21/12/2015

Toro Leaf by Oscar "maduro"

Visuellement ce n’est pas terrible, mais ça le mérite de susciter une certaine curiosité au premier abord ! Je trouve l’idée de l’emballage façon « very natural advertising», véhiculant une idée, pour ma part faussement bio, assez  géniale, un peu comme si le cigare se cueillait directement sur le plan de tabac, comme un vulgaire épi de maïs, c’est en tout cas l’impression que celui-ci me donne. Pour couronner le tout, la bague organique à base de tabac semble aussi appartenir à un autre monde, très orientée sur les codes graphiques du commerce équitable et solidaire, je trouve. C’est peut-être cela qui me gêne au fond, car ce cigare n’a strictement rien de bio, même si au fond, nous savons tous, que ses feuilles proviennent d’une coopérative du Honduras et récoltées de manière traditionnelle, comme 99% de la production mondiale de tabac noir, malheureusement cela ne suffit pas ! Bref, j’extrapole un peu sur les véritables intentions marketing de ce « Leaf by Oscar », en conclusion le packaging assure le « show » et ne passe pas inaperçu. Cette ligne est roulée au Honduras, dans la fabrique "Oscar Valladares" créée en 2015.

Passons au dépouillage, sur lequel je reste sur ma faim car je m’attendais à quelque chose de plus authentique et de plus rustique, au lieu de ça ce module présente toutes les caractéristiques d’un cigare formaté et nivelé pour le marché US. La couleur très chocolat, très uniforme m’inspire peu de confiance quant à son origine « Nicaragua jalapa », pourquoi pas ? Ce qui en est de sa fermeté, celui-ci est assez rigide et homogène dans son remplissage, avec une petite souplesse élastique, rien à dire pour sa confection. Au nez, j’aspire un mélange très enivrant, fuitant de ce « maduro Oscar », une partition faite d’accords de chocolat au lait, d’agrume confit et de viande fumée, une première dans les annales de mes dégustations ! A cru, je perçois toujours cette dominante d’écorce d’orange (agrume), et d’une certaine suavité façon pain d’épice, une forme résolument pleine de douceur qui éveille mon appétence.

Dès l’allumage, l’attaque en bouche révèle aussitôt une saveur onctueuse un peu sucrée, très suave et légèrement poivrée. Située localement sur le centre du palais, très peu sur le fond.

Sur le premier temps, je retrouve cette signature gustative très surprenante et amusante de cette amorce gustative ! Les saveurs sont peu communes à ce que j’ai pu déguster ces derniers temps. Ce « maduro » offre une cuisine très plaisante en goût, dès les premières  notes, à l’image d’un cigare meringué sans être trop sucré, à déguster de préférence en fin de repas à la pause-café.  Ses notes de vanille, de miel, de raisin sec et de noisette gravitent avec longueur autour d’un noyau dur fait de chocolat épicé, le tout vers une sensation doucereuse et mielleuse, confortable, rassurante, dans une consistance assez moyenne où ce « Leaf by Oscar » se montre avec bienveillance envers mon jugement. Cette partie ne peut laisser insensible, mais en tant qu’amateur averti, je reste circonspect sur l’honnêteté de sa « liga ». Pourquoi je dis ça ? Je fais suite à un cigare aromatisé « Drew Estate », dégusté voilà quelques mois, très proche de celui-ci en terme de forme édulcorée, mais en beaucoup plus écoeurant, voire dangereux pour les diabétiques ! Je plaisante…

Dans la 2e partie, après une heure de fumage, les saveurs restent globalement inchangées, l’onctuosité et  la suavité règnent avec diplomatie. Sa corpulence se complaît dans l’affabilité et le politiquement correct ! Rien de déplaisant pourtant, bien au contraire, mais il serait tout de même temps de retourner le vinyle pour en écouter la face B, au risque de s’appesantir pour de bon (cette référence au disque, précise à quel siècle j’appartiens les amis). Concernant la rondeur de ses arômes, je valide pour le côté grassement gourmand, ainsi que la tenue en bouche depuis le début de cette dégustation. Par contre, je constate malheureusement  une absence totale d’évolution dans cette seconde partie.

Il faudra attendre ce 3e opus pour apprécier une brève évolution, délivré par une pincée de poivre noir, sensation toutefois très furtive et trop méprisable à mon goût, tant son intérêt asphyxie promptement les langueurs sirupeuses et mélancoliques d’un « Oscar », confit. J’exagère et je confirme, j’aime parodier, exagérer là où ça plaît le moins, mais pour moi il est indispensable d’en grossir le trait pour en garder la trace olfactive dès le lendemain. Malgré tout, le final se révèle plus impétueux et plus corpulent, exhaussant à son tour de notes rondes et graves torréfiées, de réglisse, d’humus, de champignon, d’épices et d’anis étoilé. L’ensemble procurant une harmonie plaisante, mais très éphémère, en effet ce dénouement se voit vite rejoint par d’obscurs présages, comme cette lourdeur orageuse quand le ciel se noircit en quelques secondes, excès dont je ne lui tiendrai pas rigueur. En conclusion, même si je suis suspicieux sur sa vraie nature et malheureusement, je n’ai aucune information étayant mon ressentiment, je ne peux qu’être objectif sur ce moment passé, c'est-à-dire, celui d’un moment plaisant sur le début, plus ennuyeux sur le milieu et brièvement agréable sur la fin.

Je lui attribue un 14/20, pour un cigare plutôt facile à fumer, aromatiquement divertissant, mais qui manque un poil de profondeur et de contraste !

  • Origine: tripe: Honduras, sous-cape: Honduras, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2015
  • Prix Allemagne: 9,5€   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20            

                             

21:51 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Leaf by Oscar | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Il existe une marque 100% biologique (vendue comme telle) de cigares nicaraguayens "Plasencia Reserva Organic" dont le tabac est d'origine cubaine et cultivé sans engrais chimiques ni pesticides. Je n'en ai jamais fumé et ils sont difficiles à trouver. Dommage car la démarche est louable et de plus ces cigares ont bonne réputation.

Écrit par : Cape ! | 22/12/2015

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Oui, je connais ce cigare, j'en ai d'ailleurs gardé un souvenir plutôt agréable! Nestor Plasencia produit entre autre les Casa Magna que j'affectionne aussi, les Rocky Patel et les Villiger...

Attention Cape, ta phrase laisse supposer que le tabac provient de Cuba, alors que c'est uniquement un tabac de semence cubaine élevé au Nicaragua comme 90% des tabacs de cette région.

Est-ce louable ? Je ne sais pas ! Malheureusement je doute que cette démarche soit réellement sincère, produire sans pesticide et sans engrais chimique, les réduire serait déjà pas mal. ( je te conseille à ce titre de relire les propos d'Henky Kelner (Davidoff) dans mon interview, ou il en fait allusion )

Écrit par : Edmond | 23/12/2015

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