29/01/2016

Domus Magnus Caligula "Casa Magna"

Le « Domus Magnus limitada » comme son nom l’indique est la ligne exclusive des « Casa Magna colorado et oscuro » plus communes sur le marché, et surtout plus facile à se procurer. Cette ligne de cigares nicaraguayens est produite en République Dominicaine par la fabrique familiale «Quesada», spécialisée dans le cigare premium depuis 1974 qui diffuse entre autres les marques ( Quesada, Fonseca Dominicain, Cubita, Regius et la petite dernière en référence à la série « Breaking Bad, le cigare Heisenberg ). Pour ceux qui ne connaissent pas les « Casa Magna », je les invite à combler rapidement cette carence en commençant par la ligne colorado plus largement diffusée ! Malheureusement, pour les « Domus Magnus » ( modules Optimus, Primus et Caligula ), votre opiniâtreté et votre curiosité vous permettront peut-être d’y accéder, notamment chez nos amis belges, à Tournai par exemple, la «civette de Johan D’Hondt», pour la France et la Suisse on n’oublie, casi impossible pour le moment, mise à part les «Casa Magna » de la gamme classique !

Bref, si vous cherchez un bon cigare Nicaraguayen, il est fait pour vous, très accessible en prix et de bon goût surtout (entre 8 et 10€), commencez par cette marque toutes lignes confondues, vous ne le regretterez pas. (parole d’Edmond)

Aujourd’hui, celui sur lequel j’ai jeté mon dévolu se prénomme le «Caligula», toujours sur la même thématique latine, en référence cette fois-ci au très sanglant empereur romain qui régna de 37 à 41 après JC. Ce module rappelle et s’inscrit dans un format appelé perfecto ou obus, avec la particularité supplémentaire d’un cigare «box pressed»(diamètre écrasé de forme carrée). La cape maduro, lisse et très uniforme, sans défauts apparents, développe un parfum timoré, valsant du chocolat truffé et légèrement suret, aux notes plus délicates de grillées. Dans l’ensemble, le visuel et l’olfactif s’entendent à merveille, offrant un duo des plus séduisants dans ce corps ferme et musclé.

A l’allumage, c’est une envolée poivrée, très explosives qui s’invite dès les premières bouffées.

Dans un premier temps, sa consistance offre en bouche une forme distinctive de terreux empyreumatique, très marquée. Je peux comprendre que cette entrée en matière n’est pas forcément le goût de tous et peu en détourner plus d’un. En même temps, c’est cette singularité qui rend intéressant ce terroir en lui donnant cette distinction et cette éloquence aromatique. En effet, nous sommes loin de l’insipidité latente de certains cigares que je ne nommerai pas, deux, voire trois plus chères ! Les saveurs évoquent, un mélange de boisé et de terre brûlée, de café poivré, ainsi que l’amertume de la fève de cacao mélangé à l’âcreté d’une bière très maltée, du genre d’une « Hercule Stout » pour ne pas la citer. Des saveurs outrageantes qui prennent rapidement en otage vos papilles dans une dégustation colorée, contrastée et puissante, je pense par exemple au cuistot qui caramélise ses petits légumes au vinaigre balsamique. Fort heureusement, cette autorité gustative ne vient pas vous submerger de vilaines notes lourdes et piquantes, à condition de maîtriser la combustion, en effet, inutile de le chauffer inutilement, ça le rendrait rapidement brûlant et déplaisant.

Après environ 25 minutes, sa forme semble s’arrondir, sans parler d’onctuosité celle-ci devient plus prévenante d’une certaine manière, mais rassurez-vous celui-ci continue d’expédier avec enthousiasme, ses notes épicées et de saveurs lointaines de grain de café piochées dans la boîte en fer chez grand-maman à côté des filtres « Melitta », et oui quand on est gosse, on ose tout ! A ce stade, pour l’égratigner un peu, tout de même, je le trouve asséchant, cela est dû essentiellement à l’érosion de mes sens après 45 minutes de fumage intense. Sinon, rien à signaler dans cette seconde partition qui qualifierait ce cigare d’évolutif, mise à part son volume gustatif qui s’intensifie au fil du temps. Roboratif et rassasiant, ce Caligula diffuse généreusement une musique riche de sensation vineuse et terreuse torréfiée d’une bière comme une«Barley Wine»( vin d’orge en français, bière à haut degré d’alcool).

Le finale approche inexorablement, vers une tessiture harmonieuse, toujours plus puissante en bouche, très épicé, suivit de notes comme celle de la viande brûlée, de la tourbe, des fruits secs torréfiés qui finissent par empâter ma perception et à l’alourdir de notes plus graves. C’est à moment-là, que je trouve judicieux en fin de fumage, de lui apporter un peu d’adiposité par l’absorption d’un carré de chocolat noir, ici un cru providentiel d’Esmeraldas à 98% de cacao en provenance d’Equateur, découvert sur le site «cafémichel» que je conseille, ou d’autres crus sont également disponibles ( Pérou, Madagascar, Nicaragua et Haïti). L’alliance des deux est vraiment magique pour clore l’analyse de ce « Casa Magna Domus Magnus ». Ce cigare vous l’aurez compris, n’est pas fait pour les enfants ! Il demande une certaine habitude, je pense, à être dégusté et non à être fumé, cette nuance est vraiment importante pour l’apprécier. Ma note de cœur 16/20, un bon nicaraguayen, aux arômes profonds et ronds.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Perfecto "box pressed"
  • Taille: 152mm x 21/17mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,8grs
  • Année: 2015
  • Prix Espagne: 9,5€  

caligula_domus.jpg

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

16:26 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

J'ai eu le plaisir de dégusté les Domus Magnus Optimus de cette marque et qui étaient de magnifiques et excellents cigares (module grand robusto) difficiles à trouver aujourd'hui. Tu les avais d'ailleurs fort justement notés 18/20. C'est dire !

Écrit par : Cape ! | 30/01/2016

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