10/12/2015

Bolivar Poderosos "Edition Bénélux de 2013"

On parle souvent de plats, de boissons diverses et variées pour accompagner un cigare, une chose, je confirme, tout à fait agréable pour les plaisirs gustatifs. Mais parfois, inutile de boire ou de ripailler, un bon cigare peut être soutenu par une musique adaptée, guidé par le scénario d’un film ou escorté par un joli texte !  Hier soir par exemple, si je vous dis « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! », vous devinez bien entendu de quel film, il s’agit ? Je fais bien entendue référence au film « Le Cercle des poètes disparus » sorti en 1989, avec le talentueux « Robin Williams » dans le rôle du professeur « John Keating » et de ses répliques cultes, dont celles-ci :

 « Je partis dans les bois parce que je voulais vivre sans me hâter. Vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie ».

Bref, un merveilleux film que je recommande à tous ceux qui désirent un jour « Déguster intensément et sucer la tripe secrète de leur cigare », je plaisante, mais pas qu’un peu ! Comme quoi, parfois les vers peuvent résonner à l’unisson avec une belle dégustation, notre environnement ainsi que notre état psychique du moment, interagit toujours avec nos pensées et nos perceptions.   

Mais oui, c’est bien beau tout cela, mais ce module ! Que donne-t-il ?  ? Eh bien, ce « Bolivar » est une agréable découverte,  ce cigare sublime et séduit les papilles dans une succession de sensation,  de la même manière que les mots cadencés d’une poésie affectent votre conscience et vos émotions.

En présentation, ce « Bolivar » se livre à vous, apprêté d’une cape finement ajustée de couleur colorado, aux coutures invisibles, très soyeuses. Doté d’un corps sous-jacent, élastique et ferme, il émane de celui-ci un fumé subtil et enivrant de saveurs boisées, de cuir gras, de chocolat du type « Côte d’Or » de préférence et d’un petit goût de beurre fondu, donc rien d’étonnant qu’au mouillage on retrouve cette note grivoise sur le bout de la langue.

Dès l’allumage, ses contours semblent clairement définis par un côté épicé et suret à la fois, délivrant une forme plutôt engagée et nerveuse, pendant les cinq premières minutes.

Sur le premier temps, son agrément contrebalance ma perception, entre acidités, illustré par ce petit goût suret en bouche et de l’autre par une onctuosité réformatrice. Ces deux sensations assurées, forment deux piliers dans cette dégustation, un équilibre remarquable fait de saveurs licencieuses et démonstratives comme celle du fruit pourri, de sous-bois, de compost et d’une persistance plutôt épicée. Au niveau de sa force, ce «poderosos » dispose d’une certaine volubilité, celle-ci apaisée par une aromaticité intelligente dont le « rancio » excelle et prophétise ce chapitre automnal de fin de saison vers plus de tiédeur et homogénéité, à l’approche de cette seconde partie qu’il me tarde de découvrir.

En effet, dans ce 2e temps sa forme gustative devient plus crémeuse en bouche, plus ample dans sa diversité, autoproclamée par des sensations plus engageantes et appréciables. Cette suavité se traduit par une évolution de son goût, comme l’apparition par exemple de note de vanille, de fruits secs à coque et de crème. Pour finir, ce « Bolivar » vous entraîne inexorablement vers un lyrisme « Bolivarien » où les altos et les mezzo-sopranos ouvrent la voie à plus de consistance encore. Le volume augmente avec soudaineté vers un équilibre fragile et perceptible dans le seuil de tolérance de ses ambitions. Ce « Bolivar » montre une nature bucolique pour commencer et en même temps celle d’une nature plus imprévisible et outrageante, plus difficile à dompter dès la fin du 2e tiers dont on ressent très clairement la puissance se manifester, peut-être prématurément puisqu’il me reste environ 6 bons centimètres à déguster. Mais laissons-le refroidir un peu pour mieux anticiper cette dernière partie.

On aime ou pas ! Mais ce « Bolivar » a du charisme, attachant et rassasiant, tout ce que j’aime dans un cigare, cette puissance jouxtée aux arômes lui confère une longueur inégalée qu’il faut maîtriser pour qu’elle ne s’envole pas et ne glisse du côté obscur de la force. Inévitablement ce final brûle de saveur plus grave dans ses retranchements. Mais d’un point de vue global, c’est un très bon cigare, à déguster avec discernement, en évitant surtout les conséquences d’une surchauffe, vous éviterez ainsi le mépris de ses sentiments, quelque peu ardents. Ma note cœur 17/20. Encore une très belle édition du Bénélux qui me rendrait presque jaloux.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double piramides
  • Taille: 180mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 20gr
  • Année: 2013
  • Prix Belgique: 21,1€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

     

16:28 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Une découverte intéressante pour moi également.

Écrit par : Thierry et ses cigares | 12/12/2015

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