29/05/2014

Z Class 654T & 550R "Zino Platinium"

Conçu dans la fabrique Davidoff du Honduras, ce format Toro offre un mélange bien singulier et unique en son genre. En effet, sa cape est dominicaine ( semence Criollo ), sa sous-cape provient du Pérou ( semence Pello d'Oro Visus) et sa tripe se compose de tabac du Nicaragua ( semence Jalapa Especial Ligero), du Honduras ( semence Esteli Ligero), de République Dominicaine ( semence San Vicente Ligero). Ce cigare présente un bouquet, bien étoffé ! Reste à savoir si tout est cohérent dans cette curieuse recette. D’une couleur Colorado maduro, proche de celle d'un cookies, la cape finement veinée est d’une construction exemplaire, moins dense et ferme qu’un Davidoff. Celui-ci est d’un moelleux plus souple que ferme, alors qu’un Davidoff est souvent plus ferme que souple. Vous comprenez la nuance, moi oui !

Au nez, son parfum développe des arômes subtils de boisé, de chocolat au lait et d’une flagrance de sûre, un peu comme le lait fermenté ! Excusez-moi pour la comparaison fantasque, mais je peine à trouver une autre allégorie.   

Dès la première bouffée, celui-ci expose d’emblée une fumée très généreuse avec une sensation tannique très prononcée sur les lèvres. Cette intro plutôt acidulé dans l’ensemble, surfe sur des notes de bois verni, de terre, d’épice et d’agrumes. Ce Toro offre une bonne longueur sans être trop persistante, plus éphémère. Un choix parfait pour un cigare d’avant-propos pour un déjeuner entre amis. Avec un tirage excellent, très aéré, il délivre harmonieusement sa « tirade obséquieuse pyrolytique », pour faire simple la fumée est belle et généreuse ! Gênée par tant d’acidité, la rondeur peine à se lier dans une parfaite homogénéité, analogue au montage d’une sauce au beurre, un petit déséquilibre des deux composants et ça ne prend plus !

Après 30 minutes, ce deuxième temps devient plus rassasiant, une sensation localisée sur le fond du palais. Une juste amélioration qui déroule une rondeur plus équilibrée, avec un meilleur fondu dans les arômes de terre, d’aigre-doux, de sous bois et d’humus ( de végétal humide). Cette astringence reste un marqueur inhérent à ce Zino Platinum Toro, moins présente maintenant sur cette seconde partie, mais semblable à un puro du Honduras, je pense notamment à un ‘Maya de Selva' pour la comparaison. Mais ici, le tabac contrebalancé avec celui du Nicaragua plus intense lui donne plus de relief, une couleur aromatique moins citrique, avec un goût plus perfide en bouche. Par contre, à l’approche du 3e temps, la puissance augmente graduellement d’un cran de 2 à 3/5, annonciateur je pense d’une persistance plus intense.

Pour ce final, les saveurs deviennent plus roboratives et corpulentes, poivre et réglisse se partagent allègrement les dernières minutes de cette dégustation. Ce cigare expressif au caractère franc et déterminé s’exhibe fièrement et sans retenue dans ses différentes nuances olfactives. On peut l’aimer ou le détester, ce toro ne vous laissera pas indifférent sur ce registre ‘végétal fruité’. Ma note de cœur 14/20, je déplore simplement un petit manque de suavité et de rondeur pour le rendre parfait.  

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 150 mm x 21 mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,9 gr
  • Prix Suisse: 11€

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Après cette dégustation, ma surprise fût assez consternante lorsqu’en feuilletant machinalement le dernier numéro de l’ADC ( les 100 meilleurs cigares du monde 2014), j’aperçois en 7e position le ‘Z. Class robusto 550R’ classé parmi les meilleurs cigares Dominicains, accompagné d’un feedback tellement différent de mon Z Class Toro 654R ! Entre nous, je ne le trouve pas plus Dominicain que moi je suis suisse. Sa place était à mon avis plus vraisemblable à un cigare du Honduras ou du Nicaragua.

Bref, en lisant ce descriptif éloquent ! Je devais absolument connaitre ce robusto 550R testé par l’amateur de cigares. C’est chose faîte aujourd’hui, cette après-midi après un passage éclair chez Davidoff, en réalité ma femme s’est chargé de la mission ‘Zino Platinium’. Me voici donc près à en découdre ce soir avec ce robusto pour cette 2e dégustations.

Physiquement, hormis le format c’est la copie conforme du toro (couleur et aspect de la cape) je le trouve néanmoins un peu plus ferme que l’autre. Les flagrances sont bien les mêmes, mais plus spontanées et précises, celles-ci flirtent magistralement sur des notes de boisées, de chocolat au lait, livrant une suavité flatteuse et engageante pour la suite de cette psychanalyse. Pour résumer, la préface de ce cigare n’est que gourmandise. Dès la mise à feu, les premières bouffées délivrent une nervosité rassasiante entretenue par une coalition terre et poivre de bonne persistance en trame de fond. Un duo soutenu par des notes plus subtiles de boisés et de fruits secs, prolonge ce fumage dans une persistance aromatique agréable et roborative, sans être trop belliqueux. Un premier temps bien discordant avec son homologue le 654T !

Me voici aux 2 tiers de cette dégustation ou j’apprécie la cohérence de son évolution, que je qualifierai de ‘rustique’ pour ma part, communiquant sciemment des saveurs de campagne, de terre et d’écorce de pain. Un cigare d’une sapidité précise et linéaire d’une corpulence équilibrée, dotée d’une puissance moyenne. Le tirage est juste, facile sans être trop ventilé, parfaitement conforme à ce format. Le final plus intense, développe à son tour des notes de ‘briochée épicé’ de bonne consistance qui ne déroge pas à son caractère ‘bucolique’. Conclusion : Un ‘cigare rustique et élégant’, au dénouement heureux et sans dissonance appréciable à s’en bruler les doigts. Ma note 16/20, où mon cœur balance tout de même vers ce dernier, je vous conseille tout de même de tester les 2 formats, aux tonalités si contrastées.           

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 123 mm x 20 mm
  • Bague: 50
  • Poids: 12,2gr
  • Prix Suisse: 9€ 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

18:42 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Zino Platinium | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

A te lire cela donne envie.

La seule aventure avec cette marque fut une boîte de Mouton Cadet N°2 de 1997 ou 98 et j'avais bien aimé, d'ailleurs il m'en reste un parfaitement fumable que je ne vais pas tarder à fumer, ce qui me permettra de savoir ce qu'est un cigare "vintage".

Écrit par : Pierre | 19/06/2014

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Salut a vous! J ai fumer le 654t cette aprem chaudement conseiller par mon caviste. Une horreur! pour ma part je les vraiment trouve mauvais. Dommage car son aspect, sa belle cape bien grasse me donne envie. Il a pourtant des avis effectivement favorable. j ai l impression que c est le type de cigare qu on aime ou que l on deteste.
Bonne fumee!

Écrit par : eluard | 31/12/2014

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Je viens à l'instant de terminer ma dégustation du (très bon) 550R !!!
J'ai retrouvé les points essentiels de ton compte-rendu dans ma dégustation: un cigare rassasiant doté d'un bouquet aromatique riche, maîtrisé et on ne peut plus agréable !!!
Dégusté en fin d'après-midi, ce dernier m'a procuré de très bonnes sensations et aucunes fausses notes, pas même une pointe d'âcreté.
J'ai beaucoup apprécié ses petites pointes de poivre ici et là ainsi que sa touche rappelant un conifère.
Un cigare (que je range parmi les terroirs du Honduras) dont je ne manquerais pas de (re)déguster une prochaine fois !!!

Écrit par : Aston | 17/04/2015

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