30/09/2014

Bar Tabac Le 421 " 69 avenue de Saint Médard à Eysines " civette à cigare

A 4km, au Nord/Ouest du centre de Bordeaux le 421 est une adresse incontournable pour vous ravitailler en cigare !

Le 421 vous propose ses services brasserie tous les midis avec un plat du jour à 9.00€ , ses formules à 13.00€ et 16.50€ ainsi que sa carte proposant des salades ainsi que des grillades de viandes d'origine uniquement française.
Tous les desserts sont faits maison, vous pouvez voir le chef cuisinier travailler les produits dans sa cuisine.
Notre service est rapide et servons jusqu'à 15h00 les samedis et dimanches.
Une magnifique cave à vins de propriétés complète la brasserie.
La pergola peut recevoir des groupes jusqu'à 50 personnes.
Des soirées de dégustation de cigares sont organisées.
Nos 2 terrasses couvertes sont recommandées par les clubs d'amateurs de cigares et font partie des meilleures terrasses bordelaises ( voir amateur de juillet aout 2014 la paroles des clubs ).
Nous vous proposons plus de 150 références de cigares premiums des terroirs Cubains, Honduras, Nicaragua et Rep dominicaine. Exclusivité Puros Pitbull Gironde.

Brasserie/ Tabac/ Loto-Pmu, Le 421, 69 avenue de Saint Médard, 33320 Eysines

La brasserie "Le 421"

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08:38 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

26/09/2014

Illustrateur Marius Van Dokkum

Dans ma série « artiste illustrateur », Marius Van Dokkum est un artiste Hollandais qui ne m’a pas laissé insensible. Mon tableau préféré, « la poire et le cigare » !

"Vous allez illustrer," lui a-t- on dit à l'Académie de Kampen, c'était bien vu. Marius est venu à l'académie pour apprendre les techniques de modélisation de ses œuvres, peinture à l'huile, l'art de l'aquarelle et le pastel, mais surtout apprendre à visualiser ses histoires. Van Dokkum est un conteur, il est à la recherche des façons à donner de manière anecdotique un sens à ses tableaux. Des idées qu’il partage avec humour, penchant tantôt vers les blagues dans la tradition des artistes du 17ème siècle tel que Jan Steen et les facétieux frères Adrian et Isack Ostade. La critique sociale à travers les âges des artistes néerlandais lui va comme un gant.

Les peintures de Marius van Dokkum (1957) consistent en des portraits, des natures mortes aux sujets libres.

Dans ses sujets libres viennent généralement les gens dans leur propre environnement. Les gens semblent toujours bienveillants, malgré tous leurs caprices.

Le travail de Dokkums se caractérise par ses nombreux détails, il y a tellement de choses à voir. Souvent, sa peinture a quelque chose de drôle, van Dokkum est d'avis que l'humour peut faire fonctionner l’art et rendre plus accessible.

http://www.mariusvandokkum.nl/

Ci-dessous, 5 morceaux choisis de circonstance.

 

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08:16 Écrit par Edmond Dantes dans Arts photos/ illustrateurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/09/2014

Cuba Absolutely with a passion for Cuba

Si comme moi vous manquez de soleil, je vous invite sans plus attendre à vous immerger dans la culture cubaine grâce au site « CUBA ABSOLUTELY », en passant par la musique, l’art, la danse et sans oublier celle du cigare, vous laisserez votre esprit vagabonder en feuilletant leur magazine téléchargeable maintenant en version française sur leur site ou sur mon blog. Une très belle initiative qu’il faut remercier, destinée à tous les francophones. Un magazine riche d’articles très utile à tous ceux qui prévoient de se rendre sur l’île dans les mois prochains.

http://www.cubaabsolutely.com/

Cuba Absolutely est une plate- forme indépendante, qui veut mettre en valeur le meilleur de la culture et des arts cubains, le style de vie, le sport, le voyage et beaucoup plus...

Nous cherchons à explorer Cuba avec les yeux des meilleurs auteurs, photographes et cinéastes, cubains et internationaux, qui vivent, travaillent, voyagent et jouent à Cuba. De belles images, de grandes vidéos, des commentaires, des articles perspicaces et des tuyaux utiles. ( préface de Cuba Absolutely )

 

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édition septembre 2014 téléchargeable.

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édition février 2014 téléchargeable.

15/09/2014

Illustrateur Michal Dziekan

Un illustrateur de talent à découvrir, chaque dessin est une véritable fable à déguster sans modération, mon préféré "Le gros homme cigare".

Michal Dziekan est un artiste polonais qui crée des illustrations humoristiques très détaillées. Il a étudié l'architecture et a de l'expérience en tant que peintre post-production. Ses autres compétences comprennent les effets visuels, l'animation graphique et l'animation de scène. Toutes ces formations et ses expériences de travail se combinent dans ses illustrations. Dans chaque œuvre d'art, il y a un sens du mouvement, inspiré par sa proximité avec le monde de l'animation. Ses peintures numériques sont magnifiquement finies.

Le site de Michal Dziekan, 

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cliquez sur la photo "Le gros au homme au cigare" pour l'agrandir.

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14:03 Écrit par Edmond Dantes dans Arts photos/ illustrateurs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/09/2014

Vegueros Entretiempos "short robusto"

Plus d’une année après sa présentation en fanfare au festival Habano 2013, le voici enfin dans nos civettes, du moins dans certaines. Le Vegueros nouveau est arrivé ! Une résurrection très attendu par l’ensemble des amateurs de cette marque, la seule du catalogue Habanos à être roulé hors d’une fabrique de la Havane. Exactement dans la fabrique ‘Francisco Donatien’ à Pinar del Rio qu’officiellement depuis 1997, les Vegueros sont roulés au cœur de la vuelta abajo à l’ouest de l’île.

Une marque à l’origine créée pour honorer les Vegueros qui veut dire ‘agriculteur’ en espagnol. Ce cigare de paysan existait bien avant depuis les années 60, seulement sa production était réservée au seul marché local. Les premiers à en bénéficier et à les apprécier furent les touristes en excursion dans cette région reculée de Cuba. Force est de constater le succès évident pour ses cigares, habanos les officialisa par la suite, histoire que nous connaissons… ! Malheureusement ces dernières années, la marque périclitée et menacée de disparaître à son tour par le manque d’intérêt des amateurs pour leurs saveurs. D’où l’idée récemment de relancer les Vegueros en 2013 avec la création de trois nouveaux modules, un petit robusto ( Entretiempos ), un petit piramide ( Mananitas) et un corona extra ( tapados) en remplacement des Seoane, Marevas, Especiales No 1 et No 2 dont certains subsistent encore, oubliés pour la plupart au fond d’une cave et retrouvant aujourd’hui une seconde jeunesse comme cigares vintages ! Quelques années au placard peuvent en effet être bénéfique, mais soyons prudents sur les bienfaits de ces années passées. ( No comment)       

En visite chez Rhein à Genève ( la casa del habano), je me suis laissé tenter par ce petit joufflu ( Entretiempos) afin de vous décrire mes impressions les plus objectives qu’ils soient ! À première vue, le module présentait plutôt bien, cape Colorado mat montée d’une jolie bague verte et argent, résolument moderne d'un plus bel effet graphique ! Photoshop et illustrator sont passés par là. Au toucher je le trouve plutôt très souple et très léger, quelques duretés résistent sous la pression des doigts, signe d’une construction moindre loin d’être diffamatoire. Un cigare que je qualifierai de ‘paysan en queue de pie’ une formule qui contracte bien ma pensée ! Au nez, ça sent la terre et le boisé, le jeune cuir, le tout agrémenté de notes versatiles de chocolat au lait qui enchantent discrètement et avec discernement l’ensemble de mes sens. Mais comme toujours à ce stade de l’analyse, une simple présentation élogieuse ne valide en rien la suite d’une dégustation !

Dès sa mise à feu, ça respire ouvertement et sans grandes difficultés comme un courant d’air entre deux portes. Mes premiers mots se dessinent très rapidement pour le décrire sans difficulté d’onctueux et de gouleyant ! Un cigare aux arômes de terre, de poivre et de thé noir, une palette rudimentaire que j’estime peu flatteuse pour ma convoitise, mais satisfaisant au regard de sa légitimité culturale, pour un cigare de prolétaire classée au plus bas de la pyramide. Pour ce qui est de sa consistance, cette mâche ( densité) en bouche, elle me plaît moyennement, trop effacé à mon goût si je le compare à d’autres Cubains. Bizarrement il ne se comporte pas comme ses homologues, le ressenti pour celui-ci se fait essentiellement sur l’avant de la bouche, une perception qui m’anesthésie l’extrémité de la langue et la lèvre supérieure par une curieuse sensation d’endormissement. En temps normal, les saveurs se concentrent le plus souvent sur le fond du palais, mais pour ce Vegueros c’est tout le contraire ! Pour ce qui est de La combustion, elle est régulière et sans accroc, et oui c’est tellement rare de nos jours. La cendre ferme de couleur grise anthracite se calcifie doucement, ( l’abondance de calcium est garante de sa tenue et la couleur sombre est due à une carence en magnésium des feuilles ). En résumé, ce premier temps n’est pas si mal que ça tout en étant moyen sur les critères de ; longueur, rondeur, corps et aromaticité ! Le fumer sur place à Pinard el Rio serait bien différent je pense, accompagné d’une noix de coco ‘a rhumatisée’ par exemple.

La suite ne diffère pas vraiment ! Je le trouve tout aussi gouleyant, mais plus empâté cette fois comme une pomme farineuse. Au fil du fumage la consistance devient plus appréciable, mais attention ne rêvez pas ! Là je creuse profond pour lui trouver quelques points positifs afin d’éviter un jugement trop arbitraire. Quelques notes de poivres font leur apparition et relèvent subtilement ce plat aux saveurs indigentes, l’ensemble arborant des notes de terre et de thé mentholé que je retrouve encore aujourd’hui, une saveur déjà ressentie dans ma dégustation du cigare ‘hollandais’. Malheureusement ce 2e temps n’exalte pas, n’explose en rien, beaucoup trop court, beaucoup trop d’air pour ne rien exprimer ! J’aimerais vraiment être plus dithyrambique à son sujet, mais j’ai beau fouiller, approfondir, piocher…ce cigare m’ennuie et me contrarie, j’en espérai bien plus ! À l'approche du terminus, mieux vaut descendre en marche que d’attendre de débarquer sur un quai bondé à l’atmosphère chargée. Le final devient rapidement très poivré, très consistant et très âcre, perception située sur le fond du palais cette fois-ci, décidément c’est tout ou rien !

Quelle conclusion lui attribuait sans être lapidaire et tyrannique pour autant. Nous sommes d’accord sur le fait que ce n’est sûrement pas un cigare de dégustation. Un cigare d’apéritif ma foi, oui pourquoi pas si on l’accompagne de quelques olives et d’un bon porto pour noyer ses illusions ? Cet ‘Entretiempos' n’honore pas vraiment les Vegueros de Cuba, loin de là et c’est bien dommage pour eux. Mais quelle est la cible de ce cigare ? Espérons que les 2 autres modules m’apporteront satisfaction lors d’une prochaine visite chez Rhein. Ma note de cœur 10/20, Juste acceptable, mais sans plus ! À l'image d’un vin de table à 2€ la bouteille, mais il en faut pour tous les goûts comme dirait mon oncle Lucien mort écrasé par un train, paix à son âme et paix à ce cigare. Désolé pour cette fin absurde d’un fumeur désabusé.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Entretiempos ( short robusto )
  • Taille: 110 mm x 20 mm
  • Bague: 52
  • poids:
  • Année: 2013
  • Prix Suisse: 7€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

07:08 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Vegueros | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/09/2014

Livre "CIGARES" de Luc Monnet - préface de Jean Paul Kauffmann

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C’est en août 1995 à l’occasion d’un voyage personnel à Cuba que tout a commencé.
Pour un photographe (ou un homme d’images), la découverte d’un pays comme Cuba est une expérience marquante.Rien n’y est visuellement banal, fade ou tiède et chaque instant se vit avec une intensité que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. La plus simple des rencontres est souvent le début d’une aventure humaine qui nous emporte là où l’on n’a pas décidé d’aller, chaque coin de rue est comme le fragment du destin si particulier de ce pays, chaque détail architectural, chaque scène de la vie quotidienne expriment une émotion esthétique puissante. Mais, plus que toute autre découverte, l’univers du cigare fut sans doute pour moi
La rencontre importante de ce voyage. Le premier contact avec la manufacture Partagas fut un déclic. Il m’apparut comme une évidence que, bien plus qu’un simple produit, le cigare est un monde dans lequel j’ai plongé pour ne jamais le quitter.A mon retour, la tête dans mes images, je découvre l’existence d’une nouvelle revue fondée par Jean-Paul Kauffmann : l’Amateur de Cigare. Quelques tirages sélectionnés, une porte poussée, et c’est le début d’une collaboration et d’une passion commune pour le monde du cigare, elles m'ont emmené à la découverte d’autres pays, d’autres terroirs, d’autres histoires de cigares.Depuis 20 ans, je photographie l’univers du cigare, ses champs, ses manufactures, ses hommes, ses femmes qui vivent pour et par le cigare
à Cuba, au Honduras, au Nicaragua et en République dominicaine.La plupart de ces images n’ont jamais été publiées. Le noir et blanc n’étant pas d’usage dans la presse magazine, elles ont attendu le bon moment pour se montrer, telles que je les souhaitais.

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Mon choix du noir et blanc est celui de l’intemporalité car le cigare est intemporel. Il suffit de se rendre dans les champs de tabac et dans les manufactures pour comprendre que le processus de fabrication n’a pas changé. Il est avant tout dans le travail de la main de l’homme, la mécanisation est marginale. C’est certainement ce qui a touché mon oeil. Chacune des étapes est celle des origines, chaque geste est l’héritage du passé et se transmet, chaque terroir possède son identité, chaque manufacture sa signature, chaque pays producteur
son style. Il y a dans le cigare tout ce qui m’inspire photographiquement : la beauté des champs de tabac, la main de l’homme, belle, brute et précise, le respect de la matière première, l’amour du geste, la patience, la passion partagée, et puis la réalisation d’un produit d’exception qui livre ses plus beaux secrets.
Ce livre de photos me permet de rendre hommage au travail de ces hommes et de ces femmes, anonymes pour la plupart, qui façonnent de leurs mains ces cigares que nous pouvons fumer à travers le monde. Il est aussi pour moi l’occasion de partager ma passion pour un univers d’exception. ( texte de Luc Monnet )

Titre: CIGARES
Auteur: Luc Monnet
Collection: Hors collection
Prix: 21 euros
Format: 220 X 260
Editeur: HDifusion
Date d’office: juillet 2014
Couverture: Broché avec rabats
Nbre de pages: 88 pages
Nbre Illustrations: plus de 100 photographies

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Je me suis souvent demandé si une revue consacrée au cigare avait vraiment besoin de texte.De photos, oui, sans aucun doute. Obligatoire même. A la création de L’Amateur de Cigare,nous avons donné d’emblée à la photographie la place qu’elle mérite, la première. Rien n’est plus visuel que le cigare. L’écrit est souvent là pour souligner, commenter ce que nous voyons, apportant parfois une information déjà donnée par l’image. La photographie ne dit pas tout mais elle reste le moyen d’approcher au plus près le mystère de cet objet dont l’évidence – un cylindre - est souvent trompeuse. Derrière l’apparence, sous la cape, se cache une autre réalité que seule l’image peut saisir. Prééminence de la photo, le texte en annexe. Faut-il opposer les deux ? Cette question, je me la pose depuis vingt ans que j’observe les photos de Luc Monnet qui, dès le commencement, a accompagné l’aventure de notre revue. Avec cette série en noir et blanc, le doute n’est plus permis. Nul besoin de raconter le cigare avec des mots, Luc Monnet s’en charge. Ce n’est pas que les commentaires, les explications soient redondants. Ils sont utiles et parachèvent le propos visuel. Mais on voit bien qu’entre le cigare et la photographie existe un accord secret, une connivence qui, sans reléguer l’écrit au second plan, en amoindrit l’efficacité et la légitimité.
Luc Monnet a compris dès le début cette profonde complicité. Son coup d’oeil ne s’est jamais usé. Il a gardé la même curiosité, la même intégrité. La même gourmandise aussi. Il aime le cigare et les humains qui l’élaborent. Cela se voit et cela n’a pas besoin d’être écrit. Le mode d’organisation du cigare est souvent impénétrable, il contient une part ésotérique, comme si sa constitution était réservée à des initiés. Fabriquer un cigare consiste en une multitude de séquences très savantes, pas toujours spectaculaires. Leur ordre d’enchaînement est si compliqué qu’une opération ou un détail échappe presque toujours au non initié. Qu’importe. Luc Monnet est posté à ce moment que nous n’avons pas vu. Rien ne lui échappe. Il aurait pu se contenter de commencer par les champs de tabac mais non, il lui faut remonter à l’origine. Il va examiner la graine de tabac dans le laboratoire spécialisé où s’élèvent les semences. Il est présent à toutes les phases du cigare. Il est témoin du dénouement lorsque se referme la boîte munie du sceau de garantie. Tout est donc fini ? Mais non, une autre aventure commence, celle du compagnonnage entre le cigare et l’amateur. Evidemment Luc Monnet est encore là. C’est une autre histoire …Le photographe ne dira jamais son dernier mot.

Jean-Paul Kauffmann

04/09/2014

Le tabac/ presse " 37 avenue Parmenan à Annecy " civette à cigare

En vacances dans cette belle ville qu'est Annecy, voici une adresse qui peut vous dépanner avec cette cave à cigare plutôt sympas dans laquelle vous trouverez les essentiels du terroir cubain + d'autres cigares comme les ( Flor de Copan, Véga Fina, Plasencia, Villa Zamorano, Davidoff, Macanudo, ainsi que les cigares bon marché 3x3 de Davidoff ). Les cigares sont très bien conservés, une adresse que je conseille vivement. De plus l'accueil est des plus agréable. Après pour les plus exigeants, rendez vous sur Genève à 25 minutes de là par l'autoroute Annecy/ Genève.

Ensuite offrez-vous un moment de quiétude sur la terrasse de "L' Impérial Palace" à 5 minutes, vous y trouverez la brasserie à l'arrière de l'hôtel, côté lac en contournant le bâtiment par la droite ! Un endroit magique pour déguster un bon cigare par beau temps et pas forcément hors de prix et la vue est magnifique.   

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ci-joint le lien pour l'adresse google map.

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L'impérial Palace Annecy ( côté lac ).

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Google map

17:23 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/09/2014

Ma journée avec Hendrik Kelner ( 2e partie ) Davidoff

 Lien pour la première partie.

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Davidoff République Dominicaine.

ED : « Est-ce que la cape ‘Yamasa’ a évolué depuis les tous premiers modules ? ».

HK : « Oui, bien sûr. A l’époque, la terre était difficile à travailler, en raison d’une acidité trop grande (Ph très bas). Pour neutraliser ces effets, nous y ajoutions du calcium pour équilibrer son Ph. Mais ça demandait beaucoup de temps avant que tous les paramètres biochimiques de la terre soient profitables à la croissance de la plante. Lors des toutes premières récoltes, nous récoltions souvent de petites et épaisses feuilles, leurs structures cellulaires étaient moins ouvertes et cela posait aussi des problèmes de combustion. D’où la production dans un premier temps de petits modules. (Sachez qu’une belle feuille de cape demande à être très grande et très fine pour convenir esthétiquement à un beau cigare).Il nous a fallu nous perfectionner dans nos méthodes de production et apprivoiser ce terroir afin qu’il produise des feuilles plus développées et plus souples à la fois ».


ED : « Comment se fait-il qu’Arturo Fuente, bien avant Davidoff réussit à produire un puro dominicain qui n’est autre que l’Opus X ? ».

HK : « La patience, le travail et l’évolution ! Notre terre était brute comme un cheval sauvage, il nous a fallu plus de temps pour la dresser pour quelle puisse produire de bonnes feuilles de cape. La seule explication, c’est qu’Arturo Fuente produisait ces feuilles sur un terroir plus adapté au nôtre ! La terre Yamasa est d’une composition faite de sable et le calcium avait tendance à rentrer trop vite dans la terre, de ce fait le tabac ne prenait pas à certains endroits. Donc pour mieux préparer les terres, nous devions nous y prendre 2 mois à l’avance pour y ajouter du calcium sous forme de chaux, 1 mois avant et une semaine après la récolte des feuilles, pour que le Ph se stabilise entre 6 et 7, mais ce calcium a aussi d’autres propriétés dont celui de bloquer l’aluminium néfaste à la plante. Dès les premières récoltes, le tabac ne poussait pas uniformément car la chaux était répandue manuellement, il nous a fallu moderniser et mécaniser ce procédé pour la pulvériser sous forme de poudre afin que les terres reçoivent équitablement les bonnes doses. Et c’est à ce moment-là que la terre fût enfin stabilisée, mais uniquement après la 3erécolte ! C’est très joli à voir ce linceul blanc de chaux qui recouvre les terres en cette période ».

ED : « Mais, pourquoi avoir choisi cet endroit ? ».

HK : « J’ai choisi cette terre de Yamasa en fonction de son climat particulier, son hygrométrie assez haute emmenée par les vents de l’Est, ‘les alizés’ soufflent sur les marais non loin de là et transportent cette humidité constante sur nos terres. Cela a pour effet de produire des feuilles de tabac avec une structure cellulaire plus ouverte moins serrée qu’au début. Voici l’explication : quand la feuille commence à sécher une fois récoltée, le processus de vie de la feuille s’arrête en temps normal. Mais grâce à l’humidité importante qui règne dans cette région, le cycle de vie de la feuille perdure pendant un moment lors de son séchage ».

ED : « Que se passe-t-il chimiquement pendant cette opération de séchage ? ».

HK : « Lorsque la feuille passe du vert au jaune, des premiers changements s’opèrent chimiquement au sein de la feuille par une transformation des  hydrates de carbone en sucre. Quand la feuille meurt, il y a oxydation des phénols. Sans entrer dans des explications trop compliquées que seul un chimiste expérimenté comprendrait ! Pour faire simple, ces phénols, cette molécule aromatique est séparée par une membrane très fine, quand la feuille meurt cette membrane se met en contact ! La couleur passe de jaune à marron et c’est à ce moment-là que les saveurs commencent à se développer. La même chose se produit sur un fruit, quand celui-ci est vert, il n’a pas ou très peu de goût, mais tout doucement le fruit murit, sa membrane se colle, le fruit change de couleur et le goût apparaît miraculeusement ! La feuille de tabac est comme ce fruit d’une certaine manière, elle doit être mûre pour développer ses phénols. Par exemple un fruit qui tombe sur le sol active ce même processus, à l’endroit du choc, les phénols oxydés et l’acide phénolique entre en contact et le murissement s’accélère ! C’est une manière d’expliquer comment la feuille de tabac réagit au séchage. Par contre, il faut savoir arrêter ce processus à temps ! »

ED : « Oui, mais comment savez-vous quel est le bon moment ? ».

HK : « La dernière partie de la feuille à sécher est sa nervure centrale, dès son séchage complet, elle détermine la fin du ‘process d’exsudation’. Un autre élément visuel pour le vegueros concerne la position des  perches sur  lesquelles les feuilles sont attachées, celles-ci remontent progressivement vers le haut afin de laisser la place aux feuilles plus vertes et plus récentes vers le bas, une fois tout là-haut vers le faîtage de la ‘casa del tabaco’, elle confirme qu’il est temps de les retirer. A ce moment-là, tous les échanges biochimiques intrinsèques terminés et stabilisés ne bougeront plus ! Par contre plus la feuille est épaisse, plus elle a du corps et plus il y aura d’humidité dans le rancho. L’oxydation sera beaucoup plus complexe et sa couleur deviendra plus sombre vers des teintes maduro/oscuro.

Toutes ces découvertes sont généralement issues d’accidents heureux. Prenez par exemple le tabac de Virginie (tabac à cigarette). L’histoire de ce tabac à la couleur si singulière remonte au 18edans l’état du même nom. En ce temps cette région souffrait d’un climat trop humide. Pour résoudre ce problème, les ‘casa del tabaco (maisons de séchage) devaient  être chauffées artificiellement avec des braises pour sécher les feuilles et évitez qu’elles ne pourrissent. Ces braises que l’on mettait dans un trou creusé généralement au milieu du bâtiment, dégageaient une source de chaleur qui devait être constamment maîtrisée durant toute la nuit, une tâche ingrate souvent confiée à des esclaves. Mais un jour l’un d’entre-eux chargea plus qu’il n’en fallait cette fosse en braise, sûrement  pensait-il s’être débarrassé de cette corvée afin de gagner quelques heures de sommeil ! Grosse erreur ! Cette manipulation hasardeuse permit une montée trop rapide de la température et donc un séchage inadéquat. Au petit matin, quel fût la surprise pour le ‘maître’ en découvrant la couleur jaune de ses feuilles !

Cette esclave évita pourtant une punition exemplaire pour avoir gâché toute une récolte.

Eh oui ! Etonnamment ces feuilles rencontrèrent un véritable engouement lors de la vente la semaine suivante, ainsi le paysan réussit tout de même à vendre sa production 4 fois plus chère qu’à l’accoutumer. Personne ne connaissait cette couleur si jaune et  n’avez vu quelque chose de semblable ! Avec ce goût si particulier, très douceâtre et légèrement suave qui offrit à la filière du tabac de nouveaux horizons aux USA. Comme quoi une erreur peut parfois aboutir sur une étonnante découverte ! 

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Hendrick Kelner.

ED : « Alors que s’est-il passé cette nuit-là ? ».

EK : « Le processus de séchage trop chaud et trop rapide a stoppé l’oxydation naturelle de la feuille verte ‘la chlorophylle’ vers le marron ‘ la carotène’, en fixant sa couleur au moment où elle commençait à jaunir. Au même moment les hydrates de carbone contenus dans la feuille sont devenus sucre (En temps normal ce sucre perd de son pouvoir et s’estompe progressivement pendant la phase de séchage de 40 à 45 jours pour le tabac noir). Mais pour le tabac de Virginie ce cycle se réduit à 3/ 4 jours de séchage dans des séchoirs modernes, au gaz pour la plupart et régulés automatiquement. Ils obtiennent un tabac plus doux que le tabac noir, plus adapté pour aux fabricants de cigarettes.

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Tabac de Virginie.

La ‘capa verde’, la cape verte rejoint à peu près le même développement évoqué ci-dessus. Sauf que dans ce cas, on n’attend pas que la feuille change de couleur, elle est séchée encore plus rapidement pour fixer sa couleur verte. Ici ce processus se réduit à une cinquantaine d’heures. La feuille verte n’a pas eu le temps de transformer ses hydrates de carbone en sucre, le goût est donc bien différent du tabac de virginie qui se traduit par un goût insipide très végétal comme de l’herbe. Cela n’apporte rien gustativement, c’est juste un effet de mode de fumer un cigare de couleur verte ».

les cigares selon edmond_davidoff camacho verde.jpgED : « Comment déterminez- vous le moment juste pour commencer la récolte? ».

HK : « Pour le vin, lorsque les vendanges approchent, le vigneron peut mesurer la teneur en sucre du raisin avec un instrument appelé réfractomètre. Cet outil de mesure détermine la concentration en sucre dans un liquide par réfraction de la lumière, ce qui permet au vigneron de commencer les vendanges au meilleur moment. Mais pour le tabac, c’est bien différent ! Aucun instrument savant ne peut nous aider ! Mais avec de l’attention et de l’observation, et cela en parfaite adéquation avec la nature nous comprenons chaque message qu’elle nous suggère à chaque nouveau cycle de sa croissance. Chez nous, nous attendons le tout dernier moment, lorsque la feuille de couleur s’éclaircit vers un vert un peu plus plus clair pour commencer la récolte. Ce signe, c’est la plante qui le décide, il faut simplement comprendre et respecter cette nature. Comment ? Eh bien, avec une présence permanente de tous les jours dans les plantations, vérifier, décoder tous ses petits signes. La feuille d’une certaine manière nous parle. Elle doit se détacher sans résistance, sans effort de sa tige centrale ! Avec un petit bruit, un petit claquement bref ! Ce son si singulier se répercute au travers des champs de tabac comme une véritable musique, c’est unique et très beau à entendre ! Par contre si vous essayez de retirer une feuille pas encore mûre, le pétiole (la queue) se déchirera de sa tige principale. Une métaphore que j’aime partager est celle-ci : ‘Après avoir changé de couleur, la feuille se prépare à un long voyage en tirant sa révérence. Lourde, elle se penche vers la terre comme dans un ultime soupir et lui murmure un merci de l’avoir si bien nourri. C’est fini, je peux m’en aller maintenant’ ».

ED : « Comment procédez-vous ensuite ? ».

HK : « Nous commençons par les feuilles basales du plant (les feuilles du bas), ce prélèvement minutieux est toujours effectué par paires, car celles-ci ont mûri ensemble ! Après 3 à 4 jours on recommence l’opération avec une autre paire de feuilles et cela jusqu’au sommet de la plante. Certains peu soucieux de la qualité et surtout pour gagner du temps, récoltent 4 feuilles en même temps pour minimiser le travail et ainsi augmenter leur rentabilité. La récolte par paires est plus contraignante, plus chère et plus longue, mais beaucoup mieux pour la qualité ! »

ED : « Y a-t-il une taille réglementaire de la plante qui s’impose dans toutes les cultures de tabac noir ? ».

HK : « Non ! Cela dépend de plusieurs choses dont la génétique de la semence. Quand la fleur commence à sortir, c’est comme pour l’adolescente qui vient d’avoir ses menstruations en devenant femme, sa croissance s’arrête à la suite de cet évènement. Pour le tabac, c’est un peu la même chose, certaines semences donneront un plant plus petit ou plus grand selon le moment où la fleur apparaît (les menstruations pour la femme), ça c’est le génome de la plante qui le détermine. Il y a des pratiques de culture où on élimine très tôt la fleur d’où certaines conséquences pour la plante, l’essentiel de son existence est de perpétuer les  prochaines générations. La plante est programmée dès sa naissance pour produire la meilleure semence contenue dans la fleur, en la retirant trop tôt celle-ci se venge et produit des fils non désiré en partie basale qui seront dévastateurs à la toute première pousse qui sera délaissée nutritivement au profit de ses fils ! D’où la nécessité de les éliminer très rapidement sur chaque plant. Cela peut engendrer à l’ensemble de la plantation un travail supplémentaire non négligeable et des répercussions très importantes sur la rentabilité de la récolte si ça vient d’une erreur d’appréciation du veguero. Pour certaines cultures, on peut faire le choix délibéré d’éliminer que très  tardivement la fleur, comme pour les feuilles de cape du Connecticut par exemple, en laissant la plante nourrir la fleur, les feuilles s’appauvrissent et produisent une texture plus fine et légère en goût, idéale pour les feuilles de cape. Par contre, si on veut plus de puissance et de corps, on élimine le bourgeon très tôt ! Afin que la plante nourrisse et produise en priorité les feuilles, celles-ci seront plus petites et plus grasses. Dans les plantations d’Estelli au Nicaragua, ce goût plus intense vient directement de ce choix, chez eux ils choisissent de stopper la croissance de la plante très tôt pour ne récolter que 12 feuilles contre 16 en République Dominicaine. Le goût nicaraguayen provient principalement de ce choix, offrant un goût plus brut et intense très apprécié par de nombreux amateurs.

Une chose est la génétique et l’autre la culture. Mais un autre facteur déterminant concerne le climat ! Pas assez de pluie, la plante se sent stressée, elle se dit « Je vais crever ! » Pour sa survit elle sort ses fleurs plus tôt avant qu’il ne soit trop tard pour elle, mais elle ne produit pas assez de feuilles. Cette année en 2014, nous avons subi une sécheresse exceptionnelle en Rép. Dom, les plants n’ont pas produit le nombre de feuilles souhaité ! A l’inverse trop de précipitations, les fertilisants iront trop profondément dans le sol, devenant inaccessibles aux racines.

Un facteur de croissance indissociable des autres concerne la qualité nutritive de la terre. Celle-ci s’épuise très rapidement par la culture du tabac. Sans cesse nous devons la fertiliser, lui apporter tous les minéraux nécessaires pour être un bon nutriment à la plante. Une carence ou un excès d’eau d’un terrain peut être aussi très néfaste, trop gorgé d’eau les racines deviennent plus petites et la plante ne se nourrit plus comme à son habitude. Il y a quelques années lorsque je suis allé à Cuba visiter les plantations en tant que touriste (petit sourire) Dans l’une d’elles je me suis aperçu que certaines zones poussaient de manière sporadique, très vite j’en compris l’origine. En effet, le système d’irrigation n’était pas uniforme, certains plants recevaient trop d’eau et d’autres pas assez. Discrètement, je me suis permis de le signaler au veguero. D’abord étonné et intéressé ensuite par mes conseils, il m’interpella amusé : «Toi, tu n’es pas un simple touriste ! » (Rire) 

ED : « Qu’est-ce qui fait cette différence entre le tabac Cubain et Dominicain ? D’où provient cette différence de goût ? ».

HK : « A la différence de Cuba, nous avons une terre plus acide (Ph faible)que nous devons équilibrer avec l’ajout de calcium. Par contre ce calcium qui équilibre la terre autour de 5 à 6 de Ph à aussi un effet pervers, puisqu’il  bloque l’assimilation du fer par la plante. Même si l’on ajoute des suppléments ferreux, la plante ne l’absorbe pas comme il faut. A Cuba, la terre est riche en fer et son Ph est naturellement beaucoup mieux équilibré que le nôtre».

ED : « Qu’amène le fer de si important dans la perception des saveurs ? ».

HK : « Le rôle du fer dans le cigare apporte plus de persistance dans la dégustation, c’est ce qui différencie principalement le goût cubain avec celui du tabac dominicain. Dans la zone de partido à Cuba la terre est très rouge, très riche en fer et d’un ph neutre. En république Dominicaine à part la terre de Yamasa qui est une zone de culture expérimentale, à part des autres, le reste des cultures traditionnelles Dominicaines sont moins riches en fer. Par exemple pour la création des cigares Millénium, nous avons trouvé une région proche des montagnes, plus au centre, une terre moins acide et mieux équilibrée naturellement en fer,  cette terre permet d’offrir aux dégustateurs des mélanges de tabacs  plus persistants. Une sensation appréciée en général par les fumeurs de cigare Cubain ».Tous les ans à Yamasa, nous mesurons le Ph pour s’assurer qu’il ne tombe pas à 6, mais qu’il reste sur une valeur plus neutre comme 7. (Voir tableau sur le Ph ci-dessous pour comprendre les différentes valeurs d’acidités) ».

 les cigares selon edmond_tableau acidité.jpg

ED : « Que se passe-t-il, si au contraire la terre contient trop de fer ? ».

HK : « S’il y a trop de fer le tabac devient trop épicé et trop poivré, à Cuba cela donne un goût de bois ».

ED : «Pourquoi avoir choisi cette région de Yamasa pour produire de nouveaux tabacs ? ».

HK : « Cette région que nous qualifierons d’expérimentale offre un sol d’une qualité rare en Rép. Dom grâce aux montagnes environnantes qui nous apportent naturellement son lot de minéraux dont nous avons besoin grâce aux pluies et aux ruissellements. De l’autre côté des montagnes on trouve des exploitations minières d’or, de fer, de cuivre et de nickel, bien sûr suffisamment loin pour ne pas nuire à nos plantations. La présence de ces mines atteste de la richesse exceptionnelle de cette région. Cette terre de Yamasa, nichée au pied de ses montagnes est une bénédiction de la nature pour produire des tabacs toujours meilleurs ».

ED : « Y a-t-il un autre élément pouvant nuire aux saveurs ? »

HK : « Trop d’aluminium dans la terre a aussi une influence non négligeable qu’il faut aussi surveiller ! Mais un autre facteur sur la qualité du tabac est bien entendu la fertilisation à base de produits naturels dont le soja par exemple ».

ED : « Comment du soja ?

HK : « Ce soja réduit en poudre provient essentiellement du Brésil, plus précisément ce sont les résidus de la filière de production d’huile de soja d’Amérique du sud. La particularité de sa provenance, c’est qu’elle contient encore une quantité infime d’huile très intéressante pour la qualité des feuilles. Bien plus bénéfique que le soja américain beaucoup trop raffiné, trop pauvre ! Nous pourrions aussi utiliser directement les graines broyées, mais les coûts de fertilisation exploseraient bien évidemment. Cette huile a un effet direct et visuel sur la feuille en lui apportant une plus belle brillance !

En Ecuador, ce n’est pas le soja mais les résidus de la transformation du coton qu’on utilise pour la fertilisation. La chaux, le soja stimule la microbiologie en facilitant l’assimilation de tous les composants nutritifs à la plante. On y ajoute aussi du potassium, du phosphore et aussi un peu de magnésium. Ce magnésium influence la combustion du cigare par une couleur de cendre plus blanche. Dans cette alliance calcium/magnésium, le calcium donne de la tenue à la cendre, sa densité et sa friabilité. Si pendant la phase de curation des feuilles, il y a trop de magnésium ! La feuille reste trop verte, ne mûrit pas et ne sèche pas. Pour la couleur de la cendre cela dépend aussi de la structure cellulaire de la feuille, (plus serrée = plus sombre) et (plus ouverte = plus clair) ».

ED : « Y a-t-il un composé chimique extrêmement nocif à la plante et quels sont les effets ? ».

HK : « Le premier ennemi de la plante, c’est bien le chlore !!

Le chlore empêche la combustion, beaucoup de producteurs connaissent ces effets dévastateurs sur la plante, mais peu comprennent exactement cette biochimie complexe. Voici ce que je peux expliquer simplement pour que vous compreniez, le tabac comme le raisin contient des acides (citriques et maliques). Et ça, ce n‘est pas bon pour la combustion et le goût. Pour annuler ces effets, nous ajoutons du potassium ! Dans le résultat de ses échanges moléculaires de potassium avec les autres atomes (citriques/ maliques) se créent de nouvelles molécules appelées ‘sels organiques’ qui eux seront combustibles. Mais ces nouvelles molécules fragiles ne supportent pas le chlore ! Ce chlore au contact des ‘sels organiques’ sépare à nouveau la molécule en 2 parties, le potassium d’un côté et les acides de l’autre. Ces effets seront néfastes à l’aromaticité de la feuille, s’illustrant par un mauvais goût en bouche et une combustion très difficile. C’est une des raisons majeures qui influence la saveur d’un cigare produit au Honduras, au Nicaragua, en république Dominicaine, à Cuba, etc…

ED : « Concernant l’eau utilisé pour l’irrigation du tabac, d’où provient-elle ? ».

HK : « Cette eau provient essentiellement des puits et des cours d’eau, mais comme pour la terre, l’eau est aussi très acide. Cela n’était pas sans conséquence dans le passé, surtout pour le traitement des plantes contre diverses maladies à l’aide de produits chimiques, malheureusement  moins efficaces lorsque la terre est acide ! Ce qui nous obligeait à sur doser pour rendre leur efficacité.

Aujourd’hui tout a bien changé,  nous stockons d’abord cette eau dans des bassins avant d’irriguer, pendant un laps de temps déterminé afin que le ph se neutralise autour de 7, ensuite nous irriguons. Grâce à ce procédé nous avons divisé par 2 l’emploi de pesticides, et nous travaillons constamment à baisser ces doses. Une des solutions efficaces pour lutter contre ces maladies est la modification génétique des plantes, en créant de nouvelles semences (des hybrides) offrant plus de résistance aux différents parasites. Mais un hybride est stérile, il ne peut pas produire de nouvelles semences de manière naturelle par pollinisation. Chez nous, il existe un secteur de production d’hybrides, nul besoin d’être très grand puisqu’une fleur produit à elle seule jusqu’à 30 fleurs, et une fleur produit jusqu’à 40 000 semis !! Nous ne prenons pas toutes les fleurs, mais uniquement celle du haut et nous n’utilisons pas toutes les graines. Celles-ci sont triées pour sélectionner les meilleures, les plus belles et les plus grosses qui représentent seulement 30% de cette production. Le but est de concevoir des semences toujours plus résistantes.

Il faut constamment se battre contre la nature, faire des analyses d’eau, de terre afin de garantir un tabac fidèle aux orientations gustatives de la marque. C’est un travail de patience et d’abnégation au sein des cultures, la moindre erreur de jugement et une récolte peut être anéantie ».

ED : « Quelles sont les différences d’appréciation entre un cigare Cubain et un cigare Davidoff ? ».

HK : Chez Davidoff, La philosophie du goût est complètement différente des autres pays producteurs. Nous, nous recherchons une activation olfactive globale de toutes les différentes zones de la bouche. (Voir schéma ci-dessous). La stimulation Cubaine est plus linéaire, vers le fond de la bouche, mais peu sur les côtés ! Chaque mélange a un rôle à jouer pour activer une zone sensorielle plus qu’une autre à l’intérieur de la bouche.

Un cigare typiquement dans la philosophie Davidoff est bien le Notables (Puro d’Oro), un cigare d’une très belle complexité aromatique qui stimule toutes les différentes zones. Par contre si tu fumes, un Magnificos (Puro d’Oro) ou un Eminentes toujours dans la ligne Puro d’Oro, ces deux là stimuleront en priorité le fond de la bouche à la manière d’un cigare cubain, ce sont des stratégies de marché! Mais quoi qu’il en soit, dans l’ensemble nos cigares résultent d’un travail ordonnancé vers une ouverture gustative toujours plus large. Si je prends du tabac‘ San Vicente’, je sais qu’il activera les côtés latéraux de la langue ! Maintenant les Cubains se tournent vers des cigares plus suaves et plus légers, car le marché connaît une forte demande pour ce type de sensation. Alors que Davidoff fait tout le contraire, nous allons vers des sensations plus fortes et intenses ».

ED : «  Comment avez-vous procédé pour la nouvelle ligne ‘Davidoff Nicaragua’ ? ».

HK : « Pour notre cigare ‘Davidoff Nicaragua’, nous avons fait quelque chose de complètement différent, nous avons pris du tabac d’Ometepe et un tabac de Condega qui stimule les côtés de la langue de manière moins traditionnelle qu’un cigare classique du Nicaragua.

Le mélange typique d’un cigare du Nicaragua se compose souvent de tabac d’Estelli et de Jalapa (plus linéaire en bouche) ».  

les cigares selon edmond_davidoff nicaragua.jpg

ED : « Fumez-vous parfois d’autres cigares que du Dominicain, peut-être du cubain ?

HK : « Non, non…Le seul que j’ai fumé, c’est en Russie la semaine dernière, un cigare cubain spécialement conçu pour l’événement auquel je participais !

ED : « Mais lorsque vous créez un nouveau mélange, est-ce que l’inspiration vous vient de la synthèse des différents terroirs de par le monde ? »

HK : « Après avoir fumé tant de cigares dans ma vie, je peux me passer de cette corvée ! Pour répondre simplement à cette question, je dirai qu’aujourd’hui nous faisons de la création, nous expérimentons à l’aide de nouvelles semences uniques au monde, le Davidoff 100e anniversaire a été conçu avec ce genre de tabac. Des tabacs uniques pour un goût unique qui n’existait pas avant ! La synthèse des autres terroirs ne me sont plus d’aucune utilité ».

ED : « Pourquoi certains cigares fatiguent plus que d’autres ? ».

HK : « Quand la bouche sèche, tu salives plus, la fumée se dilue dans celle-ci et tu fatigues moins ! Un ‘Magnificos’ donne envie de boire par exemple, mais un ‘Notables’ non ! Dans la même ligne de cigare comme le Puro d’Oro, tu peux avoir de grosses différences de mélange de tabacs. Ce n’est pas juste le format qui change !

ED : « Pourquoi certaines capes sont brillantes et d’autres mats ? (Question suggérée par Olivier Nehr, collaborateur de Mr Mathys)

HK : « Si la structure cellulaire est plus ouverte à cause de l’humidité, les huiles consécutives à la photosynthèse vont d’une certaine manière mieux se fixer, à cela ajoutons la petite incidence du soja. Tous ces facteurs donneront une cape plus brillante. A l’inverse, si la constitution cellulaire est trop serrée due à un climat trop sec et un séchage inadéquat les huiles essentielles sur la surface de la feuille ne seront pas en quantité suffisante pour lui donner suffisamment de brillance.

ED : « Mr Kelner, il est déjà 18h30 ! Je pense que nous allons nous arrêter là, avec regret je vous libère de cette interview, en vous remerciant pour votre disponibilité et votre générosité pour ce moment de partage, qui je l’espère, passionneront mes lecteurs. Encore merci à vous pour cette journée !

L' intégralité de l'interview se trouve ICI au format PDF.

 

 

11:52 Écrit par Edmond Dantes dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |