06/09/2013

Paul Garmirian ( Symphony 20e anniversaire - robusto )

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Ma rencontre avec Paul Garmirian à domicile, un très bon moment  !


Pour beaucoup, le nom de Paul Garmirian n’évoque rien pour eux ! Eh, pourtant ce monsieur qui vient de fêter ses 70 ans, fait partie des grands ténors du cigare Dominicain. D’origine Arménienne, mais originaire du Liban qu’il quitte dans les années 60/61, il étudie 4 ans en Angleterre, s’envole ensuite en janvier 65 pour les USA où muni d’un doctorat il devient enseignant  au gré de ses envies, puis courtier dans l’immobilier. Grand amateur de cigares depuis sa tendre enfance, une passion sûrement suscitée dès l’âge de 10 ans lorsqu’il humait déjà les boîtes de Havanes de son père. le déclic eut lieu bien plus tard dans les années 80, après 7 années de réflexion acharnée, de recherche poussée, il écrit son livre sur le cigare ‘The Gourmet Guide To Cigars’, traduit uniquement en anglais et en espagnol, le premier du genre aux USA qui divisa nombre de fumeurs d’ Habano et de non-Habano.

 En effet, les livres sur le cigare publiés auparavant glorifiaient uniquement les cigares cubains. Pour la première fois, quelqu’un  écrivait et mettait en lumière les autres terroirs.

Dans les années 1990, encouragé par ses proches, il crée tout naturellement la marque ‘PG'. Aujourd’hui le père et son fils ‘Kevork travaillent ensemble, une relève bien assurée pour le futur de la marque ‘PG'. Ils conçoivent depuis 23 ans avec l’aide de leur fidèle partenaire et ami Hendrik Kelner* une gamme de cigares complexes et savoureux, méticuleusement élaborée par Paul lui-même et les conseils précieux du maitre mélangeur, Eladio Diaz*. Cette production exhaustive se répartit en 9 lignes différentes pour 9 mélanges. ( 1- PG gourmets series, 2- PG maduro, 3- PG réserva exclusiva, 4- PG 15e anniversaire, 5- PG soirée, 6- PG symphonie 20, 7- PG artisan’s passion, 8- PG artisan’s sélection, 9- PG II cousin du PG gourmet )

Des cigares qu’il reçoit un  an avant qu’ils ne soient mis sur le marché, une particularité que Zino vantait aussi de son vivant afin de garantir un meilleur affinage de ses cigares qu'il stockait dans ses entrepôts de Bâle en Suisse. Très soucieux de la qualité, Paul limite volontairement le nombre de magasins susceptibles de les vendre, environ 200 magasins qui représentent à peine 10% du marché.

Il était, je pense nécessaire de vous dépeindre le personnage avant de procéder à une dégustation. Un monsieur d'ailleurs que je risque de rencontrer prochainement à Genève. ( à suivre )

Paul & Kevork Garmirian.

*  Hendrik Kelner : Producteur Dominicain qui produit notamment dans d’autres usines tout le catalogue Davidoff, Griffin et Avo. Considéré comme un des meilleurs fabricants de cigare au monde.

*  Eladio Diaz : Chef mixeur de grand talent qui travaille étroitement avec Hendrik Kelner 

Ce n’est pas sans émotion que je découvre enfin ce cigare qui m’est offert de déguster. Inutile de le chercher, il est malheureusement introuvable en Europe.

Esthétiquement, il présente plutôt bien, ferme, soyeux, lourd, sa construction est sans appel. Quant aux aux senteurs, elles flirtent avec l’animalité, le cuir, la viande fumée ou la salaison. La cape de couleur oscuro a bien des similitudes avec la cape Yamasa, épaisse et légèrement piquante sur le bout de la langue. Dès l’allumage, ce "symphony"annonce rapidement la couleur, aucun faux-semblant, la musique a du corps, de la rondeur et de la force, une puissance maitrisée toute en retenue, comme les cuivres et les cors d’un orchestre. Pourquoi pas cette symphonie n°5 de Beethoven ? Les notes terreuses, de cuir et de café, de poivre demandent une certaine habitude au palais, un cigare rassasiant et réconfortant. D’une bonne présence en bouche, ce démarrage capiteux évolue doucement sur des valeurs plus rondes dans un 2e temps, tout en étant toujours roboratif, cuir, pain grillé, et torréfié se partagent l’essentiel de la partition, reprenant délicieusement le relais sans aucune amertume. L’ensemble force et arôme sont toujours bien contrebalancé, la puissance, pour ceux qui aiment, augmente progressivement mais sans vous assommer pour autant. Pour terminer, le final plus intense et empyreumatique aurait tendance à saturer vos papilles, mieux vaut prévoir un petit verre de rhum ou un bon Whisky comme ce Jack Daniel’s aux saveurs caramélisées. Un duo singulier, et fort appréciable pour ce tête à tête .

Ce cigare élégant et soutenu s’adresse à un public d’amateur averti, un cigare qui demande une certaine expérience et de la mesure pour canaliser ses ardeurs. Ma note de cœur 15/20.

 

  • Origine: tripe: Dominicaine, sous-cape: Dominicaine, cape: Dominicaine
  • Format: robusto extra
  • Taille: 159mm x 20
  • Bague: 52
  • Prix USA: 12€

PG symphony

pg.jpg

Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20




08:10 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Paul Garmirian "PG" | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour cette dégustation d'une marque de cigares que je ne connaissais pas.
Par contre au niveau du prix on n'est pas loin de Cohiba et dans la gamme de prix de Trinidad.
Donc une question me vient à l'esprit, vous qui connaissez toutes ces marques, et je dois l'avouer, bien mieux que moi, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle à votre avis ?
Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs, Padron, Opus X d'Arturo Fuentes et certainement d'autres, font eux aussi partie de cette catégorie de fabricants de cigares non cubains.

Écrit par : Pierre | 16/04/2014

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Ce ‘PG' ne fait que 12€ ! Un Cohiba reste tout de même beaucoup plus onéreux entre 17 et 27 €.
Bref, ta question est toutefois légitime si l’on considère le cigare cubain, notamment le Cohiba comme le meilleur des cigares toutes marques confondus et tous terroirs confondus ! Effectivement, tu trouves des cigares genre Padron anniversaire 1964 diplomatico à 25€ pour du nicaraguayen, c’est très prohibitif, autant fumer un Siglo IV à ce prix ! Pour moi la diversité n’a pas de prix, le goût n’a pas de prix. Il faut éviter de fumer par habitude, comme une habitude alimentaire ! Pourquoi, certains détestent les huitres, le foie gras ou les cuisses de grenouilles ? Pourtant certains les adorent. Celui qui fume uniquement du cigare Cubain, prend de vilaines habitudes, il reste enfermé dans un goût propre à ce terroir. Tu peux autant apprécier un Padron à 25€ à condition d’éduquer ton goût et ensuite l’apprécier autant qu’un Siglo IV.
Imaginons que l’on supprime les vins de Bourgogne, d’alsace, de la vallée de la Loire, de Provence, etc... pour célébrer uniquement les vins du Bordelais ! Quelle frustration pour tous les amateurs de vins ? C’est juste une question d’éducation de goût, plus tu diversifies ton palais, plus tu apprécieras les autres terroirs du cigare.
( pour la petite anecdote pour Padron cité plus haut, dans les années 90 à ses débuts Padron commercialisait des cigares cheap à 3$ )

Écrit par : Edmond | 16/04/2014

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Effectivement, vu comme cela, c'est parfaitement justifié, et pour ne pas mourir idiot... il faut essayer, et la "bonne" surprise peut être au rendez-vous.

Il est vrai que le plus difficile à changer, comme tu le dis si bien, sont les habitudes, nous en avons des preuves tous les jours.

En conclusion "Yapuka", non pas se faire violence mais se décider à s'ouvrir d'autres horizons gustatifs!!!

Écrit par : Pierre | 16/04/2014

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