30/04/2015

Bolivar Geniales "Presidente" "Edition régionale 2013"

Brève de cigare…

Samedi 15h30, je scrute le ciel avec discernement, du moins j’essaie ! Comme toujours la météo annonçait pluie pour tout le week-end, mais ça a l’air de tenir pour le moment. Est-il bien raisonnable de monter sur Genève, tout de même 45 minutes ! J’hésite, je tourne en rond, je lève le nez en direction du ciel, espérant un signe qui ne vient pas, après tout il n’est pas très tard et il ne pleut pas ‘encore’, et ce malgré quelques hauts et sombres nuages parsemés de rares éclaircies. Me faire dicter mes envies par la bonne fée nature, c’est pas trop mon dessein ! Le temps d’enfiler mes groles et ma veste de cuir élimées, sans oublier mon « pork pie » sur la tête bien sûr, mon sac en bandoulière et son contenu indispensable à toutes bonnes dégustations, carnet de note, roue des saveurs, un vulgaire crayon papier, un appareil photo, une guillotine, sans oublier mon fidèle chalumeau pour crème brulé d’une efficacité redoutable, ( 10€ à Super U ) voilà tout y est ! Je suis paré pour la vieille cité de Calvin et ses humidors.

16h15, stationné à l’extérieur du centre, je m’offre maintenant une marche forcée de 20 minutes pour rallier le terrain de foot des Eaux Vives ( le parking tout là-haut derrière le parc ! ) à la rue de Rives où se situe la boutique Davidoff fraichement restaurée. La motivation de fumer un bon cigare me permet d’oublier cette besogne, de plus marcher oxygène la pensée, la réflexion à l’analyse d’une belle fumée. 

Arrivé devant les hautes portes de ce ‘temple’, comme le ferait un gamin de 6 ans sa pièce de 5 francs au creux de la main devant la boutique de chasse, de farce et attrape et de bonbon acidulé en tous genres ! Après ces quelques secondes nostalgiques, je reviens vite à moi, lorsque stupidement je reste planté là comme un con à attendre que les portes s’ouvrent toutes seules ! En effet, celle-ci n'est plus automatique, il faut pousser maintenant, dans un dernier effort et pas du moindre, putain qu’elles sont lourdes ces satanés p… ( désolé ! ) Mr Mathys va falloir régler ça, vous risquez de voir bon nombre de vos ainés se démettre l’épaule ! Un petit bonjour à quelques connaissances, Jésus, Arnaud et Yves, ne rigolez pas Jésus est un personnage fort sympathique et remarquable de la boutique, muni de sa légendaire moustache qui rendrait jaloux plus d’un Iznogoud ( Calife à la place du Calife), n’hésitez pas à lui demander conseil ! Pour ma part je connais le chemin du doux parfum qui m’invite ici, la cave bien sûr. Bref, après quelques hésitations sur le choix de mes convoitises, Cubains, Dominicains, peut-être un Cub... ? Comme toujours je tournicote avant de porter mon choix aujourd’hui sur un joli module, un Bolívar Présidente, une édition régionale Suisse de 2013. Bientôt observé, fumé et épinglé à mon bon souvenir dans ma vitrine des saveurs.

Eh, voilà ce que je redoutais arrive, la pluie et m… !!! Heureusement que certaines terrasses sont protégées d’ombrelle géante contre le soleil, tout aussi efficace par mauvais temps. Je décide de m’installer non loin de là, rue Neuve du Molard sur les hauts tabourets du "Mimmo" ( un nouvel établissement, Bar à vins, cocktail et restaurant) et surtout bien à l’abri de ce déluge.

Bien installer à fumer, je décide de l’accompagner d’un petit Moscato ni trop sec, ni trop moelleux, comme simple révélateur rafraichissant si besoin est ! Pour rappelle, le Bolivar est en principe, un cigare puissant aux notes lourdes et graves, très symphonique comme cigare. Pas étonnant de lui prêter alors, certaines de ses compositions comme musique ‘Bolivarienne'. Voyons voir, si celui-ci respecte cette règle !

Pour ce qui est de la petite inspection de routine, le module est soigné, assez ferme, à mémoire de forme pour la souplesse, donc tout à fait correct. Respectant un cahier des charges scrupuleux, relatif à cette marque, habillé d’une cape fine de couleur colorado celui-ci ne jalouse en rien ses autres congénères comme Cohiba, Trinidad ou Montecristo. Son parfum discret s’harmonise de notes boisé, de miel et de chocolat au lait, très subtil, rien de très puissant comme arôme, mais relativement plaisant au nez.

Entre-temps, la pluie redouble d’intensité, obligeant les quelques badauds non équipés de parapluie à raser les murs, comme pour se prémunir de vilaines gouttes tirées d’un sniper embusqué ! Au mouillage, la cape me laisse en bouche une suavité grasse, douce et légère assez neutre en goût, mais rien de formel pour cet effeuillage humide sur pavé glissant. La tête vivement tranchée, le pied embrasé, laisse échappée les premières salves échauffées et vivifiantes, très vite refouler par un petit vent vers quelques audacieux comme moi, bravant les éléments en sirotant leur breuvage.

Les cinq premières minutes me provoquent une sensation déplaisante, un démarrage piquant et râpeux qui ne durera pas très longtemps fort heureusement et rien d’anormal à ce stade. 

Dès le premier temps, j’apprécie cette sensation d’onctuosité et de grasse attitude si je puis dire !  Emplie de légèreté et de distinction. Agréable, oui et non ! Bien loin de la tessiture olfactive d’un Bolivar, c’est ce qui me gène au bout du compte. Je reste très étonné par cette douce ambiance. Tranquillement, patiemment, j’effeuille ! Mais rien ni fait, j’aurai bien plus de chance à éplucher un artichaut que toucher au cœur de ce Bolivar, trop court en bouche, peu persistant. Les saveurs gravitent essentiellement autour d’un noyau dure de sous-bois, de foin et d’écorce de pain ( bien plus poétique que croûte de p.vous ne trouvez pas ! ) Ce n’est pas mauvais dans l’ensemble, mais ça manque surtout de muscle dans cette introduction trop chaste à mon goût. Une première partie pas très entreprenante qui je l’espère, trouvera plus d’impudence en seconde partie. 

Nous y voilà, 2e round ! Après une petite accalmie météo, c’est reparti de plus belle…"Sur ma droite à l’étage, une blondasse à l’allure dépravée ni moche, ni méchante, sirote sa bière au goulot fenêtre ouverte, me jetant quelques regards dédaigneux  par la même occasion…"

2e round ! C’est une sensation asséchante cette foi qui me gène, exempte de rondeur limite râpeux et toujours gouleyant. Sa consistance légère le place bien en dessous de mes attentes, aromatiquement correct, sans grande complexité, je ne peux pas dire qu’il soit franchement détestable, mais rien ne filtre à son avantage sur dans ce deuxième opus. Les saveurs ne soufflent plus grand-chose et souffrent d’une fumée timorée aux accents boulangers, saveur de four à pain. Un Bolivar fantoche, moyennement équilibré dont la combustion exemplaire persiste dans la régularité de sa cendre, tellement rare de nos jours !

A l’approche du 3e tiers, c’est évident de détecter une petite amélioration dans l’intensité des saveurs, sa longueur en bouche plus distinctive s’allonge, un réveil plutôt tardif qui je pense relèvera sa note finale, mais ne suffira pas. 

Dernier instant de bonheur approximatif, la 3e partie s’annonce sur de meilleurs jours. Meilleure consistance et bien moins absent que les 45 premières minutes d’incertitude. Je ne peux qu’apprécier ce dernier sursaut d’environ 10 petites minutes, instant fugace et agréable. Mais au final trop tard. Les notes lourdes et graves viennent rapidement semer le trouble sur cette dégustation trop évasive. Certains l’apprécieront pour sa légèreté, mais d’autres s’y perdront. Un Bolivar trop humble et sans grande complexité, ni très bon, ni très mauvais. Ma note de cœur 12/20.

PS : Oui, je suis rentré tremper jusqu’au os !

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 150mm x 21,5mm
  • Bague: 54
  • Poids: 17,1gr
  • Année: 2013
  • Prix: 21€ ( Suisse )

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

12:46 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Belle histoire! J en ai un en cave depuis un an. J attends les beaux jours pour le déguster!

Écrit par : marcus | 10/05/2015

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