28/12/2015

Davidoff Nicaragua "Diadema"

« La séduction a toujours été une histoire de manipulation. »

Ce joli module, le ‘Diadema’ sorti en septembre 2014, est le dernier-né de la ligne Davidoff Nicaragua après le toro, un robusto et un short corona. Ce cigare 100% nicaraguayens est mis au point en République Dominicaine par l’honorable ‘Henky Kelner’ et ‘Eladio Diaz’ son master Blender depuis plus de 25 ans, deux acolytes inséparables comme l’étaient Don Quichotte et son fidèle Sancho dans le roman de Cervantes, devenu aujourd’hui les deux fers-de-lance de la marque Davidoff. Celui-ci se compose d’une tripe assez complexe provenant des trois principales régions sur quatre productrices de tabac au Nicaragua avec celui de Condega, d’Esteli et de d’Ometepe, suivit d’une sous-cape de Jalapa et d’une cape Rosado. Certains prétendent aussi qu’un peu de tabac dominicain viendrait se glisser subtilement dans la recette élaborée par nos deux ‘sorciers’ !! Mais cela nous ne le serons jamais. Voici ce que disait Kelner sur cette nouvelle ligne lorsque je l’ai rencontré en 2014 sur Genève : «Pour notre cigare ‘Davidoff Nicaragua’, nous avons fait quelque chose de complètement différent, nous avons pris du tabac d’Ometepe et un tabac de Condega qui stimule les côtés de la langue de manière moins traditionnelle qu’un cigare classique du Nicaragua. Le mélange typique d’un cigare du Nicaragua se compose souvent de tabac d’Estelli et de Jalapa (plus linéaire en bouche) » 

Effectivement, comparé avec les cigares connus de ce terroir, cette ‘liga’ n’est en rien comparable ! Sa forme générale arôme/puissance se situe plus dans celle de la douceur et de la finesse, ce qui pourrait dérouter certains amateurs, trop habitués à des cigares tourbés, cacaotés et torréfiés, appréciables également ! Pour ce ‘Diadema’, oubliez tous les codes gustatifs du Nicaragua tels que vous le connaissez.

Dès les préliminaires, son parfum étonne par tant de suavité ! Déconcertant serait le mot juste, je retrouve dans ses émanations, ce petit côté pâtissier et boisé, ressentit, parfois sur certains modules cubains. Rien de très consistant au nez, mais juste assez pour embaumer les sens avec perspicacité. A ‘crudo’, je le ressens assez fruité et doucereux/ sucré dans la suavité, offrant une préface plutôt gourmande et avant-gardiste pour un cigare nicaraguayen.

Dès l’allumage, je distingue de suite une consistance légère dès les premières bouffées, plutôt généreuses d’ailleurs, suaves et poivrées à la fois. Des sensations circonscrites sur l’avant de la bouche sur une fine expression d’astringence sur le bout des lèvres.

Dans un premier temps, les arômes s’arrondissent assez rapidement, comme un enduit gras tapissant l’intérieur de votre bouche, une perception oléagineuse assez plaisante qui rappelle ceux des fruits secs à coque, ainsi que de saveurs de sous-bois, bien moins terreuses qu’un ‘Padron’ pour sa typicité par exemple. De son côté, sa forme reste de consistance moyenne/ basse dans un spectre gustatif assez large et d’une finesse relative. Une partie qui ne déroge en rien à la conformation des cigares Davidoff en général, tous terroirs confondus, c'est-à-dire : La partition change, mais la pâte du compositeur reste la même heureusement ou malheureusement, ce serait mon seul reproche à faire à ce module ! Cette intro ne bouscule en rien les codes gustatifs de la marque, vous l’aurez bien compris, sauf celui peut-être de proposer un cigare différemment estampillé ‘cigare du Nicaragua’. Mais je reste circonspect sur sa véritable composition !

Dès le 2e temps, la constance est de rigueur, légère, onctueuse et équilibrée ! La persistance bien meilleure se révèle sur une évolution en demi-teinte comme une aquarelle de Marie Laurencin (disait en chanson un certain Joe). Le cigare est toujours d’une consistance moyenne agréable et endémique dans ses arômes qui évoluent ‘terreusement’ vers des notes plus épicées au fil de sa combustion, rien de très copieux et de très rassasiant, personnellement je trouve que ça manque tout de même de corps ! Si ce cigare cible un très large public, celui de plaire au plus grand nombre, il apporte à l’amateur une certaine complaisance toutefois illusoire sur ses qualités gustatives, celui d’un cigare manifestement non détestable !

La 3e période, joue les prolongations dans une tessiture plus affirmées et toujours inébranlables. Onctueux et gracile, il se pare d’une résonnance d’amertumes, du genre levure et progresse cahin-caha sans heurter vos papilles. Rien de dissonant dans cette dernière partie, aucune lourdeur, aucune âcreté ne viendra soudoyer ce ‘Diadema’! Même si mon appétence le trouve beaucoup trop lisse et pas assez hostile, ce ‘Davidoff’ propose une belle mouture de ce magnifique terroir que je découvre bien différemment. Ma note de cœur 16/20, un cigare non transcendant, mais suffisamment distrayant pour l’aimer.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Diadema
  • Taille: 165mm x 19mm
  • Bague: 50
  • Poids: 
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 20chf   

a7aea2a9b5444ca0a4d6571df2649d57.jpg

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

bannière_csadelpuro.jpg

21:14 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.