26/10/2015

Padron 1964 "Impérial Maduro"

La ligne Padron 1964 fût  créée en 1994 pour commémorer  les 30 ans de la marque. Aujourd’hui après plus de 50 ans d’existence les cigares Padron continuent d’offrir aux aficionados des puros du Nicaragua d’une grande qualité aux saveurs intenses et profondes.

Cet Impérial Maduro ne déroge en rien à cette règle, pour cette dégustation c’est un ‘toro’ que j’ai choisi de vous révéler dans cet article, un joli format gracile et gourmand dont l’élégance et la renommée ne sont plus à faire ! Cette distinction ‘made in Padron’ s’articule toujours autour d’une forme ‘box pressed’, un cepo quadrangulaire très reconnaissable entre tous. Celui-ci est revêtu d’une cape matée de couleur chocolat, dont les nervures fines et surtout absentes sont les préceptes de construction indubitables de l’authentique ‘Padron’. Au toucher, sa fermeté peut surprendre par un manque évident de souplesse, pour ceux habitués à sélectionner leur module selon une pression forte entre le pouce et l’index comme  indicateur de qualité, oubliez de suite cette manie antédiluvienne sujette à toutes les controverses ! Un ‘Padron’ ne vous posera jamais de problème de tirage, sachez-le.

Au nez cet Impérial offre une tessiture olfactive de suite identifiable par ses notes argileuses, de cacao en poudre, de vieux cuir et d’odeur de meuble chiné, encaustiqué. Au goût la cape est étrangement très neutre, mais à ‘crudo’, c’est une sensation plutôt éthérée de chocolat au lait et de cannelle qui embrasse ma sensitivité. Une mise en nez péremptoire qui aspire un fumage euphonique et assidu.

Dès l’allumage, je le trouve généreux mais un peu irritant en retro-olfaction avec un positionnement gustatif plus ciblée sur le fond du palais (vers le Chœur). Avec une petite sensation un peu sèche et râpeuse au démarrage.

Dans un premier temps, je le perçois d’humeur nerveuse et incertaine d’une certaine façon. Sa persistance satisfaisante a toutefois besoin de temps, pour s’arrondir en bouche. Les saveurs de terre, de café, de cuir et de poivre noir convoitent une mélodie peu ordonnée à ce moment, cela pendant les 20 premières minutes de fumage. Quelques notes d’amertumes difficiles à nommer se révèlent aussi sur les notes de fond, sur sa longueur. La consistance en bouche qu’en à elle, s‘inscrit sur une valeur moyenne et sans lourdeur, dominée par des arômes terreux et torréfiés dans sa forme globale. Un cigare qui prend véritablement tout son sens passé les 30 minutes.

Dans cette seconde partie, c’est une perception plus crémeuse et harmonieuse qui domine cette dégustation. Les saveurs deviennent plus rondes, une amélioration spontanée qui suffit à cet ‘Imperial  Maduro’ d’exalter avec satisfaction ses embruns obstinés de café crème, d’amertume légère et bienfaitrice. Bien plus puissant  et piquant en rétro-olfaction ! Ce cigare complexe et évolutif sublime de nouvelles perceptions au fil de sa chronologie, comme les notes torréfiées d’une bière brune aux accents ‘réglissés’, de fève de cacao amère et de piment d’Espelette. Celui-ci tient habilement son cap vers un 3e temps toujours plus consistant mais non dissonant, intense et agréablement distingué.

Sur cette dernière fraction, l’évolution un tant soit peu linéaire rassure de par sa constance et son bon équilibre. Analogue aux saveurs grillées et torréfiées vu un peu plus haut, ce ‘Padron’ régale les papilles avec conviction. Plus roboratif aussi et plus corpulent à ce stade de la dégustation, il serait légitime de croire que son destin fût déplaisant, mais que nenni !! Aucune note perfide d’âcreté ne viendra troubler son intégralité sur ce final devenu plus rassasiant. Il faudra attiser le foyer dans ses derniers retranchements pour ressentir  une certaine disgrâce.

Pour conclure, ce Padron a su exprimer toute cette probité, intense et gourmande qu’est celui des terres Nicaraguayenne. Un cigare généreux d’une belle identité olfactive qui ne laissera pas insensible les papilles des amateurs en quête de nouvelles sensations. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 15,9gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 25chf   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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16:44 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Padron | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11/10/2015

Ramon Allones "Club Allones" Grand Corona

Le Club Allones fait partie des deux seules ‘edicions limitada de l’année 2015 avec le Magnum 56 d’H.Upmann, deux modules annoncés pendant le XVIIIe festival Habano de février de cette année. Des cigares toujours très attendus  qui nous viennent qu’à partir de septembre/ octobre pour toutes les nouveautés.

Pour la petite info, les premières ‘edicion limitada’ date de l’année 2000, la seule chose qui les distingue des autres concernent leur couleur foncée ‘maduro’. Une singularité dûe au choix de la feuille de cape utilisée, celle-ci cueilli parmi les plus hautes du plant de tabac, les plus ensoleillées, les plus épaisses et les plus fortes en goût demandent des temps de fermentation plus longue qui a pour effet physique de les assombrir et de les rendre chimiquement fumable, car moins chargées en nicotine et en diverses substances azotées. Dans la production standard à Cuba, ces feuilles appelées ‘ligero’ s’utilisent normalement dans la tripe et non comme feuille de cape, cette feuille particulière contribue le plus souvent à contrebalancer la force et l’aromaticité du cigare, indispensable pour son bon équilibre.

Aujourd’hui pour toutes les ‘edicion limitada’ et cela depuis 2007, toutes les feuilles, de la tripe à la sous-cape subissent désormais les mêmes traitements. Ces cigares assez charnus dans leur forme gustative connaissent un réel succès auprès des amateurs depuis 15 ans maintenant et ne cessent d’attiser les convoitises. Eh oui, comme son nom l’indique, ce sont des « éditions limitées » qui deviennent souvent très, très rares en fonction de leurs fortunes après 1 ou 2 ans !! Un conseil, n’attendait pas trop longtemps pour vous les offrir.

Ce ‘Club Allones’ renoue avec un format vraiment intéressant, le ‘Format idéal’ par excellence pour nos aïeux me direz-vous, avant l’arrivée de l’illustre ‘robusto’. En tous les cas, ce ‘Club’ m’a de suite tapé dans l’œil, mieux que ça, dans le pif je dirai, grâce à ses arômes consistants de terre, de vieux cuir, de café et de chicoré. Un bouquet délicieusement suave, gras et collant d’un agrément bien combiné.

Les premières aspirations, postcombustion évoquent d’entrée des notes gourmandes et onctueuses de terre brûlée et de café, dans une corpulence moelleuse et ambitieuse.

Dans un premier temps, passé les cinq minutes ce ‘Club’ continue d’exposer des atouts replets de bonne consistance, sur des saveurs de torréfié, de tourbe et de cacao, persistant sur des notes grasses et crémeuses de confort. Une seconde partie très appréciable et d’une amplitude gustative assez large en bouche, plus localisée sur le fond du palais c’est un cubain tout de même « Le Chœur » avec une belle répartie des sensations entre l’avant et l’arrière. Malgré une certaine corpulence charnue, il n’est pas lourd en bouche et ni trop puissant, je veux dire par là qu’il n’assomme pas dès les premières bouffées. Une introduction  bienséante et crémeuse, bien équilibrée.

Pour la seconde partie, l’évolution goûteuse reste endémique à sa forme, mais en plus copieuse. Les notes suggèrent toujours ce côté terroir dans un torréfié réglissé et de petite amertume, de type clou de girofle, sans oublier une certaine persévérance dans le poivré/ épicé. Un cigare de consistance rassasiante qui domine ‘goûteusement‘ sur de l'onctuosité ronde et non fielleuse. Ce ‘Club’ enjôleur captive les sens avec beaucoup de perspicacité.

Pour terminer, la 3e partie, tout autant attrayante évolue sur une sensation plus asséchante et plus carbonée, lui donnant un aspect un peu pâteux en bouche, en même temps rien ne vient corrompre sa forme gustative d’une seule haleine du début à la fin. Un cigare à déguster sans modération jusqu’à la corde. Ma note de cœur 15/20, un très bon cigare qui manquerait un poil de complexité, ouiiii je pinaille !                         

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Grand Corona
  • Taille: 135mm x 18,6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 10,8gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 15chf   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

18:50 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Ramon Allones | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/10/2015

La Couronne "civette cigare à Nyon"

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Un endroit vers lequel j’invite tout hédoniste à se rendre un jour, c’est bien la civette de Nyon « La Couronne ».

Une véritable institution comme on en rêverait de voir plus souvent qui abrite la plus grande cave à cigares de Suisse en matière de surface. 

Ce lieu magique, divisé en 2 parties distinctes, d’un côté les cigares (parfaitement humidifiés dans 4 petites salles en alcôve) et de l’autre celle des alcools avec un choix exhaustif des meilleurs crus du moment (Armagnac, Cognac, Rhum, Whisky) aiguise l’appétit du chaland.

Le boss, Alexis Aazam règne en maitre sur son château, secondé par ses fidèles ministres Dominique Boyé et Olivier Leboudec. Tous trois, symbolisent l’élégance et l’humilité de ce métier, malgré leurs visages fermés (je dis ça pour le portrait de famille qui pourrait en impressionner plus d'un). Mais rassurez-vous, une fois que les masques d’une séance photo tombent, Alexi et Dominique vous accueillent avec bienveillance et enchantement en vous invitant à découvrir les lieux, si nécessaire ils se tiendront à disposition pour vous servir de guide et ainsi partager leur savoir sur leur passion du tabac noir, une avidité qui brille au plus profond de leurs yeux. Deux personnages très attachants, qui vous feront vite oublier le temps d’un après-midi femme et enfants !

Sachez qu’Alexis Aazam de par son expérience aiguisée dans le cigare, est aussi coauteur du livre ‘Cigare'. Un ouvrage voulu résolument graphique où dessins, photos, textes s’entremêlent dans une joute verbale de citations et diverses analyses ‘psygaristiques’. Un livre enivrant qui encourage à la rêverie, au plaisir d'une jolie fumée bleue...

( prochainement interview d'Alexis Aazam sur le blog )   

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Alexis Aazam, Olivier Leboudec, et Dominique Boyé sur la droite.

( photo d'Alban Kakulya )

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Le livre "Cigare"

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moi même et Alexis. 

Rue de Rive 34, 1260 Nyon "Suisse" ‎
+41 22 361 16 53 
La boutique en ligne sur CIGARPASSION‎

20:23 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

02/10/2015

Trinidad Ingenios EL 2007 "lonsdale"

L’Ingenios est une (edicion limitada 2007) que bon nombre d’amateurs semblaient avoir oublié et puis comme par magie, celui-ci se met à parader un peu partout comme la nouveauté de l’année ! A sa sortie en 2007, il faut avouer que ce module n’avait pas rencontré un franc succès. C’est bien pour cette raison qu’aujourd’hui les stocks ne sont pas entièrement épuisés, ses ventes se sont écoulées tranquillement pendant 8 ans, mais finalement il semblerait qu’il en reste encore chez certains importateurs. « Pour resituer cette année dans vos mémoires, 2007 a surtout marqué les esprits par la levé d’un secret d’état, celui de l’annonce officielle de la maladie de Fidel Castro ! Beaucoup de ses détracteurs de l’époque voyez cela comme une bénédiction, prévoyant même sa mort à court terme et dans la foulée la levé de l’embargo américain, eh bien non ! Le 13 août 2015, Fidel vient de fêter ses 89 ans. »

Mais ce ‘lonsdale’ ! A-t-il vraiment un intérêt gustatif maintenant ? Ses huit années l’ont-elles bonifié ?

Personnellement, je les fumais deux fois ces dernières semaines, une fois en mode décontraction entre amateur et la seconde en mode dégustation, seul. La première ne m’a pas laissé un souvenir dithyrambique que je résumerai en deux simples adjectifs, douceur et constance dans sa forme. Le genre de musique qu’il est difficile d’écouter et d’apprécier toutes les nuances dans le brouhaha d’une discussion.

Ce ‘lonsdale’ devenu un format atypique aujourd’hui, mais combien svelte et élégant dans un autre temps ! Son corps présente un aspect forgé, limite rustique d’une consistance ferme et d’une souplesse relative tout à fait conventionnelle. Son parfum arachnéen déroule des notes de chocolat au lait et de boisé, un duo subtil au nez appréciable.

Dès l’ébauche des présentations terminées, je procède à un allumage aisé et humble en fumée, les notes crémeuses de bonnes douceurs enveloppent délicatement la bouche sur un lavis gustatif de chocolat de type ‘milka’, de boisé et de café crème. Des saveurs timorées sans grandes complexités et sans grande consistance qui procure un fumage pondéré, équilibré. Ce vieillissement a en tous les cas permis à cet ‘Ingenios’ d’arrondir les angles dès les premières bouffées, suivi d’une longueur tout à fait honorable. Même si ce premier temps manque un peu de contenance, son agrément offre un joli bouquet !

Dans la seconde partie, celui-ci évolue sur une forme plus grasse, mais toutefois endémique au premiers tiers au niveau des saveurs et d’une consistance plus tangible, bienvenue à ce stade de la dégustation. Les sensations très amples, posées surtout sur l’avant du palais (sur la nef) offrent une évolution un poil plus épicée. Le fumage s’équilibre de manière assez linéaire, aucun soubresaut ne vient secouer mes papilles dans ce fumage mielleux à la puissance apprivoisée.

Sur ce 3e temps, sa forme gustative s’assoit définitivement sur une sensation crémeuse et plus courageuse en bouche. Restant toujours dans une certaine légèreté, celui-ci devient graduellement plus corpulent et domine à présent de ses notes de poivre blanc, de café crème, de saveurs brulées et de belles suavités, pour définitivement glisser sur un registre plus acerbe et lourd sur le final. Dans l’ensemble ce n’est pas mauvais, ce Trinidad a su libérer harmonieusement une musique soyeuse aux accords propices dont la profondeur des aromes lui fait cruellement défaut. Mais quoi qu’il en soit, c’est un cigare doux et agréable pour ceux qui seront l’apprécier. Ma note de coeur 14/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Lonsdale
  • Taille: 165mm x 17mm
  • Bague: 42
  • Poids: 10,2gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 22chf   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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11:11 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/10/2015

Cigare Perfecto Colorado-Claro "Davidoff"

Certains trouveront ce format désuet, mais ce petit perfecto Colorado-claro vaut tout de même le détour, et mérite de s’y attarder un moment ! Comme vous, je suis plus enclin à fumer des formats moins atypiques comme tous ceux de la famille des ‘parejo’ ( les formats longilignes). En effet le perfecto appartient sans contexte à la mythologie du cigare, du fumeur obèse riche est impérieux derrière son énorme bureau ! Dont les caricatures foisonnent depuis plus d’un siècle les journaux, un peu moins aujourd’hui, quoi que ? Beaucoup l’ont oublié et chassé de leur mémoire, qu’on ne peut même pas les blâmer puisqu’il en existe aucun souvenir pour la plupart d'entre eux. Beaucoup de jeunes aficionados d'aujourd'hui appartiennent par la force des choses à la génération ‘robusto’, un format très adaptéà nos modes de vie, dont je fais aussi partie. Fumer de nos jours un perfecto pourrait s’apparenter à de la provocation, à une prise de position de "nanti-nostalgique" d’un monde perdu et illusoire, le signe fédérateur d'une certaine caste bien pensante et arrogante (bien sûr je plaisante et je m'égare encore). Bref, si vous voulez en savoir un peu plus sur la genèse de cette ligne Colorado/ claro, je vous invite à potasser l’interview d’Hendrik Kelner réalisé dernièrement sur le blog, donc voici le raccourci sur ce lien 

Je vous avouerai que j’ai longuement hésité à confirmer ce choix, ce format me semblait trop court à mon goût, eh oui ce n’est qu’un short perfecto ! Des a priori vite oubliaient comme vous pourrez le constater par la suite, car agréablement surpris par ce petit cigare. Comme tout cigare Davidoff, on peut être étonné au premier abord par le manque de souplesse, cette fermeté suspicieuse pourrait s’apparenter à un cigare mal humidifié, mal conservé ! Mais rassurez-vous, malgré vos doutes la construction et  la combustion ainsi que le tirage restent toujours exemplaires, c’est juste un simple constat et non une pléthore élogieuse pour cette marque ! Pour rappel: ‘un cigare très souple n’est pas forcément le signe que le tirage et la combustion seront bons’ ne jamais l'oublier.  

Visuellent cette petite torpille à la cape finement veinée de couleur Colorado/ maduro développe suavité ainsi qu'une certaine animalitéà la fois, faîte de cuir, de boisé et de note de vanille. Cette persistance olfactive augure une dégustation très ambitieuse et très flatteuse au nez.  

Premières bouffées, premier ressenti ! Dès les premières minutes, c’est une sensation pleine et roborative, plutôt rassasiante et suave qu’offre ce perfecto, très poivre blanc très localisée sur l'arrière du palais ! Ne pas oublier que les toutes premières minutes de fumage, en raison de sa forme très conique les saveurs émaneront principalement de la cape et de la sous- cape car très peu de tabac de tripe au niveau de sa construction. Une particularité qui a son importance dans son évolution qu’aucun autre format ne peut prétendre ! Après plus de 15 minutes, le cône s'évase, s’agrandit pour laisser place à une plus grande proportion de tabac de tripe, les saveurs s’arrondissent en caressant les papilles, les saveurs se font plus terreuses et plus crémeuses, herbe grasse de foin de fin d’été et épice de type anis étoilé émoustillent les papilles par une telle complexité aromatique. Ce départ heureux me provoque un excès salivaire, une sensation que je n’arrive toujours pas à m’expliquer, car déjà obtenue sur d’autres dégustation. Celle-ci apporte rondeur ainsi qu’une longueur très agréable et douce en bouche. D’une consistance mesurée, ce premier temps expose, explose avec brio son rancio délicat et équilibré, mais sans perdre de son caractère. 

Dans un 2ème temps, l'onctuosité toujours bien présente s'accorde maintenant d'une fraîcheur ( genre fenouil ) occultant les effets poivrés du début. D'une belle amplitude, cette seconde partie s'enrichit ensuite de nouvelles notes plus consistantes, plus corpulentes comme le réglisse et le cuir, des saveurs moins complexes et plus linéaires que je qualifierai de confortable !  

Le final, ( 3ème opus) n'est qu'un copier-coller des sensations précédentes, mais d'une consistance plus appuyée et évidente à ce stade de la dégustation, ce perfecto assure un service sans accroc de bonne justesse. Rien d'irritant à déplorer, juste de nouveau l’apparition du poivre au moment juste où la cape commence à se rétrécir, une sensation qui semble être en lien direct avec le goût de la cape ! et quelques notes perceptibles d’ammoniac sur la fin maintenant, rien de trop détestable. Avec à peine 2 cm de cabot à ce stade de l'analyse, je ne déplore toujours aucun effet indésirable qui pourrait m'obliger à l'abandonner, sauf peut-être la douleur d'une brûlure ! Comme épilogue, ce cigare a su me séduire dès les premiers ronds de fumée par une belle explosion des saveurs, suivit d'une parfaite maîtrise évolutive de ses arômes qui a pour conséquence d'offrir un fumage équilibréà la puissance moyenne. Un cigare, un goût, un format atypique que je ne serai vous déconseiller, à tester si vous êtes curieux. Son seul défaut, trop court ! On aimerait prolonger ce plaisir avec quelques centimètres supplémentaires avec un long perfecto par exemple. Ma note de cœur, qu'il n'en déplaise à certains de mes détracteurs, un 15/20 bien mérité.             

  •  Origine: tripe: Dominicaine, Sous-cape: Ecuator Connecticut sun grown, cape: Ecuator
  • Format: short Perfecto
  • Taille: 120mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 10.6 gr
  • Année:
  • Prix Suisse: 14€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

20:46 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |