14/01/2016

cigare OSOK d'Edgard Hoill, module "Travieso"

« OSOK » est l’acronyme attribué au célèbre photographe Urbain Edgard Hoill, basé à los Angeles, ce personnage atypique et attachant a trouvé un moyen d’inspirer de nombreuses personnes par son travail. A l’origine, il officiait comme photographe dans le cercle très fermé d’Hollywood, mais Hoill s’ennuie et son instinct le pousse rapidement vers d’autres contrées, son regard se passionne pour la vie quotidienne des plus démunis, pendant plus d’une décennie, il photographie en arpentant les taudis de Cuba, en passant par les villes frontalières mexicaines comme « El Paso » et les laissé-pour-comptes de la société américaine, son travail l’amènera jusqu’à côtoyer de très près le crime organisé au travers des gangs et des cercles mafieux qui se laisseront capturer par l'oeil de son objectif. Ses photos sont décrites comme envoûtantes, respectueuses, émouvantes et significatives.

De la même manière qu’il déclenche l’obturateur, Hoill veut transmettre ce trait de sa personnalité dans une liga qui refléterait l’intensité de sa propre existence. Pour cela, il crée sa marque avec l’aide de son ami Christian Eiroa (président de Camacho de 1998 à 2008), OSOK signifie « One Shot, One Kill » qui veut dire « 1 tire, 1 mort » et désigne les compétences d’Edgar Hoill avec un appareil photo, et illustre sa capacité à saisir l’instant parfait en une seule prise. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Edgard, notamment ses photos sur les influences Chicanos, Mayas, Aztèques et Mexicaines, dans le monde du « tattoo », d’ailleurs tout le marketing de la marque s’en inspire allègrement.

Pour cette petite analyse, le morceau choisi est un format peu ordinaire et devenu rare aujourd’hui, appelé vulgairement « patte d’éléphant » en référence au pantalon ou cigare conique si vous préférez. Le « Travieso » de son vrai nom commercial est un cigare musclé, composé d’une tripe du Nicaragua et d’une cape grasse du Nicaragua, de couleur sombre maduro/oscuro, il délivre un duo parfumé et tanné, subtilement animal, le tout parsemé d’éclats de chocolat noir. A cru, très épicé sur les notes de têtes, il laisse néanmoins sur le fond un goût légèrement suave et sucré, qui pourrait rappeler le raisin sec ou celui du pruneau par exemple, des saveurs préalables plutôt plaisantes qui ambitionnent un fumage heureux, je l’espère.

Passons, dès à présent à l’allumage…

Ouaou, non de Dieu, ça déménage ! D’entrée, je le trouve surprenant, comment dire ? Un peu comme une salve d’artilleur prussien, visant directement le fond de mon palais de poivre blanc qui manquerait pour peu de me faire tousser. Ce démarrage tonitruant, bouscule et tabasse les papilles dans une consistance presque effrayante, tant la partition des premiers violons dérange les prémices de ce concerto.

Passez ce mouvement sonnant et trébuchant, environ le temps d’une première cendre. Sa forme rassasiante et roborative offre une première partie épicée bien mieux supportable sur fonds de notes tourbées et de corne brûlée. Pour l’instant, son manque d’onctuosité lui fait défaut, je le trouve assez sec en bouche, un peu comme le dernier souffle d’un Mexicain basané se faisant refouler à la frontière USA/Mexique, après 3 jours sans eau, passée dans le désert de Sonora. Mais, lueur d’espoir, l’horizon semble s’alourdir de nuages gris qui arrondissent le palais de notes plus embuées, plus grasses, mais ne rêvons pas, la pluie ne viendra pas aujourd’hui ! Ce cigare dans sa forme, évoque très bien la cuisine variée préhispanique d ’Amérique centrale, consistante, riche et épicée. Je trouve cette première partie festive et très attractive, auquel sa force maîtrisée éveille les sens avec contentement.

Dans le 2e temps, rien ne vient troubler le ronronnement de son profil aromatique. Toujours rassasiant, je dirais rustique, il semble dévoué et plus modéré maintenant, moins sonore d’une certaine manière, gustativement parlant. Mais toujours d’une consistance ronde et forte, faite de saveurs singulières et endémiques de terre brûlée, de poivre et d’effluves torréfiés, notes agréables que puise la rondeur dans ses inspirations, dès cette seconde partie. Ce « Travieso » après avoir haussé le ton avec une certaine éloquence, s’est petit à petit laissé dompter au fil de ses aspirations bleutées, sur une musique écrite, devenue plus linéaire et plus onctueuse à l’approche du dernier tiers.

Ce final maîtrisé et sans réelle surprise se consume avec beaucoup de discernement, vers une perception du goût très ample en bouche, celle-ci faite de saveurs plus carbonées, en rien irritantes, celles-ci exaltent maintenant des notes plus corpulentes, de réglisse, de café et de terre. Cette dernière partie, que je qualifierai de puissante, mais mesurée, prolonge les sensations gustatives dans une plénitude rare et confortable, sans aucune résistance. Ce cigare peut en rebuter plus d’un, par son caractère belliqueux et puissant dans les premiers temps, mais votre patience et la fréquence pondérée de vos bouffées éviteront de le chauffer inutilement et d’en apprécier chaque instant, et feront de cette « OSOK », une belle histoire. Ma note de cœur 16/20, une découverte intéressante.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Trompeta/ patte d'éléphant
  • Taille: 128mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,5grs
  • Année: 2015
  • Prix France: 8,5€  

OSOK_travieso.jpg

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

17:58 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Osok | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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