25/08/2014

Cigare "Hollandais" Van der Donk

Dans ce nouveau billet je suis allé à la découverte du « cigare Hollandais », une dénomination qui peut prêter à sourire pour certains néophytes ou béotiens de la vitole. Inutile de chercher des plantations de tabac au pays de la mimolette, des moulins à vent et des tulipes, vous n’en trouverez pas ! Mais essayons tout de même d’en savoir plus. D’où provient ce tabac ?  

Avant tout, je vous invite à faire un petit tour dans l’histoire de ce pays en vous rappelant que le terme ‘Hollande' est un abus de language pour désigner l’ensemble des Pays-bas dont la capitale est Amsterdam. Du 17e siècle au 20e siècle, les Pays-Bas administraient les territoires gagnés par l’Empire colonial néerlandais, à cette époque de conquêtes les Pays-Bas établirent des colonies et des comptoirs un peu partout à travers le monde. De la Nouvelle-Amsterdam ( l’actuelle ville de New York) en passant par l’Amérique du Sud avec le Surinam et le Brésil, puis l’Afrique, la Belgique, le Luxembourg, une partie du Nord de la France et les Indes Orientales, l’Empire Néerlandais grâce à leurs techniques de navigation avancées, devinrent rapidement une des premières puissances mondiales maritimes de cette époque avec les Espagnols et les Anglais. 

1280px-DutchEmpire4.png Les colonies Néerlandaises entre le 17e et le 20e siècle.

Mais arrêtons-nous sur une de ces régions conquises qui pour l’heure nous intéresse et qui se nomme l’Indonésie ( Asie du Sud Est), cette ancienne colonie Hollandaise perdue en 1945 à la suite de violents mouvements nationalistes produisait et produit toujours un excellent tabac depuis plus de 200 ans dans la région de Sumatra et de Java, d’où l’expression laconique de « cigare Hollandais » en référence aux colonies, un héritage agronomique qui continue de prospérer exclusivement par l’intermédiaire de sociétés privées. Aujourd’hui c’est environ 2 milliards de cigares exportés dans plus de 100 pays ( cigarillo et cigare confondu). Le cigare néerlandais est le 2e plus grand fabricants de cigares au monde dont les principales exportations sont par ordre d’importance, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique. Sans oublier, l’exportation de feuille de cape produit dans la région de Sumatra utilisait pour certains cigares du Nicaragua, du Honduras et de République Dominicaine.  

INL.gifIles de Sumatra et de Java en Indonésie.

Pour la plupart, leurs fabrications sont majoritairement mécaniques ( le prêt à fumer avec une tête déjà tranchée) n’intéressent que très peu les aficionados dont l’unique intérêt s’oriente souvent vers le cigare fait main que l’on trouve principalement dans les Caraïbes, le ‘totalmente a mano’ pour Cuba et l'hecho a mano’ pour les autres pays. Une autre singularité sur cette production est l’absence de très gros format dont le plus important n’est autre qu’un corona ! Et ne comptez pas plus de 6 formats pour l’ensemble du catalogue que voici: cigarillo, Senorita Tuit, Senorita, Senorita Wild, Panatella et le corona qualifié d’ « Empereur des cigares », ça peut se comprendre en effet ! Je ne connais pas vraiment les raisons précisent qui ont déterminé le choix de ces 6 formats, mais une hypothèse peut malgré tout être avancée qui justifierait le choix d’un module en fonction de son sexe, en effet en Indonésie les gros modules sont souvent réservés aux femmes pour leur manque d’élégance, des cigares associés à une forme trop phallique, trop disgracieuse pour être mis en bouche par le modèle masculin. Voici peut-être une des raisons de l’absence de robusto, de toro et autres formats XXL du catalogue Hollandais. Bien entendu, j’accepte volontiers vos idées sur le sujet. Voici une petite liste exhaustive des marques reconnues pour cette région du globe : De Olifant, Jacob Van Meer, Van der Donk, Hajenius,  Compaenen, De Hertogh, Huifkar, Oud Kampen, Jacob Van Meer, Charles de Broukere. Ne soyez pas étonné de retrouver dans certains mélanges du tabac du Brésil  ou Dominicain pour les ‘blends’. 

Nous sommes le 9 août à 13h50, rendez-vous pris au café Papon à Genève en compagnie de Charly avec qui je vous propose la dégustation d’un « Néerlandais ». Le morceau choisi n’est autre qu’un grand corona du fabricant « van der Donk », plus précisément le module ‘Felicidad Don n°2. Nous allons donc nous efforcer de tester ce cigare avec le plus de précision possible et cela sans a priori ! Pour nous deux, c’est une réelle découverte puisque aucun de nous ne connaît ce cigare et son terroir dont voici le résumé. 

Contact visuel, la couleur ne correspond en rien au nuancier que je connais habituellement ! C’est une teinte claire à l’évidence, mais rien à voir avec la couleur ‘Colorado’ d’une cape Connecticut par exemple que je trouve plus chaleureux et plus soyeux. Plus terne pour celle-ci, qui se rapprocherait plus pour ma part d’un Colorado/ verde, une sorte de marron vert ! Pour la construction, je le trouve assez soigné, mais rien de très expressif. Question densité, la fermeté l’emporte tout de même sur la souplesse qui pourrait lui faire défaut, mais rien de très anormal pour ce type de cigare réputé souvent plus sec. 

Pour la perception à cru, je la trouve toutefois gouleyante où les arômes dilués, d’humus, de feuille morte, de terre, préfacent un caractère automnal. À ça s’ajoute une odeur de vieux grenier, mélange de plancher poussiéreux et de vieux vêtements. Étrangement, Charly et moi sommes d’accord sur le fait que ce mélange atypique nous conduit sur une valeur plus distincte dans son ensemble qui n’est autre que le thé ! Le thé noir plus exactement. 

Ensuite dès l’allumage, rien de surprenant de percevoir et de retrouver cette légèreté dans les premières bouffées ! Un premier temps dont la consistance moyenne se localise sur l’avant de la bouche et non sur l’arrière du palais comme le ferait un bon cubain. Les notes se concentrent sur le terreux et le thé, mais cette fois-ci un thé à la menthe, caractérisé par une forme de fraicheur à la dégustation. Difficile pour le moment d’interpréter objectivement cette saveur, faisons-nous face à un excès ou à une carence aromatique qui abuserait de notre sens du discernement ? Soyons patient. En attendant, nous pouvons ajouter pour clore ce premier temps, un côté analgésique situé sur l’avant de la bouche, situé sur les lèvres et l’extrémité de la langue, une sensation pas désagréable qui nous laisse assez perplexes mais rien de très complexe non plus ! Par la suite, l’absence de rondeur persiste et signe vers une persistance plutôt fugace et linéaire. Un fumage facile et conciliant, pourrait-on soutenir ! 

La 2e partie est tout aussi courte ! La perception reste globalement inchangée avec toujours un manque de corps. Le thé mentholé toujours présent sonne maintenant comme une promesse ambitieuse contre l’infortune de ce cigare, un brin ennuyeux, mais intéressant à la fois pour la découverte et le dépaysement. Comment ça ? Eh bien imaginez une excursion au milieu d’un désert, le concept est bien sûr captivant, mais chiant à la fois ! Désolé pour cette analogie lapidaire qui résume très bien mon ressenti de cet instant.  

Difficile de simuler un 3 temps inexistant qui s’apparente plus aux prolongations d’une 2e mi-temps dont le jeu reste quasi inchangé ! Un cigare toujours très léger et facile à fumer qui n’éveille rien de très surprenant, mais en cherchant bien le final semblerait plus poivré et plus frais encore ! Cette fraîche sensation pourrait venir d’un léger ammoniac auguré en début de fumage. Dans l’ensemble, notre jugement n’est pas si déplorable que ça et ce « Néerlandais » se revendique comme cigare de proximité, accessible au plus nombreux et aux moins exigeants. Que nous qualifions par définition de « cigare d’apéro ou de compagnie ». Notre note de cœur 10/20 (manque de corps, de longueur et de rondeur d’âme)      

 

  • Origine: tripe : sumatra deli, Sous-cape: java besoekicape: Havana, Brasil en Java
  • Format: gran corona
  • Taille: 170mm 
  • Bague: 43 
  • poids: 9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 6,5€

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cigare roulé à la main à l'usine de Culemborg en Hollande

à partir de tabac de Sumatra/ Java. 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

07:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/08/2014

Tom Jones cigars

Grand amateur de cigare, Sir Thomas John Woodward, OBE, dit Tom Jones (né le 7 juin 1940 à Pontypridd dans le comté gallois du Rhondda Cynon Taf), est un chanteur britannique très populaire durant les années 1960 et 1970. Il connaît un regain de succès mondial, surtout en Europe, à la fin des années 1990 notamment avec la chanson Sex Bomb. Depuis 1965, il aurait vendu plus de 100 millions de disques. Il fut également élu artiste du millénaire par le magazine Rock&Folk (no 26 de septembre 1999).

Né dans un village minier du sud du pays de Galles, Tom Jones épouse à 17 ans une amie d'enfance, Linda Trenchard, qui lui donne un fils, Mark, devenu son producteur à la fin des années 1980.

Subvenant aux besoins de sa famille à travers différents emplois, il chante le soir dans les pubs avant d'apparaître avec son groupe dans des clubs privés. Il est alors remarqué par Gordon Mills, chanteur du groupe The Viscounts, qui vient de se séparer. Mills devient l'agent de Tom en 1963. Le premier contrat est signé en 1964 et les chansons écrites par Mills rencontrent un franc succès, en particulier It's Not Unusual (1965), le second single de Jones, et What's New Pussycat. Il reçoit le Grammy Award du meilleur nouvel artiste en 1966. Sa voix chaude et puissante fait de lui un interprète de choix dans le registre pop et funk. Adoptant un style vestimentaire branché pour l'époque (pantalons moulants et chemise à col pelle à tarte), il met à profit sur scène son sex-appeal, déclenchant l'hystérie de ses fans (dont certaines n'hésitent pas à lancer leur culotte sur scène).

Source Wikipédia.

 

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Le XVI festival Habanos 2014 avec Tom Jones.


07:00 Écrit par Edmond Dantes dans Personnalité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/08/2014

Saint Luis Rey "double corona"

Une déception à la hauteur de mes espérances !

Choisir de fumer un double corona est toujours un moment privilégié qui demande beaucoup d’attention dans le choix de son module. En effet le double corona est pour moi le cigare par excellence, le format idéal pour s’évader pendant 2 à 3 heures dans un état contemplatif à condition que l’histoire racontée par celui-ci soit digne du meilleur des réalisateurs. Un double corona se doit d’éveiller vos sens du début à la fin comme dans le ferait un bon film, pas de place à l’ennui d’un long métrage lymphatique sur les tribulations passionnées d’un nettoyeur de vitre, sourd de surcroit ! Bien décidé à trouver un tel cigare dont la seule ambition serait de me séduire, je choisis pour cette dégustation ce Saint Luis Rey suggéré par un de mes lecteurs ! Ce double corona quelque peu oublié mérite peut être une mise en lumière. Dont voici ma petite analyse personnelle.

Pour l’analyse visuelle et olfactive, difficile d’être critique ! D’une construction ferme et osseuse à la couleur uniforme Colorado/ maduro des plus appétissantes, ce double corona charme de suite les sens. Sa souplesse reste moyenne pour un poids presqu'égal à sa longueur de 20.8 grammes pour 19,4 cm. La cape finement nervurée et brillante vous laisse au mouillage un souvenir iodé sur les lèvres, de bord de mer. Tambours battants, la cape exalte avec brio des flagrances douces et boisées, de notes vanillées, de consonances pâtissières des plus gourmandes. Un profil olfactif des plus agréables, un double corona qui en impose par tant de prestance. Un ‘trailer’ jusque là sans faute qui appelle à une dégustation magistrale et conforme, espérons-le !

Mes premières sensations après 10 minutes de fumage sont plus qu’incertaines ! Le démarrage est sans fanfare ce qui en résulte un manque de consistance, dépourvu d’une aromaticité captivante tout en demi-ton, salué par la fée ‘astringence’ qui essaye tant bien que mal de vendre ses faveurs comme un ‘menu du jour de routier’, décidément déprimant ! La majeure partie flirte sur des notes de foin humide, d’humus, voire de moisi et de noix fraîche. Pour ce qui est de La rondeur, ainsi que la longueur, elles vont de paires, aucune des deux ne brille pas son courage ! Une introduction fébrile et asthmatique qui ne présage rien de bon après ces 25 minutes de dégustation. Mais pourtant après une bonne demi-heure, c’est avec considération de constater une petite éclaircie dans ce sombre tableau. En effet, sur la fin de cette première partie, il est agréable et surprenant de goûter progressivement à des nuances plus estivales comme la volupté et la suavité, ainsi qu’une consistance en nette amélioration. Pour ce qui est de la rondeur, celle-ci se distingue par une meilleure homogénéité des arômes identifiables comme la noisette, le café crème et la terre. Bien heureusement, son côté tannique n’est plus qu’un souvenir maintenant, une métamorphose soudaine et appréciable, enfin !

Dans la seconde partie, mise à part une consistance plus mesurée, le fumage se prolonge agréablement sans surprise, sans me procurer une satisfaction réconfortante et rassasiante que l’on pourrait attendre d’un tel cigare pour caler ma faim ! Rien de très évolutif non plus dans cette tragédie cubaine qui puisse sublimer ses arômes fragiles et impuissants. Petit à petit les saveurs s’intensifient mais se révèlent lourdes de conséquences à l’approche du dernier tiers, celle-ci m’annonce une pénitence des plus acerbes ! Ce plaisir éphémère, très vite avorté, doué d’illusions revêche décline inexorablement vers l’antipathie.

Le 3e temps comme je le pressentais glisse rapidement sur des saveurs impétueuses, grâce à l’accroissement d’une force qui envoie très fort, trop fort ! Une perception brute affectée par l’âcreté brulante et anesthésiante des plus désagréables qui soit dans un cigare. Plus grand-chose à dépeindre dans cette dégustation semblable à des ruines fumantes et illusoires. Et c’est négligemment entre l’index et le pouce que je le propulse très loin de moi dans les rosiers pour vite l’oublier. Énervé ! pas du tout, déçu, sûrement. Pour ma conclusion, sur 2 bonnes heures de fumage comptez pas plus de 30 minutes que je qualifierai de pas trop mauvaises, voire de bon pour ceux qui me trouveraient trop cinglant dans mes propos, mais rien de planant. Ma note de cœur 8/20 (à éviter) un cigare qui commence et finit très mal.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Double corona
  • Taille: 194 mm x 19 mm
  • Bague: 49
  • poids: 20,8 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 13€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

10:15 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Saint Luis Rey | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

31/07/2014

Ma journée avec Hendrik Kelner ( 1er partie ) Davidoff

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Nous sommes le 20 mai 2014 et il est précisément 13h30 ! Lorsque je reçois un appel inattendu de Thomas Mathys (responsable de la boutique Davidoff à Genève) : « Bonjour Edmond, c’est Thomas ! Une petite info qui devrait te plaire pour ton blog. Hendrik Kelner sera sur Genève cette fin de semaine, que dirais-tu de le rencontrer ce vendredi  lors d’un déjeuner suivi d’une interview exclusive autour d’un cigare au sein de notre boutique ? »

Waouh…je n’en croyais pas mes oreilles !! Un peu abasourdi et après quelques secondes de réflexion, pas beaucoup plus ! : « C’est génial d’avoir pensé à moi Thomas, c’est un grand ‘OUI’ bien sûr ! Un privilège que je ne manquerai pas.» Passons les détails afin de m’organiser, le rendez- vous était pris pour 14h30, restaurant « La Cigogne » établissement Genevois très réputé de la ville, situé place de Longemalle à 50mètres de la boutique. Un peu anxieux tout de même de rencontrer ce personnage, celui par qui Davidoff conçoit aujourd’hui et cela depuis presque 25 ans tous les cigares dominicains du groupe Davidoff en passant par AVO et Griffin. Il est aussi l’ami des premières heures de Zino Davidoff, rencontré dans les années 90, une collaboration courte mais efficace entre ces deux hommes de talent qui façonnera à jamais le renouveau de la marque jusqu’à nos jours. Malheureusement Zino quitta l’aventure en 1994 (date de son décès).

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Hôtel "La Cigogne"

Cette rencontre avec Hendrik Kelner me donne l’occasion inespérée d’effleurer le génie d’un homme dont la vie entière a été consacrée au cigare, comme si un gastronome amateur se voyait invité à se joindre à la table d’un Paul Bocuse ou d’un Alain Ducasse et dans le même temps déguster en fin de repas un vieux rhum Clément sous la tutelle avisée d’un Mr De La Guigneraye’! Cette analogie des genres n’est en rien exagérée pour tout aficionado qui se respecte. Voici pour vous le résumé de cette journée trépidante, une interview construite sous forme de brunch anecdotiques et métaphoriques, d’explications agronomiques et passionnantes signées Henky (Hendrik Kelner).

Vendredi 23 mai 2014, 14h…Le jour J.

Après avoir pris place, moi, Thomas, Mr Kelner et Mme Kelner sans oublier Roxana une amie Cubaine qui s’est volontiers jointe à nous pour m’aider dans les traductions espagnoles. Nous commençons tranquillement nos agapes entrecoupées de quelques généralités, de discussions légères et curieuses sur les différents choix culinaires de nos plats. Pour ma part, je choisis les ris de veau cuits au four à l’étouffée dans sa feuille de tabac, tout à fait de circonstance pour commencer cette journée. 45 minutes plus tard, le serveur revient et me présente le ris de veau à la sortie du four encore tout enveloppé, amusé par ce plat Henky demande à sentir de plus près ce drôle de paquet ! Après quelques minutes de réflexion, il affirme tranquillement : « C’est sûrement une feuille de Virginie, la couleur très ‘amarillo’ (jaune) et son goût douceâtre s’adapte parfaitement à la cuisine de chef » Le regard médusé, nous acquiesçons cette première leçon avec étonnement. Plus détendu maintenant en cette fin de repas, le vin aidant, nous conversons allégrement entre espagnol, anglais et français sur des thèmes divers et variés sous l’égide et la bonhomie d’un Henky toujours soucieux de nous donner les meilleures explications sur les diverses questions abordées, sans oublier la gentillesse et l’altruisme de Mme Kelner pour qui la culture du tabac fait partie de sa vie, en effet Mme Kelner participe activement aux diverses recherches agronomiques entreprises en République Dominicaine par son mari.

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Mme Kelner & Mr Kelner

ED : « A la question, quel est votre secret pour créer de nouveaux mélanges ?  (Question un peu absurde quand on y pense, mais pas forcément !), Voici son idée sur la question ».

HK: « Quand je rêve, je crée ! Vois-tu lorsque tu dors, il est difficile de se souvenir de tout. Mais avec le temps et de la concentration, j’ai pris l’habitude de prendre une douche tiède de suite au réveil, pendant ce moment de quiétude avec moi-même je me remémore mes rêves avec plus de clarté, tout me revient doucement au bout de quelques minutes ! Ainsi en dormant je travaille à de nouveaux mélanges, de nouvelles idées tout en rêvant. Ensuite lorsque je retrouve mes fidèles collaborateurs et amis, certain en me voyant arrivé me lance d’une voie ironique «  Vous, vous avez pris une bonne douche ce matin, qu’avez-vous rêvez pour nous ce matin señor Kelner ? » Le secret de la réussite est très simple: ‘Dormir pour ne pas se reposer, mais dormir pour rêver ! » Un très bel aphorisme dans lequel nous pourrions tous puiser notre inspiration et nos ambitions ».

ED : « Et aujourd’hui Mr Kelner, qu’elles seraient vos rêves de cigare pour l’avenir ? ».

HK: « On ne peut pas savoir quelles seront les meilleurs mélanges à venir. Et je ne crois pas qu’un jour nous le saurons, c’est quoi un bon cigare ?, c’est quoi la meilleure terre ?, c’est quoi le meilleur terroir ?, la meilleure semence, etc…Si nous arrivions à répondre à toutes ces interrogations, tous nos espoirs et nos rêves n’y survivraient pas. Chaque nouvelle journée doit être consacrée à créer et tester de nouvelles choses et les améliorer, apprendre et comprendre un petit peu plus chaque jour sur la nature. La condition n°1 pour éveiller l’apprentissage, c’est l’humilité ! On peut s’instruire de quelqu’un qui cultive la terre alors que cette même personne ne sait ni lire et ni écrire. Celui qui prétend tout savoir n’est qu’un âne, en définitive,  il ne sait rien, il ne comprendra jamais le travail des paysans ainsi que la nature et le temps qui façonnent jour après jour la semence, la plante.  Encore une seconde chose, plus tu penses avoir compris, moins tu en sais ! Parcequ’une découverte apporte à son tour son lot de nouvelles questions, comme une multitude de portes qui s’ouvrent simultanément vers d’autres horizons, d’autres interrogations ».

ED : « Comment depuis 25 ans de collaboration avec Davidoff, votre travail s’effectue-t-il  en république dominicaine? Etes- vous influencé, voire dirigé par les différents responsables qui gèrent les intérêts commerciaux de la marque aux quatre coins du monde ? ».

HK: « La création, la composition d’un cigare s’écrit comme de la poésie, celle-ci provient de l’intérieur de soi, elle fait appel à des émotions très personnelles que l’on couche un jour sur du papier pour ne pas les oublier, je sais  ça fait très romantique, mais tout commence comme cela ! Mais à côté, comme tout commerce, les impératifs de marché nous rappellent que nous devons  satisfaire certaines demandes du marché. Ecrire ce que l’on vend demande à suivre un cheminement précis alors que la poésie est illimitée! Dans le cigare, comme dans la poésie il doit y avoir de la rime. La seule différence entre un cigare et un poème, c’est qu’un poème ne change pas, il se lit toujours de la même façon grâce à une ponctuation précise. Alors que le cigare, lui change tout le temps, il faut sans cesse équilibrer la stimulation et la consistance qui évoluent à chaque fois afin d’être le plus proche possible de la recette initiale.

J’aime comparer le cigare à l’amitié. Qu’est-ce que l’on attend de son meilleur ami ? On attend d’un ami qu’il soit fidèle avant tout, (rire) mais rien à voir avec l’autre le ‘Fidel…

Bref tu attends d’un ami une amitié loyale et équilibrée à chaque fois que tu le retrouves. Les relations avec un ami du type bipolaire ou lunatique par exemple deviendraient angoissantes pour à rencontre !

Un cigare est comme votre meilleur ami, même après 1 semaine, 1 mois, 1 année, les retrouvailles doivent être les mêmes et conformes aux premiers jours de votre rencontre. Pour le cigare, cette régularité et cette consistance donnent au fumeur un sentiment  sécurisant et de quiétude. Le fumeur retrouve dans sa dégustation un souvenir olfactif rassurant et apaisant, celui des retrouvailles avec un fidèle ami ! ».

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Hendrik Kelner

ED : « Mr Kelner poursuit cette discussion, sur les origines du goût que nous percevons en fumant un cigare. ».

HK : « Tout provient de la fumée qui encense et stimule les différentes parties de notre langue. Prenons deux cigares différents, leurs stimulations respectives sont déterminées par leur génotype (c'est-à-dire le patrimoine génétique de la semence) et de son environnement (la terre, le climat et le labeur des hommes). Cette saveur perçue dans ta bouche provient du type de terroir, de la graine choisie, du choix des feuilles sur la plante, du soleil, de la pluie, ensuite vient le séchage et les divers processus de fermentation, jusqu’au mélange final qui déterminera l’identité de ce cigare. Toutes ces phases de production donneront une composition chimique unique à la fumée, ainsi qu’une consistance propre à ce type de cigare. Et ce mécanisme qui semble immuable évolue sans cesse à chaque récolte ».

ED : « Comment faites-vous pour retrouver chaque année les caractéristiques olfactives et individuelles de tel ou tel cigare? ».

HK : « Dans un premier temps, Il faut séparer les semences et les attribuer en fonction de chaque terroir, ensuite au stade de la récolte vient le rôle de la sélection des feuilles (les différents étages foliaires), puis l’attribution de l’année de récolte, tout est minutieusement répertorié et stocké dans des entrepôts. C’est comme la cuisine d’un grand restaurant, le cuisinier mélange chacun de ses ingrédients pour réaliser une recette écrite et répétitive pour chaque service.Voilà, pourquoi tu associeras 20% de tabac de celui-là avec  40% de celui-ci, etc… ! Afin de toujours respecter une nomenclature précise et établie.Chaque tabac joue son rôle dans le goût, certains stimuleront uniquement le fond de la bouche, d’autres ce sera plus sur les côtés de la langue et parfois le bout de la langue avec des tabacs plus épicés. On trouve aujourd’hui des tabacs sucrés, salés, amers, acides, piquants, des sensations démultipliées par une multitude de nuances avec lesquelles nous composons chaque jour ».

Petite intervention de Thomas Mathys.

TM : « Maintenant, nous allons passer de la théorie à la pratique et nous rendre au magasin choisir un bon cigare, car la meilleure façon d’en parler, c’est bien sûr dans fumer un ! »

ED : « Quelles sont vos plus beaux souvenirs de cigare ? ».

HK : « J’ai bien des souvenirs, mais je ne pense pas que ce soit si important que ça ! Par contre, je me souviens d’une chose anodine qui me semblait peu importante à l’époque, mais s’est révélée dans le futur d’une belle réussite que je peux classer comme ‘bon souvenir’. Cela remonte à 11 ans maintenant, à l’époque nous avions décidé de changer le profil d’un cigare Davidoff, pour cette demande je m’étais procuré de très belles feuilles de cape en provenance du Nicaragua, malheureusement après moult débats divergents avec les différents responsables, ce projet de feuille de cape Nicaraguayenne tomba dans l’abandon et finalement toute cette production fût tout simplement oubliée pendant 10 ans. Mais passé ce temps, les choses ne pouvaient qu’évoluer dans le bon sens, puisque le marché du cigare au Nicaragua très florissant nous suggérait de créer une ligne ‘Davidoff Nicaragua’. Après un bon rêve et une bonne douche (rire complice),  l’idée d’utiliser mes feuilles oubliées du Nicaragua devenait limpide ! Voilà un très bon souvenir, comme quoi rien n’est jamais perdu ! »

ED : « Petite pause après être sorti du restaurant, le temps de nous rendre de l’autre côté de la rue à la boutique Davidof ». Nous nous retrouvons  tous maintenant dans la boutique où nous croisons un fidèle des lieux, Mr Charly Schwarz, personnage singulier et attachant de Genève ( ancien reporter de presse, politicien et artiste photographe ) et bien sûr amateur de cigare, forcément quelqu’un de bien !

Charly profite de cet instant pour questionner Mr Kelner ».

CS : « Selon vous, quel serait le meilleur choix de cigare réunissant à la fois le goût à un prix moyen entre 8 et 11 CHF dans l’ensemble des marques Davidoff ».

HK : « Le Z - Class 643 Zino Platinium à 9,60 CHF réunit très bien ces deux qualités ! ».

ED : « Cette question anodine de Charly oblige Mr Kelner à développer sur la nature de la sous-cape, cette semence rare connue sous le nom de ‘Pelo d’Oro’, choisie justement pour la ligne ‘Z – Class ».

HK : «Le « Pelo d’Oro » est une semence hybride créée par les agronomes cubains au milieu du XXe siècle, croisement entre un tabac oriental turc et mexicain, mais en raison d’une trop grande vulnérabilité aux maladies, ce tabac expérimental fût rapidement abandonné dans les années 80 après quelques incidents majeurs dans les cultures de la vuelta à Cuba. Aujourd’hui quelques rares vegueros l’utilisent toujours pour une consommation locale uniquement dans la partie centrale (remedio). Aujourd’hui le Pelo d’Oro n’est plus utilisé dans les Caraïbes, le seul endroit possible pour le produire se trouve au Pérou dans une région suffisamment isolée sur les hauts plateaux, des conditions favorables à son développement. Pour les mêmes raisons, il pourrait aussi être cultivé dans certaines régions d’Ecuadors, je pense ! (L Pelo d’Oro est connu pour être un tabac assez puissant, savoureux ainsi que douceâtre).

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ED : « Que préférez-vous fumer Mr Kelner ? ».

HK : « Je fume souvent le robusto Special R parce qu’il est léger et qu’il n’irrite pas contrairement au Puro d’Oro Magnificos qui est beaucoup plus puissant et intense en goût. Ce type de format correspond très bien à ma physionomie, je vous rappelle que la traduction du mot espagnol ‘robusto’ se traduit en français par petit et costaud ! » (rire)

ED : « Alors moi, du haut de mon mètre 90, vous me conseillez surement un double R ! (double corona) » (rire). Sur les conseils avisés de Thomas Mathys, mon choix se confirme sur un ‘n°3 Anniversario colorado claro’, sans être une ‘édicion Limitada’ officielle, la production de ce cigare reste toutefois limitée ! Parfait comme transition ».

«  Je suis certain Mr Kelner que derrière ce cigare se cache une belle anecdote concernant sa création ! ». 

HK : « Dans les années 90, lorsque la stratégie marketing de lancer les cigares Davidoff dominicains sur le marché américain, notre renommé ex-directeur le docteur Ernest Schneider voulait pour ce nouveau départ des cigares légers et pas trop forts. Alors que jusque-là Cuba offrait une palette aromatique bien plus intense et forte. Il nous fallait alors se distinguer par des saveurs complètement différentes, un pari risqué mais qui s’avéra judicieux par la suite. D’ailleurs une de nos premières publicités aux USA illustrée par la photo d’un homme distingué et sans visage disait : « Les fumeurs ont affiné leurs palais, leurs goûts, leurs désirs et nous, nous avons affiné vos cigares avec un Davidoff n°1 ». En effet nous avions repris le n°1, N°2 et Ambassadrice, nom de leur homologue Cubain, mais cette fois dans leur version Dominicaine, aujourd’hui  plus connue par la ligne actuelle ‘Classic’. Des cigares dont la cape tirait résolument vers le jaune, plaisaient énormément en ce temps-là ! Une couleur beaucoup moins appréciée aujourd’hui.

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Doc Ernest Schneider

La toute première ligne Dominicaine fût la série ‘Mille’ mais sans le 6000 qui ne vit le jour que bien des années plus tard, suivi ensuite de la ligne ‘grand cru’ en remplacement des célèbres Châteaux. Puis la série anniversaire dont le n°2 remplacerait dignement l’extraordinaire ‘Don Pérignon’ cubain.

Lorsque la nouvelle mouture du magasin, 2 rue de Rive à Genève, ré-ouvrit, notre ex-responsable développement tabac/ cigare Mr René Hollenstein, émit l’idée que nous devions nous aussi posséder un format robusto dans notre gamme ! Mais un robusto d’une consistance plus forte, différent des précédents mélanges. Par contre, pour toujours nous distinguer, il ne devait pas s’appeler ‘robusto’. Voici comment est né la ligne ‘Spécial’ et le format robusto baptisé ‘Spécial R’ d’ 1/8e de pouce en moins sur la longueur, le ‘R’, clin d’œil à(R)ené Hollenstein l’initiateur de ce projet ! Tous les formats de cette série se succédèrent jusqu’au défi de rouler un format ‘pyramid’ appelé ‘Spécial T’,mais sans les moules que nous ne possédions pas encore, une véritable prouesse pour nos torcedores.

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René Hollenstein

Peu de temps après, toujours aux USA, un nouveau cigare très apprécié par son format plus long qu’un ‘robusto, baptisé ‘toro’ faisait son apparition sur le marché ! Forcément, nous devions offrir à nos clients ce type de module, mais sans l’appeler ‘toro’ bien évidemment. Voilà comment est né l’Anniversaire n°3, un nom plus chic dans l’esprit Davidoff pour lui donner plus d’élégance et une meilleure impression. Par contre notre cape était beaucoup trop claire pour les Etats-Unis, les développeurs marketing voulaient une sélection différente avec une couleur plus sombre pour les USA, la cape claire pour l’Europe et une teinte moyenne spécialement destinée à l’Espagne. (Un petit rappel, pour obtenir des feuilles de capes plus sombres, il faut choisir les feuilles du haut du plant de tabac qui s’accompagnera d’un séchage et d’une fermentation plus longue) .

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Bien entendu, nous allions répondre à cette demande et ainsi fournir des capes plus sombres pour l’Anniversario n°3 aux USA, je vous passe les détails de son développement ! Mais au moment du tri de ces feuilles, nous nous sommes aperçu que certaines d’entre elles étaient encore plus sombres ! Que pouvions-nous en faire ? Les utiliser, mais comment ? L’idée de créer un nouveau cigare en petite quantité s’est trouvé être une excellente idée, ce que nous fîmes. Mais une fois lancé, cette ligne rencontra un succès étonnant sous le nom de ‘colorado claro’, la demande pour ce cigare était exponentielle, nous subissions la pression du marché américain qui en voulait toujours plus ! Malheureusement  nous ne pouvions pas en produire plus, ces feuilles plus rares ne suffisaient qu’à une petite quantité de cigares! Mais la demande était là, toujours plus forte, nous devions réagir rapidement. Après réflexion et quelques essais, nous avons créé une nouvelle cape en production limitée, plus simple à développer, laquelle serait un hybride (habano- Connecticut) bien plus aromatique que l’autre. Et voilà en quelques mots, l’histoire de ce toro ‘colorado- claro’ que vous dégustez actuellement. »

ED : « Mr Kelner, j’entends souvent dire que la cape n’influence pas le goût du cigare ? Qu’en pensez-vous ? ».

HK : « La seule réponse que je puisse donner en argumentant et : ça dépend ce que vous fumez !!

Explication ! Sur un  gros diamètre, la cape aura peu d’influence. Mais  prenez au contraire un diamètre plus petit, il y aura une influence évidente. Dans un cigare la cape représente de 15 à 25% de son volume total selon le type de module, elle n’est pas proportionnelle au poids du cigare. Prenons par exemple un format ‘perfecto’, vous êtes d’accord sur le fait qu’au départ, vous fumez plus de cape au milieu et plus vers la fin !! Un autre facteur important concerne la tripe, plus elle est légère, plus la cape influence son goût et à l’inverse pas du tout. Donc ça dépend !!

Voici une analogie qui résume cette influence, prend une soupe (environ 2 litres), tu ajoutes environ 2% de tabasco, et bien l’influence sur le goût dépend de ce que l’on ajoute dedans ainsi que la quantité !

Pourquoi certains cubains disent que ça a peu d’importance ? A Cuba, vous trouvez des terres principalement dédiées à la culture de cape, mais le rendement est très faible environ 18 à 20%, c’est très peu ! Mais le tabac non utilisé en cape n’est pas perdu pour autant, il est recyclé comme tabac de tripe !! Il y a quelques années lors d’une discussion avec un responsable  Cubain, concerné justement la non influence de la cape sur le goût du cigare, voilà ce que j’ai pu lui dire : « Imagine que je prenne une belle feuille de cape et que je mets mes 2 doigts au travers, ce n’est plus une cape ! Cela devient forcément une feuille de tripe, mais maintenant tu me dis que cette feuille a de la saveur ! Juste avant aucune et maintenant une influence ! » Il me répondit : «Oui, cette cape influe tout de même un peu sur le goût ».

Certaines sont sucrées, d’autres ont une légère salinité, voire même de l’amertume parfois, d’où une influence certaine sur l’ensemble de la dégustation, bien évidemment ! Prenons un dernier exemple sous forme d’expérience soumise à des visiteurs venus me rendre visite en république Dominicaine, je leur ai préparé 2 cigares identiques, sauf pour la cape dont l’une était une feuille ‘Connecticut’ et l’autre une feuille ‘Yamasa’. Après la dégustation de ces deux cigares, je leur pose ‘la question’ ? « Quel est votre cigare préféré ? » La plus grande proportion des gens choisit celui avec la cape ‘Yamasa’ plus épicé, plus intense et doux avec une complexité aromatique bien plus étendue qu’une cape ‘Connecticut’ ».

L' intégralité de l'interview se trouve ICI

( Fin de la première partie, à suivre... )

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Henky et moi

08:53 Écrit par Edmond Dantes dans Interview | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

29/07/2014

CASA MAGNA 'Oscuro' format toro

Malheureusement pour les résidents français, je ne pense pas que cette ligne ‘oscuro’ soit disponible actuellement en France ! Celui-ci provient d’une civette se trouvant à Bâle en Suisse, inutile aussi de chercher sur Genève, personne ne les propose pour le moment ni ( Gestocigars, Davidoff, Tabac Rhein et Spring Cigare). J’estime cela hallucinant que cette marque soit introuvable dans cette grande ville, que ce soit la ligne ‘Colorado’ ou ‘oscuro’ ! Le plus proche de Genève pour se procurer les Casa Magna ‘Colorado’, la version la plus commune se trouve à Nyon (civette ‘La Couronne' tenue par Alexis) et sur certains sites de vente en ligne Suisse.Pour ceux qui connaissent déjà cette marque et qui l'apprécie, voici leurs différences, l’un est un puro réalisé à partir de tabac du Nicaragua pour le ‘Colorado’ et pour l’autre un cigare fait d’une tripe unique du Honduras mais d’une sous- cape Honduras/ Nicaragua pour l’‘oscuro’. Des terroirs complètement différents, mais à la signature gustative très proche dont les saveurs restent tout de même étrangement analogues ! Rien à voir avec un puro du Honduras du type ( Maya de Selva, Flor de Copán ou Zino Platinum) pour ne pas les citer. Cette ligne ‘oscuro’ comprend 5 modules dont un (belicoso, Churchill Gordo, toro, robusto est un n°4) contre 11 modules pour la gamme ‘Colorado’.Pour cette dégustation, un format ‘toro’ me semblait approprié pour cette dégustation, un joli module un peu plus élancé qu’un robusto.

Visuellement rien à dire, la cape oscuro d'aspect huileux et satiné exalte des flagrances suaves et grasses, de chocolat noir et balsamique. Des senteurs gourmandes qui ne laissent pas insensibles, au bouquet intense et enivrant ! Au toucher, je l’écrase très facilement entre le pouce et l’index, un cigare très moelleux de la tête aux pieds doté d’un remplissage uniforme. Belle construction dans l’ensemble, mais beaucoup moins ferme que la ligne ‘colorado', si vous les comparez.

La première salve que je reçois après trois bouffés n’est que réelle douceur ! Tout en onctuosité ainsi qu’une suavité à vous décrocher un aller simple pour ‘Cigarland'. Un léger sucré perceptible et éphémère vous emmène tranquillement sur des notes vanillées, de miel, de café moka, juste et contrebalancée par des notes plus animales, d’étable et de viande rôtie caramélisées. Des saveurs intelligemment sublimées, gourmandes et séduisantes dont mes papilles raffolent. Un démarrage tout en couleur associé à une puissance moyenne pour l’instant, offrant un rancio excellent. D’une belle persistance et d’une bonne consistance, ce duo voluptueux et équilibré gère une introduction surprenante. Conquis, j’espère que tout cela sera bien maîtrisé jusqu’au bout. Méfiance ! Quand c’est trop vite bon, en général le cigare s’épuise rapidement.

La seconde partie inébranlable prend le relai après juste 30 mm de fumage, celle-ci déborde d’une abondante richesse et d’une rondeur bien plus homogène maintenant qui s’ouvre vers une saveur bien singulière, celui d’un vieux souvenir, celui de la réglisse ! Étonnant comme ça remonte parfois à très loin. Souvenez- vous de ces petites boîtes en fer blanc marquées de ces 3 lettres grasses ‘ZAN’ ? Eh, bien c’est exactement ce goût si particulier qui ressort de cette seconde partie. Quoi de meilleur ? Qu’une saveur et un souvenir pour écrire une belle histoire.Mais tout doucement et avec regret le vent semble se lever, la puissance qui jusque-là jouait les seconds rôles, augmente pernicieusement, bousculant avec insolence les autres acteurs laissés de côté comme de simples figurants dans cette mise en scène à présent galvaudée ! Eh oui, cette entrée trop précoce, cette puissance soudaine anéantit mes espoirs, me laissant sur ma faim avec désenchantement. Vraiment dommage, car à mon avis cela risque de compromettre cette dégustation si bien entamée, surtout qu’il me reste environ un bon tiers à fumer, d’environ 30 bonnes minutes !

Comme je le craignais la suite, la 3e partie sans grand intérêt développe une force qui vous entraine inexorablement vers de profonds abîmes ! Cette nouvelle perception apporte en bouche une linéarité enivrante sur fond d'ammoniac très déplaisant. Difficile dans ces conditions de maintenir le cap !

Une dégustation que je préfère enterrer à contre cœur. Malgré tout, rien que pour ses 45 premières minutes magnifiques, je retenterai l’expérience avec un autre module, peut-être mieux équilibré comme un robuste par exemple. Ma note de coeur 15/20 est amplement méritée, même si ce final empoisonneur triomphe sur ce dernier chapitre.

 

  • Origine: tripe : Honduras, Sous-cape: Honduras/ Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152 mm x 19 mm
  • Bague: 48
  • poids: 16,9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 8€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

15:54 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/07/2014

CIGARES UP IN SMOKE "Jonathan Futrell"

Préface "Up in smoke"

Disparus les gangsters et les businessmen agressifs. Mais le cigare leur a survécu, adopté par le monde des arts et de la mode. Le cigare de luxe sera au nouveau millénaire ce que le téléphone portable était aux années quatre-vingt- dix.

Up in smoke puise son inspiration dans le courant d'avant- garde et nous entraine dans un voyage au pays des cigares et du luxe. Adoptés par les grands de la mode, les stars et autres étoiles médiatiques, ces gros stogies en forme de missiles ne sont plus le symbole répugnant de l'avidité et de la cupidité mais celui d'un monde plus apisible, d'Isabella Rossellini et Linda Evangelista à Madonna, Matt Dillon et sir Terence Conran, le Gourou de la mode londonnienne. Pour tout dire, le cigare est devenu symbole de sensualité.

Jonathan Futrell nous fait découvrir l'ambiance tout imprégnée du romantisme des tropiques, des maisons et des bars de cigares dont le nombre croissant témoigne de la popularité inégalé dont ils jouissent aux Etats- unis, en France, en Allemagne et au Japon. Ses reportages à Las Casas del Habano à Paris, au Cow Bar de Tom Conran à Londres et au Grand Havana Room de Los Angeles nous donnent une idée remarquable du culte voué au cigare aujourd'hui. Il chasse de notre esprit cette réputation caricaturale d'apanage du businessman conquérant pour nous introduire dans le monde somptueux des épicuriens de la mode.

Comme tout engouement, la consommation du cigare génère ses propres règles et ses accessoires. Vous trouverez ici le cigare qui convient à votre propre style en parcourant cet inventaire minutieux des myriades de types et de tailles, d'arôme et de goûts, sans oublier un catalogue détaillé des ustensiles indispensables aux connaisseur depuis les étuis de cuir précieux jusqu'aux humidificateurs, coupe- cigares. Up in smoke est un outil indispensable. Un ouvrage de référence pour parcourir le monde du cigare. N'achetez rien avant de l'avoir lu.

Un livre de Lisa Linder et Jonathan Futrell de 191 pages paru en 1999. Toujours disponible en neuf sur cultura ou d'occasion sur "priceminister".

 

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08:19 Écrit par Edmond Dantes dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/07/2014

Black Market "Alec Bradley" Gordo

Petite visite chez « House of Smoke » à Bâle pour quelques achats ( Suisse ).

Sans faire de prosélytisme outrageant pour ce type de cigare, mon mutisme passerait pour une forme de snobisme ! Mon coup de cœur pour ce ‘black Market' passerait même pour un encouragement à la médiocrité, voir à de l'indigence organoleptique de mes sens. Eh oui, peut- être ! Mais perso, je me fous des railleries et je mentirai de n’avoir pas pris un certain plaisir en sa compagnie, voilà c’est dit ! Pourtant ce cigare dont tous les signes me conseillaient de fuir, bague outrageante et superflu, estampillé d’un nom trivial ‘Black Market' pour US warrior ! Bref, après l’avoir retourné, examiné, humer dans tous les sens du pied à la tête, il semblerait que mon nez si fin qu’il soit ( oui, tout de même un peu ! ), y a trouvé quelques douceâtres effluves envoutants, me laissant perplexe, un brun dubitatif par ce parfum contrefait de déjà ressenti. Ma curiosité décidait tout de même après quelques hésitations son acquisition ainsi que l’achat d’autres cigares dont je ne connaissais même pas l’existence de toutes les formes et couleurs pour de futures dégustations.

3 jours ont passé maintenant ! Me voici de retour en tête à tête avec ce Gordo signé Alec Bradley pour un examen plus approfondi. Passé le passage de la mise à nu en ôtant cette jupe de papier ! Ce gordo à la peau fine et cuivrée assure par une construction exemplaire, ferme et musclé, celui-ci exhale avec confiance un parfum intense, de boisé, de noix et de notes pâtissières. Des senteurs à s’y méprendre avec un Lusitania Partagas ou un Magnum 50 H.Upmann, des senteurs très cubaines en sorte. Je suis presque certain qu’un examen à l’aveugle, l’aurais désigné fièrement comme Habano ! Difficile à croire qu’une pareille méprise soit en effet possible. Je ne connais pas les procédés de matage de certains cigares made in USA. Mais je trouve celui-ci très étonnant, comment expliquer qu’une cape du Nicaragua puisse offrir un tel bouquet d’arômes bien loin de son terroir. Fort possible que la magie d’un maître mouilleur soit passée par là au stade fermentif des feuilles avec quelques petites recettes à base de miel, de rhum et d’épices… En tous les cas, ça fonctionne ! Bien sûr, ce n’est que suppositions impossibles à vérifier. ( Mais sachez que ce genre de pratique existe bel et bien ).

À l’allumage, cette perception cubaine s’efface rapidement pour laisser place à une perception plus  originelle, mais désordonnée je dirai ! La sensation des premières bouffées intense et généreuse déploie généreusement des notes de terre, de poivre, de chocolat, ainsi qu’une certaine animalité ( de viande fumée et de cuir). Une cacophonie d’avant-scène très délicieuse et gourmande, le tout dans une confusion assourdissante et inquiétante. La consistance en bouche est bien là, mais la rondeur riche de tous ces arômes manque encore de cohérence. Toutefois, la persistance trouve son chemin sans trop se désorienter en ‘vapotant’ sur des notes plus édulcorées de café. Ces 20 premières minutes de dégustation ont exprimé une certaine nervosité, le tout dans un désordre riche et intense où tous les acteurs après cette répétition agitée trouvent chacun leurs places respectives dans cette pièce en 3 actes. En effet, une cohésion obséquieuse et plus ronde pointe le bout de son nez prenant le relai sur des notes plus suaves et plus inspirées de vanille, de chocolat, de caramel brulé et épicé.

Dans ce second acte ! Ce Gordo trouve sagement la voie de la miséricorde dans un rythme plus pondéré et onctueux fait de sous bois, de café crème et de chocolat au lait. Des arômes fondus et persistants qui subsistent agréablement vers des nuances plus toastées. Ce mélange cosmopolite Panama/ Honduras pour la tripe et Sumatra/ Nicaragua pour la sous-cape/ cape procure un rancio bien équilibré avec une consistance intense et aromatique. D’une combustion régulière et  sans accro, il ne cède en rien aux notes dissonantes acerbes et piquantes. Celui-ci progresse avec plénitude de manière linéaire et homogène sans aucune divergence jusqu’à la fin du 3e acte. Une finalité endurante et sans surprise dès la fin du 2e acte serait la seule chose à vraiment lui reprocher ! Malgré une certaine réserve au début, ce cigare ostensible et atypique est un véritable coup de cœur, même si certains doutes subsistent sur son élaboration ! Ma note 15/20, un fumage à renouveler sous réserve que sa fabrication soit constante.    

      

  • Origine: tripe : Panama/ Honduras, Sous-cape: Sumatra, cape: Nicaragua
  • Format: Gordo
  • Taille: 152 mm x 24 mm
  • Bague: 60
  • poids: 26,6 gr
  • Année:  2013
  • Prix Suisse: 9.3€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

16:35 Écrit par Edmond Dantes dans Alec Bradley, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/07/2014

La Belgique 1er producteur de cigare au monde !

Evidemment 1er producteur ne suffit pas pour être 1er consommateur, pour le belge fumer le cigare reste occasionnel...Retrouvez les commentaires du "Roi du Cigare" Philippe Vanderbruggen, figure incontournable à Bruxelles exprimer son analyse sur la consommation du cigare en 2014.   

Reportage d'Alison Delpierre.

Vidéo du 7 juillet 2014 diffusée sur la RTBF ( radio télévision belge francophone ).


08:27 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités, vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/07/2014

Boutique Davidoff Bruxelles 2014

Réalisé par le célèbre bureau d’architecte ARNO, voici les photos du nouveau concept de Flagship dédié au renouveau de la marque Davidoff, souhaité par Mr Hans-Kristian Hoejsgaard ( président du groupe Oettinger Davidoff ). Cette boutique bien connu des amateurs belges, située à Bruxelles place du Grand Sablon est la première réalisée en Europe dans ce nouveau look, bien après le Flagship créée en 2012 à l’aéroport de Zurich qui augurait ce changement. Les meubles réalisés en noyer, une essence de bois plus actuelle offre une meilleure adéquation avec la modernité d’aujourd’hui, sans être trop désuète, ce style sobre et chic à la fois convient parfaitement à cette nouvelle génération de fumeurs de cigare. Dans une ambiance moins désuète qu’autrefois.

vidéo du flagship store réalisée par CANAL Z


D’une surface d’environ 90 m², ce concept arbore des surfaces de vente plus lumineuses et plus aérées, avec une meilleure mise en valeur des divers accessoires de luxe de la marque. Un vaste humidor couronne de sa présence en partie central et consacre un espace confortable de stockage et d'exposition plus ordonnée et plus claire pour les clients invitait à s’y rendre. À l'étage, la création d’un ‘lounge cigar’ véritable lieu de détente pour se poser le temps d’une cendre, cet endroit tant attendu par les fumeurs offre aux amateurs de belles volutes un moment de tranquillité et de répit à l’abri des regards indiscrets. Le tout dans une ambiance confortée par un système audio de qualité inauguré pour la première fois dans une boutique Davidoff. Une approche vraiment différente et inattendu à l’accueil d’une boutique plus conventionnelle en centre-ville. D’autres projets sont bien entendu planifiés dont celui de Genève que j’attends avec impatience ! Celle où tout a vraiment commencé pour la marque à la bague blanche et or...

Les cigares selon Edmond.

Photos ARNO

contact: contact@arno-online.com


 

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Photos ARNO

14:07 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/07/2014

Taille des cigares...

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Cliquez sur la photo pour agrandir.

13:01 Écrit par Edmond Dantes dans outils | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Petit Quizz d'été "Le cigare pour les nuls"

11:30 Écrit par Edmond Dantes dans Quiz | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

30/06/2014

H.Upmann Connossieur A "Genios"

Un grand robusto à la cape clair, grasse et luisante qui peine à me convaincre sans toutefois y parvenir ! Cela reste un avis personnel, un jugement critique sur un cigare dont seul le nom ‘H. Upmann’ obligerait à tirer sa révérence avant sa mise en bouche, dans un cérémonial obséquieux et condescendant. Mais pour l’amateur que je suis, très attaché à cette marque, j’éviterai cette pantomime et je déplore que le nom de ‘Connossieur' y soit associé ! Pourquoi ‘Connossieur A’ ? Faudrait-il s’attendre prochainement à une version B, C, D…Ce nom, synonyme de bon goût grâce au ‘Connossieur 1’ depuis plus d’une demi-roue impose un atout marketing imparable, une obédience formatée pour amateurs non éclairés ! Mais qui oserait prendre le courant à contre- sens ? C’est un Cubain tout de même, oui mais alors ! C’est un Upmann, oui mais alors ! Ci-dessous, voici mon point de vue lapidaire d’une dégustation fumante !

Pour son parfum rien à dire, dès son entrée en scène le costume reflet des couleurs finement boisées, de beurre et d’écorce de pain qu’offrirait un petit déjeuner champêtre sous le grand chêne au fond du jardin, attablé autour du salon d’été en fer blanc ! Un tableau de bon augure qui fleure bon la Havane ( ça commence plutôt pas mal…)

Mais la suite, n’est que déconfiture ! La perception du premier quart manque cruellement d’onctuosité, de volupté et de consistance. Comme la vilaine sensation de m’avoir versé une cuillère de terre dans mon café matinal et de m’avoir beurré les biscottes avec de la margarine. La persistance diaphane des notes de fruits secs lui procure tout de même une longueur en bouche relativement acceptable, mais décontenancé par une forme d’amertume, un arrière-goût gênant en toile de fond. La rondeur et l’aromaticité quasi inexistante brillent par leur absence, résume très bien cette première partie timorée assez pauvre en goût ! Laissant présager un fumage pernicieux.

Segunda parte ! La sensation de fumer je ne sais vraiment plus trop quoi . Un truc à s’y méprendre avec un cigare, très loin d’un Upmann. L’amertume gagne sur tous les fronts et constitue l’essentiel de ce second opus, une de ses principales constances, toujours appuyée par cet arrière-goût détecté dans les 15 premières minutes de fumage, mais maintenant plus définissable comme l’ammoniac ! Cet arôme puissant et alcoolisant qui couvre vos dégustations telle une nappe de pétrole sur l’océan. Bien entendu c’est une image, un peu forte et dévalorisante mais qui illustre bien cette perception assommante très particulière ! Ce requiem funeste, manque de corps, de consistance et d’un manque crucial d’arômes, d’un manque de tout dans l’ensemble. Toutes ses vicissitudes déconcertent pour un cigare confectionné à partir des meilleurs tabacs du monde. Je peux comprendre que concevoir un mélange est un exercice très compliqué, assuré sa stabilité gustative 6 mois, 1 an après n’est jamais assuré à 100%. Une fois mis sur le marché le cigare évolue, des changements biochimiques s’effectuent dès sa naissance souvent pour le meilleur, mais parfois à charge par des éléments inhérents à sa production, le résultat par exemple d’une conservation maladroite durant son long voyage jusqu’à nos civettes. Dans l’alimentaire, on parle souvent de ne pas rompre la chaine du froid, idem pour le cigare avec la chaine de l’humidité constante entre 70/75% pas toujours respecté ! Pour le final, no comment ! Inutile d’enfoncer le clou plus profondément et j’éviterai de passer pour un hérétique, où ma seule sentence serait l’excommunication Havanophile.

Ma note de cœur 8/20, je vous laisserai l’apprécier à votre convenance, bien accompagné par exemple d’un rhum Vigia 18 ans pour en exorciser son haleine pesante. 

 

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Genios/ Grand robusto
  • Taille: 140 mm x 20.6 mm
  • Bague: 52
  • Année:  2013
  • Prix France: 12,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

08:10 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/06/2014

60 nuances de cigares

Enfin, un petit carnet made in France pour noter scrupuleusement toutes vos dégustations ! Réalisé par un érudit du cigare Thomas Wormser, membre actif du P1P2C et blogueur du site Europeansociety sur lequel il partage régulièrement le fruit de ses dégustations. Cet outil voulu très simple par sa conception, vous aidera dans l’exercice analytique de vos cigares. Bien vu Thomas !   

Malgré les idées reçues, l’univers du cigare n’est pas sempiternellement  synonyme de luxe. Loin des clichés d’élitisme colportés par lesdits « fumeur de bagues », plus attachés à l’image du luxe ostentatoire et au goût de l’exubérance qu’à celui de leur « Havane », le vrai passionné de puro, lui, est un touche à tout. Voilà donc un petit recueil prêt à recenser, entre deux volutes, toutes vos impressions sur votre vitole du moment. Beaucoup définissent leur pause cigare comme un « moment », une parenthèse. A travers ses terroirs, ses origines, chaque vitole est une invitation au voyage. ( texte de Thomas Wormser )

Vous pouvez vous le procurer sur cette adresse au prix de 15€ + 2€ de port. 60nuances

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09:23 Écrit par Edmond Dantes dans Livre/ DVD/ Application | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/06/2014

La Flor de la Antillas "toro gordo" de My father cigars

La Flor de la Antillas qui signifie en espagnol « la fleur des Antilles » désigne tout naturellement l’île de Cuba clin d'oeil aux origines de la famille Garcia et fils. Cette marque fait son apparition en mai 2012, puis primée pour la première fois par la revue ‘Cigar Aficionado' de meilleur cigare de l’année 2012. No comment ! Je préfère ne pas commenter ce classement du ‘Cigar Aficionado' que je trouve souvent trop complaisant et peu objectif dans l'ensemble de leurs dégustations, cela pourrait être un excellent débat pour un prochain article. Bref, cette marque n’est malheureusement ou heureusement pas disponible en France pour l’instant, celui-ci provient de la Suisse ( plus précisément à La Couronne de Nyon). Ce joli puro Nicaraguayen se compose d’une cape « Sun Grown », c'est-à-dire d'une cape élevée au soleil d’une couleur Colorado/ maduro, à l’inverse d’une cape « shade grown » élevé sous la protection des fines étoffes blanches connues sous le nom de « tapa do », en espagnol : « couvert ». Ce module toro gordo arbore fièrement une bague énorme à l’image des ‘Vista' qui ornait les premières boîtes à cigares du 19e siècle. Une bague très soignée, ostentatoire qui est du plus bel effet, le pied quant à lui se pare d’une fine bande de soie rouge lui donnant, l’élégance d’un cigare résolument aristocratique ! Autre singularité de ce toro gordo vient de son diamètre légèrement aplati et ovoïde. Pour résumé cet accueil visuel fait mouche, un beau module jouant à fond la carte de la séduction, marketing oblige sur ce vaste marché qu’est l’Amérique ! Mais à nous Occidentaux, on ne nous l’a fait pas, nous sommes trop malins pour tomber dans le panneau. ( Je plaisante ! )

Pour l’analyse olfactive et fumage à cru, les flagrances très légères oscillent entre cuir et boisé, rien de très transcendant dans cette première approche, peu flatteuse et timorée.

Dès les premières volutes qui encensent les papilles, l’onctuosité et le poivré domine d’emblée les premières minutes de ce fumage. La tenue en bouche d’une bonne consistance offre une rondeur oléagineuse chamarrée de notes de café, de poivre, d'épice plus discrète comme le clou de girofle et de saveurs biscuitées. Un démarrage très séduisant d’une puissance plutôt modérée pour le moment. Pendant environ 25 minutes, ces notes subsisteront sans déroger à cette cuisine épicée et agréable. À déplorer, une petite fragilité de la cape au niveau de la tête, défaut rencontré sur les deux exemplaires fumés ce mois-ci, ainsi qu’une combustion aléatoire qu’il faut souvent rectifier à la torche. Une première partie piquante, mais gourmande à la fois soutenu par un volume de fumée généreux.  

Pour la seconde partie, la sensation roborative et nerveuse diffusée par le poivre domine et écrase les autres saveurs, comme la terre, le café et le chocolat au lait qui demande qu’à s’exprimer. Un passage assez monocorde, sans être déplaisant pour autant je suis à la limite de l’ennui ! Du piquant sur le bout de la langue façon wasabi sur fond d’ammoniac n’arrange rien ce passage. En cuisine le poivre à la réputation d’exalter les arômes, mais cette analogie culinaire ne s’applique guère au cigare. Cette perception s’apprécie avec juste parcimonie, en quantité cela devient un défaut pour l’aromaticité générale du cigare, ainsi que ses capacités à évoluer.

Pour la 3e partie. Enfin ! Le vent tourne pour offrir cette foi une perception étonnement plus douceâtre et plus crémeuse dans l’ensemble. La rondeur s’en trouve améliorée avec une meilleure persistance assurée par des notes crémeuses d’un capuccino, de cacao, de fruits secs et de poivre en moindre quantité. Mais ce plaisir de courte durée s’envole rapidement vers un final acerbe que j’abandonne finalement. Un cigare que je qualifierai de cyclothymique mais pas dans le sens positif que l’on attend d’un cigare évolutif. Les deux premiers temps restent semblables avec quelques petites fluctuations, mais le tout d’une linéarité fastidieuse jusqu’à son aboutissement très éphémère d’environ 10 minutes de bien-être sur quasiment 1h30 de fumage, à cela j’ajoute les 25 premières minutes. Ce qui totalise 35 minutes de fumage, dit de convenable. Pour gagner du temps à sensation égale, choisissez la prochaine fois un ‘NUB’ pour des sensations assez communes. Sans être trop cassant, 14/20 est une note de cœur moyenne pour une dégustation mitigée. Pour ceux qui apprécient résolument les mélanges relevés ou les adeptes du " Je mets de la moutarde dans tous mes plats et je vous emm... ! ". Comme quoi, les classements de l’aficionado sont toujours discutables !

Pour info ce cigare se décline en 3 formats, le toro gordo dégusté aujourd’hui, suivit d’un robusto et d’un belicoso.

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua en sun grown
  • Format: toro/ gordo
  • Taille: 165 mm x 28 mm
  • Bague: 56
  • Année: 
  • Prix Suisse: 10,9€ ( Tabac La Couronne à Nyon )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20       

 

10:04 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/06/2014

Marque Suisse Davidoff ( RTS vidéo )

Petit résumé en vidéo de l'empire Davidoff en à peine 2 minutes 30 !!  Montage réalisé par la télévision Suisse romande en mars 2014.

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 Cliquez sur la photo pour visionner la vidéo.

16:56 Écrit par Edmond Dantes dans vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/06/2014

Cigarworld "civette cigare à Porto" au Portugal

De retour de Porto ( Portugal), voici une adresse qui pourrait intéresser bon nombre d’entre vous pour une de vos prochaines destinations ! Après quelques recherches et vérifications, cette civette du nom du site de vente « CIGARWORLD » mérite de figurer sur le blog. Vous y trouverez un choix exhaustif plutôt intéressant, surtout des cigares du Nicaragua représentés par des marques comme ( Bunch, Caïn, Carlos Torano, Casa Magna, Dunhill, Flor de las Antillas, Joya da Nicaragua, l’Atelier, La Aroma del Caribe, La Ribera, Luis Martínez, Machetero, Nub, Oliva, Flor d'Oliva, Padilla, Padron, Perdomo, Plasencia, Quorum, Rosalones, Tatuaje), quelques cigares Dominicains comme ( Ashton, Arturo Fuente et Alec Bradley), et biensùr en tête de gondole la plupart des cigares cubains du moment, suivit d’un peu de Honduriens et de Mexicain.
Cette boutique se situe au sud de Porto, en haut de la grande avenida de la Republica sur « Villa nova de Gaia » de l’autre côté du fleuve Douro, très simple à trouver, prenez le métro de la gare de Sao Bento, suivre ensuite les stations Ribeira, Jardim do Moro, Gen. Torres, Camara de Gaia et descendre à la station Joao de Deus. La boutique se situe dans le très grand centre commercial « El Corte Ingles » au niveau -2. Sinon, si vous êtes à pied, prenez comme repère le ponte Luis ( le pont tout en acier de Gustave Eiffel), grimper la haut ou prenez le téléphérique pour accéder à l’avenida de la Republica, comptez environ 10 minutes de marche jusqu’au centre commercial.

Voici les coordonnées google map.

 

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09:40 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/06/2014

"Le 05" Avo Uvezian robusto ( Edicion limitada 2005 )

Ce robusto n’est autre que « Le 05 » Une Edicion Limitada de 2005 d’Avo Uvezian composée de 3 semences différentes pour la tripe ( piloto seco, sans Vicente Ligero et criollo seco) ainsi qu’une cape Equator sungrown ayant subi une fermentation spéciale dont seule ‘Hendrick Kelner’ connaît le secret.( seulement 6000 boîtes furent disponibles à la vente ). Peut-être que l’un d’entre vous a eu cette chance de le croiser . Celui-ci que je viens de déguster sort tout droit de du cave personnel de M. Mathys ( responsable Davidoff Genève), offert lors de l'interview réalisée en juillet 2013. Un cigare, aujourd’hui élaboré de tabac âgé de 14 ans tout de même ! Ce robusto « Le 05 » proposait en son temps une palette aromatique hors norme, d’une rondeur exceptionnelle qui rencontra un franc succès auprès des amateurs de cette marque. J’espère bien prendre autant de plaisir que mes prédécesseurs dans cette nouvelle découverte.

Mais quand est-il après ces 9 années de cave ? Malheureusement, je ne pourrai pas comparer le goût qu’il pouvait procurer en 2005, me reste le souvenir olfactif de certains chanceux que j’ai pu rencontrer pour me faire une idée.

Après l’avoir reniflé pendant dix bonnes minutes et le triturer dans tous les sens, ce cigare exprime toujours singulièrement de belles effluves légères et intéressantes, réglisse et caramel caractérisent des senteurs empyreumatiques assez séduisantes. L’amertume de la cape ne dérange en rien à l’onctuosité et à son côté épicé/ poivré ressentit dès les premières volutes, une sensation plutôt roborative ou découle une rondeur un peu acide, faîte de foin humide, de terre et de note de sous-bois. Un cigare qui n’a rien perdu de sa consistance et d’une belle intensité aromatique, exprimant une force relativement tranquille et équilibrée.

La suite, sans aucun grand changement délivre des arômes plus fondus et plus rond, illustrés par des notes endémiques de terre, de réglisse et de poivre noir. Le 2e temps, plus corpulent prolonge ce plaisir avec onctuosité, vers un 3e temps homogène d’une intensité moyenne et maîtrisé qui suggère agréablement une persistance bienveillante.( sans âcreté et sans aucun piquant) Dans l’ensemble ce cigare n’a rien perdu de sa consistance, mais je le trouve tout de même en dessous du seuil de perception pour son aromaticité que je qualifierai de coutumières et évaporées, normal après tout ce temps, me direz-vous ? Ma note de cœur 14/20, un bon cigare.

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18:01 Écrit par Edmond Dantes dans AVO, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/05/2014

Z Class 654T & 550R "Zino Platinium"

Conçu dans la fabrique Davidoff du Honduras, ce format Toro offre un mélange bien singulier et unique en son genre. En effet, sa cape est dominicaine ( semence Criollo ), sa sous-cape provient du Pérou ( semence Pello d'Oro Visus) et sa tripe se compose de tabac du Nicaragua ( semence Jalapa Especial Ligero), du Honduras ( semence Esteli Ligero), de République Dominicaine ( semence San Vicente Ligero). Ce cigare présente un bouquet, bien étoffé ! Reste à savoir si tout est cohérent dans cette curieuse recette. D’une couleur Colorado maduro, proche de celle d'un cookies, la cape finement veinée est d’une construction exemplaire, moins dense et ferme qu’un Davidoff. Celui-ci est d’un moelleux plus souple que ferme, alors qu’un Davidoff est souvent plus ferme que souple. Vous comprenez la nuance, moi oui !

Au nez, son parfum développe des arômes subtils de boisé, de chocolat au lait et d’une flagrance de sûre, un peu comme le lait fermenté ! Excusez-moi pour la comparaison fantasque, mais je peine à trouver une autre allégorie.   

Dès la première bouffée, celui-ci expose d’emblée une fumée très généreuse avec une sensation tannique très prononcée sur les lèvres. Cette intro plutôt acidulé dans l’ensemble, surfe sur des notes de bois verni, de terre, d’épice et d’agrumes. Ce Toro offre une bonne longueur sans être trop persistante, plus éphémère. Un choix parfait pour un cigare d’avant-propos pour un déjeuner entre amis. Avec un tirage excellent, très aéré, il délivre harmonieusement sa « tirade obséquieuse pyrolytique », pour faire simple la fumée est belle et généreuse ! Gênée par tant d’acidité, la rondeur peine à se lier dans une parfaite homogénéité, analogue au montage d’une sauce au beurre, un petit déséquilibre des deux composants et ça ne prend plus !

Après 30 minutes, ce deuxième temps devient plus rassasiant, une sensation localisée sur le fond du palais. Une juste amélioration qui déroule une rondeur plus équilibrée, avec un meilleur fondu dans les arômes de terre, d’aigre-doux, de sous bois et d’humus ( de végétal humide). Cette astringence reste un marqueur inhérent à ce Zino Platinum Toro, moins présente maintenant sur cette seconde partie, mais semblable à un puro du Honduras, je pense notamment à un ‘Maya de Selva' pour la comparaison. Mais ici, le tabac contrebalancé avec celui du Nicaragua plus intense lui donne plus de relief, une couleur aromatique moins citrique, avec un goût plus perfide en bouche. Par contre, à l’approche du 3e temps, la puissance augmente graduellement d’un cran de 2 à 3/5, annonciateur je pense d’une persistance plus intense.

Pour ce final, les saveurs deviennent plus roboratives et corpulentes, poivre et réglisse se partagent allègrement les dernières minutes de cette dégustation. Ce cigare expressif au caractère franc et déterminé s’exhibe fièrement et sans retenue dans ses différentes nuances olfactives. On peut l’aimer ou le détester, ce toro ne vous laissera pas indifférent sur ce registre ‘végétal fruité’. Ma note de cœur 14/20, je déplore simplement un petit manque de suavité et de rondeur pour le rendre parfait.  

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 150 mm x 21 mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,9 gr
  • Prix Suisse: 11€

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Après cette dégustation, ma surprise fût assez consternante lorsqu’en feuilletant machinalement le dernier numéro de l’ADC ( les 100 meilleurs cigares du monde 2014), j’aperçois en 7e position le ‘Z. Class robusto 550R’ classé parmi les meilleurs cigares Dominicains, accompagné d’un feedback tellement différent de mon Z Class Toro 654R ! Entre nous, je ne le trouve pas plus Dominicain que moi je suis suisse. Sa place était à mon avis plus vraisemblable à un cigare du Honduras ou du Nicaragua.

Bref, en lisant ce descriptif éloquent ! Je devais absolument connaitre ce robusto 550R testé par l’amateur de cigares. C’est chose faîte aujourd’hui, cette après-midi après un passage éclair chez Davidoff, en réalité ma femme s’est chargé de la mission ‘Zino Platinium’. Me voici donc près à en découdre ce soir avec ce robusto pour cette 2e dégustations.

Physiquement, hormis le format c’est la copie conforme du toro (couleur et aspect de la cape) je le trouve néanmoins un peu plus ferme que l’autre. Les flagrances sont bien les mêmes, mais plus spontanées et précises, celles-ci flirtent magistralement sur des notes de boisées, de chocolat au lait, livrant une suavité flatteuse et engageante pour la suite de cette psychanalyse. Pour résumer, la préface de ce cigare n’est que gourmandise. Dès la mise à feu, les premières bouffées délivrent une nervosité rassasiante entretenue par une coalition terre et poivre de bonne persistance en trame de fond. Un duo soutenu par des notes plus subtiles de boisés et de fruits secs, prolonge ce fumage dans une persistance aromatique agréable et roborative, sans être trop belliqueux. Un premier temps bien discordant avec son homologue le 654T !

Me voici aux 2 tiers de cette dégustation ou j’apprécie la cohérence de son évolution, que je qualifierai de ‘rustique’ pour ma part, communiquant sciemment des saveurs de campagne, de terre et d’écorce de pain. Un cigare d’une sapidité précise et linéaire d’une corpulence équilibrée, dotée d’une puissance moyenne. Le tirage est juste, facile sans être trop ventilé, parfaitement conforme à ce format. Le final plus intense, développe à son tour des notes de ‘briochée épicé’ de bonne consistance qui ne déroge pas à son caractère ‘bucolique’. Conclusion : Un ‘cigare rustique et élégant’, au dénouement heureux et sans dissonance appréciable à s’en bruler les doigts. Ma note 16/20, où mon cœur balance tout de même vers ce dernier, je vous conseille tout de même de tester les 2 formats, aux tonalités si contrastées.           

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Péruvienne, cape: Nicaragua, Honduras, Dominicaine
  • Format: toro
  • Taille: 123 mm x 20 mm
  • Bague: 50
  • Poids: 12,2gr
  • Prix Suisse: 9€ 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

18:42 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Zino Platinium | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/05/2014

La Flor Dominicana Oro natural n°6 "toro"

Lipstick pour les hommes…un tubo à l'aspect bien singulier !!

La Flor Dominicana est une rare marque Dominicaine avec qui je prends généralement beaucoup de plaisir. Aujourd'hui, mon choix s’est porté sur un n°6 ‘Oro naturel Toro' qui appartient à une série unique de 3 cigares de même format 54’ x 6’ ( un N°6 naturel, un N°6 maduro et un chisel*) tous présentés en coffret de 5 tubos Oro. Le chisel est un format particulier dont le corps ressemble un à celui d’un beliscoso avec une tête aplatie en bec de canard, comme vous, je suis surpris par ce format ! Pour la petite anecdote, le nom de cette ligne Oro est un clin d’œil à la carrière précédente de Gomez, en effet au milieu des années 1990, Gomez possédait un magasin de bijoux dans le quartier de North Beach à Miami, un jour juste avant la fermeture de la boutique, deux hommes cagoulés font irruption dans la boutique et s’emparent de 400 000$ de bijoux après avoir bâillonné Gomez, cet événement douloureux et traumatisant fût pour lui le déclic pour tourner la page et se consacrer corps et âme au secteur du cigare, sa passion de toujours. Plus de 6 ans plus tard, naissait La marque ‘La Flor Dominicana’.

Pour l’origine, la nature du tabac est essentiellement Dominicaine pour la tripe et sous cape, mais habillée d’une cape du Nicaragua Colorado/Maduro. Un Toro très imbibé par la feuille de cèdre qui l’accompagne, difficile de ne pas sentir cette flagrance à l'ouverture, viennent ensuite des odeurs de cuir, d’étable, de salaison, des senteurs plus orientées vers une tessiture animale. A cru le poivre vert s’harmonise avec une saveur bien particulière, celle du chocolat en poudre, lointain souvenir olfactive de ‘choco’ Banania ! Au mouillage la cape quand à elle, est neutre, très végétale et sans amertume. Une introduction pour le moment assez gourmand et prometteuse qui je l’espère bien tiendra ses engagements.

Dès l’allumage, la perception est grasse et généreuse, suivit d’une sensation rassasiante de suite ressenti dès les première bouffées, illustrées par des notes terreuses, de foin gras d’alpage, de poivre et de café. La rondeur excelle une sapidité intense et salivante, mais d’une longueur qui pêche un peu dans les 30 premières minutes ! De belle corpulence, ce cigare ne se perd pas en bienséance. Il vous amène vite à l’essentiel, avec l’envie de vous satisfaire dès son ouverture. Doté d’une puissance moyenne, il n’assomme pas pour autant ( du moins pour le moment ! ), plutôt agréable et sans grande complexité, je le trouve néanmoins copieux, idéal à déguster après une cuisine au vin, genre menu chasseur par exemple !

La deuxième partie s’accélère, par une sensation toujours plus démonstratif et généreuse, son angle d’attaque n’évolue guère. Ce fumage est résolument intense,  orienté sur des arômes primaires de terre, de pain grillé et de café, évoluant correctement sans jamais distiller de vilain jus âcre et piquant que l’on peut parfois ressentir sur certaines vitoles analogues. La longueur cette fois-ci, se trouve plus étendue et équilibrée. Un cigare vraiment intéressant et plaisant à fumer, puissant et linéaire offrant une partition mesurée aux accents résolus.

Un 3e temps endémique, finalisé par une perception soutenu fidèle à lui-même, agréable à se brûler les doigts ! Ma note de cœur 15/20, un cigare à découvrir mais attention sa force trompeuse et insidieuse peut vous faire vaciller. Pour amateur averti.

  • Origine: tripe : Dominicaine, Sous-cape: Dominicaine, cape: Nicaragua
  • Format: toro
  • Taille: 152 mm x 22 mm
  • Bague: 56
  • Poids: 16 gr
  • Prix Suisse: 12€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

11:18 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, La Flor Dominicana | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2014

H.Upmann churchill "Monarch/ Monarcas"

Pratiquement disparu de nos civettes, le ‘Monarch’ à semble t-il connu ces lettres de noblesse jusqu’en 2009, date de sa suppression au catalogue Habano. Malheureusement, je ne connais pas leurs raisons ! Mais on peut toutefois imaginer que le ‘Monarch’ faisait doublon avec le Sir Winston car tout deux sont de formats identiques, un  ‘Churchill’. Peut-être la ‘success story’ du ‘Winston’ a précipité à long terme la disparition de l’autre, à cela s’ajoute le manque d’intérêt des amateurs de l’époque. Résultat une équation marketing sans appel : cigare révoqué ! C’est juste une hypothèse.

 Bref, aujourd’hui quelques antiques civettes renferment parfois quelques trésors, avec un peu de chance et d’attention, ainsi que l’information adéquate que je vous transmets. Vous éviterez de passer vulgairement à côté, sans une petite réflexion «  Mais c’est bien un ‘Monarch’ par toutatis ! » N’hésitez pas à ouvrir le tube pour vérifier de son état, car au minimum les derniers à circuler date déjà de 6 ans, celui-ci dégusté provient de chez ‘Tabac Rhein’ à Genève et parfaitement conservé tube fermé. Il est fort possible que certains vous le proposent hors tube, une précaution souvent prise par le débitant de tabac de peur qu’il se déshydrate dans son fourreau, donc attention ! Même avec un bon taux d’humidité, un cigare trainant sa cape parmi tant d’autres à de grande chance de voir ses arômes altérés. Préférez un ‘Monarch’ sauvegardé dans son tube de préférence, son confinement assurera une meilleure préservation de ses molécules odorantes. Visuellement, n’ayez aucunes craintes si la bague semble souillée, c’est tout simplement l’effet de l’exaltation de ses huiles au fil du temps, on dit que le cigare transpire !  Un processus de vieillissement tout à fait normal, la signature en principe d’un bon cigare !

( Contrairement aux idées reçues, un cigare en tube peut se conserver au-delà des 6 ans sans aucuns problèmes à une température constante comprise entre 18 et 20°, à condition biensùr que le tube soit bien hermétique et jamais ouvert depuis son conditionnement ).

Voici en quelques lignes cette rencontre olfactive avec ce joli papillon ! « le papillon ‘Monarque' pour le jeux de mots, petite précision pour les Béotiens de l’entomologie comme moi d’ailleurs » dès la sortie de ce corps momifié de son cylindre, son aspect osseux ainsi que son enveloppe livide Colorado/ claro interpellent par tant de fraicheur après un séjour prolongé de 9 ans, une petite info donnée par la petite bague marron qui fut changée à partir de 2006 pour celle que nous connaissons aujourd’hui ! Celui-ci, offre toujours un moelleux étonnant, mais la cape semble tout de même avoir subi le poids des années, cette première peau plus fragile risque surement de se décoller avec la chaleur du foyer, mais soyons indulgent avec cette jolie momie où senteurs confites de boisé, de mie de pain et de beurre rance chatouillent subtilement mon nez, provoquant pour la seconde fois un éternuement de plaisir, désolé… ! Au mouillage, la cape est légèrement iodée comme le souvenir salé sur la peau d’un bain de mer ensoleillé. Pfff…

Dès le premier temps, la perception est fugitive ! L’onctuosité bien présente dès le démarrage oscille entre rugosité et astringence, comme le vilain brouhaha instrumental d’une troupe de musiciens prenant place juste avant l’arrivée du chef d’orchestre. Une sensation de désordre organisé, un méli-mélo juste et faux qui doucement après 25 minutes de fumage trouve les bons accords. La rondeur s’installe, s’harmonise sur des notes de boisées, de poivre vert et de noisette. La cendre d'un gris profond et lourd dessine quand à elle, une approche plus aromatique, plus ample et équilibré à l’approche du second tiers.

En effet, sur ce 2e tempo la cacophonie fait place à plus d’harmonie. La rondeur, ainsi que les saveurs sont plus grasses et plus crémeuses. On ne change rien, les instruments sont les mêmes, mais tous cette fois, jouent à l’unisson ! Poivre, fruits secs et cacao s’accordent pour une entente cordiale, celle-ci s’accompagne d’une intensité en hausse, procurant plus de tenue en bouche, plus de corps dans l’ensemble. Rien ne vient le perturber, aucune amertume ou résidu irritant à déplorer.

Le 3e temps est analogue à la seconde partie avec une augmentation significative de son intensité, une perception asséchante classique et peu intéressante ! Les notes surfent sur des notes empyreumatiques et capiteuses, sombrant inexorablement vers le côté obscure de la force. Un final pour moi sans intérêt, inutile de trop s’y attarder, au risque de saturer mes papilles par une musicalité trop forte. Dans l’ensemble, ce monarch œuvre bien sur la majeure partie de ce fumage pour vous offrir un rancio excellent. Toutes ses années recluses dans son tube lui ont donné une certaine maturité sans perdre pour autant de sa vivacité, un cigare évolutif de belle richesse bénit je pense du ‘Dieux Havane'. Ma note de cœur 16/20, un très bon Churchill.  

  • Origine:tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: churchill/ julieta
  • Taille: 178 mm x 18.6 mm
  • Bague: 47
  • Année: 2006
  • Prix Suisse: 15€ ( Tabac Rhein Genève )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20      

09:27 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |