années, graphiste et architecte d’intérieur depuis toujours, c'est tout naturellement, après 20 ans à dessiner pour les autres et à leur concevoir des meubles de tout acabit qu’un jour, voilà 2 ans maintenant, je ne saurai dire pourquoi, l’idée de réaliser ma cave à cigares, celle qui me corresponde vraiment,  a germé dans mon esprit. Entre deux projets, je laissais flotter mon crayon sur la surface de mon carnet de notes au gré de mes humeurs et de mes envies comme la houle du bord de mer, d’abord des formes diverses et sans réel sens, celles que l’on gribouille instinctivement pendant un appel téléphonique et qui pourrait s’apparenter un jour à de l’Art Cu’Bic ! Vous connaissez surement cette manie de griffonner un peu partout nerveusement. Mais doucement mes obsessions se sont révélées prometteuses, mes esquisses sont devenues plus précises et plus réalistes, jusqu’à finalement être projetées sur mon Autocad en trois dimensions, enfin je pouvais la visualiser sur écran dans ses moindres détails, les volumes, les couleurs et les différentes matières qui la constituaient, tout devenait enfin palpable. C’est à ce moment-là je pense que l’idée un peu folle de la partager a suivi cette logique de commercialisation. Mais le plus dur restait à faire bien sûr : réaliser les prototypes avec les moyens dont je disposais, étudier  tous les aspects de son utilité principale « la conservation ». Par la suite, produire d’autres modèles afin de constituer une petite collection devenait une exigence pour moi. Ma passion pour les belles capes fusionnait avec mon métier, la marque IZAMBAR, combien singulière, venait signer ce travail de longue haleine !humidor,cave à cigares,boîte à cigare,cellars cigars Pourquoi IZAMBAR ? A part le fait que ça rime très bien avec cigare, mais encore…

Ce nom se veut être un clin d’œil à un personnage chapeauté, haut en couleur, du 19e siècle, celui d’un ingénieur londonien de renom très en avance sur ce temps, un pionnier de l’ingénierie moderne qu’on appellera l’âge d’or de la révolution industrielle. Brunel a contribué notamment au percement du Thames Tunnel (Londres) le premier tunnel sous un fleuve, ainsi que bien d’autres succès comme la conception du premier navire maritime à coque de fer mû par une hélice par exemple. "Isambard Kingdom Brunel" de sa vraie orthographe était un véritable bourreau de travail et ne dormait en effet que quatre heures par nuit pour satisfaire tous ces nouveaux défis. Une autre de ses qualités ou défauts : c’est qu’il fumait le cigare furieusement, mais rien d’étonnant dans la mode enfumée des messieurs de l’ère victorienne. Selon les témoins, la consommation journalière de Brunel atteignait tout de même 40 modules !! Malheureusement, son décès fût prononcé bien trop tôt, un jeudi du 15 septembre 1859, mort à l’âge de 53 ans de complications rénales suivi d’une attaque.

 

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Isambard Kingdom Brunel

Ci-dessous quelques photos pour les illustrer, le reste en détail sur le site IZAMBAR

site: IZAMBAR

contact: izambar@orange.fr*

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La cave "Kipling"

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La caves "Welles"

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La cave "Twain"

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La cave "Welles"

15:44 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités, Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

14/01/2016

cigare OSOK d'Edgard Hoill, module "Travieso"

« OSOK » est l’acronyme attribué au célèbre photographe Urbain Edgard Hoill, basé à los Angeles, ce personnage atypique et attachant a trouvé un moyen d’inspirer de nombreuses personnes par son travail. A l’origine, il officiait comme photographe dans le cercle très fermé d’Hollywood, mais Hoill s’ennuie et son instinct le pousse rapidement vers d’autres contrées, son regard se passionne pour la vie quotidienne des plus démunis, pendant plus d’une décennie, il photographie en arpentant les taudis de Cuba, en passant par les villes frontalières mexicaines comme « El Paso » et les laissé-pour-comptes de la société américaine, son travail l’amènera jusqu’à côtoyer de très près le crime organisé au travers des gangs et des cercles mafieux qui se laisseront capturer par l'oeil de son objectif. Ses photos sont décrites comme envoûtantes, respectueuses, émouvantes et significatives.

De la même manière qu’il déclenche l’obturateur, Hoill veut transmettre ce trait de sa personnalité dans une liga qui refléterait l’intensité de sa propre existence. Pour cela, il crée sa marque avec l’aide de son ami Christian Eiroa (président de Camacho de 1998 à 2008), OSOK signifie « One Shot, One Kill » qui veut dire « 1 tire, 1 mort » et désigne les compétences d’Edgar Hoill avec un appareil photo, et illustre sa capacité à saisir l’instant parfait en une seule prise. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Edgard, notamment ses photos sur les influences Chicanos, Mayas, Aztèques et Mexicaines, dans le monde du « tattoo », d’ailleurs tout le marketing de la marque s’en inspire allègrement.

Pour cette petite analyse, le morceau choisi est un format peu ordinaire et devenu rare aujourd’hui, appelé vulgairement « patte d’éléphant » en référence au pantalon ou cigare conique si vous préférez. Le « Travieso » de son vrai nom commercial est un cigare musclé, composé d’une tripe du Nicaragua et d’une cape grasse du Nicaragua, de couleur sombre maduro/oscuro, il délivre un duo parfumé et tanné, subtilement animal, le tout parsemé d’éclats de chocolat noir. A cru, très épicé sur les notes de têtes, il laisse néanmoins sur le fond un goût légèrement suave et sucré, qui pourrait rappeler le raisin sec ou celui du pruneau par exemple, des saveurs préalables plutôt plaisantes qui ambitionnent un fumage heureux, je l’espère.

Passons, dès à présent à l’allumage…

Ouaou, non de Dieu, ça déménage ! D’entrée, je le trouve surprenant, comment dire ? Un peu comme une salve d’artilleur prussien, visant directement le fond de mon palais de poivre blanc qui manquerait pour peu de me faire tousser. Ce démarrage tonitruant, bouscule et tabasse les papilles dans une consistance presque effrayante, tant la partition des premiers violons dérange les prémices de ce concerto.

Passez ce mouvement sonnant et trébuchant, environ le temps d’une première cendre. Sa forme rassasiante et roborative offre une première partie épicée bien mieux supportable sur fonds de notes tourbées et de corne brûlée. Pour l’instant, son manque d’onctuosité lui fait défaut, je le trouve assez sec en bouche, un peu comme le dernier souffle d’un Mexicain basané se faisant refouler à la frontière USA/Mexique, après 3 jours sans eau, passée dans le désert de Sonora. Mais, lueur d’espoir, l’horizon semble s’alourdir de nuages gris qui arrondissent le palais de notes plus embuées, plus grasses, mais ne rêvons pas, la pluie ne viendra pas aujourd’hui ! Ce cigare dans sa forme, évoque très bien la cuisine variée préhispanique d ’Amérique centrale, consistante, riche et épicée. Je trouve cette première partie festive et très attractive, auquel sa force maîtrisée éveille les sens avec contentement.

Dans le 2e temps, rien ne vient troubler le ronronnement de son profil aromatique. Toujours rassasiant, je dirais rustique, il semble dévoué et plus modéré maintenant, moins sonore d’une certaine manière, gustativement parlant. Mais toujours d’une consistance ronde et forte, faite de saveurs singulières et endémiques de terre brûlée, de poivre et d’effluves torréfiés, notes agréables que puise la rondeur dans ses inspirations, dès cette seconde partie. Ce « Travieso » après avoir haussé le ton avec une certaine éloquence, s’est petit à petit laissé dompter au fil de ses aspirations bleutées, sur une musique écrite, devenue plus linéaire et plus onctueuse à l’approche du dernier tiers.

Ce final maîtrisé et sans réelle surprise se consume avec beaucoup de discernement, vers une perception du goût très ample en bouche, celle-ci faite de saveurs plus carbonées, en rien irritantes, celles-ci exaltent maintenant des notes plus corpulentes, de réglisse, de café et de terre. Cette dernière partie, que je qualifierai de puissante, mais mesurée, prolonge les sensations gustatives dans une plénitude rare et confortable, sans aucune résistance. Ce cigare peut en rebuter plus d’un, par son caractère belliqueux et puissant dans les premiers temps, mais votre patience et la fréquence pondérée de vos bouffées éviteront de le chauffer inutilement et d’en apprécier chaque instant, et feront de cette « OSOK », une belle histoire. Ma note de cœur 16/20, une découverte intéressante.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Trompeta/ patte d'éléphant
  • Taille: 128mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,5grs
  • Année: 2015
  • Prix France: 8,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

17:58 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Osok | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2016

Cedros de Luxe CDH "Romeo & Julieta"

Avant tout, permettez- moi de vous souhaiter, mes voeux 2016 ainsi que de merveilleuses histoires olfactives, à travers de nouvelles découvertes fumigées et encensées, durant l'année des "Monkeys" !

Ainsi pour amorcer cette nouvelle année, mon choix, pour cette première analyse, c’est portée sur ce module de la Casa del Habano récemment sortie en 2014, le Roméo & Julieta « Cedros de Luxe », un cigare peut-être passé inaperçu, car moi-même je le découvre en même temps que vous, je sais, honte à moi ! Ainsi pour me faire pardonner, voici quelques lignes tirées du livre « Une Gourmandise » de Muriel Barbery, comme préface à cette dégustation. Des mots qui résonnent et s’entrechoquent à merveille sur l’identité, le caractère informel de ce cigare. Je vous laisse apprécier, la rondeur et la longueur de ce texte, tout est si bien dit !

« Dans ce rêve de fleurs et de légumes, j’écrasais sous mes pieds brunis l’herbe sèche et touffue du jardin et je m’enivrais des parfums. Et d’abord de celui des feuilles de géranium que, couché à plat ventre parmi les tomates et les petits pois, je froissais entre mes doigts en me pâmant de plaisir : une feuille à la légère acidité, suffisamment pointue dans son insolence vinaigrée mais pas assez pour ne pas évoquer, en même temps, le citron confit à l’amertume délicate, avec un soupçon de l’odeur aigre des feuilles de tomate, dont elles conservent à la fois l’impudence et le fruité. »

Comme pour le vin, l’acidité est essentielle dans un cigare, chez les Cubains il est assez fréquent de ressentir cette fraicheur, un peu, voire très suret dans des cigares très jeunes, âgé d’ 1 à 2 ans, mais avec le temps ceux-ci auront tendance à s’arrondir pour laisser place à une onctuosité plus éclatante et nivelée sur des saveurs grillées et torréfiées.

Parler d’acidité est de suite perçue comme un défaut, en effet cela le devient si la sensation en bouche s’apparente désagréablement à la succion d’un citron !

Tout comme pour les vins blancs, certains cigares seront plus secs en bouche, doux ou moelleux parfois. Cette acidité provient naturellement des acides organiques présents dans la plante comme l’acide malique par exemple que l’on trouve dans beaucoup de végétaux et de fruits. Le type de terroir y est pour beaucoup aussi. Je vous conseille ce lien sur la composition des sols sur le site « vinsvignesvignerons » qui aborde de manière explicite la question.

D’aspect ce « Cedros de Luxe » n’a aucun reproche à se faire, la construction est soignée, le module ferme et moelleux développe subtilement un parfum boisé, de cèdre et de beurre rance, celui que grand-mère entreposait avec le sucre et le café dans sa petite armoire en formica, placée au-dessus de l’évier, éveille un relent oublié d’odeur abominée, mais combien précieux dans mes souvenirs. Au mouillage, la cape me laissera un goût amer et distinctif sur la langue et les lèvres.

Dès l’allumage, tel un dragon crachant sa fumée, l’attaque est franche, assez tannique et peu onctueuse, des sensations dessinées par le goût olfactif de ces vieux meubles en bois vernis ou celle du parquet vitrifié. Une forme gustative très identifiable et très éveillée en bouche.

Après quelques dizaines de minutes de réchauffement, le premier chapitre offre une histoire relativement endémique, nous sommes toujours sur un profil aromatique assez acide avec un peu d’astringence. L’ensemble libère ses arômes dans une consistance toutefois équilibrée, faite de notes de terre, de poivron, de noix et de bois précieux. La rondeur, quant à elle, pèche tout de même par son jeunisme et son manque de maturité, mais s’affirme avec brio dans une persistance plus poivrée et plus animée pour les papilles. L’ensemble acidité/ épicée, s’équilibre avec contenance sur une amplitude très ouverte en bouche. Ma foi, cette partie hisse les couleurs d’un Roméo très appuyé dans sa forme, risquant l’oppression dans son évolution, en présentant un cigare d’une belle harmonie, plaisante et licencieuse d’un réel intérêt gustatif.

La seconde partie ne déroge en rien à ce fumage, les sensations sont de bonnes consistances et déploient à leur tour, une approche plus roborative maintenant, grâce à une force en constance élévation, plus présente et bien contrebalancée dans le duo acidité-épicé. Des sensations largement soulignées en amont de cette dégustation, gustativement bucolique pour ne pas dire rustique et de complexité moyenne, mais bienveillante, il se révèle avec beaucoup de pudeur et de fraicheur dans des notes de sous-bois humide, de poivre vert et de bois précieux.

Cette dernière continue de diluer des notes devenues cuisantes, sur un refrain rassasiant et plus fortuné, de poivre et d’un soupçon frais et volatil d’anis étoilé, malheureusement asphyxié par ce fond lourd de terre brûlée, de torréfié puissant localisé sur l’arrière du palais. Rien de très glorieux sur ce 3e temps, malgré tout, ce cigare dégage un agrément honnête dans ses accords, celui d’un cigare mesuré et harmonieux dans sa forme, plaisant à déguster ! Ma note de cœur 16/20, un « Cedros de luxe » à redécouvrir si ce n’est encore fait.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 141mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 13.5gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 13chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

17:03 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Romeo & Julieta | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |