26/04/2016

Coloniales de Trinidad "corona"

« Ce qui compte, c'est pas tellement ce qu'on vit, mais comment on le vit et le souvenir qu'on en garde...
On peut être heureux, même quand on est pauvre, si l'imagination est riche. »
( les chroniques de Trinidad 2006)

Introduit en 2004, la bonne réputation de ce corona semble avoir conquis le plus grand nombre dans la sphère des amateurs du « bon fumé ». En effet, du haut de ses 13 cm pour tout justes 9 grammes à la pesée, ce gringalet offre une palette d’une tonicité aromatique des plus plaisantes dans le monde des poids légers, capable de rivaliser d’intérêt avec des gabarits bien plus athlétiques. Ce format fluet et peut-être désuet, se concentre sur l’essentiel, celui de la subtilité de son intensité, un cigare qu’il faut apprivoiser et chérir à la fois,  dont tous les Béotiens de la turlute facile, de bundle facile, fatigués d’aspirer cette fumée blanche et stérile de leur cigare infantile, devraient un jour revenir à l’essentiel en dégustant ce « Trinidad », un petit cigare vigoureux et bien plus viril que le fumé mou !   

D’aspect un peu rugueux, habillé d’une cape colorado peu lumineuse, ce « Coloniales » se présente d’abord sous l’uniforme de la circonspection, nul besoin de vous satisfaire d’une séduction obséquieuse et outrancière. Mais par un juste, et doux parfum pour unique réplique, mélange bucolique de foin fraîchement coupé, de boisé, d’écorce de pain et de chocolat au lait, flottent dans l’air comme un appel au goûter, celui de la tartine au beurre salé et de son carré de chocolat dans l’autre main. D’entrée, ce « Coloniales » fume déjà un air familier et réconfortant, dans une musique insolente et prudente à la fois.

Dès l’allumage, les premières bouffées s’amusent de notes onctueuses et grasses, dans un militantisme gustatif et olfactif bien acquis, sans violence et sans aucune subversion. Un « Trinidad » à la consistance pleine et briochée, puissant dans sa forme, mais pas assommant qui s’équilibre d’arômes suaves, d’épices poivrées, de noisettes grillées et d’un rai citronné pour l’acidité. D’une rondeur qui excelle, d’une longueur qui s’ajuste et rassure, ce premier temps vous propulse de suite dans une envoûtante chronique, écrite pour les plus insatiables des amateurs, comme moi par exemple.

Dans le 2e temps, son amplitude augmentée n’est plus que formalité à ce stade de la dégustation, grâce à un bel équilibre fait de saveurs grillées, flirtant avec aisance avec celui du torréfié et de l’autre, avec un mélange de fruits secs, de fruits très mûrs et de végétal terreux, s’approchant de celui des champignons. Cette deuxième partie confirme un agrément d’une élégance rare pour ce genre de format, une musique brûlante d’énergie et de préciosité fumante digne d’un opéra de « Verdi ».

Le 3e temps sonne le glas après 40 minutes de pur bonheur, toujours plus consistant, bien plus puissant aussi si on le pousse au-delà de ses retranchements, il faut jouer de prudence et de discernement pour le finir sans se brûler. Franchement, voici un cigare qui dépote sans compter, un « Trinidad » comme j’aime, à déguster avec modération. Evitez surtout les désagréments d’une surchauffe, qui ne ferait que ressortir son côté machiavel de sa puissance. Un classique à déguster, à découvrir, à redécouvrir pour certains, un grand cigare de cœur. Ma note 17/20.  

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona
  • Taille: 132mm x 17mm
  • Bague: 44
  • Poids: 9,7gr
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 13chf

trinidad_coloniales_cigare_corona

Trinidad Coloniales

 

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

    

15:02 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Trinidad | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2016

Cigares Habanos pour 2016

Liste des nouveautés en cigares cubains, annoncées lors du XVIIIe Festival Habanos, organisé comme chaque année à la Havane en ce début d'année.

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Ecrin Cohiba 50 anniversario fabriqué par "Elie Bleu"

Chaque humidor numéroté de 1 à 50 sont fabriqués par Elie Bleu, les portes sont habillées de réelles feuilles de ligero plaqué en or 24 carats.

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Ecrin Cohiba 50 anniversario fabriqué par "Elie Bleu"

cohiba 50 aniversario

Cohiba 50 aniversario, marque le premier Habanos, jamais créé avec un cepo de 60. Ce cigare célèbre le 50e anniversaire de la marque, malheureusement, peu auront la chance de le déguster un jour puisqu'il est présenté exclusivement dans son écrin, fabriqué pour l'occasion par "Elie Bleu".

Dimension: 60 x 7" (177mm)

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Cohiba Siglo Medio, ce cigare peut être considéré comme un croisement de deux cigares de la ligne Siglo, celui du Siglo I pour la taille 4" (101mm) et le Siglo VI pour son cepo (52).

Dimension: 52 x 4" (101mm)

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Cohiba Majestuoso 1966, sera présenté dans un humidor commérotatif de 20 cigares.  Chaque cigare comporte une bague secondaire arborant le logo "50e anniversaire". Seuls 1966 coffrets sont prévus à la vente.

Dimension: 58 x 5 7/8" (149mm)

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Magnum 54, après le magnum 56 l'an passé en 2015, H.Upmann revient cette année avec ce nouveau module.

Dimension: 54 x 4 3/4" (120mm)

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Hoyo de Monterey Epicure n°2, sélection Reserva Cosecha 2012.

Dimension: 50 x 4 7/8" (124mm)

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Montecristo Dantès Edicion Limitada 2016.

Dimension: 48 x 6 5/8" (168mm)

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Romeo y Julieta Capuletos Edicion Limitada 2016.

Dimension: 53 x 6" (152mm)

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Trinidad Topes Edicion Limitada 2016.

Dimension: 56 x 4 7/8" (123mm)

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Cuaba 20 anniversario.

La marque Cuaba composé essentiellement de format figurado, fêtait aussi son anniversaire pour ses 20 ans d'existence lors du festival de 2016. Un superbe figurado en édition limitée disponible uniquement chez les franchises "Casa del Habano".

Dimension: 56 x 6 3/4" (171mm)

humidor_cuaba_20_aniversario

Humidor Cuaba 20 anniversario.

 

Ci-dessous, veuillez trouver la liste exhaustive de toutes les nouveautés pour l'année 2016.

Production régulière confirmed:

  • Cohiba Media Siglo
  • Partagás Serie E No.2 — Duke
  • Partagás Capitols — Mareva
  • H. Upmann Magnum 54
  • Combinaciones Selección Robustos
  • Combinaciones Selección Piramides

La Casa del Habano Exclusives confirmed:

  • Hoyo de Monterrey Elegantes — Tacos
  • Punch Punch 48 — Hermosos No.3

Limited Edition confirmed:

  • Montecristo Dantes — Hermosos No.1
  • Romeo y Julieta Capuletos — Sobresalientes
  • Trinidad Topes — Topes
Special Premium Selections confirmed:
  • Cuaba 20 Aniversario — Joffres Grandes
  • Cohiba Humidor Oro – Majestuosos 58

Travel Retail Exclusive ( duty free )

  • Montecristo Double Edmundo 2016 — Dobles

Reserva

  • Hoyo de Monterrey Epicure No.2 Reserva Cosecha 2012 – Robustos

Añejados:

  • Hoyo de Monterrey Hermosos No.4 Añejados 2015 — Hermosos No. 4
  • Partagás Coronas Gordas Ańejados 2015 — Coronas Gordas
  • H. Upmann Robustos Añejados 2016 — Robustos

Regional Edition confirmed:

  • Bolívar Byblos – ER 2016 – Magicos
  • Bolívar Tesero – ER 2016 – Salomón ( Allemagne )
  • Edmundo Dantes Conde Belicoso – ER 2016 – Campanas
  • El Rey Del Mundo Choix du Roi – ER 2016 – Montesco
  • Juan Lopez Eminentes – ER 2016 – Sublimes ( Suisse )
  • La Flor de Cano Casanova – ER 2016 – D No.5
  • La Gloria Cubana Platinum Edition – ER 2016 – Duke
  • Quai D’Orsay Secreto Cubano – ER 2016 – Secretos
  • Ramón Allones Terra Magica – ER 2016 – Dobles
  • Ramón Allones Patagon – ER 2016 – Petit Edmundo
  • Ramón Allones Dubai – ER 2016 – Sublimes
  • Ramón Allones Hexgone – ER 2016 – Duke
  • Saint Luis Rey San Luis Tesero – ER 2016 – Petit Edmundo
  • Saint Luis Rey Marquez – ER 2016 – Geniales

14:55 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/04/2016

Diplomate "Cavalier de Genève"

"Le véritable voyage de la découverte gustative et olfactive ne consiste pas à chercher de nouvelles saveurs, mais tout simplement avoir un nouveau nez pour les ressentir." Beaucoup de Proust, et un peu de moi…

Dans la famille des ongulés, je vous présente, le « Cavalier de Genève », une toute nouvelle marque galopante, lancée il y a tout juste quelques mois sur la Suisse Romande. Cette ligne a vu le jour grâce à un tout jeune amateur, Mr Sébastien Decoppet, inconnu jusqu’à présent du monde feutré du cigare. Sa ténacité, son audace et la passion surtout, lui ont permis de s’entourer des meilleurs pour développer cette ligne, en les produisant par une illustre famille installée au Honduras, les « Plascensia », un des grands noms du cigare premium au monde.

Depuis sa sortie, ces cigares animent déjà la controverse des boudoirs enfumés de l’ensemble de la Suisse Romande à la Suisse alémanique. En effet, à tout juste 24 ans, ce jeune homme est un véritable ovni dans le monde suranné du cigare, un jeunisme que certains trouveront toujours de suspect ou d’inexpérimenté, moi c’est l’audace et la passion qui m’importe et m’anime aujourd’hui, je ne peux que féliciter ses aspirations, destinée, ma foi à la pluralité des sens, essentiellement tournés à nos plaisirs oisifs et fumigés. Excusez moi du peu, mais je le trouve génialement gonflé ce garçon ! J’en serai même, disons-le franchement, un peu jaloux de ne plus avoir son âge à parcourir les Caraïbes, tel un Jack Sparrow du cigare (vous comprendrez pourquoi, un peu plus bas). J’espère bien un jour, réaliser une petite interview pour vous présenter ce sympathique « black beard ».

Pour ce «cigar review», je vous propose de découvrir le module « Diplomate », qui ne m’a pas laissé insensible, une sorte de gros robusto analogue à un Behike 56, mais en un peu moins long de 26mm pour vous donner une idée du format.

Visuellement, ce module offre à la vue, ses meilleurs atouts. Un module musclé, cintré d’une cape lisse aux nuances cuivrées du Brésil, lui donne un toucher soyeux de très belle facture. Celui-ci développe délicatement, un parfum timoré, légèrement aigrelet et épicé.

L’allumage est aisé, les premières salves fécondent les papilles de saveurs légères et onctueuses, dans une perception très surette et épicé. Doucement, l’ensemble s’arrondit sur  des arômes plus automnaux, pouvant suggérer les sous-bois humides dans lesquels les champignons fleurissent sous les troncs pourris, celui aussi de la noisette verte et pas suffisamment mûre qui vous laisse cette pointe d’astringence sur les lèvres. Ce premier temps, sincère et vivant, offre des sensations tout à fait plaisantes dans ce genre de musique. Un cigare pour l’instant très facile, subtil, pourvut d’une corpulence affable qui semble lui convenir pour le moment.

Dans cette seconde partie, le duo acidité/amertume s’équilibre vers une rondeur pleine et confortable en bouche, toujours guidée par une certaine douceur dans sa forme, sa consistance moyenne, rigoureuse et sans grande puissance expose une évolution assez modeste sur des notes toutefois évocatrices de (végétale humide, d’humus, de fruits fermentés et d’épices). Un agrément qui manquerait d’un peu plus d’onctuosité à ce stade, d’un peu plus de gras sur la longueur, ça c’est pour mon côté critique, trop gourmand et pinailleur à la fois !

Le 3e temps se charge de perception plus lourde, et devient plus rassasiant et un peu plus brûlant sur la fin. Une consistance bienvenue, mais trop enthousiaste qui altère un peu son aromaticité à ce stade de la dégustation. Dans son identité, ce « Cavalier de Genève » n’a rien d’un pur sang du Honduras, mis à part une sous cape « Honduras Connecticut », qui pour moi, participe à son petit côté acidulé de son agrément. Nous sommes bien loin et fort heureusement de certains puros honduriens qui vous donnent l’impression de sucer une asperge pendant plus d’une heure, eh bien non,  je ne citerai pas de nom !

Bref, un cigare médium que j’invite à découvrir, destiné à tous les amateurs avides de voyage gustatif et olfactif, plus précisément avec ce « Diplomate ». Ma note de cœur 16/20.

PS / Désolé pour mes jeux de mots dantesques…

  • Origine: tripe: Dominicaine/ Nicaragua/ Paraguay, sous cape: Honduras Connecticut, cape: Habano Brésil
  • Format: gros robusto
  • Taille: 140mm x 22mm
  • Bague: 56
  • Poids: 19gr
  • Année: 2015, je pense !
  • Prix Suisse: 18 €

cigare cavalier de genève de sébastien decoppet

Diplomate "Cavalier de Genève"

cigare cavalier de genève de sébastien decoppet

Sébastien Decoppet "Black beard"

cigare cavalier de genève de sébastien decoppet

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

15:36 Écrit par Edmond Dantes dans Cavalier de Genève, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/03/2016

Toro de "Casa de Garcia", un cigare à 2€, mais encore !

Existe-t-il des cigares à moins de 3€ qui en valent la peine ?

Comme vous et moi, nous avons tous pris le risque un jour de faire bonne fortune, en dénichant un truc dans les fonds de tiroirs d’une civette, des cigares que personne ne connaissait ou presque ! Rarement ces découvertes sont lumineuses pour nos papilles, fort malheureusement. Mais il arrive tout de même que dans de rares exceptions, un cigare suscite un peu d’intérêt, mais de là à exciter nos sens, il n’y aurait qu’un pas, eh bien non… ! Ne rêvons pas, ce cigare de dégustation à 3 balles n’existe pas.

Tout de même, on peut trouver sur le marché une multitude de cigares, plus communément appelés de cigare « tondeuse » ou de cigare « barbecue » par exemple, deux expressions lourdes de sens et très évocatrices, pour les autres quidams qui ne possèdent pas de jardin, j’attends vos expressions préférées, pour qualifier ce type de cigare, je suppose qu’à Quiberon, cigare « bateau » sera de circonstance ?

Bref, dernièrement un ami en déplacement sur Marseille m’a gentiment rapporté un truc à goûter, du nom de « Casa de Garcia », acheté à la civette « Le Dôme », quelqu’un connaît ? Ce cigare, un véritable long filler d’origine dominicaine/ honduras et sous cape connecticut, ne coûte que 2€ en bundle ! Pour la petite info, la « Tabacalera de Garcia S.A.S » est exploitée par « Altadis », cette fabrique de République Dominicaine est actuellement la plus grande usine dédiée aux cigares faits main dans le monde, plusieurs dizaines de millions de cigares sortent chaque année de ces galères, rien de très romantiques, ni d’affectif dans l’histoire de cette marque. Sortir un cigare à 2€ demande un processus de fabrication très standardisé, proche de celle de la filière porcine à 1,40€ le kilo par exemple ou de la fraises d’Espagne ! Je ne dénigre pas le produit, je constate seulement que le coût matière/ MO, doit être vraiment dérisoire, à vue de nez, pas plus de 25 centimes par cigare sorti d’usine, une fabrication proche d’un cigare machine ou juste la cape est posée à la main, suffit à devenir un « handmade ».

Rien d’étonnant que ce concept de « bundle » est pris naissance aux USA, le pays de la malbouffe !  ( définition : un bundle est un paquetage promotionnel, est un ensemble de produits vendus ensemble ). En France, depuis quelques années maintenant, il n’est plus rare de les voir fleurir dans nos civettes,  des marques connues, comme les « Zamorano » les fameux  Zaza de Maya de Selva, les « Cusano », les « Don Tomas », les « 3 x 3 » de Davidoff vendu sous le patronyme Kelner, des cigares inqualifiables, les « Quorum » et autres, profitent de ce marché, certains sont bien faits dans l’ensemble et sont appréciés à leur juste valeur, même si en y réfléchissant  bien, je trouve l’idée très ennuyeuse et déconcertante de déguster pour fumer, un cigare qui forcément ne remplira pas nos attentes. Je vous rassure, cela m’arrive aussi de tenter ma chance… !

 Mais, ce toro de « Casa de Garcia », que donne t-il ?

De manière sincère, j’ai abordé cette dégustation comme tout autre cigare, sans a priori sur sa valeur, difficile d’en faire abstraction, je sais ! Mais quand même…

Visuellement, la cape manque de brillance pour une feuille « connecticut ». (rappel : La cape connecticut fait partie des feuilles les plus chères au monde). Je la trouve étrangement terne, très mate, je penserai plus à une semence connecticut élevée ailleurs qu’aux USA, au Brésil ou au Mexique par exemple, mais surement pas dans la région d’East Windsor, pour un cigare si bon marché ! Au toucher, celui-ci est assez ferme et le remplissage homogène, ainsi qu’une souplesse moyenne tout à fait acceptable. Un module sans grande prétention, assez rustique et exsangue, celui-ci manque de brillance et d’élégance.     

Très surpris par son parfum qui me rappelle étonnamment celui d’un cigare cubain, un mélange timoré et agréable de chocolat au lait et de fin boisé qui ravit mon nez.

Les saveurs au démarrage, douce et crémeuse, confortent un fumage d’une consistance  courtoise, plutôt policé dans sa forme. Pour sa complexité aromatique, le foin et la noisette sur fond de sous-bois humide, offrent des saveurs grasses en bouche, plaisantes et déterminantes pour cette première partie. J’avoue être surpris par cet équilibre et cette longueur en bouche tout à fait honorable, vu son prix ne l’oublions pas !

En seconde partie, son évolution n’est guère plus passionnée ou passionnante qu’un Davidoff « Année du Cheval » à 35 chf, par contre avec celui-ci, ma sévérité reste relative à son prix. A ce stade, les sensations offrent toujours un sentiment de bienveillance et de crémosité en bouche, ciblées sur l’avant haut du palais, rien de vraiment déplaisant, sauf peut-être un peu d’amertume qui justifie sa position au plus bas dans l’échelle des « cigares de choix », fidèle à l’ordre social du bon goût.

En effet, c’est chose faite dès la 3e partie, il fallait juste patienter un peu pour identifier quelques fausses notes dans cette jolie comptine. Doucement sa forme affectueuse et onctueuse déploie sans vergogne, une certaine rugosité, développant une consistance moins cordiale et pas très agréable sur ses retranchements, je perçois même quelques relents alcali d’ammoniaque lorsqu’il devient plus brûlant, ma faute à moi de le pousser volontairement sur un point d’équilibre, défaillant et provocant dans son agrément. Ce qui ne m’attriste pas le moins du monde, c’est devoir l’abandonner sur une bonne moitié, dans le cendrier, après 40 minutes !

Pour 2€, je trouve cette analyse plus qu’intéressante et prometteuse qui porte à la réflexion des cigares « cheap ». Certes, ce cigare ne peut pas rivaliser avec les canons du goût de la haute magistrature cigarophile. En somme, « Casa de Garcia » propose un genre de « prèt-à-fumer » bon marché et honnête au regard de ce qu’il coûte ! Prenez-le pour ce qu’il est, un bon cigare de paysan, un cigare « tondeuse » par excellence et rien d’autre. Ma note de cœur pour le rapport qualité-prix, je dirais 16/20 et ma note de cœur en tant qu’amateur, pas plus de 8/20.     

  • Origine: tripe: Dominicaine/ Honduras, sous cape: Connecticut, cape: Connecticut
  • Format: toro
  • Taille: 140mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 19gr
  • Année: 2015, je pense !
  • Prix France: 2 €

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Un bundle "Casa de garcia"

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

10:51 Écrit par Edmond Dantes dans Bundle, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24/03/2016

Evènement cigare « Etoiles & Volutes », à Genève

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Réservé à seulement 150 amateurs, Genève, la capitale du cigare, accueillera pour la première fois, un évènement très ambitieux et très attendu, dans un cadre exceptionnel, celui d’une des plus belles table de la cité de Calvin, « l’hôtel Richemond ». Ce lieu magique et séculaire du savoir-vivre, orchestré depuis juin 2015 par son nouveau directeur Christophe Hilty, amateur aussi de plaisirs fumigés, ouvrira ses portes ce 8 juin, à tous les fins gourmets, amoureux de la mise en scène olfactive et gustative, virtuoses ou non, des plaisirs éphémères. (billet d’entrée 280chf, voir condition sur ce lien)

Mais cet évènement ne pourrait avoir de pertinence sans un autre protagoniste d’importance et initiateur de ce projet, Mr Guillaume Chalvin (Responsable de l’agence de communication, d’événementiel et d’édition YOUR CONCEPT BY EVENTS), un personnage que je devais rencontrer bien sûr et ainsi mettre en lumière ses motivations, sur un rendez-vous vraiment osé, voire très risqué, n’ayons pas peur des superlatifs. Je trouve formidable qu’en ces temps de sinistrose économico-politique mondiale et d’ostracisme arbitraire contre nos habitudes délétères, quelqu’un puisse fédérer pas moins de 150 personnes autour d’un évènement cigare!  Eh bien, je ne peux que féliciter cet homme, pour ses intentions audacieuses et vertueuses, à braver les « qu’en-dira-t-on ». 

Rendez-vous pris, le mercredi 16 mars, 16h…  

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Voici une interview de Guillaume, selon les propos recueillis lors de notre rencontre dans le fumoir feutré de la « Réserve », un lieu intimiste et léger, parfait pour apprendre à nous connaitre et ainsi vous le présenter.

16h15, c’est un peu essoufflé que me rejoint Guillaume, s’excusant de son retard ! Son allure débonnaire, les yeux rieurs et charmeurs, Guillaume séduit dès le premier contact par sa simplicité et sa clémence, le genre de gars à qui vous pardonnez tout, surtout pas pour 15 minutes ! D’entrée, Guillaume est le bon copain avec qui vous auriez sûrement partagé votre goûter dans une cour d’école, le mec sympathique, affable et accessible. Passé ces brèves présentations, je l’invite à s’asseoir, s’ensuit un cigare qu’il choisira sur place, un simple Epicure n°2 d’Hoyo et un thé, tout à fait opportun pour débuter cette entrevue, confortablement installés.

évènement cigare genève étoiles & volutes, guillaume chalvin, izambar

Guillaume Chalvin à gauche et moi.

Edmond : Votre première fois ?

Guillaume : Mes parents m’ont toujours interdit la cigarette avant mes 18 ans, patiemment j’attendais l’heure de cette dernière échéance  avec envie, m’imaginant revenir du bureau de tabac, les bras chargés de quelques cartouches de cigarettes, eh bien non, ça ne s’est pas passé comme ça ! Mon père amateur, la première chose que j’ai fumé à mes 18 ans, se trouve être un cigare que je me suis offert pour l’occasion, étrangement, cela m’a plu et  je n’ai jamais touché une seule cigarette de ma vie.

Edmond : Votre meilleur souvenir ?

Guillaume : Enfant, je devais avoir 6 ou 7 ans, ma mission après le déjeuner, était d’apporter à mon père son cigare, rituel que j’exécutais consciencieusement et fascination, celui-ci était toujours enveloppé d’une cellophane que je prenais soin de retirer et de lui tendre ensuite. Je me souviens des odeurs et du portrait imprimé sur la bague, le cigare s’appelait « Mercator », c’est drôle que je me souvienne de ce nom aujourd’hui ! C’est si loin... Difficile d’imaginer cela aujourd’hui, à l’époque, rien n’était anormal d’enfumer la maison où la voiture que nous partagions tous les sept, moi et mes frères et sœurs dans notre DS Citroën, vous imaginez l’ambiance ! C’était un des nombreux privilèges du patriarche, personne n’y trouvait à redire en ce temps, même si ma mère était contre parfois.

cigare marcator

cigare mercator

Edmond : Quel genre d’amateur, êtes-vous ?

Guillaume : Dès 18 ans, fumer a de suite était un moment de pur plaisir, mais faute de moyens et peut-être d’expérience, mes choix n’étaient pas d’une grande exigence, j’étais jeune. Malgré tout, je prenais le temps de goûter à plein de choses, je n’ai jamais été tributaire d’un terroir ou d’une marque. Très curieux, je fumais de tout et essentiellement le W.E, pour commencer, et doucement le vendredi soir avec des copains, le jeudi, puis le mercredi… et très vite, plus régulièrement, je le reconnais. Sinon, j’apprécie toujours autant un cigare de St Domingue, un cigare du Nicaragua, du Honduras, n’en déplaise à certains qui ne jurent que par le cigare cubain, un certain snobisme qui m’agace un peu ! D’ailleurs cette soirée du 8 juin sera dédiée à la pluralité des genres et à l’ouverture des sens, puisque nous aurons du cigare cubain, du dominicain, du costaricain et du hondurien.

Edmond : Que t’apporte le cigare au quotidien ?

Guillaume : Le cigare m’apporte beaucoup de réconfort, je prends plaisir à fumer le soir, lorsque je rentre chez moi, cela m’aide à réfléchir, le bloc note toujours à portée de main. J’ai aussi mon rendez de 11h30 qui fait partie aussi de ces petits moments attendus de fin de matinée, lorsque le temps me le permet. J’apprécie également les moments d’échange et de convivialité entre amis. Mais il m’arrive aussi de ne pas fumer pendant quelques jours, je ne fais pas partie de ces amateurs compulsifs qui éprouve ce besoin, coûte que coûte ! Vous ne me verrez pas grelotter sur un balcon en plein hiver, le cigare aux lèvres, gercés par le froid.  Fumer un cigare doit-être un moment de plaisir et de confort avec soi-même, rien que le fait d’ouvrir ma cave et de choisir un cigare, bonifie cet instant, toucher, palper, sentir, des sensations gourmandes et analogues au choix d’un fromage, par exemple. Je retrouve aussi ce même sentiment lorsque je choisis un tabac à pipe, dont je suis aussi amateur, j’en possède quelques-unes que je réserve principalement pour le soir, trop compliqué la journée pour combiner pipe et travail. L’avantage de la pipe, c’est que son odeur est plus facilement tolérée en société auprès des non-fumeurs, ça dérange de suite beaucoup moins, chose impossible avec le cigare, même si ma femme, j’avoue, est d’une tolérance sans égale, en m’autorisant à fumer dans l’appartement, même si parfois, elle trouve certaines flagrances plus désagréables que d’autres ! Alors qu’entre nous, elles proviennent du même cigare, d’hier et d’aujourd’hui.

Edmond : Ton pire souvenir ?

Guillaume : Ah, je ne devrais pas le dire ! Ce souvenir date des toutes premières fois où je fumais, lors d’un déjeuner en famille dans le Beaujolais, ou sur une terrasse en plein cagnard, je m’y vois encore, je fume, je discute, je rallume, je continue comme ça sur le même tempo pendant un long moment, plus la chaleur aidant, l’espace d’une minute je sens monter la nausée, je deviens pâle, je change de couleur, je vire au vert et là, vaut mieux vite réagir et s’éclipser rapidement, tout en restant stoïque bien sûr, l’air de rien. Moment de solitude que tout amateur a vécu au moins une fois dans sa vie, je pense !

Edmond : Comment, vous est-il venu l’idée de créer cette évènement ?

Guillaume : Lorsque j’étais membre du club « Havane Club de Lyon » créé en 1990, nous organisions déjà des rendez-vous dégustations qui se déroulaient au bar du Sofitel de Lyon, au 7e étage. Je me souviens, nous étions entre 40 et 50 amateurs dans un si petit espace, bas de plafond, à l’époque tout le monde s’en foutait, tout était légalement possible, même si le lieu était loin d’être approprié. Ce club organisait deux fois par an une soirée « Etoiles & Volutes » avec le concours d’un ami, Claude Gabet, qui tient toujours une civette à Lyon. Cet évènement rassemblait environ 400 épicuriens et amateurs de cigares ! En arrivant sur Suisse, il y a 5 ans, j’imaginais déjà un tel rendez-vous sur Genève, qui n’existait pas malheureusement ! Comme, je l’ai fait dans un autre registre pour le « dîner blanc » le 14 juin 2015, sur le pont des Bergues où nous étions déjà 550 personnes. Ici c’est différent, bien plus ciblé, ça demande de la patience afin que les gens vous fassent confiance, vous reconnaissent, sans réseau c’est très difficile, voire impossible. C’est seulement vers la fin de l’été dernier, que j’ai pris la décision de me lancer dans cette aventure.

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Dîner blanc à Genève, sur le pont des Bergues en 2015.

Edmond : Comment  a été perçu ce projet autour de vous ?

Guillaume : Plutôt favorablement, très positif dans l’ensemble, quoique, certains de mes amis m’aient qualifié de grand malade, mais ça, à chaque fois j’y ai droit, dès que je me lance dans un nouveau challenge ! Personne n’y croyait lorsque j’ai organisé la soirée « Roy’Halle de Rive » en 2013 et 2014, un concept déjà imaginé autour de la gastronomie et qui a rassemblé plus de 300 personnes un jeudi soir de novembre, pour seulement 120 chf vous aviez accès à un superbe buffet à volonté, concocté par les 23 commerçants des Halles. Je me souviens de la réaction de la ville de Genève qui m’a pris pour un illuminé ce jour-là, « votre concept ne marchera jamais, surtout pas ici ! » Il m’a fallu tout de même plusieurs semaines de négociation pour les faire fléchir et obtenir toutes les autorisations. Résultat, le Chef étoilé, Philippe Chevrier de « Châteauvieux », est venu et devenu par la suite parrain de cet évènement, et tous les commerçants ont été ravis. Pour cet évènement cigare, c’est un peu le même défi, on me prend toujours pour un fou, bien entendu, c’est dans le sens d’une idée follement géniale ! Mais avec Ludovic Dupont, fondateur de YOUR CONCEPT BY EVENTS, nous sommes conscient que cette soirée est un risque, comme à chaque fois d’ailleurs mais sommes persuadés de sa réussite.

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Guillaume Chalvin, Armelle Chalvin et Philippe Chevrier ( chef étoilé de Châteauvieux )

Edmond : Quelle est le point fort de cette soirée ?

Guillaume : Le point fort de cette soirée reste ma plus grosse difficulté dans son organisation. C'est-à-dire, je devais trouver un lieu synonyme d’art de vivre et de bien-être pour accueillir 150 fumeurs de cigares ! Un défi très lourd aujourd’hui, faute d’espace approprié dans les hôtels ou les restaurants, avant que « l’hôtel Richemond » représenté par Mr Hilty accepte cette idée, alors que celui-ci ne possède aucun fumoir mais une infrastructure avec une extraction de fumée sur l’extérieur grâce à de grandes vitres au plafond rendant possible cet événement ! Mais le vrai plus de cette soirée est de pouvoir fumer sans restriction, tout en restant à table si vous le désirez, inutile de sortir sur une terrasse en extérieur ou de vous rendre dans une autre pièce. Cet aspect de confort était vraiment important pour moi, je veux que tout ce petit monde soit zen ce jour-là, pour ce moment de convivialité, de rencontres, et de découvertes gustatives et olfactives ! Autre originalité, je ne fais appel qu’à des entreprises locales qui gravitent autour du cigare et du luxe qui auront pour mission de nous faire découvrir leurs produits, leurs passions et leur savoir.

Pour plus d’informations, veuillez télécharger le programme sur ce lien ou contacter Guillaume Chalvin directement par téléphone au/ 079 179 82 17 ou par mail sur/ gc@yourconceptby.com

Attention, les places sont limitées !

15:10 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/03/2016

Camacho "Shellback"

« Camacho Shellback », une version limitée très spéciale qui disait, c'est bon, c'est nouveau, si seulement !!!

Petite parenthèse très courte sur les origines sur la désignation « Shellback », sachez que dans la marine américaine, le « Shellback » est le nom donné aux marins qui franchissent pour la première fois l’équateur, à cette occasion une cérémonie d’intronisation, très sérieuse et organisé et consigne tout le déroulement de cette opération dans un livre de bord, nom du marin, date, heure, latitude et longitude exacte, le « Pollywogs » le têtard en français, devient à son tour un respectueux « Shellback ». C'est beau, n'est-ce pas...

Voyez, vous aurez au moins appris quelque chose aujourd’hui, merci « Camacho ».

La suite, attention, ça pique les yeux ! Cela commence par la bague, ce sticker vert fluo « marketing oblige », ma foi, conviendrait certainement mieux à une boîte de préservatifs qu’un cigare, bref, admettons, je suis peut-être trop « Old school » pour en apprécier toutes ses nuances. Personnellement, je me suis fait violence pour me le procurer chez Davidoff, comme prendre des risques fait partie de mes attributions de blogueur, je devais tenter cette expérience sensorielle inédite de ce « Shellback ». Oui, je sais, quelle idée ?

Esthétiquement, rien à dire, c’est proprement roulé et soigné, la cape maduro satinée emmaillote un corps musclé d’une souplesse modérée. Difficile de faire mieux dans le genre.

Olfactivement, je reste suspicieux sur son parfum ! En effet, la cape d’origine équateur est particulièrement bien trop mielleuse pour être honnête, mélange de vanille, de bonbon, analogue un peu à ce que l’on trouverait dans certains tabacs à pipe de contenance sirupeuse, des saveurs plutôt sucrées qui flattent insidieusement les sens du béotien, à l’instar des exhausteurs de goût d'une pizza surgelée. Cela ne correspond pas vraiment à ma vision, pour un cigare annoncé d’origine, principalement Nicaraguayenne. Je trouve très étrange pour ma part ce package olfactif que nous sert "Camacho" dans cette cape « Habano équateur ».

Passons ! A cru, je dirai pas mal épicé !

Dès l’allumage, les premières sensations s’envolent sur un démarrage assez sec et râpeux en bouche, peu d’onctuosité, très roboratif. Ce « Camacho » souffle un vent chaud avant l’orage, dans cette consistance bien assise et de loin très subtile dans sa forme, beaucoup de terre et de poivre et beaucoup de rien dans cette triste fable. Un cigare qu’apprécieront certains amateurs de saveurs rassasiantes et nerveuses, dont la puissance bombe le torse, dans une parodie machiste et clownesque, localisés surtout, très au fond du palais, dans les coulisses du désespoir. Inutile de parler d’équilibre ou de « rancio », vous l’aurez bien compris, ce « Camacho » ne fait pas dans la bienveillance, il choisit de jouer consciemment sur le terrain d’entraînement d’un porte-avions de l’US Navy ou la sensibilité et la subtilité resteront vestiaire, juste bon pour les tapettes et la bleusaille !

Sur l’ensemble rien de vraiment captivant, très pauvre en goût, très asséchant aussi et sans aucune évolution ! D’une persistance très volatile, ce cigare assoit son dégustateur face à un peloton d’exécution. D’un faible intérêt gustatif, ce « Shellback »se joue de vous sur un seul acte et vous donne en prime le mal de mer, en effet j’en ai le bide tout retourné. On se croirait, en pleine tourmente sur le 180eméridien, à bord d’un frêle esquif, ballotté et fouetté par les embruns iodés, manquerait plus qu’une mouette pour se faire chier dessus, mais qu’est-ce que l’on voyage avec « Camacho » ? Que dire de plus, son prix prohibitif bien sûr, 17chf, une bagatelle pour une si belle aventure !!

Ma note 8/20, il lui manque juste sa moitié, la plus importante qui n’est autre qu'un peu d'aromaticité et de rondeur, vachement beaucoup ! Oui, je suis d'accord avec vous, c'est trop facile de tirer sur les ambulances. Bonne dégustation tout de même, pour les autres.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous cape: Nicaragua, cape: Equateur
  • Format: toro
  • Taille: 150mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 14.8gr
  • Année: 2016
  • Prix Suisse: 17chf

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Camacho "Shellback"

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

15:46 Écrit par Edmond Dantes dans Camacho, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

04/03/2016

Toscano Nobile "Hand Made "

« Les cigares toscans nous offre toujours avec sa violence inhérente, la meilleure défense contre les excès du tabagisme. »

La petite histoire du « Toscano »…

Il est dit que de retour à la mi-août de 1815, une tempête soudaine et violente a éclaté sur Florence, cette pluie torrentielle aurait noyée une partie des récoltes destinées à la manufacture du Grand- Duc de Toscane, Ferdinand III. Cette erreur de manutention et d’appréciation , se solda par un processus fermentif inédit et incongru, en effet après la pluie, le beau temps, le soleil plus l’effet de la chaleur se sont chargés de la nouvelle destinée de ces feuilles, prévu à cette époque comme tabac à pipe et à priser. Comme quoi, souvent les erreurs des hommes combinées à celle de la nature, donne naissance à des artéfacts des plus étonnants !

Ainsi est né ce cigare à la suite d’une tempête providentielle, ce cigare Alias le « Stortignaccolo » synonyme de tordu comme du fil de fer, en raison de sa forme irrégulière, d’ailleurs les puristes s’accordent à dire que plus le « Toscano » est incurvée, plus il est bon ! N’étant pas expert, je ne les contredirai pas. La raison de cette forme singulière, est l’absence d’une feuille, bien présente dans la confection des cigares Caraïbéens qui sert à leur donner une forme rectiligne, appelée « sous cape » qui forme avec la tripe, la poupée et sa forme définitive. Le « Toscano » en était dépourvu et se voulait destiner, avant tout, au peuple, il devait être accessible au plus grand nombre et ne ciblait pas les amateurs de cigares cubains déjà produits dans la « Fabrique Royale de tabac de Séville ».

Aujourd’hui, je vous présente le « Toscano Nobile », un cigare spécialement conçu à la main dans la fabrique de Lucca (Lucques) en Toscane, avec des tabacs Kentucky nationaux, et oui ça existe, vous avez bien lu « à la main » !! Sa particularité, son tabac sélectionné a subi un vieillissement de 5 ans avant d’être commercialisé. Désolé, cette édition limitée n’est malheureusement pas disponible en civette, vous pouvez la trouver uniquement en « Duty free » à Rome et à Milan pour le moment, au prix de 50€ les 10 cigares. Je trouve le packaging très joli, très exclusif, avec cette imprimé sur le couvercle de style de « renaissance italienne » et souligné d’une calligraphie soignée, c’est très noble et ça sent de suite bon l’Italie, je trouve. N’oubliez-pas, Milan et Rome uniquement !

A l’intérieur, en anglais, le fabricant explique la composition de ce mélange de tabacs italiens. Avec la précision que ce cigare n’est pas mécanisé, mais roulé entièrement à la main à partir de feuille exclusive. Une petite phrase, cependant nous fait comprendre le nouveau segment économique de ce « Toscano » sur le marché international, d’où la raison du « Duty Free » : « Une expression intense et persistante de la saveur du tabac Kentucky, qui maintient bien le goût et la qualité de la tradition italienne ».

 Chaque cigare est gardé précieusement dans une enveloppe de cellophane. Pour mon appétence et pour la photo surtout, j’ai préféré tous les découvrir, pour en apprécier le moindre détail de leurs contours. Je suis d’accord avec vous, à première vue on peut le trouver hideux, si vous le comparez à d’autres cigares en provenance des Caraïbes. Son côté très rugueux, noueux comme les doigts nervurés d’un ancêtre venu d’outre-tombe, et dure comme une branche d’Olivier, déroute notre appréciation à le trouver très beau ou très laid, drôle de paradoxe je trouve. A l’odeur, cela reste du 100% Toscano, les arômes de vernis, d’essence giroflée et de goudron réglissé, prennent au nez rapidement et déstabilisent notre perception peu habituée à ce type de parfum dans un cigare. Vulgairement certains vous diront que ça sent la nicotine !

Contrairement à d’autres cigares de cette marque, je pense notamment au « Toscano Antico et Vecchio », les premières minutes de fumage sont plutôt posées, doucereuse et onctueuse. Petite précision, pour cette dégustation j’ai choisi de le fumer sur toute sa longueur comme n’importe quel module, évitant pour cette fois de le diviser en deux parties égales comme il est coutume de le faire. En effet, le démarrage sera fort différent en raison d’une extrémité plus étroite, analogue à un cigare de type « perfecto » par exemple. Celui-ci s’illustre par un faible volume de fumée u démarrage et un tirage assez difficile, ce qui est toutefois normal. Ces prémices restent pourtant très agréables en bouche, très surprenant et très rond, mais d’une longueur assez courte et difficile à interpréter, cela se ressent par une volatilité des arômes. L’épice et la terre dominent cette première partie sur une consistance légère, localisée beaucoup sur l’avant-centre de la bouche et cela ne changera guère jusqu’à la fin.

Au fil du temps, le cigare s’évase et produit des saveurs plus accrocheuses et plus de corps tout en gardant sa forme initiale d’onctuosité et de légèreté. Rassurez-vous, nous sommes bien loin d’un 3e tiers cuisant d’un « Romeo & Julieta Wide Churchill ». Ce Nobile possède un bel équilibre avec une certaine évolution, oui, oui on peut parler d’évolution, résultant de sa forme j’en conçois ! A ce stade, en son milieu, la sémantique de ses arômes offre un goût plus centré sur l’anisé goudronné dans les premières secondes, pour ensuite se prolonger sur plus de minéralité dans la longueur, quelques notes métalliques ( sang ) sèment la subtilité de ce « Toscano ».

Sur le dernier temps, sa forme s’est un peu alourdi avec une sensation anesthésiante sur l’avant de la langue, je le trouve plus consistant et plus puissant, mais rien d’agressif, ni de toxique qui m’obligerait à y mettre fin. Son bouquet aromatique évolue sur des notes de bois, de champignon, de terre, un ensemble de saveurs plus amères et moins soyeuses, ressentis maintenant dans la dernière ligne droite. Personnellement, je suis agréablement surpris par son évolution, certains trouveront abusés que j’emploie ce terme d’évolution dans un « Toscano », plus conforme et protocolaire à la dégustation d’autres cigares, comme un Havane. N’oubliez pas que le cigare composé de ses cinq feuilles n’est pas d’origine cubaine dans sa conception, il aurait très bien pu ressembler à un « Toscano » !

Bref, je pense que le couper en deux serait vraiment dommage et perdrait tout intérêt gustatif, à éviter ! Entre nous, je connais des marques Dominicaines et autres qui pourraient envier ce « Nobile ». Ma note de cœur 16/20, excellente pour ma part, une belle découverte !   

  • Origine: tripe: Kentucky Italie, Cuba, cape: Kentucky Italie
  • Format: corona extra
  • Taille: 155mm x 16mm
  • Bague: 42
  • Poids: 9.3gr
  • Année: sortie en 2015
  • Prix Suisse: 5€ ( box of 10 ) 

toscano_nobileA.jpg

toscano_nobileB.jpg


Vidéo sur le roulage main d'un "Toscano".

Couper_12.jpg

cliquez sur la carte.

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

12:39 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Toscano | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/02/2016

Comment ça marche un cigare ?

cigare, fonctionnement, pyrolyse, filtration, condensation

Cliquez pour agrandir.

La formation de la fumée de tabac à partir d’un cigare allumé résulte d’un processus physico-chimique très complexe, comme vous pouvez le constater sur cette coupe schématique. On peut distinguer deux zones, la première est celle-ci, située au niveau de la combustion ou l’oxygène aspiré est encore présent, et une seconde dans la zone de pyrolyse/ distillation très pauvre en apports d’oxygène qui favorise ce processus. La plupart des composés non volatils de la fumée se forment dans la zone de pyrolyse, alors que les composés non volatils de la phase gazeuse se forment des deux côtés du cigare. Comme la composition chimique du tabac est déjà complexe, ce processus de formation génère plusieurs milliers de composés dans la fumée qui se présente sous forme d’un aérosol ( phase liquide + phase gazeuse).

Comme vous pouvez le constater, la fumée de combustion n’est pas exactement la même que celle de filtration. La fumée de filtration se charge sur toute sa longueur de bien d’autres molécules, celles-ci constitueront les premières saveurs ressenties par le dégustateur au moment des premières bouffées, au démarrage les fumées seront très basses en température et progressivement plus élevées au fil du temps. Cette température adéquate est déterminante pour exhausser toutes les saveurs, trop brulantes elle aura un effet dévastateur sur certaines de ces molécules trop fragiles, le cas contraire, certaines ne pourront pas se manifester dans le corps du cigare si la température est trop faible. Petit rappel : Plus un cigare est très gros en diamètre, plus les sensations en bouche vous paraîtront amples et diluées, et plus son diamètre est faible, plus les sensations vous paraîtront intenses et rassasiantes en bouche, bien entendu il y a toujours des exceptions, mais de manière générale, voilà deux principes à retenir.

17:39 Écrit par Edmond Dantes dans Cigare | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/02/2016

Hermosos n°4 "Anejados" d'Hoyo de Monterrey

Pour rappel, la ligne « Anejados » fraichement débarquée en 2015, est censée offrir des cigares vieillis en boîte, affinés si vous préférez, pendant une période de 5 à 8 ans maximum. Une seconde bague « Anejados » atteste cette longue attente, avant sa mise sur le marché, sur le dos de la boîte, la date d’emballage permet de vérifier l’année de conditionnement, ainsi qu’un second tampon de contrôle « Revisado » (contrôlé), pour preuve incontestable de la traçabilité du module en question. Eh bien, avec tous ces éléments, nous sommes en effet rassurés !

Etrangement cet « Hermosos n°4 » n’apparaît nulle part dans les nouveautés 2015 (durant le XVIIe festival Habanos), deux modules étaient officiellement présentés, un « Piramides de Romeo & Julieta et un « Churchill de chez Montecristo, pas de trace de cet « Hoyo ». C’est bien une première, car ce cigare appartient à une nouveauté 2016, déjà disponible fin janvier, bien avant le XVIIIe festival de la Havane de février !! Je trouve cela formidable, c’est un peu un « Anejados Sorpresa », un petit cadeau d’Habanos pour nous faire patienter un peu. Vous me trouvez sarcastique, oui un peu, j'avoue !

Revenons à ce cigare, ce « Corona Extra » et oublions un peu son histoire. D’aspect la cape est d’une belle couleur cuivrée colorado, de texture assez grasse et soyeuse, elle cintre parfaitement et sans faux plis ce corps musclé et souple à la fois. Délicatement boisé, sur un fond aigrelet cacaoté, cet « Hermosos » a toutes ses chances de me soumettre à ses caprices olfactifs. Ce premier contact suggère déjà des choses vraiment intéressantes, à ce stade, je suis très surpris par sa nature très juvénile, pour un cigare « âgé ».

Dès sa mise à feu, la sensation en bouche développe de la nervosité et un caractère courageux, enthousiaste. Ça sent la poudre à canon, le poivre explose de suite en bouche comme un coup de semonce avant la bataille.

Dans un premier temps, passé ces quelques minutes où l’infanterie se repositionne prés à en découdre, le calme s’installe jusqu’à la ligne de front, sur ce terrain gras et velouté, ou la fumée des canons semble devenir bienfaisante et apaisante. Cette torpeur flottant dans l’air, au léger goût suret persistant, canaliser et apprivoise cette dégustation sur des arômes de noix fraîches, de poivron et de boisé humide, aux saveurs épicées. Au loin, à la lunette, je perçois dans cette brume, la forme fantomatique mais perceptible d’un ennemi tant redouté, l’ammoniaque ! Sa présence amicale m’étonne et trouble ma perception, me poussant vers mes retranchements dans une incertitude déconcertante, celle d’étayer encore ma controverse sur l’identité réelle de ce cigare. Dans sa forme, cet « Hermosos » offre un relief plutôt plaisant et équilibré. Sa consistance moyenne s’accompagne d’une longueur harmonieuse et épicée, ou rondeur peine à s’asseoir dans cette première partie, mais rien de très fâcheux dans l’ensemble.

Sur le second temps, je reste toujours partagé, ce cigare me semble bien vert ! Un cigare âgé possède une identité bien plus ronde. Cette complexité aromatique que nous recherchons tous, à tendance à se niveler au fil des années dans une linéarité raffinée et élégante. Le cigare perdra aussi de sa force dans son intensité gustative. En somme, l‘encéphalogramme des saveurs devient en général plus végétatif en quelque sorte et plus harmonieux à la fois, suivant la nature du cigare.

Bref, à ce stade de la dégustation, je le trouve toujours très onctueux en bouche et de très bonne consistance, révélant maintenant une rondeur corrigée, aux saveurs subtiles et contrastées. Sa fumée diffuse des notes plaisantes et organisées, de boisé humide, de champignon et de café crème épicé, légèrement poudré d’une douceur ‘meringué’. La rétro olfaction confirme une puissance irritante, et confirme son caractère préado, déjà affirmé et policé à la fois pour un « Anejados ». Dans sa globalité, je le trouve confortable et agréable à déguster. Un cigare aux saveurs soutenues qui persiste tout au long de cette dégustation vers une consistance toujours crescendo.

Pour terminer, et sans surprise ! Cet « Anejados » termine son voyage sur une musique impérieuse, de poivré, de champignon, de terre, de vieux cuir et de saveurs torréfiées un peu lourdes et empâtées pour les apprécier, le tout sur un final cuisant, assez singulier ma foi, ce cigare me rappelle étrangement la partition jouée d’un grand robusto de 2014, un « Juan Lopez, exclusivo Benelux » dégusté récemment. Bien évidemment, ce n’est pas exactement la même chose, mit à part son agrément très semblable à celui-ci ! Ma note de cœur entre 11 et 16/20, 11 pour l’« Anejados » vendu comme tel ! Et 16 pour cet « Hermosos n°4…        

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: corona extra
  • Taille: 127mm x 19mm
  • Bague: 48
  • Poids: 12gr
  • Année: 2008/2011( je ne sais plus ! )
  • Prix Suisse: 18chf  

hoyo de monterrey_anejados.jpg

 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

17:41 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Hoyo de Monterey | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2016

Partagas Coronas Gordas Añejados

partagas_anejado.jpg

Le "Partagas Coronas Gordas" sera la quatrième série d'Añejados annoncée à la vente au premier trimestre de l'année 2016 par Habanos SA.
Ce Coronas Gordas est une vitole de 143 mm de longueur, avec un cepo de 46. Ce produit sera sur le marché en boîte de 25, et son prix est estimé entre 14-15 €.
Une autre rumeur annonce aussi un "H. Upmann Robusto" qui pourrait être le cinquième produit de cette série (Añejados).
Habano SA devrait continué, avec l'ajout de 2 autres marques (Cohiba et José L. Piedra) dans la série Añejados.

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Bref, c'était juste une simple information ( no comment ).

"Une question me taraude la cervelle et reste un mystère pour moi. Comment un pays qui rencontre autant de problème d’approvisionnement, de qualité de tabac et de logistique de production pour approvisionner une belle partie de la planète, arrive à proposer parallèlement des cigares conservés de 7 et 8 années en boîte ?? Ces fameux « Anejados » semblent sortir d’une botte secrète, mais de quel pied ?

Deux solutions possibles, soit les responsables Habanos de 2007 ont vraiment eu le pif pour prédire l’avenir du cigare dès 2015, en stockant pour les amateurs de demain, des « cigares âgés » vendus à des prix très prohibitifs, eh oui ! Tout le monde a digéré ce dicton, « plus c’est vieux, meilleur sera votre fumée », paraît-il ?

Ma 2e solution qui n’engage que moi bien sûr et bien plus licencieuse que l’autre, ces « Anejados » seraient des cigares posant peut-être un problème au moment de leur mise sur le marché sur le plan gustatif, pas assez mature pour être vendu durant l’année en cours, afin de ne pas gâcher cette marchandise, et là, on parle tout de même de quantité non- négligeable de cigare = $$$, Habanos a préféré attendre qu’une meilleure occasion se présente pour nous les ressortir.

Ces cigares dégriffés en quelque sorte, avec quelques défauts, pratiques analogues au pré à porter par exemple, eh oui en y réfléchissant, rien, n’affirme que le « Montecristo Anejados » ou le « Romeo Anejados » et « Hoyo Anejados » appartiennent bien à leur boîte. C’est juste un point de vue qu’on est en droit d’analyser, je ne juge pas et je ne condamne pas ce procédé, cette idée de ne rien jeter et laissez reposer un certain temps pendant que la nature continue d’affiner son travail est honorable, jusqu’à l’instant T, ensuite y apposer une seconde bague, je trouve l’idée marketing géniale si s’en est une, très rentable pour Habanos de surfer sur l’engouement actuel pour les cigares âgés, le tout en déstockant des milliers de cigares qu’il ne savait que faire ? Ce que je condamne par contre, c’est de nous prendre pour des c… en nous faisant payer le prix fort. Pourquoi pas prochainement, une bague « Extra Viejo » ou « Super Anejados ». Cette réflexion m’appartient en tant qu’amateur et reste tout à fait légitime et vous qu’en pensez-vous ?

Pour info, ces trois cigares, je les ai bien entendus dégustés."

12:40 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/02/2016

790 millions de cigares, et moi, et moi, et moi...

Plus de six décennies de roulage de cigares premium, de ses petites mains ridées, le légendaire Arnaldo Alfonso Ybanez, 78 ans est fier de voir aujourd’hui ses "havanes" offerts aux dignitaires des différents Etats et autres, visitant sa boutique de l’Hôtel Palco dans l’ouest de La Havane. Aujourd’hui, il est enchanté par l'idée que ses clients allumeront un jour leur « Habanos » à New York, à Los Angeles ou ailleurs aux États-Unis, là où depuis 54 ans, les cigares cubains étaient prohibés, suite à l'embargo américain annoncé en 1962 par JFK à l’encontre du nouveau pourvoir établi sur l’île.

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Arnaldo Alfonso Ybanez.

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Hôtel Palco.

Les fabricants de cigares cubains se lèchent les babines, plus de nouvelles règles américaines, ont été annoncées en décembre, dans le cadre d'une détente partielle, ce qui permet à plus d'Américains de se rendre sur l'île et ramener légalement de petites quantités de « stogies » convoités pour la première fois depuis des décennies.

Comme chaque année, le Festival annuel del Habano célèbre le cigare en se terminant par le mythique dîner de gala, cette année les fonctionnaires de la profession ont déclaré qu’ils attendent de doubler la vente de cigares premium, appelés « habanos » de 3 millions à 6 millions d’unités d’ici 1 ans.

"Ceci est un saut important dans tout juste un an", a déclaré Jorge Luis Fernandez Maique, ex-vice-président de Habanos SA, cette entreprise mixte que se partagent Cubatabaco et la société britannique Altadis. « C’est un boom historique pour le marché du cigare cubain."

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Jorge Luis Fernandez Maique (ex-vice-président de Habanos SA).

Les ventes supplémentaires représenteraient une augmentation modeste de la production annuelle globale de l'entreprise d'environ 90 millions à 100 millions d'unités haut de gamme pour répondre à la demande intérieure et internationale, principalement en Europe et en Chine. Mais les responsables voient que la tête du cigare. Si l'embargo américain venait à tomber au milieu d'une normalisation des relations diplomatiques, Habanos S.A estime qu'il pourrait toucher près d'un tiers du marché américain, le plus grand dans le monde pour les cigares.

Près de 600.000 visiteurs américains se sont rendus à Cuba, l'année dernière, un chiffre qui inclut la plupart des Cubain-Américains en visite dans leur famille, mais aussi des dizaines de milliers de personnes participant à des échanges éducatifs et religieux juridiques. On prévoit que ce nombre augmente, mais ils ne savent toujours pas dans quelle mesure.

Beaucoup de boutiques se visitent, comme celle où Alfonso travaille.

"Ils sont conscients que ce sont des cigares de premier ordre», a déclaré Teresita Diaz, une vendeuse du magasin.

Selon les nouvelles règles, les voyageurs américains sont désormais autorisés à ramener jusqu'à 100 $ en tabac et l'alcool combinés, beaucoup moins que les 3000 $ à 4000 $ de ventes que Diaz peut expédier pour certains des amateurs canadiens, européens et chinois.

Les touristes américains peuvent fumer autant de cigares qu’ils le désirent sur l’île, et ils peuvent à titre d’exemple revenir sur le continent avec environ cinq paquets de Montecristo n° 4 (prix de vente: 27,75 $) ou de Cohiba Siglo I (34,50 $) sans violer la loi sur les restrictions d’achat.

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Si même la moitié du nombre actuel de voyageurs américains devait acheter des cigares chaque jour pour 50 $, cela ajouterait jusqu'à environ 15 millions de $ de nouvelles recettes pour la société Habanos S.A en 2016.

Obtenir l'approbation d'exporter des cigares aux États-Unis serait une véritable aubaine pour Cuba.

Habanos S.A, qui a enregistré des ventes mondiales de 439 millions de $ l'an dernier, estime qu'il pourrait vendre environ 790 000 000 de cigares, doublant presque la production actuelle de Cuba, si l'embargo était levé.

Ce ne serait possible qu'avec l'approbation du Congrès contrôlé par les Républicains. Après le buzz initial sur l'annonce du 17 décembre que Washington et La Havane se déplaceraient pour rétablir les liens, les progrès ont été lents sur la résolution de beaucoup de questions, notamment celle de la réouverture des ambassades dans les deux pays respectifs.

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Congrés américain.

Il y a aussi des questions sur la capacité de Cuba à augmenter la production pour répondre à la demande américaine. Le pays souffre de grandes lacunes dans les infrastructures liées à cette industrie, et les producteurs de tabac se plaignent souvent des retards de transport suivant la récolte qui cause de gros problèmes sur la qualité des feuilles.

«Il est clair que, même aujourd'hui, les montants (récoltées) ne sont pas suffisants a déclaré Ricardo Salas, qui distribue les cigares cubains à Chypre.

Alors qu’un bon nombre d’amateurs américains seraient initialement tentés par le «fruit défendu» sur bien des aspects du cigare cubain, beaucoup pourraient les trouver trop puissants à leur goût, pas assez familier.

Salas et d'autres experts ont déclaré que les marques cubaines les plus douces telles que Montecristo et Romeo y Julieta seraient probablement appréciées aux États-Unis, bien mieux que les Partagas et Cohiba, réputés de plus fort.

Après plus de cinq décennies de rupture, « l'Américain moyen » ne connaît pas ce produit « made in Cuba", a déclaré Salas. Leur seule comparaison provient des cigares provenant d’Amérique Centrale et de république Dominicaine, des tabacs aux saveurs plus douces et plus discrètes pour la majeure partie. A cela s’ajoute aussi le prix du cigare Cubain, bien plus chère que la moyenne, située entre 4 et 6 $ le module ! Difficile à ce jour de projeter un schéma économique sur les habitudes des fumeurs américains. Affaire à suivre dans les prochains mois.

17:09 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

H.Upmann "Reserva Cosecha 2010"

Présenté durant le Festival del Habanos de février 2014, ce « H.Upmann n°2, Reserva Cosecha 2010 » a pris tout son temps pour atteindre nos civettes en ce début d’année 2016, cette production limitée à 100000 pièces, conditionnées en 5000 boîtes, reste une édition qui risque fort d’être épuisée très rapidement. Pour ma part, la chance m’a souri la semaine passée, puisque « Davidoff Geneva » le proposait à la pièce, seuls 20 cigares à la vente sur les 4 boîtes reçues pour le moment, chose très rare pour un « cosecha », le plus souvent vendu à la boîte, ce qui me permet aujourd’hui d’en faire la dégustation ! Encore merci pour l’initiative de cette civette. Pour info, ce «pyramid » reprend exactement le format actuel du n°2, inchangé depuis plus de 55 ans. (156 x 52 )

Le « Reserva » par définition est un Habanos dont les feuilles de tripe, de sous-cape et de cape ont été vieillies pendant au moins trois ans avant l’élaboration définitive du cigare. Pour les différencier des autres, chaque cigare porte une seconde bague, noir et argent pour les « Reserva » et noir et or pour les « Gran Reserva ». Ce puro, comme annoncé par « Habano » provient de la récolte de 2010, bref calcule, ce qui nous fait 3 ans + 1 année de repos à Cuba avant leur mise sur le marché pour 2014, par contre cette fois-ci, nous avons le droit à une année supplémentaire de vieillissement en boîte ou peut-être pas ! Est-ce un retard dans la production ou dans l’acheminement ? Je trouve que ça fausse un peu les caractéristiques gustatives de ce cigare, dit « Reserva » pour les amateurs que nous sommes. Et pour 2015, c’est au tour du « wide churchill de Romeo & Julieta Gran Reserva Cosecha 2009» de subir les mêmes aléas, sortie prévue courant 2016 ou 2017 ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Revenons à notre n°2, je ne sais pas pour vous, mais une bague « Reserva » donne toujours un pouvoir étrange au cigare, faite pour vous intimider dans votre jugement, celle-ci résonne comme un insigne étatique et irréfutable, d’une administration kafkaïenne préposée au « triomphe du bon goût ». D’entrée, tous vos préjugés favorables rentrent en conflit avec votre désir d’impartialité, votre analyse objective en oubliant le désir de plaire à tout le monde.

Joliment cintré d’une cape soyeuse de couleur caramel  ‘colorado’, ce « pyramid » annonce la couleur dès les premiers instants, un cigare d’à peine 12 grs sur la balance, bien plus léger que son homologue le « Pyramid Roméo & Julieta Anejado 2014 » affichant un poids de 15 grs, 12 grs c’est vraiment peu pour un cigare ! Ce n’est pas juste une question de quantité de tabac, mais juste un confort de poids idéal, lorsque que je le soupèse en main. Olfactivement, je trouve son bouquet assez discret, ça flirte bon le boisé épicé, le bois précieux et le chocolat laiteux (kinder). Mais, au mouillage, rien de très significatif au goût, plutôt neutre en bouche.

L’allumage se fait avec aisance (tirage bien ventilé), illustré par une attaque gustative d’une douceur agréable et onctueuse, dès la seconde bouffée.

Dans un premier temps, je ne dirai pas que cet « Upmann » me transporte sur le chemin de l’allégresse ou de la béatitude, certes ce cigare commence juste à poser ses fondations. L’ensemble expose un fumage gracieux, à la rondeur tout à fait agréable. Petit bémol, je trouve sa persistance un peu courte, celle-ci orné de quelques notes suaves et sucrées, sur un fond boisé épicé et de fruits secs. Il lui manque ce petit truc dans la profondeur de ses arômes, un peu trop lissé dans sa forme.

Le 2e temps évolue vers une longueur plus chevronnée dans un sens, toujours dans une certaine légèreté et d’une constance plaisante. Ce n°2 offre un cigare harmonieux à la consistance affable en bouche, rien d’outrageant dans la partition. Les notes endémiques se consolident dans leur évolution dans un léger épicé chocolaté qui ne bouscule en rien cette dégustation, moyennement puissante dans ses arrangements. Un cigare velouté, subtil et accessible aux amateurs de cigare « médium », et non rassasiant !

Le dernier tango, temps ! Propose une volupté plus prononcée, une sorte d’efflorescence éphémère de virilité, un regain de consistance vulgaire et grave, suivit d’un final que je présageais profane, eh bien non, pas du tout, chose étrange et rare, ce n°2 retourne à sa forme tempérée du meilleur refrain, et cela jusqu’à l’épuisement. Pour être critique, ce « Reserva » me laisse tout de même sur ma faim, il lui manque cette élégance des grands, qui ont cette faculté à vous faire voyager. Ma foi, cet « Upmann » reste un bon cigare que je conseille vivement à ceux qui pourront le déguster. C’est juste mon ressenti, ça n’engage que moi. Ma note de cœur 16/20.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: pyramid
  • Taille: 156mm x 20mm
  • Bague: 52
  • Poids: 12gr
  • Année: 2010
  • Prix Suisse: 41chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

14:23 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, H.Upmann | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/01/2016

Domus Magnus Caligula "Casa Magna"

Le « Domus Magnus limitada » comme son nom l’indique est la ligne exclusive des « Casa Magna colorado et oscuro » plus communes sur le marché, et surtout plus facile à se procurer. Cette ligne de cigares nicaraguayens est produite en République Dominicaine par la fabrique familiale «Quesada», spécialisée dans le cigare premium depuis 1974 qui diffuse entre autres les marques ( Quesada, Fonseca Dominicain, Cubita, Regius et la petite dernière en référence à la série « Breaking Bad, le cigare Heisenberg ). Pour ceux qui ne connaissent pas les « Casa Magna », je les invite à combler rapidement cette carence en commençant par la ligne colorado plus largement diffusée ! Malheureusement, pour les « Domus Magnus » ( modules Optimus, Primus et Caligula ), votre opiniâtreté et votre curiosité vous permettront peut-être d’y accéder, notamment chez nos amis belges, à Tournai par exemple, la «civette de Johan D’Hondt», pour la France et la Suisse on n’oublie, casi impossible pour le moment, mise à part les «Casa Magna » de la gamme classique !

Bref, si vous cherchez un bon cigare Nicaraguayen, il est fait pour vous, très accessible en prix et de bon goût surtout (entre 8 et 10€), commencez par cette marque toutes lignes confondues, vous ne le regretterez pas. (parole d’Edmond)

Aujourd’hui, celui sur lequel j’ai jeté mon dévolu se prénomme le «Caligula», toujours sur la même thématique latine, en référence cette fois-ci au très sanglant empereur romain qui régna de 37 à 41 après JC. Ce module rappelle et s’inscrit dans un format appelé perfecto ou obus, avec la particularité supplémentaire d’un cigare «box pressed»(diamètre écrasé de forme carrée). La cape maduro, lisse et très uniforme, sans défauts apparents, développe un parfum timoré, valsant du chocolat truffé et légèrement suret, aux notes plus délicates de grillées. Dans l’ensemble, le visuel et l’olfactif s’entendent à merveille, offrant un duo des plus séduisants dans ce corps ferme et musclé.

A l’allumage, c’est une envolée poivrée, très explosives qui s’invite dès les premières bouffées.

Dans un premier temps, sa consistance offre en bouche une forme distinctive de terreux empyreumatique, très marquée. Je peux comprendre que cette entrée en matière n’est pas forcément le goût de tous et peu en détourner plus d’un. En même temps, c’est cette singularité qui rend intéressant ce terroir en lui donnant cette distinction et cette éloquence aromatique. En effet, nous sommes loin de l’insipidité latente de certains cigares que je ne nommerai pas, deux, voire trois plus chères ! Les saveurs évoquent, un mélange de boisé et de terre brûlée, de café poivré, ainsi que l’amertume de la fève de cacao mélangé à l’âcreté d’une bière très maltée, du genre d’une « Hercule Stout » pour ne pas la citer. Des saveurs outrageantes qui prennent rapidement en otage vos papilles dans une dégustation colorée, contrastée et puissante, je pense par exemple au cuistot qui caramélise ses petits légumes au vinaigre balsamique. Fort heureusement, cette autorité gustative ne vient pas vous submerger de vilaines notes lourdes et piquantes, à condition de maîtriser la combustion, en effet, inutile de le chauffer inutilement, ça le rendrait rapidement brûlant et déplaisant.

Après environ 25 minutes, sa forme semble s’arrondir, sans parler d’onctuosité celle-ci devient plus prévenante d’une certaine manière, mais rassurez-vous celui-ci continue d’expédier avec enthousiasme, ses notes épicées et de saveurs lointaines de grain de café piochées dans la boîte en fer chez grand-maman à côté des filtres « Melitta », et oui quand on est gosse, on ose tout ! A ce stade, pour l’égratigner un peu, tout de même, je le trouve asséchant, cela est dû essentiellement à l’érosion de mes sens après 45 minutes de fumage intense. Sinon, rien à signaler dans cette seconde partition qui qualifierait ce cigare d’évolutif, mise à part son volume gustatif qui s’intensifie au fil du temps. Roboratif et rassasiant, ce Caligula diffuse généreusement une musique riche de sensation vineuse et terreuse torréfiée d’une bière comme une«Barley Wine»( vin d’orge en français, bière à haut degré d’alcool).

Le finale approche inexorablement, vers une tessiture harmonieuse, toujours plus puissante en bouche, très épicé, suivit de notes comme celle de la viande brûlée, de la tourbe, des fruits secs torréfiés qui finissent par empâter ma perception et à l’alourdir de notes plus graves. C’est à moment-là, que je trouve judicieux en fin de fumage, de lui apporter un peu d’adiposité par l’absorption d’un carré de chocolat noir, ici un cru providentiel d’Esmeraldas à 98% de cacao en provenance d’Equateur, découvert sur le site «cafémichel» que je conseille, ou d’autres crus sont également disponibles ( Pérou, Madagascar, Nicaragua et Haïti). L’alliance des deux est vraiment magique pour clore l’analyse de ce « Casa Magna Domus Magnus ». Ce cigare vous l’aurez compris, n’est pas fait pour les enfants ! Il demande une certaine habitude, je pense, à être dégusté et non à être fumé, cette nuance est vraiment importante pour l’apprécier. Ma note de cœur 16/20, un bon nicaraguayen, aux arômes profonds et ronds.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Perfecto "box pressed"
  • Taille: 152mm x 21/17mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,8grs
  • Année: 2015
  • Prix Espagne: 9,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

16:26 Écrit par Edmond Dantes dans Casa Magna, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/01/2016

Les révolution du cigare.

Une levée de l’embargo sur ce produit mythique susciterait craintes et espoirs. Aussi en Suisse.

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Fidel Castro peut continuer de sourire, son pays est en passe de faire une très belle opération dans l’univers du cigare.

Inquiétude. Le mot revient souvent auprès des fabricants de cigares quand on évoque la levée de l’embargo américain sur Cuba, qui se dessine depuis que Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec l’île des Caraïbes l’an dernier. Inquiétude, notamment parmi ceux qui ont fui le régime communiste pour aller planter et rouler du tabac dans les pays voisins. Le gouvernement des frères Castro, après s’être approprié leur exploitation et les marques qu’ils avaient souvent eux-mêmes créées, pourrait venir les menacer outre-Atlantique, sur le plus gros marché du cigare du monde. Voire tuer leur business – les modèles made in Cuba bénéficient d’une aura susceptible d’étouffer toute concurrence.

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Raul Castro & Barack Obama.

A Estelí, au Nicaragua, 20'000 personnes vivraient directement de cette industrie. La République dominicaine exporte plus de 300 millions de cigares par an (contre une centaine de millions pour Cuba, selon les estimations, La Havane ne livrant aucun chiffre à ce sujet). En Floride, les exilés cubains de la diaspora vendent des versions roulées dans les Caraïbes.

Une île qui manque de cigares.

Inquiétude, le mot jaillit également en Suisse. «Nous sommes confrontés à une difficulté d’approvisionnement avec Cuba depuis plusieurs années. Si la demande devait exploser aux Etats-Unis, le cigare cubain pourrait devenir rare», confie Louis-Charles Lévy, administrateur de Diramex SA, une holding familiale genevoise détenant un quart des parts d’Intertabak SA, l’importateur officiel de cigares cubains en Suisse.

De nombreux pays européens, d’Asie et du Moyen-Orient se sont tournés vers d’autres pays producteurs pour cette raison, note Richard Carleton Hacker dans son livre The Ultimate Cigar Book (4e édition, publiée en juin 2015). «Ce qui se passera après l’éventuelle levée de l’embargo américain est un gros point d’interrogation», renchérit Vahé Gérard, à la tête de l’entreprise familiale de cigares Gérard.

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Habanos SA, la compagnie chapeautant l’industrie des cigares cubains (elle appartient à 50% à La Havane et à 50% à la multinationale britannique Imperial Tobacco et détient la moitié du capital d’Intertabak), estime pourtant pouvoir saisir jusqu’à 30% du marché des Etats-Unis et y vendre 90 millions de pièces par an. Une aubaine pour le pays, dont les cigares seraient le troisième bien le plus exporté après les produits pharmaceutiques et le nickel. Mais Habanos a un problème: elle manque de moyens – financiers, technologiques et humains, les jeunes se détournant de l’agriculture – pour satisfaire un marché global pourtant morose.

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En France, en Allemagne, en Espagne, les ventes déclinent. A ce rythme, on ne trouvera plus de cigares en Grande-Bretagne d’ici à 2026, a calculé le Financial Times . Or, en Asie, le cigare ne séduit pas. Les Chinois, pour se détendre, lui préfèrent l’opium, le thé, voire les massages.

En Suisse, les cigares sont moins taxés que dans les pays voisins. A l’unité, leurs ventes ont certes crû de 4% l’an dernier avec 181 millions de pièces écoulées (dont 141 millions de cigarillos, ces petits formats peu chers se vendant désormais mieux, notamment auprès des jeunes), selon le cabinet Euromonitor International. Mais, en valeur, elles ne progressent guère depuis le début du millénaire. Près des deux tiers des importations helvétiques de cigares émanent de la grande île et quatre entreprises dominent le secteur des cigares (cubains ou non) en Suisse: Dannemann, Villiger, Scandinavian Tobacco Group et Oettinger Davidoff.

D’autres se disent moins inquiets: «Les cigares cubains sont chers. Nous ne pensons pas que les Américains voudront payer trois à quatre fois plus pour leurs cigares», estime Heinrich Villiger. Le propriétaire de l’entreprise Villiger Fils – qui possède un quart d’Intertabak – envisage tout de même de faire face à une pénurie de feuilles de tabac en cas d’ouverture du marché américain.

Le climat qui se durcit à l’égard des fumeurs tourmente davantage Heinrich Villiger. A Berne, l’Office fédéral de la santé publique a soumis au parlement un projet de loi – qui sera traité cet automne – visant à durcir la publicité, la vente et l’information sur les risques pour la santé des produits issus du tabac. Des fabricants regrettent que les autorités ne cherchent pas à dissocier dans ces textes cigarettes et cigares, deux produits pourtant très différents.

Age d’or et contrebande.

Retour à Cuba (où existent aussi des lois contre la fumée). Le régime castriste n’a pas toujours entretenu de bonnes relations avec les Suisses. Une affaire reste mystérieuse aujourd’hui: celle qui a conduit en 1989 Oettinger Davidoff à stopper ses activités dans l’île et à les reprendre en République dominicaine. Le groupe bâlois aurait été poussé vers la sortie par La Havane, qui souhaitait prendre possession de la marque Davidoff, selon ses concurrents. Une version que le groupe réfute totalement (lire ci-contre). Ce dernier vend bien depuis des modèles cubains – mais ils ne sont jamais estampillés Davidoff – qu’il achète à Intertabak ou sur le marché parallèle via sa filiale Säuberli & Cie (ce qui est légal).

Les contrebandiers, eux, doivent carrément s’affoler. On estime en effet à 10 millions le nombre de cigares cubains qui arriveraient au noir chaque année aux Etats-Unis par des canaux appelés à disparaître en cas de légalisation. Même au sommet du pays, on a joué avec les limites: douze heures avant qu’il ne prononce en 1962 un embargo à l’encontre de Cuba, le président John Kennedy a fait commander un millier de H. Upmann Petit Coronas, une marque huppée de La Havane, pour se détendre après la rupture des relations commerciales avec le voisin du Sud.

Dans toutes ces inquiétudes, certains voient aussi de bonnes nouvelles. «Une concurrence accrue pousse les fabricants à améliorer la qualité de leurs cigares», selon Vahé Gérard. «On vit aujourd’hui un âge d’or: il n’y a jamais autant eu de marques de cigares et de tabacs différentes», souligne de son côté Richard Carleton Hacker. Le Sénat américain, qui doit valider ou non la levée historique proposée par son président, en tiendra aussi sûrement compte. (24 heures)

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Richard Carleton Hacker ( The Ultimate Cigar Book ).

Source: 24heures.ch

Article: Richard Etienne.

16:20 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La conservation des cigares selon Edmond.

Conserver ses cigares ?

Il existe une multitude d’ouvrages très techniques que je ne remettrai pas en question sur la conservation des cigares, écrit par de nombreux érudits, je pense notamment à Vahé Gérard, à Didier Houvenaghel, à Jean-Michel Haedrich ou à Gilbert Belaubre pour les plus remarquables qui ont tous, sans exception abordé ce sujet crucial avec grand soin, dans des livres que je vous invite à lire. Tous sont unanimes pour dire qu’un cigare a besoins d’une température et d’une humidité constantes pour préserver dans les meilleures conditions possibles nos précieux modules, avec un ratio moyen de 18-20° pour 70-73% d’humidité relative. La raison est bien simple, un cigare correctement humidifié se compose en moyenne de 87% de matière organique (les feuilles) et de 13% H2O (l’eau) dans un environnement de 70% d’humidité. Ses excès et ses carences entraînent souvent des transformations biochimiques tragiques, un cigare trop sec verra sa température de combustion augmentée et ses molécules aromatiques les plus fragiles se dégrader rapidement, avec une sensation en bouche rappelant celle de la poussière ou de "grenier", a contrario un cigare trop humide brûle difficilement et donne un goût âcre et lourd évoquant parfois un goût d’hydrocabure. En l’absence d’oxygène dans la filtration, la zone de combustion finit par se carboniser, et devient dans certains cas extrêmes un véritable morceau de charbon de bois, très compacte ou le flux d’air à l’intérieur du corps devient impossible. Ces dégâts internes entraîneront aussi des lésions externes incurables, gonflement anormal et craquelure de la cape par exemple. Sa bonne conservation agit donc, directement sur la combustion, l’importance de cette constance d’humidité relative est essentielle pour garantir une qualité optimale lors de la dégustation.

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Humidor IZAMBAR.

Mais peut-on sauver un cigare jugé trop sec ? Je dirai, oui parfois, à condition que celui-ci ne soit pas resté trop longtemps en dessous des 45/50%, il sera néanmoins possible et de manière graduelle de remonter ce taux d’humidité, mais au-delà des -30% votre cigare aura subi bien trop de perte pour être sauvé. L’inverse semble peut-être moins grave qu’il n’en paraît, trop humide, il suffit simplement de le réacclimater dans un environnement propice à 70%, par contre le réel danger d’un cigare longtemps conservé au-delà des 85%, c’est qu’il peut avoir subi des dommages physiologiques désastreux, en effet celui-ci peut développer par exemple des moisissures invisibles à l’œil nu, niché au cœur de votre cigare qui en affecteront son goût, un peu comme un énième état fermentif qui le ruinerait définitivement ! Vous l’aurez compris, il y a des limites à tout pour guérir un cigare « On ne met pas un emplâtre sur une jambe en bois ». Ne l’oubliez pas, la feuille de tabac reste un produit organique très fragile.

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Humidor IZAMBAR.

Aujourd’hui, il existe sur le marché de nombreux moyens pour conserver vos cigares je pense bien entendu à la traditionnelle cave à cigares, appelé le plus souvent ‘humidor’. On en trouve de tous les matériaux, de toutes les formes et toutes les couleurs, en plexiglas, en bois, en pierre, en verre, etc., selon votre degré d’appréciation. Toutes ces caves possèdent en général un système commun et passif d’humidification dans lequel une simple mousse ou des cristaux gélifiés diffusent de l’humidité au travers d’un boîtier pendant une période allant de 3 semaines à 2 mois maximum selon le type de modèle et du volume de votre cave, ils en existent d’autres plus perfectionnés possédant des systèmes actifs de type hygrostat, des humidificateurs électroniques intelligents qui régulent votre cave pendant votre absence, forts utiles lorsque vous vous absentez de chez vous pendant de longues périodes jusqu’à plus de 3 mois pour certaines. Ces 2 systèmes demandent tous la même vigilance, certes ils nous rendent de grand service, mais vous devez toutefois vérifier que leur contenu en liquide, une eau déminéralisée de préférence évite la prolifération de bactérie qui en affecterait l’écosystème de votre cave, si cette eau provenait de votre robinet, tel serait le cas.

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Humidor IZAMBAR.

Pour une meilleure optimisation, une cave à cigares, selon moi, doit contenir environ 60% de son volume en cigare, et doit posséder une enveloppe interne en bois massif (non verni) d’une épaisseur au minimum de 10 à 20mm, en cèdre espagnol ou tout autre bois équivalent, comme de l’Oukoumé ou du Bossé. Le bois joue un rôle primordial dans les échanges internes avec vos cigares, celui-ci au fil des mois agit comme une sorte d’éponge en restituant partiellement son humidité emmagasinée, créant une sorte de biotope entre le contenu et son contenant, à ce moment-là votre cave commence à vivre et à respirer. D’ailleurs pour accélérer la chose, il est vivement conseillé d’humidifier légèrement les parois intérieures de votre cave pour activer ce processus, inutile donc de l’immerger et de la noyer pour autant, il en faut très peu, tamponner l’intérieur avec un linge propre et humide très délicatement. Il faudra compter en moyenne un à deux mois avant de la stabiliser.    

Une cave en verre ou en plexiglas n’aura pas ce genre de propriété intrinsèque, malgré tout elles obtiennent de très bons résultats à condition de l’équiper d’un bon humidificateur. Eh oui, qui n’a pas eu recours à la traditionnelle boîte « Tupperware » pour stocker ses cigares, je suis entièrement d’accord, sur la table du salon, ce n’est pas terrible ! Un autre inconvénient de ces caves très design, concerne leur transparence, le cigare n’apprécie pas la lumière et lui préfère celle de l’obscurité.  

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Humidor IZAMBAR.

Une cave en bois de belle qualité évite aussi les écarts de déperdition à chaque utilisation, à condition que celle-ci soit bien étanche et possède une enveloppe externe hermétique, sachez qu’à chaque ouverture du couvercle, vous perdez facilement entre 5 et 10% en quelques minutes seulement selon la fréquence d’utilisation, il vous faudra plus d’une heure parfois pour rétablir cette ambiance à 70%, tout dépendra aussi de l’endroit où vous entreposerez votre cave, selon moi une pièce légèrement humide entre 40 et 50% semble appropriée pour éviter ces écarts. Ne pas oublier un hygromètre et un thermomètre de qualité pour contrôler tous ses paramètres cités.

11:29 Écrit par Edmond Dantes dans Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/01/2016

IZAMBAR "Caves à cigares/ Humidors" selon Edmond

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 Les caves à cigares "IZAMBAR"

Amoureux passionné de belles fumées depuis quelques années, graphiste et architecte d’intérieur depuis toujours, c'est tout naturellement, après 20 ans à dessiner pour les autres et à leur concevoir des meubles de tout acabit qu’un jour, voilà 2 ans maintenant, je ne saurai dire pourquoi, l’idée de réaliser ma cave à cigares, celle qui me corresponde vraiment,  a germé dans mon esprit. Entre deux projets, je laissais flotter mon crayon sur la surface de mon carnet de notes au gré de mes humeurs et de mes envies comme la houle du bord de mer, d’abord des formes diverses et sans réel sens, celles que l’on gribouille instinctivement pendant un appel téléphonique et qui pourrait s’apparenter un jour à de l’Art Cu’Bic ! Vous connaissez surement cette manie de griffonner un peu partout nerveusement. Mais doucement mes obsessions se sont révélées prometteuses, mes esquisses sont devenues plus précises et plus réalistes, jusqu’à finalement être projetées sur mon Autocad en trois dimensions, enfin je pouvais la visualiser sur écran dans ses moindres détails, les volumes, les couleurs et les différentes matières qui la constituaient, tout devenait enfin palpable. C’est à ce moment-là je pense que l’idée un peu folle de la partager a suivi cette logique de commercialisation. Mais le plus dur restait à faire bien sûr : réaliser les prototypes avec les moyens dont je disposais, étudier  tous les aspects de son utilité principale « la conservation ». Par la suite, produire d’autres modèles afin de constituer une petite collection devenait une exigence pour moi. Ma passion pour les belles capes fusionnait avec mon métier, la marque IZAMBAR, combien singulière, venait signer ce travail de longue haleine !humidor,cave à cigares,boîte à cigare,cellars cigars Pourquoi IZAMBAR ? A part le fait que ça rime très bien avec cigare, mais encore…

Ce nom se veut être un clin d’œil à un personnage chapeauté, haut en couleur, du 19e siècle, celui d’un ingénieur londonien de renom très en avance sur ce temps, un pionnier de l’ingénierie moderne qu’on appellera l’âge d’or de la révolution industrielle. Brunel a contribué notamment au percement du Thames Tunnel (Londres) le premier tunnel sous un fleuve, ainsi que bien d’autres succès comme la conception du premier navire maritime à coque de fer mû par une hélice par exemple. "Isambard Kingdom Brunel" de sa vraie orthographe était un véritable bourreau de travail et ne dormait en effet que quatre heures par nuit pour satisfaire tous ces nouveaux défis. Une autre de ses qualités ou défauts : c’est qu’il fumait le cigare furieusement, mais rien d’étonnant dans la mode enfumée des messieurs de l’ère victorienne. Selon les témoins, la consommation journalière de Brunel atteignait tout de même 40 modules !! Malheureusement, son décès fût prononcé bien trop tôt, un jeudi du 15 septembre 1859, mort à l’âge de 53 ans de complications rénales suivi d’une attaque.

 

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Isambard Kingdom Brunel

Ci-dessous quelques photos pour les illustrer, le reste en détail sur le site IZAMBAR

site: IZAMBAR

contact: izambar@orange.fr*

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La cave "Kipling"

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La caves "Welles"

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La cave "Twain"

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La cave "Welles"

15:44 Écrit par Edmond Dantes dans Actualités, Cave à cigare | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

14/01/2016

cigare OSOK d'Edgard Hoill, module "Travieso"

« OSOK » est l’acronyme attribué au célèbre photographe Urbain Edgard Hoill, basé à los Angeles, ce personnage atypique et attachant a trouvé un moyen d’inspirer de nombreuses personnes par son travail. A l’origine, il officiait comme photographe dans le cercle très fermé d’Hollywood, mais Hoill s’ennuie et son instinct le pousse rapidement vers d’autres contrées, son regard se passionne pour la vie quotidienne des plus démunis, pendant plus d’une décennie, il photographie en arpentant les taudis de Cuba, en passant par les villes frontalières mexicaines comme « El Paso » et les laissé-pour-comptes de la société américaine, son travail l’amènera jusqu’à côtoyer de très près le crime organisé au travers des gangs et des cercles mafieux qui se laisseront capturer par l'oeil de son objectif. Ses photos sont décrites comme envoûtantes, respectueuses, émouvantes et significatives.

De la même manière qu’il déclenche l’obturateur, Hoill veut transmettre ce trait de sa personnalité dans une liga qui refléterait l’intensité de sa propre existence. Pour cela, il crée sa marque avec l’aide de son ami Christian Eiroa (président de Camacho de 1998 à 2008), OSOK signifie « One Shot, One Kill » qui veut dire « 1 tire, 1 mort » et désigne les compétences d’Edgar Hoill avec un appareil photo, et illustre sa capacité à saisir l’instant parfait en une seule prise. Il y aurait encore beaucoup à dire sur Edgard, notamment ses photos sur les influences Chicanos, Mayas, Aztèques et Mexicaines, dans le monde du « tattoo », d’ailleurs tout le marketing de la marque s’en inspire allègrement.

Pour cette petite analyse, le morceau choisi est un format peu ordinaire et devenu rare aujourd’hui, appelé vulgairement « patte d’éléphant » en référence au pantalon ou cigare conique si vous préférez. Le « Travieso » de son vrai nom commercial est un cigare musclé, composé d’une tripe du Nicaragua et d’une cape grasse du Nicaragua, de couleur sombre maduro/oscuro, il délivre un duo parfumé et tanné, subtilement animal, le tout parsemé d’éclats de chocolat noir. A cru, très épicé sur les notes de têtes, il laisse néanmoins sur le fond un goût légèrement suave et sucré, qui pourrait rappeler le raisin sec ou celui du pruneau par exemple, des saveurs préalables plutôt plaisantes qui ambitionnent un fumage heureux, je l’espère.

Passons, dès à présent à l’allumage…

Ouaou, non de Dieu, ça déménage ! D’entrée, je le trouve surprenant, comment dire ? Un peu comme une salve d’artilleur prussien, visant directement le fond de mon palais de poivre blanc qui manquerait pour peu de me faire tousser. Ce démarrage tonitruant, bouscule et tabasse les papilles dans une consistance presque effrayante, tant la partition des premiers violons dérange les prémices de ce concerto.

Passez ce mouvement sonnant et trébuchant, environ le temps d’une première cendre. Sa forme rassasiante et roborative offre une première partie épicée bien mieux supportable sur fonds de notes tourbées et de corne brûlée. Pour l’instant, son manque d’onctuosité lui fait défaut, je le trouve assez sec en bouche, un peu comme le dernier souffle d’un Mexicain basané se faisant refouler à la frontière USA/Mexique, après 3 jours sans eau, passée dans le désert de Sonora. Mais, lueur d’espoir, l’horizon semble s’alourdir de nuages gris qui arrondissent le palais de notes plus embuées, plus grasses, mais ne rêvons pas, la pluie ne viendra pas aujourd’hui ! Ce cigare dans sa forme, évoque très bien la cuisine variée préhispanique d ’Amérique centrale, consistante, riche et épicée. Je trouve cette première partie festive et très attractive, auquel sa force maîtrisée éveille les sens avec contentement.

Dans le 2e temps, rien ne vient troubler le ronronnement de son profil aromatique. Toujours rassasiant, je dirais rustique, il semble dévoué et plus modéré maintenant, moins sonore d’une certaine manière, gustativement parlant. Mais toujours d’une consistance ronde et forte, faite de saveurs singulières et endémiques de terre brûlée, de poivre et d’effluves torréfiés, notes agréables que puise la rondeur dans ses inspirations, dès cette seconde partie. Ce « Travieso » après avoir haussé le ton avec une certaine éloquence, s’est petit à petit laissé dompter au fil de ses aspirations bleutées, sur une musique écrite, devenue plus linéaire et plus onctueuse à l’approche du dernier tiers.

Ce final maîtrisé et sans réelle surprise se consume avec beaucoup de discernement, vers une perception du goût très ample en bouche, celle-ci faite de saveurs plus carbonées, en rien irritantes, celles-ci exaltent maintenant des notes plus corpulentes, de réglisse, de café et de terre. Cette dernière partie, que je qualifierai de puissante, mais mesurée, prolonge les sensations gustatives dans une plénitude rare et confortable, sans aucune résistance. Ce cigare peut en rebuter plus d’un, par son caractère belliqueux et puissant dans les premiers temps, mais votre patience et la fréquence pondérée de vos bouffées éviteront de le chauffer inutilement et d’en apprécier chaque instant, et feront de cette « OSOK », une belle histoire. Ma note de cœur 16/20, une découverte intéressante.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Trompeta/ patte d'éléphant
  • Taille: 128mm x 21mm
  • Bague: 54
  • Poids: 16,5grs
  • Année: 2015
  • Prix France: 8,5€  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

17:58 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Osok | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2016

Cedros de Luxe CDH "Romeo & Julieta"

Avant tout, permettez- moi de vous souhaiter, mes voeux 2016 ainsi que de merveilleuses histoires olfactives, à travers de nouvelles découvertes fumigées et encensées, durant l'année des "Monkeys" !

Ainsi pour amorcer cette nouvelle année, mon choix, pour cette première analyse, c’est portée sur ce module de la Casa del Habano récemment sortie en 2014, le Roméo & Julieta « Cedros de Luxe », un cigare peut-être passé inaperçu, car moi-même je le découvre en même temps que vous, je sais, honte à moi ! Ainsi pour me faire pardonner, voici quelques lignes tirées du livre « Une Gourmandise » de Muriel Barbery, comme préface à cette dégustation. Des mots qui résonnent et s’entrechoquent à merveille sur l’identité, le caractère informel de ce cigare. Je vous laisse apprécier, la rondeur et la longueur de ce texte, tout est si bien dit !

« Dans ce rêve de fleurs et de légumes, j’écrasais sous mes pieds brunis l’herbe sèche et touffue du jardin et je m’enivrais des parfums. Et d’abord de celui des feuilles de géranium que, couché à plat ventre parmi les tomates et les petits pois, je froissais entre mes doigts en me pâmant de plaisir : une feuille à la légère acidité, suffisamment pointue dans son insolence vinaigrée mais pas assez pour ne pas évoquer, en même temps, le citron confit à l’amertume délicate, avec un soupçon de l’odeur aigre des feuilles de tomate, dont elles conservent à la fois l’impudence et le fruité. »

Comme pour le vin, l’acidité est essentielle dans un cigare, chez les Cubains il est assez fréquent de ressentir cette fraicheur, un peu, voire très suret dans des cigares très jeunes, âgé d’ 1 à 2 ans, mais avec le temps ceux-ci auront tendance à s’arrondir pour laisser place à une onctuosité plus éclatante et nivelée sur des saveurs grillées et torréfiées.

Parler d’acidité est de suite perçue comme un défaut, en effet cela le devient si la sensation en bouche s’apparente désagréablement à la succion d’un citron !

Tout comme pour les vins blancs, certains cigares seront plus secs en bouche, doux ou moelleux parfois. Cette acidité provient naturellement des acides organiques présents dans la plante comme l’acide malique par exemple que l’on trouve dans beaucoup de végétaux et de fruits. Le type de terroir y est pour beaucoup aussi. Je vous conseille ce lien sur la composition des sols sur le site « vinsvignesvignerons » qui aborde de manière explicite la question.

D’aspect ce « Cedros de Luxe » n’a aucun reproche à se faire, la construction est soignée, le module ferme et moelleux développe subtilement un parfum boisé, de cèdre et de beurre rance, celui que grand-mère entreposait avec le sucre et le café dans sa petite armoire en formica, placée au-dessus de l’évier, éveille un relent oublié d’odeur abominée, mais combien précieux dans mes souvenirs. Au mouillage, la cape me laissera un goût amer et distinctif sur la langue et les lèvres.

Dès l’allumage, tel un dragon crachant sa fumée, l’attaque est franche, assez tannique et peu onctueuse, des sensations dessinées par le goût olfactif de ces vieux meubles en bois vernis ou celle du parquet vitrifié. Une forme gustative très identifiable et très éveillée en bouche.

Après quelques dizaines de minutes de réchauffement, le premier chapitre offre une histoire relativement endémique, nous sommes toujours sur un profil aromatique assez acide avec un peu d’astringence. L’ensemble libère ses arômes dans une consistance toutefois équilibrée, faite de notes de terre, de poivron, de noix et de bois précieux. La rondeur, quant à elle, pèche tout de même par son jeunisme et son manque de maturité, mais s’affirme avec brio dans une persistance plus poivrée et plus animée pour les papilles. L’ensemble acidité/ épicée, s’équilibre avec contenance sur une amplitude très ouverte en bouche. Ma foi, cette partie hisse les couleurs d’un Roméo très appuyé dans sa forme, risquant l’oppression dans son évolution, en présentant un cigare d’une belle harmonie, plaisante et licencieuse d’un réel intérêt gustatif.

La seconde partie ne déroge en rien à ce fumage, les sensations sont de bonnes consistances et déploient à leur tour, une approche plus roborative maintenant, grâce à une force en constance élévation, plus présente et bien contrebalancée dans le duo acidité-épicé. Des sensations largement soulignées en amont de cette dégustation, gustativement bucolique pour ne pas dire rustique et de complexité moyenne, mais bienveillante, il se révèle avec beaucoup de pudeur et de fraicheur dans des notes de sous-bois humide, de poivre vert et de bois précieux.

Cette dernière continue de diluer des notes devenues cuisantes, sur un refrain rassasiant et plus fortuné, de poivre et d’un soupçon frais et volatil d’anis étoilé, malheureusement asphyxié par ce fond lourd de terre brûlée, de torréfié puissant localisé sur l’arrière du palais. Rien de très glorieux sur ce 3e temps, malgré tout, ce cigare dégage un agrément honnête dans ses accords, celui d’un cigare mesuré et harmonieux dans sa forme, plaisant à déguster ! Ma note de cœur 16/20, un « Cedros de luxe » à redécouvrir si ce n’est encore fait.

  • Origine: tripe: Cuba, sous-cape: Cuba, cape: Cuba
  • Format: robusto extra
  • Taille: 141mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 13.5gr
  • Année: 2014
  • Prix Suisse: 13chf  

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20 

17:03 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Romeo & Julieta | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/12/2015

Davidoff Nicaragua "Diadema"

« La séduction a toujours été une histoire de manipulation. »

Ce joli module, le ‘Diadema’ sorti en septembre 2014, est le dernier-né de la ligne Davidoff Nicaragua après le toro, un robusto et un short corona. Ce cigare 100% nicaraguayens est mis au point en République Dominicaine par l’honorable ‘Henky Kelner’ et ‘Eladio Diaz’ son master Blender depuis plus de 25 ans, deux acolytes inséparables comme l’étaient Don Quichotte et son fidèle Sancho dans le roman de Cervantes, devenu aujourd’hui les deux fers-de-lance de la marque Davidoff. Celui-ci se compose d’une tripe assez complexe provenant des trois principales régions sur quatre productrices de tabac au Nicaragua avec celui de Condega, d’Esteli et de d’Ometepe, suivit d’une sous-cape de Jalapa et d’une cape Rosado. Certains prétendent aussi qu’un peu de tabac dominicain viendrait se glisser subtilement dans la recette élaborée par nos deux ‘sorciers’ !! Mais cela nous ne le serons jamais. Voici ce que disait Kelner sur cette nouvelle ligne lorsque je l’ai rencontré en 2014 sur Genève : «Pour notre cigare ‘Davidoff Nicaragua’, nous avons fait quelque chose de complètement différent, nous avons pris du tabac d’Ometepe et un tabac de Condega qui stimule les côtés de la langue de manière moins traditionnelle qu’un cigare classique du Nicaragua. Le mélange typique d’un cigare du Nicaragua se compose souvent de tabac d’Estelli et de Jalapa (plus linéaire en bouche) » 

Effectivement, comparé avec les cigares connus de ce terroir, cette ‘liga’ n’est en rien comparable ! Sa forme générale arôme/puissance se situe plus dans celle de la douceur et de la finesse, ce qui pourrait dérouter certains amateurs, trop habitués à des cigares tourbés, cacaotés et torréfiés, appréciables également ! Pour ce ‘Diadema’, oubliez tous les codes gustatifs du Nicaragua tels que vous le connaissez.

Dès les préliminaires, son parfum étonne par tant de suavité ! Déconcertant serait le mot juste, je retrouve dans ses émanations, ce petit côté pâtissier et boisé, ressentit, parfois sur certains modules cubains. Rien de très consistant au nez, mais juste assez pour embaumer les sens avec perspicacité. A ‘crudo’, je le ressens assez fruité et doucereux/ sucré dans la suavité, offrant une préface plutôt gourmande et avant-gardiste pour un cigare nicaraguayen.

Dès l’allumage, je distingue de suite une consistance légère dès les premières bouffées, plutôt généreuses d’ailleurs, suaves et poivrées à la fois. Des sensations circonscrites sur l’avant de la bouche sur une fine expression d’astringence sur le bout des lèvres.

Dans un premier temps, les arômes s’arrondissent assez rapidement, comme un enduit gras tapissant l’intérieur de votre bouche, une perception oléagineuse assez plaisante qui rappelle ceux des fruits secs à coque, ainsi que de saveurs de sous-bois, bien moins terreuses qu’un ‘Padron’ pour sa typicité par exemple. De son côté, sa forme reste de consistance moyenne/ basse dans un spectre gustatif assez large et d’une finesse relative. Une partie qui ne déroge en rien à la conformation des cigares Davidoff en général, tous terroirs confondus, c'est-à-dire : La partition change, mais la pâte du compositeur reste la même heureusement ou malheureusement, ce serait mon seul reproche à faire à ce module ! Cette intro ne bouscule en rien les codes gustatifs de la marque, vous l’aurez bien compris, sauf celui peut-être de proposer un cigare différemment estampillé ‘cigare du Nicaragua’. Mais je reste circonspect sur sa véritable composition !

Dès le 2e temps, la constance est de rigueur, légère, onctueuse et équilibrée ! La persistance bien meilleure se révèle sur une évolution en demi-teinte comme une aquarelle de Marie Laurencin (disait en chanson un certain Joe). Le cigare est toujours d’une consistance moyenne agréable et endémique dans ses arômes qui évoluent ‘terreusement’ vers des notes plus épicées au fil de sa combustion, rien de très copieux et de très rassasiant, personnellement je trouve que ça manque tout de même de corps ! Si ce cigare cible un très large public, celui de plaire au plus grand nombre, il apporte à l’amateur une certaine complaisance toutefois illusoire sur ses qualités gustatives, celui d’un cigare manifestement non détestable !

La 3e période, joue les prolongations dans une tessiture plus affirmées et toujours inébranlables. Onctueux et gracile, il se pare d’une résonnance d’amertumes, du genre levure et progresse cahin-caha sans heurter vos papilles. Rien de dissonant dans cette dernière partie, aucune lourdeur, aucune âcreté ne viendra soudoyer ce ‘Diadema’! Même si mon appétence le trouve beaucoup trop lisse et pas assez hostile, ce ‘Davidoff’ propose une belle mouture de ce magnifique terroir que je découvre bien différemment. Ma note de cœur 16/20, un cigare non transcendant, mais suffisamment distrayant pour l’aimer.

  • Origine: tripe: Nicaragua, sous-cape: Nicaragua, cape: Nicaragua
  • Format: Diadema
  • Taille: 165mm x 19mm
  • Bague: 50
  • Poids: 
  • Année: 2015
  • Prix Suisse: 20chf   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20  

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21:14 Écrit par Edmond Dantes dans Davidoff, Dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2015

Toro Leaf by Oscar "maduro"

Visuellement ce n’est pas terrible, mais ça le mérite de susciter une certaine curiosité au premier abord ! Je trouve l’idée de l’emballage façon « very natural advertising», véhiculant une idée, pour ma part faussement bio, assez  géniale, un peu comme si le cigare se cueillait directement sur le plan de tabac, comme un vulgaire épi de maïs, c’est en tout cas l’impression que celui-ci me donne. Pour couronner le tout, la bague organique à base de tabac semble aussi appartenir à un autre monde, très orientée sur les codes graphiques du commerce équitable et solidaire, je trouve. C’est peut-être cela qui me gêne au fond, car ce cigare n’a strictement rien de bio, même si au fond, nous savons tous, que ses feuilles proviennent d’une coopérative du Honduras et récoltées de manière traditionnelle, comme 99% de la production mondiale de tabac noir, malheureusement cela ne suffit pas ! Bref, j’extrapole un peu sur les véritables intentions marketing de ce « Leaf by Oscar », en conclusion le packaging assure le « show » et ne passe pas inaperçu. Cette ligne est roulée au Honduras, dans la fabrique "Oscar Valladares" créée en 2015.

Passons au dépouillage, sur lequel je reste sur ma faim car je m’attendais à quelque chose de plus authentique et de plus rustique, au lieu de ça ce module présente toutes les caractéristiques d’un cigare formaté et nivelé pour le marché US. La couleur très chocolat, très uniforme m’inspire peu de confiance quant à son origine « Nicaragua jalapa », pourquoi pas ? Ce qui en est de sa fermeté, celui-ci est assez rigide et homogène dans son remplissage, avec une petite souplesse élastique, rien à dire pour sa confection. Au nez, j’aspire un mélange très enivrant, fuitant de ce « maduro Oscar », une partition faite d’accords de chocolat au lait, d’agrume confit et de viande fumée, une première dans les annales de mes dégustations ! A cru, je perçois toujours cette dominante d’écorce d’orange (agrume), et d’une certaine suavité façon pain d’épice, une forme résolument pleine de douceur qui éveille mon appétence.

Dès l’allumage, l’attaque en bouche révèle aussitôt une saveur onctueuse un peu sucrée, très suave et légèrement poivrée. Située localement sur le centre du palais, très peu sur le fond.

Sur le premier temps, je retrouve cette signature gustative très surprenante et amusante de cette amorce gustative ! Les saveurs sont peu communes à ce que j’ai pu déguster ces derniers temps. Ce « maduro » offre une cuisine très plaisante en goût, dès les premières  notes, à l’image d’un cigare meringué sans être trop sucré, à déguster de préférence en fin de repas à la pause-café.  Ses notes de vanille, de miel, de raisin sec et de noisette gravitent avec longueur autour d’un noyau dur fait de chocolat épicé, le tout vers une sensation doucereuse et mielleuse, confortable, rassurante, dans une consistance assez moyenne où ce « Leaf by Oscar » se montre avec bienveillance envers mon jugement. Cette partie ne peut laisser insensible, mais en tant qu’amateur averti, je reste circonspect sur l’honnêteté de sa « liga ». Pourquoi je dis ça ? Je fais suite à un cigare aromatisé « Drew Estate », dégusté voilà quelques mois, très proche de celui-ci en terme de forme édulcorée, mais en beaucoup plus écoeurant, voire dangereux pour les diabétiques ! Je plaisante…

Dans la 2e partie, après une heure de fumage, les saveurs restent globalement inchangées, l’onctuosité et  la suavité règnent avec diplomatie. Sa corpulence se complaît dans l’affabilité et le politiquement correct ! Rien de déplaisant pourtant, bien au contraire, mais il serait tout de même temps de retourner le vinyle pour en écouter la face B, au risque de s’appesantir pour de bon (cette référence au disque, précise à quel siècle j’appartiens les amis). Concernant la rondeur de ses arômes, je valide pour le côté grassement gourmand, ainsi que la tenue en bouche depuis le début de cette dégustation. Par contre, je constate malheureusement  une absence totale d’évolution dans cette seconde partie.

Il faudra attendre ce 3e opus pour apprécier une brève évolution, délivré par une pincée de poivre noir, sensation toutefois très furtive et trop méprisable à mon goût, tant son intérêt asphyxie promptement les langueurs sirupeuses et mélancoliques d’un « Oscar », confit. J’exagère et je confirme, j’aime parodier, exagérer là où ça plaît le moins, mais pour moi il est indispensable d’en grossir le trait pour en garder la trace olfactive dès le lendemain. Malgré tout, le final se révèle plus impétueux et plus corpulent, exhaussant à son tour de notes rondes et graves torréfiées, de réglisse, d’humus, de champignon, d’épices et d’anis étoilé. L’ensemble procurant une harmonie plaisante, mais très éphémère, en effet ce dénouement se voit vite rejoint par d’obscurs présages, comme cette lourdeur orageuse quand le ciel se noircit en quelques secondes, excès dont je ne lui tiendrai pas rigueur. En conclusion, même si je suis suspicieux sur sa vraie nature et malheureusement, je n’ai aucune information étayant mon ressentiment, je ne peux qu’être objectif sur ce moment passé, c'est-à-dire, celui d’un moment plaisant sur le début, plus ennuyeux sur le milieu et brièvement agréable sur la fin.

Je lui attribue un 14/20, pour un cigare plutôt facile à fumer, aromatiquement divertissant, mais qui manque un poil de profondeur et de contraste !

  • Origine: tripe: Honduras, sous-cape: Honduras, cape: Nicaragua
  • Format: Toro
  • Taille: 152mm x 20mm
  • Bague: 50
  • Poids: 17gr
  • Année: 2015
  • Prix Allemagne: 9,5€   

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 Criant très mauvais/ de 1 à 4

Déçu sans intérêt/ de 5 à 8

Sourire bon/ de 9 à 12

Rigolant très bon/ de 13 à 16

Cool excellent/ de 17 à 20            

                             

21:51 Écrit par Edmond Dantes dans Dégustation, Leaf by Oscar | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |