24/05/2013

Partagas serie D n°1 ( Edicion limitada 2004 )

Pour la petite histoire, ce cigare provient de la cave personnelle de Johan D'hondt ( La civette de Tournai en Belgique ), que je remercie grandement de me l’avoir offert à la vente, je précise ! Sa philanthropie s’arrête au tiroir caisse, faut- pas rêver tout de même. Merci encore pour ce cigare, mon cher Johan.

Le premier Partagas D1-EL2004 et sûrement le premier et le dernier que je fumerai de ma vie. A part quelques chanceux qui en possèdent encore au fond de leur humidor. Eh oui, ce cigare est devenu introuvable dans le commerce, inutile de vous rendre chez votre débitant de tabac. Assurément, certains d'entre vous le connaisse déjà et pourront me donner leur point de vue ? Fumez un cigare de 10 ans, procure toujours de l'excitation et pas mal de questions. Tiraillé par « je le fume ou je ne le fume pas et puis non, quoique ? » Qu’auriez-vous fait à ma place, vous?  Vous savez très bien qu'une fois dégustée, ce sera irrémédiablement terminé, nul espoir d’en retrouver ! Et si je passe complètement à côté sans l'apprécier comme il le faudrait ? Je pourrai aussi le garder comme cigare ‘collector’, momifié pour l'éternité dans un tube à essai,  voire épinglé comme un papillon, pas terrible je sais...sérieux dilemme !

En toute logique, un cigare se doit de mourir un jour, afin d’être fumé et savouré avec respect. Et ce jour, enfin arrivé n’attend plus que son grand inquisiteur dégustateur pour le juger, et lui soutirer par la torture du tison le meilleur comme la pire vérité ? 

Première approche visuelle, ses nervures saillantes, sa cape sèche et mate, de couleur maduro et colorado ombragé comme un vieux cuir vintage, fait de ce dernier un cigare à l’aspect assez rustique. Par contre les arômes de belles suavités s'apparentent à celui d'un petit déjeuner bucolique, aux notes mielleuses et chocolatées sur fond butyrique et brioché qui flattent à merveille mon odorat et mes espérances.

Dès l'allumage ce D1, vous entraîne sur une marche pédestre aux accents végétals d’herbe grasse. Accompagné d’un soupçon de chocolat au lait, de fruits secs et de café, le tout soutenu par une belle rondeur en bouche. 

Sur le second tiers, ce Partagas devient plus dominant et corpulent, je dirai plus paysan, un poil desséchant  à la limite d’être irritant. L'équilibre puissance/ arôme quant à elle, bien charpenté, se tient avec justesse. Un cigare que j’apprécie pour son évolution car dès  à présent des saveurs plus épicées, de café et de cuir occultent mes premières sensations. D’une très bonne persistance, ce D1 continu sa route, toujours avec plus de corps. Pour atteindre dans le 3ème tiers, une dernière mutation ! Plus acre et plus amer, saveurs dont je ne suis pas client qui l’emmène inexorablement sur les sentiers de la perdition. Pain grillé, notes torréfiées et viande brûlé annexe malheureusement ce final trop pauvre et empyreumatique. Mais rien de rédhibitoire puisque je préfère stopper cette dégustation de suite avant d'aller trop loin et ainsi éviter de saturer mes papilles.

Pour conclure ce D1 fût une belle découverte, je m'attendais à un cigare d'une sapidité plus dilué et sclérosé par toutes ses années, eh bien non ! Celui-ci à tout au contraire su garder sa légitimité, celle d'un cigare charismatique et complexe à l’image de la marque. Ma note de cœur 16/20, un très bon cigare. Mon seul regret, celui d’ un ‘happy-end’ sans volupté.

 

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: double robusto
  • Taille: 170mm x 20
  • Bague: 50

partagas D1 2004

partagas D1 2004

 

partagas D1 2004

 

 
Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20

17:07 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Partagas | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Je n'ai pas eu la chance de goûter ce Habano.
Mon intervention? Pour relancer le débat sur les "boîtes où ne figurent pas la date". La Coprova enquête.
Si Coprova et Seita sont les distributeurs "normaux" des Habanos, il existe aussi d'autres distributeurs, dûment enregistrés au Journal Officiel. Où ces derniers s'approvisionnent-ils? Mystère. Quand j'étais en activité à 'Amateur puis à Club Cigare, je n'étais pas le seul à m'interroger. Un officiel des douanes m'avait confié, en riant, que l'un de ces champions du marché parallèle vendait plus de cigares qu'il ne déclarait en importer!!!
Comment ces "petits malins" placent leurs produits aux débitants? Toutes les hypothèses sont possibles. Je rappelle que la marge officielle d'un débitant français n'est que de 8 ou 9%. Un homme qui a acheté une belle civette mais qui ne connaît pas très bien les réalités du cigare se laissera sans doute tenté.
Un de mes amis s'est bien fit avoir. Avec un de ses propres amis, il a ainsi acquis une boite de robustos de Montecristo… édition limitée… Mais pas le moindre millésime. Des faux - il m'en a offert un - qui n'avait de remarquable que le prix!
Méfiance donc. Le sticker "coprova" doit être présent sur toutes les boîtes vendues en France!

Écrit par : Jean-Michel Haedrich- | 29/05/2013

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Alors comme ça, tu les as finalement contacté ! J'y ai pensé aussi et oublié... Très intéressant ce que tu affirmes et très étonnant de penser que certaines civettes puissent vendre des boîtes sans millésimes "contrefaits". Donc même dans les bonnes civettes, il va falloir penser à vérifier le dessous de la boîte, ça ne va pas plaire aux débitants. Chez Gestocigar à Genève, je vais penser à retourner les boîtes la prochaine fois.
Merci pour ces précisions JM

Écrit par : Edmond | 30/05/2013

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Transmets mes amitiés à Jean-Charles Rios quand tu le verras.

Écrit par : Jean-Michel Haedrich | 30/05/2013

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Je ne le connais pas personnellement, mais je lui ferai par de ton bonjour. Dommage j'y suis allé ce lundi !

Écrit par : Edmond | 30/05/2013

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