08/06/2016

Black Market "Filthy Hooligan"

Petit rappel : La couleur de cape verte que l’on appelle, double claro, candela, AMS (American Market Selection) ou verde, provient d’un processus de séchage prématuré, qui consiste à fixer le pigment vert de la chlorophylle par une augmentation progressive de la chaleur jusqu’à 100°, à l’aide de brûleurs au gaz aujourd’hui, autrefois à l’aide de braises et cela pendant une durée d’environ 48 heures, à cela ajouter une douzaine d’heures supplémentaires pour sécher définitivement le limbe (nervure centrale), et voilà, le séchage est terminé ! Ensuite, les feuilles devenues craquantes et trop fragiles pour être libérées des perches, devront entamer une cure de réhumidification pour être travaillé. Malheureusement, cette méthode très courte ne permet pas un murissement efficace de la feuille par l’oxydation et hydrolyse naturelle provoquée par un séchage traditionnel et contrôlé de 45 jours en moyenne ! Une feuille de tabac est comme un fruit, une fois celle-ci cueillit, elle murît comme le ferait une pomme ou une banane, en produisant des sucres et des acides aminés, une transformation indispensable pour un bon développement du goût, de ses arômes.

« Filthy Hooligan » drôle de nom pour un cigare, enfin passons !

Ce qui est formidable dans le monde du cigare, c’est incontestablement sa diversité, que l’on aime ou pas, on trouve de tout, du meilleur au pire parfois. Même dans un « Black Market », à première vue conçue pour nous faire tirer la langue en le voyant, peu nous amuser gustativement parlant ! Si vous voulez développer votre sens de l’analyse, misez sur l’éclectisme du goût en façonnant votre perception, à tirer parti de chacune de vos dégustations bonnes ou mauvaises.

Voici un cigare qui interpelle par ses couleurs et du fait de son mélange (Honduras/ Panama/ Nicaragua et Equateur), ma foi, une salade composée digne des meilleurs bars à tapas de l’hexagone ! Visuellement, l’effet poteau de barbier verde/ maduro et sa bague, dont le sens m’échappe encore, sont d’un très bel effet mercantile. Un module au toucher, de bonne tension et d’une souplesse toute relative, un cigare très bien confectionné.

Sur cet autre point, son parfum, vous allez me prendre, certainement pour un fou, si je vous dis melon vert et feuille de tilleul, vous rigolez, n’est-ce pas ! Eh bien, voici l’étrangeté de cette cape candela, ici pas de senteurs boisées, ni de chocolat au lait ou de pain chaud fariné. En effet, son odeur si particulière profane quelque peu notre perception, bien établit au cigare et à sa couleur. Au mouillage, c’est  sans surprise que son goût est neutre.

Dès les premiers coups de torche, le démarrage développe d’emblée une saveur plutôt douce dans sa forme, suivit d’un fond futilement poivré. Les notes proposent un profil aromatique cohésif à sa pigmentation, que je perçois d’herbacé comme le foin sec chauffé par le soleil, de tilleul pour l’absence de goût prononcée et de poivre blanc. Sa consistance offre une partition gustative très aérienne, avec un manque notable de profondeur et de contraste sur son agrément. Un duo rondeur, longueur que je trouve effacés et moyens, offrant un fumage facile et passable pour ce 1er tiers !

Le 2e temps se poursuit discrètement sans faire de vagues, soufflant un vent chaud et doux, laissant une sensation de sécheresse en bouche. Dommage que cette partition manque de rythme, de notes plus fortes et plus grasses aussi. Aucunement irritant, ce « Black Market »  se distingue sur un « easy to smoke », un cigare aux notes vertes de foin, d’aneth, de tisane  dont l’assaisonnement épicé relève d’un sauvetage opportun et désespéré ! D’une consistance toujours en dessous de mon seuil de tolérance, ce module prend au fil de son évolution une désagréable décoloration olfactive, confirmant son côté fade et ennuyeux.

Sur ce 3e temps tout aussi empâté et inconsistant, finalise cette dégustation avec la sensation d’avoir dégusté un cigare, qui serait peut-être meilleur en infusion, va-savoir !

Ma note de cœur, toutefois généreuse 12/20, résulte d’avoir éveillé en moi des parfums insoupçonnés dans un cigare, mais malheureusement cela ne suffit pas ! En conclusion, un véritable cigare de camouflage, conçut pour disparaître au nez de tous et sans regret ! Au fait, je n’ai toujours rien compris à la symbolique de cette édition, sale hooligan et l’enseigne de barbier !!

  • Origine: tripe: Honduras/ Panama, sous-cape: Equateur, cape: Honduras/Nicaragua
  • Format: toro
  • Taille: 152mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 14,8gr
  • Année: 2016
  • Prix Suisse: 10chf

black market, filthy hooligan

Black Market "filthy hooligan"

black market, filthy hooligan

Black Market "filthy hooligan"

 

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20        

08:35 Écrit par Edmond Dantes dans Alec Bradley, Black Market, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/07/2014

Black Market "Alec Bradley" Gordo

Petite visite chez « House of Smoke » à Bâle pour quelques achats ( Suisse ).

Sans faire de prosélytisme outrageant pour ce type de cigare, mon mutisme passerait pour une forme de snobisme ! Mon coup de cœur pour ce ‘black Market' passerait même pour un encouragement à la médiocrité, voir à de l'indigence organoleptique de mes sens. Eh oui, peut- être ! Mais perso, je me fous des railleries et je mentirai de n’avoir pas pris un certain plaisir en sa compagnie, voilà c’est dit ! Pourtant ce cigare dont tous les signes me conseillaient de fuir, bague outrageante et superflu, estampillé d’un nom trivial ‘Black Market' pour US warrior ! Bref, après l’avoir retourné, examiné, humer dans tous les sens du pied à la tête, il semblerait que mon nez si fin qu’il soit ( oui, tout de même un peu ! ), y a trouvé quelques douceâtres effluves envoutants, me laissant perplexe, un brun dubitatif par ce parfum contrefait de déjà ressenti. Ma curiosité décidait tout de même après quelques hésitations son acquisition ainsi que l’achat d’autres cigares dont je ne connaissais même pas l’existence de toutes les formes et couleurs pour de futures dégustations.

3 jours ont passé maintenant ! Me voici de retour en tête à tête avec ce Gordo signé Alec Bradley pour un examen plus approfondi. Passé le passage de la mise à nu en ôtant cette jupe de papier ! Ce gordo à la peau fine et cuivrée assure par une construction exemplaire, ferme et musclé, celui-ci exhale avec confiance un parfum intense, de boisé, de noix et de notes pâtissières. Des senteurs à s’y méprendre avec un Lusitania Partagas ou un Magnum 50 H.Upmann, des senteurs très cubaines en sorte. Je suis presque certain qu’un examen à l’aveugle, l’aurais désigné fièrement comme Habano ! Difficile à croire qu’une pareille méprise soit en effet possible. Je ne connais pas les procédés de matage de certains cigares made in USA. Mais je trouve celui-ci très étonnant, comment expliquer qu’une cape du Nicaragua puisse offrir un tel bouquet d’arômes bien loin de son terroir. Fort possible que la magie d’un maître mouilleur soit passée par là au stade fermentif des feuilles avec quelques petites recettes à base de miel, de rhum et d’épices… En tous les cas, ça fonctionne ! Bien sûr, ce n’est que suppositions impossibles à vérifier. ( Mais sachez que ce genre de pratique existe bel et bien ).

À l’allumage, cette perception cubaine s’efface rapidement pour laisser place à une perception plus  originelle, mais désordonnée je dirai ! La sensation des premières bouffées intense et généreuse déploie généreusement des notes de terre, de poivre, de chocolat, ainsi qu’une certaine animalité ( de viande fumée et de cuir). Une cacophonie d’avant-scène très délicieuse et gourmande, le tout dans une confusion assourdissante et inquiétante. La consistance en bouche est bien là, mais la rondeur riche de tous ces arômes manque encore de cohérence. Toutefois, la persistance trouve son chemin sans trop se désorienter en ‘vapotant’ sur des notes plus édulcorées de café. Ces 20 premières minutes de dégustation ont exprimé une certaine nervosité, le tout dans un désordre riche et intense où tous les acteurs après cette répétition agitée trouvent chacun leurs places respectives dans cette pièce en 3 actes. En effet, une cohésion obséquieuse et plus ronde pointe le bout de son nez prenant le relai sur des notes plus suaves et plus inspirées de vanille, de chocolat, de caramel brulé et épicé.

Dans ce second acte ! Ce Gordo trouve sagement la voie de la miséricorde dans un rythme plus pondéré et onctueux fait de sous bois, de café crème et de chocolat au lait. Des arômes fondus et persistants qui subsistent agréablement vers des nuances plus toastées. Ce mélange cosmopolite Panama/ Honduras pour la tripe et Sumatra/ Nicaragua pour la sous-cape/ cape procure un rancio bien équilibré avec une consistance intense et aromatique. D’une combustion régulière et  sans accro, il ne cède en rien aux notes dissonantes acerbes et piquantes. Celui-ci progresse avec plénitude de manière linéaire et homogène sans aucune divergence jusqu’à la fin du 3e acte. Une finalité endurante et sans surprise dès la fin du 2e acte serait la seule chose à vraiment lui reprocher ! Malgré une certaine réserve au début, ce cigare ostensible et atypique est un véritable coup de cœur, même si certains doutes subsistent sur son élaboration ! Ma note 15/20, un fumage à renouveler sous réserve que sa fabrication soit constante.    

      

  • Origine: tripe : Panama/ Honduras, Sous-cape: Sumatra, cape: Nicaragua
  • Format: Gordo
  • Taille: 152 mm x 24 mm
  • Bague: 60
  • poids: 26,6 gr
  • Année:  2013
  • Prix Suisse: 9.3€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

16:35 Écrit par Edmond Dantes dans Alec Bradley, Black Market, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |