13/10/2014

Montecristo EL 2008 Sublimes

Au risque de m’attirer les foudres du Dieux « Havane » voici ma nouvelle analyse de ce jour, celle du “Montecristo EL 2008 Sublimes“ ! Une dégustation entre réquisitoire et plaidoirie d’un cigare de choix, cette belle édition limitée de 2008 dont je m’apprête à vous relater le mieux possible et qui n’engage que moi. Après 6 ans de repos, qu’en est-il aujourd’hui ?

Visuellement la présentation est bonne ! La cape de couleur Colorado/ maduro est bien ajustée, pas de faux plis, d’un aspect brillant la texture est rappeuse, comme celle d’une langue de chat ! Sur la balance, je le trouve très léger pour un Sublimes ! À peine 12.8 grammes, très étonnant en comparaison avec un cigare équivalent en taille comme le Romeo y Julieta EL de 2013 qui annonce 16.9 grammes, un détail me direz-vous qui est important de souligner ? Je tiens à préciser qu’il est parfaitement humidifié et d’une belle souplesse donc aucune carence de ce côté-là qui pourrait justifier ce poids. Au nez, les senteurs alimentent discrètement le plaisir par de subtiles notes de boisé, de brioché léger ainsi qu’une odeur moindre, celle de poussière ou de vieux grenier, étonnante pour un Montecristo. A cru, les saveurs sont légères et peu persistantes avec une perception très aérée analogue à celle du tirage d’une cheminée après le passage du p'tit ramoneur ! Pour le moment, rien de très inquiétant et de rédhibitoire dans cette préface toujours très flatteuse pour la majorité des cigares cubains.

Les 15 premières minutes exposent un ensemble assez floral et très poivré, les saveurs sont gouleyantes et un peu effacées, d’une rondeur acceptable mais d’une persistance moyenne ! Après ce laps de temps négligeable qui ne reflète en rien la suite de cette dégustation, arrive le temps ou le cigare commence à vous murmurer des choses subrepticement à tous vos sens organoleptiques. Là, commence véritablement son histoire, le moment où il commence à s’exprime. Du moins, lorsqu’il a quelque chose à dire.

Dans un premier temps (après 15 minutes environ), ce cigare a choisi sa véritable voie voix pour s’exprimer, timide et onctueuse sur celle de la légèreté tout en diffusant des notes séduisantes de chocolat “Milka“ et de fenouil, un petit côté anisé qui me fait penser à celui d’un bâton de réglisse ! Comme ceux où l’ont mâchouillé étant gosse dans le cours de récré. Une première partie crémeuse et agréable, mais d’une consistance bien en dessous pour ma part, loin de ce que j’attends d’un cigare de dégustation. Mais plaira sûrement au plus grand nombre, amateurs de cigares plutôt vaporeux. Après ces 6 années, ce cigare semble avoir perdu de sa typicité olfactive, dont je ne reconnais pas les tonalités d’un “Montecristo“.

Après 44 minutes, j’entame physiquement ce qui devrait être la seconde partie, mais olfactivement pas vraiment de gros changements, ce Montecristo joue les prolongations sans vraiment briller par un jeu nouveau, ça sent les tirs au but ! Les saveurs fredonnent les mêmes accords, je retrouve ce côté onctueux et suave des premiers temps ainsi que ces flagrances d’anis et de réglisse sur fond de chocolat au lait. Malheureusement à ce stade rien ne lui permet d’obtenir une meilleure corpulence dont la puissance modérée ne relève en rien les sensations. Rien de désagréable en soi, mais je le trouve limite ennuyeux. Une partition effacée qui manque pour moi de complexité et d’évolution. Le dernier volet s’achèvera sans surprise sur un refrain endémique et âcre à ce stade du fumage. Une dégustation que je trouve mitigée, par forcément mauvaise ni très bonne ! Pas assez de consistance sur l’ensemble et pas assez de complexité pour m’émouvoir. Ma note de cœur 12/20, pour ce cigare en deux temps…

  • Origine: tripe: Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra/ Sublimes
  • Taille: 164mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 12.8 gr
  • Année: 2008
  • Prix Suisse: 18€

les_cigares_selon_edmond.01.jpg

les_cigares_selon_edmond.02.jpg

les_cigares_selon_edmond.03.jpg

 
Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20                       

16:16 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Montecristo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je n'ai pas gardé un grand souvenir de ce Sublimes. Déjà que celui de Cohiba ne m'avait pas impressionné (contrairement au Siglo VI). Je n'ai jamais été très "gros cepos". Ni très amateurs des "très longs", style Montecristo A. Habanos qui sont condamnés, par leur formet, à jouer un registre trop domestiqué, ennuyeux. Du moins, selon moi.
Quelle conscience professionnelle que la tienne: tu pèses les vitoles que tu fumes. Finalement que ce "Sublimes" paraisse si léger n'est guère étonnant puisqu'il est également léger en main.
Une petite remarque, quant à ton analyse. Tu écris que tu ne reconnais pas "la ligne Montecristo". Mais LA "ligne Montecristo" n'existe pas. Entre ceux que je dénommerais les classiques (1, 2, 3, 4, 5 et Especial et Especial N°2), les Edmundo (encore que le "Petit" n'a pas grand chose de commun avec l'Edmundo) et la série "Open" (ceux-là, on dirait des dominicains tant ils sont "mentholés")… quels points commun (hormis le graphisme de leur bague)?
Cela dit, encore bravo

Écrit par : Jean-Michel Haedrich | 17/10/2014

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.