03/02/2016

790 millions de cigares, et moi, et moi, et moi...

Plus de six décennies de roulage de cigares premium, de ses petites mains ridées, le légendaire Arnaldo Alfonso Ybanez, 78 ans est fier de voir aujourd’hui ses "havanes" offerts aux dignitaires des différents Etats et autres, visitant sa boutique de l’Hôtel Palco dans l’ouest de La Havane. Aujourd’hui, il est enchanté par l'idée que ses clients allumeront un jour leur « Habanos » à New York, à Los Angeles ou ailleurs aux États-Unis, là où depuis 54 ans, les cigares cubains étaient prohibés, suite à l'embargo américain annoncé en 1962 par JFK à l’encontre du nouveau pourvoir établi sur l’île.

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Arnaldo Alfonso Ybanez.

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Hôtel Palco.

Les fabricants de cigares cubains se lèchent les babines, plus de nouvelles règles américaines, ont été annoncées en décembre, dans le cadre d'une détente partielle, ce qui permet à plus d'Américains de se rendre sur l'île et ramener légalement de petites quantités de « stogies » convoités pour la première fois depuis des décennies.

Comme chaque année, le Festival annuel del Habano célèbre le cigare en se terminant par le mythique dîner de gala, cette année les fonctionnaires de la profession ont déclaré qu’ils attendent de doubler la vente de cigares premium, appelés « habanos » de 3 millions à 6 millions d’unités d’ici 1 ans.

"Ceci est un saut important dans tout juste un an", a déclaré Jorge Luis Fernandez Maique, ex-vice-président de Habanos SA, cette entreprise mixte que se partagent Cubatabaco et la société britannique Altadis. « C’est un boom historique pour le marché du cigare cubain."

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Jorge Luis Fernandez Maique (ex-vice-président de Habanos SA).

Les ventes supplémentaires représenteraient une augmentation modeste de la production annuelle globale de l'entreprise d'environ 90 millions à 100 millions d'unités haut de gamme pour répondre à la demande intérieure et internationale, principalement en Europe et en Chine. Mais les responsables voient que la tête du cigare. Si l'embargo américain venait à tomber au milieu d'une normalisation des relations diplomatiques, Habanos S.A estime qu'il pourrait toucher près d'un tiers du marché américain, le plus grand dans le monde pour les cigares.

Près de 600.000 visiteurs américains se sont rendus à Cuba, l'année dernière, un chiffre qui inclut la plupart des Cubain-Américains en visite dans leur famille, mais aussi des dizaines de milliers de personnes participant à des échanges éducatifs et religieux juridiques. On prévoit que ce nombre augmente, mais ils ne savent toujours pas dans quelle mesure.

Beaucoup de boutiques se visitent, comme celle où Alfonso travaille.

"Ils sont conscients que ce sont des cigares de premier ordre», a déclaré Teresita Diaz, une vendeuse du magasin.

Selon les nouvelles règles, les voyageurs américains sont désormais autorisés à ramener jusqu'à 100 $ en tabac et l'alcool combinés, beaucoup moins que les 3000 $ à 4000 $ de ventes que Diaz peut expédier pour certains des amateurs canadiens, européens et chinois.

Les touristes américains peuvent fumer autant de cigares qu’ils le désirent sur l’île, et ils peuvent à titre d’exemple revenir sur le continent avec environ cinq paquets de Montecristo n° 4 (prix de vente: 27,75 $) ou de Cohiba Siglo I (34,50 $) sans violer la loi sur les restrictions d’achat.

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Si même la moitié du nombre actuel de voyageurs américains devait acheter des cigares chaque jour pour 50 $, cela ajouterait jusqu'à environ 15 millions de $ de nouvelles recettes pour la société Habanos S.A en 2016.

Obtenir l'approbation d'exporter des cigares aux États-Unis serait une véritable aubaine pour Cuba.

Habanos S.A, qui a enregistré des ventes mondiales de 439 millions de $ l'an dernier, estime qu'il pourrait vendre environ 790 000 000 de cigares, doublant presque la production actuelle de Cuba, si l'embargo était levé.

Ce ne serait possible qu'avec l'approbation du Congrès contrôlé par les Républicains. Après le buzz initial sur l'annonce du 17 décembre que Washington et La Havane se déplaceraient pour rétablir les liens, les progrès ont été lents sur la résolution de beaucoup de questions, notamment celle de la réouverture des ambassades dans les deux pays respectifs.

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Congrés américain.

Il y a aussi des questions sur la capacité de Cuba à augmenter la production pour répondre à la demande américaine. Le pays souffre de grandes lacunes dans les infrastructures liées à cette industrie, et les producteurs de tabac se plaignent souvent des retards de transport suivant la récolte qui cause de gros problèmes sur la qualité des feuilles.

«Il est clair que, même aujourd'hui, les montants (récoltées) ne sont pas suffisants a déclaré Ricardo Salas, qui distribue les cigares cubains à Chypre.

Alors qu’un bon nombre d’amateurs américains seraient initialement tentés par le «fruit défendu» sur bien des aspects du cigare cubain, beaucoup pourraient les trouver trop puissants à leur goût, pas assez familier.

Salas et d'autres experts ont déclaré que les marques cubaines les plus douces telles que Montecristo et Romeo y Julieta seraient probablement appréciées aux États-Unis, bien mieux que les Partagas et Cohiba, réputés de plus fort.

Après plus de cinq décennies de rupture, « l'Américain moyen » ne connaît pas ce produit « made in Cuba", a déclaré Salas. Leur seule comparaison provient des cigares provenant d’Amérique Centrale et de république Dominicaine, des tabacs aux saveurs plus douces et plus discrètes pour la majeure partie. A cela s’ajoute aussi le prix du cigare Cubain, bien plus chère que la moyenne, située entre 4 et 6 $ le module ! Difficile à ce jour de projeter un schéma économique sur les habitudes des fumeurs américains. Affaire à suivre dans les prochains mois.

17:09 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

H.Upmann "Reserva Cosecha 2010"

Présenté durant le Festival del Habanos de février 2014, ce « H.Upmann n°2, Reserva Cosecha 2010 » a pris tout son temps pour atteindre nos civettes en ce début d’année 2016, cette production limitée à 100000 pièces, conditionnées en 5000 boîtes, reste une édition qui risque fort d’être épuisée très rapidement. Pour ma part, la chance m’a souri la semaine passée, puisque « Davidoff Geneva » le proposait à la pièce, seuls 20 cigares à la vente sur les 4 boîtes reçues pour le moment, chose très rare pour un « cosecha », le plus souvent vendu à la boîte, ce qui me permet aujourd’hui d’en faire la dégustation ! Encore merci pour l’initiative de cette civette. Pour info, ce «pyramid » reprend exactement le format actuel du n°2, inchangé depuis plus de 55 ans. (156 x 52 )

Le « Reserva » par définition est un Habanos dont les feuilles de tripe, de sous-cape et de cape ont été vieillies pendant au moins trois ans avant l’élaboration définitive du cigare. Pour les différencier des autres, chaque cigare porte une seconde bague, noir et argent pour les « Reserva » et noir et or pour les « Gran Reserva ». Ce puro, comme annoncé par « Habano » provient de la récolte de 2010, bref calcule, ce qui nous fait 3 ans + 1 année de repos à Cuba avant leur mise sur le marché pour 2014, par contre cette fois-ci, nous avons le droit à une année supplémentaire de vieillissement en boîte ou peut-être pas ! Est-ce un retard dans la production ou dans l’acheminement ? Je trouve que ça fausse un peu les caractéristiques gustatives de ce cigare, dit « Reserva » pour les amateurs que nous sommes. Et pour 2015, c’est au tour du « wide churchill de Romeo & Julieta Gran Reserva Cosecha 2009» de subir les mêmes aléas, sortie prévue courant 2016 ou 2017 ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Revenons à notre n°2, je ne sais pas pour vous, mais une bague « Reserva » donne toujours un pouvoir étrange au cigare, faite pour vous intimider dans votre jugement, celle-ci résonne comme un insigne étatique et irréfutable, d’une administration kafkaïenne préposée au « triomphe du bon goût ». D’entrée, tous vos préjugés favorables rentrent en conflit avec votre désir d’impartialité, votre analyse objective en oubliant le désir de plaire à tout le monde.

Joliment cintré d’une cape soyeuse de couleur caramel  ‘colorado’, ce « pyramid » annonce la couleur dès les premiers instants, un cigare d’à peine 12 grs sur la balance, bien plus léger que son homologue le « Pyramid Roméo & Julieta Anejado 2014 » affichant un poids de 15 grs, 12 grs c’est vraiment peu pour un cigare ! Ce n’est pas juste une question de quantité de tabac, mais juste un confort de poids idéal, lorsque que je le soupèse en main. Olfactivement, je trouve son bouquet assez discret, ça flirte bon le boisé épicé, le bois précieux et le chocolat laiteux (kinder). Mais, au mouillage, rien de très significatif au goût, plutôt neutre en bouche.

L’allumage se fait avec aisance (tirage bien ventilé), illustré par une attaque gustative d’une douceur agréable et onctueuse, dès la seconde bouffée.

Dans un premier temps, je ne dirai pas que cet « Upmann » me transporte sur le chemin de l’allégresse ou de la béatitude, certes ce cigare commence juste à poser ses fondations. L’ensemble expose un fumage gracieux, à la rondeur tout à fait agréable. Petit bémol, je trouve sa persistance un peu courte, celle-ci orné de quelques notes suaves et sucrées, sur un fond boisé épicé et de fruits secs. Il lui manque ce petit truc dans la profondeur de ses arômes, un peu trop lissé dans sa forme.

Le 2e temps évolue vers une longueur plus chevronnée dans un sens, toujours dans une certaine légèreté et d’une constance plaisante. Ce n°2 offre un cigare harmonieux à la consistance affable en bouche, rien d’outrageant dans la partition. Les notes endémiques se consolident dans leur évolution dans un léger épicé chocolaté qui ne bouscule en rien cette dégustation, moyennement puissante dans ses arrangements. Un cigare velouté, subtil et accessible aux amateurs de cigare « médium », et non rassasiant !

Le dernier tango, temps ! Propose une volupté plus prononcée, une sorte d’efflorescence éphémère de virilité, un regain de consistance vulgaire et grave, suivit d’un final que je présageais profane, eh bien non, pas du tout, chose étrange et rare, ce n°2 retourne à sa forme tempérée du meilleur refrain, et cela jusqu’à l’épuisement. Pour être critique, ce « Reserva » me laisse tout de même sur ma faim, il lui manque cette élégance des grands, qui ont cette faculté à vous faire voyager. Ma foi, cet « Upmann » reste un bon cigare que je conseille vivement à ceux qui pourront le déguster. C’est juste mon ressenti, ça n’engage que moi. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 12gr
  • Année: 2010
  • Prix Suisse: 41chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

14:23 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/01/2016

Domus Magnus Caligula "Casa Magna"

Le « Domus Magnus limitada » comme son nom l’indique est la ligne exclusive des « Casa Magna colorado et oscuro » plus communes sur le marché, et surtout plus facile à se procurer. Cette ligne de cigares nicaraguayens est produite en République Dominicaine par la fabrique familiale «Quesada», spécialisée dans le cigare premium depuis 1974 qui diffuse entre autres les marques ( Quesada, Fonseca Dominicain, Cubita, Regius et la petite dernière en référence à la série « Breaking Bad, le cigare Heisenberg ). Pour ceux qui ne connaissent pas les « Casa Magna », je les invite à combler rapidement cette carence en commençant par la ligne colorado plus largement diffusée ! Malheureusement, pour les « Domus Magnus » ( modules Optimus, Primus et Caligula ), votre opiniâtreté et votre curiosité vous permettront peut-être d’y accéder, notamment chez nos amis belges, à Tournai par exemple, la «civette de Johan D’Hondt», pour la France et la Suisse on n’oublie, casi impossible pour le moment, mise à part les «Casa Magna » de la gamme classique !

Bref, si vous cherchez un bon cigare Nicaraguayen, il est fait pour vous, très accessible en prix et de bon goût surtout (entre 8 et 10€), commencez par cette marque toutes lignes confondues, vous ne le regretterez pas. (parole d’Edmond)

Aujourd’hui, celui sur lequel j’ai jeté mon dévolu se prénomme le «Caligula», toujours sur la même thématique latine, en référence cette fois-ci au très sanglant empereur romain qui régna de 37 à 41 après JC. Ce module rappelle et s’inscrit dans un format appelé perfecto ou obus, avec la particularité supplémentaire d’un cigare «box pressed»(diamètre écrasé de forme carrée). La cape maduro, lisse et très uniforme, sans défauts apparents, développe un parfum timoré, valsant du chocolat truffé et légèrement suret, aux notes plus délicates de grillées. Dans l’ensemble, le visuel et l’olfactif s’entendent à merveille, offrant un duo des plus séduisants dans ce corps ferme et musclé.

A l’allumage, c’est une envolée poivrée, très explosives qui s’invite dès les premières bouffées.

Dans un premier temps, sa consistance offre en bouche une forme distinctive de terreux empyreumatique, très marquée. Je peux comprendre que cette entrée en matière n’est pas forcément le goût de tous et peu en détourner plus d’un. En même temps, c’est cette singularité qui rend intéressant ce terroir en lui donnant cette distinction et cette éloquence aromatique. En effet, nous sommes loin de l’insipidité latente de certains cigares que je ne nommerai pas, deux, voire trois plus chères ! Les saveurs évoquent, un mélange de boisé et de terre brûlée, de café poivré, ainsi que l’amertume de la fève de cacao mélangé à l’âcreté d’une bière très maltée, du genre d’une « Hercule Stout » pour ne pas la citer. Des saveurs outrageantes qui prennent rapidement en otage vos papilles dans une dégustation colorée, contrastée et puissante, je pense par exemple au cuistot qui caramélise ses petits légumes au vinaigre balsamique. Fort heureusement, cette autorité gustative ne vient pas vous submerger de vilaines notes lourdes et piquantes, à condition de maîtriser la combustion, en effet, inutile de le chauffer inutilement, ça le rendrait rapidement brûlant et déplaisant.

Après environ 25 minutes, sa forme semble s’arrondir, sans parler d’onctuosité celle-ci devient plus prévenante d’une certaine manière, mais rassurez-vous celui-ci continue d’expédier avec enthousiasme, ses notes épicées et de saveurs lointaines de grain de café piochées dans la boîte en fer chez grand-maman à côté des filtres « Melitta », et oui quand on est gosse, on ose tout ! A ce stade, pour l’égratigner un peu, tout de même, je le trouve asséchant, cela est dû essentiellement à l’érosion de mes sens après 45 minutes de fumage intense. Sinon, rien à signaler dans cette seconde partition qui qualifierait ce cigare d’évolutif, mise à part son volume gustatif qui s’intensifie au fil du temps. Roboratif et rassasiant, ce Caligula diffuse généreusement une musique riche de sensation vineuse et terreuse torréfiée d’une bière comme une«Barley Wine»( vin d’orge en français, bière à haut degré d’alcool).

Le finale approche inexorablement, vers une tessiture harmonieuse, toujours plus puissante en bouche, très épicé, suivit de notes comme celle de la viande brûlée, de la tourbe, des fruits secs torréfiés qui finissent par empâter ma perception et à l’alourdir de notes plus graves. C’est à moment-là, que je trouve judicieux en fin de fumage, de lui apporter un peu d’adiposité par l’absorption d’un carré de chocolat noir, ici un cru providentiel d’Esmeraldas à 98% de cacao en provenance d’Equateur, découvert sur le site «cafémichel» que je conseille, ou d’autres crus sont également disponibles ( Pérou, Madagascar, Nicaragua et Haïti). L’alliance des deux est vraiment magique pour clore l’analyse de ce « Casa Magna Domus Magnus ». Ce cigare vous l’aurez compris, n’est pas fait pour les enfants ! Il demande une certaine habitude, je pense, à être dégusté et non à être fumé, cette nuance est vraiment importante pour l’apprécier. Ma note de cœur 16/20, un bon nicaraguayen, aux arômes profonds et ronds.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Perfecto "box pressed"
  • Taille: 152mm x 21/17mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,8grs
  • Année: 2015
  • Prix Espagne: 9,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

16:26 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/01/2016

Les révolution du cigare.

Une levée de l’embargo sur ce produit mythique susciterait craintes et espoirs. Aussi en Suisse.

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Fidel Castro peut continuer de sourire, son pays est en passe de faire une très belle opération dans l’univers du cigare.

Inquiétude. Le mot revient souvent auprès des fabricants de cigares quand on évoque la levée de l’embargo américain sur Cuba, qui se dessine depuis que Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec l’île des Caraïbes l’an dernier. Inquiétude, notamment parmi ceux qui ont fui le régime communiste pour aller planter et rouler du tabac dans les pays voisins. Le gouvernement des frères Castro, après s’être approprié leur exploitation et les marques qu’ils avaient souvent eux-mêmes créées, pourrait venir les menacer outre-Atlantique, sur le plus gros marché du cigare du monde. Voire tuer leur business – les modèles made in Cuba bénéficient d’une aura susceptible d’étouffer toute concurrence.

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Raul Castro & Barack Obama.

A Estelí, au Nicaragua, 20'000 personnes vivraient directement de cette industrie. La République dominicaine exporte plus de 300 millions de cigares par an (contre une centaine de millions pour Cuba, selon les estimations, La Havane ne livrant aucun chiffre à ce sujet). En Floride, les exilés cubains de la diaspora vendent des versions roulées dans les Caraïbes.

Une île qui manque de cigares.

Inquiétude, le mot jaillit également en Suisse. «Nous sommes confrontés à une difficulté d’approvisionnement avec Cuba depuis plusieurs années. Si la demande devait exploser aux Etats-Unis, le cigare cubain pourrait devenir rare», confie Louis-Charles Lévy, administrateur de Diramex SA, une holding familiale genevoise détenant un quart des parts d’Intertabak SA, l’importateur officiel de cigares cubains en Suisse.

De nombreux pays européens, d’Asie et du Moyen-Orient se sont tournés vers d’autres pays producteurs pour cette raison, note Richard Carleton Hacker dans son livre The Ultimate Cigar Book (4e édition, publiée en juin 2015). «Ce qui se passera après l’éventuelle levée de l’embargo américain est un gros point d’interrogation», renchérit Vahé Gérard, à la tête de l’entreprise familiale de cigares Gérard.

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Habanos SA, la compagnie chapeautant l’industrie des cigares cubains (elle appartient à 50% à La Havane et à 50% à la multinationale britannique Imperial Tobacco et détient la moitié du capital d’Intertabak), estime pourtant pouvoir saisir jusqu’à 30% du marché des Etats-Unis et y vendre 90 millions de pièces par an. Une aubaine pour le pays, dont les cigares seraient le troisième bien le plus exporté après les produits pharmaceutiques et le nickel. Mais Habanos a un problème: elle manque de moyens – financiers, technologiques et humains, les jeunes se détournant de l’agriculture – pour satisfaire un marché global pourtant morose.

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En France, en Allemagne, en Espagne, les ventes déclinent. A ce rythme, on ne trouvera plus de cigares en Grande-Bretagne d’ici à 2026, a calculé le Financial Times . Or, en Asie, le cigare ne séduit pas. Les Chinois, pour se détendre, lui préfèrent l’opium, le thé, voire les massages.

En Suisse, les cigares sont moins taxés que dans les pays voisins. A l’unité, leurs ventes ont certes crû de 4% l’an dernier avec 181 millions de pièces écoulées (dont 141 millions de cigarillos, ces petits formats peu chers se vendant désormais mieux, notamment auprès des jeunes), selon le cabinet Euromonitor International. Mais, en valeur, elles ne progressent guère depuis le début du millénaire. Près des deux tiers des importations helvétiques de cigares émanent de la grande île et quatre entreprises dominent le secteur des cigares (cubains ou non) en Suisse: Dannemann, Villiger, Scandinavian Tobacco Group et Oettinger Davidoff.

D’autres se disent moins inquiets: «Les cigares cubains sont chers. Nous ne pensons pas que les Américains voudront payer trois à quatre fois plus pour leurs cigares», estime Heinrich Villiger. Le propriétaire de l’entreprise Villiger Fils – qui possède un quart d’Intertabak – envisage tout de même de faire face à une pénurie de feuilles de tabac en cas d’ouverture du marché américain.

Le climat qui se durcit à l’égard des fumeurs tourmente davantage Heinrich Villiger. A Berne, l’Office fédéral de la santé publique a soumis au parlement un projet de loi – qui sera traité cet automne – visant à durcir la publicité, la vente et l’information sur les risques pour la santé des produits issus du tabac. Des fabricants regrettent que les autorités ne cherchent pas à dissocier dans ces textes cigarettes et cigares, deux produits pourtant très différents.

Age d’or et contrebande.

Retour à Cuba (où existent aussi des lois contre la fumée). Le régime castriste n’a pas toujours entretenu de bonnes relations avec les Suisses. Une affaire reste mystérieuse aujourd’hui: celle qui a conduit en 1989 Oettinger Davidoff à stopper ses activités dans l’île et à les reprendre en République dominicaine. Le groupe bâlois aurait été poussé vers la sortie par La Havane, qui souhaitait prendre possession de la marque Davidoff, selon ses concurrents. Une version que le groupe réfute totalement (lire ci-contre). Ce dernier vend bien depuis des modèles cubains – mais ils ne sont jamais estampillés Davidoff – qu’il achète à Intertabak ou sur le marché parallèle via sa filiale Säuberli & Cie (ce qui est légal).

Les contrebandiers, eux, doivent carrément s’affoler. On estime en effet à 10 millions le nombre de cigares cubains qui arriveraient au noir chaque année aux Etats-Unis par des canaux appelés à disparaître en cas de légalisation. Même au sommet du pays, on a joué avec les limites: douze heures avant qu’il ne prononce en 1962 un embargo à l’encontre de Cuba, le président John Kennedy a fait commander un millier de H. Upmann Petit Coronas, une marque huppée de La Havane, pour se détendre après la rupture des relations commerciales avec le voisin du Sud.

Dans toutes ces inquiétudes, certains voient aussi de bonnes nouvelles. «Une concurrence accrue pousse les fabricants à améliorer la qualité de leurs cigares», selon Vahé Gérard. «On vit aujourd’hui un âge d’or: il n’y a jamais autant eu de marques de cigares et de tabacs différentes», souligne de son côté Richard Carleton Hacker. Le Sénat américain, qui doit valider ou non la levée historique proposée par son président, en tiendra aussi sûrement compte. (24 heures)

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Richard Carleton Hacker ( The Ultimate Cigar Book ).

Source: 24heures.ch

Article: Richard Etienne.

16:20 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La conservation des cigares selon Edmond.

Conserver ses cigares ?

Il existe une multitude d’ouvrages très techniques que je ne remettrai pas en question sur la conservation des cigares, écrit par de nombreux érudits, je pense notamment à Vahé Gérard, à Didier Houvenaghel, à Jean-Michel Haedrich ou à Gilbert Belaubre pour les plus remarquables qui ont tous, sans exception abordé ce sujet crucial avec grand soin, dans des livres que je vous invite à lire. Tous sont unanimes pour dire qu’un cigare a besoins d’une température et d’une humidité constantes pour préserver dans les meilleures conditions possibles nos précieux modules, avec un ratio moyen de 18-20° pour 70-73% d’humidité relative. La raison est bien simple, un cigare correctement humidifié se compose en moyenne de 87% de matière organique (les feuilles) et de 13% H2O (l’eau) dans un environnement de 70% d’humidité. Ses excès et ses carences entraînent souvent des transformations biochimiques tragiques, un cigare trop sec verra sa température de combustion augmentée et ses molécules aromatiques les plus fragiles se dégrader rapidement, avec une sensation en bouche rappelant celle de la poussière ou de "grenier", a contrario un cigare trop humide brûle difficilement et donne un goût âcre et lourd évoquant parfois un goût d’hydrocabure. En l’absence d’oxygène dans la filtration, la zone de combustion finit par se carboniser, et devient dans certains cas extrêmes un véritable morceau de charbon de bois, très compacte ou le flux d’air à l’intérieur du corps devient impossible. Ces dégâts internes entraîneront aussi des lésions externes incurables, gonflement anormal et craquelure de la cape par exemple. Sa bonne conservation agit donc, directement sur la combustion, l’importance de cette constance d’humidité relative est essentielle pour garantir une qualité optimale lors de la dégustation.

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Humidor IZAMBAR.

Mais peut-on sauver un cigare jugé trop sec ? Je dirai, oui parfois, à condition que celui-ci ne soit pas resté trop longtemps en dessous des 45/50%, il sera néanmoins possible et de manière graduelle de remonter ce taux d’humidité, mais au-delà des -30% votre cigare aura subi bien trop de perte pour être sauvé. L’inverse semble peut-être moins grave qu’il n’en paraît, trop humide, il suffit simplement de le réacclimater dans un environnement propice à 70%, par contre le réel danger d’un cigare longtemps conservé au-delà des 85%, c’est qu’il peut avoir subi des dommages physiologiques désastreux, en effet celui-ci peut développer par exemple des moisissures invisibles à l’œil nu, niché au cœur de votre cigare qui en affecteront son goût, un peu comme un énième état fermentif qui le ruinerait définitivement ! Vous l’aurez compris, il y a des limites à tout pour guérir un cigare « On ne met pas un emplâtre sur une jambe en bois ». Ne l’oubliez pas, la feuille de tabac reste un produit organique très fragile.

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Humidor IZAMBAR.

Aujourd’hui, il existe sur le marché de nombreux moyens pour conserver vos cigares je pense bien entendu à la traditionnelle cave à cigares, appelé le plus souvent ‘humidor’. On en trouve de tous les matériaux, de toutes les formes et toutes les couleurs, en plexiglas, en bois, en pierre, en verre, etc., selon votre degré d’appréciation. Toutes ces caves possèdent en général un système commun et passif d’humidification dans lequel une simple mousse ou des cristaux gélifiés diffusent de l’humidité au travers d’un boîtier pendant une période allant de 3 semaines à 2 mois maximum selon le type de modèle et du volume de votre cave, ils en existent d’autres plus perfectionnés possédant des systèmes actifs de type hygrostat, des humidificateurs électroniques intelligents qui régulent votre cave pendant votre absence, forts utiles lorsque vous vous absentez de chez vous pendant de longues périodes jusqu’à plus de 3 mois pour certaines. Ces 2 systèmes demandent tous la même vigilance, certes ils nous rendent de grand service, mais vous devez toutefois vérifier que leur contenu en liquide, une eau déminéralisée de préférence évite la prolifération de bactérie qui en affecterait l’écosystème de votre cave, si cette eau provenait de votre robinet, tel serait le cas.

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Humidor IZAMBAR.

Pour une meilleure optimisation, une cave à cigares, selon moi, doit contenir environ 60% de son volume en cigare, et doit posséder une enveloppe interne en bois massif (non verni) d’une épaisseur au minimum de 10 à 20mm, en cèdre espagnol ou tout autre bois équivalent, comme de l’Oukoumé ou du Bossé. Le bois joue un rôle primordial dans les échanges internes avec vos cigares, celui-ci au fil des mois agit comme une sorte d’éponge en restituant partiellement son humidité emmagasinée, créant une sorte de biotope entre le contenu et son contenant, à ce moment-là votre cave commence à vivre et à respirer. D’ailleurs pour accélérer la chose, il est vivement conseillé d’humidifier légèrement les parois intérieures de votre cave pour activer ce processus, inutile donc de l’immerger et de la noyer pour autant, il en faut très peu, tamponner l’intérieur avec un linge propre et humide très délicatement. Il faudra compter en moyenne un à deux mois avant de la stabiliser.    

Une cave en verre ou en plexiglas n’aura pas ce genre de propriété intrinsèque, malgré tout elles obtiennent de très bons résultats à condition de l’équiper d’un bon humidificateur. Eh oui, qui n’a pas eu recours à la traditionnelle boîte « Tupperware » pour stocker ses cigares, je suis entièrement d’accord, sur la table du salon, ce n’est pas terrible ! Un autre inconvénient de ces caves très design, concerne leur transparence, le cigare n’apprécie pas la lumière et lui préfère celle de l’obscurité.  

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Humidor IZAMBAR.

Une cave en bois de belle qualité évite aussi les écarts de déperdition à chaque utilisation, à condition que celle-ci soit bien étanche et possède une enveloppe externe hermétique, sachez qu’à chaque ouverture du couvercle, vous perdez facilement entre 5 et 10% en quelques minutes seulement selon la fréquence d’utilisation, il vous faudra plus d’une heure parfois pour rétablir cette ambiance à 70%, tout dépendra aussi de l’endroit où vous entreposerez votre cave, selon moi une pièce légèrement humide entre 40 et 50% semble appropriée pour éviter ces écarts. Ne pas oublier un hygromètre et un thermomètre de qualité pour contrôler tous ses paramètres cités.

11:29 Écrit par Edmond Dantes dans Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/01/2016

IZAMBAR "Caves à cigares/ Humidors" selon Edmond

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 Les caves à cigares "IZAMBAR"

Amoureux passionné de belles fumées depuis quelques années, graphiste et architecte d’intérieur depuis toujours, c'est tout naturellement, après 20 ans à dessiner pour les autres et à leur concevoir des meubles de tout acabit qu’un jour, voilà 2 ans maintenant, je ne saurai dire pourquoi, l’idée de réaliser ma cave à cigares, celle qui me corresponde vraiment,  a germé dans mon esprit. Entre deux projets, je laissais flotter mon crayon sur la surface de mon carnet de notes au gré de mes humeurs et de mes envies comme la houle du bord de mer, d’abord des formes diverses et sans réel sens, celles que l’on gribouille instinctivement pendant un appel téléphonique et qui pourrait s’apparenter un jour à de l’Art Cu’Bic ! Vous connaissez surement cette manie de griffonner un peu partout nerveusement. Mais doucement mes obsessions se sont révélées prometteuses, mes esquisses sont devenues plus précises et plus réalistes, jusqu’à finalement être projetées sur mon Autocad en trois dimensions, enfin je pouvais la visualiser sur écran dans ses moindres détails, les volumes, les couleurs et les différentes matières qui la constituaient, tout devenait enfin palpable. C’est à ce moment-là je pense que l’idée un peu folle de la partager a suivi cette logique de commercialisation. Mais le plus dur restait à faire bien sûr : réaliser les prototypes avec les moyens dont je disposais, étudier  tous les aspects de son utilité principale « la conservation ». Par la suite, produire d’autres modèles afin de constituer une petite collection devenait une exigence pour moi. Ma passion pour les belles capes fusionnait avec mon métier, la marque IZAMBAR, combien singulière, venait signer ce travail de longue haleine !humidor,cave à cigares,boîte à cigare,cellars cigars Pourquoi IZAMBAR ? A part le fait que ça rime très bien avec cigare, mais encore…

Ce nom se veut être un clin d’œil à un personnage chapeauté, haut en couleur, du 19e siècle, celui d’un ingénieur londonien de renom très en avance sur ce temps, un pionnier de l’ingénierie moderne qu’on appellera l’âge d’or de la révolution industrielle. Brunel a contribué notamment au percement du Thames Tunnel (Londres) le premier tunnel sous un fleuve, ainsi que bien d’autres succès comme la conception du premier navire maritime à coque de fer mû par une hélice par exemple. "Isambard Kingdom Brunel" de sa vraie orthographe était un véritable bourreau de travail et ne dormait en effet que quatre heures par nuit pour satisfaire tous ces nouveaux défis. Une autre de ses qualités ou défauts : c’est qu’il fumait le cigare furieusement, mais rien d’étonnant dans la mode enfumée des messieurs de l’ère victorienne. Selon les témoins, la consommation journalière de Brunel atteignait tout de même 40 modules !! Malheureusement, son décès fût prononcé bien trop tôt, un jeudi du 15 septembre 1859, mort à l’âge de 53 ans de complications rénales suivi d’une attaque.

 

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Isambard Kingdom Brunel

Ci-dessous quelques photos pour les illustrer, le reste en détail sur le site IZAMBAR

site: IZAMBAR

contact: izambar@orange.fr*

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La cave "Kipling"

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La caves "Welles"

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La cave "Twain"

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La cave "Welles"

15:44 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités, Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

14/01/2016

cigare OSOK d'Edgard Hoill, module "Travieso"

« OSOK » est l’acronyme attribué au célèbre photographe Urbain Edgard Hoill, basé à los Angeles, ce personnage atypique et attachant a trouvé un moyen d’inspirer de nombreuses personnes par son travail. A l’origine, il officiait comme photographe dans le cercle très fermé d’Hollywood, mais Hoill s’ennuie et son instinct le pousse rapidement vers d’autres contrées, son regard se passionne pour la vie quotidienne des plus démunis, pendant plus d’une décennie, il photographie en arpentant les taudis de Cuba, en passant par les villes frontalières mexicaines comme « El Paso » et les laissé-pour-comptes de la société américaine, son travail l’amènera jusqu’à côtoyer de très près le crime organisé au travers des gangs et des cercles mafieux qui se laisseront capturer par l'oeil de son objectif. Ses photos sont décrites comme envoûtantes, respectueuses, émouvantes et significatives.

De la même manière qu’il déclenche l’obturateur, Hoill veut transmettre ce trait de sa personnalité dans une liga qui refléterait l’intensité de sa propre existence. Pour cela, il crée sa marque avec l’aide de son ami Christian Eiroa (président de Camacho de 1998 à 2008), OSOK signifie « One Shot, One Kill » qui veut dire « 1 tire, 1 mort » et désigne les compétences d’Edgar Hoill avec un appareil photo, et illustre sa capacité à saisir l’instant parfait en une seule prise. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Edgard, notamment ses photos sur les influences Chicanos, Mayas, Aztèques et Mexicaines, dans le monde du « tattoo », d’ailleurs tout le marketing de la marque s’en inspire allègrement.

Pour cette petite analyse, le morceau choisi est un format peu ordinaire et devenu rare aujourd’hui, appelé vulgairement « patte d’éléphant » en référence au pantalon ou cigare conique si vous préférez. Le « Travieso » de son vrai nom commercial est un cigare musclé, composé d’une tripe du Nicaragua et d’une cape grasse du Nicaragua, de couleur sombre maduro/oscuro, il délivre un duo parfumé et tanné, subtilement animal, le tout parsemé d’éclats de chocolat noir. A cru, très épicé sur les notes de têtes, il laisse néanmoins sur le fond un goût légèrement suave et sucré, qui pourrait rappeler le raisin sec ou celui du pruneau par exemple, des saveurs préalables plutôt plaisantes qui ambitionnent un fumage heureux, je l’espère.

Passons, dès à présent à l’allumage…

Ouaou, non de Dieu, ça déménage ! D’entrée, je le trouve surprenant, comment dire ? Un peu comme une salve d’artilleur prussien, visant directement le fond de mon palais de poivre blanc qui manquerait pour peu de me faire tousser. Ce démarrage tonitruant, bouscule et tabasse les papilles dans une consistance presque effrayante, tant la partition des premiers violons dérange les prémices de ce concerto.

Passez ce mouvement sonnant et trébuchant, environ le temps d’une première cendre. Sa forme rassasiante et roborative offre une première partie épicée bien mieux supportable sur fonds de notes tourbées et de corne brûlée. Pour l’instant, son manque d’onctuosité lui fait défaut, je le trouve assez sec en bouche, un peu comme le dernier souffle d’un Mexicain basané se faisant refouler à la frontière USA/Mexique, après 3 jours sans eau, passée dans le désert de Sonora. Mais, lueur d’espoir, l’horizon semble s’alourdir de nuages gris qui arrondissent le palais de notes plus embuées, plus grasses, mais ne rêvons pas, la pluie ne viendra pas aujourd’hui ! Ce cigare dans sa forme, évoque très bien la cuisine variée préhispanique d ’Amérique centrale, consistante, riche et épicée. Je trouve cette première partie festive et très attractive, auquel sa force maîtrisée éveille les sens avec contentement.

Dans le 2e temps, rien ne vient troubler le ronronnement de son profil aromatique. Toujours rassasiant, je dirais rustique, il semble dévoué et plus modéré maintenant, moins sonore d’une certaine manière, gustativement parlant. Mais toujours d’une consistance ronde et forte, faite de saveurs singulières et endémiques de terre brûlée, de poivre et d’effluves torréfiés, notes agréables que puise la rondeur dans ses inspirations, dès cette seconde partie. Ce « Travieso » après avoir haussé le ton avec une certaine éloquence, s’est petit à petit laissé dompter au fil de ses aspirations bleutées, sur une musique écrite, devenue plus linéaire et plus onctueuse à l’approche du dernier tiers.

Ce final maîtrisé et sans réelle surprise se consume avec beaucoup de discernement, vers une perception du goût très ample en bouche, celle-ci faite de saveurs plus carbonées, en rien irritantes, celles-ci exaltent maintenant des notes plus corpulentes, de réglisse, de café et de terre. Cette dernière partie, que je qualifierai de puissante, mais mesurée, prolonge les sensations gustatives dans une plénitude rare et confortable, sans aucune résistance. Ce cigare peut en rebuter plus d’un, par son caractère belliqueux et puissant dans les premiers temps, mais votre patience et la fréquence pondérée de vos bouffées éviteront de le chauffer inutilement et d’en apprécier chaque instant, et feront de cette « OSOK », une belle histoire. Ma note de cœur 16/20, une découverte intéressante.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Trompeta/ patte d'éléphant
  • Taille: 128mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,5grs
  • Année: 2015
  • Prix France: 8,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

17:58 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Osok | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2016

Cedros de Luxe CDH "Romeo & Julieta"

Avant tout, permettez- moi de vous souhaiter, mes voeux 2016 ainsi que de merveilleuses histoires olfactives, à travers de nouvelles découvertes fumigées et encensées, durant l'année des "Monkeys" !

Ainsi pour amorcer cette nouvelle année, mon choix, pour cette première analyse, c’est portée sur ce module de la Casa del Habano récemment sortie en 2014, le Roméo & Julieta « Cedros de Luxe », un cigare peut-être passé inaperçu, car moi-même je le découvre en même temps que vous, je sais, honte à moi ! Ainsi pour me faire pardonner, voici quelques lignes tirées du livre « Une Gourmandise » de Muriel Barbery, comme préface à cette dégustation. Des mots qui résonnent et s’entrechoquent à merveille sur l’identité, le caractère informel de ce cigare. Je vous laisse apprécier, la rondeur et la longueur de ce texte, tout est si bien dit !

« Dans ce rêve de fleurs et de légumes, j’écrasais sous mes pieds brunis l’herbe sèche et touffue du jardin et je m’enivrais des parfums. Et d’abord de celui des feuilles de géranium que, couché à plat ventre parmi les tomates et les petits pois, je froissais entre mes doigts en me pâmant de plaisir : une feuille à la légère acidité, suffisamment pointue dans son insolence vinaigrée mais pas assez pour ne pas évoquer, en même temps, le citron confit à l’amertume délicate, avec un soupçon de l’odeur aigre des feuilles de tomate, dont elles conservent à la fois l’impudence et le fruité. »

Comme pour le vin, l’acidité est essentielle dans un cigare, chez les Cubains il est assez fréquent de ressentir cette fraicheur, un peu, voire très suret dans des cigares très jeunes, âgé d’ 1 à 2 ans, mais avec le temps ceux-ci auront tendance à s’arrondir pour laisser place à une onctuosité plus éclatante et nivelée sur des saveurs grillées et torréfiées.

Parler d’acidité est de suite perçue comme un défaut, en effet cela le devient si la sensation en bouche s’apparente désagréablement à la succion d’un citron !

Tout comme pour les vins blancs, certains cigares seront plus secs en bouche, doux ou moelleux parfois. Cette acidité provient naturellement des acides organiques présents dans la plante comme l’acide malique par exemple que l’on trouve dans beaucoup de végétaux et de fruits. Le type de terroir y est pour beaucoup aussi. Je vous conseille ce lien sur la composition des sols sur le site « vinsvignesvignerons » qui aborde de manière explicite la question.

D’aspect ce « Cedros de Luxe » n’a aucun reproche à se faire, la construction est soignée, le module ferme et moelleux développe subtilement un parfum boisé, de cèdre et de beurre rance, celui que grand-mère entreposait avec le sucre et le café dans sa petite armoire en formica, placée au-dessus de l’évier, éveille un relent oublié d’odeur abominée, mais combien précieux dans mes souvenirs. Au mouillage, la cape me laissera un goût amer et distinctif sur la langue et les lèvres.

Dès l’allumage, tel un dragon crachant sa fumée, l’attaque est franche, assez tannique et peu onctueuse, des sensations dessinées par le goût olfactif de ces vieux meubles en bois vernis ou celle du parquet vitrifié. Une forme gustative très identifiable et très éveillée en bouche.

Après quelques dizaines de minutes de réchauffement, le premier chapitre offre une histoire relativement endémique, nous sommes toujours sur un profil aromatique assez acide avec un peu d’astringence. L’ensemble libère ses arômes dans une consistance toutefois équilibrée, faite de notes de terre, de poivron, de noix et de bois précieux. La rondeur, quant à elle, pèche tout de même par son jeunisme et son manque de maturité, mais s’affirme avec brio dans une persistance plus poivrée et plus animée pour les papilles. L’ensemble acidité/ épicée, s’équilibre avec contenance sur une amplitude très ouverte en bouche. Ma foi, cette partie hisse les couleurs d’un Roméo très appuyé dans sa forme, risquant l’oppression dans son évolution, en présentant un cigare d’une belle harmonie, plaisante et licencieuse d’un réel intérêt gustatif.

La seconde partie ne déroge en rien à ce fumage, les sensations sont de bonnes consistances et déploient à leur tour, une approche plus roborative maintenant, grâce à une force en constance élévation, plus présente et bien contrebalancée dans le duo acidité-épicé. Des sensations largement soulignées en amont de cette dégustation, gustativement bucolique pour ne pas dire rustique et de complexité moyenne, mais bienveillante, il se révèle avec beaucoup de pudeur et de fraicheur dans des notes de sous-bois humide, de poivre vert et de bois précieux.

Cette dernière continue de diluer des notes devenues cuisantes, sur un refrain rassasiant et plus fortuné, de poivre et d’un soupçon frais et volatil d’anis étoilé, malheureusement asphyxié par ce fond lourd de terre brûlée, de torréfié puissant localisé sur l’arrière du palais. Rien de très glorieux sur ce 3e temps, malgré tout, ce cigare dégage un agrément honnête dans ses accords, celui d’un cigare mesuré et harmonieux dans sa forme, plaisant à déguster ! Ma note de cœur 16/20, un « Cedros de luxe » à redécouvrir si ce n’est encore fait.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 141mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 13.5gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 13chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

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28/12/2015

Davidoff Nicaragua "Diadema"

« La séduction a toujours été une histoire de manipulation. »

Ce joli module, le ‘Diadema’ sorti en septembre 2014, est le dernier-né de la ligne Davidoff Nicaragua après le toro, un robusto et un short corona. Ce cigare 100% nicaraguayens est mis au point en République Dominicaine par l’honorable ‘Henky Kelner’ et ‘Eladio Diaz’ son master Blender depuis plus de 25 ans, deux acolytes inséparables comme l’étaient Don Quichotte et son fidèle Sancho dans le roman de Cervantes, devenu aujourd’hui les deux fers-de-lance de la marque Davidoff. Celui-ci se compose d’une tripe assez complexe provenant des trois principales régions sur quatre productrices de tabac au Nicaragua avec celui de Condega, d’Esteli et de d’Ometepe, suivit d’une sous-cape de Jalapa et d’une cape Rosado. Certains prétendent aussi qu’un peu de tabac dominicain viendrait se glisser subtilement dans la recette élaborée par nos deux ‘sorciers’ !! Mais cela nous ne le serons jamais. Voici ce que disait Kelner sur cette nouvelle ligne lorsque je l’ai rencontré en 2014 sur Genève : «Pour notre cigare ‘Davidoff Nicaragua’, nous avons fait quelque chose de complètement différent, nous avons pris du tabac d’Ometepe et un tabac de Condega qui stimule les côtés de la langue de manière moins traditionnelle qu’un cigare classique du Nicaragua. Le mélange typique d’un cigare du Nicaragua se compose souvent de tabac d’Estelli et de Jalapa (plus linéaire en bouche) » 

Effectivement, comparé avec les cigares connus de ce terroir, cette ‘liga’ n’est en rien comparable ! Sa forme générale arôme/puissance se situe plus dans celle de la douceur et de la finesse, ce qui pourrait dérouter certains amateurs, trop habitués à des cigares tourbés, cacaotés et torréfiés, appréciables également ! Pour ce ‘Diadema’, oubliez tous les codes gustatifs du Nicaragua tels que vous le connaissez.

Dès les préliminaires, son parfum étonne par tant de suavité ! Déconcertant serait le mot juste, je retrouve dans ses émanations, ce petit côté pâtissier et boisé, ressentit, parfois sur certains modules cubains. Rien de très consistant au nez, mais juste assez pour embaumer les sens avec perspicacité. A ‘crudo’, je le ressens assez fruité et doucereux/ sucré dans la suavité, offrant une préface plutôt gourmande et avant-gardiste pour un cigare nicaraguayen.

Dès l’allumage, je distingue de suite une consistance légère dès les premières bouffées, plutôt généreuses d’ailleurs, suaves et poivrées à la fois. Des sensations circonscrites sur l’avant de la bouche sur une fine expression d’astringence sur le bout des lèvres.

Dans un premier temps, les arômes s’arrondissent assez rapidement, comme un enduit gras tapissant l’intérieur de votre bouche, une perception oléagineuse assez plaisante qui rappelle ceux des fruits secs à coque, ainsi que de saveurs de sous-bois, bien moins terreuses qu’un ‘Padron’ pour sa typicité par exemple. De son côté, sa forme reste de consistance moyenne/ basse dans un spectre gustatif assez large et d’une finesse relative. Une partie qui ne déroge en rien à la conformation des cigares Davidoff en général, tous terroirs confondus, c'est-à-dire : La partition change, mais la pâte du compositeur reste la même heureusement ou malheureusement, ce serait mon seul reproche à faire à ce module ! Cette intro ne bouscule en rien les codes gustatifs de la marque, vous l’aurez bien compris, sauf celui peut-être de proposer un cigare différemment estampillé ‘cigare du Nicaragua’. Mais je reste circonspect sur sa véritable composition !

Dès le 2e temps, la constance est de rigueur, légère, onctueuse et équilibrée ! La persistance bien meilleure se révèle sur une évolution en demi-teinte comme une aquarelle de Marie Laurencin (disait en chanson un certain Joe). Le cigare est toujours d’une consistance moyenne agréable et endémique dans ses arômes qui évoluent ‘terreusement’ vers des notes plus épicées au fil de sa combustion, rien de très copieux et de très rassasiant, personnellement je trouve que ça manque tout de même de corps ! Si ce cigare cible un très large public, celui de plaire au plus grand nombre, il apporte à l’amateur une certaine complaisance toutefois illusoire sur ses qualités gustatives, celui d’un cigare manifestement non détestable !

La 3e période, joue les prolongations dans une tessiture plus affirmées et toujours inébranlables. Onctueux et gracile, il se pare d’une résonnance d’amertumes, du genre levure et progresse cahin-caha sans heurter vos papilles. Rien de dissonant dans cette dernière partie, aucune lourdeur, aucune âcreté ne viendra soudoyer ce ‘Diadema’! Même si mon appétence le trouve beaucoup trop lisse et pas assez hostile, ce ‘Davidoff’ propose une belle mouture de ce magnifique terroir que je découvre bien différemment. Ma note de cœur 16/20, un cigare non transcendant, mais suffisamment distrayant pour l’aimer.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Diadema
  • Taille: 165mm x 19mm
  • Bague: 50
  • Poids: 
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 20chf   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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21:14 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2015

Toro Leaf by Oscar "maduro"

Visuellement ce n’est pas terrible, mais ça le mérite de susciter une certaine curiosité au premier abord ! Je trouve l’idée de l’emballage façon « very natural advertising», véhiculant une idée, pour ma part faussement bio, assez  géniale, un peu comme si le cigare se cueillait directement sur le plan de tabac, comme un vulgaire épi de maïs, c’est en tout cas l’impression que celui-ci me donne. Pour couronner le tout, la bague organique à base de tabac semble aussi appartenir à un autre monde, très orientée sur les codes graphiques du commerce équitable et solidaire, je trouve. C’est peut-être cela qui me gêne au fond, car ce cigare n’a strictement rien de bio, même si au fond, nous savons tous, que ses feuilles proviennent d’une coopérative du Honduras et récoltées de manière traditionnelle, comme 99% de la production mondiale de tabac noir, malheureusement cela ne suffit pas ! Bref, j’extrapole un peu sur les véritables intentions marketing de ce « Leaf by Oscar », en conclusion le packaging assure le « show » et ne passe pas inaperçu. Cette ligne est roulée au Honduras, dans la fabrique "Oscar Valladares" créée en 2015.

Passons au dépouillage, sur lequel je reste sur ma faim car je m’attendais à quelque chose de plus authentique et de plus rustique, au lieu de ça ce module présente toutes les caractéristiques d’un cigare formaté et nivelé pour le marché US. La couleur très chocolat, très uniforme m’inspire peu de confiance quant à son origine « Nicaragua jalapa », pourquoi pas ? Ce qui en est de sa fermeté, celui-ci est assez rigide et homogène dans son remplissage, avec une petite souplesse élastique, rien à dire pour sa confection. Au nez, j’aspire un mélange très enivrant, fuitant de ce « maduro Oscar », une partition faite d’accords de chocolat au lait, d’agrume confit et de viande fumée, une première dans les annales de mes dégustations ! A cru, je perçois toujours cette dominante d’écorce d’orange (agrume), et d’une certaine suavité façon pain d’épice, une forme résolument pleine de douceur qui éveille mon appétence.

Dès l’allumage, l’attaque en bouche révèle aussitôt une saveur onctueuse un peu sucrée, très suave et légèrement poivrée. Située localement sur le centre du palais, très peu sur le fond.

Sur le premier temps, je retrouve cette signature gustative très surprenante et amusante de cette amorce gustative ! Les saveurs sont peu communes à ce que j’ai pu déguster ces derniers temps. Ce « maduro » offre une cuisine très plaisante en goût, dès les premières  notes, à l’image d’un cigare meringué sans être trop sucré, à déguster de préférence en fin de repas à la pause-café.  Ses notes de vanille, de miel, de raisin sec et de noisette gravitent avec longueur autour d’un noyau dur fait de chocolat épicé, le tout vers une sensation doucereuse et mielleuse, confortable, rassurante, dans une consistance assez moyenne où ce « Leaf by Oscar » se montre avec bienveillance envers mon jugement. Cette partie ne peut laisser insensible, mais en tant qu’amateur averti, je reste circonspect sur l’honnêteté de sa « liga ». Pourquoi je dis ça ? Je fais suite à un cigare aromatisé « Drew Estate », dégusté voilà quelques mois, très proche de celui-ci en terme de forme édulcorée, mais en beaucoup plus écoeurant, voire dangereux pour les diabétiques ! Je plaisante…

Dans la 2e partie, après une heure de fumage, les saveurs restent globalement inchangées, l’onctuosité et  la suavité règnent avec diplomatie. Sa corpulence se complaît dans l’affabilité et le politiquement correct ! Rien de déplaisant pourtant, bien au contraire, mais il serait tout de même temps de retourner le vinyle pour en écouter la face B, au risque de s’appesantir pour de bon (cette référence au disque, précise à quel siècle j’appartiens les amis). Concernant la rondeur de ses arômes, je valide pour le côté grassement gourmand, ainsi que la tenue en bouche depuis le début de cette dégustation. Par contre, je constate malheureusement  une absence totale d’évolution dans cette seconde partie.

Il faudra attendre ce 3e opus pour apprécier une brève évolution, délivré par une pincée de poivre noir, sensation toutefois très furtive et trop méprisable à mon goût, tant son intérêt asphyxie promptement les langueurs sirupeuses et mélancoliques d’un « Oscar », confit. J’exagère et je confirme, j’aime parodier, exagérer là où ça plaît le moins, mais pour moi il est indispensable d’en grossir le trait pour en garder la trace olfactive dès le lendemain. Malgré tout, le final se révèle plus impétueux et plus corpulent, exhaussant à son tour de notes rondes et graves torréfiées, de réglisse, d’humus, de champignon, d’épices et d’anis étoilé. L’ensemble procurant une harmonie plaisante, mais très éphémère, en effet ce dénouement se voit vite rejoint par d’obscurs présages, comme cette lourdeur orageuse quand le ciel se noircit en quelques secondes, excès dont je ne lui tiendrai pas rigueur. En conclusion, même si je suis suspicieux sur sa vraie nature et malheureusement, je n’ai aucune information étayant mon ressentiment, je ne peux qu’être objectif sur ce moment passé, c'est-à-dire, celui d’un moment plaisant sur le début, plus ennuyeux sur le milieu et brièvement agréable sur la fin.

Je lui attribue un 14/20, pour un cigare plutôt facile à fumer, aromatiquement divertissant, mais qui manque un poil de profondeur et de contraste !

  • Origine: tripe: Honduras, sous-cape: Honduras, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2015
  • Prix Allemagne: 9,5€   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20            

                             

21:51 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Leaf by Oscar | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/12/2015

Bolivar Poderosos "Edition Bénélux de 2013"

On parle souvent de plats, de boissons diverses et variées pour accompagner un cigare, une chose, je confirme, tout à fait agréable pour les plaisirs gustatifs. Mais parfois, inutile de boire ou de ripailler, un bon cigare peut être soutenu par une musique adaptée, guidé par le scénario d’un film ou escorté par un joli texte !  Hier soir par exemple, si je vous dis « Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! », vous devinez bien entendu de quel film, il s’agit ? Je fais bien entendue référence au film « Le Cercle des poètes disparus » sorti en 1989, avec le talentueux « Robin Williams » dans le rôle du professeur « John Keating » et de ses répliques cultes, dont celles-ci :

 « Je partis dans les bois parce que je voulais vivre sans me hâter. Vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie ».

Bref, un merveilleux film que je recommande à tous ceux qui désirent un jour « Déguster intensément et sucer la tripe secrète de leur cigare », je plaisante, mais pas qu’un peu ! Comme quoi, parfois les vers peuvent résonner à l’unisson avec une belle dégustation, notre environnement ainsi que notre état psychique du moment, interagit toujours avec nos pensées et nos perceptions.   

Mais oui, c’est bien beau tout cela, mais ce module ! Que donne-t-il ?  ? Eh bien, ce « Bolivar » est une agréable découverte,  ce cigare sublime et séduit les papilles dans une succession de sensation,  de la même manière que les mots cadencés d’une poésie affectent votre conscience et vos émotions.

En présentation, ce « Bolivar » se livre à vous, apprêté d’une cape finement ajustée de couleur colorado, aux coutures invisibles, très soyeuses. Doté d’un corps sous-jacent, élastique et ferme, il émane de celui-ci un fumé subtil et enivrant de saveurs boisées, de cuir gras, de chocolat du type « Côte d’Or » de préférence et d’un petit goût de beurre fondu, donc rien d’étonnant qu’au mouillage on retrouve cette note grivoise sur le bout de la langue.

Dès l’allumage, ses contours semblent clairement définis par un côté épicé et suret à la fois, délivrant une forme plutôt engagée et nerveuse, pendant les cinq premières minutes.

Sur le premier temps, son agrément contrebalance ma perception, entre acidités, illustré par ce petit goût suret en bouche et de l’autre par une onctuosité réformatrice. Ces deux sensations assurées, forment deux piliers dans cette dégustation, un équilibre remarquable fait de saveurs licencieuses et démonstratives comme celle du fruit pourri, de sous-bois, de compost et d’une persistance plutôt épicée. Au niveau de sa force, ce «poderosos » dispose d’une certaine volubilité, celle-ci apaisée par une aromaticité intelligente dont le « rancio » excelle et prophétise ce chapitre automnal de fin de saison vers plus de tiédeur et homogénéité, à l’approche de cette seconde partie qu’il me tarde de découvrir.

En effet, dans ce 2e temps sa forme gustative devient plus crémeuse en bouche, plus ample dans sa diversité, autoproclamée par des sensations plus engageantes et appréciables. Cette suavité se traduit par une évolution de son goût, comme l’apparition par exemple de note de vanille, de fruits secs à coque et de crème. Pour finir, ce « Bolivar » vous entraîne inexorablement vers un lyrisme « Bolivarien » où les altos et les mezzo-sopranos ouvrent la voie à plus de consistance encore. Le volume augmente avec soudaineté vers un équilibre fragile et perceptible dans le seuil de tolérance de ses ambitions. Ce « Bolivar » montre une nature bucolique pour commencer et en même temps celle d’une nature plus imprévisible et outrageante, plus difficile à dompter dès la fin du 2e tiers dont on ressent très clairement la puissance se manifester, peut-être prématurément puisqu’il me reste environ 6 bons centimètres à déguster. Mais laissons-le refroidir un peu pour mieux anticiper cette dernière partie.

On aime ou pas ! Mais ce « Bolivar » a du charisme, attachant et rassasiant, tout ce que j’aime dans un cigare, cette puissance jouxtée aux arômes lui confère une longueur inégalée qu’il faut maîtriser pour qu’elle ne s’envole pas et ne glisse du côté obscur de la force. Inévitablement ce final brûle de saveur plus grave dans ses retranchements. Mais d’un point de vue global, c’est un très bon cigare, à déguster avec discernement, en évitant surtout les conséquences d’une surchauffe, vous éviterez ainsi le mépris de ses sentiments, quelque peu ardents. Ma note cœur 17/20. Encore une très belle édition du Bénélux qui me rendrait presque jaloux.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: double piramides
  • Taille: 180mm x 22mm
  • Bague: 54
  • Poids: 20gr
  • Année: 2013
  • Prix Belgique: 21,1€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

     

16:28 Écrit par Edmond Dantes dans Bolivar, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Les héritiers du gangster "Meyer Lansky" veulent le paiement pour l'hôtel Riviera à la Havane !

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Habana Riviera ( La Havane ) 

La famille du défunt gangster « Meyer Lansky » espère être indemnisée pour un hôtel-casino de la Havane (L’Hôtel  Habana Riviera ouvert en 1957), celui-ci saisit après 1959 lors de la révolution castriste.

Maintenant que Cuba et les États-Unis ont commencé à essayer de résoudre les milliards de dollars dans les revendications sur la confiscation de propriétés américaines par le gouvernement socialiste de l'île, les héritiers « Lansky » voient une occasion inespérée de récupérer le « Habana Riviera » ou son équivalent en espèces.

« L'hôtel a été pris à mon grand-père avec force", a déclaré son petit-fils, âgé aujourd’hui de 60 ans. Cuba doit de l'argent à ma famille. »

Une commission américaine a enregistré plus de 6000 réclamations contre Cuba par des entreprises américaines et aux États-Unis dont la propriété a été confisquée. Les revendications sont évaluées à hauteur de 8 milliards de $. Les décisions des tribunaux des États-Unis contre Cuba ajoutent encore 2 autres milliards $.

En réponse, Cuba à son tour exige dans ce cas, plus de 100 milliards $ en dommages-intérêts pour le vieil embargo commercial américain de plus d’un demi-siècle sur l'île. La résolution de ces problèmes est considérée comme fondamentale pour un bon rétablissement des échanges commerciaux entre les deux pays.

Une première réunion d’une journée, amorce «la première étape dans ce que nous attendons d'être un processus long et complexe, mais les États-Unis considèrent que le règlement des revendications en suspens comme une priorité absolue pour la normalisation». Déclaration publique du département d'Etat.

Le « Habana Riviera » a coûté environ 8 millions $ de l’époque, pour le construire dans les années 1950 et il est encore utilisé de nos jours comme hôtel, géré par l'Etat.

"On n'a jamais déposé une demande auprès du gouvernement ou engagé un avocat plus tôt parce que nous ne pensons pas que la porte de la négociation serait jamais réellement ouvert", a déclaré Rapoport le petit-fils, dont la mère, qui vit aussi à Tampa, est la seule fille de Lansky. "Maintenant, tout est de nouveau possible."

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Meyer Lansky.

Que la famille peut-être dédommagées est très claire. Rapoport dit que sa famille peut prouver la propriété de ce bien, dans certains dossiers financiers des affaires de leur père.

Une liste des propriétés américaines et des entreprises nationalisées à Cuba a été achevée en Juillet, 1972. La commission des réclamations étrangères du gouvernement américain a accepté les revendications de nouveau de 2005 à 2006, mais plus depuis.

Dans une déclaration e-mail à Tampa Tribune, le département d'Etat a déclaré la commission "n’est pas actuellement autorisé à accepter des réclamations supplémentaires par des ressortissants américains dans les biens saisis par Cuba."

L'hôtel de La Havane était devenu une sorte de base arrière pour « Lansky », considérée comme l'une des figures les plus importantes de la mafia du 20e siècle. Quand il l’a ouvert ses portes en 1957, c’était le plus grand hôtel-casino à Cuba et se vantait d'une climatisation, lorsque cet équipement était encore une rareté.

Rapoport dit que son grand-père n'a jamais récupéré son investissement dans ce projet.

"Il aurait eu besoin d’au moins six à huit mois d'activité pour rentabiliser son affaire», a déclaré Rapoport. 

10:17 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/11/2015

Le livre "CIGARE", hymne à la pensée oisive et élégante !

Quand vous avez la passion de fumer, comment ne pas avoir en même temps celle de lire ?

Aujourd’hui, j’aimerais faire une parenthèse sur un des plus belle ouvrage qu’il m’ait été donné de dévorer, très loin des codes conventionnels et techniques que nous connaissons tous dans différents ouvrages du marché, ce livre anticonformiste séduit de suite dès son premier chapitre par l’Addiction, suivi de l’Amateur, de l’Amitié, l’Amour et de bien d’autres vocables aiguisés à notre perception !

Ce livre sortit en 2012 et co-écrit par Mr Aazam (de La Couronne de Nyon ) et cinq autres compères que je citerai plus bas, aborde le thème du cigare dans ses diverses influences, ses contradictions et dans sa mysticité, à travers l’émotion de l’écriture et ce romantisme qu’il véhicule dans la fantasmagorie spirituelle chez l’ensemble des amateurs depuis des siècles.

Ce livre présenté sous forme de patchwork graphique du plus bel effet s’articule entre photos suggestives, d’épigrammes, de citations et de lettres ouvertes et fédératrices à la pensé olfactive, celle-ci évoluant sur une amplitude riche et perspicace, dans la pluralité de nos sentiments !

Un livre qui se déguste presque comme un bon cigare, je dis bien, presque ! A lire de manière sporadique et non d’un seul trait, n’hésitez pas à l’oubliez quelques jours, laissez le s’éteindre dans votre esprit, reprenez-le au grè de vos envies, par la tête ou par le pied, laissez-le vous conduire dans cette évanescence des mots ainsi que leurs persistances, laissez ce désordre rassasier votre intellect dans cet attrait, parfois irrationnel que nous portons au cigare, objet de tant de convoitise. Ma note de coeur 19/20, un livre indispensable de toute vie oisive et élégante.

Les auteurs : Alexis Aazam ( professionnel du cigare ), Patrice Engelberts ( médecin psychiatre ), DavidH ( graphiste designer ), Davolo Steiner ( photographe ), Ximena Walerstein ( peintre dessinateur ), Philippe Jeanne ( scénariste et philosophe )

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Extrait : Souvenir d’un fumeur de cigare

Lui, il est vraiment à part…il ne vend pas de cigares, il passe du temps avec des gens qui viennent en acheter et qui, peut-être, penseront à lui…comme ce jeune acteur, talentueux et pauvre, qui un jour vint dans sa boutique :

L’acteur : « Il me reste 8 frs, ce sont mes derniers francs. Donnez-moi un cigare. »

L’acteur ( fumant ) : « C’est bon, c’est quoi ? »

Le marchand : « C’est un bon cigare ! »                                                            

Il lui avait donné un cigare qui valait deux à trois fois la somme versée. Etait-ce de la générosité ? C’était surtout la perception de l’autre, de sa sensibilité, le souhait de faire plaisir à quelqu’un qui a la vie devant soi. C’était la possibilité, durant un instant, de faire primer l’individu sur sa fonction de commerçant…                                                                                                                                 

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Extrait 2 : Souvenir d'un amateur de cigare

"Je suis né en Côte d'Ivoire et puis, mes parents ont rapidement habité en Suisse. Quand j'étais adolescent je retournais fréquemment en Côte d'Ivoire. Je devais prendre des traitements de Nivaquine pour prévenir le paludisme. Mais, quand je revenais en Suisse, je jetais les comprimés de Nivaquine et glissais un cigare dans chaque tube...ainsi, je rentrais à l'internat avec des cigares !"

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Si certains sont intéressés par cet ouvrage, je peux, bien entendu vous rendre ce service. Contactez- moi, sur FB ou par mail sur edmond_dantes@orange.fr*. Un joli cadeau pour les fêtes de fin d’année !!                                                             

17:34 Écrit par Edmond Dantes dans Livre/ DVD/ Application | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/11/2015

Juan Lopez "Edición Regional Benelux 2014"

Chaque fois que je me déplace dans le nord de la France, je ne manque jamais une petite visite à Tournai, situé à quelques kilomètres de Lille, de l'autre côté de la frontière en territoire belge. Ce moment est toujours plaisant de revoir Johan, tel un archiviste, un peu désordonné ma foi, mais très attachant. Malgré ce désordre ambiant et organisé, il sait vous faire languir avec quelques nouveautés, sorti tout droit de sa minuscule cave à cigares ou il est bon de fureter parfois, de toutes ses boîtes empilées, achalandée comme une boutique de chaussures prête à vous tomber dessus ! Rien d'ostentatoire, deux tabourets, un fauteuil, pour vous poser, le temps d'une cendre et "cubaniser" ce moment délicieux entre les odeurs mélangées, de thé, de tabac à pipe et de fumée bleue. Malheureusement, cet endroit va me manquer !

Eh oui, cette année, l'heure est au changement, Johan déménage non loin de là, sur la grande place, pour une toute nouvelle civette, bien plus spacieuse et plus pratique, avec fumoir privé que je découvrirai lors de ma prochaine expédition. Logiquement à l'heure où je vous écris, celle-ci devrait être ouverte et appréciée par tous les amateurs belges et limitrophes de la région, en ce début novembre.

Soit, revenons à nos cigares ! C’est en 2014, que la marque Juan Lopez a sorti cette « edicion exclusivo » pour le Benelux, ( Belgique, Pays Bas et Luxembourg ) sous le nom de Don Juan. Cette marque peu encline à étoffer son catalogue ne propose plus que trois modules suivis aujourd’hui, dont la remarquable "séleccion n°2", un robusto puissant et rassasiant que je vous conseille aussi de tester !

Malgré ce manque, elle se distingue presque tous les ans par des « edicion exclusivo », devenu en sorte la spécialité- maison, des cigares roulés au sein de la fabrique "La Corona", du moins, si rien n'a changé depuis ! Ces cigares s'efforcent d'offrir le meilleur à chaque nouvelle édition, et cela se ressent dès le premier coup d'oeil, tout comme celui du saumon chez votre poissonnier, le fond brillant et clair.

Le cigare s'est plus ou moins la même chose celui-ci doit être d'un rapport poids et taille, équilibré, par une certaine lourdeur ressentie dans le creux de la main. Cette fraîcheur doit aussi s'accompagner d'un aspect légèrement huileux et gras, voire même élastique, la cape doit expirer des parfums enivrants et subtils, comme ce Don Juan laisse présager sur cette partition boisée, aux relents pâtissiers et beurrés, façon moka.

Dès la mise à feu, les salves inhalées se veulent de suites profondes et grasses en bouche, offrant une sensation opportune et agréable.

Dans un premier temps, sa forme s'impose sur un registre de notes onctueuses, mélange de bois précieux, de foin gras d’alpage et d'un léger soupçon de poivre blanc. L'ensemble finement contrebalancé d'un petit goût suret' de type agrume sur les notes de fond, il se dote d'une consistance équilibrée de belle amplitude, à laquelle répondent les papilles par des sensations, à la fois riches et gouleyantes tout à fait concordant à sa rondeur. Son rancio, bien proportionné, lui confère une profondeur gustative proche d'un vin rouge, rond et charnu d’une certaine manière, semblable à celui d’un « côte du Rhône » par exemple.

Dans la seconde partie, les sensations s’affirment un peu plus vers une consistance plus épicée, sans rien se déprécier à sa volupté et à sa suavité, d’un bouquet de sous bois, de crémeux et de cuir, exaltant à foison cette richesse aromatique tant désirée, que j’appellerai tout simplement les contrastes ou les oppositions de l’olfaction ! Un Juan Lopez, d’une corpulence évolutive et bigarrée, très naturellement forgé de saveurs torréfiées, de miel d’acacia, de brioché et de poivre noir.

Sur ce dernier temps, les notes finissent par s’alourdir un tant soit peu, tout en restant courtoises avec mes papilles. D’une puissance rassasiante et réconfortante, ses saveurs se construisent autour d’une forme gustative plus empyreumatique, mais non agressive, plus frappée et condamnée par sa force augmentée.

En conclusion, n’hésitez pas si vous passez par la Belgique, ce cigare en vaut vraiment la peine, un très bon cubain comme je les aime, d’une richesse gustative plaisante et maîtrisée ! Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Robusto
  • Taille: 135mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 14.4gr
  • Année: 2014
  • Prix Belgique: 14,40€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

20:48 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Juan lopez | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/10/2015

Padron 1964 "Impérial Maduro"

La ligne Padron 1964 fût  créée en 1994 pour commémorer  les 30 ans de la marque. Aujourd’hui après plus de 50 ans d’existence les cigares Padron continuent d’offrir aux aficionados des puros du Nicaragua d’une grande qualité aux saveurs intenses et profondes.

Cet Impérial Maduro ne déroge en rien à cette règle, pour cette dégustation c’est un ‘toro’ que j’ai choisi de vous révéler dans cet article, un joli format gracile et gourmand dont l’élégance et la renommée ne sont plus à faire ! Cette distinction ‘made in Padron’ s’articule toujours autour d’une forme ‘box pressed’, un cepo quadrangulaire très reconnaissable entre tous. Celui-ci est revêtu d’une cape matée de couleur chocolat, dont les nervures fines et surtout absentes sont les préceptes de construction indubitables de l’authentique ‘Padron’. Au toucher, sa fermeté peut surprendre par un manque évident de souplesse, pour ceux habitués à sélectionner leur module selon une pression forte entre le pouce et l’index comme  indicateur de qualité, oubliez de suite cette manie antédiluvienne sujette à toutes les controverses ! Un ‘Padron’ ne vous posera jamais de problème de tirage, sachez-le.

Au nez cet Impérial offre une tessiture olfactive de suite identifiable par ses notes argileuses, de cacao en poudre, de vieux cuir et d’odeur de meuble chiné, encaustiqué. Au goût la cape est étrangement très neutre, mais à ‘crudo’, c’est une sensation plutôt éthérée de chocolat au lait et de cannelle qui embrasse ma sensitivité. Une mise en nez péremptoire qui aspire un fumage euphonique et assidu.

Dès l’allumage, je le trouve généreux mais un peu irritant en retro-olfaction avec un positionnement gustatif plus ciblée sur le fond du palais (vers le Chœur). Avec une petite sensation un peu sèche et râpeuse au démarrage.

Dans un premier temps, je le perçois d’humeur nerveuse et incertaine d’une certaine façon. Sa persistance satisfaisante a toutefois besoin de temps, pour s’arrondir en bouche. Les saveurs de terre, de café, de cuir et de poivre noir convoitent une mélodie peu ordonnée à ce moment, cela pendant les 20 premières minutes de fumage. Quelques notes d’amertumes difficiles à nommer se révèlent aussi sur les notes de fond, sur sa longueur. La consistance en bouche qu’en à elle, s‘inscrit sur une valeur moyenne et sans lourdeur, dominée par des arômes terreux et torréfiés dans sa forme globale. Un cigare qui prend véritablement tout son sens passé les 30 minutes.

Dans cette seconde partie, c’est une perception plus crémeuse et harmonieuse qui domine cette dégustation. Les saveurs deviennent plus rondes, une amélioration spontanée qui suffit à cet ‘Imperial  Maduro’ d’exalter avec satisfaction ses embruns obstinés de café crème, d’amertume légère et bienfaitrice. Bien plus puissant  et piquant en rétro-olfaction ! Ce cigare complexe et évolutif sublime de nouvelles perceptions au fil de sa chronologie, comme les notes torréfiées d’une bière brune aux accents ‘réglissés’, de fève de cacao amère et de piment d’Espelette. Celui-ci tient habilement son cap vers un 3e temps toujours plus consistant mais non dissonant, intense et agréablement distingué.

Sur cette dernière fraction, l’évolution un tant soit peu linéaire rassure de par sa constance et son bon équilibre. Analogue aux saveurs grillées et torréfiées vu un peu plus haut, ce ‘Padron’ régale les papilles avec conviction. Plus roboratif aussi et plus corpulent à ce stade de la dégustation, il serait légitime de croire que son destin fût déplaisant, mais que nenni !! Aucune note perfide d’âcreté ne viendra troubler son intégralité sur ce final devenu plus rassasiant. Il faudra attiser le foyer dans ses derniers retranchements pour ressentir  une certaine disgrâce.

Pour conclure, ce Padron a su exprimer toute cette probité, intense et gourmande qu’est celui des terres Nicaraguayenne. Un cigare généreux d’une belle identité olfactive qui ne laissera pas insensible les papilles des amateurs en quête de nouvelles sensations. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 15,9gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 25chf   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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16:44 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Padron | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/10/2015

Ramon Allones "Club Allones" Grand Corona

Le Club Allones fait partie des deux seules ‘edicions limitada de l’année 2015 avec le Magnum 56 d’H.Upmann, deux modules annoncés pendant le XVIIIe festival Habano de février de cette année. Des cigares toujours très attendus  qui nous viennent qu’à partir de septembre/ octobre pour toutes les nouveautés.

Pour la petite info, les premières ‘edicion limitada’ date de l’année 2000, la seule chose qui les distingue des autres concernent leur couleur foncée ‘maduro’. Une singularité dûe au choix de la feuille de cape utilisée, celle-ci cueilli parmi les plus hautes du plant de tabac, les plus ensoleillées, les plus épaisses et les plus fortes en goût demandent des temps de fermentation plus longue qui a pour effet physique de les assombrir et de les rendre chimiquement fumable, car moins chargées en nicotine et en diverses substances azotées. Dans la production standard à Cuba, ces feuilles appelées ‘ligero’ s’utilisent normalement dans la tripe et non comme feuille de cape, cette feuille particulière contribue le plus souvent à contrebalancer la force et l’aromaticité du cigare, indispensable pour son bon équilibre.

Aujourd’hui pour toutes les ‘edicion limitada’ et cela depuis 2007, toutes les feuilles, de la tripe à la sous-cape subissent désormais les mêmes traitements. Ces cigares assez charnus dans leur forme gustative connaissent un réel succès auprès des amateurs depuis 15 ans maintenant et ne cessent d’attiser les convoitises. Eh oui, comme son nom l’indique, ce sont des « éditions limitées » qui deviennent souvent très, très rares en fonction de leurs fortunes après 1 ou 2 ans !! Un conseil, n’attendait pas trop longtemps pour vous les offrir.

Ce ‘Club Allones’ renoue avec un format vraiment intéressant, le ‘Format idéal’ par excellence pour nos aïeux me direz-vous, avant l’arrivée de l’illustre ‘robusto’. En tous les cas, ce ‘Club’ m’a de suite tapé dans l’œil, mieux que ça, dans le pif je dirai, grâce à ses arômes consistants de terre, de vieux cuir, de café et de chicoré. Un bouquet délicieusement suave, gras et collant d’un agrément bien combiné.

Les premières aspirations, postcombustion évoquent d’entrée des notes gourmandes et onctueuses de terre brûlée et de café, dans une corpulence moelleuse et ambitieuse.

Dans un premier temps, passé les cinq minutes ce ‘Club’ continue d’exposer des atouts replets de bonne consistance, sur des saveurs de torréfié, de tourbe et de cacao, persistant sur des notes grasses et crémeuses de confort. Une seconde partie très appréciable et d’une amplitude gustative assez large en bouche, plus localisée sur le fond du palais c’est un cubain tout de même « Le Chœur » avec une belle répartie des sensations entre l’avant et l’arrière. Malgré une certaine corpulence charnue, il n’est pas lourd en bouche et ni trop puissant, je veux dire par là qu’il n’assomme pas dès les premières bouffées. Une introduction  bienséante et crémeuse, bien équilibrée.

Pour la seconde partie, l’évolution goûteuse reste endémique à sa forme, mais en plus copieuse. Les notes suggèrent toujours ce côté terroir dans un torréfié réglissé et de petite amertume, de type clou de girofle, sans oublier une certaine persévérance dans le poivré/ épicé. Un cigare de consistance rassasiante qui domine ‘goûteusement‘ sur de l'onctuosité ronde et non fielleuse. Ce ‘Club’ enjôleur captive les sens avec beaucoup de perspicacité.

Pour terminer, la 3e partie, tout autant attrayante évolue sur une sensation plus asséchante et plus carbonée, lui donnant un aspect un peu pâteux en bouche, en même temps rien ne vient corrompre sa forme gustative d’une seule haleine du début à la fin. Un cigare à déguster sans modération jusqu’à la corde. Ma note de cœur 15/20, un très bon cigare qui manquerait un poil de complexité, ouiiii je pinaille !                         

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Grand Corona
  • Taille: 135mm x 18,6mm
  • Bague: 47
  • Poids: 10,8gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 15chf   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

18:50 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Ramon Allones | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/10/2015

La Couronne "civette cigare à Nyon"

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Un endroit vers lequel j’invite tout hédoniste à se rendre un jour, c’est bien la civette de Nyon « La Couronne ».

Une véritable institution comme on en rêverait de voir plus souvent qui abrite la plus grande cave à cigares de Suisse en matière de surface. 

Ce lieu magique, divisé en 2 parties distinctes, d’un côté les cigares (parfaitement humidifiés dans 4 petites salles en alcôve) et de l’autre celle des alcools avec un choix exhaustif des meilleurs crus du moment (Armagnac, Cognac, Rhum, Whisky) aiguise l’appétit du chaland.

Le boss, Alexis Aazam règne en maitre sur son château, secondé par ses fidèles ministres Dominique Boyé et Olivier Leboudec. Tous trois, symbolisent l’élégance et l’humilité de ce métier, malgré leurs visages fermés (je dis ça pour le portrait de famille qui pourrait en impressionner plus d'un). Mais rassurez-vous, une fois que les masques d’une séance photo tombent, Alexi et Dominique vous accueillent avec bienveillance et enchantement en vous invitant à découvrir les lieux, si nécessaire ils se tiendront à disposition pour vous servir de guide et ainsi partager leur savoir sur leur passion du tabac noir, une avidité qui brille au plus profond de leurs yeux. Deux personnages très attachants, qui vous feront vite oublier le temps d’un après-midi femme et enfants !

Sachez qu’Alexis Aazam de par son expérience aiguisée dans le cigare, est aussi coauteur du livre ‘Cigare'. Un ouvrage voulu résolument graphique où dessins, photos, textes s’entremêlent dans une joute verbale de citations et diverses analyses ‘psygaristiques’. Un livre enivrant qui encourage à la rêverie, au plaisir d'une jolie fumée bleue...

( prochainement interview d'Alexis Aazam sur le blog )   

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Alexis Aazam, Olivier Leboudec, et Dominique Boyé sur la droite.

( photo d'Alban Kakulya )

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Le livre "Cigare"

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moi même et Alexis. 

Rue de Rive 34, 1260 Nyon "Suisse" ‎
+41 22 361 16 53 
La boutique en ligne sur CIGARPASSION‎

20:23 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

02/10/2015

Trinidad Ingenios EL 2007 "lonsdale"

L’Ingenios est une (edicion limitada 2007) que bon nombre d’amateurs semblaient avoir oublié et puis comme par magie, celui-ci se met à parader un peu partout comme la nouveauté de l’année ! A sa sortie en 2007, il faut avouer que ce module n’avait pas rencontré un franc succès. C’est bien pour cette raison qu’aujourd’hui les stocks ne sont pas entièrement épuisés, ses ventes se sont écoulées tranquillement pendant 8 ans, mais finalement il semblerait qu’il en reste encore chez certains importateurs. « Pour resituer cette année dans vos mémoires, 2007 a surtout marqué les esprits par la levé d’un secret d’état, celui de l’annonce officielle de la maladie de Fidel Castro ! Beaucoup de ses détracteurs de l’époque voyez cela comme une bénédiction, prévoyant même sa mort à court terme et dans la foulée la levé de l’embargo américain, eh bien non ! Le 13 août 2015, Fidel vient de fêter ses 89 ans. »

Mais ce ‘lonsdale’ ! A-t-il vraiment un intérêt gustatif maintenant ? Ses huit années l’ont-elles bonifié ?

Personnellement, je les fumais deux fois ces dernières semaines, une fois en mode décontraction entre amateur et la seconde en mode dégustation, seul. La première ne m’a pas laissé un souvenir dithyrambique que je résumerai en deux simples adjectifs, douceur et constance dans sa forme. Le genre de musique qu’il est difficile d’écouter et d’apprécier toutes les nuances dans le brouhaha d’une discussion.

Ce ‘lonsdale’ devenu un format atypique aujourd’hui, mais combien svelte et élégant dans un autre temps ! Son corps présente un aspect forgé, limite rustique d’une consistance ferme et d’une souplesse relative tout à fait conventionnelle. Son parfum arachnéen déroule des notes de chocolat au lait et de boisé, un duo subtil au nez appréciable.

Dès l’ébauche des présentations terminées, je procède à un allumage aisé et humble en fumée, les notes crémeuses de bonnes douceurs enveloppent délicatement la bouche sur un lavis gustatif de chocolat de type ‘milka’, de boisé et de café crème. Des saveurs timorées sans grandes complexités et sans grande consistance qui procure un fumage pondéré, équilibré. Ce vieillissement a en tous les cas permis à cet ‘Ingenios’ d’arrondir les angles dès les premières bouffées, suivi d’une longueur tout à fait honorable. Même si ce premier temps manque un peu de contenance, son agrément offre un joli bouquet !

Dans la seconde partie, celui-ci évolue sur une forme plus grasse, mais toutefois endémique au premiers tiers au niveau des saveurs et d’une consistance plus tangible, bienvenue à ce stade de la dégustation. Les sensations très amples, posées surtout sur l’avant du palais (sur la nef) offrent une évolution un poil plus épicée. Le fumage s’équilibre de manière assez linéaire, aucun soubresaut ne vient secouer mes papilles dans ce fumage mielleux à la puissance apprivoisée.

Sur ce 3e temps, sa forme gustative s’assoit définitivement sur une sensation crémeuse et plus courageuse en bouche. Restant toujours dans une certaine légèreté, celui-ci devient graduellement plus corpulent et domine à présent de ses notes de poivre blanc, de café crème, de saveurs brulées et de belles suavités, pour définitivement glisser sur un registre plus acerbe et lourd sur le final. Dans l’ensemble ce n’est pas mauvais, ce Trinidad a su libérer harmonieusement une musique soyeuse aux accords propices dont la profondeur des aromes lui fait cruellement défaut. Mais quoi qu’il en soit, c’est un cigare doux et agréable pour ceux qui seront l’apprécier. Ma note de coeur 14/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Lonsdale
  • Taille: 165mm x 17mm
  • Bague: 42
  • Poids: 10,2gr
  • Année: 2007
  • Prix Suisse: 22chf   

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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11:11 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/10/2015

Cigare Perfecto Colorado-Claro "Davidoff"

Certains trouveront ce format désuet, mais ce petit perfecto Colorado-claro vaut tout de même le détour, et mérite de s’y attarder un moment ! Comme vous, je suis plus enclin à fumer des formats moins atypiques comme tous ceux de la famille des ‘parejo’ ( les formats longilignes). En effet le perfecto appartient sans contexte à la mythologie du cigare, du fumeur obèse riche est impérieux derrière son énorme bureau ! Dont les caricatures foisonnent depuis plus d’un siècle les journaux, un peu moins aujourd’hui, quoi que ? Beaucoup l’ont oublié et chassé de leur mémoire, qu’on ne peut même pas les blâmer puisqu’il en existe aucun souvenir pour la plupart d'entre eux. Beaucoup de jeunes aficionados d'aujourd'hui appartiennent par la force des choses à la génération ‘robusto’, un format très adaptéà nos modes de vie, dont je fais aussi partie. Fumer de nos jours un perfecto pourrait s’apparenter à de la provocation, à une prise de position de "nanti-nostalgique" d’un monde perdu et illusoire, le signe fédérateur d'une certaine caste bien pensante et arrogante (bien sûr je plaisante et je m'égare encore). Bref, si vous voulez en savoir un peu plus sur la genèse de cette ligne Colorado/ claro, je vous invite à potasser l’interview d’Hendrik Kelner réalisé dernièrement sur le blog, donc voici le raccourci sur ce lien 

Je vous avouerai que j’ai longuement hésité à confirmer ce choix, ce format me semblait trop court à mon goût, eh oui ce n’est qu’un short perfecto ! Des a priori vite oubliaient comme vous pourrez le constater par la suite, car agréablement surpris par ce petit cigare. Comme tout cigare Davidoff, on peut être étonné au premier abord par le manque de souplesse, cette fermeté suspicieuse pourrait s’apparenter à un cigare mal humidifié, mal conservé ! Mais rassurez-vous, malgré vos doutes la construction et  la combustion ainsi que le tirage restent toujours exemplaires, c’est juste un simple constat et non une pléthore élogieuse pour cette marque ! Pour rappel: ‘un cigare très souple n’est pas forcément le signe que le tirage et la combustion seront bons’ ne jamais l'oublier.  

Visuellent cette petite torpille à la cape finement veinée de couleur Colorado/ maduro développe suavité ainsi qu'une certaine animalitéà la fois, faîte de cuir, de boisé et de note de vanille. Cette persistance olfactive augure une dégustation très ambitieuse et très flatteuse au nez.  

Premières bouffées, premier ressenti ! Dès les premières minutes, c’est une sensation pleine et roborative, plutôt rassasiante et suave qu’offre ce perfecto, très poivre blanc très localisée sur l'arrière du palais ! Ne pas oublier que les toutes premières minutes de fumage, en raison de sa forme très conique les saveurs émaneront principalement de la cape et de la sous- cape car très peu de tabac de tripe au niveau de sa construction. Une particularité qui a son importance dans son évolution qu’aucun autre format ne peut prétendre ! Après plus de 15 minutes, le cône s'évase, s’agrandit pour laisser place à une plus grande proportion de tabac de tripe, les saveurs s’arrondissent en caressant les papilles, les saveurs se font plus terreuses et plus crémeuses, herbe grasse de foin de fin d’été et épice de type anis étoilé émoustillent les papilles par une telle complexité aromatique. Ce départ heureux me provoque un excès salivaire, une sensation que je n’arrive toujours pas à m’expliquer, car déjà obtenue sur d’autres dégustation. Celle-ci apporte rondeur ainsi qu’une longueur très agréable et douce en bouche. D’une consistance mesurée, ce premier temps expose, explose avec brio son rancio délicat et équilibré, mais sans perdre de son caractère. 

Dans un 2ème temps, l'onctuosité toujours bien présente s'accorde maintenant d'une fraîcheur ( genre fenouil ) occultant les effets poivrés du début. D'une belle amplitude, cette seconde partie s'enrichit ensuite de nouvelles notes plus consistantes, plus corpulentes comme le réglisse et le cuir, des saveurs moins complexes et plus linéaires que je qualifierai de confortable !  

Le final, ( 3ème opus) n'est qu'un copier-coller des sensations précédentes, mais d'une consistance plus appuyée et évidente à ce stade de la dégustation, ce perfecto assure un service sans accroc de bonne justesse. Rien d'irritant à déplorer, juste de nouveau l’apparition du poivre au moment juste où la cape commence à se rétrécir, une sensation qui semble être en lien direct avec le goût de la cape ! et quelques notes perceptibles d’ammoniac sur la fin maintenant, rien de trop détestable. Avec à peine 2 cm de cabot à ce stade de l'analyse, je ne déplore toujours aucun effet indésirable qui pourrait m'obliger à l'abandonner, sauf peut-être la douleur d'une brûlure ! Comme épilogue, ce cigare a su me séduire dès les premiers ronds de fumée par une belle explosion des saveurs, suivit d'une parfaite maîtrise évolutive de ses arômes qui a pour conséquence d'offrir un fumage équilibréà la puissance moyenne. Un cigare, un goût, un format atypique que je ne serai vous déconseiller, à tester si vous êtes curieux. Son seul défaut, trop court ! On aimerait prolonger ce plaisir avec quelques centimètres supplémentaires avec un long perfecto par exemple. Ma note de cœur, qu'il n'en déplaise à certains de mes détracteurs, un 15/20 bien mérité.             

  •  Origine: tripe: Dominicaine, Sous-cape: Ecuator Connecticut sun grown, cape: Ecuator
  • Format: short Perfecto
  • Taille: 120mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 10.6 gr
  • Année:
  • Prix Suisse: 14€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20    

20:46 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/09/2015

Sancho Panza "Belicosos"

Voici une marque qui mérite une attention toute particulière, en effet celle-ci ne compte plus que deux modules encore vivants de nos jours, le Campanas (un Pyramid/Belicosos) et le Marevas (un Petit corona) mais pour combien de temps ? Des formats pour ma part un peu désuets qui ne séduisent plus vraiment les amateurs. Même si quelques éditions régionales subsistent une fois tous les trois ans en moyenne, avec un robusto extra par exemple pour la Serbie en 2014, cela ne suffit pas à donner un espoir de pérennité à cette singulière marque ‘Sancho Panza’ ! A moins qu’un nouveau module voie le jour prochainement, mais personnellement je n’y crois plus. Après l’arrêt du ‘Cervantes’ en 2012 plus connu du nom de ‘Molinos’, au fait pourquoi ces noms ? En espagnol, ‘Los molinos de viento’ veut dire ‘les moulins à vent’, vous savez ces fameux géants  que combattait l’esprit corrompu de ‘Don Quichotte’ dans sa folie, lequel accompagné de son fidèle écuyer ‘Sancho Panza’ essayait désespérément de le raisonner, dans le roman de ‘Miguel de Cervantes’ de 1605.    

Cette marque prérévolution castriste établie en 1848, fût vraiment redynamisée sur le marché mondial qu’à partir de 1999 avec la sortie de cette cave commémorative ‘Siglo XXI’, souvenez-vous pour le passage à la nouvelle ère qui contenait une sélection des meilleurs modules toutes marques confondues, dans un format spécial et unique, cet humidor contenait évidemment 2000 cigares toutes marques confondues dont un ‘Sancho Panza’.

Si je peux dans ces quelques lignes, susciter quelques envies de lire dans les flagrances bleutées de ce ‘Sancho Panza’, j’en serai que comblé. Ce Pyramid’ à la cape grasse et grossière, irrégulière développe à foison ses émanations de vieux cuir, de café fraichement moulu et de truffe amère ( cacao). Très souple au toucher, celui-ci me fait penser à ces cigares frais et uniques que l’on fume à Cuba , ces fameux ‘stogie’ achetés en petit fagot dans certain village, des cigares pas forcément  distingués, mais vertueux dans leur simplicité.

Les premières aspirations reflètent très bien mon ressenti, d’un cigare rustique, plutôt poivré et d’une certaine raposité, comptez environ cinq minutes capricieuses, un timing parfois nécessaire pour assainir et accorder les premiers airs d’obédience olfactive !

Passé ce délai, je savoure un premier temps d’une belle onctuosité, suivit d’une longueur assez grasse mais empli d’une forme d’amertume, voire suret, évoquant  des notes de sous-bois, de bois verni, de terre et de noix fraîches. Cette amplitude gustative se situe plus sur l’avant du palais que sur le fond. De bonne consistance, cette première partie offre un fumage assez confortable, mais d’une rondeur hésitante, dominé par ses relents safraniques. D’une puissance sage et plaisante, ce ‘Pyramid’ trouve dans toutes ses petites imperfections, la fortune, celle qui sourit aux audacieux cigares.

Dès la seconde partie, je retrouve cette même liturgie des saveurs. Une musique populaire, de bonne composition,  avenante qui se moque des qu’en-dira-t-on. Même, si ce ‘Sancho’ ne rivalise pas avec les plus grands, par ce manque de rondeur et de profondeur qui lui fait défaut, il réussit tout de même amicalement à vous étreindre avec prévenance dans son agrément. Les notes exaltent avec ferveur, des miasmes de pain brioché, de cuir, de terre et de café épicé dans une progression plus torréfiée et pastorale. Cette fin de 2e temps toujours maîtrisé, accélère le pas vers une évolution plus appuyé et intense, se déplaçant maintenant de la Nef au Chœur de mon palais.   

Dans ce dernier chapitre, son humeur versatile donne à ce 3e temps, un déséquilibre acrimonieux, tantôt cuisant, tantôt velouté et âcre. Des variations lourdes en bouche qui finissent par m’épuiser à la longue. Ce n’est en somme pas, la partie la plus intéressante de cette dégustation, à moins d’aimer ce genre d’exhortation roturière ou d’éloge funèbre. Malgré tout, ce ‘Pyramid’ possède des atouts séduisants pour obtenir de sa fumée, un fumage consistant et récréatif relativement agréable sur les deux premiers tiers. Ma note de cœur 15/20.

  • Origine: tripe: Cubaine, sous-cape: Cubaine, cape: Cubaine
  • Format: Belicosos/ Pyramid
  • Taille: 140mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 14.8gr
  • Année: ABR14
  • Prix France: 15,5€   

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20   

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08:34 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Sancho Panza | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |