15/09/2014

Illustrateur Michal Dziekan

Un illustrateur de talent à découvrir, chaque dessin est une véritable fable à déguster sans modération, mon préféré "Le gros homme cigare".

Michal Dziekan est un artiste polonais qui crée des illustrations humoristiques très détaillées. Il a étudié l'architecture et a de l'expérience en tant que peintre post-production. Ses autres compétences comprennent les effets visuels, l'animation graphique et l'animation de scène. Toutes ces formations et ses expériences de travail se combinent dans ses illustrations. Dans chaque œuvre d'art, il y a un sens du mouvement, inspiré par sa proximité avec le monde de l'animation. Ses peintures numériques sont magnifiquement finies.

Le site de Michal Dziekan, 

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cliquez sur la photo "Le gros au homme au cigare" pour l'agrandir.

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14:03 Écrit par Edmond Dantes dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/09/2014

Vegueros Entretiempos "short robusto"

Plus d’une année après sa présentation en fanfare au festival Habano 2013, le voici enfin dans nos civettes, du moins dans certaines. Le Vegueros nouveau est arrivé ! Une résurrection très attendu par l’ensemble des amateurs de cette marque, la seule du catalogue Habanos à être roulé hors d’une fabrique de la Havane. Exactement dans la fabrique ‘Francisco Donatien’ à Pinar del Rio qu’officiellement depuis 1997, les Vegueros sont roulés au cœur de la vuelta abajo à l’ouest de l’île.

Une marque à l’origine créée pour honorer les Vegueros qui veut dire ‘agriculteur’ en espagnol. Ce cigare de paysan existait bien avant depuis les années 60, seulement sa production était réservée au seul marché local. Les premiers à en bénéficier et à les apprécier furent les touristes en excursion dans cette région reculée de Cuba. Force est de constater le succès évident pour ses cigares, habanos les officialisa par la suite, histoire que nous connaissons… ! Malheureusement ces dernières années, la marque périclitée et menacée de disparaître à son tour par le manque d’intérêt des amateurs pour leurs saveurs. D’où l’idée récemment de relancer les Vegueros en 2013 avec la création de trois nouveaux modules, un petit robusto ( Entretiempos ), un petit piramide ( Mananitas) et un corona extra ( tapados) en remplacement des Seoane, Marevas, Especiales No 1 et No 2 dont certains subsistent encore, oubliés pour la plupart au fond d’une cave et retrouvant aujourd’hui une seconde jeunesse comme cigares vintages ! Quelques années au placard peuvent en effet être bénéfique, mais soyons prudents sur les bienfaits de ces années passées. ( No comment)       

En visite chez Rhein à Genève ( la casa del habano), je me suis laissé tenter par ce petit joufflu ( Entretiempos) afin de vous décrire mes impressions les plus objectives qu’ils soient ! À première vue, le module présentait plutôt bien, cape Colorado mat montée d’une jolie bague verte et argent, résolument moderne d'un plus bel effet graphique ! Photoshop et illustrator sont passés par là. Au toucher je le trouve plutôt très souple et très léger, quelques duretés résistent sous la pression des doigts, signe d’une construction moindre loin d’être diffamatoire. Un cigare que je qualifierai de ‘paysan en queue de pie’ une formule qui contracte bien ma pensée ! Au nez, ça sent la terre et le boisé, le jeune cuir, le tout agrémenté de notes versatiles de chocolat au lait qui enchantent discrètement et avec discernement l’ensemble de mes sens. Mais comme toujours à ce stade de l’analyse, une simple présentation élogieuse ne valide en rien la suite d’une dégustation !

Dès sa mise à feu, ça respire ouvertement et sans grandes difficultés comme un courant d’air entre deux portes. Mes premiers mots se dessinent très rapidement pour le décrire sans difficulté d’onctueux et de gouleyant ! Un cigare aux arômes de terre, de poivre et de thé noir, une palette rudimentaire que j’estime peu flatteuse pour ma convoitise, mais satisfaisant au regard de sa légitimité culturale, pour un cigare de prolétaire classée au plus bas de la pyramide. Pour ce qui est de sa consistance, cette mâche ( densité) en bouche, elle me plaît moyennement, trop effacé à mon goût si je le compare à d’autres Cubains. Bizarrement il ne se comporte pas comme ses homologues, le ressenti pour celui-ci se fait essentiellement sur l’avant de la bouche, une perception qui m’anesthésie l’extrémité de la langue et la lèvre supérieure par une curieuse sensation d’endormissement. En temps normal, les saveurs se concentrent le plus souvent sur le fond du palais, mais pour ce Vegueros c’est tout le contraire ! Pour ce qui est de La combustion, elle est régulière et sans accroc, et oui c’est tellement rare de nos jours. La cendre ferme de couleur grise anthracite se calcifie doucement, ( l’abondance de calcium est garante de sa tenue et la couleur sombre est due à une carence en magnésium des feuilles ). En résumé, ce premier temps n’est pas si mal que ça tout en étant moyen sur les critères de ; longueur, rondeur, corps et aromaticité ! Le fumer sur place à Pinard el Rio serait bien différent je pense, accompagné d’une noix de coco ‘a rhumatisée’ par exemple.

La suite ne diffère pas vraiment ! Je le trouve tout aussi gouleyant, mais plus empâté cette fois comme une pomme farineuse. Au fil du fumage la consistance devient plus appréciable, mais attention ne rêvez pas ! Là je creuse profond pour lui trouver quelques points positifs afin d’éviter un jugement trop arbitraire. Quelques notes de poivres font leur apparition et relèvent subtilement ce plat aux saveurs indigentes, l’ensemble arborant des notes de terre et de thé mentholé que je retrouve encore aujourd’hui, une saveur déjà ressentie dans ma dégustation du cigare ‘hollandais’. Malheureusement ce 2e temps n’exalte pas, n’explose en rien, beaucoup trop court, beaucoup trop d’air pour ne rien exprimer ! J’aimerais vraiment être plus dithyrambique à son sujet, mais j’ai beau fouiller, approfondir, piocher…ce cigare m’ennuie et me contrarie, j’en espérai bien plus ! À l'approche du terminus, mieux vaut descendre en marche que d’attendre de débarquer sur un quai bondé à l’atmosphère chargée. Le final devient rapidement très poivré, très consistant et très âcre, perception située sur le fond du palais cette fois-ci, décidément c’est tout ou rien !

Quelle conclusion lui attribuait sans être lapidaire et tyrannique pour autant. Nous sommes d’accord sur le fait que ce n’est sûrement pas un cigare de dégustation. Un cigare d’apéritif ma foi, oui pourquoi pas si on l’accompagne de quelques olives et d’un bon porto pour noyer ses illusions ? Cet ‘Entretiempos' n’honore pas vraiment les Vegueros de Cuba, loin de là et c’est bien dommage pour eux. Mais quelle est la cible de ce cigare ? Espérons que les 2 autres modules m’apporteront satisfaction lors d’une prochaine visite chez Rhein. Ma note de cœur 10/20, Juste acceptable, mais sans plus ! À l'image d’un vin de table à 2€ la bouteille, mais il en faut pour tous les goûts comme dirait mon oncle Lucien mort écrasé par un train, paix à son âme et paix à ce cigare. Désolé pour cette fin absurde d’un fumeur désabusé.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Entretiempos ( short robusto )
  • Taille: 110 mm x 20 mm
  • Bague: 52
  • poids:
  • Année: 2013
  • Prix Suisse: 7€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

07:08 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Vegueros | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/09/2014

Livre "CIGARES" de Luc Monnet - préface de Jean Paul Kauffmann

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C’est en août 1995 à l’occasion d’un voyage personnel à Cuba que tout a commencé.
Pour un photographe (ou un homme d’images), la découverte d’un pays comme Cuba est une expérience marquante.Rien n’y est visuellement banal, fade ou tiède et chaque instant se vit avec une intensité que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. La plus simple des rencontres est souvent le début d’une aventure humaine qui nous emporte là où l’on n’a pas décidé d’aller, chaque coin de rue est comme le fragment du destin si particulier de ce pays, chaque détail architectural, chaque scène de la vie quotidienne expriment une émotion esthétique puissante. Mais, plus que toute autre découverte, l’univers du cigare fut sans doute pour moi
La rencontre importante de ce voyage. Le premier contact avec la manufacture Partagas fut un déclic. Il m’apparut comme une évidence que, bien plus qu’un simple produit, le cigare est un monde dans lequel j’ai plongé pour ne jamais le quitter.A mon retour, la tête dans mes images, je découvre l’existence d’une nouvelle revue fondée par Jean-Paul Kauffmann : l’Amateur de Cigare. Quelques tirages sélectionnés, une porte poussée, et c’est le début d’une collaboration et d’une passion commune pour le monde du cigare, elles m'ont emmené à la découverte d’autres pays, d’autres terroirs, d’autres histoires de cigares.Depuis 20 ans, je photographie l’univers du cigare, ses champs, ses manufactures, ses hommes, ses femmes qui vivent pour et par le cigare
à Cuba, au Honduras, au Nicaragua et en République dominicaine.La plupart de ces images n’ont jamais été publiées. Le noir et blanc n’étant pas d’usage dans la presse magazine, elles ont attendu le bon moment pour se montrer, telles que je les souhaitais.

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Mon choix du noir et blanc est celui de l’intemporalité car le cigare est intemporel. Il suffit de se rendre dans les champs de tabac et dans les manufactures pour comprendre que le processus de fabrication n’a pas changé. Il est avant tout dans le travail de la main de l’homme, la mécanisation est marginale. C’est certainement ce qui a touché mon oeil. Chacune des étapes est celle des origines, chaque geste est l’héritage du passé et se transmet, chaque terroir possède son identité, chaque manufacture sa signature, chaque pays producteur
son style. Il y a dans le cigare tout ce qui m’inspire photographiquement : la beauté des champs de tabac, la main de l’homme, belle, brute et précise, le respect de la matière première, l’amour du geste, la patience, la passion partagée, et puis la réalisation d’un produit d’exception qui livre ses plus beaux secrets.
Ce livre de photos me permet de rendre hommage au travail de ces hommes et de ces femmes, anonymes pour la plupart, qui façonnent de leurs mains ces cigares que nous pouvons fumer à travers le monde. Il est aussi pour moi l’occasion de partager ma passion pour un univers d’exception. ( texte de Luc Monnet )

Titre: CIGARES
Auteur: Luc Monnet
Collection: Hors collection
Prix: 21 euros
Format: 220 X 260
Editeur: HDifusion
Date d’office: juillet 2014
Couverture: Broché avec rabats
Nbre de pages: 88 pages
Nbre Illustrations: plus de 100 photographies

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Je me suis souvent demandé si une revue consacrée au cigare avait vraiment besoin de texte.De photos, oui, sans aucun doute. Obligatoire même. A la création de L’Amateur de Cigare,nous avons donné d’emblée à la photographie la place qu’elle mérite, la première. Rien n’est plus visuel que le cigare. L’écrit est souvent là pour souligner, commenter ce que nous voyons, apportant parfois une information déjà donnée par l’image. La photographie ne dit pas tout mais elle reste le moyen d’approcher au plus près le mystère de cet objet dont l’évidence – un cylindre - est souvent trompeuse. Derrière l’apparence, sous la cape, se cache une autre réalité que seule l’image peut saisir. Prééminence de la photo, le texte en annexe. Faut-il opposer les deux ? Cette question, je me la pose depuis vingt ans que j’observe les photos de Luc Monnet qui, dès le commencement, a accompagné l’aventure de notre revue. Avec cette série en noir et blanc, le doute n’est plus permis. Nul besoin de raconter le cigare avec des mots, Luc Monnet s’en charge. Ce n’est pas que les commentaires, les explications soient redondants. Ils sont utiles et parachèvent le propos visuel. Mais on voit bien qu’entre le cigare et la photographie existe un accord secret, une connivence qui, sans reléguer l’écrit au second plan, en amoindrit l’efficacité et la légitimité.
Luc Monnet a compris dès le début cette profonde complicité. Son coup d’oeil ne s’est jamais usé. Il a gardé la même curiosité, la même intégrité. La même gourmandise aussi. Il aime le cigare et les humains qui l’élaborent. Cela se voit et cela n’a pas besoin d’être écrit. Le mode d’organisation du cigare est souvent impénétrable, il contient une part ésotérique, comme si sa constitution était réservée à des initiés. Fabriquer un cigare consiste en une multitude de séquences très savantes, pas toujours spectaculaires. Leur ordre d’enchaînement est si compliqué qu’une opération ou un détail échappe presque toujours au non initié. Qu’importe. Luc Monnet est posté à ce moment que nous n’avons pas vu. Rien ne lui échappe. Il aurait pu se contenter de commencer par les champs de tabac mais non, il lui faut remonter à l’origine. Il va examiner la graine de tabac dans le laboratoire spécialisé où s’élèvent les semences. Il est présent à toutes les phases du cigare. Il est témoin du dénouement lorsque se referme la boîte munie du sceau de garantie. Tout est donc fini ? Mais non, une autre aventure commence, celle du compagnonnage entre le cigare et l’amateur. Evidemment Luc Monnet est encore là. C’est une autre histoire …Le photographe ne dira jamais son dernier mot.

Jean-Paul Kauffmann

09:03 Écrit par Edmond Dantes dans Livre/ DVD/ Application | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/09/2014

Le tabac/ presse " 37 avenue Parmenan à Annecy " civette à cigare

En vacances dans cette belle ville qu'est Annecy, voici une adresse qui peut vous dépanner avec cette cave à cigare plutôt sympas dans laquelle vous trouverez les essentiels du terroir cubain + d'autres cigares comme les ( Flor de Copan, Véga Fina, Plasencia, Villa Zamorano, Davidoff, Macanudo, ainsi que les cigares bon marché 3x3 de Davidoff ). Les cigares sont très bien conservés, une adresse que je conseille vivement. De plus l'accueil est des plus agréable. Après pour les plus exigeants, rendez vous sur Genève à 25 minutes de là par l'autoroute Annecy/ Genève.

Ensuite offrez-vous un moment de quiétude sur la terrasse de "L' Impérial Palace" à 5 minutes, vous y trouverez la brasserie à l'arrière de l'hôtel, côté lac en contournant le bâtiment par la droite ! Un endroit magique pour déguster un bon cigare par beau temps et pas forcément hors de prix et la vue est magnifique.   

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ci-joint le lien pour l'adresse google map.

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L'impérial Palace Annecy ( côté lac ).

 

17:23 Écrit par Edmond Dantes dans Les bonnes civettes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/09/2014

Ma journée avec Hendrik Kelner ( 2e partie ) Davidoff

 Lien pour la première partie.

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Davidoff République Dominicaine.

ED : « Est-ce que la cape ‘Yamasa’ a évolué depuis les tous premiers modules ? ».

HK : « Oui, bien sûr. A l’époque, la terre était difficile à travailler, en raison d’une acidité trop grande (Ph très bas). Pour neutraliser ces effets, nous y ajoutions du calcium pour équilibrer son Ph. Mais ça demandait beaucoup de temps avant que tous les paramètres biochimiques de la terre soient profitables à la croissance de la plante. Lors des toutes premières récoltes, nous récoltions souvent de petites et épaisses feuilles, leurs structures cellulaires étaient moins ouvertes et cela posait aussi des problèmes de combustion. D’où la production dans un premier temps de petits modules. (Sachez qu’une belle feuille de cape demande à être très grande et très fine pour convenir esthétiquement à un beau cigare).Il nous a fallu nous perfectionner dans nos méthodes de production et apprivoiser ce terroir afin qu’il produise des feuilles plus développées et plus souples à la fois ».


ED : « Comment se fait-il qu’Arturo Fuente, bien avant Davidoff réussit à produire un puro dominicain qui n’est autre que l’Opus X ? ».

HK : « La patience, le travail et l’évolution ! Notre terre était brute comme un cheval sauvage, il nous a fallu plus de temps pour la dresser pour quelle puisse produire de bonnes feuilles de cape. La seule explication, c’est qu’Arturo Fuente produisait ces feuilles sur un terroir plus adapté au nôtre ! La terre Yamasa est d’une composition faite de sable et le calcium avait tendance à rentrer trop vite dans la terre, de ce fait le tabac ne prenait pas à certains endroits. Donc pour mieux préparer les terres, nous devions nous y prendre 2 mois à l’avance pour y ajouter du calcium sous forme de chaux, 1 mois avant et une semaine après la récolte des feuilles, pour que le Ph se stabilise entre 6 et 7, mais ce calcium a aussi d’autres propriétés dont celui de bloquer l’aluminium néfaste à la plante. Dès les premières récoltes, le tabac ne poussait pas uniformément car la chaux était répandue manuellement, il nous a fallu moderniser et mécaniser ce procédé pour la pulvériser sous forme de poudre afin que les terres reçoivent équitablement les bonnes doses. Et c’est à ce moment-là que la terre fût enfin stabilisée, mais uniquement après la 3erécolte ! C’est très joli à voir ce linceul blanc de chaux qui recouvre les terres en cette période ».

ED : « Mais, pourquoi avoir choisi cet endroit ? ».

HK : « J’ai choisi cette terre de Yamasa en fonction de son climat particulier, son hygrométrie assez haute emmenée par les vents de l’Est, ‘les alizés’ soufflent sur les marais non loin de là et transportent cette humidité constante sur nos terres. Cela a pour effet de produire des feuilles de tabac avec une structure cellulaire plus ouverte moins serrée qu’au début. Voici l’explication : quand la feuille commence à sécher une fois récoltée, le processus de vie de la feuille s’arrête en temps normal. Mais grâce à l’humidité importante qui règne dans cette région, le cycle de vie de la feuille perdure pendant un moment lors de son séchage ».

ED : « Que se passe-t-il chimiquement pendant cette opération de séchage ? ».

HK : « Lorsque la feuille passe du vert au jaune, des premiers changements s’opèrent chimiquement au sein de la feuille par une transformation des  hydrates de carbone en sucre. Quand la feuille meurt, il y a oxydation des phénols. Sans entrer dans des explications trop compliquées que seul un chimiste expérimenté comprendrait ! Pour faire simple, ces phénols, cette molécule aromatique est séparée par une membrane très fine, quand la feuille meurt cette membrane se met en contact ! La couleur passe de jaune à marron et c’est à ce moment-là que les saveurs commencent à se développer. La même chose se produit sur un fruit, quand celui-ci est vert, il n’a pas ou très peu de goût, mais tout doucement le fruit murit, sa membrane se colle, le fruit change de couleur et le goût apparaît miraculeusement ! La feuille de tabac est comme ce fruit d’une certaine manière, elle doit être mûre pour développer ses phénols. Par exemple un fruit qui tombe sur le sol active ce même processus, à l’endroit du choc, les phénols oxydés et l’acide phénolique entre en contact et le murissement s’accélère ! C’est une manière d’expliquer comment la feuille de tabac réagit au séchage. Par contre, il faut savoir arrêter ce processus à temps ! »

ED : « Oui, mais comment savez-vous quel est le bon moment ? ».

HK : « La dernière partie de la feuille à sécher est sa nervure centrale, dès son séchage complet, elle détermine la fin du ‘process d’exsudation’. Un autre élément visuel pour le vegueros concerne la position des  perches sur  lesquelles les feuilles sont attachées, celles-ci remontent progressivement vers le haut afin de laisser la place aux feuilles plus vertes et plus récentes vers le bas, une fois tout là-haut vers le faîtage de la ‘casa del tabaco’, elle confirme qu’il est temps de les retirer. A ce moment-là, tous les échanges biochimiques intrinsèques terminés et stabilisés ne bougeront plus ! Par contre plus la feuille est épaisse, plus elle a du corps et plus il y aura d’humidité dans le rancho. L’oxydation sera beaucoup plus complexe et sa couleur deviendra plus sombre vers des teintes maduro/oscuro.

Toutes ces découvertes sont généralement issues d’accidents heureux. Prenez par exemple le tabac de Virginie (tabac à cigarette). L’histoire de ce tabac à la couleur si singulière remonte au 18edans l’état du même nom. En ce temps cette région souffrait d’un climat trop humide. Pour résoudre ce problème, les ‘casa del tabaco (maisons de séchage) devaient  être chauffées artificiellement avec des braises pour sécher les feuilles et évitez qu’elles ne pourrissent. Ces braises que l’on mettait dans un trou creusé généralement au milieu du bâtiment, dégageaient une source de chaleur qui devait être constamment maîtrisée durant toute la nuit, une tâche ingrate souvent confiée à des esclaves. Mais un jour l’un d’entre-eux chargea plus qu’il n’en fallait cette fosse en braise, sûrement  pensait-il s’être débarrassé de cette corvée afin de gagner quelques heures de sommeil ! Grosse erreur ! Cette manipulation hasardeuse permit une montée trop rapide de la température et donc un séchage inadéquat. Au petit matin, quel fût la surprise pour le ‘maître’ en découvrant la couleur jaune de ses feuilles !

Cette esclave évita pourtant une punition exemplaire pour avoir gâché toute une récolte.

Eh oui ! Etonnamment ces feuilles rencontrèrent un véritable engouement lors de la vente la semaine suivante, ainsi le paysan réussit tout de même à vendre sa production 4 fois plus chère qu’à l’accoutumer. Personne ne connaissait cette couleur si jaune et  n’avez vu quelque chose de semblable ! Avec ce goût si particulier, très douceâtre et légèrement suave qui offrit à la filière du tabac de nouveaux horizons aux USA. Comme quoi une erreur peut parfois aboutir sur une étonnante découverte ! 

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Hendrick Kelner.

ED : « Alors que s’est-il passé cette nuit-là ? ».

EK : « Le processus de séchage trop chaud et trop rapide a stoppé l’oxydation naturelle de la feuille verte ‘la chlorophylle’ vers le marron ‘ la carotène’, en fixant sa couleur au moment où elle commençait à jaunir. Au même moment les hydrates de carbone contenus dans la feuille sont devenus sucre (En temps normal ce sucre perd de son pouvoir et s’estompe progressivement pendant la phase de séchage de 40 à 45 jours pour le tabac noir). Mais pour le tabac de Virginie ce cycle se réduit à 3/ 4 jours de séchage dans des séchoirs modernes, au gaz pour la plupart et régulés automatiquement. Ils obtiennent un tabac plus doux que le tabac noir, plus adapté pour aux fabricants de cigarettes.

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Tabac de Virginie.

La ‘capa verde’, la cape verte rejoint à peu près le même développement évoqué ci-dessus. Sauf que dans ce cas, on n’attend pas que la feuille change de couleur, elle est séchée encore plus rapidement pour fixer sa couleur verte. Ici ce processus se réduit à une cinquantaine d’heures. La feuille verte n’a pas eu le temps de transformer ses hydrates de carbone en sucre, le goût est donc bien différent du tabac de virginie qui se traduit par un goût insipide très végétal comme de l’herbe. Cela n’apporte rien gustativement, c’est juste un effet de mode de fumer un cigare de couleur verte ».

les cigares selon edmond_davidoff camacho verde.jpgED : « Comment déterminez- vous le moment juste pour commencer la récolte? ».

HK : « Pour le vin, lorsque les vendanges approchent, le vigneron peut mesurer la teneur en sucre du raisin avec un instrument appelé réfractomètre. Cet outil de mesure détermine la concentration en sucre dans un liquide par réfraction de la lumière, ce qui permet au vigneron de commencer les vendanges au meilleur moment. Mais pour le tabac, c’est bien différent ! Aucun instrument savant ne peut nous aider ! Mais avec de l’attention et de l’observation, et cela en parfaite adéquation avec la nature nous comprenons chaque message qu’elle nous suggère à chaque nouveau cycle de sa croissance. Chez nous, nous attendons le tout dernier moment, lorsque la feuille de couleur s’éclaircit vers un vert un peu plus plus clair pour commencer la récolte. Ce signe, c’est la plante qui le décide, il faut simplement comprendre et respecter cette nature. Comment ? Eh bien, avec une présence permanente de tous les jours dans les plantations, vérifier, décoder tous ses petits signes. La feuille d’une certaine manière nous parle. Elle doit se détacher sans résistance, sans effort de sa tige centrale ! Avec un petit bruit, un petit claquement bref ! Ce son si singulier se répercute au travers des champs de tabac comme une véritable musique, c’est unique et très beau à entendre ! Par contre si vous essayez de retirer une feuille pas encore mûre, le pétiole (la queue) se déchirera de sa tige principale. Une métaphore que j’aime partager est celle-ci : ‘Après avoir changé de couleur, la feuille se prépare à un long voyage en tirant sa révérence. Lourde, elle se penche vers la terre comme dans un ultime soupir et lui murmure un merci de l’avoir si bien nourri. C’est fini, je peux m’en aller maintenant’ ».

ED : « Comment procédez-vous ensuite ? ».

HK : « Nous commençons par les feuilles basales du plant (les feuilles du bas), ce prélèvement minutieux est toujours effectué par paires, car celles-ci ont mûri ensemble ! Après 3 à 4 jours on recommence l’opération avec une autre paire de feuilles et cela jusqu’au sommet de la plante. Certains peu soucieux de la qualité et surtout pour gagner du temps, récoltent 4 feuilles en même temps pour minimiser le travail et ainsi augmenter leur rentabilité. La récolte par paires est plus contraignante, plus chère et plus longue, mais beaucoup mieux pour la qualité ! »

ED : « Y a-t-il une taille réglementaire de la plante qui s’impose dans toutes les cultures de tabac noir ? ».

HK : « Non ! Cela dépend de plusieurs choses dont la génétique de la semence. Quand la fleur commence à sortir, c’est comme pour l’adolescente qui vient d’avoir ses menstruations en devenant femme, sa croissance s’arrête à la suite de cet évènement. Pour le tabac, c’est un peu la même chose, certaines semences donneront un plant plus petit ou plus grand selon le moment où la fleur apparaît (les menstruations pour la femme), ça c’est le génome de la plante qui le détermine. Il y a des pratiques de culture où on élimine très tôt la fleur d’où certaines conséquences pour la plante, l’essentiel de son existence est de perpétuer les  prochaines générations. La plante est programmée dès sa naissance pour produire la meilleure semence contenue dans la fleur, en la retirant trop tôt celle-ci se venge et produit des fils non désiré en partie basale qui seront dévastateurs à la toute première pousse qui sera délaissée nutritivement au profit de ses fils ! D’où la nécessité de les éliminer très rapidement sur chaque plant. Cela peut engendrer à l’ensemble de la plantation un travail supplémentaire non négligeable et des répercussions très importantes sur la rentabilité de la récolte si ça vient d’une erreur d’appréciation du veguero. Pour certaines cultures, on peut faire le choix délibéré d’éliminer que très  tardivement la fleur, comme pour les feuilles de cape du Connecticut par exemple, en laissant la plante nourrir la fleur, les feuilles s’appauvrissent et produisent une texture plus fine et légère en goût, idéale pour les feuilles de cape. Par contre, si on veut plus de puissance et de corps, on élimine le bourgeon très tôt ! Afin que la plante nourrisse et produise en priorité les feuilles, celles-ci seront plus petites et plus grasses. Dans les plantations d’Estelli au Nicaragua, ce goût plus intense vient directement de ce choix, chez eux ils choisissent de stopper la croissance de la plante très tôt pour ne récolter que 12 feuilles contre 16 en République Dominicaine. Le goût nicaraguayen provient principalement de ce choix, offrant un goût plus brut et intense très apprécié par de nombreux amateurs.

Une chose est la génétique et l’autre la culture. Mais un autre facteur déterminant concerne le climat ! Pas assez de pluie, la plante se sent stressée, elle se dit « Je vais crever ! » Pour sa survit elle sort ses fleurs plus tôt avant qu’il ne soit trop tard pour elle, mais elle ne produit pas assez de feuilles. Cette année en 2014, nous avons subi une sécheresse exceptionnelle en Rép. Dom, les plants n’ont pas produit le nombre de feuilles souhaité ! A l’inverse trop de précipitations, les fertilisants iront trop profondément dans le sol, devenant inaccessibles aux racines.

Un facteur de croissance indissociable des autres concerne la qualité nutritive de la terre. Celle-ci s’épuise très rapidement par la culture du tabac. Sans cesse nous devons la fertiliser, lui apporter tous les minéraux nécessaires pour être un bon nutriment à la plante. Une carence ou un excès d’eau d’un terrain peut être aussi très néfaste, trop gorgé d’eau les racines deviennent plus petites et la plante ne se nourrit plus comme à son habitude. Il y a quelques années lorsque je suis allé à Cuba visiter les plantations en tant que touriste (petit sourire) Dans l’une d’elles je me suis aperçu que certaines zones poussaient de manière sporadique, très vite j’en compris l’origine. En effet, le système d’irrigation n’était pas uniforme, certains plants recevaient trop d’eau et d’autres pas assez. Discrètement, je me suis permis de le signaler au veguero. D’abord étonné et intéressé ensuite par mes conseils, il m’interpella amusé : «Toi, tu n’es pas un simple touriste ! » (Rire) 

ED : « Qu’est-ce qui fait cette différence entre le tabac Cubain et Dominicain ? D’où provient cette différence de goût ? ».

HK : « A la différence de Cuba, nous avons une terre plus acide (Ph faible)que nous devons équilibrer avec l’ajout de calcium. Par contre ce calcium qui équilibre la terre autour de 5 à 6 de Ph à aussi un effet pervers, puisqu’il  bloque l’assimilation du fer par la plante. Même si l’on ajoute des suppléments ferreux, la plante ne l’absorbe pas comme il faut. A Cuba, la terre est riche en fer et son Ph est naturellement beaucoup mieux équilibré que le nôtre».

ED : « Qu’amène le fer de si important dans la perception des saveurs ? ».

HK : « Le rôle du fer dans le cigare apporte plus de persistance dans la dégustation, c’est ce qui différencie principalement le goût cubain avec celui du tabac dominicain. Dans la zone de partido à Cuba la terre est très rouge, très riche en fer et d’un ph neutre. En république Dominicaine à part la terre de Yamasa qui est une zone de culture expérimentale, à part des autres, le reste des cultures traditionnelles Dominicaines sont moins riches en fer. Par exemple pour la création des cigares Millénium, nous avons trouvé une région proche des montagnes, plus au centre, une terre moins acide et mieux équilibrée naturellement en fer,  cette terre permet d’offrir aux dégustateurs des mélanges de tabacs  plus persistants. Une sensation appréciée en général par les fumeurs de cigare Cubain ».Tous les ans à Yamasa, nous mesurons le Ph pour s’assurer qu’il ne tombe pas à 6, mais qu’il reste sur une valeur plus neutre comme 7. (Voir tableau sur le Ph ci-dessous pour comprendre les différentes valeurs d’acidités) ».

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ED : « Que se passe-t-il, si au contraire la terre contient trop de fer ? ».

HK : « S’il y a trop de fer le tabac devient trop épicé et trop poivré, à Cuba cela donne un goût de bois ».

ED : «Pourquoi avoir choisi cette région de Yamasa pour produire de nouveaux tabacs ? ».

HK : « Cette région que nous qualifierons d’expérimentale offre un sol d’une qualité rare en Rép. Dom grâce aux montagnes environnantes qui nous apportent naturellement son lot de minéraux dont nous avons besoin grâce aux pluies et aux ruissellements. De l’autre côté des montagnes on trouve des exploitations minières d’or, de fer, de cuivre et de nickel, bien sûr suffisamment loin pour ne pas nuire à nos plantations. La présence de ces mines atteste de la richesse exceptionnelle de cette région. Cette terre de Yamasa, nichée au pied de ses montagnes est une bénédiction de la nature pour produire des tabacs toujours meilleurs ».

ED : « Y a-t-il un autre élément pouvant nuire aux saveurs ? »

HK : « Trop d’aluminium dans la terre a aussi une influence non négligeable qu’il faut aussi surveiller ! Mais un autre facteur sur la qualité du tabac est bien entendu la fertilisation à base de produits naturels dont le soja par exemple ».

ED : « Comment du soja ?

HK : « Ce soja réduit en poudre provient essentiellement du Brésil, plus précisément ce sont les résidus de la filière de production d’huile de soja d’Amérique du sud. La particularité de sa provenance, c’est qu’elle contient encore une quantité infime d’huile très intéressante pour la qualité des feuilles. Bien plus bénéfique que le soja américain beaucoup trop raffiné, trop pauvre ! Nous pourrions aussi utiliser directement les graines broyées, mais les coûts de fertilisation exploseraient bien évidemment. Cette huile a un effet direct et visuel sur la feuille en lui apportant une plus belle brillance !

En Ecuador, ce n’est pas le soja mais les résidus de la transformation du coton qu’on utilise pour la fertilisation. La chaux, le soja stimule la microbiologie en facilitant l’assimilation de tous les composants nutritifs à la plante. On y ajoute aussi du potassium, du phosphore et aussi un peu de magnésium. Ce magnésium influence la combustion du cigare par une couleur de cendre plus blanche. Dans cette alliance calcium/magnésium, le calcium donne de la tenue à la cendre, sa densité et sa friabilité. Si pendant la phase de curation des feuilles, il y a trop de magnésium ! La feuille reste trop verte, ne mûrit pas et ne sèche pas. Pour la couleur de la cendre cela dépend aussi de la structure cellulaire de la feuille, (plus serrée = plus sombre) et (plus ouverte = plus clair) ».

ED : « Y a-t-il un composé chimique extrêmement nocif à la plante et quels sont les effets ? ».

HK : « Le premier ennemi de la plante, c’est bien le chlore !!

Le chlore empêche la combustion, beaucoup de producteurs connaissent ces effets dévastateurs sur la plante, mais peu comprennent exactement cette biochimie complexe. Voici ce que je peux expliquer simplement pour que vous compreniez, le tabac comme le raisin contient des acides (citriques et maliques). Et ça, ce n‘est pas bon pour la combustion et le goût. Pour annuler ces effets, nous ajoutons du potassium ! Dans le résultat de ses échanges moléculaires de potassium avec les autres atomes (citriques/ maliques) se créent de nouvelles molécules appelées ‘sels organiques’ qui eux seront combustibles. Mais ces nouvelles molécules fragiles ne supportent pas le chlore ! Ce chlore au contact des ‘sels organiques’ sépare à nouveau la molécule en 2 parties, le potassium d’un côté et les acides de l’autre. Ces effets seront néfastes à l’aromaticité de la feuille, s’illustrant par un mauvais goût en bouche et une combustion très difficile. C’est une des raisons majeures qui influence la saveur d’un cigare produit au Honduras, au Nicaragua, en république Dominicaine, à Cuba, etc…

ED : « Concernant l’eau utilisé pour l’irrigation du tabac, d’où provient-elle ? ».

HK : « Cette eau provient essentiellement des puits et des cours d’eau, mais comme pour la terre, l’eau est aussi très acide. Cela n’était pas sans conséquence dans le passé, surtout pour le traitement des plantes contre diverses maladies à l’aide de produits chimiques, malheureusement  moins efficaces lorsque la terre est acide ! Ce qui nous obligeait à sur doser pour rendre leur efficacité.

Aujourd’hui tout a bien changé,  nous stockons d’abord cette eau dans des bassins avant d’irriguer, pendant un laps de temps déterminé afin que le ph se neutralise autour de 7, ensuite nous irriguons. Grâce à ce procédé nous avons divisé par 2 l’emploi de pesticides, et nous travaillons constamment à baisser ces doses. Une des solutions efficaces pour lutter contre ces maladies est la modification génétique des plantes, en créant de nouvelles semences (des hybrides) offrant plus de résistance aux différents parasites. Mais un hybride est stérile, il ne peut pas produire de nouvelles semences de manière naturelle par pollinisation. Chez nous, il existe un secteur de production d’hybrides, nul besoin d’être très grand puisqu’une fleur produit à elle seule jusqu’à 30 fleurs, et une fleur produit jusqu’à 40 000 semis !! Nous ne prenons pas toutes les fleurs, mais uniquement celle du haut et nous n’utilisons pas toutes les graines. Celles-ci sont triées pour sélectionner les meilleures, les plus belles et les plus grosses qui représentent seulement 30% de cette production. Le but est de concevoir des semences toujours plus résistantes.

Il faut constamment se battre contre la nature, faire des analyses d’eau, de terre afin de garantir un tabac fidèle aux orientations gustatives de la marque. C’est un travail de patience et d’abnégation au sein des cultures, la moindre erreur de jugement et une récolte peut être anéantie ».

ED : « Quelles sont les différences d’appréciation entre un cigare Cubain et un cigare Davidoff ? ».

HK : Chez Davidoff, La philosophie du goût est complètement différente des autres pays producteurs. Nous, nous recherchons une activation olfactive globale de toutes les différentes zones de la bouche. (Voir schéma ci-dessous). La stimulation Cubaine est plus linéaire, vers le fond de la bouche, mais peu sur les côtés ! Chaque mélange a un rôle à jouer pour activer une zone sensorielle plus qu’une autre à l’intérieur de la bouche.

Un cigare typiquement dans la philosophie Davidoff est bien le Notables (Puro d’Oro), un cigare d’une très belle complexité aromatique qui stimule toutes les différentes zones. Par contre si tu fumes, un Magnificos (Puro d’Oro) ou un Eminentes toujours dans la ligne Puro d’Oro, ces deux là stimuleront en priorité le fond de la bouche à la manière d’un cigare cubain, ce sont des stratégies de marché! Mais quoi qu’il en soit, dans l’ensemble nos cigares résultent d’un travail ordonnancé vers une ouverture gustative toujours plus large. Si je prends du tabac‘ San Vicente’, je sais qu’il activera les côtés latéraux de la langue ! Maintenant les Cubains se tournent vers des cigares plus suaves et plus légers, car le marché connaît une forte demande pour ce type de sensation. Alors que Davidoff fait tout le contraire, nous allons vers des sensations plus fortes et intenses ».

ED : «  Comment avez-vous procédé pour la nouvelle ligne ‘Davidoff Nicaragua’ ? ».

HK : « Pour notre cigare ‘Davidoff Nicaragua’, nous avons fait quelque chose de complètement différent, nous avons pris du tabac d’Ometepe et un tabac de Condega qui stimule les côtés de la langue de manière moins traditionnelle qu’un cigare classique du Nicaragua.

Le mélange typique d’un cigare du Nicaragua se compose souvent de tabac d’Estelli et de Jalapa (plus linéaire en bouche) ».  

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ED : « Fumez-vous parfois d’autres cigares que du Dominicain, peut-être du cubain ?

HK : « Non, non…Le seul que j’ai fumé, c’est en Russie la semaine dernière, un cigare cubain spécialement conçu pour l’événement auquel je participais !

ED : « Mais lorsque vous créez un nouveau mélange, est-ce que l’inspiration vous vient de la synthèse des différents terroirs de par le monde ? »

HK : « Après avoir fumé tant de cigares dans ma vie, je peux me passer de cette corvée ! Pour répondre simplement à cette question, je dirai qu’aujourd’hui nous faisons de la création, nous expérimentons à l’aide de nouvelles semences uniques au monde, le Davidoff 100e anniversaire a été conçu avec ce genre de tabac. Des tabacs uniques pour un goût unique qui n’existait pas avant ! La synthèse des autres terroirs ne me sont plus d’aucune utilité ».

ED : « Pourquoi certains cigares fatiguent plus que d’autres ? ».

HK : « Quand la bouche sèche, tu salives plus, la fumée se dilue dans celle-ci et tu fatigues moins ! Un ‘Magnificos’ donne envie de boire par exemple, mais un ‘Notables’ non ! Dans la même ligne de cigare comme le Puro d’Oro, tu peux avoir de grosses différences de mélange de tabacs. Ce n’est pas juste le format qui change !

ED : « Pourquoi certaines capes sont brillantes et d’autres mats ? (Question suggérée par Olivier Nehr, collaborateur de Mr Mathys)

HK : « Si la structure cellulaire est plus ouverte à cause de l’humidité, les huiles consécutives à la photosynthèse vont d’une certaine manière mieux se fixer, à cela ajoutons la petite incidence du soja. Tous ces facteurs donneront une cape plus brillante. A l’inverse, si la constitution cellulaire est trop serrée due à un climat trop sec et un séchage inadéquat les huiles essentielles sur la surface de la feuille ne seront pas en quantité suffisante pour lui donner suffisamment de brillance.

ED : « Mr Kelner, il est déjà 18h30 ! Je pense que nous allons nous arrêter là, avec regret je vous libère de cette interview, en vous remerciant pour votre disponibilité et votre générosité pour ce moment de partage, qui je l’espère, passionneront mes lecteurs. Encore merci à vous pour cette journée !

L' intégralité de l'interview se trouve ICI au format PDF.

 

 

11:52 Écrit par Edmond Dantes dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/08/2014

Cigare "Hollandais" Van der Donk

Dans ce nouveau billet je suis allé à la découverte du « cigare Hollandais », une dénomination qui peut prêter à sourire pour certains néophytes ou béotiens de la vitole. Inutile de chercher des plantations de tabac au pays de la mimolette, des moulins à vent et des tulipes, vous n’en trouverez pas ! Mais essayons tout de même d’en savoir plus. D’où provient ce tabac ?  

Avant tout, je vous invite à faire un petit tour dans l’histoire de ce pays en vous rappelant que le terme ‘Hollande' est un abus de language pour désigner l’ensemble des Pays-bas dont la capitale est Amsterdam. Du 17e siècle au 20e siècle, les Pays-Bas administraient les territoires gagnés par l’Empire colonial néerlandais, à cette époque de conquêtes les Pays-Bas établirent des colonies et des comptoirs un peu partout à travers le monde. De la Nouvelle-Amsterdam ( l’actuelle ville de New York) en passant par l’Amérique du Sud avec le Surinam et le Brésil, puis l’Afrique, la Belgique, le Luxembourg, une partie du Nord de la France et les Indes Orientales, l’Empire Néerlandais grâce à leurs techniques de navigation avancées, devinrent rapidement une des premières puissances mondiales maritimes de cette époque avec les Espagnols et les Anglais. 

1280px-DutchEmpire4.png Les colonies Néerlandaises entre le 17e et le 20e siècle.

Mais arrêtons-nous sur une de ces régions conquises qui pour l’heure nous intéresse et qui se nomme l’Indonésie ( Asie du Sud Est), cette ancienne colonie Hollandaise perdue en 1945 à la suite de violents mouvements nationalistes produisait et produit toujours un excellent tabac depuis plus de 200 ans dans la région de Sumatra et de Java, d’où l’expression laconique de « cigare Hollandais » en référence aux colonies, un héritage agronomique qui continue de prospérer exclusivement par l’intermédiaire de sociétés privées. Aujourd’hui c’est environ 2 milliards de cigares exportés dans plus de 100 pays ( cigarillo et cigare confondu). Le cigare néerlandais est le 2e plus grand fabricants de cigares au monde dont les principales exportations sont par ordre d’importance, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique. Sans oublier, l’exportation de feuille de cape produit dans la région de Sumatra utilisait pour certains cigares du Nicaragua, du Honduras et de République Dominicaine.  

INL.gifIles de Sumatra et de Java en Indonésie.

Pour la plupart, leurs fabrications sont majoritairement mécaniques ( le prêt à fumer avec une tête déjà tranchée) n’intéressent que très peu les aficionados dont l’unique intérêt s’oriente souvent vers le cigare fait main que l’on trouve principalement dans les Caraïbes, le ‘totalmente a mano’ pour Cuba et l'hecho a mano’ pour les autres pays. Une autre singularité sur cette production est l’absence de très gros format dont le plus important n’est autre qu’un corona ! Et ne comptez pas plus de 6 formats pour l’ensemble du catalogue que voici: cigarillo, Senorita Tuit, Senorita, Senorita Wild, Panatella et le corona qualifié d’ « Empereur des cigares », ça peut se comprendre en effet ! Je ne connais pas vraiment les raisons précisent qui ont déterminé le choix de ces 6 formats, mais une hypothèse peut malgré tout être avancée qui justifierait le choix d’un module en fonction de son sexe, en effet en Indonésie les gros modules sont souvent réservés aux femmes pour leur manque d’élégance, des cigares associés à une forme trop phallique, trop disgracieuse pour être mis en bouche par le modèle masculin. Voici peut-être une des raisons de l’absence de robusto, de toro et autres formats XXL du catalogue Hollandais. Bien entendu, j’accepte volontiers vos idées sur le sujet. Voici une petite liste exhaustive des marques reconnues pour cette région du globe : De Olifant, Jacob Van Meer, Van der Donk, Hajenius,  Compaenen, De Hertogh, Huifkar, Oud Kampen, Jacob Van Meer, Charles de Broukere. Ne soyez pas étonné de retrouver dans certains mélanges du tabac du Brésil  ou Dominicain pour les ‘blends’. 

Nous sommes le 9 août à 13h50, rendez-vous pris au café Papon à Genève en compagnie de Charly avec qui je vous propose la dégustation d’un « Néerlandais ». Le morceau choisi n’est autre qu’un grand corona du fabricant « van der Donk », plus précisément le module ‘Felicidad Don n°2. Nous allons donc nous efforcer de tester ce cigare avec le plus de précision possible et cela sans a priori ! Pour nous deux, c’est une réelle découverte puisque aucun de nous ne connaît ce cigare et son terroir dont voici le résumé. 

Contact visuel, la couleur ne correspond en rien au nuancier que je connais habituellement ! C’est une teinte claire à l’évidence, mais rien à voir avec la couleur ‘Colorado’ d’une cape Connecticut par exemple que je trouve plus chaleureux et plus soyeux. Plus terne pour celle-ci, qui se rapprocherait plus pour ma part d’un Colorado/ verde, une sorte de marron vert ! Pour la construction, je le trouve assez soigné, mais rien de très expressif. Question densité, la fermeté l’emporte tout de même sur la souplesse qui pourrait lui faire défaut, mais rien de très anormal pour ce type de cigare réputé souvent plus sec. 

Pour la perception à cru, je la trouve toutefois gouleyante où les arômes dilués, d’humus, de feuille morte, de terre, préfacent un caractère automnal. À ça s’ajoute une odeur de vieux grenier, mélange de plancher poussiéreux et de vieux vêtements. Étrangement, Charly et moi sommes d’accord sur le fait que ce mélange atypique nous conduit sur une valeur plus distincte dans son ensemble qui n’est autre que le thé ! Le thé noir plus exactement. 

Ensuite dès l’allumage, rien de surprenant de percevoir et de retrouver cette légèreté dans les premières bouffées ! Un premier temps dont la consistance moyenne se localise sur l’avant de la bouche et non sur l’arrière du palais comme le ferait un bon cubain. Les notes se concentrent sur le terreux et le thé, mais cette fois-ci un thé à la menthe, caractérisé par une forme de fraicheur à la dégustation. Difficile pour le moment d’interpréter objectivement cette saveur, faisons-nous face à un excès ou à une carence aromatique qui abuserait de notre sens du discernement ? Soyons patient. En attendant, nous pouvons ajouter pour clore ce premier temps, un côté analgésique situé sur l’avant de la bouche, situé sur les lèvres et l’extrémité de la langue, une sensation pas désagréable qui nous laisse assez perplexes mais rien de très complexe non plus ! Par la suite, l’absence de rondeur persiste et signe vers une persistance plutôt fugace et linéaire. Un fumage facile et conciliant, pourrait-on soutenir ! 

La 2e partie est tout aussi courte ! La perception reste globalement inchangée avec toujours un manque de corps. Le thé mentholé toujours présent sonne maintenant comme une promesse ambitieuse contre l’infortune de ce cigare, un brin ennuyeux, mais intéressant à la fois pour la découverte et le dépaysement. Comment ça ? Eh bien imaginez une excursion au milieu d’un désert, le concept est bien sûr captivant, mais chiant à la fois ! Désolé pour cette analogie lapidaire qui résume très bien mon ressenti de cet instant.  

Difficile de simuler un 3 temps inexistant qui s’apparente plus aux prolongations d’une 2e mi-temps dont le jeu reste quasi inchangé ! Un cigare toujours très léger et facile à fumer qui n’éveille rien de très surprenant, mais en cherchant bien le final semblerait plus poivré et plus frais encore ! Cette fraîche sensation pourrait venir d’un léger ammoniac auguré en début de fumage. Dans l’ensemble, notre jugement n’est pas si déplorable que ça et ce « Néerlandais » se revendique comme cigare de proximité, accessible au plus nombreux et aux moins exigeants. Que nous qualifions par définition de « cigare d’apéro ou de compagnie ». Notre note de cœur 10/20 (manque de corps, de longueur et de rondeur d’âme)      

 

  • Origine: tripe : sumatra deli, Sous-cape: java besoekicape: Havana, Brasil en Java
  • Format: gran corona
  • Taille: 170mm 
  • Bague: 43 
  • poids: 9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 6,5€

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cigare roulé à la main à l'usine de Culemborg en Hollande

à partir de tabac de Sumatra/ Java. 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

07:00 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/08/2014

Tom Jones cigars

Grand amateur de cigare, Sir Thomas John Woodward, OBE, dit Tom Jones (né le 7 juin 1940 à Pontypridd dans le comté gallois du Rhondda Cynon Taf), est un chanteur britannique très populaire durant les années 1960 et 1970. Il connaît un regain de succès mondial, surtout en Europe, à la fin des années 1990 notamment avec la chanson Sex Bomb. Depuis 1965, il aurait vendu plus de 100 millions de disques. Il fut également élu artiste du millénaire par le magazine Rock&Folk (no 26 de septembre 1999).

Né dans un village minier du sud du pays de Galles, Tom Jones épouse à 17 ans une amie d'enfance, Linda Trenchard, qui lui donne un fils, Mark, devenu son producteur à la fin des années 1980.

Subvenant aux besoins de sa famille à travers différents emplois, il chante le soir dans les pubs avant d'apparaître avec son groupe dans des clubs privés. Il est alors remarqué par Gordon Mills, chanteur du groupe The Viscounts, qui vient de se séparer. Mills devient l'agent de Tom en 1963. Le premier contrat est signé en 1964 et les chansons écrites par Mills rencontrent un franc succès, en particulier It's Not Unusual (1965), le second single de Jones, et What's New Pussycat. Il reçoit le Grammy Award du meilleur nouvel artiste en 1966. Sa voix chaude et puissante fait de lui un interprète de choix dans le registre pop et funk. Adoptant un style vestimentaire branché pour l'époque (pantalons moulants et chemise à col pelle à tarte), il met à profit sur scène son sex-appeal, déclenchant l'hystérie de ses fans (dont certaines n'hésitent pas à lancer leur culotte sur scène).

Source Wikipédia.

 

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Le XVI festival Habanos 2014 avec Tom Jones.


07:00 Écrit par Edmond Dantes dans Personnalité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/08/2014

Saint Luis Rey "double corona"

Une déception à la hauteur de mes espérances !

Choisir de fumer un double corona est toujours un moment privilégié qui demande beaucoup d’attention dans le choix de son module. En effet le double corona est pour moi le cigare par excellence, le format idéal pour s’évader pendant 2 à 3 heures dans un état contemplatif à condition que l’histoire racontée par celui-ci soit digne du meilleur des réalisateurs. Un double corona se doit d’éveiller vos sens du début à la fin comme dans le ferait un bon film, pas de place à l’ennui d’un long métrage lymphatique sur les tribulations passionnées d’un nettoyeur de vitre, sourd de surcroit ! Bien décidé à trouver un tel cigare dont la seule ambition serait de me séduire, je choisis pour cette dégustation ce Saint Luis Rey suggéré par un de mes lecteurs ! Ce double corona quelque peu oublié mérite peut être une mise en lumière. Dont voici ma petite analyse personnelle.

Pour l’analyse visuelle et olfactive, difficile d’être critique ! D’une construction ferme et osseuse à la couleur uniforme Colorado/ maduro des plus appétissantes, ce double corona charme de suite les sens. Sa souplesse reste moyenne pour un poids presqu'égal à sa longueur de 20.8 grammes pour 19,4 cm. La cape finement nervurée et brillante vous laisse au mouillage un souvenir iodé sur les lèvres, de bord de mer. Tambours battants, la cape exalte avec brio des flagrances douces et boisées, de notes vanillées, de consonances pâtissières des plus gourmandes. Un profil olfactif des plus agréables, un double corona qui en impose par tant de prestance. Un ‘trailer’ jusque là sans faute qui appelle à une dégustation magistrale et conforme, espérons-le !

Mes premières sensations après 10 minutes de fumage sont plus qu’incertaines ! Le démarrage est sans fanfare ce qui en résulte un manque de consistance, dépourvu d’une aromaticité captivante tout en demi-ton, salué par la fée ‘astringence’ qui essaye tant bien que mal de vendre ses faveurs comme un ‘menu du jour de routier’, décidément déprimant ! La majeure partie flirte sur des notes de foin humide, d’humus, voire de moisi et de noix fraîche. Pour ce qui est de La rondeur, ainsi que la longueur, elles vont de paires, aucune des deux ne brille pas son courage ! Une introduction fébrile et asthmatique qui ne présage rien de bon après ces 25 minutes de dégustation. Mais pourtant après une bonne demi-heure, c’est avec considération de constater une petite éclaircie dans ce sombre tableau. En effet, sur la fin de cette première partie, il est agréable et surprenant de goûter progressivement à des nuances plus estivales comme la volupté et la suavité, ainsi qu’une consistance en nette amélioration. Pour ce qui est de la rondeur, celle-ci se distingue par une meilleure homogénéité des arômes identifiables comme la noisette, le café crème et la terre. Bien heureusement, son côté tannique n’est plus qu’un souvenir maintenant, une métamorphose soudaine et appréciable, enfin !

Dans la seconde partie, mise à part une consistance plus mesurée, le fumage se prolonge agréablement sans surprise, sans me procurer une satisfaction réconfortante et rassasiante que l’on pourrait attendre d’un tel cigare pour caler ma faim ! Rien de très évolutif non plus dans cette tragédie cubaine qui puisse sublimer ses arômes fragiles et impuissants. Petit à petit les saveurs s’intensifient mais se révèlent lourdes de conséquences à l’approche du dernier tiers, celle-ci m’annonce une pénitence des plus acerbes ! Ce plaisir éphémère, très vite avorté, doué d’illusions revêche décline inexorablement vers l’antipathie.

Le 3e temps comme je le pressentais glisse rapidement sur des saveurs impétueuses, grâce à l’accroissement d’une force qui envoie très fort, trop fort ! Une perception brute affectée par l’âcreté brulante et anesthésiante des plus désagréables qui soit dans un cigare. Plus grand-chose à dépeindre dans cette dégustation semblable à des ruines fumantes et illusoires. Et c’est négligemment entre l’index et le pouce que je le propulse très loin de moi dans les rosiers pour vite l’oublier. Énervé ! pas du tout, déçu, sûrement. Pour ma conclusion, sur 2 bonnes heures de fumage comptez pas plus de 30 minutes que je qualifierai de pas trop mauvaises, voire de bon pour ceux qui me trouveraient trop cinglant dans mes propos, mais rien de planant. Ma note de cœur 8/20 (à éviter) un cigare qui commence et finit très mal.

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Double corona
  • Taille: 194 mm x 19 mm
  • Bague: 49
  • poids: 20,8 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 13€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

10:15 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Saint Luis Rey | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

31/07/2014

Ma journée avec Hendrik Kelner ( 1er partie ) Davidoff

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Nous sommes le 20 mai 2014 et il est précisément 13h30 ! Lorsque je reçois un appel inattendu de Thomas Mathys (responsable de la boutique Davidoff à Genève) : « Bonjour Edmond, c’est Thomas ! Une petite info qui devrait te plaire pour ton blog. Hendrik Kelner sera sur Genève cette fin de semaine, que dirais-tu de le rencontrer ce vendredi  lors d’un déjeuner suivi d’une interview exclusive autour d’un cigare au sein de notre boutique ? »

Waouh…je n’en croyais pas mes oreilles !! Un peu abasourdi et après quelques secondes de réflexion, pas beaucoup plus ! : « C’est génial d’avoir pensé à moi Thomas, c’est un grand ‘OUI’ bien sûr ! Un privilège que je ne manquerai pas.» Passons les détails afin de m’organiser, le rendez- vous était pris pour 14h30, restaurant « La Cigogne » établissement Genevois très réputé de la ville, situé place de Longemalle à 50mètres de la boutique. Un peu anxieux tout de même de rencontrer ce personnage, celui par qui Davidoff conçoit aujourd’hui et cela depuis presque 25 ans tous les cigares dominicains du groupe Davidoff en passant par AVO et Griffin. Il est aussi l’ami des premières heures de Zino Davidoff, rencontré dans les années 90, une collaboration courte mais efficace entre ces deux hommes de talent qui façonnera à jamais le renouveau de la marque jusqu’à nos jours. Malheureusement Zino quitta l’aventure en 1994 (date de son décès).

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Hôtel "La Cigogne"

Cette rencontre avec Hendrik Kelner me donne l’occasion inespérée d’effleurer le génie d’un homme dont la vie entière a été consacrée au cigare, comme si un gastronome amateur se voyait invité à se joindre à la table d’un Paul Bocuse ou d’un Alain Ducasse et dans le même temps déguster en fin de repas un vieux rhum Clément sous la tutelle avisée d’un Mr De La Guigneraye’! Cette analogie des genres n’est en rien exagérée pour tout aficionado qui se respecte. Voici pour vous le résumé de cette journée trépidante, une interview construite sous forme de brunch anecdotiques et métaphoriques, d’explications agronomiques et passionnantes signées Henky (Hendrik Kelner).

Vendredi 23 mai 2014, 14h…Le jour J.

Après avoir pris place, moi, Thomas, Mr Kelner et Mme Kelner sans oublier Roxana une amie Cubaine qui s’est volontiers jointe à nous pour m’aider dans les traductions espagnoles. Nous commençons tranquillement nos agapes entrecoupées de quelques généralités, de discussions légères et curieuses sur les différents choix culinaires de nos plats. Pour ma part, je choisis les ris de veau cuits au four à l’étouffée dans sa feuille de tabac, tout à fait de circonstance pour commencer cette journée. 45 minutes plus tard, le serveur revient et me présente le ris de veau à la sortie du four encore tout enveloppé, amusé par ce plat Henky demande à sentir de plus près ce drôle de paquet ! Après quelques minutes de réflexion, il affirme tranquillement : « C’est sûrement une feuille de Virginie, la couleur très ‘amarillo’ (jaune) et son goût douceâtre s’adapte parfaitement à la cuisine de chef » Le regard médusé, nous acquiesçons cette première leçon avec étonnement. Plus détendu maintenant en cette fin de repas, le vin aidant, nous conversons allégrement entre espagnol, anglais et français sur des thèmes divers et variés sous l’égide et la bonhomie d’un Henky toujours soucieux de nous donner les meilleures explications sur les diverses questions abordées, sans oublier la gentillesse et l’altruisme de Mme Kelner pour qui la culture du tabac fait partie de sa vie, en effet Mme Kelner participe activement aux diverses recherches agronomiques entreprises en République Dominicaine par son mari.

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Mme Kelner & Mr Kelner

ED : « A la question, quel est votre secret pour créer de nouveaux mélanges ?  (Question un peu absurde quand on y pense, mais pas forcément !), Voici son idée sur la question ».

HK: « Quand je rêve, je crée ! Vois-tu lorsque tu dors, il est difficile de se souvenir de tout. Mais avec le temps et de la concentration, j’ai pris l’habitude de prendre une douche tiède de suite au réveil, pendant ce moment de quiétude avec moi-même je me remémore mes rêves avec plus de clarté, tout me revient doucement au bout de quelques minutes ! Ainsi en dormant je travaille à de nouveaux mélanges, de nouvelles idées tout en rêvant. Ensuite lorsque je retrouve mes fidèles collaborateurs et amis, certain en me voyant arrivé me lance d’une voie ironique «  Vous, vous avez pris une bonne douche ce matin, qu’avez-vous rêvez pour nous ce matin señor Kelner ? » Le secret de la réussite est très simple: ‘Dormir pour ne pas se reposer, mais dormir pour rêver ! » Un très bel aphorisme dans lequel nous pourrions tous puiser notre inspiration et nos ambitions ».

ED : « Et aujourd’hui Mr Kelner, qu’elles seraient vos rêves de cigare pour l’avenir ? ».

HK: « On ne peut pas savoir quelles seront les meilleurs mélanges à venir. Et je ne crois pas qu’un jour nous le saurons, c’est quoi un bon cigare ?, c’est quoi la meilleure terre ?, c’est quoi le meilleur terroir ?, la meilleure semence, etc…Si nous arrivions à répondre à toutes ces interrogations, tous nos espoirs et nos rêves n’y survivraient pas. Chaque nouvelle journée doit être consacrée à créer et tester de nouvelles choses et les améliorer, apprendre et comprendre un petit peu plus chaque jour sur la nature. La condition n°1 pour éveiller l’apprentissage, c’est l’humilité ! On peut s’instruire de quelqu’un qui cultive la terre alors que cette même personne ne sait ni lire et ni écrire. Celui qui prétend tout savoir n’est qu’un âne, en définitive,  il ne sait rien, il ne comprendra jamais le travail des paysans ainsi que la nature et le temps qui façonnent jour après jour la semence, la plante.  Encore une seconde chose, plus tu penses avoir compris, moins tu en sais ! Parcequ’une découverte apporte à son tour son lot de nouvelles questions, comme une multitude de portes qui s’ouvrent simultanément vers d’autres horizons, d’autres interrogations ».

ED : « Comment depuis 25 ans de collaboration avec Davidoff, votre travail s’effectue-t-il  en république dominicaine? Etes- vous influencé, voire dirigé par les différents responsables qui gèrent les intérêts commerciaux de la marque aux quatre coins du monde ? ».

HK: « La création, la composition d’un cigare s’écrit comme de la poésie, celle-ci provient de l’intérieur de soi, elle fait appel à des émotions très personnelles que l’on couche un jour sur du papier pour ne pas les oublier, je sais  ça fait très romantique, mais tout commence comme cela ! Mais à côté, comme tout commerce, les impératifs de marché nous rappellent que nous devons  satisfaire certaines demandes du marché. Ecrire ce que l’on vend demande à suivre un cheminement précis alors que la poésie est illimitée! Dans le cigare, comme dans la poésie il doit y avoir de la rime. La seule différence entre un cigare et un poème, c’est qu’un poème ne change pas, il se lit toujours de la même façon grâce à une ponctuation précise. Alors que le cigare, lui change tout le temps, il faut sans cesse équilibrer la stimulation et la consistance qui évoluent à chaque fois afin d’être le plus proche possible de la recette initiale.

J’aime comparer le cigare à l’amitié. Qu’est-ce que l’on attend de son meilleur ami ? On attend d’un ami qu’il soit fidèle avant tout, (rire) mais rien à voir avec l’autre le ‘Fidel…

Bref tu attends d’un ami une amitié loyale et équilibrée à chaque fois que tu le retrouves. Les relations avec un ami du type bipolaire ou lunatique par exemple deviendraient angoissantes pour à rencontre !

Un cigare est comme votre meilleur ami, même après 1 semaine, 1 mois, 1 année, les retrouvailles doivent être les mêmes et conformes aux premiers jours de votre rencontre. Pour le cigare, cette régularité et cette consistance donnent au fumeur un sentiment  sécurisant et de quiétude. Le fumeur retrouve dans sa dégustation un souvenir olfactif rassurant et apaisant, celui des retrouvailles avec un fidèle ami ! ».

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Hendrik Kelner

ED : « Mr Kelner poursuit cette discussion, sur les origines du goût que nous percevons en fumant un cigare. ».

HK : « Tout provient de la fumée qui encense et stimule les différentes parties de notre langue. Prenons deux cigares différents, leurs stimulations respectives sont déterminées par leur génotype (c'est-à-dire le patrimoine génétique de la semence) et de son environnement (la terre, le climat et le labeur des hommes). Cette saveur perçue dans ta bouche provient du type de terroir, de la graine choisie, du choix des feuilles sur la plante, du soleil, de la pluie, ensuite vient le séchage et les divers processus de fermentation, jusqu’au mélange final qui déterminera l’identité de ce cigare. Toutes ces phases de production donneront une composition chimique unique à la fumée, ainsi qu’une consistance propre à ce type de cigare. Et ce mécanisme qui semble immuable évolue sans cesse à chaque récolte ».

ED : « Comment faites-vous pour retrouver chaque année les caractéristiques olfactives et individuelles de tel ou tel cigare? ».

HK : « Dans un premier temps, Il faut séparer les semences et les attribuer en fonction de chaque terroir, ensuite au stade de la récolte vient le rôle de la sélection des feuilles (les différents étages foliaires), puis l’attribution de l’année de récolte, tout est minutieusement répertorié et stocké dans des entrepôts. C’est comme la cuisine d’un grand restaurant, le cuisinier mélange chacun de ses ingrédients pour réaliser une recette écrite et répétitive pour chaque service.Voilà, pourquoi tu associeras 20% de tabac de celui-là avec  40% de celui-ci, etc… ! Afin de toujours respecter une nomenclature précise et établie.Chaque tabac joue son rôle dans le goût, certains stimuleront uniquement le fond de la bouche, d’autres ce sera plus sur les côtés de la langue et parfois le bout de la langue avec des tabacs plus épicés. On trouve aujourd’hui des tabacs sucrés, salés, amers, acides, piquants, des sensations démultipliées par une multitude de nuances avec lesquelles nous composons chaque jour ».

Petite intervention de Thomas Mathys.

TM : « Maintenant, nous allons passer de la théorie à la pratique et nous rendre au magasin choisir un bon cigare, car la meilleure façon d’en parler, c’est bien sûr dans fumer un ! »

ED : « Quelles sont vos plus beaux souvenirs de cigare ? ».

HK : « J’ai bien des souvenirs, mais je ne pense pas que ce soit si important que ça ! Par contre, je me souviens d’une chose anodine qui me semblait peu importante à l’époque, mais s’est révélée dans le futur d’une belle réussite que je peux classer comme ‘bon souvenir’. Cela remonte à 11 ans maintenant, à l’époque nous avions décidé de changer le profil d’un cigare Davidoff, pour cette demande je m’étais procuré de très belles feuilles de cape en provenance du Nicaragua, malheureusement après moult débats divergents avec les différents responsables, ce projet de feuille de cape Nicaraguayenne tomba dans l’abandon et finalement toute cette production fût tout simplement oubliée pendant 10 ans. Mais passé ce temps, les choses ne pouvaient qu’évoluer dans le bon sens, puisque le marché du cigare au Nicaragua très florissant nous suggérait de créer une ligne ‘Davidoff Nicaragua’. Après un bon rêve et une bonne douche (rire complice),  l’idée d’utiliser mes feuilles oubliées du Nicaragua devenait limpide ! Voilà un très bon souvenir, comme quoi rien n’est jamais perdu ! »

ED : « Petite pause après être sorti du restaurant, le temps de nous rendre de l’autre côté de la rue à la boutique Davidof ». Nous nous retrouvons  tous maintenant dans la boutique où nous croisons un fidèle des lieux, Mr Charly Schwarz, personnage singulier et attachant de Genève ( ancien reporter de presse, politicien et artiste photographe ) et bien sûr amateur de cigare, forcément quelqu’un de bien !

Charly profite de cet instant pour questionner Mr Kelner ».

CS : « Selon vous, quel serait le meilleur choix de cigare réunissant à la fois le goût à un prix moyen entre 8 et 11 CHF dans l’ensemble des marques Davidoff ».

HK : « Le Z - Class 643 Zino Platinium à 9,60 CHF réunit très bien ces deux qualités ! ».

ED : « Cette question anodine de Charly oblige Mr Kelner à développer sur la nature de la sous-cape, cette semence rare connue sous le nom de ‘Pelo d’Oro’, choisie justement pour la ligne ‘Z – Class ».

HK : «Le « Pelo d’Oro » est une semence hybride créée par les agronomes cubains au milieu du XXe siècle, croisement entre un tabac oriental turc et mexicain, mais en raison d’une trop grande vulnérabilité aux maladies, ce tabac expérimental fût rapidement abandonné dans les années 80 après quelques incidents majeurs dans les cultures de la vuelta à Cuba. Aujourd’hui quelques rares vegueros l’utilisent toujours pour une consommation locale uniquement dans la partie centrale (remedio). Aujourd’hui le Pelo d’Oro n’est plus utilisé dans les Caraïbes, le seul endroit possible pour le produire se trouve au Pérou dans une région suffisamment isolée sur les hauts plateaux, des conditions favorables à son développement. Pour les mêmes raisons, il pourrait aussi être cultivé dans certaines régions d’Ecuadors, je pense ! (L Pelo d’Oro est connu pour être un tabac assez puissant, savoureux ainsi que douceâtre).

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ED : « Que préférez-vous fumer Mr Kelner ? ».

HK : « Je fume souvent le robusto Special R parce qu’il est léger et qu’il n’irrite pas contrairement au Puro d’Oro Magnificos qui est beaucoup plus puissant et intense en goût. Ce type de format correspond très bien à ma physionomie, je vous rappelle que la traduction du mot espagnol ‘robusto’ se traduit en français par petit et costaud ! » (rire)

ED : « Alors moi, du haut de mon mètre 90, vous me conseillez surement un double R ! (double corona) » (rire). Sur les conseils avisés de Thomas Mathys, mon choix se confirme sur un ‘n°3 Anniversario colorado claro’, sans être une ‘édicion Limitada’ officielle, la production de ce cigare reste toutefois limitée ! Parfait comme transition ».

«  Je suis certain Mr Kelner que derrière ce cigare se cache une belle anecdote concernant sa création ! ». 

HK : « Dans les années 90, lorsque la stratégie marketing de lancer les cigares Davidoff dominicains sur le marché américain, notre renommé ex-directeur le docteur Ernest Schneider voulait pour ce nouveau départ des cigares légers et pas trop forts. Alors que jusque-là Cuba offrait une palette aromatique bien plus intense et forte. Il nous fallait alors se distinguer par des saveurs complètement différentes, un pari risqué mais qui s’avéra judicieux par la suite. D’ailleurs une de nos premières publicités aux USA illustrée par la photo d’un homme distingué et sans visage disait : « Les fumeurs ont affiné leurs palais, leurs goûts, leurs désirs et nous, nous avons affiné vos cigares avec un Davidoff n°1 ». En effet nous avions repris le n°1, N°2 et Ambassadrice, nom de leur homologue Cubain, mais cette fois dans leur version Dominicaine, aujourd’hui  plus connue par la ligne actuelle ‘Classic’. Des cigares dont la cape tirait résolument vers le jaune, plaisaient énormément en ce temps-là ! Une couleur beaucoup moins appréciée aujourd’hui.

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Doc Ernest Schneider

La toute première ligne Dominicaine fût la série ‘Mille’ mais sans le 6000 qui ne vit le jour que bien des années plus tard, suivi ensuite de la ligne ‘grand cru’ en remplacement des célèbres Châteaux. Puis la série anniversaire dont le n°2 remplacerait dignement l’extraordinaire ‘Don Pérignon’ cubain.

Lorsque la nouvelle mouture du magasin, 2 rue de Rive à Genève, ré-ouvrit, notre ex-responsable développement tabac/ cigare Mr René Hollenstein, émit l’idée que nous devions nous aussi posséder un format robusto dans notre gamme ! Mais un robusto d’une consistance plus forte, différent des précédents mélanges. Par contre, pour toujours nous distinguer, il ne devait pas s’appeler ‘robusto’. Voici comment est né la ligne ‘Spécial’ et le format robusto baptisé ‘Spécial R’ d’ 1/8e de pouce en moins sur la longueur, le ‘R’, clin d’œil à(R)ené Hollenstein l’initiateur de ce projet ! Tous les formats de cette série se succédèrent jusqu’au défi de rouler un format ‘pyramid’ appelé ‘Spécial T’,mais sans les moules que nous ne possédions pas encore, une véritable prouesse pour nos torcedores.

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René Hollenstein

Peu de temps après, toujours aux USA, un nouveau cigare très apprécié par son format plus long qu’un ‘robusto, baptisé ‘toro’ faisait son apparition sur le marché ! Forcément, nous devions offrir à nos clients ce type de module, mais sans l’appeler ‘toro’ bien évidemment. Voilà comment est né l’Anniversaire n°3, un nom plus chic dans l’esprit Davidoff pour lui donner plus d’élégance et une meilleure impression. Par contre notre cape était beaucoup trop claire pour les Etats-Unis, les développeurs marketing voulaient une sélection différente avec une couleur plus sombre pour les USA, la cape claire pour l’Europe et une teinte moyenne spécialement destinée à l’Espagne. (Un petit rappel, pour obtenir des feuilles de capes plus sombres, il faut choisir les feuilles du haut du plant de tabac qui s’accompagnera d’un séchage et d’une fermentation plus longue) .

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Bien entendu, nous allions répondre à cette demande et ainsi fournir des capes plus sombres pour l’Anniversario n°3 aux USA, je vous passe les détails de son développement ! Mais au moment du tri de ces feuilles, nous nous sommes aperçu que certaines d’entre elles étaient encore plus sombres ! Que pouvions-nous en faire ? Les utiliser, mais comment ? L’idée de créer un nouveau cigare en petite quantité s’est trouvé être une excellente idée, ce que nous fîmes. Mais une fois lancé, cette ligne rencontra un succès étonnant sous le nom de ‘colorado claro’, la demande pour ce cigare était exponentielle, nous subissions la pression du marché américain qui en voulait toujours plus ! Malheureusement  nous ne pouvions pas en produire plus, ces feuilles plus rares ne suffisaient qu’à une petite quantité de cigares! Mais la demande était là, toujours plus forte, nous devions réagir rapidement. Après réflexion et quelques essais, nous avons créé une nouvelle cape en production limitée, plus simple à développer, laquelle serait un hybride (habano- Connecticut) bien plus aromatique que l’autre. Et voilà en quelques mots, l’histoire de ce toro ‘colorado- claro’ que vous dégustez actuellement. »

ED : « Mr Kelner, j’entends souvent dire que la cape n’influence pas le goût du cigare ? Qu’en pensez-vous ? ».

HK : « La seule réponse que je puisse donner en argumentant et : ça dépend ce que vous fumez !!

Explication ! Sur un  gros diamètre, la cape aura peu d’influence. Mais  prenez au contraire un diamètre plus petit, il y aura une influence évidente. Dans un cigare la cape représente de 15 à 25% de son volume total selon le type de module, elle n’est pas proportionnelle au poids du cigare. Prenons par exemple un format ‘perfecto’, vous êtes d’accord sur le fait qu’au départ, vous fumez plus de cape au milieu et plus vers la fin !! Un autre facteur important concerne la tripe, plus elle est légère, plus la cape influence son goût et à l’inverse pas du tout. Donc ça dépend !!

Voici une analogie qui résume cette influence, prend une soupe (environ 2 litres), tu ajoutes environ 2% de tabasco, et bien l’influence sur le goût dépend de ce que l’on ajoute dedans ainsi que la quantité !

Pourquoi certains cubains disent que ça a peu d’importance ? A Cuba, vous trouvez des terres principalement dédiées à la culture de cape, mais le rendement est très faible environ 18 à 20%, c’est très peu ! Mais le tabac non utilisé en cape n’est pas perdu pour autant, il est recyclé comme tabac de tripe !! Il y a quelques années lors d’une discussion avec un responsable  Cubain, concerné justement la non influence de la cape sur le goût du cigare, voilà ce que j’ai pu lui dire : « Imagine que je prenne une belle feuille de cape et que je mets mes 2 doigts au travers, ce n’est plus une cape ! Cela devient forcément une feuille de tripe, mais maintenant tu me dis que cette feuille a de la saveur ! Juste avant aucune et maintenant une influence ! » Il me répondit : «Oui, cette cape influe tout de même un peu sur le goût ».

Certaines sont sucrées, d’autres ont une légère salinité, voire même de l’amertume parfois, d’où une influence certaine sur l’ensemble de la dégustation, bien évidemment ! Prenons un dernier exemple sous forme d’expérience soumise à des visiteurs venus me rendre visite en république Dominicaine, je leur ai préparé 2 cigares identiques, sauf pour la cape dont l’une était une feuille ‘Connecticut’ et l’autre une feuille ‘Yamasa’. Après la dégustation de ces deux cigares, je leur pose ‘la question’ ? « Quel est votre cigare préféré ? » La plus grande proportion des gens choisit celui avec la cape ‘Yamasa’ plus épicé, plus intense et doux avec une complexité aromatique bien plus étendue qu’une cape ‘Connecticut’ ».

L' intégralité de l'interview se trouve ICI

( Fin de la première partie, à suivre... )

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Henky et moi

08:53 Écrit par Edmond Dantes dans Interview | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

29/07/2014

CASA MAGNA 'Oscuro' format toro

Malheureusement pour les résidents français, je ne pense pas que cette ligne ‘oscuro’ soit disponible actuellement en France ! Celui-ci provient d’une civette se trouvant à Bâle en Suisse, inutile aussi de chercher sur Genève, personne ne les propose pour le moment ni ( Gestocigars, Davidoff, Tabac Rhein et Spring Cigare). J’estime cela hallucinant que cette marque soit introuvable dans cette grande ville, que ce soit la ligne ‘Colorado’ ou ‘oscuro’ ! Le plus proche de Genève pour se procurer les Casa Magna ‘Colorado’, la version la plus commune se trouve à Nyon (civette ‘La Couronne' tenue par Alexis) et sur certains sites de vente en ligne Suisse.Pour ceux qui connaissent déjà cette marque et qui l'apprécie, voici leurs différences, l’un est un puro réalisé à partir de tabac du Nicaragua pour le ‘Colorado’ et pour l’autre un cigare fait d’une tripe unique du Honduras mais d’une sous- cape Honduras/ Nicaragua pour l’‘oscuro’. Des terroirs complètement différents, mais à la signature gustative très proche dont les saveurs restent tout de même étrangement analogues ! Rien à voir avec un puro du Honduras du type ( Maya de Selva, Flor de Copán ou Zino Platinum) pour ne pas les citer. Cette ligne ‘oscuro’ comprend 5 modules dont un (belicoso, Churchill Gordo, toro, robusto est un n°4) contre 11 modules pour la gamme ‘Colorado’.Pour cette dégustation, un format ‘toro’ me semblait approprié pour cette dégustation, un joli module un peu plus élancé qu’un robusto.

Visuellement rien à dire, la cape oscuro d'aspect huileux et satiné exalte des flagrances suaves et grasses, de chocolat noir et balsamique. Des senteurs gourmandes qui ne laissent pas insensibles, au bouquet intense et enivrant ! Au toucher, je l’écrase très facilement entre le pouce et l’index, un cigare très moelleux de la tête aux pieds doté d’un remplissage uniforme. Belle construction dans l’ensemble, mais beaucoup moins ferme que la ligne ‘colorado', si vous les comparez.

La première salve que je reçois après trois bouffés n’est que réelle douceur ! Tout en onctuosité ainsi qu’une suavité à vous décrocher un aller simple pour ‘Cigarland'. Un léger sucré perceptible et éphémère vous emmène tranquillement sur des notes vanillées, de miel, de café moka, juste et contrebalancée par des notes plus animales, d’étable et de viande rôtie caramélisées. Des saveurs intelligemment sublimées, gourmandes et séduisantes dont mes papilles raffolent. Un démarrage tout en couleur associé à une puissance moyenne pour l’instant, offrant un rancio excellent. D’une belle persistance et d’une bonne consistance, ce duo voluptueux et équilibré gère une introduction surprenante. Conquis, j’espère que tout cela sera bien maîtrisé jusqu’au bout. Méfiance ! Quand c’est trop vite bon, en général le cigare s’épuise rapidement.

La seconde partie inébranlable prend le relai après juste 30 mm de fumage, celle-ci déborde d’une abondante richesse et d’une rondeur bien plus homogène maintenant qui s’ouvre vers une saveur bien singulière, celui d’un vieux souvenir, celui de la réglisse ! Étonnant comme ça remonte parfois à très loin. Souvenez- vous de ces petites boîtes en fer blanc marquées de ces 3 lettres grasses ‘ZAN’ ? Eh, bien c’est exactement ce goût si particulier qui ressort de cette seconde partie. Quoi de meilleur ? Qu’une saveur et un souvenir pour écrire une belle histoire.Mais tout doucement et avec regret le vent semble se lever, la puissance qui jusque-là jouait les seconds rôles, augmente pernicieusement, bousculant avec insolence les autres acteurs laissés de côté comme de simples figurants dans cette mise en scène à présent galvaudée ! Eh oui, cette entrée trop précoce, cette puissance soudaine anéantit mes espoirs, me laissant sur ma faim avec désenchantement. Vraiment dommage, car à mon avis cela risque de compromettre cette dégustation si bien entamée, surtout qu’il me reste environ un bon tiers à fumer, d’environ 30 bonnes minutes !

Comme je le craignais la suite, la 3e partie sans grand intérêt développe une force qui vous entraine inexorablement vers de profonds abîmes ! Cette nouvelle perception apporte en bouche une linéarité enivrante sur fond d'ammoniac très déplaisant. Difficile dans ces conditions de maintenir le cap !

Une dégustation que je préfère enterrer à contre cœur. Malgré tout, rien que pour ses 45 premières minutes magnifiques, je retenterai l’expérience avec un autre module, peut-être mieux équilibré comme un robuste par exemple. Ma note de coeur 15/20 est amplement méritée, même si ce final empoisonneur triomphe sur ce dernier chapitre.

 

  • Origine: tripe : Honduras, Sous-cape: Honduras/ Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152 mm x 19 mm
  • Bague: 48
  • poids: 16,9 gr
  • Année: 
  • Prix Suisse: 8€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

15:54 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/07/2014

CIGARES UP IN SMOKE "Jonathan Futrell"

Préface "Up in smoke"

Disparus les gangsters et les businessmen agressifs. Mais le cigare leur a survécu, adopté par le monde des arts et de la mode. Le cigare de luxe sera au nouveau millénaire ce que le téléphone portable était aux années quatre-vingt- dix.

Up in smoke puise son inspiration dans le courant d'avant- garde et nous entraine dans un voyage au pays des cigares et du luxe. Adoptés par les grands de la mode, les stars et autres étoiles médiatiques, ces gros stogies en forme de missiles ne sont plus le symbole répugnant de l'avidité et de la cupidité mais celui d'un monde plus apisible, d'Isabella Rossellini et Linda Evangelista à Madonna, Matt Dillon et sir Terence Conran, le Gourou de la mode londonnienne. Pour tout dire, le cigare est devenu symbole de sensualité.

Jonathan Futrell nous fait découvrir l'ambiance tout imprégnée du romantisme des tropiques, des maisons et des bars de cigares dont le nombre croissant témoigne de la popularité inégalé dont ils jouissent aux Etats- unis, en France, en Allemagne et au Japon. Ses reportages à Las Casas del Habano à Paris, au Cow Bar de Tom Conran à Londres et au Grand Havana Room de Los Angeles nous donnent une idée remarquable du culte voué au cigare aujourd'hui. Il chasse de notre esprit cette réputation caricaturale d'apanage du businessman conquérant pour nous introduire dans le monde somptueux des épicuriens de la mode.

Comme tout engouement, la consommation du cigare génère ses propres règles et ses accessoires. Vous trouverez ici le cigare qui convient à votre propre style en parcourant cet inventaire minutieux des myriades de types et de tailles, d'arôme et de goûts, sans oublier un catalogue détaillé des ustensiles indispensables aux connaisseur depuis les étuis de cuir précieux jusqu'aux humidificateurs, coupe- cigares. Up in smoke est un outil indispensable. Un ouvrage de référence pour parcourir le monde du cigare. N'achetez rien avant de l'avoir lu.

Un livre de Lisa Linder et Jonathan Futrell de 191 pages paru en 1999. Toujours disponible en neuf sur cultura ou d'occasion sur "priceminister".

 

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08:19 Écrit par Edmond Dantes dans Mes lectures | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/07/2014

Black Market "Alec Bradley" Gordo

Petite visite chez « House of Smoke » à Bâle pour quelques achats ( Suisse ).

Sans faire de prosélytisme outrageant pour ce type de cigare, mon mutisme passerait pour une forme de snobisme ! Mon coup de cœur pour ce ‘black Market' passerait même pour un encouragement à la médiocrité, voir à de l'indigence organoleptique de mes sens. Eh oui, peut- être ! Mais perso, je me fous des railleries et je mentirai de n’avoir pas pris un certain plaisir en sa compagnie, voilà c’est dit ! Pourtant ce cigare dont tous les signes me conseillaient de fuir, bague outrageante et superflu, estampillé d’un nom trivial ‘Black Market' pour US warrior ! Bref, après l’avoir retourné, examiné, humer dans tous les sens du pied à la tête, il semblerait que mon nez si fin qu’il soit ( oui, tout de même un peu ! ), y a trouvé quelques douceâtres effluves envoutants, me laissant perplexe, un brun dubitatif par ce parfum contrefait de déjà ressenti. Ma curiosité décidait tout de même après quelques hésitations son acquisition ainsi que l’achat d’autres cigares dont je ne connaissais même pas l’existence de toutes les formes et couleurs pour de futures dégustations.

3 jours ont passé maintenant ! Me voici de retour en tête à tête avec ce Gordo signé Alec Bradley pour un examen plus approfondi. Passé le passage de la mise à nu en ôtant cette jupe de papier ! Ce gordo à la peau fine et cuivrée assure par une construction exemplaire, ferme et musclé, celui-ci exhale avec confiance un parfum intense, de boisé, de noix et de notes pâtissières. Des senteurs à s’y méprendre avec un Lusitania Partagas ou un Magnum 50 H.Upmann, des senteurs très cubaines en sorte. Je suis presque certain qu’un examen à l’aveugle, l’aurais désigné fièrement comme Habano ! Difficile à croire qu’une pareille méprise soit en effet possible. Je ne connais pas les procédés de matage de certains cigares made in USA. Mais je trouve celui-ci très étonnant, comment expliquer qu’une cape du Nicaragua puisse offrir un tel bouquet d’arômes bien loin de son terroir. Fort possible que la magie d’un maître mouilleur soit passée par là au stade fermentif des feuilles avec quelques petites recettes à base de miel, de rhum et d’épices… En tous les cas, ça fonctionne ! Bien sûr, ce n’est que suppositions impossibles à vérifier. ( Mais sachez que ce genre de pratique existe bel et bien ).

À l’allumage, cette perception cubaine s’efface rapidement pour laisser place à une perception plus  originelle, mais désordonnée je dirai ! La sensation des premières bouffées intense et généreuse déploie généreusement des notes de terre, de poivre, de chocolat, ainsi qu’une certaine animalité ( de viande fumée et de cuir). Une cacophonie d’avant-scène très délicieuse et gourmande, le tout dans une confusion assourdissante et inquiétante. La consistance en bouche est bien là, mais la rondeur riche de tous ces arômes manque encore de cohérence. Toutefois, la persistance trouve son chemin sans trop se désorienter en ‘vapotant’ sur des notes plus édulcorées de café. Ces 20 premières minutes de dégustation ont exprimé une certaine nervosité, le tout dans un désordre riche et intense où tous les acteurs après cette répétition agitée trouvent chacun leurs places respectives dans cette pièce en 3 actes. En effet, une cohésion obséquieuse et plus ronde pointe le bout de son nez prenant le relai sur des notes plus suaves et plus inspirées de vanille, de chocolat, de caramel brulé et épicé.

Dans ce second acte ! Ce Gordo trouve sagement la voie de la miséricorde dans un rythme plus pondéré et onctueux fait de sous bois, de café crème et de chocolat au lait. Des arômes fondus et persistants qui subsistent agréablement vers des nuances plus toastées. Ce mélange cosmopolite Panama/ Honduras pour la tripe et Sumatra/ Nicaragua pour la sous-cape/ cape procure un rancio bien équilibré avec une consistance intense et aromatique. D’une combustion régulière et  sans accro, il ne cède en rien aux notes dissonantes acerbes et piquantes. Celui-ci progresse avec plénitude de manière linéaire et homogène sans aucune divergence jusqu’à la fin du 3e acte. Une finalité endurante et sans surprise dès la fin du 2e acte serait la seule chose à vraiment lui reprocher ! Malgré une certaine réserve au début, ce cigare ostensible et atypique est un véritable coup de cœur, même si certains doutes subsistent sur son élaboration ! Ma note 15/20, un fumage à renouveler sous réserve que sa fabrication soit constante.    

      

  • Origine: tripe : Panama/ Honduras, Sous-cape: Sumatra, cape: Nicaragua
  • Format: Gordo
  • Taille: 152 mm x 24 mm
  • Bague: 60
  • poids: 26,6 gr
  • Année:  2013
  • Prix Suisse: 9.3€

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

16:35 Écrit par Edmond Dantes dans Alec Bradley, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/07/2014

La Belgique 1er producteur de cigare au monde !

Evidemment 1er producteur ne suffit pas pour être 1er consommateur, pour le belge fumer le cigare reste occasionnel...Retrouvez les commentaires du "Roi du Cigare" Philippe Vanderbruggen, figure incontournable à Bruxelles exprimer son analyse sur la consommation du cigare en 2014.   

Reportage d'Alison Delpierre.

Vidéo du 7 juillet 2014 diffusée sur la RTBF ( radio télévision belge francophone ).


08:27 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités, vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/07/2014

Boutique Davidoff Bruxelles 2014

Réalisé par le célèbre bureau d’architecte ARNO, voici les photos du nouveau concept de Flagship dédié au renouveau de la marque Davidoff, souhaité par Mr Hans-Kristian Hoejsgaard ( président du groupe Oettinger Davidoff ). Cette boutique bien connu des amateurs belges, située à Bruxelles place du Grand Sablon est la première réalisée en Europe dans ce nouveau look, bien après le Flagship créée en 2012 à l’aéroport de Zurich qui augurait ce changement. Les meubles réalisés en noyer, une essence de bois plus actuelle offre une meilleure adéquation avec la modernité d’aujourd’hui, sans être trop désuète, ce style sobre et chic à la fois convient parfaitement à cette nouvelle génération de fumeurs de cigare. Dans une ambiance moins désuète qu’autrefois.

vidéo du flagship store réalisée par CANAL Z


D’une surface d’environ 90 m², ce concept arbore des surfaces de vente plus lumineuses et plus aérées, avec une meilleure mise en valeur des divers accessoires de luxe de la marque. Un vaste humidor couronne de sa présence en partie central et consacre un espace confortable de stockage et d'exposition plus ordonnée et plus claire pour les clients invitait à s’y rendre. À l'étage, la création d’un ‘lounge cigar’ véritable lieu de détente pour se poser le temps d’une cendre, cet endroit tant attendu par les fumeurs offre aux amateurs de belles volutes un moment de tranquillité et de répit à l’abri des regards indiscrets. Le tout dans une ambiance confortée par un système audio de qualité inauguré pour la première fois dans une boutique Davidoff. Une approche vraiment différente et inattendu à l’accueil d’une boutique plus conventionnelle en centre-ville. D’autres projets sont bien entendu planifiés dont celui de Genève que j’attends avec impatience ! Celle où tout a vraiment commencé pour la marque à la bague blanche et or...

Les cigares selon Edmond.

Photos ARNO

contact: contact@arno-online.com


 

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Photos ARNO

14:07 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/07/2014

Taille des cigares...

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Cliquez sur la photo pour agrandir.

13:01 Écrit par Edmond Dantes dans outils | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Petit Quizz d'été "Le cigare pour les nuls"

11:30 Écrit par Edmond Dantes dans Quiz | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

30/06/2014

H.Upmann Connossieur A "Genios"

Un grand robusto à la cape clair, grasse et luisante qui peine à me convaincre sans toutefois y parvenir ! Cela reste un avis personnel, un jugement critique sur un cigare dont seul le nom ‘H. Upmann’ obligerait à tirer sa révérence avant sa mise en bouche, dans un cérémonial obséquieux et condescendant. Mais pour l’amateur que je suis, très attaché à cette marque, j’éviterai cette pantomime et je déplore que le nom de ‘Connossieur' y soit associé ! Pourquoi ‘Connossieur A’ ? Faudrait-il s’attendre prochainement à une version B, C, D…Ce nom, synonyme de bon goût grâce au ‘Connossieur 1’ depuis plus d’une demi-roue impose un atout marketing imparable, une obédience formatée pour amateurs non éclairés ! Mais qui oserait prendre le courant à contre- sens ? C’est un Cubain tout de même, oui mais alors ! C’est un Upmann, oui mais alors ! Ci-dessous, voici mon point de vue lapidaire d’une dégustation fumante !

Pour son parfum rien à dire, dès son entrée en scène le costume reflet des couleurs finement boisées, de beurre et d’écorce de pain qu’offrirait un petit déjeuner champêtre sous le grand chêne au fond du jardin, attablé autour du salon d’été en fer blanc ! Un tableau de bon augure qui fleure bon la Havane ( ça commence plutôt pas mal…)

Mais la suite, n’est que déconfiture ! La perception du premier quart manque cruellement d’onctuosité, de volupté et de consistance. Comme la vilaine sensation de m’avoir versé une cuillère de terre dans mon café matinal et de m’avoir beurré les biscottes avec de la margarine. La persistance diaphane des notes de fruits secs lui procure tout de même une longueur en bouche relativement acceptable, mais décontenancé par une forme d’amertume, un arrière-goût gênant en toile de fond. La rondeur et l’aromaticité quasi inexistante brillent par leur absence, résume très bien cette première partie timorée assez pauvre en goût ! Laissant présager un fumage pernicieux.

Segunda parte ! La sensation de fumer je ne sais vraiment plus trop quoi . Un truc à s’y méprendre avec un cigare, très loin d’un Upmann. L’amertume gagne sur tous les fronts et constitue l’essentiel de ce second opus, une de ses principales constances, toujours appuyée par cet arrière-goût détecté dans les 15 premières minutes de fumage, mais maintenant plus définissable comme l’ammoniac ! Cet arôme puissant et alcoolisant qui couvre vos dégustations telle une nappe de pétrole sur l’océan. Bien entendu c’est une image, un peu forte et dévalorisante mais qui illustre bien cette perception assommante très particulière ! Ce requiem funeste, manque de corps, de consistance et d’un manque crucial d’arômes, d’un manque de tout dans l’ensemble. Toutes ses vicissitudes déconcertent pour un cigare confectionné à partir des meilleurs tabacs du monde. Je peux comprendre que concevoir un mélange est un exercice très compliqué, assuré sa stabilité gustative 6 mois, 1 an après n’est jamais assuré à 100%. Une fois mis sur le marché le cigare évolue, des changements biochimiques s’effectuent dès sa naissance souvent pour le meilleur, mais parfois à charge par des éléments inhérents à sa production, le résultat par exemple d’une conservation maladroite durant son long voyage jusqu’à nos civettes. Dans l’alimentaire, on parle souvent de ne pas rompre la chaine du froid, idem pour le cigare avec la chaine de l’humidité constante entre 70/75% pas toujours respecté ! Pour le final, no comment ! Inutile d’enfoncer le clou plus profondément et j’éviterai de passer pour un hérétique, où ma seule sentence serait l’excommunication Havanophile.

Ma note de cœur 8/20, je vous laisserai l’apprécier à votre convenance, bien accompagné par exemple d’un rhum Vigia 18 ans pour en exorciser son haleine pesante. 

 

  • Origine: tripe : Cuba, Sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: Genios/ Grand robusto
  • Taille: 140 mm x 20.6 mm
  • Bague: 52
  • Année:  2013
  • Prix France: 12,5€

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20     

 

08:10 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/06/2014

60 nuances de cigares

Enfin, un petit carnet made in France pour noter scrupuleusement toutes vos dégustations ! Réalisé par un érudit du cigare Thomas Wormser, membre actif du P1P2C et blogueur du site Europeansociety sur lequel il partage régulièrement le fruit de ses dégustations. Cet outil voulu très simple par sa conception, vous aidera dans l’exercice analytique de vos cigares. Bien vu Thomas !   

Malgré les idées reçues, l’univers du cigare n’est pas sempiternellement  synonyme de luxe. Loin des clichés d’élitisme colportés par lesdits « fumeur de bagues », plus attachés à l’image du luxe ostentatoire et au goût de l’exubérance qu’à celui de leur « Havane », le vrai passionné de puro, lui, est un touche à tout. Voilà donc un petit recueil prêt à recenser, entre deux volutes, toutes vos impressions sur votre vitole du moment. Beaucoup définissent leur pause cigare comme un « moment », une parenthèse. A travers ses terroirs, ses origines, chaque vitole est une invitation au voyage. ( texte de Thomas Wormser )

Vous pouvez vous le procurer sur cette adresse au prix de 15€ + 2€ de port. 60nuances

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09:23 Écrit par Edmond Dantes dans Livre/ DVD/ Application | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/06/2014

La Flor de la Antillas "toro gordo" de My father cigars

La Flor de la Antillas qui signifie en espagnol « la fleur des Antilles » désigne tout naturellement l’île de Cuba clin d'oeil aux origines de la famille Garcia et fils. Cette marque fait son apparition en mai 2012, puis primée pour la première fois par la revue ‘Cigar Aficionado' de meilleur cigare de l’année 2012. No comment ! Je préfère ne pas commenter ce classement du ‘Cigar Aficionado' que je trouve souvent trop complaisant et peu objectif dans l'ensemble de leurs dégustations, cela pourrait être un excellent débat pour un prochain article. Bref, cette marque n’est malheureusement ou heureusement pas disponible en France pour l’instant, celui-ci provient de la Suisse ( plus précisément à La Couronne de Nyon). Ce joli puro Nicaraguayen se compose d’une cape « Sun Grown », c'est-à-dire d'une cape élevée au soleil d’une couleur Colorado/ maduro, à l’inverse d’une cape « shade grown » élevé sous la protection des fines étoffes blanches connues sous le nom de « tapa do », en espagnol : « couvert ». Ce module toro gordo arbore fièrement une bague énorme à l’image des ‘Vista' qui ornait les premières boîtes à cigares du 19e siècle. Une bague très soignée, ostentatoire qui est du plus bel effet, le pied quant à lui se pare d’une fine bande de soie rouge lui donnant, l’élégance d’un cigare résolument aristocratique ! Autre singularité de ce toro gordo vient de son diamètre légèrement aplati et ovoïde. Pour résumé cet accueil visuel fait mouche, un beau module jouant à fond la carte de la séduction, marketing oblige sur ce vaste marché qu’est l’Amérique ! Mais à nous Occidentaux, on ne nous l’a fait pas, nous sommes trop malins pour tomber dans le panneau. ( Je plaisante ! )

Pour l’analyse olfactive et fumage à cru, les flagrances très légères oscillent entre cuir et boisé, rien de très transcendant dans cette première approche, peu flatteuse et timorée.

Dès les premières volutes qui encensent les papilles, l’onctuosité et le poivré domine d’emblée les premières minutes de ce fumage. La tenue en bouche d’une bonne consistance offre une rondeur oléagineuse chamarrée de notes de café, de poivre, d'épice plus discrète comme le clou de girofle et de saveurs biscuitées. Un démarrage très séduisant d’une puissance plutôt modérée pour le moment. Pendant environ 25 minutes, ces notes subsisteront sans déroger à cette cuisine épicée et agréable. À déplorer, une petite fragilité de la cape au niveau de la tête, défaut rencontré sur les deux exemplaires fumés ce mois-ci, ainsi qu’une combustion aléatoire qu’il faut souvent rectifier à la torche. Une première partie piquante, mais gourmande à la fois soutenu par un volume de fumée généreux.  

Pour la seconde partie, la sensation roborative et nerveuse diffusée par le poivre domine et écrase les autres saveurs, comme la terre, le café et le chocolat au lait qui demande qu’à s’exprimer. Un passage assez monocorde, sans être déplaisant pour autant je suis à la limite de l’ennui ! Du piquant sur le bout de la langue façon wasabi sur fond d’ammoniac n’arrange rien ce passage. En cuisine le poivre à la réputation d’exalter les arômes, mais cette analogie culinaire ne s’applique guère au cigare. Cette perception s’apprécie avec juste parcimonie, en quantité cela devient un défaut pour l’aromaticité générale du cigare, ainsi que ses capacités à évoluer.

Pour la 3e partie. Enfin ! Le vent tourne pour offrir cette foi une perception étonnement plus douceâtre et plus crémeuse dans l’ensemble. La rondeur s’en trouve améliorée avec une meilleure persistance assurée par des notes crémeuses d’un capuccino, de cacao, de fruits secs et de poivre en moindre quantité. Mais ce plaisir de courte durée s’envole rapidement vers un final acerbe que j’abandonne finalement. Un cigare que je qualifierai de cyclothymique mais pas dans le sens positif que l’on attend d’un cigare évolutif. Les deux premiers temps restent semblables avec quelques petites fluctuations, mais le tout d’une linéarité fastidieuse jusqu’à son aboutissement très éphémère d’environ 10 minutes de bien-être sur quasiment 1h30 de fumage, à cela j’ajoute les 25 premières minutes. Ce qui totalise 35 minutes de fumage, dit de convenable. Pour gagner du temps à sensation égale, choisissez la prochaine fois un ‘NUB’ pour des sensations assez communes. Sans être trop cassant, 14/20 est une note de cœur moyenne pour une dégustation mitigée. Pour ceux qui apprécient résolument les mélanges relevés ou les adeptes du " Je mets de la moutarde dans tous mes plats et je vous emm... ! ". Comme quoi, les classements de l’aficionado sont toujours discutables !

Pour info ce cigare se décline en 3 formats, le toro gordo dégusté aujourd’hui, suivit d’un robusto et d’un belicoso.

  • Origine: tripe : Nicaragua, Sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua en sun grown
  • Format: toro/ gordo
  • Taille: 165 mm x 28 mm
  • Bague: 56
  • Année: 
  • Prix Suisse: 10,9€ ( Tabac La Couronne à Nyon )

 

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Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20       

 

10:04 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Don Pépin Garcia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/06/2014

Marque Suisse Davidoff ( RTS vidéo )

Petit résumé en vidéo de l'empire Davidoff en à peine 2 minutes 30 !!  Montage réalisé par la télévision Suisse romande en mars 2014.

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 Cliquez sur la photo pour visionner la vidéo.

16:56 Écrit par Edmond Dantes dans vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |